|
Portail
Portal
Remerciements
Acknowledgments
Recherche
Aller à un folio
=============
Introductions »
=============
Les Astrées
L'Astrée de 1621
L'Astrée de 1607
Astrée achronique
=============
Outils »
=============
Analyses »
=============
Annexes »
=============
L'Auteur du site
Correspondance
|
GLOSSAIRE
Le vocabulaire de l'Astrée illustre le passage du français du XVIe siècle au français du XVIIe siècle. Huguet et FuretiÈre - qui, tous deux, mentionnent le roman - sont les auteurs des deux principaux dictionnaires cités dans ce Glossaire. Je mentionne d'autres œuvres de référence uniquement lorsque j'y ai trouvé des renseignements supplémentaires.
Dans l'édition de 1621, rares sont les mots auxquels Honoré d'Urfé prête une signification qui se trouve uniquement dans le Dictionnaire de la langue française du XVIe siècle de Huguet, comme S'aboucher, S'affectionner, Allongir, Blesseur, Dés [depuis], Désastré, Faire, Fuitif, Fois, Grief, Hagard, Librement, Quelquefois, Mesme, Mespartir par exemple.
En 1607 et en 1621, plusieurs mots ont plutôt le sens que leur attribue FuretiÈre en 1690 dans son Dictionnaire universel. C'est le cas notamment de : Abord, Arrester, Aucunement, Badinage, Brandon, Chiffre, Commoditez, Contrepeser, Controuver, Devineresse, Entreprendre, Finesse, Gloire, Grossier, Imaginations, Interdit, Joli, Houssine, Lancette, Louer (se), Lune, Mante, Mélancolie, Mettre au monde, Obscur, Œil (à l'), Pauvre, Perspective, Parleuse, Pratique, Profession, Respit, Retenir, Ruelle, Rustique, Temporiser.
| À |
À est une préposition dont le sens et l'emploi ont beaucoup changé. Maupas écrit que « à est [...] de valeur du tout indefinie. [...]
Quelquefois semble valoir Pour [...].
Finalement est mis et employé en plusieurs phrases adverbiales, comme à tant, à tard, à tort, à droit, à tort et à travers, à peine, grand partie desquelles supplee plusieurs adverbes Latins » (p. 68-69).
• FuretiÈre encore déclare : « À est le plus souvent adverbe, non seulement de temps & de lieu, comme, Cela vient à tard. cela est à terre : mais encore il se joint à presque tous les mots de la Langue pour faire des phrases adverbiales qui tiennent de leurs significations & de leurs manieres ».
Dans l'Astrée,
- À précède les indications de temps : à longues années, à matin, au mesme temps, au temps que je lui ai donné ;
- À précède les indications de lieu : À main gauche. |
| À bonne heure |
« De bonne heure » (Huguet). |
| À ceste heure |
Cette expression, comme pour ceste heure, peut signifier à ce moment-là (10, 356 verso sic 346 verso). Mais dans toutes les autres instances, elle signifie maintenant. « Ast' heure, asteure. A cette heure, maintenant » (Huguet). Vaugelas note que « tout Paris » dit à présent, mais lui-même préfère à cette heure (p. 234). |
| À côté droit |
Au côté droit. L'expression ne se trouve ni dans Huguet ni dans FuretiÈre. |
| À l'heure |
« Alors. Sur l'heure, tout de suite, dès ce moment » (Huguet). |
| À la vérité |
Conformément à la vérité. Seul LittrÉ donne un exemple, qui vient du XVIe siècle, pour cette expression : « Quand quelque fait est descrit à la verité et avec ses circonstances, encor qu'il ne soit parvenu qu'à mi-chemin, si peut-on tousjours en tirer du fruict, LANOUE, 662 ». |
| À mesme instant (temps) |
« Tout à un instant. Tout à la fois » (Huguet).
Vaugelas condamne à mesme temps : « Je ne conseillerais à qui que ce soit d'en user, ny en parlant, ny en escrivant » (p. 462).
• Cette expression est remplacée en 1621 par en mesme temps. |
| À part |
En son à part « De son côté, seul » (Huguet).
• Cette expression est supprimée en 1621 |
| À quoy |
« Pourquoi » (Huguet). Dans FuretiÈre (comme aujourd'hui) à quoy doit être suivi par bon pour avoir ce sens. |
| À toutes les fois |
Chaque fois. L'expression ne se trouve ni dans Huguet ni dans FuretiÈre. « Il ne faut pas faire d'une chose à deux fois, c'est à dire, à diverses reprises » (FuretiÈre, Article Fois). |
| Abondant (d') |
« En outre, par surcroît »
(Huguet). Furetière ne donne pas cette expression, mais LittrÉ dit qu'elle n'est pas inusitée. |
| Abord |
« Lieu où l'on aborde »
(Huguet). Écrit aussi abort.
- À l'abord, comme d'abord, signifie au début.
- À l'abord (d'une personne) « se dit aussi de l'accés qu'on donne aux personnes qui ont à faire à nous » (FuretiÈre).
- Abord signifie aussi (3, 53 recto) « l'affluence des personnes, ou des marchandises qui arrivent en un même lieu » (FuretiÈre). Cette acception n'est pas signalée par Huguet.
• D'abord, signifiant tout de suite, est remplacé par incontinent en 1621 (6, 164 recto). |
| Aboucher (s') |
« Se pencher en avant, abaisser le visage, approcher la bouche »
(Huguet). FuretiÈre donne au mot son sens moderne : « Aborder quelqu'un de prés, conferer avec luy bouche à bouche ». L'Astrée donne au verbe son sens archaïque. |
| Absinthe |
Écrit aussi Absynthe et Abcsinthes. Connue depuis le XIIIe siècle, l'absinthe est une plante verte toxique. La liqueur extraite de cette plante, appelée « fée verte », très à la mode au XIXe siècle, a été interdite en 1915.
L'absinthe s'emploie comme symbole d'amertume, écrit Huguet. « Selon Malherbe ; & selon Vaugelas, toûjours masculin », note FuretiÈre. Vaugelas écrit : « Je l'aimerois mieux faire masculin, que feminin, non-obstant l'inclination de nostre langue, qui va à ce dernier genre plustost qu'à l'autre » (p. 527). Il ajoute « asbynthes, au pluriel n'est pas bon » (p. 527). Absinthe est au masculin et au pluriel dans l'Astrée de même que dans la Sylvanire (p. 62), au masculin singulier dans le Sireine (p. 124 et 125). |
| Abuseur |
« Qui abuse, qui seduit, qui trompe » (FuretiÈre). |
| Accointance |
« Connaissance, fréquentation, amitié » (Huguet). |
| Accommodé |
« Disposer en vue de la commodité ou de la beauté, rendre commode » (Huguet).
-
Accommodé s'applique généralement aux choses, mais il peut aussi signifier « faire fortune, gagner du bien » (FuretiÈre). C'est le sens du participe au livre 4 et au livre 8.
- Accommoder signifie aussi arranger, complaire ou encore s'habituer. |
| Accort |
« Avisé, habile, rusé, qui a l'esprit vif ». Huguet signale aussi que « Accort est plusieurs fois cité comme un mot à la mode, emprunté à l'italien ». |
| Accroire |
« Faire ou faire faire ce que l'on veut, agir à son gré, imposer sa volonté » (Huguet).
Vaugelas souligne « que la difference qu'il y a entre faire croire, et faire accroire, n'est pas tant que l'un soit pour le vray, & l'autre pour le faux, qu'en ce que faire accroire emporte toujours que celuy de qui on le dit, a eu dessein en cela de tromper » (p. 297). C'est bien le cas dans l'Astrée (9, 296 recto). |
| Accrouppir (s') |
« Qui ne se dit qu'avec le pronom personnel, pour exprimer la posture de celuy qui abaisse son corps presque contre terre pour se cacher en quelque lieu bas ou estroit » (FuretiÈre). |
| Acculé |
« Se placer dans un coin, dans un lieu estroit où on ne puisse être attaqué par derriere, pour se bien deffendre contre plusieurs ennemis de front » (FuretiÈre). Huguet donne des sens différents au verbe, « Renverser.
Tenir en échec, repousser, annuler.
Éculer. S'asseoir ».
• Dans l'Astrée, le bateau qui s'est acculé (8, 230 verso) s'était reculé dans l'édition de 1607. La leçon de 1607 semble préférable. |
| Ache |
« Hache » (Huguet). |
| Advantage |
« Ce qui fait preferer quelque chose à une autre, ce qui la met au dessus » (FuretiÈre). |
| Advantage (à l') |
« Bien, convenablement, avantageusement : Monté à l'avantage, armé à l'avantage, etc. » (Huguet). |
| Affaire |
Ce substantif, quelquefois masculin chez d'Urfé, est aussi masculin dans Nicot, Huguet et Cotgrave. Maupas en fait un nom au genre variable : « Ceux-ci peuvent estre usurpez indifferemment de commun genre, combien qu’aucuns en peuvent avoir l’un plus familier que l’autre, ce que je laisse à l’usage à vous apprendre » (p. 93). « Ce mot est toujours feminin à la Cour & dans les bons Autheurs, je ne dis pas seulement modernes, mais anciens », affirme Vaugelas (p. 246). |
| Affectionné |
« On finit les lettres par cette formule, Vostre tres-humble & tres-affectionné serviteur. On a usé de cette formule differemment selon les temps & les personnes. Il n'y a que 30. ou 40. ans qu'on s'en servoit en escrivant aux personnes de la premiere qualité : & même M. D'Urfé en a usé dans la souscription de l'Epistre Dedicatoire de son Astrée au Roy deffunct en l'année 1620 [Voir la dédicace à Henri IV]. Il y en a grand nombre d'autres exemples. Mais depuis on s'est rendu plus delicat, & on a mis au lieu d'affectionné, le mot d'obeïssant, à ceux qui avoient la moindre élevation, ou à qui on vouloit faire civilité. On a retranché le superlatif en écrivant aux inferieurs ; & toûjours en diminuant, on a dit Vostre affectionné à vous servir en écrivant à quelque paysan ou artisan ; & enfin Vostre affectionné à vous rendre service, quand un Grand Seigneur écrivoit à un domestique, ou à quelqu'un de sa dependance » (FuretiÈre).
• Le style d'Honoré d'Urfé évolue. Dans la dédicace à Louis XIII, obéissant remplace affectionné. |
| Affectionner (s') |
« S'attacher, s'obstiner » (Huguet). FuretiÈre ne donne pas la forme pronominale. |
| Afféterie |
Écrit aussi Affetterie. « Les paroles & les actions d'une personne affettée » (FuretiÈre).
Huguet donne à l'adjectif affeté de nombreux sens dont « Joli, gracieux.
Habile à parler.
Affecté, recherché.
Qui cherche à séduire, apprêté, disposé pour séduire. Trompeur, fourbe, perfide, méchant ». FuretiÈre fait de affetté un synonyme de coquet. |
| Affolé |
« Rendre, ou devenir fou » (FuretiÈre). Huguet donne un bel exemple : « Et n'y a point de plus grand'sagesse que d'affoler pour ton amour. DESPORTES, Prières chrestiennes, p. 13 ». |
| Aigre |
« Qui exprime vivement la douleur, la colère » (Huguet). |
| Aimissiez |
Verbe Aimer à l'imparfait du subjonctif. On dirait aujourd'hui aimassiez. |
| Ains |
« Mais plutôt », ou « plutôt » (Huguet). « Vieux mot », dit FuretiÈre.
• Ce mot est remplacé en 1621. Il n'apparaît plus que dans un poème (6, 165 verso). |
| Ais |
Écrit aussi Aiz et Aix. « Piece de bois [...] longue, & peu espaisse » (FuretiÈre). |
| Alentour |
« Autour » (FuretiÈre). Écrit aussi A l'entour. |
| Allèchement |
« Amorce, appast. Il ne se dit qu'au figuré. Il faut fuir les vanités mondaines, qui sont les allechemens du peché » (FuretiÈre). Huguet donne allécher mais non son dérivé. |
| Allegeance |
« Allègement, soulagement » (Huguet). |
| Alléger |
« Rendre moins pesant » (FuretiÈre). |
| Alléguer |
« Mettre en avant » (FuretiÈre). |
| Allemande |
Allemande I :
Allemande II :
« Ce bal que les Francs ont nouvellement apporté de Germanie » (9, 269 verso), et qui montre la rivalité de Lindamor et de Polémas, est une allemande. « Piece de Musique qui est grave, & de pleine mesure, qu'on jouë sur les instruments, & particulierement sur le luth, le theorbe, l'orgue, & le clavessin » (FuretiÈre). C'est « une dance plaine de mediocre gravité », mais qui suscite des querelles, écrit Thoinot Arbeau. Après avoir décrit les pas, Arbeau ajoute : « En dançant l'Allemande, les jeunes hommes quelquesfois derobent les damoiselles, les ostant de la main de ceulx qui les meynent, et celuy qui est spolié se travaille d'en r'avoir une aultre. Mais je n'appreuve point ceste façon de faire, parce qu'elle peult engendrer des querelles et mescontentements » (f° 67-69).
• Les allemandes que vous avez entendues sont d'Alain Naigeon. Pour voir les partitions, cliquez ici. Pour entendre une allemande de Tielman Susato interprétée par Alain Naigeon, cliquez ici (décembre 2006). Pour voir un bal dans une gravure d'Abraham Bosse (1634), cliquez ici (décembre 2006).
• Les deux danses mentionnées dans la première partie de l'Astrée illustrent des contrastes. Les gens du hameau dansent un branle gai pour marquer une première rencontre, alors que les gens du château dansent une allemande grave pour marquer le début d'une rivalité.
• La danse qui sépare Hylas de sa partenaire ne porte malheureusement pas de nom (8, 246 recto). |
| Allissions |
Verbe Aller à l'imparfait du subjonctif. On dirait aujourd'hui allassions. |
| Allongir |
« Allonger » (Huguet). |
| Altier |
« Orgueilleux, fier, qui commande avec hauteur » (furetiÈre). |
| Amender |
« Améliorer, amener à un meilleur état » (Huguet). |
| Ami juré |
Cette expression ne figure pas dans les dictionnaires. Elle signifie sans doute un ami auquel on a juré fidélité. |
| Amiable |
Dans Huguet, synonyme d'aimable. « Se dit d'un tiers qui fait office d'ami », ajoute FuretiÈre. Les deux acceptions sont dans l'Astrée. |
| Amourachement |
« Amour (avec ou sans idée défavorable) » (Huguet). FuretiÈre ne donne pas ce substantif mais il définit ainsi s'amouracher : « Ne se dit qu'avec le pronom personnel & en mauvaise part de ceux qui sont amoureux d'une personne de vile ou d'inégale condition ». C'est exactement le sens de amourachement dans l'Astrée (10, 306 verso). |
| Amuser |
« Occuper à des choses vaines, retarder, tromper » (Huguet). |
| Animé |
« Passionné » (Huguet). |
| Apiécé |
« Apiecer. Ajouter, joindre » (Huguet). |
| Aposter |
« Attitrer quelqu'un, le mettre en avant pour espier, tromper & surprendre quelqu'un » (FuretiÈre). Écrit quelquefois apposter. |
| Appareil |
« Préparatif » (Huguet). |
| Apprendre |
« Enseigner, instruire » (FuretiÈre). |
| Apprentif |
« Apprenti ». Huguet cite des vers qui renferment une réflexion similaire à celle que l'on trouve dans l'Astrée : « C'est luy [Amour] qui rend les hommes inventifs: Grans Maistres fait de nouveaux aprentifs. BAÏF, Poemes, L. IV (II, 188) ». |
| Apprinssent |
Verbe Apprendre à l'imparfait du subjonctif. On dirait aujourd'hui apprisent. |
| Ardent |
« Qui brûle, allumé. Par extension, rouge feu » (Huguet). |
| Arène |
Écrit aussi Areine. « Sable » (Huguet). |
| Arrester |
« S'arrester de. S'attarder à » (Huguet). Ce verbe a plutôt le sens que lui donne FuretiÈre : « Conclurre aprés quelque deliberation, soit en soy-même, soit en compagnie ». Mais il peut aussi signifier « s'arrêter » (4, 121 recto). |
| Arteil |
« Orteil » (Huguet). |
| Artificiel |
« Qui se fait par art » (FuretiÈre). |
| Artificieux |
« Artificieux. Fait avec art, où il y a de l'art » (Huguet). « Fin, adroit, rusé » (FuretiÈre). |
| Aspharagone |
Le nom de cette plante ne figure pas dans les dictionnaires. Peut-être s'agit-il du nom latin de l'asperge, aspharagos, en grec.
• On trouve, dans le Dictionnaire de Thomas Corneille, le substantif Asparage, avec une définition qui convient parfaitement à la plante de l'Astrée :
« Vieux mot, du Latin Asparagus. La coustume fut jadis en Boëcie, que les bonnes & honnestes Matrones approchantes pour devoir coucher la nouvelle Mariée, luy faisoient ung chappelet sur la teste de branches de Asparages aspres & mal gracieux, voulans dire qu'il falloit endurer les rudesses du mary. Cecy est tiré d'un ancien Manuscrit. On a dit aussi Asperague ». |
| Asseant |
Verbe Asseoir au participe présent. On dirait aujourd'hui asseyant. |
| Asseoir |
« Appuyer, fonder, former [un jugement, une opinion] » (Huguet). |
| Assissions |
Verbe Asseoir à l'imparfait du subjonctif. |
| Attaint |
Attaint d'un crime (11, 369 recto).
« Convaincre, faire reconnaître coupable » (Huguet). |
| Attendissent |
Verbe Attendre à l'imparfait du subjonctif. |
| Aucun |
Pour Huguet, aucun est synonyme de « quelques ». Pour FuretiÈre, ce mot, « à l'affirmative signifie, Quelqu'un, et à la negative, Personne ». Dans l'Astrée, aucun est toujours négatif. |
| Aucunement |
« Quelque peu, un peu, en quelque façon ». Huguet. Dans l'Astrée, l'adverbe a plutôt le sens que lui donne FuretiÈre : « En nulle façon. [...]. Il se dit aussi à l'affirmative, pour dire, En quelque façon. [...] c'est à dire, pas trop bien » (FuretiÈre). |
| Au droit |
À droite. « On dit aussi à droit, à gauche, pour dire, qu'il faut tourner de ce costé-la » (FuretiÈre). |
| Aureille |
« Oreille » (Huguet).
• Graphie moderne en 1621. |
| Avant que |
Devant un substantif, un pronom ou un infinitif signifie Avant (Huguet). Cette construction archaïque n'est pas corrigée en 1621 (12, 387 verso). Vaugelas recommande avant que de mourir (p. 319). |
| Avenir (verbe) |
Prononciation de Advenir pour Huguet et Vaugelas (p. 439).
• Quelquefois remplacé par advenir en 1621. |
| Avertir |
Conseiller. « Apprendre à quelqu'un une chose qu'il luy importe de sçavoir, & qu'il ignore, ou à quoy il ne prend pas garde » (FuretiÈre).
• Ce verbe est quelquefois remplacé en 1621. |
| Aviendra |
Verbe Advenir au futur de l'indicatif. |
| Avient ou avint ou avenu |
Écrit aussi Advient. Verbe Advenir. « Advenir se dit du succés de l'évenement des choses, de ce qui en peut arriver » (FuretiÈre). |
| Avouer |
Dire que c'est vrai. « Approuver. Advouer quelqu'un de quelque chose. L'approuver de le faire ou de l'avoir fait » (Huguet). |
| Badinage |
« Sottise, niaiserie » (Huguet). Dans l'Astrée le substantif a plutôt le sens que lui donne FuretiÈre : « Petite folastrerie, divertissement peu serieux, jeu d'enfants ». |
| Bailler |
« Donner, mettre en main » (FuretiÈre). « Ce verbe bailler, a vieilli, & l'on ne s'en sert plus en escrivant que fort rarement » (Vaugelas, p. 349). |
| Bal |
« Assemblée pour danser » (FuretiÈre). « Danse » (Huguet). Ce substantif revient 8 fois. Il a trois fois le sens que lui donne Huguet (9, 269 verso et 274 recto). |
| Balotte |
« Petite balle » (Huguet). FuretiÈre est plus précis : « Petite balle dont on se sert pour donner les suffrages, ou pour tirer au sort ». |
| Banc |
« Un lieu dans la mer où il n'y a pas assez d'eau pour porter un vaisseau » (FuretiÈre). Ce mot n'est pas dans Huguet. |
| Bandé |
« Tendu.
Se raidir, faire effort » (Huguet). Le verbe est dans Furetière aussi. |
| Barrière |
« Un petit parc fermé [ .. ], où on fait des combats de taureaux, & où on faisoit des joustes, des tournois, des courses de bague. Les anciens Chevaliers faisoient autrefois plusieurs combats de barriere » (FuretiÈre).
• Il y a eu un combat à la barrière en 1603 ; c'est un événement exceptionnel. Honoré d'Urfé peut y avoir assisté. (Voir Urfé) |
| Basse |
Cet adjectif a un sens différent selon le nom qu'il qualifie.
- Une galerie basse (2, 22 verso) est un « passage qui va tout autour d'un chasteau » (FuretiÈre).
- La basse ville (2, 42 recto) est la partie la plus basse de la ville.
- Une révérence basse (12, 396 verso) est une révérence profonde. |
| Bassecour |
Écrit en un mot ou en deux mots. « Dans un palais, un château, etc., cour où se trouvaient les écuries et d'autres dépendances » (Huguet). |
| Bataillon |
« Corps d'Infanterie rangé en bataille » (FuretiÈre). Huguet aussi donne le substantif mais sans définition (l'exemple alors vient des Amadis). |
| Bien |
Cet adverbe a plusieurs sens.
- « Mais, mais bien. Non, mais » (Huguet). Par exemple 10, 335 recto, 12, 387 recto.
- « Bien, bien » (9, 290 recto, 9, 299 verso) : « On dit aussi, bien bien, quand on veut témoigner quelque approbation, ou faire quelque menace » (FuretiÈre).
Voir aussi Ouy bien. |
| Biez |
« Canal qui renferme et conduit des eaux dans quelque élevation pour les faire tomber sur la rouë d'un moulin » (FuretiÈre). |
| Blesseur |
« Celui qui blesse »
(Huguet).
• Ce substantif n'est pas dans Furetière. Comme déceveur et dévoreur, blesseur est un archaïsme et non un néologisme précieux. Il est remplacé en 1621. |
| Bois |
« Se dit aussi de la lance d'un Gendarme » (FuretiÈre). Ici, c'est une partie de l'épieu. |
| Bon |
- C'est le bon, que suivant l'humeur des Amants (4, 83 verso) : « Bon, s.m. Ce qui est de plus-avantageux, ce qui est de meilleur » (Richelet).
- Il est bon de vous (10, 325 verso) : « Bon, bonne. Ce mot se dit en raillant, & il veut dire qui n'est pas solide, foible, ridicule, plaisant » (Richelet).
- Il est bon là (7, 197 recto, 8, 223 recto). « Sérieusement »
(Huguet). Le Dictionnaire de l'AcadÉmie ajoute : « On dit aussi [...] Il est bon là, pour dire, Serieusement, ou ironiquement, qu'on apprend quelque chose de ce qui vient d'estre dit, ou que l'on s'en mocque ». |
| Bonde |
« Piece de bois qui sert à boucher la rigole [...] On dit figurément, Lascher la bonde à ses soûpirs, à ses larmes, et à ses passions, pour dire, les laisser couler, ou agir en pleine liberté » (FuretiÈre). |
| Bonheur |
« Heur. Chance favorable »
(Huguet). Voir Heur. |
| Bonne |
- Bonne ville (8, 255 verso) : « On dit aussi, que la ville est bonne, quand on veut donner un repas impreveu à un survenant » (FuretiÈre).
- Bonne maison (12, 382 verso) : « De famille noble »
(Huguet). |
| Bonnement |
« Vraiment »
(Huguet). |
| Brandon |
« Branche parasite »
(Huguet).
Dans l'Astrée (375 verso sic 365 verso), il s'agit du brandon que décrit FuretiÈre : « Se dit figurément & poëtiquement, des feux celestes, & du flambeau que porte l'Amour ». |
| Branle |
- 5, 147 recto. « Defaut de fermeté ou d'arrest, qui fait qu'une chose s'agite en deçà & en delà » (FuretiÈre).
- 4, 87 verso. Le branle est aussi une danse.
Branle simple :
Branle gai :
- « BRANSLE, en termes de Musique, est un air ou une danse par où on commence tous les bals, où plusieurs personnes dansent en rond, & non pas en avant, en se tenant par la main » (FuretiÈre). Huguet signale : « Gay, tremoussant, joyeux, amoureux, gentil, doux. C'est une des dances la plus commune. M. DE LA PORTE, Epithetes, 57 r°. »
« À veoir le geste du danceur, il sembleroit qu'il voulust finir et prendre congé [.. ] remuant le corps doucement du cousté gauche pour la premiere mesure, puis du cousté droit en regardant les assistans modestement pour la deuxieme mesure, puis encor du cousté gauche pour la troisieme mesure. Et pour la quatrieme mesure du cousté droit, en regardant la Damoiselle d'une œillade desrobee doulcement et directement »
(Arbeau, f° 27 recto). Un danseur peut intervenir comme le fait Céladon - « Quand vous commencerez un branle plusieurs aultres se joindront avec vous » (Arbeau, f° 70 recto ). Mais le danseur n'est pas supposé baiser la main de sa partenaire, geste permis aux danseurs de la gavote (Arbeau, f° 93 recto).
• Les branles que vous avez entendus sont d'Alain Naigeon. Pour voir les partitions, cliquez ici. On trouvera diverses pièces de musique de la Renaissance sur son site personnel (janvier 2007). Pour entendre d'autres danses, dont un branle de Bourgogne, cliquez ici (décembre 2006). Pour voir un bal dans une gravure d'Abraham Bosse (1634), cliquez ici (décembre 2006).
• Les deux danses mentionnées dans la première partie de l'Astrée illustrent des contrastes. Les gens du hameau dansent un branle gai pour marquer une première rencontre, alors que les gens du château dansent une allemande grave pour marquer le début d'une rivalité.
• La danse qui sépare Hylas de sa partenaire ne porte pas de nom (8, 246 recto). |
| Branler |
« Arrêter un bateau à un lieu de péage »
(Huguet). |
| Branslement |
« Mouvement en deçà & en delà » (FuretiÈre). Huguet ne donne pas ce substantif. |
| Bras |
« Tenir quelqu'un sous le bras, avoir le bras passé au bras de quelqu'un » (LittrÉ, Article Sous). Huguet et FuretiÈre ne donnent pas cette expression. |
| Brisée |
« Marque, signe. Retourner, rentrer, se remettre sur ses brisées, reprendre sa brisée. Revenir à son sujet »
(Huguet). |
| Brodequin |
« Chaussure à l'antique faite en façon de petite botte, qui ne va que jusqu'à mi-jambe, & qui est ornée & delicate » (FuretiÈre). |
| Broncher |
« Tomber, s'abattre »
(Huguet). |
| Broüillon |
« Brouillon. Celui qui mélange, qui altère »
(Huguet). |
| Broüiller |
« Mêler plusieurs choses ensemble » (FuretiÈre). |
| Bruit |
Peut signifier aussi (par exemple 5, 126 verso) « Renommée, réputation »
(Huguet).
L'expression « le bruit de la cour » (9, 291 recto) ne se trouve ni dans Huguet ni dans FuretiÈre, mais FuretiÈre donne : « C'est un bruit de ville, on n'en dit rien à la Cour ». |
| Brutal |
Dans Huguet, le substantif signifie seulement « Animal, brute ». L'Astrée donne à ce nom le sens qu'il a dans FuretiÈre : « Celuy qui a des appetits déreglez, qui vit en beste, ou qui n'a pas plus d'esprit & de conduitte qu'une beste ». |
| Bureau |
« Substantif masculin. Bureau. Sorte de grosse étoffe de laine brune »
(Huguet).
« Grosse estoffe faite de laine : c'est la même chose que la bure, sinon que c'est un drap plus fort » (FuretiÈre). Cotgrave précise : « A thicke and course cloth, of a browne russet, or darke mingled, colour ». |
| Butte |
« Objet sur lequel porte la vue »
(Huguet).
Dans l'Astrée, le substantif a un sens différent qui est signalé par FuretiÈre : « Estre en butte à l'envie, [...] pour dire, Estre exposé aux traits de l'envie ».
La Curne explique : « Ce mot s'est dit pour but ; en général, point marqué où l'on doit arriver, où il faut viser ». |
| Ça |
« En çà. Avant le temps présent »
(Huguet). |
| Cabane |
« Le mot s'emploie pour désigner aussi bien un abri sur un vaisseau que sur terre »
(Huguet). FuretiÈre précise : « Petit toit ou maisonnette où logent les pauvres gens, & sur tout à la campagne ». Dans l'Astrée, ce substantif, synonyme de loge et de caverne, est plus modeste que pauvre. |
| Cabinet |
« Pièce réservée à l'intimité, à la réception des amis »
(Huguet). |
| Calamite |
« Pierre d'aimant.
Aiguille aimantée, boussole » (Huguet). FuretiÈre ajoute : « Ce mot a signifié proprement en François une grenouille verte, à cause qu'elle vit volontiers parmi les roseaux ; & il a été donné à l'aiguille aimantée, parce qu'auparavant qu'on eust trouvé l'invention de la suspendre sur un pivot, on l'enfermoit dans une phiole de verre demy pleine d'eau, sur laquelle on la faisoit flotter par le moyen de deux festus comme une petite grenouille ». |
| Camp |
« (Avec ou sans déterminant). Champ de bataille »
(Huguet).
- Assurer le camp à un chevalier (9, 286 verso) signifie l'autoriser à se battre et lui garantir des conditions équitables. |
| Cane |
« Canne. Tuyau, conduit »
(Huguet).
Une partie de la cornemuse. |
| Caresse |
« Démonstration d'affection, de bienveillance »
(Huguet). FuretiÈre précise : « Demonstration d'amitié ou de bienveillance qu'on fait à quelqu'un par un accueil gracieux ». |
| Cartel |
« Papier, billet, écrit »
(Huguet). |
| Catarrhe |
Écrit Cathere en 1607. « Flux d'humeurs peccantes »
(Huguet). « Tout le XVIIe siècle a prononcé caterre ; Bouhours en fait la remarque expresse » (LittrÉ). |
| Cauteleux |
« Dangereux, sujet à surprendre par quelque finesse ou mauvais artifice » (FuretiÈre). Huguet donne seulement cauteleur, « Rusé, artificieux ». |
| Caver |
« Creuser »
(Huguet). |
| Cerne |
« Cercle »
(Huguet). |
| Cestuy-cy ou cestuy |
Celui-ci, celui. Ces pronoms figurent dans Huguet mais non dans FuretiÈre. « Cettuy-cy, commence à n'estre plus gueres en usage », remarque Vaugelas en 1647 (p. 367). |
| Chaire |
« Siège avec ou sans bras, chaise »
(Huguet). |
| Chalumeau |
« Instrument de musique. Chalumeau, flûte champêtre »
(Huguet). |
| Champ |
« Lieu où on donne quelque bataille, ou combat » (FuretiÈre). |
| Changer |
Verbe substantivé dans Huguet mais non dans FuretiÈre. |
| Charnure |
« La chair considérée dans sa manière d'être »
(Huguet). Huguet cite l'Astrée (8, 254 verso) pour expliquer ce substantif. |
| Chassieux |
« Humide, pluvieux »
(Huguet). |
| Chatouiller |
« Se dit aussi du sentiment qui donne du plaisir au corps » (FuretiÈre). |
| Chaud |
Cerveau chaud (8, 235 recto) n'est pas dans les dictionnaires. Richelet donne à Chaud le sens de « ardent bouillant. Chaud en amour & plus-chaud en colere ». |
| Chef |
Tête. |
| Chemise |
« En chemise (fig.). Sans voile, sans ornement »
(Huguet). « La premiere piece d'un habillement, qu'on met immediatement sur la peau » (FuretiÈre).
Dans l'Astrée, se battre en chemise, c'est se battre sans armure (12, 386 verso). |
| Chenu |
« Qui a les cheveux blancs, la barbe blanche »
(Huguet).
« Vieux mot qui signifie blanc de vieillesse » (FuretiÈre). |
| Chère |
« Accueil gracieux, reception favorable » (FuretiÈre). |
| Chèrement |
« Précieusement »
(Huguet). |
| Chevalier |
« On appelle Chevaliers, les gens issus de la haute & ancienne Noblesse, ou qui ont esté faits Chevaliers par les Princes » (FuretiÈre).
À l'article Chevalerie, FuretiÈre donne plus d'informations : « Il y a quatre sortes de Chevalerie, la militaire, la reguliere, l'honoraire, & la sociale. La militaire est celle des anciens Chevaliers, qui s'acqueroit par de hauts faits d'armes. [...] La Chevalerie reguliere est celle des Ordres Militaires où on fait profession de prendre un certain habit, de porter les armes contre les Infidelles, de favoriser les Pelerins allants aux Lieux Saints, & de servir aux hospitaux où ils doivent estre receus. La Chevalerie d'honneur est celle que les Princes communiquent aux autres Princes & aux premieres personnes de leurs Cours, & à leurs favoris. La Chevalerie sociale est celle qui n'est pas fixe, & qui n'est ni confirmée par des Papes, ni reglée par des statuts qui soient de durée. Aussi il y en a plusieurs qui ont été faites pour des factions, pour des tournois, pour des mascarades ».
• Alors que leurs compagnes portent un titre romanesque d'origine mythologique (Nymphes), les seigneurs foréziens, appelés Chevaliers, appartiennent à une société moderne et aristocratique. |
| Chevet |
« Oreiller long & rond rempli de plume, sur lequel on met la teste quand on est couché. [...] se dit aussi de la partie du lit où on met ce traversin » (FuretiÈre). |
| Chiffre |
« Un caractere mysterieux composé de quelques lettres entrelacées ensemble, qui sont d'ordinaire les lettres initiales du nom de la personne pour qui il est fait. Quelquefois il est double, & on y mesle les lettres du nom d'une autre personne avec qui on a amitié ou relation. Les amoureux dans les Romans avoient coustume de graver leurs chiffres sur les pierres, sur les arbres » (FuretiÈre). Huguet ne donne pas ce sens au mot chiffre. |
| Chommer |
Chômer à se trouve dans Huguet : « Chommer. Célébrer [en cessant le travail]. [...] Que tous les ans on choumoit à Cybelle ». |
| Cimbale |
« Clochette, sonnette, ou assemblage de clochettes, de sonnettes »
(Huguet). |
| Cinabre |
Huguet et FuretiÈre ignorent ce mot. Richelet en fait un synonyme de « Vermillon ». Le cinabre est le métal rouge tiré du sulfure de mercure. |
| Civil |
« Ce qui est honneste & raisonnable » (FuretiÈre). L'adjectif n'est pas dans Huguet. |
| Civilisé |
Qui est devenu civil. |
| Civilité |
« Maniere honneste, douce & polie d'agir, de converser ensemble » (FuretiÈre). |
| Clair |
« Qui voit clairement »
(Huguet). |
| Clameur de haro |
« Une plainte ou reclamation qu'on fait de l'aide du Prince contre la force & l'oppression d'autruy. [...] le Juge ne peut vuider la clameur de haro sans amende. Dans les Lettres de Chancelerie on met, Nonobstant clameur de haro, Chartre Normande & autres Lettres à ce contraires » (FuretiÈre). |
| Clarine |
Sonnette. |
| Clorre |
« Enfermer »
(Huguet). |
| Col |
« Cou »
(Huguet). |
| Colet |
« Sorte de collet, de pourpoint sans manches »
(Huguet,
Article Colletin) |
| Comment que ce fust |
« De quelque façon que » (Huguet). FuretiÈre ne donne pas cette expression. |
| Commodité (à) |
Il la trouva à commodité. Occasion favorable. L'expression n'est pas dans les dictionnaires. |
| Commoditez |
« Intérêts »
(Huguet).
Le substantif a dans l'Astrée (10, 353 verso sic 343 verso) le sens que lui donne FuretiÈre : « les biens de fortune ». |
| Compasser |
« Mesurer, régler, ordonner »
(Huguet). |
| Compatir |
« S'accorder, s'entendre »
(Huguet). FuretiÈre aussi donne cette signification : « Vivre bien avec quelqu'un ». |
| Compte |
Souvent écrit conte.
« Entrer en conte avec (quelqu'un) » : « Compter ce qu'il doit et ce qui lui est dû » (Huguet). |
| Condron |
Ce substantif n'est pas dans les dictionnaires. S'agit-il d'une pâtisserie ? D'Urfé écrit : « Mangez ensemble le Condron, et lors prenant le gasteau d'orge ... » (11, 372 recto sic 362 recto).
• Je dois à l’obligeance et à la science de Thomas Poiss (Université de Berlin) les renseignements suivants :
Toute la scène du mariage est moulée sur le modèle d'une confarreatio, le plus solennel des mariages à Rome. Susan Treggiari analyse ces cérémonies, en se fondant sur les Institutiones (1,112) de Gaius, dans Roman Mariage. Iusti Coniugi From the Time of Cicero to the Time of Ulpian (Oxford, Oxford University Place, 1991 (1993), p. 21-24. Cet ouvrage a été numérisé par Google Book.
• Le Flamen dialis, un des grands prêtres romains, unit le couple lors d’une céremonie pendant laquelle on partage le farreum, gâteau (« sacrificial cake ») fait de far ou farreum, une céréale archaïque qu’on n’a jamais identifiée. Le nom même de la cérémonie, confarreatio, vient de farreum.
• Le nom grec du far est le chondros. Ce mot est écrit condros dans les manuscrits de provenance latine. Le Condron de l’Astrée semble être une forme neutre (peut-être forgée sur farreum). Le suffixe grec Ώ (omega) pourrait désigner le produit fait à partir du condros, comme chez Homère (Iliade, 11, 624 ; Odyssée, 10, 234) kykeón est un mélange potable fait avec du gruau.
• Honoré d'Urfé explique que le Condron est un gâteau d'orge. En fait, la meilleure traduction pour far est l’épeautre, une variété de blé dur. |
| Confiner |
« Estre proche les bornes d'une autre Seigneurie ou pays » (FuretiÈre). |
| Confus |
« Confondu, mêlé »
(Huguet). |
| Confusion |
« Une grande multitude de personnes ou de choses de même espece » (FuretiÈre). |
| Congé |
« Permission »
(Huguet). FuretiÈre précise : « Licence, permission que donne un Superieur à un inferieur, qui le dispense d'un devoir à quoy il étoit obligé envers luy ». |
| Conjecture |
« Raisonnement fondé sur des probabilitez sans aucune demonstration » (FuretiÈre). Huguet ne donne pas ce substantif. |
| Conque |
« Grande coquille » (FuretiÈre). Huguet ne donne pas ce substantif. |
| Conseiller (se) |
« Demander conseil »
(Huguet).
« Il s'en faut conseiller aux Docteurs » (FuretiÈre). |
| Consolider |
« Fermer [une plaie], cicatriser »
(Huguet). |
| Conter |
« Compter ». La Curne de Sainte-Palaye et Huguet signalent que conter et compter sont souvent confondus.
• Une seule fois, l'édition de 1607 écrit correctement rendre compte, mais l'édition de 1621 le change en rendre conte (10, 317 verso). |
| Contrariant |
« Qui n'est point complaisant, qui dit, ou qui fait tout le contraire de ce qu'on desire, de ce qu'on allegue » (FuretiÈre). |
| Contrarier |
« Contrarier à. Être contraire à. Être en contradiction avec, en opposition à »
(Huguet). |
| Contremont |
« En haut, vers le haut du mont.
(Se dit particulièrement au sujet d'un cours d'eau) »
(Huguet). |
| Contrepeser |
« Balancer.
Peser avec soin, plus d'une fois, examiner attentivement »
(Huguet). C'est la définition que donne FuretiÈre qui convient mieux dans l'Astrée : « Peser autant qu'une autre chose. Cent livres de plume contrepesent à cent livres de plomb ». |
| Contre-signe |
Signe convenu. Ce substantif ne se trouve ni dans Huguet, ni dans FuretiÈre, ni dans Richelet. |
| Controuver |
« Inventer, imaginer »
(Huguet).
Dans l'Astrée le mot a plutôt le sens que lui donne FuretiÈre : « Inventer quelque calomnie, quelque imposture ». |
| Conversation |
« Vie, manière de vivre, conduite »
(Huguet). |
| Converser |
Verbe transitif. « Fréquenter »
(Huguet).
• Le verbe est remplacé par hanter en 1621. |
| Cordonner |
« Entourer d'un cordon. Tresser »
(Huguet). |
| Cornice |
Corniche. « La plus haute partie & le dernier ornement d'une colomne, ou d'un bastiment » (FuretiÈre). |
| Cornu |
« Gueres raisonnable » (FuretiÈre). |
| Corps de logis |
« Se dit aussi d'un bastiment de fond en comble, soit qu'il soit separé, ou joint avec un autre. Il y a deux corps de logis en cette maison qui sont joints par une galerie » (FuretiÈre). |
| Couardise |
« Timidité, poltronnerie. Le plus grand reproche qu'on puisse faire à un homme, c'est de l'accuser de coüardise » (FuretiÈre). |
| Coudée |
« Mesure dont usoient les Anciens, & sur tout les Hebreux, qui étoit prise sur la longueur ordinaire du bras de l'homme depuis le coude jusqu'au bout de la main. Elle avoit un pied & demy en sa moyenne grandeur, & un peu plus ; car il y en avoit de plus petits » (FuretiÈre). |
| Coudrier |
Coudre. Cinq exemples rapportés par Huguet viennent de Ronsard. « Arbre qui porte des noisettes [ .. ] Les Sorciers & les Charlatans font grand cas d'une branche de coudre : ils disent qu'elle a la vertu de descouvrir les tresors & les mines d'or, & qu'elle s'incline aux lieux où il y en a » (FuretiÈre). |
| Coup |
Ce substantif a quelquefois un sens particulier.
- Faire coup (6, 170 recto) signifie toucher, atteindre son but.
- Encore un coup (5, 133 recto) « se dit aussi des actions qui se reïterent » (FuretiÈre).
- Ce coup fut rompu (10, 334 verso) signifie un obstacle surmonté.
- À ce coup (1, 13 verso), cette fois.
- À tous coups (2, 38 verso), à chaque occasion. |
| Coupeau |
« Sommet d'une montagne, d'une colline, d'un rocher.
par extens., montagne, colline, rocher »
(Huguet). |
| Courage |
Lorsque Courage a le sens moderne de force ou fermeté, il n'a pas besoin d'explications. Mais Courage peut avoir un sens particulier (10, 306 recto) : « Il se prend aussi quelquefois pour sentiment, passion, mouvement » (Dictionnaire de l'AcadÉmie). Huguet et FuretiÈre ne donnent pas ce sens au substantif. |
| Courir |
« Courir, courre. Parcourir »
(Huguet).
- Courre la fortune, « Courir un danger » (Huguet).
« Courre fortune, & courir fortune. M. Coeffeteau, ce me semble, dit toujours le premier, & M. de Malherbe le dernier, mais sans doute courre fortune, est le plus en usage » (Vaugelas, p. 256).
Voir Courre. |
| Courre |
« COURIR, ou Courre. v. act. & neut. Se mouvoir promptement, impetueusement, de toute sa force » (FuretiÈre). « Courir, courre. Tous deux sont bons, mais on ne s'en sert pas tousjours indifferemment » (Vaugelas, p. 256).
• « Se dit plus absolument pour chasser », ajoute Lacurne. C'est ce sens que d'Urfé donne au verbe dans une lettre qu'il écrit (Voir D'Urfé).
Voir Courir. |
| Courroucer (se) |
« Se courroucer à. Se courroucer contre »
(Huguet).
« Ce mot vieillit » (FuretiÈre). |
| Course |
- À toute course (6, 165 verso). « En courant très vite »
(Huguet).
- Courses des loups (11, 370 recto). « Incursion, attaque »
(Huguet). |
| Court |
« Arrester, rendre ferme, tant à l'actif, qu'au passif, & au neutre. [...] C'est un libertin qu'il faut tenir de court » (FuretiÈre, Article Tenir). |
| Courtoisie |
« Cadeau, présent. Faire courtoisie. Rendre service »
(Huguet). |
| Courusse |
Verbe Courir à l'imparfait du subjonctif. |
| Cousteau |
Couteau. |
| Coutre |
« Grosse plaque de fer trenchante attachée à un des costés de la charruë pour fendre & verser la terre » (FuretiÈre). |
| Couvertement |
« Secrètement, d'une manière dissimulée »
(Huguet). |
| Creance |
« Croyance, opinion »
(Huguet). |
| Cresson |
« Petite herbe fort verte qui croist en hiver sur le bord des ruisseaux & des fonteines, & qu'on mange cruë en salade. Elle est fort excellente sous un chapon » (FuretiÈre). |
| Creus ou creuz |
Verbe Croître au participe passé. On dit aujourd'hui crû[s]. |
| Creussent |
Verbe Croire à l'imparfait du subjonctif. On dirait aujourd'hui crussent. |
| Croton |
« Cachot souterrain.
au propre et au figuré »
(Huguet). |
| Crûrent |
Verbe Croître au passé simple. |
| Cuida |
Verbe Cuider au passé simple. « Croire »
(Huguet). « Vieux mot qui signifioit autrefois penser » (FuretiÈre). Cuider, qui signifie aussi « Prétendre, présumer », est la racine du substantif outrecuidance. |
| Cuiseur |
« Sensation de brûlure »
(Huguet).
• Substantif remplacé par douleur en 1621. |
| Curée |
« Le repas qu'on fait faire aux chiens & aux oiseaux aprés qu'ils ont pris quelque gibier » (FuretiÈre). |
| Curieux |
- « Propre, bien net, bien vestu. Cet homme est fort curieux de sa personne, il est curieux de ses livres, il ne veut pas qu'on y touche. Cette femme est fort curieuse en habits, en dentelles : & au contraire on dit ironiquement d'un homme malpropre, qu'il est curieux en linge sale » (FuretiÈre).
- Curieusement. « D'une maniere curieuse, exacte » (FuretiÈre).
- Curieusement peut aussi signifier « avec curiosité ». « Desir, passion de voir, d'apprendre les choses nouvelles, secrettes, rares & curieuses » (FuretiÈre). |
| Cy |
« Adverbe de lieu & de temps, qui marque l'endroit où on est. [...] Cy-devant, cy-aprés, cy-dessus, cy-dessous » (FuretiÈre). |
| Dam |
« Dommage, malheur. [...] malheureusement pour moi » (Huguet).
FuretiÈre précise : « En langage ordinaire, signifioit autrefois, Perte & dommage, & n'est plus en usage qu'en cette phrase : S'il luy en arrive du mal, & son dam, pour dire, ce sera luy qui en souffrira le dommage ».
• D'Urfé supprime généralement ce mot en 1621 (Exception : 8, 250 recto). |
| Dans |
« Dans devant un mot exprimant le temps, indique un délai »
(Huguet). |
| Dautant que |
« Conjonction causative. Parce que, veu que, car. Elle sert à marquer la raison de quelque chose. Il faut se mieux vestir, dautant qu'il fait plus froid » (furetiÈre).
• L'édition de 1621 remplace dautant par d'autant. Voir Variantes graphiques. |
| Debagager |
Écrit aussi Desbagager. Huguet et FuretiÈre ne donnent pas ce verbe. Cotgrave écrit : « To packe. or trusse up his bag and bagage » (Article Desbagager). |
| Débauché |
« Qui aime la desbauche. [...] Les desbauchez sont ordinairement libertins. Une femme, ou fille desbauchée, c'est une fille de joye, une courtisane, une garce » (FuretiÈre). |
| Débaucher |
FuretiÈre signale que desbauche, « se prend quelquefois en bonne part, d'une petite rejouïssance qui se fait entre honnestes gens ». C'est le cas du verbe débaucher dans l'Astrée (12, 381 verso). |
| Deça, de là |
« Ici, là »
(Huguet). |
| Deceu |
Trompé. |
| Déceveur |
« Trompeur »
(Huguet).
• Archaïsme supprimé après l'édition de 1607. |
| Décevoir |
« Tromper, abuser »
(Huguet).
C'est le sens que ce verbe a conservé en anglais mais non en français. |
| Déclarer |
« Éclaircir, expliquer »
(Huguet). |
| Décret |
« Décision »
(Huguet). |
| Dédale |
Voir Dédale dans le Répertoire. Le nom commun ne figure pas dans Huguet alors qu'il se trouve dans FuretiÈre. |
| Defaillir |
« Devenir trop faible, insuffisant.
Manquer, faire défaut »
(Huguet). |
| Defaut |
De « defaillir », manquer. |
| Degast |
« Ruine de pays fait par des gens de guerre pour affamer une place, ou l'obliger à payer contribution » (FuretiÈre). |
| Degoustement |
« Dégoût »
(Huguet). Ce substantif archaïque ne figure qu'en 1607.
• Il
est remplacé en 1621 par ennui, un mot plus précis. |
| Degouter |
Écrit aussi Desgoutter. « Tomber goutte à goutte » (FuretiÈre). |
| Délectable |
« Qui réjouït, qui donne du plaisir » (FuretiÈre). « Ce mot signifie qui aporte du plaisir, &
ne se dit qu'en des matieres philosophiques. [Il y a trois sortes de
biens, l'honnête, le délectable & l'utile. La Cham.] » (Richelet). |
| Delice |
« Substantif au féminin quand il est au singulier et au masculin quand il est au pluriel »
(Huguet). |
| Démarcher |
« Partir, s'en aller, s'éloigner, s'écarter. Demarcher un pas. Faire un pas »
(Huguet). |
| Demeure |
« Action de séjourner, d'habiter, séjour »
(Huguet). |
| Demeurer |
« Tarder à, hésiter à »
(Huguet). |
| Démon |
« Dieu inférieur, demi-dieu.
Génie protecteur, bienfaisant »
(Huguet).
Honoré d'Urfé parle dans ses Epistres morales de ce démon qui toujours l'accompagne (I, 9, p. 74). |
| Départir |
« Séparer, diviser. Se departir de, d'avec. Se séparer de, s'éloigner de »
(Huguet). |
| Dépendre |
Écrit aussi Despendre. « Dépenser »
(Huguet). |
| Déportement |
« Manière de se comporter, d'agir, action »
(Huguet). |
| Depuis |
« Lorsque »
(Huguet). |
| Dés |
« Depuis ». Huguet donne la définition qu'il fait suivre par cette occurrence tirée de l'Astrée (I, 9, 268 recto). |
| Désabuser |
« Detromper quelqu'un, luy faire connoistre ses erreurs » (FuretiÈre). |
| Désagréer |
« Desplaire, choquer la veuë, ou l'esprit » (FuretiÈre). Ce verbe est remplacé en 1621. |
| Desastré |
« Qui est sous l'influence d'un mauvais astre, malheureux, infortuné.
Funeste, où se marque l'influence d'astres défavorables »
(Huguet). FuretiÈre ne donne pas cet adjectif. |
| Desastreux |
« Malheureux, frappé d'un désastre »
(Huguet).
- Désastre « Action nuisible des astres ». Huguet cite H. Estienne qui signale l'emploi fréquent du substantif : « — Nous avons aussi un mot fort commun, par lequel nous faisons grand honneur aux astres. — Quel mot ? — Desastre, pour dire un inconvenient, un accident, un malheur, une malencontre. — Il me souvient l'avoir ouy dire depuis que je suis de retour. Mais est-il beaucoup en usage ? — Autant qu'aucun autre mot nouveau. Dial. du lang. franç. ital., II, 138 ». |
| Desbander |
« Desbander. Détacher d'une armée. Se desbander de. Se soustraire à »
(Huguet). |
| Desceu |
Écrit aussi Deceu. Au desceu de : « A l'insu »
(Huguet). |
| Desdire |
« Rétracter. Contredire »
(Huguet). FuretiÈre ajoute : « Il ne se dit gueres qu'en negative ». D'Urfé utilise le verbe au négatif et à l'affirmatif. |
| Desennuyer |
Le contraire de ennuyer. Voir Ennuyer. |
| Désert |
Huguet ne définit que l'adjectif. FuretiÈre donne le substantif et ajoute : « On le dit en contresens d'un homme qui aimant la solitude, a fait bastir quelque jolie maison hors des grands chemins, & éloignée du commerce du monde, pour s'y retirer. Ainsi on appelle la grande Chartreuse, un beau desert ». D'Urfé utilise le substantif pour dire un lieu peu habité (7, 212 verso). |
| Desgenerer |
« Être inférieur à [son père, ses ancêtres] »
(Huguet). |
| Desgoutter |
Écrit aussi Degouter. « Tomber goutte à goutte » (FuretiÈre). |
| Depuis |
Dès. |
| Descharner |
« Oster la chair de dessus les os » (FuretiÈre). |
| Designer |
Écrit aussi Desseigner. « Desseigner. Avoir le dessein, faire le plan de »
(Huguet). |
| Deslié |
« Oster le lien, ou deffaire le nœud de quelque chose liée ou noüée » (FuretiÈre). |
| Desmarcher |
« Marcher.
Partir, s'en aller, s'éloigner, s'écarter »
(Huguet). |
| Desobliger |
« Dégager, libérer »
(Huguet). |
| Despeche |
« Envoi »
(Huguet). |
| Despecher |
« Faire quelque chose à la haste, en diligence » (FuretiÈre). Le verbe n'est pas pronominal. |
| Despendre |
Écrit aussi Dependre. « Dépenser » (Huguet).
• Verbe remplacé après 1607. |
| Desseigner |
Voir Designer. |
| Dependre |
Écrit aussi Despendre. Le participe est dependu. « Dépenser »
(Huguet). FuretiÈre ne connaît pas ce verbe. Vaugelas explique : « Dependre, depenser. [...] tous deux sont bons, & se disent & s'escrivent tous les jours, avec cette difference pourtant, que despenser, autrefois estoit plus en usage à la Cour, que dependre, & qu'aujourd'huy tout au contraire on y dit plustost dependre que despenser » (p. 247-248).
• Verbe remplacé après 1607. |
| Despit (en) |
« En depit des gens, pour dire, Malgré toutes sortes d'obstacles » (FuretiÈre). |
| Desrobé |
« On appelle escalier derobé, un petit escalier par lequel on se peut eschapper secrettement & à l'insceu des autres » (FuretiÈre). |
| Desseigner |
Voir Designer. |
|