Banderole
Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé
«@»
         
Astrée moderne, Deuxième partie.
basée sur L'Astrée de 1621
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Signet(Aller à 1610 1621)

frontispice_2

 

Le frontispice porte la date "M DC XXii".


Signet
21_titre

TRANSCRIPTION

L'ASTRÉE
DE
MESSIRE
HONORÉ D'URFÉ,
MARQUIS DE VERROMÉ,
Comte de Châteauneuf, Baron de Châteaumorand,
Chevalier de l'Ordre de
Savoie, etc.
OU
PAR PLUSIEURS HISTOIRES ET
sous personnes de Bergers et d'autres sont déduits les
divers effets de l'honnête Amitié.

SECONDE PARTIE.

Revue, et corrigée par l'Auteur en cette
dernière édition.

Dédié au ROI.

À PARIS,
Chez Olivier de Varennes, rue
S. Jacques à la Victoire.
M. DC. XXI.
AVEC PRIVILÈGE DU ROI


Signet
portrait_urfe


 

SignetL’AUTEUR AU BERGER CÉLADON

C’est une étrange humeur la tienne, Céladon, que de te cacher η avec tant de peine et d’opiniâtreté à ta Bergère, et de désirer avec tant de passion que toute l’Europe sache où tu es et ce que tu fais. Il vaudrait bien mieux, ce me semble, mon Berger, que ta seule Astrée le sût, et que le reste de l’univers l’ignorât, car j’ai toujours ouï dire que les sacrifices d’amour se font en secret et avec silence. Tu m’opposes des raisons qui pourraient être recevables en un autre


siècle, mais certes, en celui où nous sommes, on se rira plutôt de ta peine qu’on ne voudra imiter ta fidélité. Ne dis-tu pas que ton amour ne peut jamais être sans le respect et sans l’obéissance ? Que la fortune te peut bien priver de tout contentement, mais non pas te faire commettre chose qui contrevienne à la volonté de celle que tu aimes ou au devoir de celui qui veut se dire amant sans reproche η ? Que les peines et les tourments que tu souffres ne sont que des témoignages glorieux de ton amour parfaite ? Qu’au milieu des plus cruels supplices tu jouis d’un bien extrême, sachant que tu fais ce que doit faire un vrai amant ? Et bref, que la vie sans la fidélité ne te peut être qu’odieuse, au lieu que ta fidélité sans la vie t’est de sorte agréable que tu es marri de n’être déjà mort pour laisser à la postérité un honorable exemple de constance et d’amour ? Ah ! Berger, que l'âge où nous


sommes est bien contraire à ton opinion ! Car on dit maintenant qu’aimer comme toi, c’est aimer à la vieille Gauloise η, et comme faisaient les Chevaliers de la Table ronde η, ou le Beau Ténébreux η. Qu’il n’y a plus d’Arc des loyaux amants η, ni de Chambre défendue η pour recevoir quelque fruit de cette inutile loyauté. Que si toutefois il y a encore quelques chambres qui se puissent appeler défendues, elles le sont seulement à ceux qui aiment comme tu fais, pour châtiment de leur peu de courage, et pour preuve de leur peu de bonne fortune. Et bref, que l’on tient aujourd'hui des maximes d’État d’amour bien différentes, à savoir qu’aimer et jouir de la chose aimée doivent être des accidents inséparables. Que de servir sans récompense sont des témoignages de peu de mérites. Que de languir longuement dans le sein d’une même dame, c’est en vouloir tirer l’amertume après en avoir eu


toute la douceur. Que d’obéir à celle que l’on aime, en ce qui nous éloigne de la possession du bien désiré, c’est imiter ceux qui vont à contrepied de leur chasse. Que d’aimer en divers lieux, c’est être amant avisé et prévoyant. Que de se donner tout à une, c’est se faire dévorer à un cruel animal, et qui n’a point de pitié de nous. Et bref, que le change est la vraie nourriture d’une amour parfaite et accomplie. Or considère, Berger, comment tu dois espérer de trouver quelque juge favorable parmi ces personnes préoccupées d'une opinion si différente ; et, si tu m’en crois, ne te laisse voir qu’à ton Astrée, et te tiens caché à tout autre. Mais quoi ? tu rejettes mon conseil, et pour toute raison tu me réponds que tu t’es de sorte dédié à la gloire d’Astrée, que les siècles et les opinions des hommes pouvant changer en bien aussi bien qu’en mal, tu désires qu’à l’avenir on reconnaisse quelle a été η la beauté et la vertu d’Astrée,


par les effets de ton amour, et par les tourments que tu auras endurés. J’avoue, mon Berger, ce que tu dis, et qu’il peut être que les amants reviendront à cette perfection qu’ils méprisent maintenant ; mais parce que cependant il y en aura plusieurs qui te pourront blâmer, mets en ta mémoire η ce que je te vais dire afin de leur répondre s’il en est besoin.
  Accorde leur d’abord sans difficulté que véritablement tu aimes à la façon de ces vieux Gaulois qu’ils te reprochent, ainsi que tu les veux ensuivre en tout le reste de tes actions, comme ils le pourront aisément reconnaître s’ils considèrent quelle est ta religion, quels sont les dieux que tu adores, quels les sacrifices que tu fais, et bref quelles sont tes mœurs et tes coutumes. Et que ces bons vieux Gaulois étaient des personnes sans artifices, qui pensaient être indigne d’un homme d’honneur de


jurer et n’observer point son serment, qui n’avaient point la parole différente du cœur, qui estimaient que l’amour ne pouvait être sans le respect et sans la fidélité, qui cherchaient l’entrée du Temple η d’amour par celui de l’honneur, et celui de l’honneur par celui de la vertu. Et bref, qui méprisaient et leur vie et leur contentement propre, pour ne tacher en rien la pureté de leur affection. Que, quant à toi, ayant été nourri et élevé parmi ces honorables personnes, tu ne peux sans blâme contrevenir à une si bonne nourriture. Que s’ils veulent aimer comme ceux qui t'ont instruit, tu les serviras de guide très assurée ; que s’ils veulent continuer en leur erreur comme ils ont fait jusques ici, encore ne leur seras-tu point inutile, puisque, prenant tes actions au rebours, ils pourront tirer de cette sorte un parfait patron de leur imperfection.


Signet

TABLES

Édition de Vaganay, p. 567.
Édition de 1610, [ 904 ].
Édition de 1621. Les tables, non paginées, se trouvent au début du volume, entre la préface et le privilège.

J'ai ajouté cette table des livres et inclus le numéro de la page dans l'édition Vaganay.

TABLE DES LIVRES

Livre
Astrée 1621
et moderne
Astrée 1610
Livre 1
1
1
7
Livre 2
63
63
45
Livre 3
123
123
83
Livre 4
184
185
121
Livre 5
270
271
173
Livre 6
325
323
207
Livre 7
431
431
273
Livre 8
487
489
309
Livre 9
558
553
355
Livre 10
617
623
393
Livre 11
673
681
429
Livre 12
763
775
487


TABLE DES HISTOIRES CONTENUES EN

LA SECONDE PARTIE

d'Astrée, de Messire Honoré d'Urfé.

J'ai ajouté le nom du narrateur et le numéro de la page dans l'édition de Vaganay.


 
LIVRE
NARRATEUR
PAGE
VAG. II
Histoire de Célidée, Thamire et Calidon.
1
Thamire
35
27
Harangue du Berger Calidon.
2
66
47
Responce de la Bergere Célidée.
2
81
56
Responce du Berger Thamire.
2
97
65
Jugement de la Nymphe Léonide.
2
107
65
Histoire de Palinice, et de Circene.
3
Florice
168
110
Histoire de Parthénopé, Florice et Dorinde.
4
Hylas
193
126
Oraison à la *Déesse Astrée.
5
Céladon
304
193
Histoire de Damon et de Madonthe.
6
Madonthe
327
208
Défi de Damon à Thersandre.
6
376
238
Histoire de Galathée.
7
Léonide
451
285
Tombeau du Berger Celadon η.
8
Silvandre
552
349
Histoire de Doris, et Palémon.
9
Doris
562
357
Histoire du Berger Adraste.
9
Adraste
586
372
Jugement de la Nymphe Léonide.
9
 
595
378
Histoire d'Ursace et d'Olimbre.
10
Céladon
637
400
Suite de l'histoire de Lindamor.
10
Silvie
650
414
Suite de l'histoire de Célidée.
11
Lycidas
683
435
Histoire de la jalousie de Lycidas.
11
Lycidas
715 sic 717
455
Histoire de Placidie.
11
Adamas

735 sic 737

468
Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace.
12
Silvandre
771 sic 773
492
Requête qui se présente au conseil des Six-Cents, demandant le poison.
12
872 sic 874
554
Demande d'Ursace.
12
874 sic 876
555
Demande d'Olimbre.
12
875 sic 877
555
Jugement du Conseil des Six-Cents.
12
877 sic 879
556


TABLE DES LETTRES.

J'ai corrigé les numéros de pages donnés dans la table, mais non l'ordre des incipit. Lorsque plusieurs lettres sont réunies sous un même titre, les numéros de pages ont un lien.

 
LIVRE
PAGE
VAG. II
Lettre à la plus aimée et belle Bergère 3 146 97
Lettre de Dorinde à Hylas 4 236, 237, 238 133
Lettres de Florice à Hylas 4 250, 256, 265, 267 161
Lettre de Hylas à Florice 4 253, 254 162
Lettre de Damon à Madonthe 6 333, 382 212, 242
Lettre de Thersandre à Madonthe 6 353 224
Lettre d'Astrée à Céladon 7 439, 440, 441 278
Lettre de Céladon à la Bergère Astrée η 8 530 335
Lettre de Lindamor à Léonide 10 652 415
Lettre de Lindamor à Galathée 10 655 417
Lettre de Léonide à Lindamor 10 663 422
Lettre d'Eudoxe à Ursace 12 828 sic 830, 851 sic 852 541

 

TABLE DES POÉSIES.

J'ai ajouté le nom des poètes. Si l'auteur du poème est inconnu, un point d'interrogation précède le nom du personnage qui dit les vers.

 ?  ?
  Poète
LIVRE
PAGE
VAG. II
Amour ne brûle plus Phillis
1
21
19
Amour qui dans mon cœur Lycidas
7
474
299
Amour grand artisan Silvandre
7
476
300
Amour qui par imprudence η Silvandre
8
552
A vous, sage Adamas Cléontine
8
495
314
Bel astre flamboyant Silvandre
2
112
74
Belle de mes désirs Hylas
4
215
140
Belle onde de Lignon Céladon
10
619
394
Ces vieux rochers tous nus Céladon
10
636
405
Cependant que Madame Ursace
12
782 sic 784
498
Doux zéphir que je vois Clorian
3
173
113
Dorinde se moqua de vous Florice
4
211
137
Dans les tristes recoins Céladon
10
627
399
Elle fuit et fuyant Hylas
3
177
116
Epitaphe d'un homme heureux Silvandre
12
882 sic 884
559
Fille de l'Air Silvandre
1
6
9
Jamais contre les rocs Ursace
12
790 sic 792
503
J'étais pour mon malheur Silvandre
12
804 sic 806
512
L'aiguille du cadran Silvandre
3
148
98
Le Temple d'amitié Céladon
5
289
184
La belle dont l'amour Sivandre
8
532
336
Loin, bien loin, profanes esprits η Céladon
5
276
176
Mon penser, hé pourquoy Silvandre
2
113
75
Mon esprit combatu Céladon
10
638
406
Onde qui soulevez Céladon
10
635
404
Passant si tu t'enquiers Céladon
5
293
186
Précipices, rochers Céladon
10
634
403
Quelle aurore jamais Thamire
1
37
29
Quoi vous ai-je offensée Circène
3
165
108
Quand Hylas aperçut Paris
3
166
109
Qui ne l'admirerait Céladon
5
296
188
Qu'envieux de mon bien Damon
6
341
217
Quand je vois un amant
Hylas
9
559
356
TABLE D'AMOUR.
Qui veut être parfait amant Silvandre
5
283
181
TABLE d'AMOUR FALSIFIEE.
Qui veut être parfait amant η
Hylas
5
306
181
 
Que je vive, et qu'on la possède Calidon
11
684
693
Rivière que j'accrois Céladon
8
497
314
Sont-ce, peintre savant Céladon
5
295
187
Silvandre qui te plains Silvandre
7
476 sic 479
303
Si j'aime autre que vous  Doris et Palémon
8
546
345

 


Signet

Privilège du Roi.

LOUIS par la grâce de Dieu Roi de France et de Navarre, À nos amés et féaux Conseillers les gens tenant nos Cours de Parlement, Baillis, Sénéchaux, Prevôts ou leurs Lieutenants, et autres nos Justiciers et Officiers, et à chacun d'eux ainsi qu'il appartiendra, Salut. Le Sieur D'URFÉ Marquis de Verromé, Chevalier de l'ordre de Savoie, nous a fait remontrer que cy devant il aurait mis en lumiere la première et seconde partie d'un Livre intitué l'ASTRÉE, et depuis il aurait continué la troisième partie d'icelui, laquelle troisième partie il désirait faire imprimer en cette ville de Paris, avec la première et seconde partie qu'il aurait revue et corrigée de grandes fautes que la négligence de ceux qui l'ont fait imprimer en ce Royaume sans son consentement y ont laissé glisser, et outre les corrections, il les a fait augmenter de Sommaires et Annotations sur chacun desdits livres, table des matières non encore ci devant imprimées, et ont fait faire des dessins, et graver plusieurs planches en cuivre, tant pour la première, seconde et troisième partie dudit Livre, qu'il désirait faire imprimer par OLIVIER DE VARENNES, ET TOUSSAINT DU BRAY, Marchands Libraires en ladite ville. Ce qu'ils ne peuvent faire sans grands frais. A ces causes, désirant favorablement traiter ledit exposant, et que lesdits de Varennes et du Bray ayent moyen de se rembourser de la dépense qu'il leur conviendra faire à ces impressions : Permettons audit suppliant de faire imprimer par iceux de Varennes et du Bray, en tel marge et caractere qu'ils verront bon être ledit Livre de l'ASTREE, conjointement ou séparément, avec figures ou sans figures, et tant de fois que bon leur semblera durant le temps et terme de dix ans prochains et consécutifs, à compter du jour que ledit livre sera achevé d'imprimer pour la première fois, tant pour la première, seconde, que troisième partie : faisant très expresses inhibitions et défenses à tous Imprimeurs, Libraires étrangers, et autres personnes de quelque état et condition qu'ils soient, d'Imprimer ou faire imprimer, vendre et distribuer icelui livre, ainsi revu et corrigé, conjointement ou séparément, ni aucune partie d'icelui en notre Royaume, pays, terres, et Seigneuries de notre obéissance, en aucune façon que ce soit, sous couleur de fausses marques, ou avec déguisements, sinon de ceux que ledit suppliant aura fait imprimer par lesdits de Varennes et du Bray, pendant ledit temps, sur peine aux contrevenants de trois mille livres d'amende, appliquable moitié à nous, et l'autre moitié auxdits de Varennes et du Bray, et de confiscation des livres ainsi contrefaits et imprimés, et de tous dépens dommages et intérêts. Même si aucun Libraire ou Imprimeur de notre Royaume, ou étranger trafiquant en icelui, ou autre de quelque état ou condition qu'ils soient, étaient trouvés saisis d'aucun exemplaire desdits livres contrefaits : Voulons qu'ils soient condamnés en pareille amende, dépens, dommages et intérêts, que s'ils les avaient imprimés ou fait imprimer : De ce faire, vous donnons plein pouvoir, autorité, Commission, et Mandement spécial par ces présentes, à la charge d'en mettre deux exemplaires en notre Bibliothèque publique, à présent gardée au Couvent des Cordeliers η de cette ville de Paris, avant que les exposer en vente, suivant notre Règlement, à peine d'estre déchus du présent Privilège : Et pource que de ces présentes l'on pourra avoir affaire en plusieurs et divers lieux. Nous voulons qu'au Vidimus d'icelles dûment collationnées par l'un de nos amés et féaux Conseillers, Notaires, et Secrétaires, soit fait ajoutée comme au présent original, et qu'en mettant au commencement ou à la fin du livre ces présentes, ou un bref extrait d'icelles : Voulons qu'elles soient tenues pour dûment signifiées. Car tel est notre plaisir. Nonobstant clameur de Haro, Charte Normande, prise à partie, et autres lettres à ce contrevenant. Donné à Paris, le septième de Mai, l'an de grâce mille six cent dix neuf, et de notre règne le neuvième.
  Par le Roi en son Conseil,

RENOYARD.


[Page blanche]


Signet

portrait_diane


[Page blanche]