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Ce fichier réunit les noms propres qui figurent dans L'Astrée de 1607, de 1610 ou de 1621, et qui n'appartiennent pas à des personnages du roman. Les analyses de la deuxième partie sont aisément reconnaissables grâce au chiffre qui se trouve dans la troisième colonne,

et grâce à la couleur jaune de la deuxième colonne.

Les deux parties renferment à peu près le même nombre de noms (203 vs. 202). Mais, alors que la première partie nomme 22 peuples, la deuxième en présente 55, plus du double. En revanche, la première partie renvoie à 72 mythes, la deuxième à 46 seulement.

La couleur de la première colonne indique le domaine auquel appartient le nom.

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Achelois Mythologie. Écrit aujourd'hui Achéloos.
Avec ses 217 km, c'est le fleuve le plus long de Grèce. Il donne son nom à un dieu considéré comme l'aîné des trois mille dieux fleuves. Achéloos et Calliope, la muse de la musique, ont eu pour enfants les Sirènes.
Achéloos se métamorphose aisément. Quand il se bat contre Hercule pour lui enlever Déjanire, Achéloos prend la forme d'un serpent puis d'un taureau. Vaincu, Achéloos offre à Hercule une corne qui appartenait à Amalthée, la chèvre qui a nourri Jupiter enfant. C'est la corne d'abondance.

• Dans L'Astrée, Achéloos est le père de trois sirènes (II, 4, 203).
Dans Les Epistres morales, Achéloos représente les « apparences fausses » qui viennent de Fortune (I, 4, p. 27).
Dans La Sylvanire, Honoré d'Urfé nomme la corne d'Amalthée (vers 46), signe de « grandeur extrême » que Fortune donne quand il lui plaît.
II
Achéron Mythologie. Sur ce fleuve qui sépare le monde des vivants de celui des morts circule la barque de Charon, le passeur des morts.
• La Bergère Phillis explique, en parlant de la mort de Cléon, que certains ont réussi à repasser ce fleuve (I, 7, 217 verso). Elle pense à Hercule, à Orphée, ou à Alceste. Le nom du fleuve se trouve dans l'édition de 1607, celui du passeur prend sa place dans celle de 1621. (Voir Variantes textuelles).
I
Actéon Mythologie. Ovide raconte dans les Métamorphoses la mésaventure de ce chasseur puni par la déesse Diane qu'il avait vue se baignant nue. La déesse le transforme en cerf pour l'empêcher d'ébruiter cette aventure (III, 171-211). Les chiens d'Actéon, conduits par Mélampe, le premier d'entre eux, ne reconnaissant pas leur maître, dévorent le cerf dont il a pris la forme. Les nombreux commentateurs du mythe soulignent que le monde entier a appris cette histoire justement parce que la déesse s'est montrée implacable.

Silvandre et Paris, les deux hommes qui aiment la Bergère Diane, évoquent ce mythe. Le premier se dit « dévoré de désirs » (II, 2, 112), le second, plus audacieux, accepterait que des chiens le dévorent s'il pouvait voir la Bergère nue (II, 7, 469). Léonide met en garde Paris : Actéon a désiré ce qu'il ne devait pas désirer.
Le chien d'Actéon, Mélampe, donne son nom au chien d'Astrée. C'est aussi le nom du chien de Silvio dans le Pasteur fidèle de Guarini.

• Le mythe d'Actéon transparaît dans l'Histoire de Diane (Henein, pp. 285-286). Honoré d'Urfé ne nomme pas alors Actéon, mais Diane pardonne à Filandre son travestissement parce qu'elle craint « que ce qui estoit si secret ne fust divulgué par toute la contree » (I, 6, 185 verso). Comme la Bergère se montre moins sévère que la déesse, l'aventure romanesque est restée secrète : Astrée s'étonne même de n'en avoir jamais rien su (I, 6, 160 verso).
II
Adriane Constellation. « Adriane » est Ariane, la sœur de Phèdre. Abandonnée sur une île, Ariane est consolée par Bacchus. La superbe couronne que ce dieu lui offre devient une constellation de sept étoiles (Ovide, VIII, 159-188), Corona Borealis.
• La Couronne boréale est représentée dans les tableaux qui décorent la fontaine de la Vérité d'amour (I, 11, 373 verso), mais avec huit étoiles.
I
Adriatique La mer Adriatique, une partie de la mer Méditerranée, sépare l'Italie des pays balkans.

• Elle est nommée lors du récit de la fondation de Venise (II, 12, 839 sic 841).
II
Africains Écrit Affriquains.

• Habitants de l'Afrique recrutés par Genséric pour attaquer Rome (II, 12, 859 sic 861).
II
Afrique Écrit Affrique.

• Continent nommé par Placidie en conjonction avec l'Asie et l'Europe (II, 11, 741 sic 743). Il s'agit de l'Afrique du Nord uniquement, bien que Ursace attribue à Genséric « le profond de l'Afrique » (II, 10, 639).
L'Afrique du Ve siècle est gouvernée par Boniface, envoyé de Rome (II, 11, 757 sic 759). C'est une région où l'opposition à l'Empire se fomente à cause de la rivalité d'Ætius et de Boniface (II, 11, 753 sic 755). Boniface offre à Genséric, roi des Vandales, de partager l'Afrique avec lui (II, 11, 758 sic 760 et II, 12, 812 sic 814). L'Afrique devient alors le domaine de Genséric, bien que Valentinian, l'Empereur de Rome croie en être encore le maître (II, 11, 758 sic 760). Genséric « chass[e] les Romains de tout le reste de l'Afrique » (II, 11, 759 sic 761). « L'Afrique est sienne » (II, 12, 857 sic 859).

Augustin vit en Afrique (II, 11, 759 sic 761) (Voir Hiponne).
Martian est prisonnier de Genséric en Afrique (II, 12, 802 sic 804).
Olimbre se rend en Afrique pour négocier avec Genséric au nom d'Eudoxe (II, 12, 858 sic 860). Eudoxe et ses filles sont emmenées malgré elles en Afrique (II, 12, 862 sic 864).
Ursace et Olimbre vont les suivre (II, 12, 879 sic 881). Quand ils partent, Ursace est déguisé en esclave (II, 12, 882 sic 884).

• Une carte de l'Afrique datée de 1584 se trouve dans ce site (30 septembre 2010).
II
Agaune Ville du canton de Vaud sur la rive gauche du Rhône. Saint-Maurice d'Agaune aujourd'hui (Maxime Gaume, p. 220, note 223).
• Pour aller du Lac de Genève à Évian, Silvandre passe par cette ville (I, 8, 231 recto),
I
Âge d'or Mythologie. Dans ses Métamorphoses, Ovide décrit les quatre âges du monde. « L'âge d'or fut le premier âge de la création. En l'absence de tout justicier, spontanément, sans loi, la bonne foi et l'honnêteté y étaient pratiquées » (I, 90 sq.). Cet âge se termine lorsque Jupiter prend la place de son père, Saturne.
• C'est le « contentement du premier siecle » dans L'Astrée (I, 1, 1 verso). D'Urfé précise que ses héros, soumis à l'amour, peuvent seulement « envier le contentement du premier siècle ». Le Saturne astréen par ailleurs n'a rien du paisible roi de l'Âge d'or.
I
Airieu Écrit aussi Ayrieu. Appelé Erieu dans la deuxième partie.
Au sud de Lyon, forêt de Mars ou d'Heyrieux selon Maxime Gaume (p. 216), où les druides trouvent le gui sacré (I, 8, 257 recto).
• Les « débauchés » qui attaquent Rosidor et Cloris en viennent (I, 8, 257 recto).
I
Alains Ce peuple originaire probablement de Scythie franchit le Rhin en 406, parvient en Espagne en 409 puis en Afrique en 429 (Labouysse, p. 26). C'est l'une des tribus qui forment le vaste peuple des Vandales. JordanÈs décrit longuement ces guerriers qui, » sous la figure de l'homme, [...] vivent avec la cruauté des bêtes féroces » (Ch. XXIV). Ammien Marcellin, moins sévère, note que pour les Alains « mourir de vieillesse, ou par accient, est un opprobre pour lequel il n'est pas assez d'outrages » (XXXI, 2). Fauchet signale que « les Alains se parquerent en Gaule sus Loire, pres Augustun » sous le règne d'Honorius (f° 77 recto)

• Dans L'Astrée, les Alains associés avec les Vandales en Espagne s'attaquent à Rome (II, 11, 736 sic 738). Associés avec les Vandales et les Suèves (II, 11, 744 sic 746), conduits par leur roi Acaces, ils sont vaincus par Constance (II, 11, 745 sic 747).
Les Alains, associés avec les Suèves, prennent la Méride (II, 11, 748 sic 751).
Associés avec les Huns d'Attila, ils attaquent Constantinople (II, 12, 801 sic 803), puis se tournent contre la Gaule (II, 12, 803 sic 805).
Singiban, roi des Alains, traite avec Attila (II, 12, 821 sic 823), puis se retourne contre lui, encouragé par Ætius (II, 12, 822 sic 824). Les Alains sont dans Orléans (II, 12, 823 sic 825) quand Attila s'en approche.
On trouve des Alains dans les armées d'Ætius comme dans celles d'Attila (II, 12, 823 sic 825).

• M. Gaume démontre que, en ce qui concerne l'histoire de Genséric et celle d'Attila, la principale source d'information d'Honoré d'Urfé est Fauchet (pp. 135-136) .

• Une carte des migrations des Alains se trouve dans ce site (30 septembre 2010).
II
Allier Rivière du Massif Central.
Artémis, sœur d'Alcé et mère de Phillis, habite sur les rives de ce cours d'eau (I, 2, 36 recto).
I
Allobroges Écrit aussi Alobroges. Peuple celte de la région qui est devenue la Savoie et qui a appartenu à la Bourgogne.
• Ils ont donné leur nom aux montagnes évoquées dans l'Histoire d'Alcippe (I, 2, 42 verso) et dans l'Histoire de Silvandre (I, 8, 226 verso et 229 verso).
I
Allobroges Ce peuple dont le nom signifie « ceux qui sont d’un autre pays » vit dans la vallée du Rhône depuis le IIIe siècle avant J.-C. (Kruta, p. 71). Ils occupent la Savoie et le Dauphiné et s'opposent à Rome, mais en 121 avant J.-C. ils sont annexés à la Provincia romaine (Kruta, p. 404). « Leur puissance ne correspondait pas à l’étendue de leur territoire, car, même alliés aux Arvernes, ils furent soumis sans grandes difficultés. Leur capitale, Vienne, sur le Rhône, était peu centrale ; leur territoire, trop vaste, était destiné à se scinder en trois parts, Vienne et le Viennois, Genève et la Savoie (Sapaudia, sapinière) » (Lot, p. 53). Les Savoyards sont considérés comme « les portiers des Alpes ».

• L'Astrée donne le même nom au peuple et à son lieu de résidence, la région montagneuse qui se trouve dans le pays des Sébusiens.
Un MireΞ a exercé sa science avec les Allobroges (II, 1, 46) ;
C'est dans le pays des Allobroges que vit le père de Circène (II, 3, 171) ;
Céladon passe par cette région (II, 10, 633).

• Une carte de l'Allobrogie antique se trouve dans ce site (30 septembre 2010).
II
Alpes Chaîne de montagnes entre la France et l'Italie.
Céladon traverse deux fois les Alpes (I, 4, 94 verso), et Hylas les nomme (I, 8, 243 recto).
Galathée compare un cœur indifférent à la froideur des Alpes (I, 11, 373 verso).
I
Alpes Les Alpes restent un lieu de passage dans la deuxième partie de L'Astrée.

• Les Boïens les traversent pour sortir de Gaule (II, 1, 35), Céladon aussi (II, 10, 630). Alaric quitte Rome et accepte de passer les Alpes (II, 11, 737 sic 739).
Les Alpes sont aussi une frontière : Le Tasse « a parlé de là les Alpes » (II, 3, 176).

• À trois reprises, Céladon nomme les Alpes Coties (II, 10, 633, 635 et 636). Il s'agit des Alpes Cottiennes, entre la France et l'Italie.
II
Altine Il s'agit de la ville portuaire d'Altinum ou Altino. Ses habitants, attaqués par Attila, l'ont abandonnée en 452 pour se réfugier dans les îles (Bouvier-Ajam, p. 364).

• Fuyant Attila, les habitants d'Altine fondent Vorcelly (II, 12, 839 sic 841).
II
Aminte Pastorale dramatique du Tasse, publiée en 1573 et traduite plusieurs fois en français au XVIe siècle.
• Honoré d'Urfé cite cette œuvre en italien dans la préface du roman, dans ses Epistres morales (I, 15, p. 137-138), et dans la préface de La Sylvanire (p. 8).
I
Amour Mythologie. Amour est la divinité la plus souvent nommée dans le roman. Évidemment, il n'est pas toujours possible de distinguer les effets du sentiment des actions de la divinité.

• Appelé Cupidon et d'une grande jeunesse, Amour apparaît dans les deux séries de tableaux qui se trouvent chez Galathée à Isoure, dans une salle et dans un parc (I, 2, 27 verso ; 11, 369 verso, 371 verso).

• Amour peut avoir des yeux de lynx (I, 6, 171 recto), il peut aussi fermer les yeux des amants (I, 7, 205 recto) ou les changer (I, 12, 401 verso). D'Urfé supprime après 1607 une référence aux yeux bandés de l'Amour (I, 9, 296 verso) (Voir Variantes textuelles).

• Le druide Adamas en parle ainsi : « Ce petit Dieu, d'autant qu'il commande à toute chose, se mocque aussi de toute chose, si bien que quand il y a moins d'apparence qu'il doive faire un effect, c'est lors qu'il se plaist de faire connoistre sa puissance » (I, 10, 314 recto).
• Aimer est inévitable : « Toute personne est sujette à une certaine force, dont elle ne peut esviter l'attrait » (I, 3, 62 recto). Par ailleurs, « l'Amour qui n'aist de l'Amour est tousjours plus grande que celle dont elle procede » (I, 11, 371 verso).

• Le druide affirme aussi que « tout Amour est pour le desir de chose qui deffaut, le desir estant assouvy, n'est plus desir, n'y ayant plus de desir, il n'y a plus d'Amour » (I, 9, 273 verso). Filandre travesti dit la même chose à Diane, mais pour prôner l'amour entre femmes : « Puis qu'il n'y a rien qui diminuë tant l'ardeur du desir, que la jouissance de ce qu'on desire, et cela ne pouvant estre entre nous, vous serez jusques à mon cercueil tousjours aymée, et moy tousjours Amante » (I, 6, 180 recto). Céladon adapte cette réflexion en parlant à Tircis, pour redéfinir l'amour qu'on peut éprouver pour une morte : « L'Amour n'est autre chose que desir, la mort [ ... ] vous doit par consequent oster tout le desir, et le desir mourant, il traisne l'Amour dans un même cercueil » (I, 12, 402 verso).

• La mort ne tue pas Amour, mais après la mort de l'aimé(e), « Amour pleure vaincu » (I, 1, 14 recto).

• Les pouvoirs et les effets d'Amour sont étendus : Amour, ce « flatteur » (I, 1, 1 verso), « rajeunit les vieux, et envieillit les jeunes », dit Adamas (I, 11, 369 recto). Il rend curieux, note Diane (I, 6, 164 recto).

• « Ce qui rend aimable est cela mesme qui rend honneste homme », affirme Silvie (I, 3, 49 recto). Dans ses Epistres, d'Urfé écrit : « Pour estre aymé, le vray amant se rendra vertueux », puis souligne « Pour estre honneste homme il faut estre amoureux » (II, 3, p. 236).
• Le corollaire illustre aussi l'optimisme idéaliste qui caractérise non seulement L'Astrée mais encore le romanesque au début du siècle : « Il est impossible d'aimer ce que l'on n'estime pas », déclare Diane (I, 6, 158 recto).

• Les difficultés renforcent Amour : il est « du naturel de la poudre, qui fait plus d'effort lors qu'elle est la plus serrée », note Céladon (I, 10, 329 recto). 

• Amour, « le fondement de toutes nos affections, s'il n'est ferme et constant, c'est plustost une haine qu'une amour » (I, 1, 16 verso), écrit d'Urfé dans l'édition de 1607. La remarque est supprimée ensuite.

• Les personnages raisonnent sur l'amour en se demandant qui sait aimer (I, 4, 108 verso à 109 verso ; I, 5, 142 verso ; I, 6, 176 verso ; I, 8, 238 verso, I, 8, 246 verso ; I, 10, 314 recto ; I, 12, 383 verso ; I, 12, 392 recto).

• Aimer est une science à acquérir. « Amour, en quelle escole ou de quel maistre s'apprend la longue et douteuse science d'aimer ? » demande un chœur de Bergers dans l'Aminte du Tasse (acte II, p. 55). Chez Montemayor, c'était « une science à laquelle ne sert ni l'étude ni l'expérience » (La Diane, livre 1, p. 39). Plus optimiste, Honoré d'Urfé considère l'art d'aimer comme une école dans L'Astrée (I, 6, 177 recto ; I, 8, 238 recto), et dans La Sylvanire (p. 22).

• Certains personnages sont novices (I, 7, 216 verso ; I, 8, 236 verso) ou ignorants (I, 8, 236 verso sic 239 verso), d'autres écoliers (I, 3, 51 verso ; I, 4, 101 verso) ou apprentis (I, 2, 40 recto ; I, 8, 251 verso). Hylas se prétend « maistre passé » (I, 8, 237 recto), Silvandre aussi (I, 8, 236 verso sic 239 verso).

• Les personnages comparent le dieu Amour à un « général d'armée » (I, 10, 310 verso) qui se paît de douleur (1607 seulement, I, 2, 36 recto) et se fait payer par des pleurs (I, 12, 386 verso), qui punit et qui se venge. Il blesse (I, 8, 244 verso). Avec de petites armes, il fait de grandes blessures (I, 3, 69 recto).

• Il peut être « meilleur medecin qu'Esculape » (I, 12, 385 verso).

• L'analyse la plus originale de l'amour est celle que propose Daphnis, les « secrets de l'escolle » : il faut habituer les femmes au langage de l'amour (I, 6, 176 recto et verso). Les conseils de la Daphné de l'Aminte (Le Tasse, I, 1 et II, 2) ont pu servir de modèle à d'Urfé, mais ils accordent moins d'importance au langage de l'amour.

• L'analyse la plus savante est celle de Silvandre, c'est le mythe des aimants que Céladon explique à Silvie (I, 10, 321 verso et 322 recto) : Dieu distribue des aimants différents aux âmes des hommes et des femmes. Une fois sur terre, l'âme trouve (ou ne trouve pas) l'aimant qui doit l'attirer. M. Gaume montre ce que ce mythe doit à l'androgyne de Platon (p. 470-472). La fragilité de certains aimants cassables et l'inclusion d'âmes « larronnesses » ne peuvent pas ne pas faire sourire. D'Urfé parle beaucoup plus sérieusement des aimants dans ses Epistres morales (II, 4, p. 241).

• Amour « blesse aussi bien dans les cours que dans nos bois » (I, 7, 212 verso). Dans les cœurs des Bergers, Amour suscite les « quatre pestes » qu'il éveille à la cour, l'envie, l'artifice, la médisance et l'ambition (I, 10, 321 recto), car le désir d'être aimé devient lui-même une ambition motrice.

• Amour a « vestu des hommes en femmes » (I, 12, 384 recto) et il a appris aux hommes à filer (I, 9, 300 verso), c'est-à-dire à se conduire comme des femmes, parce que Hercule, à la demande d'Omphale, s'est habillé en femme et s'est mis à filer.

• Amour punit les jaloux et les indifférents (I, 11, 375 verso sic 365 verso), mais il ne s'entend pas toujours avec la Justice (I, 7, 218 verso ; I, 9, 283 recto).

• En revanche, Amour est lié à l'Espérance, sa mère, sa sœur (I, 3, 72 verso), et même sa nourrice (I, 10, 327 verso) : « De tous les maux d'Amour il n'en y a point de tel que celuy qui nie l'esperance » (I, 12, 402 recto). Amour « flatte tousjours ses malades d'esperance » (I, 9, 270 recto). Un poème de Ligdamon développe les relations de l'amour et de l'espérance (I, 3, 72 verso).

• Cependant, « Amour [ ... ] croit facilement ce qu'il craint » (I, 11, 375 verso). Par ailleurs, il « despoüille
incontinent de toute deffiance envers la personne aymée » (I, 7, 206 recto).

• La principale compagne d'Amour reste la déesse Fortune. Amour et Fortune, « quand ils commencent à descendre, tombent tout à fait » (I, 10, 312 recto). Tous deux « se mocquent de la prudence » (I, 2, 22 verso). Tous deux sont « Deitez aveugles » ( Epistres morales, I, 2, p. 7). « Fortune a plusieurs rouës pour hausser et baisser, pour tourner et changer les choses humaines, la roüe d'Amour est celle dont elle se sert le plus souvent » (I, 12, 382 recto). Même remarque dans les Epistres : « La roue d'amour est celle dont [la déesse] se sert le plus souvent » (I, 12, p. 457-458). On trouve dans ce site (30 septembre 2010) une illustration du XVe siècle représentant Dame Fortune tournant la roue d'Amour, « On remedies for either kind of fortune, Petrarch. French translation from Paris, c. 1470, illuminated by Fransiscus » .

• Quand Amour s'oppose à l'honneur, il l'emporte (I, 3, 52 verso).

• Amour « veut toujours triompher de l'amitié » (I, 5, 149 recto).

• D'Urfé supprime une périphrase péjorative : Amour est « enfant de l'oysiveté » (1607 seulement, I, 1, 1 verso). Quand l'image revient (I, 3, 65 verso), elle indique l'ignorance de Guyemant, chevalier qui ne connaît pas encore l'amour.

• D'Urfé supprime aussi une réflexion de la préface : « Amour qui est, comme dit Platon, un ravissement qui esleve les esprits abaissez, et éveille les endormis ». (Voir Variantes textuelles).
I
Amour Dans la deuxième partie, Cupidon disparaît : il est remplacé par deux Amours dépeints dans le tableau de la Réciproque amitié (II,5, 279).

• La conception platonicienne s'affirme :
« Le premier, et le plus vieil de tous les Dieux » (II, 5, 320) « remplit l'univers, dispose et gouverne » (II, 2, 75). « Le plus grand et le plus sainct de tous les Dieux » (II, 2, 119) « est un si grand Dieu, qu'il ne peut rien desirer hors de soy-mesme : il est son propre centre : et n'a jamais dessein qui ne commence et finisse en luy » (II, 6, 415) (voir Rond). « Ce sage Amour » (II, 10, 621), « le plus grand de tous les Dieux, et qui est la chose du monde la plus forte » (II, 9, 586) donne peines et contentements (II, 10, 619).
Pourtant Amour est aussi « celuy qui n'est que deffaut », manque (II, 2, 84).

• Amour reste un enfant parce qu'il aime la jeunesse (II, 1, 42), et parce qu'il est susceptible (II, 6, 361).

• La métaphore de l'aveuglement perdure :
Amour est aveugle, il « vise aux yeux atteint au cœur » (II, 5, 320). Cependant « les yeux des Amants percent les murailles » (II, 6, 336). Céladon déclare plutôt : « Je n'ay des yeux que pour celle à qui je suis » (II, 8, 501).

• Amour sévit dans les hameaux et les cours (II, 6, 526 sic 326), mais il est aveugle quand il permet qu'on aime au-dessus de son rang (II, 6, 348).

• Amour étant « un desir de Beauté », seuls l'œil, l'oreille et la raison, parce qu'ils peuvent discerner la beauté, doivent « avoir part en l'Amour » (II, 2, 119).

• Il est encore question de novice et d'apprenti en amour, mais Silvandre déclare : « L'Amour estant un instinct de la nature, il n'a besoin d'apprentissage : et c'est pourquoy en quelque aage que nous soyons nous aymons tousjours quelque chose » (II, 11, 731 sic 733).

• Les liens d'Amour avec Fortune et Espérance se font un peu plus rares que dans la première partie.
« Toutes mes fortunes [sont] entre les mains d'Amour », dit Céladon (II, 7, 485). Amour « nourri[t] d'esperance ceux qu'il ne peut contenter », dit Silvandre (II, 7, 478).

• Les rapports d'Amour avec Justice et Raison sont contestés par certains (II, 4, 231 ; II, 8, 554 ; II, 9, 584 ; II, 10, 621). Amour enlève la puissance que la raison a sur la volonté (II, 2, 67). Il enlève même volonté et entendement (II, 8, 502), volonté et jugement (II, 7, 447) (Voir Amour et justice).

• Amour est souvent personnifié. On lui adresse harangue et poèmes (II, 2, 67 ; II, 7, 474 ; II, 7, 476). On lui attribue certains actes : le don d'un portrait (II, 5, 293), la composition d'une lettre (II, 5, 319) et l'adoption d'un déguisement pastoral (II, 6, 526 sic 326). Prudent, Amour aide Léonide à trouver Céladon (II, 7, 442). Par pitié, Amour endort Silvandre (II, 6, 430) et pleure sur la tombe de Céladon (II, 8, 552).

• « Ruzé et cauteleux » (II, 1, 12), « fin et ruzé » (II, 4, 217), Amour fait « des miracles » (II, 6, 353) et transforme celui qui aime (II, 6, 332). « Il porte les esprits les plus abaissez à des temeritez incroyables, et d'autres fois fait trembler les courages plus relevez en des occasions que les moindres personnes ne redouteroient point » (II, 6, 335). Amour reconnaît l'intérieur des âmes (II, 3, 139). Il faut craindre sa puissance (II, 2, 68).
- Les esprit abaissez ont été supprimés de la première préface, peut-être parce que l'expression s'appliquait alors aux bergers uniquement.

• Les débats sur l'amour portent sur l'effet positif ou négatif de l'absence (II, 1, 12) (Voir Amour et absence), sur les effets dévastateurs de l'amour (II, 7, 445 ; II, 8, 500), sur l'amour qu'éprouveraient les morts (II, 5, 302) et sur la nature du bien qu'Amour donne (II, 9, 613).

• Amour se transforme en législateur dans les Douze Tables des loix d'Amour (II, 5, 283) (Voir Douze tables). « Juge severe » (II, 2, 120), Amour donne des coups (II, 4, 226), châtie (II, 2, 119), se venge (II, 4, 244), et même emprunte la foudre de Taramis (II, 2, 68).

• Le châtiment qu'envoie Amour est de ne pas être aimé. L'inconstant Hylas, par conséquent, ne craint pas le dieu : « Il ne luy pouvoit faire pis, que luy faire perdre sa Maistresse, à quoy il sçavoit de tres-bons remedes » (II, 5, 305).

• Les chagrins d'Amour gagnent à être racontés (II, 8, 506).
II
Anglois Peuple d'origine germanique qui s'empare de l'île de la Bretagne au Ve siècle. Appelés aussi Angles, Saxons ou Senes.

• Le règne des Anglais en grande Bretagne commence quand les Bretons les appellent au secours contre les Pictes (II, 11, 759 sic 761). Associés aux Pictes, les Anglais s'attaquent à l'Empire (II, 11, 736 sic 738). Ætius est accusé d'avoir, « par l'entremise des Anglois, ravy la Bretagne » (II, 12, 837 sic 839).
II
Anteros Mythologie. Fils de Vénus et de Mars, demi-frère d'Eros (fils de Vénus et de Mercure), il est l'Amour Réciproque.
• Parce qu'il est représenté dans les tableaux qui racontent l'Histoire de Damon et de Fortune, le druide Adamas le décrit et le nomme deux fois : Anteros est plus grand que Cupidon parce que « l'Amour qui n'aist de l'Amour est tousjours plus grande que celle dont elle procede » (I, 11, 371 verso).
• On trouve dans ce site un vase grec représentant une femme qui pèse Eros et Anteros. « Red-figure kalyx krater. This Attic crater bears the representation of the so-called "Erotostasia", with a young woman weighing Eros and Anteros. It is the work of the "Erotostasia painter". Dated to ca. 330 B.C. Inv. no. 12544 » (30 septembre 2010).
I
Apollon Mythologie. Ce fils de Jupiter et de Léto est le frère jumeau de Diane.
• Dans le hameau de la Bergère Diane, on célèbre le même jour Apollon et sa sœur (I, 6, 160 verso). C'est alors que surviennent Filandre et sa sœur jumelle.
Apollon se cache derrière les périphrases d'un poème de Filandre en tant que vainqueur de monstre (le dieu a tué Python, un énorme serpent, Ovide, I, 438-451) et en tant qu'amant malheureux (Daphné, pour s'éloigner de lui, s'est métamorphosée en laurier, Ovide, I, 452-567).
• Dans la version de 1607 seulement, Apollon est aussi le maître de l'oracle qu'entendent Tircis et Laonice (I, 7, 213 verso).
I
Apollon Écrit aussi Appollon.
Apollon est considéré comme le dieu de la médecine parce qu'il est le père d'Esculape. Doté par Jupiter du pouvoir de divination, Apollon fonde un temple à Delphes où une Pythie énonce des oracles et attire des foules qui font des dons considérables. Qualifié de brillant, Apollon est devenu tardivement le dieu du Soleil.

• Dans L'Astrée, ce dieu apparaît dans un contexte historique et dans un contexte théologique.
Les Gaulois, du temps de Brennus, ont attaqué le temple d'Apollon à Delphes. Leur butin, l'or du temple, ne leur a pas porté bonheur (II, 12, 888 sic 890).
Apollon est l'homologue de Bélénus aux yeux de Céladon (II, 8, 511) comme aux yeux des Romains qui ont imposé les noms des divinités qu'ils ont supreposées aux dieux gaulois (II, 8, 514).
Apollon-Bélénus est le dieu du soleil et de la médecine.
II
Appennin Écrit aussi Appenin. Les Apennins sont une chaîne de montagnes attachées aux Alpes, en Italie du Nord. Les Apennins du sud ont deux volcans, l'Etna et le Vésuve.

Céladon passe par les Appenins du sud pour voir les volcans (II, 10, 637). Voir Montagnes.
Ursace se cache dans les Appenins après l'enlèvement d'Eudoxe (II, 12, 866 sic 868), c'est donc là qu'il rencontre Céladon.
II
Aquilée Il s'agit de la ville surnommée « Aquilée l'imprenable », au Nord de l'Italie. Alaric Ier, roi des Wisigoths l'attaque en vain, mais Attila, roi des Huns, réussit en 452 (Bouvier-Ajam, 360-364).

On trouve les informations suivantes dans le site de l'Unesco (30 septembre 2010) :
« Aquilée, dans la province du Frioul-Vénétie Julienne, fut l'une des villes les plus importantes et les plus riches du Haut-Empire avant d'être détruite par Attila au milieu du Ve siècle. La plupart de ses vestiges demeurent intacts sous les prairies environnantes, constituant ainsi la plus grande réserve archéologique de son espèce ».

Attila assiège Aquilée pendant trois mois puis la détruit (II, 12, 839 sic 841).
II
Aquitaine Ce « pays des eaux » est l'une des quatre provinces de la Gaule Romaine. Les Wisigoths s'en emparent au Ve siècle et Alaric y règne.
• Galathée rappelle ces événements en racontant l'histoire du Forez (I, 2, 31 recto).
• Une carte particulièrement claire de la Gaule se trouve dans ce site (30 septembre 2010), et une autre dans ce site.
I
Aquitaine L'Aquitaine, dans les Commentaires de Jules CÉsar, est séparée de la Gaule par la Garonne (I, 1). Du temps d'Auguste, elle va jusqu'à la Loire (Fauchet, 2° recto). Elle comprend l'Auvergne et le Forez.
En 418 l'Empire donne l'Aquitaine aux Wisigoths. Dans la première partie de L'Astrée, le Forez est d'abord envahi par César et ensuite gouverné par Alaric, roi des Wisigoths (I, 2, 31 recto).
Les rois d'Aquitane ont été : Alaric Ier (mort en 410), Ataulfe (assassiné en 415), Sigeric (416 ?), Walia (mort en 418), Théodoric Ier (Thierry), qui choisit Toulouse pour capitale, et meurt en 451, puis Théodoric II (Torrismonde) qui meurt en 466 (Labouysse).

• Dans L'Astrée, Constance, époux de Placidie, donne l'Aquitaine aux Goths de Walia (II, 11, 744 sic 746). Après la mort de Walia, les Goths s'étendent jusqu'en Espagne (II, 11, 748 sic 750).
Thierry (Théodoric Ier), roi d'Aquitaine, meurt à la bataille des Champs Catalauniques (II, 12, 826 sic 828).
L'Aquitaine est la patrie de Madonthe (II, 6, 328).
II
Aquitaniens • Habitants de l'Aquitaine des Wisigoths (II, 6, 328). II
Arar Rivière qui descend des Alpes et se jette dans le Rhône.
• Elle est nommée dans l'Histoire d'Alcippe (I, 2, 42 verso) et dans celle d'Hylas (I, 8, 243 recto).
I
Arar L'Arar est un des noms de la Saône, affluent du Rhône. D'après La Mure, la rivière devrait son nom moderne au sang des martyrs qui y a coulé (I, p. 173). Jules CÉsar écrit « La Saône est une rivière dont le cours, entre les terres des Héduens et celles des Séquanes et jusqu'au Rhône, est si paisible que l'œil ne peut en distinguer la direction » (1, 12).

• L'Arar, qualifié de « paisible » (II, 4, 208), figure dans les histoires d'Hylas (II, 3, 169, 171, 181 ; II, 4, 209).

• On peut voir une gravure représentant la jonction du Rhône et de la Saône dans ce site (30 septembre 2010). Une carte de Lyon en 1696 se trouve dans ce site (30 septembre 2010).
II
Arcadie Région montagneuse au Nord de la Grèce. Au livre 8 de la Description de la Grèce, Pausanias décrit l’Arcadie comme une plaine entourée de montagnes, et située loin de la mer. La région est assez difficile d’accès pour servir de refuge contre les envahisseurs. Elle a connu tant de guerres que ses habitants sont considérés comme d’excellents mercenaires.
• « Le paisible habit de Bergers » (I, 2, 32 verso) qui caractérise les héros de L'Astrée ne serait pas de mise dans cette Arcadie, mais plutôt dans l’Arcadie poétique de Sannazare - quoi qu'en dise Honoré d'Urfé. Le romancier mentionne l'Arcadie uniquement dans sa préface, et dans une phrase négative. Tout en préférant un Forez réel à une Arcadie mythique, d'Urfé conserve au pays de L'Astrée l'une des principales composantes de l'Arcadie littéraire, c'est « le lieu d'une purification » (Françoise Lavocat, p. 310).
• L'Arcadie mythique n'a pas que des admirateurs. C.-G. Dubois cite ce texte de Taillepied : « Plus heureux beacuoup estoient les Gaulois que les Arcadiens, qui vivoient sans loy et sans legislateurs, comme faisoient les Canariens (ainsi qu'escrit Americ Vespuce en ses navigations) qui n'avoient ne foy, ne Roy, ny loy, ni sacrifices » (p. 99).
• Comme l'écrit Emmanuel Bury, à cause de la « plasticité du mythe », l'Arcadie « est grosse de tous les tons de la littérature » (p. 222).
• L'article Arcadie de l'EncyclopÉdie distingue clairement deux types d'Arcadiens et surtout souligne ce que la France du XVIIIe siècle a retenu de ce pays mythique : « Vallon d'Arcadie appellé Bathos. Suppl. I. 827. b. Deux peuples d'Arcadie de moeurs totalement différentes, parce que l'un cultivoit la musique, & que l'autre la négligeoit. X. 905. Suppl. III. 256. a. L'Arcadie, paysage du Poussin. V. 319. b. XII. 212. b. Roman du même nom, de Philippe Sidney. Ibid. 311. a ».
• On trouve dans ce site le tableau de Poussin intitulé Et in Arcadia Ego. « Nicolas Poussin, Les Bergers d'Arcadie (1638) ©[louvre.edu]1999 - photo Erich Lessing » (30 septembre 2010).
I
Archilla Où se trouve cette ville gauloise ? S'agirait-il d'Arles, ville que Wisigoths et Romains se sont souvent disputée ? Pourquoi s'appelle-t-elle Archilla alors que son nom antique était Arelate (Voir ce site, 30 septembre 2010) ? Fauchet répond à ces questions. Il explique qu'Ætius a chassé les Goths « de la ville d'Arles, que tous les livres de Prosper imprimez appellent Archilles » (f° 86 recto). Prosper est un historien qui a vécu autour de 428. Il s'agit de Prosper d'Aquitaine (Prosper Tyro), auteur d'une Chronique de la Gaule (Voir ce site, 30 septembre 2010).
Qu'Honoré d'Urfé ait lu Prosper ou qu'il s'inspire - plus vraisemblablement - de Fauchet, il n'en reste pas moins qu'il choisit un nom fort obscur pour désigner cette ville qui s'appelle Arles dans la première partie (I, 8, 243 recto) !

Thierry, roi des Wisigoths, assiège Archilla, Ætius l'en chasse (II, 11, 757 sic 759).
II
Argent Petite rivière qui se jette dans le Lignon et qui doit son nom à son lit calcaire.
Galathée la nomme en rapportant l'histoire du Forez (I, 2, 32 verso).
I
Argental Hameau forézien.
• Squilindre, le Berger capable de copier l'écriture d'Astrée (I, 4, 112 verso), en vient. Le nom même du hameau suggère que le personnage est vénal.
I
Argus Mythologie. Doué de cent yeux, ne dormant donc jamais tout à fait, Argus est un gardien vigilant. FuretiÈre écrit dans son Dictionnaire que le nom d'Argus est entré dans la langue « pour signifier un homme prudent et clairvoyant » (Article Argus).
• Dans un poème sur le tombeau d'un mari jaloux (I, 11, 375 verso sic 365 verso), Céladon nomme Argus.
• Rien ne justifie l'insertion de ce poème ou l'évocation de la jalousie conjugale : les personnages parlent alors de la douleur de Silvie après le décès de Ligdamon.
I
Argus Damon d'Aquitaine, se plaint dans un poème d'un « fascheux Argus » (II, 6, 342), le tuteur de Madonthe.
Céladon, devant Astrée endormie, aurait voulu être « comme un nouvel Argus » (II, 8, 522).

Argus est la vigilance pour d'Urfé : « Les cent yeux d'Argus ne peuvent resister » à Fortune dans les Epistres (I, 15, p. 133).
II
Arles Ville sur le Rhône.
• Hylas la décrit avec admiration (I, 8, 243 recto). Une jeune fille qu'il rencontre sur le bateau, Floriante, y a séjourné (I, 8, 255 recto).

• Ville appelée Archilla dans la deuxième partie (II, 11, 757 sic 759).
I
Armoricains « L'ensemble des peuples situés le long de l'Océan, et que les Gaulois ont l'habitude d'appeler Armoricains », écrit Jules CÉsar (VII, 75).

• Les armées d'Attila et d'Ætius comprennent entre autres peuples des Armoricains (II, 12, 823 sic 825).
II
Armorique Cette région dont le nom signifie « Pays sur la mer » (Kruta, p. 427) fait partie de la Gaule belge pour Jules César. Fauchet explique que les Bretons d'Angleterre s'y installeront et lui donneront le nom de petite Bretagne après 460 (f° 104 verso).

• Dans L'Astrée, Dis Samothes est arrivé en Gaule par « l'Océan Armorique » (II, 8, 508). Le druidisme est donc originaire de Bretagne (Gaume, p. 111).
Ætius est accusé d'avoir encouragé les Bretons à s'emparer de l'Armorique (II, 12, 837 sic 839).
Les habitants de la région de Padoue et de Venise viennent de la « Gaule Armorique » (II, 12, 839 sic 841). Les deux peuples portent effectivement le même nom, Vénètes.
II
Asie Placidie nomme l'Asie avec l'Europe et l'Afrique pour désigner le monde entier (II, 11, 741 sic 743).
- D'Urfé surveille la vraisemblance historico-géographique et ne nomme pas l'Amérique.

Les jardins de l'Empereur d'Orient se trouvent de l'autre côté du Bosphore, en Asie (II, 12, 783 sic 785).
Priam était un prince d'Asie (II, 12, 870 sic 872).
II
Astrée Mythologie. Ovide raconte dans ses Métamorphoses (I, 150) que la déesse Astrée a quitté la terre pendant l'Âge de fer.
• La déesse apparaît à travers une catachrèse de la Dédicace : « Astrée » est alors à la fois le roman, son héroïne et la divinité que la paix ramène sur terre.
• Ce mythe joue un rôle essentiel dans L'Astrée (Henein, p. 56-59), mais pas dans la première partie.
I
Astrée Dix fois nommée dans la deuxième partie, la déesse Astrée n'est pas annexée à l'Olympe gaulois. D'Urfé rejette donc l'exemple donné par Le FÈvre de la Boderie en 1582 :
      Et bien estoit Astree en gloire singuliere,
      Qui mesme estoit en Gaule aux femmes familiere
(Cercle III, vers 307-308).
Comme Ronsard plutôt, le romancier s'appuie sur l'étymologie du nom pour diviniser une femme aimée. Céladon appelle Astrée « Mon Astre » (I, 1, 12 verso) et « Mon bel Astre » (II, 10, 631). D'Urfé a sans doute lu le premier poème des Sonnets et madrigals pour Astrée :
       Ronsard, voulant aux astres s'elever,
       Fut foudroyé par une belle Astrée (p. 265).
Le poète, s'adressant alors à Françoise d'Estrées, ose même rapprocher Françoise de « framboise » (p. 267) !

• La déesse Astrée de la deuxième partie est la glorification en quatre étapes de l'Astrée humaine. Dans un premier temps, elle possède les traits et accessoires d'une divinité pastorale, dans un deuxième temps elle est la déesse de la Justice.

1. Céladon adore Astrée dans un bois (II, 5, 276) et lui adresse une prière écrite où il l'appelle déesse (II, 5, 304). Bergers et Bergères qui lisent ce texte comprennent qu'il s'agit de leur compagne et non d'une divinité (II, 5, 305).
2. Adamas suggère à Céladon de construire un temple à son Astrée, « ce que nostre Dieu ne trouvera point plus mauvais que les Temples dediez par ces estrangers à la Deesse Fortune, à la Deesse Maladie ou à la Deesse Crainte » (II, 8, 507). La déesse Astrée se trouve ainsi rapprochée de fausses divinités qui, comme par hasard, sont toutes néfastes ou dangereuses.
3. Le statut de la déesse Astrée change quand il s'agit d'une peinture exposée dans un temple. Le portrait de la Bergère, agrandi par les soins du druide, et doté d'accessoires pastoraux, trône sur un autel (II, 8, 518) décoré de poèmes d'amour (II, 8, 520) (Henein, pp. 122-125). Les Bergers entrent avec respect dans le temple, mais reconnaissent simplement une image de leur compagne (II, 5, 291). Celui qui l'appelle déesse pratique l'hyperbole, pensent-ils. C'est un vacie qui, en décrivant le temple à Adamas, nomme la déesse Astrée avec vénération (II, 11, 675).
4. Paris, en plaisantant, signale que la bergère Astrée porte le nom de la déesse de la Justice (II, 7, 469).
II
Athénée Au Ve siècle, à Lyon, un autel dédié à l'empereur Auguste portait ce nom qui était en Grèce le nom d'un lieu de rencontre pour les intellectuels. Le FÈvre de la Boderie le décrit ainsi :
    Jadis pour son autel Lion estoit fameuse
     De faconds Orateurs, et Philosophes vieux
    Qui sçavoient les secrets de Nature et des Cieux,
     Se venoient assemble, pour d’une joute humaine
     De l’Eloquence Grecque, et faconde Romaine
     Prodiguer les tresors, et d’un haut cœur espris
     De gloire, r’emporter la victoire et le prix.
(La Galliade, Cercle III, vers 1641 sq.)

Hylas rapporte que les Lyonnais célèbrent la cueillette du gui rassemblés dans l'Athénée. C'est là que se déroulent « sacrifice » et « réjouissances » (II, 4, 261).
• Les orateurs qui discourent devant l'Athénée, s'ils sont vaincus, doivent effacer leur harangue avec la langue ou être plongés dans le Rhône (II, 9, 606).
II
Authunois Les Autunois sont un des peuples celtes qui habitaient la Bourgogne.
• Silvandre les nomme (I, 8, 226 recto).
I
Auvergnats Leur nom ancien était les Arvernes. Apollodore et Strabon les jugent particulièrement belliqueux (Kruta, pp. 434-436). Ils « sont traditionnellement hostiles à Rome » (Kruta, p. 595-596).

• Les armées d'Attila et d'Ætius comprennent entre autres peuples des Auvergnats (II, 12, 823 sic 825).

• Honoré d'Urfé choisit de donner aux Auvergnats et aux Bourguignons leur nom moderne.
II
Auvergne Région du Massif central voisine du Forez qui appartient aux Wisigoths depuis le IVe siècle.
Galathée précise que des montagnes séparent le Forez de l'Auvergne (I, 2, 30 verso).
• Clindor, l'ami d'Alcippe, fuit Marcilly en se sauvant en Auvergne (I, 2, 41 verso).
I
Avignon Ville de la Province viennoise.
• Hylas remonte le Rhône dans un bateau qui accoste le long d'une île près d'Avignon (I, 8, 253 recto).
I
Bacchanales Mythologie. Écrit aussi Baccanales.
Ce sont les fêtes de Bacchus, le dieu du vin. FuretiÈre précise que « c'est une rejouïssance ou mascarade qu'on fait au Carnaval, où on se couronne de lierre, et où on imite ces anciennes Festes » (Article Bacchanales). Les Bacchanales autorisent de grandes libertés. À l'origine ce sont les femmes qui fêtaient seules pendant deux jours en mars. Les Bacchanales sont ensuite devenues des journées consacrées au théâtre trois fois par an, puis des jours et des nuits de débauche. Interdites au IIe siècle avant J.-C., elles recommencent sous Jules César. Dans la culture chrétienne, le carnaval et les déguisements du Mardi gras se substituent aux Bacchanales. Le carnaval commence à l'Épiphanie, à la fin des fêtes de Noël, et se termine le Mardi gras, avant le carême qui précède Pâques. Dans L'Astrée, il s'agit sans doute des fêtes du Carnaval.
• C'est à Marcilly que les gens du château célèbrent des Bacchanales rappelées deux fois.
- Le dernier jour des Bacchanales, les chevaliers foréziens partent rejoindre Clidaman près de Mérovée (I, 5, 134 recto, 135 recto).
- Deux ou trois ans avant, c'était aussi le dernier jour des Bacchanales que Clidaman avait organisé un tournoi pour soutenir la beauté de Silvie (I, 9, 269 recto).
I
Bacchanales • À Lyon, pendant les Bacchanales, Hylas et Clorian participent à un tournoi et représentent Circène sur leurs armes (II, 4, 201). II
Bacchus Mythologie. Fils de Jupiter et de Sémélé.
• Sa naissance merveilleuse est rappelée dans les « peintures esclatantes » (I, 2, 27 recto). Voir Sémélé.
• Son pouvoir est suggéré dans la description des Bacchanales, bien qu'il ne soit pas nommé (I, 5, 134 recto).
I
Belenus L'une des divinités gauloises qui n'apparaissent pas dans l'édition anonyme de 1607.
• Dans les éditions ultérieures, Bélénus figure, associé à Tautatès, dans l'Histoire de Diane, où il prend la place du dieu Hymen (I, 6, 158 verso).
• C'est dans la deuxième partie de L'Astrée (livre 8), en 1610 donc, que d'Urfé fait expliquer par le druide Adamas le système d'équivalences sur lequel repose la théologie astréenne. « Apollon est le Bélénus gaulois, le Dieu homme, le Fils. Mars est le Hésus gaulois, le Dieu fort, le Père. Jupiter est le Taramis gaulois, le Dieu 'répurgeant' (de repurger, nettoyer), le Saint-Esprit. Tautatès, le Dieu unique, porte donc trois surnoms » (Henein, p. 54).
I
Belenus Écrit aussi Belenos et Beelenos.

• Nommé seize fois dans la deuxième partie, ce dieu gaulois est le plus souvent enfermé dans le quatuor divin : « Tautates, Hesus, Taramis, Belenus » (II, 8, 492). Dans le chêne qui symbolise Tautatès, la branche de gauche représente Bélénus (II, 5, 290 ; II, 8, 517).

Dans le temple de Montverdun, ceux qui aiment lui adressent « sacrifices et supplications » (II, 8, 494).
Le nom de Bélénus signifie Dieu homme, explique Adamas (II, 8, 510). Parce que les Gaulois interrogent ce dieu au sujet de la santé ou pour avoir des enfants, l'homologue de Bélénus est Apollon ou même le Soleil (II, 8, 512). Les usurpateurs ont voulu forcer les druides à représenter leurs divinités avec les figures et les noms des dieux païens (II, 8, 514).
II
Bellone Mythologie. Écrit aussi Bellonne. Bellum signifie guerre en latin, d'où l'adjectif « belliqueux » et le nom de Bellone. Cette divinité romaine de la guerre est l'épouse ou la sœur du dieu Mars.
• D'Urfé associe Bellone avec la Gorgone aux traits effrayants (I, 11, 366 recto sic 356 recto). Dans l'édition de 1607 seulement, « les horreurs de la guerre » sont dites « les horreurs de Bellonne » (I, 11, 362 verso sic 352 verso). Bellone reste « l'effroyable » dans les éditions suivantes (I, 11, 366 recto sic 356 recto). (Voir Variantes textuelles).
I
Bergame Ville du nord de l'Italie.

• Les habitants s'enfuient à l'arrivée d'Attila et, en se réunissant avec d'autres réfugiés, forment la république de Venise (II, 12, 839 sic 841).
II
Bétique Province romaine au sud de l'Espagne.

• Au Ve siècle, les Vandales s'emparent de la Bétique et l'appellent Vandalousie (II, 11, 745 sic 747). Ils deviennent puissants sous la conduite de Genséric (II, 11, 748 sic 750). Quand les Goths attaquent la Bétique, Genséric se rend en Afrique (II, 11, 758 sic 760).
II
Bizance Écrit Bisance. La capitale de l'Empire d'Orient après le partage de l'Empire romain porte le nom de Constantinople au IVe siècle et d'Istanboul au XVe siècle.
• C'est à « Bizance » qu'Alcippe entre au service de l'Empereur (I, 2, 43 recto). D'Urfé choisit le nom antique.
I
Bobrun Ludovic[us] Bobrun (Louis Beaubrun), mort en 1627, appartient à une famille de peintres valets de chambre du Roi. Son père et ses deux frères ont servi Henri IV. Lui-même a peint Anne d’Autriche et Louis XIII. Il a formé ses deux neveux, peintres de Louis XIV enfant. (D. BrÊme, « Les Beaubrun », avril 2006). Je remercie Jean-Marc Chatelain qui m'a appris que Beaubrun était Forézien : « D'après la notice de l'Allgemeine Künstler-Lexikon, t. 8 (Munich et Leipzig, 1994), p. 57, d'où je tire les renseignements que je vous communique ici, la famille de Beaubrun était liée à celle d'Urfé ».
• Le portrait d'Honoré d'Urfé dessiné par Louis Beaubrun, d'une grande originalité, figure, à partir de 1619, en face de celui d'une dame qui pourrait être Diane de Châteaumorand. Les gravures sont encore reproduites, après la mort du couple, dans La Sylvanire (1627). Les deux portraits ne sont pas toujours face à face (Voir Illustrations).
I
Boën Écrit Boing dans la première partie.

• De la résidence d'Adamas, la vue s'étend de Boën à Feurs (II, 10, 628). Léonide et Alexis contemplent le Lignon qu'elles aperçoivent entre ces deux petites villes (II, 10, 629).

• « De là, comme nous aujourd'hui, Léonide et Alexis ont une magnifique vue sur la plaine », écrit Maxime Gaume (p. 211). On trouve des photos anciennnes de Boën dans ce site (30 septembre 2010).
II
Boïens Écrit Boyens. Peuple celtique originaire de Bohême (Kruta p. 206) dont le nom signifie les Terribles (Kruta, p. 70). Ils seraient divisés en cent-douze tribus d'après Pline (III, 116). Ils se sont installés dans la région de Sancerre (Kruta, p. 478).

« À la demande des Héduens, les Boïens reçurent, à cause de leur grande réputation de valeur, la permission de s'établir sur leur propre territoire ; on leur donna des terres, et ils partagèrent plus tard les droits et la liberté des Héduens eux-mêmes », écrit Jules CÉsar (1, 28). Il ajoute plus loin que Gergovie est la « ville des Boïens » (VII, 9).
« Avant de s’en prendre aux Hédues, toujours fidèles à l’alliance romaine, il fallait réduire leurs clients, les Boïes, échappés au désastre infligé par César aux Helvètes dix ans auparavant et installés par les Hédues, devenus leurs patrons, sur la partie de leur territoire située à gauche de la Loire, à Gortona (Gorgobina est une cacographie), aujourd’hui Sancerre » (Lot, p. 117). La Mure situe les Boïens dans le Bourbonnais, sur l'Allier (I, p. 4).

• Ce n'est pas tout à fait ce que dit Honoré d'Urfé (II, 1, 35). Pour lui, les Boïens, établis dans la forêt Hircinie suivent Sigovèse en Gaule (VIe siècle avant J.-C.). Ils suivent ensuite Belovèse en Italie (IVe siècle avant J.-C.). Plus tard, chassés par les Romains, certains reviennent en Gaule, d'autres se retirent dans la forêt Hircinie.
Thamire et Calidon sont des Boïens, et en sont fiers (II, 1, 51). Thamire explique aux Foréziens qu'ils ne sont pas « de ceste contree » bien qu'ils demeurent près de Montverdun (II, 1, 35). Calidon, à dix-huit ans, « revint de la Province des Boiens » (II, 1, 42) appelé par Thamire (II, 2, 74).
II
Boing Écrit Boën dans la deuxième partie. Boën -sur-Lignon, ville où se rejoignent les deux rivières qui forment le Lignon. Maxime Gaume a dessiné une excellente carte de la région (p. 191). Voir aussi la carte de Christophe Mathevot de « la Diana » (Les Gravures de L'Astrée, publiées par la CommunautÉ de Communes du Pays d'Astrée, p. 131) reproduite dans ce site.
• Adamas nomme cette ville en décrivant les tableaux qui constituent l'Histoire de Damon et de Fortune (I, 11, 372 recto).
I
Bonlieu Écrit aussi Bon-lieu. Maxime Gaume explique les liens de la famille d'Urfé avec les deux abbayes qui se trouvaient dans cette localité au XVIe siècle (p. 195 et p. 197).
• Le « séjour de druides et de vestales » (I, 4, 84 recto) est aussi l'endroit où se croisent des Nymphes et des Bergères (I, 4, 84 recto), l'endroit où Olimpe déclare ses sentiments à Lycidas (I, 4, 106 verso), et l'endroit où Céladon note qu'il se rapproche trop du hameau et d'Astrée (I, 12, 403 recto).
• Au XVIIe siècle, un traducteur allemand est tellement sensible à l'heureuse signification de ce nom qu'il le traduit par « Gutsort » (JÜrgensen, p. 318). Mont-d'or subit le même sort, alors que les autres noms de lieu gardent la graphie française.
I
Bonlieu • Dans la deuxième partie de L'Astrée, il faut traverser le bois de Bonlieu pour se rendre des hameaux à la résidence d'Adamas (II, 2, 110).
Le temple qui se trouve dans ce bois, « dedié à la bonne Deesse » (II, 2, 111), abrite Vestales et druides.
C'est dans la troisième partie que le temple deviendra de manière explicite un symbole de la religion astréenne (éd. Vaganay, III, 2, p. 44 sq.).

• Grâce à Marc Delacroix que je remercie ici, des photos de ce qui reste de Bonlieu sont dans ce site (Photos du Forez). On trouve dans ce site-là une photo de l'ancienne abbaye de Bonlieu ainsi que son histoire. L'abbaye se trouve aujourd'hui dans la paroisse de Sainte-Eulalie (30 septembre 2010).
II
Bonne deesse Mythologie.

• Nommée treize fois, cette déesse n'est pas la Vierge qui enfantera. L'autel de cette Vierge que chrétiens et Gaulois vénèrent (II, 11, 759 sic 761) se trouve dans les antres des Carnutes (II, 8, 517), affirme Adamas. Le druide choisit, dans sa leçon de théologie, de ne pas assimiler cette Vierge à la Bonne déesse. C'est dans la troisième partie de L'Astrée que le romancier, en veine de syncrétisme religieux, décrira le temple de Bonlieu et superposera Bonne Déesse, Vierge qui enfantera, Vesta et déesse Diane (éd. Vaganay, III, 2 p. 43 sq.).

• Dans la deuxième partie, le temple de la Bonne Déesse est essentiellement un point de repère non loin du pont de la Bouteresse (II, 2, 110 ; II, 5, 318 ; II, 7, 471 ; II, 8, 490 ; II, 8, 537). Y demeurent Chrisante (II, 4, 211), et ses Druides et Vestales (II, 8, 537).
Le temple est plein de ressources : les Bergers y trouvent les objets nécessaires pour la cérémonie du vain tombeau (II, 8, 537 sq.).

• Un seul Berger prie explicitement la Bonne Déesse dans son temple : Lycidas va y « rendre quelque vœu que sa jalousie peut estre luy avoit faict faire » (II, 8, 549). Voir Truye.
II
Bonser Jean Bonser. D'après l'Inventaire des graveurs du XVIIe siècle (I, p. 470), cet artiste, originaire de Hollande, aurait séjourné à Aix-en-Provence et à Lyon, en 1626 et en 1642.
• C'est probablement à ce moment qu'il a reproduit le frontispice de L'Astrée et modifié son cadre. (Voir Illustrations).
I
Bosphore Détroit entre la mer Noire et la mer de Marmara, lieu de passage entre l'Europe et l'Asie.

• Les jardins de l'Empereur d'Orient se trouvent de l'autre côté du Bosphore, en Asie (II, 12, 783 sic 785).
II
Bourgogne Écrit Bourgongne. Cette région fait partie de la Gaule lyonnaise. Les rois bourguignons lui donnent son nom au Ve siècle. Elle s'étend alors considérablement et finira par inclure le Forez qui deviendra l'apanage de Clotilde, nièce de Gondebaut et épouse de Clovis.
• La Bourgogne est nommée dans les biographies d'Alcippe (I, 2, 42 verso) et de Silvandre (I, 8, 226 recto),
I
Bourguignons Peuple d'origine germanique qui figure dans la légende des Nibelungen.
• Honoré d'Urfé nomme les Bourguignons dans des récits de guerre. Ils attaquent les Romains et leurs alliés (I, 2, 42 verso ; I, 8, 226 recto). Leurs actions affectent le destin d'un chevalier, Guyemant (I, 3, 64 recto), celui de Bergers parisiens, Tircis et Laonice (I, 7, 207 recto), et celui de Silvandre (I, 8, 226 verso). Alcippe cependant entre au service de leur roi (I, 2, 42 verso).
I
Bourguignons Fauchet affirme que les Bourguignons « se pensoient yssux des Romains » (f° 60 recto et 84 verso). Pasquier (I, p. 24) et La Mure le répètent (I, p. 233).
Il s'agit des Burgondes. Ces Germains s'entendent avec l'Empire romain et s'installent en Sapaudia, autour de Genève, en 436. À partir de 457, chassés par les Huns, ils s'installent dans les Cévennes et nomment leur contrée Bourgogne (Labouysse, p. 26). La Mure pourtant affirme qu'autour de 412 Bourguignons et Wisigoths se disputent déjà le Forez (I, p. 235).
Sidoine Apollinaire (431?-487?), célèbre évêque Arverne de Lyon, méprise les Bourguignons. Il se plaint de vivre « au milieu de hordes chevelues, assourdi par les sons de la langue germaine, obligé d'avoir l'air de louer quelquefois ce que chante, bien repus, le Burgonde aux cheveux graissés d'un beurre rance » (p. 386) et « haut de sept pieds » (p. 206).

• Les Bourguignons attaquent les Romains en Gaule (II, 11, 736 sic 738). Quand ils s'en prennent au « pays des Heduois et Sequanois », Constance les renvoie « au lieu d'où ils estoient partis » (II, 11, 747 sic 749).
Ætius aussi chasse les Bourguignons (II, 11, 749 sic 751). Quand il doit s'exiler, pour éviter d'être accusé de collusion, il ne se retire pas près d'eux (II, 11, 750 sic 752). À son retour, Ætius retient les Bourguignons « dans les limites que l'Empereur leur avoit donnees » (II, 11, 757 sic 759). Il les dissuade (II, 12, 822 sic 824) d'accepter l'entente proposée par Attila (II, 12, 821 sic 823). Ætius craint une coalition des Francs et des Bourguignons avec les Wisigoths (II, 12, 825 sic 827). Cette information est chez Fauchet (f° 95 verso), comme chez Pasquier et Sorel. Elle appelle toujours le même commentaire : la division affaiblit.

• Honoré d'Urfé choisit de donner aux Auvergnats et aux Bourguignons leur nom moderne.

• Voir la Carte des invasions et la Carte de la Gaule.
II
Bouteresse Écrit aussi Boteresse. Pont sur le Lignon reconstruit en pierre au XIVe siècle (Maxime Gaume, p. 189).
• Les personnages franchissent fréquemment ce pont (I, 4, 84 recto ; I, 8, 224 recto et 232 recto ; I, 12, 403 recto).
I
Bouteresse « Ce pont de bois reposait sur trois piles de pierres » (Hubert Houdoy, dans son site, 30 septembre 2010).

Léonide et Paris traversent le pont, soit pour rentrer chez Adamas (II, 2, 110), soit pour aller dans les hameaux (II, 7, 471).
Léonide admire le paysage après avoir passé le pont (II, 7, 434).
Avec Adamas, elle traverse le pont pour retrouver Céladon (II, 8, 496).
II
Bramovices Il s'agit probablement des Brannovices, clients des Éduens (Lot, p. 37). La Mure les appelle les Brannociens (I, p. 8). Jules CÉsar les appelle Aulerques Brannovices, et les inclut dans la liste des peuples qui se liguent contre lui à Alésia (VII, 75). Ils se trouvaient dans la vallée de l'Yonne ou de la Saône (Voir ce site, 30 septembre 2010).

• Dans L'Astrée, le pays des Bramovices se trouve entre le pays des Caturiges et celui des Carrocèles (II, 10, 633 et 635) ; c'est bien la région des Brannovices.

• Voir la carte dessinée par Maxime Gaume (p. 221).
II
Bresse Il s'agit sans doute de Brescia, en Italie, ville prise en 452 par Attila (Bouvier-Ajam, p. 365).

Bresse est attaquée par Attila (II, 12, 839 sic 841).
II
Bretagne Il s'agit de Britannia, appelée Grande Bretagne dans la première partie.

Anglois et Pictes se battent contre les Romains en Bretagne (II, 11, 736 sic 739). Ætius envoie la légion de Galvion (II, 11, 757 sic 759) pour soutenir cette contrée entourée d'un rempart (II, 11, 757 sic 759). Quand Galvion s'éloigne, les Pictes attaquent les Bretons qui appellent à leur secours les Anglois (II, 11, 760 sic 762). Ætius est accusé d'avoir poussé les Anglois à prendre la Bretagne (II, 12, 837 sic 839).
II
Bretons Celtes insulaires appelés Brittons ou Bretons. Jules CÉsar écrit : « De tous les peuples bretons, les plus civilisés sont, sans contredit, ceux qui habitent le pays de Cantium [Kent], région toute maritime et dont les mœurs diffèrent peu de celles des Gaulois » (V, 14).
Les Bretons demandent aux Saxons de les aider à vaincre les Pictes. Les Saxons tuent « la plus part de la noblesse Bretonne » (Fauchet, f° 88 verso)

• Les Bretons, attaqués par les Pictes, appellent au secours les Anglois (II, 11, 760 sic 762). Chassés de Bretagne, les Bretons envahissent l'Armorique (II, 12, 837 sic 839).
II
Briot Isaac Briot (1585-1670) est un artisan protestant originaire de Damblain, en Lorraine. Graveur en taille-douce, il travaille à Paris. Il collabore avec Abraham Bosse, et avec Jean Warin pour la frappe des nouvelles monnaies commandées par Louis XIII (les louis). Briot a gravé les portraits de Marie de Médicis et de Richelieu (Roméo Arbour, p. 121-122). En 1630, Du Bray et ses associés lui paient près de 2.000 livres pour les cent vingt gravures des Fables d'Esope traduites par Jean Baudoin, soit un peu plus de onze livres par planche (Martin, p. 384). Baudoin, lui, reçoit « trois livres et quatre sols pour chaque feuille de gros romain » (Martin, p. 428).
• Briot a probablement gravé le portrait d'Honoré d'Urfé dessiné par Louis Beaubrun. Ce portrait, d'une grande originalité, figure, à partir de 1619, en face de celui d'une dame qui pourrait être Diane de Châteaumorand. Les portraits sont encore reproduits, après la mort du couple, dans La Sylvanire (1627). (Voir Illustrations).
• On trouvera dans ce site « L'Espagnol moqué » d'Abraham Bosse gravé par Briot (30 septembre 2010).
I
Cala (La) Village situé sur les bords du Lignon. C'est l'un des rares lieux foréziens que Maxime Gaume n'ait pas réussi à retrouver (p. 194 note 95).
• Ce village est nommé par Climanthe, le faux druide (I, 5, 139 recto).
I
Calais Écrit aussi Callais.
Lypandas, gouverneur de la ville et allié des Neustriens, met Lydias en prison (I, 12, 386 verso). Mélandre l'y retrouve, le délivre, mais finit elle-même en prison. C'est alors que Mérovée, roi des Francs, attaque et prend Calais (I, 12, 395 recto).
• La mention d'une prise de Calais n'a pas pu laisser indifférents les contemporains d'Honoré d'Urfé. La ruse proposée par Lydias n'est pas une invention romanesque (Henein, p. 298).
I
Calais • La deuxième partie rappelle que Lydias est prisonnier dans cette ville gouvernée par Lypandas (II, 10, 666). II
Calcédoine Ville située sur le Bosphore, en Asie.

• Les jardins de l'Empereur d'Orient s'y trouvent (II, 12, 783 sic 785). D'Urfé ajoute un renseignement d'une grande précision : « Calcedoine, [...] est si prés de Constantinople, qu'on peut ouyr la voix d'un homme d'un lieu à l'autre ». Pline écrit en fait que sept stades (un peu plus d'un kilomètre) séparent les deux villes (V, 2).
II
Calliope Mythologie. Muse de la musique dont le nom signifierait belle voix. Ses huit sœurs et elle sont filles de Jupiter et de Mnémosyne, la mémoire. Calliope épouse le fleuve Achéloos et engendre les Sirènes.

• C'est à ce titre qu'elle figure dans L'Astrée (II, 4, 203).
II
Camargue Située dans le delta du Rhône, la Camargue, comme le Forez, est née grâce à un capitaine romain qui s'est fait le maître du système aquatique.
• Une carte particulièrement claire de la Gaule se trouve dans ce site.
• Hylas présente l'histoire et la géographie de son lieu de naissance, (I, 8, 243 verso, 244 recto, 245 recto, 250 recto, 251 verso, 252 recto, 252 verso). Pour lui, le nom de la Camargue viendrait de Caïus Marius (I, 8, 243 recto). Ménage donne la même étymologie (Maxime Gaume, p. 138).
I
Camargue • La deuxième partie rappelle que la Camargue, « en la province des Romains », est la patrie d'Hylas (II, 3, 167 ; II, 3, 168 ; II, 4, 194). II
Caorly Aujourd'hui Caorle, ville sur l'Adriatique.

• À la suite des attaques d'Attila, les habitants de Concorde ont fondé Caorly (II, 12, 839 sic 841).
II
Carnutes Peuple celte dont le « territoire est représenté par les départements d’Eure-et-Loir, Loir-et-Cher et Loiret ». L’assemblée générale des druides se déroule dans un lieu « situé entre Sully et Saint-Benoît-sur-Loire », « peut-être à Chassis », lieu « considéré comme le centre de toute la Gaule, ce qui implique que si l’Aquitaine au Sud de la Garonne n’y était pas représentée, le Belgium l’était » (Lot, pp. 40, 70, 71).

• Les druides envoient leurs aînés « aux Antres des Carnutes », des écoles (II, 8, 504). Alexis, la fille d'Adamas, doit passer trente ans dans les antres des Carnutes ; elle y est depuis plus de huit ans (II, 10, 623 ; II, 10, 649 ; II, 12, 887 sic 889).
Une statue représentant la Vierge qui enfantera se trouve dans l'antre des Carnutes depuis plus de six cents ans, dit Adamas (II, 8, 517 ; II, 11, 759 sic 761). Chaque année, les druides s'assemblent près de ces antres (II, 10, 624).
Attila attaque Orléans, ville des Carnutes (II, 12, 823 sic 825).
II
Carrocèles Il s'agit des Graiocèles, peuple celte établi dans la vallée de l'Arc, dans les Alpes. « La vallée des Carrocèles est la Haute Maurienne qui fut occupée par les Graiocèles », écrit Gaume (p. 222).

• Dans L'Astrée, le pays des Carrocèles est entre le pays des Bramovices et celui des Segusienses (II, 10, 633 et II, 10, 635). 

• Voir la carte dessinée par Maxime Gaume (p. 221).
II
Carthage Écrit aussi Cartage. La Carthage mythique a abrité les amours d'Énée et de Didon dans L'Énéide de Virgile. La Carthage historique, au IIe siècle avant J.-C., lors des guerres puniques, a été détruite par les armées romaines conduites par Scipion Émilien, appelé depuis Scipion le deuxième Africain. Carthage devient province romaine. Au Ve siècle, Boniface gouverne la région au nom de l'Empereur d'occident. Surviennent alors en 439 Genséric et ses Vandales, ce que saint Augustin appelle « les maux qu’il a plu à Dieu de nous envoyer » (cité par Gauthier, p. 154).

• Dans L'Astrée, Boniface, gouverneur de l'Afrique romaine, hait Ætius, le protégé de Placidie. Il refuse donc d'obéir aux ordres de Rome. L'Empereur envoie l'armée à Carthage (II, 11, 758 sic 760). Boniface appelle Genséric, mais le roi des Vandales se retourne contre lui et s'entend avec l'Empereur. Aussitôt que les troupes romaines se retirent, Genséric prend Carthage, « de sorte que ceste grande ville fut soustraicte de l'Empire, dix et neuf siecles et demi apres que le grand Scipion l'eut surmontee, et acquise à sa Republique » (II, 11, 759 sic 761). Genséric fait de Carthage sa capitale. Olimbre s'y rend à la demande d'Eudoxe (II, 12, 859 sic 861).
II
Caturiges Le nom de ce peuple celte signifie « les rois du combat » (Kruta, p. 528). Ce site (30 septembre 2010) propose d'autres étymologies. « Le nom de leur chef-lieu persiste dans celui du village actuel de Chorges », dans le département des Hautes-Alpes (Lot, p. 56). « La montagne des Caturiges est la Haute-Durance, au sud de Briançon, entre les Alpes-Maritimes et les Alpes Cottiennes » (Gaume, p. 220).

• En se rendant en Italie, Céladon passe par le pays des Caturiges (II, 10, 633). Il y rencontre une « fascheuse montagne » (II, 10, 634) et de grands bois (II, 10, 635).
II
Celtes Groupe de peuples indo-européens d'origine allemande.
Un individu et son peuple portent le nom de « Celtes » dans le roman.
• Pour rendre son Forez plus gaulois, d'Urfé raconte, après l'édition anonyme de 1607, que les Celtes, conduits par un roi nommé aussi Celtes, ont choisi de s'appeler Gaulois pour honorer la princesse Galathée, la fille du roi et l'épouse d'Hercule (I, 2, 30 verso). Ce renseignement est introduit dans la deuxième partie en 1610 (II, 8, 515).
• Les mythologues font de Celtes un fils d'Hercule (P. Grimal, Article Celtos). C'est le beau-père d'Herculedans L'Astrée.
I
Celtes Jules CÉsar explique que « Celtes », est le nom que se donnent les peuples gaulois (I, 1). L'information est reprise par Fauchet à l'entrée de son Recueil (f° 1 verso).

Céladon se pésente à des chevaliers en disant : « Je suis Celte que vous appellez Gaulois » (II, 10, 646-647).
II
Celtoscites Peuple scythe parti de l'océan Scythique (ou Septentrional).
• Ils attaquent Rome, puis ils sont vaincus par Caïus Marius, le fondateur de la Camargue, dit Hylas (I, 8, 243 recto).
I
Cemene Strabon écrit dans sa Géographie de la Gaule : « Au milieu s'élève une arête montagneuse, perpendiculaire aux Pyrénées, c'est la montagne appelée Cemméne qui vient mourir dans les plaines centrales des Celtes » (Livre II, Ch. V, 28), elle sépare l'Aquitaine de la Gaule Celtique (livre IV, Ch. I, 1).
La Mure cite Strabon (I, p. 159) et précise que les Monts Cemenes séparent les Foréziens des Auvergnats (I, p. 111). Ils portent aujourd'hui le nom de Mont de Pila (I, p. 156). Une rivière conserve le nom de Cemene (I, p. 155).
Je remercie Laurent Barnachon qui m'a donné ce renseignement avant que je ne le trouve dans La Mure.
• Montagne où se trouvaient les géants vaincus par Hercule (I, 2, 30 verso).
I
Centrons D'après Maxime Gaume (p. 222, note 228), les Centrons seraient un peuple celtique qui habitait la vallée de La Maurienne. Mais ce nom de tribu ne figure que dans L'Astrée. En revanche, CÉsar juxtapose « Ceutrons, Graïocèles et Caturiges », des tribus des Alpes (I, 10). Les Ceutrons sont aussi nommés par Strabon, Pline, Polybe et Ptolémée. L'Isère coule dans leur territoire. La voie romaine consistait en un chemin étroit au fond d'un précipice. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que la route deviendra plus accessible (Voir ce site, 30 septembre 2010). Il faut donc lire Ceutrons dans L'Astrée.

• Lors de son voyage, Céladon passe l'Isère, rivière qui vient des Centrons (II, 10, 635).
II
Cérès Mythologie. Déesse de la Terre et de la Reproduction. Son nom grec est Déméter.

• Lors de la cérémonie du vain tombeau, une truie est offerte par Lycidas « à Ceres et à la Terre » (II, 8, 550).
• Cette divinité qui figure aussi dans La Sylvanire (p. 48) aura une statue dans les jardins d'Adamas (éd. Vaganay, III, 10, p. 552).

• Voir Moingt, site d'un temple de Cérès. Voir Truye.
II
Cervieres Maxime Gaume explique qu'au XVIe siècle, l'Anzon, rivière qui descend des montagnes de Cervières, s'appelait aussi « Lignon », d'où la « double source » que d'Urfé (comme Papire Masson) attribue à cette rivière (p. 182).
• L'une des deux montagnes où le Lignon prend sa source (I, 1, 1 verso).
• Les montagnes de Cervières sont représentées dans les tableaux que décrit Adamas (I, 11, 372 recto).
• Céladon s'y réfugie (I, 4, 113 verso).
I
Chalmasel Écrit Chelmasel en 1607. L'une des deux montagnes où le Lignon prend sa source (I, 1, 1 verso).
• Les montagnes de Chalmasel sont représentées dans les tableaux que décrit Adamas (I, 11, 372 recto).
I
Champs Catalauniques Écrit champs Cathalauniques. Dans cette plaine située près de Troyes ou près de Châlons-sur Marne (Châlons-en-Champagne aujourd'hui) s'est déroulée la plus célèbre des batailles du Ve siècle. Les Francs se sont ligués avec les Romains et des tribus gauloises pour arrêter Attila et ses cinq cent mille Huns en 451.
• Les forces de Mérovée, selon Guyemant, ont joué le rôle décisif (I, 3, 64 recto).
I
Champs Catalauniques Madonthe rappelle cette bataille dans la seconde partie : son père y est mort aux côtés de Thierry, roi des Wisigoths (II, 6, 328).
Ursace participe à cette bataille. Il ne la nomme pas et il refuse de la décrire (II, 12, 824 sic 826).
II
Champs Elysées Mythologie. Écrit champs Elysiens ou Elisiens. « Lieu des Enfers où [les Payens] croyoient que les ames des gens de bien alloient aprés leur mort pour y gouster un éternel repos » (FuretiÈre, Article Champs Elysées).
• Trois fois (I, 6, 191 recto ; I, 7, 209 verso ; I, 11, 373 recto sic 363 recto), les personnages évoquent ce lieu.
I
Champs Elysées Mythologie. Trois Bergers mentionnent les lieux infernaux dans un esprit différent :

Céladon les inclut dans une hyperbole lyrique (II, 3, 146), Tircis expose un point de vue théologique (II, 5, 302) et Silvandre plaisante en lui répondant qu'« il n'y a contentement des champs Elisiens » qui vaille le bien de voir la femme qu'il aime (II, 5, 302).
II
Chappelain Écrit Chappellain. Charles Chappelain, en 1607, imprime l'édition anonyme de L'Astrée pour Toussaint Du Bray. La dernière œuvre qui indique une association entre ces deux hommes est Les Epistres d'Ovide en 1616 (Roméo Arbour, p. 219). Chappelain reste actif puisqu'en 1628 il publie les Mémoires de la reine Marguerite, Marguerite de Valois. I
Charon Mythologie. Génie des enfers, il reçoit une obole (petite pièce de monnaie) de chaque ombre qu'il fait passer sur l'autre rive de l'Achéron
• Hylas nomme Charon (I, 7, 215 verso).
I
Chien à trois têtes Mythologie. Il s'agit de Cerbère, le chien qui garde l'entrée (et surtout la sortie) des Enfers. FuretiÈre signale qu'un cerbère est « un Suisse ou un Portier trop rebarbatif » (Article Cerbère).
• Climanthe, le faux druide, utilise la périphrase du chien à trois têtes en parlant à Galathée (I, 5, 137 recto).
I
Cimbres Peuple germanique descendu de la région qui est aujourd'hui la presqu'île du Jutland (Danemark) pour attaquer Rome. Il est vaincu par Caïus Marius, le fondateur de la Camargue ; Maxime Gaume signale que ce renseignement vient de l'Histoire de France de Du Haillan (1576) (p. 133). Il se trouve également dans le Recueil de Fauchet (f° 32 recto). Plutarque aussi parle des Cimbres dont le nom, dit-il, signifierait voleur (Vie de Caius Marius, p. 23).
Les Cimbres seraient des Gaulois émigrés d'après certains écrivains du XVIe siècle (Dubois, p. 66).
Hylas rapporte ces événements (I, 8, 243 recto).
I
Cimmeriens Avec les Celtoscites et les Cimbres, ce peuple indo-européen installé au nord de la mer Noire a voulu attaquer Rome. Il a été vaincu par Caïus Marius, le fondateur de la Camargue.
• Hylas rapporte ces événements (I, 8, 243 recto).
I
Circé Mythologie. Au chant X de L'Odyssée d'Homère, cette magicienne transforme les compagnons d'Ulysse en pourceaux. Ensuite, elle met en garde le héros contre le chant des sirènes.

Clorian joue sur les deux sens du mot charme en attribuant à Circène plus de charmes qu'à Circé (II, 4, 202). A-t-il osé [et pu !] montrer sur ses armes « les compagnons d'Ulysse [tranformés] en diverses sortes d'animaux » ?

Circé n'est pas un symbole positif chez Honoré d'Urfé. Cette déesse est l'allégorie de la perfidie dans Les Epistres morales, celle dont la « science n'est pas de transformer autruy, mais ses discours, son visage, et ses actions propres en diverses metamorphoses » (I, 7, p. 57).

• « Le breuvage de Cyrcé [...] transforme la raison en volupté » (Epistres, I, 15, p. 132), ce qui explique pourquoi le moraliste associe Circé aux sirènes pour illustrer les dangers que présente Fortune.

• On peut voir un vase représentant Circé et Ulysse dans ce site (30 septembre 2010).
II
Cloton Mythologie. Il s'agit de Clotho, la deuxième des trois Parques, celle qui déroule le fil de la destinée et qui préside au mariage.
• Alcippe nomme Clotho (I, 2, 44 verso) quand il songe à retourner dans les hameaux.
I
Cocyte Mythologie. Fleuve des Enfers au chant VI de L'Énéide de Virgile. Son nom signifie lamentations.

• Dans un sonnet, Céladon décrit une tempête sur le Rhône (II, 10, 635). Il préférerait que le fleuve apporte le deuil - comme le Cocyte - plutôt que l'oubli, comme le Léthé. Le Berger sait alors qu'il a eu droit à un vain tombeau (II, 10, 621), l'évocation du Cocyte pourrait donc rappeler que Céladon erre comme une âme en peine.
II
Colomnes d'Hercule Nom donné aux deux colonnes du détroit de Gibraltar. C'est là qu'Hercule « borna ses voyages » écrit FuretiÈre (Article Colomne).
• Le Chevalier qui attaque la Bergère Diane et tue Filidas et Filandre vient de « pays barbares » au-delà du détroit de Gibraltar (I, 7, 193 recto), c'est-à-dire d'Afrique.
I
Concorde Il s'agit de Concordia Sagittaria, ville située près d'Aquilée, en Italie.

• Ses habitants ont fondé la ville de Caorly à la suite des attaques d'Attila (II, 12, 839 sic 841).
II
Constantinople Depuis la mort de Théodose Ier en 395 et la division de l'Empire, les empereurs d'Orient vivent à Constantinople, sur un territoire grec conquis à la suite des guerres puniques. Constantinople, qui doit son nom à Constantin Ier, empereur romain, et qui était considérée comme la porte de l'Orient, s'appelait à l'origine Byzance (Voir l'Histoire d'Alcippe). JordanÈs décrit « la splendeur de cette grande cité » du temps de Théodose II (ch. 28). Nommée aujourd'hui Istanboul, Constantinople appartient à la Turquie.

La ville est attaquée par les Vénitiens au XIIIe siècle lors de la quatrième croisade. Geoffroi de Villehardouin est le principal chantre de cette croisade. Il décrit la ville en termes très élogieux (Voir ce site, 30 septembre 2010). À la suite du sac de Constantinople, l'Empire latin d'Orient naît en 1204. Il sera gouverné par l'Empereur Théodore Lascaris et ses descendants pendant quelques années. (Voir Lascaris).

Constantinople est la capitale de l'Empire romain d'Orient (II, 12, 783 sic 785) lorsque Placidie s'y retire (II, 11, 750 sic 752 ; II, 12, 772 sic 774).
Antiochus, nommé gouverneur du prince héritier y va (II, 11, 751 sic 753).
Valentinian s'y rend pour épouser Eudoxe, la fille de l'Empereur Arcadius (II, 11, 760 sic 762 ; II, 12, 791 sic 793).
Ursace y demeure pour rester près d'Eudoxe et pour défendre la ville (II, 12, 789 sic 791) menacée par Attila (II, 12, 802 sic 804 ; II, 12, 820 sic 822). Malade, Ursace reste dix-huit mois à Constantinople avant de retourner en Italie (II, 12, 842 sic 844).
Après l'assassinat de Valentinian, Ursace et Olimbre considèrent emmener Eudoxe et ses filles à Constantinople (II, 12, 847 sic 849).
Lorsque Genséric enlève Eudoxe, un Astrologue conseille à Ursace de se rendre en Afrique et non à Constantinople (II, 12, 880 sic 882).
Un autre astrologue prédit que la toute jeune république de Venise viendrait un jour au secours de Constantinople (II, 12, 840 sic 842).

• Dans un manuscrit de La Savoisiade, Honoré d'Urfé rappelle que sa mère, Renée de Savoie, descendait d'Anne de Lascaris. Elle venait donc « des empereurs chassés du trône de Constantinople » (Gaume, p. 245).

• Une gravure représentant Constantinople au XVe siècle se trouve dans ce site (30 septembre 2010).
II
Coribantes Mythologie. On écrit aujourd'hui Corybantes. Selon certains mythographes, ce sont les filles d'Apollon et de Thalie, la muse de la Comédie, selon d'autres, ce sont des prêtres de Cybèle, déesse de la Terre, d'autres encore ne les distinguent pas des Curètes, des démons de l'entourage de Jupiter.
• Les peintres font souvent des Corybantes de belles femmes. Voir par exemple un tableau de Romano Giulio (1499 ?- 1546) dans ce site (30 septembre 2010), ou un tableau qui se trouve à Versailles dans ce site (30 septembre 2010).
• Chez d'Urfé, dans les « peintures esclatantes », les Corybantes se trouvent près de Jupiter enfant et jouent de la musique pour le protéger en couvrant ses vagissements (I, 2, 27 recto).
I
Cosenze Écrit aujourd'hui Cosenza. Ville italienne en Calabre. Le roi des Wisigoths, Alaric, serait enterré avec ses trésors dans la rivière qui passe par cette ville.

• Dans L'Astrée, Adamas déclare qu'Alaric mourut dans cette ville (II, 11, 738 sic 740).
II
Coties On dit aujourd'hui Cottiennes. Il s'agit d'une région montagneuse qui se trouve entre la France et l'Italie.

• À trois reprises, Céladon, en décrivant son voyage, nomme les Alpes Coties (II, 10, 633 ; II, 10, 635 ; II, 10, 636).

• Maxime Gaume considère que la description minutieuse du voyage de Céladon signifie qu'Honoré d'Urfé s'est rendu en Italie avant de composer la deuxième partie de L'Astrée (p. 170). Le critique reconnaît pourtant que la description est terne, et que seule la forme exotique des noms de lieux présente un certain intérêt (p. 220).
II
Cupidon Mythologie. Ce nom romain du dieu grec, Eros, vient du latin cupidus, de cupere, désirer.
• Ce dieu figure dans les deux séries de tableaux de la première partie de L'Astrée :
• Dans les « peintures esclatantes », près de Vénus, sa mère, Cupidon porte une cicatrice qui rappelle sa mésaventure avec Psyché (I, 2, 27 verso).
• Dans l'histoire peinte de Damon et Fortune, il est nommé cinq fois par Adamas. Cupidon suscite l'amour dans le cœur de Damon puis dans celui de Mandrague (I, 11, 371 recto et verso). Il est plus petit que son frère, Anteros. Il apparaît ensuite dans un rêve de Damon (I, 11, 375 verso). Il pleure enfin au dénouement (I, 11, 378 verso).
• Par ailleurs, dans un poème que dit Céladon, Cupidon est l'ennemi du mari jaloux (I, 11, 375 verso).
• On trouvera dans ce site un tableau de Lucas Cranach le jeune (1515-1586) représentant Vénus et Cupidon (30 septembre 2010).
I
Danois Peuple d'origine germanique. Au IVe siècle, l'Empire hunnique allait jusqu'à la mer Baltique.

• Peuple associé aux Huns et conduit par Attila (II, 12, 824).
II
Danube Ce fleuve qui marque la limite de l'Empire romain est le plus long des fleuves nommés dans L'Astrée.
• Le fait que Cleomir se rende jusqu'au Danube, au service d'Amasis, indique son dévouement (I, 3, 63 verso).
I
Daphné Mythologie. Nymphe dont le nom signifie « laurier ». Aimée par Apollon, elle obtient d'être transformée en laurier (Ovide, I, 452-567). On peut voir la sculpture de Bernini (1598-1680) dans ce site (30 septembre 2010).
• Comme Daphné apparaît dans un madrigal de Filandre (I, 6, 165 recto), Berger qui se travestit, il se peut que d'Urfé songe à un épisode moins connu du mythe, une aventure qui précède la métamorphose : un prince s'habille en femme pour vivre près de Daphné. Lorsque la Nymphe découvre cette ruse, elle essaie de tuer ce prince que les dieux protègent (Pierre Grimal, Article Daphné).
I
Dédale Mythologie. Cet architecte athénien, à la demande du roi Minos, construit un labyrinthe en tant que prison pour abriter le Minotaure. Dédale suggère à Ariane la ruse du fil qui permettra à Thésée de sortir du labyrinthe après avoir tué le Minotaure. Le roi alors enferme Dédale et son fils, Icare, dans cette prison (Ovide, VIII, 159-234).
• Dédale est un nom commun dans La Curne de Sainte-Palaye (Article Dedalu) ou dans FuretiÈre (« On le dit aussi figurément d'un grand embarras », Article Dédale), mais non dans Huguet. Guizot fait une distinction intéressante dans son Dictionnaire des synonymes : « Selon sa valeur primitive, labyrinthe désigne le dessin de l'ouvrage ; dédale marque l'habileté de l'ouvrier » (Article Dédale). Il ajoute : « Dédale est un mot noble ; labyrinthe est un mot commun à tous les styles ».
• « Dédale » et « Labyrinthe » sont des noms communs dans L'Astrée. Le premier a un sens concret, le second un sens figuré.
• Les jardins d'Isoure, dans le palais de Galathée, forment un « gratieux Dedale » (I, 2, 22 verso). Le « dangereux Labyrinthe » est celui des pensées d'Astrée (I, 3, 49 recto).
I
Diane Mythologie. Le nom de la déesse Diane, fille de Jupiter et de Léto, sœur jumelle d'Apollon survient dans plusieurs contextes.
• Une Diane « gauloise » et chaste, patronne du Forez, apparaît (I, 2, 30 recto, 31 recto et I, 9, 286 verso) dans le récit des origines du pays et de la gynécocratie (pouvoir politique détenu par les femmes). Après la première édition de L'Astrée, d'Urfé lui adjoint une Galathée mythique qui n'aura jamais la même importance que Diane dans le roman.
• La déesse Diane, supérieure à ses Nymphes (I, 6, 165 verso), est la patronne de la Bergère Diane (I, 6, 160 verso).
Diane est aussi la patronne du bois de Savignieu où s'installe Climanthe, le faux druide (I, 5, 136 recto).
• La déesse Diane aime Endymion, rappellent Polémas (I, 9, 272 verso) et Adamas (I, 10, 314 verso).
• On trouve dans ce site (30 septembre 2010) Diane et Actéon peints par le Cavalier d'Arpin (1568-1640). Ce mythe éclaire l'aventure de Diane et Filandre.
• Le plus célèbre des temples de Diane se trouvait à Éphèse. Il a été brûlé par Erostrate à l'époque d'Alexandre. Pline décrit avec admiration le temple qui a remplacé le premier : « On mit cent vingt ans à l’achever, avec la contribution de l’Asie entière » (XVI, 213).
I
Diane Mythologie. Il y avait un temple de Diane en Forez puisque, selon La Mure, à Randan, ville proche de Feurs, la tradition veut que ce soit « en haine et horreur de cette Diane des Gentils qui avoit son temple à Feurs, que la Sacrée Vierge a esté prise pour la protectrice et Patrone de cette ville » (I, p. 109).

Adamas explique que les Romains ont respecté cette déesse que la principale Nymphe du Forez représente (II, 8, 515). Cette information a déjà été donnée par Galathée (I, 2, 30 recto).
Silvandre s'adresse à la Lune dans un poème sans lui donner le nom de Diane (II, 2, 112). Il rappelle alors Actéon et Endymion, les amants de la déesse.

• Le traitement des mythes d'Écho, de Pan et de Diane dans la deuxième partie de L'Astrée prouve que le romancier, en 1610, ne fait plus appel de la même manière aux ressources de la mythologie classique.
II
Didon Mythologie. Virgile raconte dans l'Enéide les malheurs de cette reine de Carthage aimée puis abandonnée par Énée.
• Polémas se compare à ce « corsaire » aimé par une princesse (I, 9, 272 verso) dans un poème dédié à la Nymphe Galathée.
I
Dis « Les Gaulois se vantent d'être issus de Dis Pater, tradition qu'ils disent tenir des druides » (Jules CÉsar, Commentaires, VI, 6, 18). Divinité assimilée à Pluton (Kruta, p. 575).
« Ce Dis Samothes constitué Roy de Gaule par son aïeul Noé, ainsi que dit est, vint d'Arménie audit païs, l'an après le déluge quarantiesme et en print possession » (Lemaire de Belges, cité par Gaume, p. 110). Lemaire de Belges donne la même généalogie que Le FÈvre de La Boderie (Voir Druys) :
Samothes —> Magnus —> Saron —> Dryus
(Dubois, p. 29). Les informations sur le druidisme qui circulaient au XVIe siècle viennent en grande partie des Antiquités d'Annius de Viterbe, une compilation peu fiable.

• Les druides enseignent que les Enfers sont le royaume de Dis (II, 5, 298) ; les Romains l'ont donc assimilé à Pluton (II, 8, 515). Mais Dis est un homme non un dieu (II, 8, 515). Il est venu en Gaule par l'Océan Armorique (II, 8, 508) et il a donné leurs statuts aux druides (II, 8, 504).

• Un tableau représentant Dis Samothes se trouve dans la maison d'Adamas (éd. Vaganay, III, 3, p. 81).
II
Dragon Constellation. Chez certains mythographes, deux Nymphes auraient élevé le petit Jupiter. Pour les protéger de l'ire de son père, le dieu les transforme en constellations, la Grande et la Petite Ourse, et se transforme lui-même en constellation du Dragon.
• Ces groupes d'étoiles sont représentés dans l'Histoire de Damon et de Fortune racontée par le druide Adamas (I, 11, 373 verso).
I
Dreux Ce nom de ville n'apparaît que dans l'édition anonyme de 1607 (I, 2, 30 recto). Il est à l'origine du nom des druides, dit alors Galathée. I
Dreux Les druides « se trouv[aient] à certains jours de l'an, au pays Chartrain en un lieu consacré (on pense que ce soit à Dreux, d'autant que le nom approche de celuy des Druides) » (Fauchet, f° 6 verso). Les druides tiennent leurs Grands-jours dans « la Cité que Drius nomma de son nom Dreux » (La Boderie, Cercle III, vers 258).

• Les druides, dit Adamas, se rassemblent à Dreux (II, 10, 624 et II, 10, 668).
II
Druys Écrit aussi Dryus. Drius vient de chêne, rappelle La Boderie (Cercle III, v. 388) qui donne cette
généalogie : Samothes —> Magnus —> Saron —> Druys. De Saron viennent les saronides.
Druys « commença son règne en 410 après le déluge » (Dubois, p. 50)

• Dans sa leçon de théologie, Adamas explique que Druys est le quatrième roi de Gaule après Dis Samothes (II, 8, 509). Il a institué les druides (II, 8, 504) et leur a donné son nom. Certains pensent que ce nom signifie chêne ; il signifie contemplateur (II, 8, 509). Druys a enseigné aux hommes comment adorer Dieu (II, 8, 510) sans l'enfermer dans une image ou dans un temple (II, 8, 513). Druys vint à Montverdun (II, 8, 493).

• La phrase « il pensa estre à propos d'en laisser quelque marque à la posterité » (II, 8, 493) pourrait signifier que Druys y a fondé le temple à trois portes où une druide rend des oracles.
II
Dryades Mythologie. Divinités secondaires qui font partie de la classe des Nymphes souvent suivantes de grandes déesses. Les mythologues divisent les Nymphes selon leur lieu de résidence. Les Dryades vivent dans les forêts et sont associées aux chênes.
• Chez d'Urfé, les Dryades sont des compagnes de la déesse Diane qui vivent dans des bois et des montagnes où se trouvent de grandes étendues d'eau (I, 2, 30 recto) avec les Hamadryades et les Nayades.
I
Durance Fleuve des Alpes qui se jette dans le Rhône.
• Hylas le nomme en parlant de la Camargue (I, 8, 243 verso).
I
Écho Mythologie. Ovide rapporte les mésaventures de cette Nymphe qui aimait en vain Narcisse (III, 358 sq.).
• Dans des Stances de Silvandre (I, 8, 223 recto), Écho est mise au même rang que les ambitieux admirables, Prométhée, Icare et Ixion.
I
Écho Mythologie. La célèbre histoire de cette nymphe qui a aimé en vain Narcisse se trouve dans les Métamorphoses d'Ovide et dans le Roman de la Rose.

• D'Urfé ne retient dans L'Astrée que la propriété d'Écho qui est devenue un nom commun, et qui est un topos du genre pastoral. Il en fait même un substantif pluriel (II, 7, 468).
Silvandre compose un « écho » (I, 1, 6), poème que FuretiÈre définit ainsi : « Une certaine sorte de Poësie, dont les derniers mots ou syllabes ont un sens qui répond à la demande qui est contenuë dans les vers, & qui semble être faite par un écho. L'écho en vers a été inventé par Joannes Secundus [Jean Second, 1511-1536] en son Bocage, comme témoigne Pasquier, qui rapporte plusieurs exemples de ces échos, tant de luy, que de Joachim du Bellay, & autres ». (Voir Fille de l'air).
Céladon, dans un poème, fait de Écho l'âme du bois d'Isoure (II, 10, 619 et II, 10, 620).

• Le traitement des mythes d'Écho, de Pan et de Diane dans la deuxième partie indique le recul de à la mythologie.
II
Eduois Écrit aussi Heduois. Appelés aujourd'hui Éduens ou Héduens.
« Le peuple le plus puissant est celui des Haedui ou Aedui. Cette vaste cité occupe à peu près l’espace du département de Saône-et-Loire » (Lot, p. 37). Le nom de ce peuple celte signifie « les Ardents ». CÉsar appelle Les Eduois « Frères » et « alliés » (I, 33). Amis de l'Empire, ils obtiennent la citoyenneté romaine sans avoir été conquis. Leur chef-lieu, Autun, Augustodunum, est le siège d’une école réputée dans toute la Gaule (Kruta, p. 595-596).
Fauchet explique que deux factions se divisaient la Gaule du temps de Jules César, « les Edues estoient pour lors chefs d'un party, et les Sequanois de l'autre. Ceux-cy comme moins puissans (pource que de tout temps les Edues estoient en authorité, et avoient beaucoup de Cliens, ou vassaux) s'allierent des Germains » (f° 33 recto).

• Un MireΞ a soigné des Eduois aussi bien que d'autres peuples (II, 1, 45).
Quand les Bourguignons envahissent le pays des Eduois, Ætius les repousse (II, 11, 747 sic 749).
On trouve des Eduois dans l'armée d'Ætius comme dans celle d'Attila (II, 12, 823 sic 825).
II
Égipans Mythologie. « Dieu fabuleux de l'Antiquité, qui presidoit aux forests. Quelques-uns l'ont confondu avec Pan. Ils ont creu aussi qu'il y avoit des Faunes, des Sylvains & des Aegipans ou demi-Dieux habitans dans les forests » (FuretiÈre, Article Sylvain).

• Associés aux Nymphes et aux Pans, les Égipans fréquentent le bois solitaire où pousse le gui sacré (II, 5, 275). Ils font partie du décor, au propre et au figuré.
II
Empire romain L'Empire romain est un vaste territoire aux frontières mouvantes qui comprend des terres en Europe, en Afrique et en Asie, aussi bien qu'une période historique qui commence au Ie siècle avant Jésus-Christ. En 395, à la mort de l'Empereur Théodose, ses deux fils, Honorius et Arcadius, se partagent les terres. L'Empire romain d'Occident disparaît au Ve siècle alors que l'Empire romain d'Orient survit jusqu'au XVe siècle.
Le destin de l'Empire romain fascine historiens et moralistes du XVIe siècle (Voir Cité). Montaigne par exemple écrit : « Les astres ont fatalement destiné l'estat de Romme pour exemplaire de ce qu'ils peuvent en ce genre. Il comprend en soy toutes les aventures qui touchent un estat ; tout ce que l'ordre y peut et le trouble, et l'heur et le malheur. Qui se doit desesperer de sa condition, voyant les secousses et mouvemens dequoy celuy-là fut agité et qu'il supporta ? » (III, ch. 9, p. 173). Fauchet, en 1579, pense que la France vivra les mêmes malheurs que ceux qui ont suivi la mort de Théodose « si les guerres civiles pour la religion durent encores quelques annees » (f° 71 verso). Peu après, Étienne Pasquier le confirme : les Gaules « furent tout de même façon renversées comme la ville de Rome quelque temps après par les factions et divisions qui s'y présentèrent » (I, p. 46).

C.-G. Dubois attribue l'intérêt pour l'histoire de l'Italie à la régence de Catherine de Médicis (p. 90). Dans le cas de L'Astrée, il faut ajouter la présence de Marie de Médicis aux côtés d'Henri IV depuis 1600, mais surtout reconnaître l'importance des liens personnels du romancier avec la Savoie et l'Italie.

L'Empire (sans modificatif), c'est l'Empire romain d'Occident : Silvandre a raconté les démêlés de « l'Empire » avec les Bourguignons dans la première partie (I, 8, 226 recto).

• Deux des douze livres de la deuxième partie de L'Astrée sont consacrés à l'histoire de l'Empire romain d'Occident au Ve siècle. Les récits faits par Adamas et par Silvandre découlent alors de la description des portraits de Placidie, fille de Théodose le Grand, et de la bru et petite-nièce de Placidie, Eudoxe, fille de Théodose II (II, 11, 734 sic 736).

Honoré d'Urfé utilise trois fois l'expression Empire d'Occident (II, 11, 735 sic 727 ; II, 12, 821 sic 823 ; II, 12, 879 sic 881) et trois fois l'expression Empire romain (II, 10, 639 ; II, 11, 741 sic 743 ; II, 12, 821 sic 823). Au lieu de Empire d'Orient, il écrit « Empereur en Orient » (II, 11, 735 sic 737) ou « Empire de Constantinople » (II, 12, 840 sic 842). (Voir Constantinople).

• Après la mort de Théodose Ier, avènement de ses fils : Honorius en Occident et Arcadius en Orient (II, 11, 735 sic 737). Honorius nomme Constance, époux de Placidie, son héritier (II, 11, 745 sic 747). Mort de Constance. Mort d'Honorius (II, 11, 753 sic 755). Avènement de Jean, l'usurpateur (II, 11, 753 sic 755). Avènement du neveu d'Honorius, Valentinian, fils de Constance et de Placidie (II, 11, 754 sic 756). Assassinat de Valentinian (II, 12, 845 sic 847). Avènement de Maxime (II, 12, 846 sic 848). Mort de Maxime (II, 12, 860 sic 862).

• L'Empire a de nombreux ennemis parce qu'il a conquis « tant de Mondes » pour faire « l'immense estenduë de l'Empire Romain » (II, 11, 741 sic 743).
L'Empire romain d'Occident subit les attaques de Gaulois conduits par Belovèse (II, 1, 35), de Wisigoths conduits par Alaric (II, 11, 736 sic 738), de Huns conduits par Attila (II, 12, 838 sic 840), et de Vandales conduits par Genséric (II, 12, 861 sic 863). En somme, l'Empire souffre de l'« inondation de ces peuples Barbares, qui de tous costez, se venoient jetter sur » lui (II, 12, 801 sic 803).

Rome nomme des généraux en Gaule : Ætius joue un rôle prééminent (II, 11, 756 sic 758).

• L'Empire romain d'Orient, après la mort d'Arcadius, est gouverné par Antiochus au nom du jeune Théodose II (II, 11, 750 sic 752). Attila attaque Constantinople (II, 12, 801 sic 803). Théodose II meurt sans laisser de fils (II, 12, 802 sic 804). Martian, son beau-frère, est élu Empereur (II, 12, 802 sic 804). Il tient Attila à distance.

• Des astrologues annoncent la fin de l'histoire de l'Empire romain d'Orient : les Vénitiens s'empareront de Constantinople, et les princes d'Occident seront victorieux à Naupacte (II, 12, 840 sic 842).
II
Endymion Mythologie. C'est un Berger fort beau que Diane aime et contemple dans son sommeil.
• Polémas, dans un sonnet dédié à la Nymphe Galathée, rappelle qu'une déesse a pu aimer un simple Berger (I, 9, 272 verso).
• Pour le druide Adamas, l'histoire d'Endymion prouve que la Chasteté elle-même ne peut pas résister à l'amour (I, 10, 314 verso).
I
Endymion • Dans la deuxième partie, Silvandre déclare dans un poème qu'Endymion séduisit la déesse Diane, mais qu'il n'y a pas d'Endymion pour la Bergère Diane (II, 2, 112).

• Dans La Sylvanire, Endymion, moins passif, aime la Lune (vers 3735).
II
Enone Mythologie. Écrit aussi Œnone. Cette Nymphe aime le Berger Pâris, fils de Priam, roi troyen.
• Galathée (I, 2, 24 verso) et Polémas (I, 9, 272 verso) - rencontre ironique - mentionnent ce mythe. Dans les deux cas, les amours d'Œnone donnent un exemple de mésalliance tolérée.
• Léonide condamne le déguisement d'Œnone en Bergère (I, 2, 24 verso).
• Dans l'édition de 1607 seulement, Polémas note que la Nymphe mythique se fait Bergère pour l'amour du jeune homme (I, 9, 272 verso).
• Ce chevalier, dans ce même poème, évoque un autre couple où la femme est d'une classe supérieure à son partenaire, Didon et Énée.
• Notons que c'est la rupture de ces deux couples qui les a rendus illustres, et qui se trouve à l'origine de récits célèbres, le Jugement de Pâris et l'Enéide de Virgile.
I
Erieu Il s'agit de la forêt appelé Airieu dans la première partie. Bien que la forêt d'Erieu ne présente jamais plus de dangers, Honoré d'Urfé tient à souligner l'étymologie de son nom !

• À Lyon, Clorian voit de sa fenêtre « la forest de Mars, ditte d'Erieu » (II, 3, 171).
Les druides cueillent le gui sacré « dans la forests de Mars, qu'ils nomment d'Erieu » (II, 4, 261).
II
Érules Peuple d'origine germanique (Voir le site de l'Encyclopadiæ Universalis, 30 septembre 2010). Selon JordanÈs, les Hérules, doivent leur nom soit à leur haute stature, soit aux marais où ils vivaient (Ch. XXIII).

• Ils sont obligés de se joindre aux forces d'Attila (II, 12, 803 sic 805).
II
Esculape Mythologie. Écrit aussi Æsculape. Fils d'Apollon, ce médecin aurait pu ressusciter un homme. Jupiter le foudroie mais aussi le divinise sous la forme d'une constellation, le Serpentaire. L'emblème d'Esculape est le caducée, bâton autour duquel s'enroule un serpent.
• Mélandre nomme Esculape pour faire du dieu Amour un meilleur médecin (I, 12, 385 verso). C'est parce qu'elle veut partir à la rescousse de Lydias, qu'elle guérit du désespoir où l'a plongée le départ de son amant.
• Esculape passe pour un médecin que consultent les Bergers dans La Sylvanire (vers 6332). Il s'agit plutôt d'un médecin qui se trouvait dans le temple d'Esculape, note l'éditrice de la pastorale (p. 124, note 19).
I
Espagne Ce pays que d'Urfé ne décrit pas apparaît dans l'Histoire d'Alcippe associé aux plus grands dangers : c'est le territoire des Wisigoths d'Alaric (I, 2, 43 verso), et la patrie d'un chevalier qui décapite ses adversaires pour envoyer leur tête à sa Dame (I, 2, 43 verso). I
Espagne Honoré d'Urfé nomme trois régions d'Espagne, une montagne, une ville et une province : les Pyrénées, Méride, et la Bétique, qui a pour principal cours d'eau le Guadalquivir, et qui deviendra la Vandalousie, nom donné par les Vandales.
L'Espagne est romaine depuis le IIIe siècle avant J.-C., et elle est chrétienne depuis le IIe siècle. Les barbares d'origine germanique qui l'envahissent au Ve siècle sont ariens (Voir ce site, 30 septembre 2010) : Les Wisigoths y deviennent maîtres et choisissent Toulouse pour capitale.

Vandales et Alains envahissent l'Espagne (II, 11, 736 sic 738) et l'occupent à côté des Suèves.
L'Empereur Honorius envoie les armées de Constance. Bien que vainqueur, Constance doit rentrer à Rome avant d'avoir terminé sa tâche (II, 11, 744 sic 746). Il meurt quand il se prépare à retourner en Espagne (II, 11, 746 748).
Ætius le remplace (II, 11, 747 sic 749). Comme il se bat d'abord en Gaule, il se trouve affaibli une fois arrivé en Espagne (II, 11, 748 sic 750). Les Wisigoths d'Aquitaine sont victorieux (II, 11, 748 sic 750). Ætius abandonne l'Espagne à la mort d'Honorius (II, 11, 756 sic 758).
Les Vandales ensuite laissent le pays aux Wisigoths (II, 11, 758 sic 760).
Pendant le règne des Wisigoths en Espagne (II, 11, 759 sic 751), leur domaine s'étend jusqu'à la Loire (II, 12, 821 sic 823).
Ætius est accusé d'avoir volontairement perdu l'Espagne (II, 12, 837 sic 839).
II
Europe Les trois mentions de l'Europe offrent des images de grand danger.
• Dans la Dédicace, Henri IV a rendu la paix à « toute l'Europe ».
• Dans l'Histoire de Diane, un chevalier africain parcourt « toute l'Europe » pour défendre par les armes la suprématie de beauté de sa maîtresse (I, 7, 193 recto).
• Dans l'Histoire de Tircis et de Laonice, « toute l'Europe » est « prête à périr », ruinée par les guerres (I, 7, 211 recto).
I
Europe L'Europe de la deuxième partie du roman est surtout une très grande surface.

• Dans la préface, Céladon désire se montrer à « toute l'Europe », alors qu'Astrée désirait seulement quitter « un solitaire cabinet » dans la préface du premier livre ; le héros est plus ambitieux en 1610.
Les trois autres mentions de l'Europe surviennent au cours du récit des invasions barbares.
Placidie, pour décrire les dangers, imagine l'union des armes de l'Asie, de l'Afrique et de l'Europe (II, 11, 741 sic 743).
« Toute l'Europe » est redevable à cette princesse qui a su désarmer les Goths (II, 11, 744 sic 746).
Au Ve siècle, « le grand Dieu voulut changer les peuples d'un pays en l'autre, et principalement en Europe » (II, 11, 759 sic 761).

• On trouvera dans ce site (30 septembre 2010) une carte de l'Europe à la fin du Ve siècle.
II
Evian Écrit Evien et Evians. Il y avait à Evian, ville sur le lac Léman, un couvent de Clarisses (Maxime Gaume, p. 220, note 224).
• Cette ville rapproche en quelque sorte Silvandre de la Bergère Diane : Le jeune homme se rend dans ce lieu (I, 8, 231 recto) où se trouve la résidence de Bellinde, la mère de la Bergère (I, 6, 159 verso). Bellinde ensuite consulte l'oracle puis conseille à Silvandre de se rendre en Forez où il fera la connaissance de Diane.
I
Faune Mythologie. « Dieu fabuleux de l'Antiquité, qui presidoit aux forests. Quelques-uns l'ont confondu avec Pan. Ils ont creu aussi qu'il y avoit des Faunes, des Sylvains & des Aegipans ou demi-Dieux habitans dans les forests » (FuretiÈre, Article Sylvain).

• Quand Silvandre trouve la lettre écrite par Céladon, il se demande si ce n'est pas un faune amoureux qui l'aurait composée (II, 3, 127).
Dans un sonnet, il dit que « Hommes, Faunes, ny Dieux » ne résisteraient aux charmes de Diane (II, 8, 532).
II
Feurs Écrit aussi Fleurs (I, 5, 140 verso). C'est dans cette ville que d'Urfé a été emprisonné en février 1595 (Reure, p. 50).
• L'étymologie de Feurs et du Forez a été ajoutée au texte de 1607.
• Ville associée au Lignon par sa position (I, 1, 1 verso), associée au Forez par l'étymologie (I, 2, 29 verso), associée à la sage-femme, Lucine (I, 4, 109 verso), et surtout associée à la Nymphe Léonide (I, 4, 83 recto ; I, 5, 122 verso ; I, 6, 157 recto) et à son oncle, le druide Adamas (I, 4, 83 recto ; I, 8, 232 verso).
• D'Urfé écrira plus tard que Léonide appartient à la Maison de Feurs (II, 10, 628).
I
Feurs Écrit aussi Feux et Feur. Il ne faut pas écrire Feur explique La Mure, car la lettre finale de Feurs « marque en quelque façon les Segusiens dont elle étoit initiale » (I, p. 69). Cet historien décrit la ville telle qu'elle est autour de 1674, et telle qu'Honoré d'Urfé a pu la voir : Il y a « encor les ruines et mazures qui restent de la magnificence de ses anciens edifices, & entr'autres d'un ancien Temple des faux Dieux, dans lequel il y avoit une table de pierre, sur laquelle estoit une inscription des plus anciennes & plus curieuses qui soient en France [...] enchassée dans le bastiment de l'Eglise de cette ville » (I, p. 2). « Le site de Feurs constitue actuellement une référence fondamentale pour la chronologie des matériaux des IIe et Ie siècle avant J.-C. en Gaule » (Kruta, p. 618).

Léonide, qui appartient à la maison de Feurs (II, 10, 658), rappelle deux fois qu'elle se trouvait dans cette ville (II, 7, 472 ; II, 7, 482).
De la maison d'Adamas, la vue s'étend jusqu'à Feurs (II, 10, 628).
Le Lignon entre dans la Loire à Feurs (II, 10, 629).
Silvie apprend que Polémas et Climanthe étaient à Feurs quand Céladon s'est jeté dans le Lignon (II, 10, 671).
II
Firens Pierre Firens (1597 ?-1636). D'après l'Inventaire des graveurs du XVIIe siècle (IV, p. 185), cet artiste est venu d'Anvers pour s'établir à Paris en 1612. À la demande de Toussaint Du Bray (Arbour, p. 123), il a dessiné le frontispice de L'Astrée (Voir Illustrations). Firens avait une boutique rue Saint-Jacques. Il a travaillé avec Abraham Bosse. On peut voir un frontispice qu'ils ont signé ensemble dans ce site (30 septembre 2010). I
Forêt de Mars Maxime Gaume explique qu'il s'agit de la forêt d'Heyrieux au sud-ouest de Lyon (p. 216).
• Dans l'histoire de Cloris, racontée par Hylas, les jeunes voyous qui attaquent Rosidor vivent dans cette forêt qui s'appelle aussi forêt d'Airieu (I, 8, 257 recto), déformation d'Arès, nom grec du dieu Mars.
I
Forez Écrit aussi Forests, Forestz et Foretz, ce nom revient une centaine de fois dans la première partie de L'Astrée. Françoise Lavocat remarque que la situation géographique du cette région est « exactement l'inverse de celle de l'Arcadie que Sannazare place au sommet d'une montagne » (p. 366 note 76).
• Voir la carte dessinée par Christophe Mathevot pour la CommunautÉ de Communes du Pays d'Astrée.
• Dès les premières pages, le Forez et sa géographie jouissent d'une place privilégiée (L'Autheur à la Bergere Astrée, puis I, 1, 1 recto). D'Urfé rappelle la légende qui veut que la plaine du Forez ait été un lac (I, 2, 28 recto).
• L'une des plus longues additions à L'Astrée de 1607 développe les origines légendaires du pays d'Honoré d'Urfé (I, 2, 29 verso et 30 verso). La Nymphe Galathée explique alors que le nom du pays ne vient pas d'un nom commun (forêt) mais du nom donné par les Romains à un lieu de rencontre, Forum Segusianorum.
• Le système politique forézien - une gynécocratie - n'a aucune base réelle, bien que la région fasse effectivement partie de l'apanage de la Reine de France (La Mure, I, p. 241). D'Urfé explique l'organisation qu'il a imaginée en la rattachant à des mythes qui racontaient les origines de la Gaule entière, mais qui n'incluaient pas ce système politique utopique, diamétralement opposé à la loi salique. C'est la loi salique qui a donné la France à François Ier puis à Henri IV.
• Le Forez de L'Astrée n'est pas un royaume qui appartient à une reine, mais une contrée gouvernée par une Dame. La distinction est importante ; en 1621, d'Urfé remplace même « estat » par « contrée » en parlant du Forez (I, 11, 376 verso sic 366 verso).
• L'histoire véritable du Forez reste vague dans la première partie, puisque Galathée juxtapose interventions divines et invasion romaine (I, 2, 29 verso sq.), mais elle joue un rôle essentiel dans la troisième et la quatrième partie. Elle doit donc probablement influencer le dénouement du roman (Henein, p. 38).
• Si la topographie des lieux non pastoraux est d'une grande précision, la religion est imaginaire : Le Forez astréen pratique un culte celte et subit les bouleversements de la Gaule du Ve siècle.
• L'histoire des Gaules, c'est-à-dire les guerres entre diverses tribus, sert de cadre à l'enlèvement de deux enfants, celui du frère de la Bergère Diane, victime de Goths et d'Ostrogoths (I, 6, 159 recto) ou d'envahisseurs anonymes (I, 10, 359 verso sic 349 verso), et celui de Silvandre, victime de Bourguignons (I, 8, 226 verso).
• L'histoire des Gaules affecte aussi bien les Bergers dits parisiens (Tircis et Laonice) que les chevaliers foréziens qui partent soutenir Mérovée.
• Trois lacunes, sans aucun doute volontaires, prouvent que d'Urfé ne faisait pas de son œuvre un roman « nationaliste » :
Vercingétorix et Sainte Blandine, héros de l'Auvergne et de Lyon, ne figurent nulle part. Par ailleurs, Sainte Geneviève aussi n'apparaît pas, alors qu'elle protège Paris quand Attila menace la ville en 451.
• On trouve de belles images du Forez dans ce site (30 septembre 2010). Voir aussi les photos prises par des Foréziens et réunies ici. Voir également les adresses regroupées dans Liens intéressants.
I
Forez La Mure explique que Forez se prononce forêt, mais que le nom commun n'est pas la racine du nom propre (I, p. 61).
Du temps des Romains, dit La Mure, les habitants du Forez étaient « les premiers et les plus considerables des Gaulois » (I, p. 106). Comme c'était un pays de droit écrit et non de droit coutumier (I, p. 151), « il ne fut pas pris sur les Romains de vive force, mais receu d'eux par capitulation et par traité » (I, p. 152). Sans mentionner le gouvernement des Wisigoths, La Mure affirme que le Forez comprenait à l'origine « le Lyonnois et le Beaujolois, et tout ce qui est du Viennois et du Dauphiné au deçà du Rhône » (I, p. 163). Les Bourguignons s'emparent du Forez (I, p. 233).
La Mure donne l'histoire du Forez médiéval dans un très grand désordre. Le pays est dans le douaire de Clotilde, nièce du roi de Bourgogne (I, p. 183), le Gondebaut de L'Astrée. En 1032, quand Rodolphe III, roi de Bourgogne, meurt sans héritier, le pays tombe dans le douaire de la mère de Rodolphe, Mathilde de France, fille de Louis IV (I, pp. 254-255). En 1532, le Forez enfin appartient au roi de France (I, p. 59). François Ier entre à Montbrison en 1536 (Bernard, p. 9).
Pierre Larousse précise dans son Dictionnaire que le Forez du XVIe siècle a appartenu à Louise de Savoie, la mère de François Ier : Lorsque le dernier comte de Forez est mort sans laisser d'héritier, Louise de Savoie « se fit adjuger par arrêt du parlement de Paris, la souveraineté du duché d'Auvergne et du comté de Forez » (Article Forez). L'épouse d'Henri III, Louise de Lorraine fut aussi douairière du Forez (Keeler, p. 31, note 53).
Le Forez demeure dans l'apanage des reines de France au XVIIe siècle. Honoré d'Urfé écrit à Marie de Médicis que sa bergère, Sylvanire, est « originaire de ce pays de Forests, qui en France est particulierement à vostre Majesté » (La Sylvanire, p. 3).

• Dans la deuxième partie de L'Astrée, le nom du Forez est moins fréquent que dans la première. Il est nommé sept fois seulement - dont une fois au pluriel (II, 8, 492). Il n'y a plus de rappels de son système politique.
Trois étrangères vêtues en Bergères y viennent (II, 3, 164) ainsi que deux trios de Bergers des hameaux voisins (II, 1, 30 ; II, 8, 542). Ils viennent de la rive droite du Lignon.
La « plaine » du Forez (II, 3, 167) est appelée un « petit pays », par Florice, dame de Lyon (II, 4, 185).

• Une carte ancienne du Forez se trouve dans ce site (30 septembre 2010). Voir aussi la Carte du pays de L'Astrée.
II
Foréziens Écrit Foresiens. La Mure consacre plusieurs pages de son Histoire Universelle [...] du Forez au nom des habitants (I, pp. 1, 4, 6, 9).

• Les habitants du Forez sont appelés « Segusiens et Foresiens », explique Céladon (II, 10, 647). « Segusien ou Foresien », dit à son tour Silvandre (II, 12, 769 sic 771).
II
Fortune Mythologie. Considérée comme une personnification du sort, Fortune apparaît accompagnée d'une roue, d'un gouvernail ou d'une corne d'abondance chez les mythographes.
• Bien qu'Adamas, dans le second volume de L'Astrée, déclare que Fortune n'est pas une divinité (II, 8, 507), Honoré d'Urfé, dans tous ses écrits, se montre obsédé par cette puissance qu'il appelle un « Jupiter dissimulé » (Epistres morales, I, 15, p. 134). « Du commencement à la fin du monde tout ce qui s'y fait n'est qu'une comédie dont l'univers est le théâtre, les hommes les personnages, les Dieux les auditeurs, et la Fortune le Poète » (Epistres morales, I, 19, p. 164). « Fortune » n'a pas l'honneur d'une majuscule dans Les Epistres ou dans les diverses éditions du roman (Voir Fortune). Les aventures cependant sont là pour prouver que les personnages sont victimes des mouvements de la roue de cette puissance qui agit de concert avec Amour. Dans La Sylvanire, lorsque Fortune, déguisée en bergère, prend la parole dans le prologue, elle déclare
          Que la Fortune et l'Amour sont icy :
          Mais Amour fortuné
          Et Fortune amoureuse (vers 216-218).

• Même si les Bergers prétendent d'entrée de jeu vivre « avec autant de bonne fortune, qu'ils recognoissent peu la
fortune » (I, 1, 1 verso), il y a une trentaine de renvois aux agissements de la fortune dans la première partie de L'Astrée.
Pour le Berger Alcippe par exemple, retourner vivre dans les hameaux, c'est planter un clou de diamant dans la roue de la fortune (I, 2, 45 recto), l'immobiliser, souhait utopique s'il en est. Dans l'Histoire de Celion et Belinde, la fortune est évoquée trois fois (I, 10, 326 verso , 337 recto, 358 recto sic 348 recto).
• C'est dans deux récits non pastoraux, l'Histoire de Galathée et Lindamor et l'Histoire de Lydias et de Melandre, que la fortune semble particulièrement active.
• Dans le palais de Galathée, à Isoure, se trouvent réunies des peintures qui toutes représentent les divers méfaits de la fortune dans le ciel et sur la terre, les « peintures esclatantes » dans le deuxième livre, et les tableaux de Mandrague dans l'avant-dernier. La déesse Fortune elle-même n'est pas dépeinte (Henein, p. 134-136).
• L'expression « changement de [...] fortune » revient deux fois (I, 3, 47 verso et I, 11, 377 verso).
I
Fortune Ces réflexions de païens et de chrétiens aident à mieux comprendre la position (et l'obsession) d'Honoré d'Urfé, romancier qui se double d'un moraliste érudit :

Pline (II, 22). « L'humanité s'est créé pour elle-même une divinité moyenne, de façon à rendre encore moins claires nos conjectures sur Dieu. De fait, dans le monde entier, en tout lieu, à toute heure, les voix de tous les hommes invoquent et nomment la seule Fortune ; on n'accuse qu'elle, elle seule est coupable, on ne pense qu'à elle, à elle seule vont les éloges, les reproches, et on l'adore en l'insultant ; ailée et volage, regardée même comme aveugle par la plupart, vagabonde, inconstante, incertaine, changeante, elle favorise ceux qui n'en sont pas dignes. On lui impute tout le passif et tout l'actif ; sur le grand livre de comptes de l'humanité, elle seule remplit les deux colonnes, et notre condition est si soumise que la Fortune même, qui prouve l'incertitude de Dieu, prend la place de Dieu ».

Augustin (Lettres, Lettre VII, ch. 3, 30 septembre 2010). « La Fortune tout au moins, qui domine le monde, au sentiment de ceux qui croient à son immense pouvoir, la Fortune, qui met au grand jour ou obscurcit toute chose plutôt par caprice que par raison, s’il est vrai qu’elle ait eu assez de puissance sur les dieux eux-mêmes pour les rendre à son gré célèbres ou obscurs, la Fortune, dis-je, devrait occuper parmi les dieux choisis la première place. Pourquoi ne l'a-t-elle pas obtenue ? serait-ce qu’elle a eu la fortune contraire ? Voilà la Fortune contraire à elle-même ; la voilà qui sait tout faire pour élever les autres et ne sait rien faire pour soi ».

• Le texte le plus important reste La Consolation de Philosophie de Boèce (Voir Urfé, 24 septembre 1595). Traduite par Jean de Meun, cette analyse de la Fortune a eu un succès inouï et un retentissement considérable. Il en reste vingt-deux mansuscrits rien que pour l'époque carolingienne (Tilliette, p. 95). Boèce, préfet du prétoire en Italie, est exécuté en 454, en même temps qu'Ætius selon Fauchet (p. 99). Victime de Valentinian, il a vécu les événements que L'Astrée rapporte.

• En analysant « Fortuna dans le monde latin », Nicole Hecquet-Noti souligne qu'Ovide associe Fortune et Némésis, la vengeance (p. 22). Elle analyse aussi le principal symbole de Fortune, la roue : il n'existe pas « de représentation de la roue seule comme symbole de Fortune » (p. 23). Les images de Fortune étudiées par Jean Wirth sont fascinantes. La plus inattendue, dans une abbaye au XIIe siècle, est une roue mécanique ; la plus étrange attache Fortune à la roue, comme une criminelle (pp. 105-127).

• Dans la deuxième partie de L'Astrée, Fortune, d'entrée de jeu, s'en prend à Céladon (II, L'Autheur au Berger), mais c'est dans l'histoire de Rome que Fortune s'impose le plus lourdement (vingt-huit instances dans les livres 11 et 12, soit 76 % du total).
Par ailleurs, Fortune déchoit dans l'échelle des dieux : Adamas explique qu'elle partage le sort d'autres puissances bien plus obscures, et qu'elle ne mérite pas les autels dressés par les Romains (II, 8, 507).

• Cette divinité n'a pas de pendant gaulois.
II
France La Mure note que, sous le règne d'Honorius, « le nom des François commença d'éclater, et se faire connoistre vers le Rhin » (I, p. 56). Au début du XXe siècle encore, un historien comme Camille Jullian (cité par FerdiÈre, p. 325) considère le Ve siècle comme le moment où la Gaule laisse la place à la France, une césure entre l'antiquité et le haut Moyen Âge. (Voir Transition). Selon Pasquier, la Gaule est devenue la France « depuis unze cents ans [...] dés le temps de Childebert, Roy de France, fils de Clovis » (p. 17I).

• C'est la naissance de la France que L'Astrée rapporte et situe donc au milieu du Ve siècle, du temps de Mérovée. La Gaule « prend le nom de France » (I, 3, 64 recto). « La Gaule peu à peu chang[e] » de nom pour devenir la France (II, 8, 508). Les Francs commencent à appeler la Gaule France (II, 12, 803 sic 805).
II
Françons Dans l'édition de 1607, les Francs sont souvent appelés « Françons » (par exemple I, 11, 369 recto sic 359 recto), et une fois « François » (I, 3, 63 verso). I
Francs FuretiÈre écrit à l'article Franc : « Ainsi tous les Auteurs sont d'accord que le nom de François ou franc est venu de ce qu'ils ont toûjours deffendu leur liberté. On tient que ç'a esté Gregoire le Grand qui le premier a appellé la Gaule France ».
Fauchet écrit : « Il y a apparence, que ce peuple ayant conquis partie de Gaule, ne se voulut asubjetir de payer semblables imposts que les anciens habitans d'icelle » (f° 60 verso et 61 recto). Étienne Pasquier offre, dans la même page, deux interprétations du nom des Francs : Ils sont francs « pour une liberté et franchise qu'ils projettoient en leur esprit » et pour avoir été « affranchis de toutes tailles, subsides, et tribus » par l'Empereur Valentinian Ier (p. 17). Plus loin, Pasquier donne une explication plus complexe et moins connue : Dans les territoires conquis, les vaincus deviennent des serfs, les capitaines et seigneurs reçoivent des fiefs (franc fief). Quand aux soldats francs, ils « conservent la liberté en laquelle ils estoient nez, leur demeurant leur nom originaire de francs, comme si on est voulu que tous Francs ou François estoient naturellement de condition libre » (p. 309). Pasquier, conclut C.-G. Dubois, « est le premier à faire dépendre un prétendu caractère, lié à la race, de la condition d’existence […] ainsi la prétendue légèreté des Gaulois doit être attribuée à leur souci de se libérer du joug romain » (p. 116).
• « Francs » remplace partout « Françons » après 1607.
Honoré d'Urfé connaissait sans doute les diverses explications données au XVIe siècle, mais il choisit d'écrire seulement que le peuple de Paris prend le nom de « Francs » pour plaire à Mérovée, roi des Francs (I, 3, 64 recto).
I
Francs Peuple originaire de Germanie orientale qui fait des incursions en Gaule depuis le IIIe siècle (FerdiÈre, p. 342).
Fauchet écrit : « Les François se sont aisément meslez et unis avec les Gaulois, estans de mesme origine, et moeurs approchans les uns des autres » (f° 3 recto). Il lui semble même « que ces Francs fussent retournez comme d'une longue captivité, ou absence, en Gaule leur pays naturel et origine » (f° 56 recto). La Gaule est l'« Originaire Patrie » des Francs, affirme La Mure aussi (I, p. 56).

• Honoré d'Urfé partage ces opinions. La toute première information donnée dans la deuxième partie sur les Francs est essentielle : ce peuple ressemble aux Gaulois du Forez (II, 3, 179). Les Francs se considèrent originaires de la Gaule (II, 8, 509 et II, 11, 748 sic 750), ce que prouve le fait que des druides les accompagnent (II, 8, 515), dit Adamas.
Redoutables à combattre (II, 4, 198), les Francs « sont entre tous les peuples Septentrionaux, les plus belliqueux et les plus aguerris » (II, 11, 748 sic 750).

Adamas expose dans sa demeure les armoiries de Pharamond, roi des Francs. Il explique alors que ce roi a vaincu les Romains en Gaule (II, 12, 883 sic 885). Les Francs ont donc passé le Rhin (II, 11, 747 sic 749 ) et donné leur nom aux territoires qu'ils occupaient (II, 12, 803 sic 805). Quelques Francs restés sur l'autre rive du Rhin seront contraints de se joindre à Attila (II, 12, 803 sic 805 et II, 12, 822 sic 824).

• À une époque indéterminée, les Francs ont abattu « l'Aigle romaine » (II, 12, 828 sic 830).

• Du temps d'Honorius, les Francs se battent en Gaule contre les Romains (II, 11, 736 sic 738) et sont d'abord vaincus (II, 11, 749 sic 751). Conduits par Clodion, ils gagnent ensuite des territoires autour du Rhin (II, 11, 757 sic 759). Sous Mérovée, les Francs s'installent où ils sont maintenant, dit Adamas sans donner plus de précisions (II, 11, 760 sic 762).
Les Francs de Mérovée s'entendent avec les Romains d'Ætius (II, 12, 821 sic 823 et II, 12, 837 sic 839). Ils font partie de la vaste confédération qui arrête Attila (II, 12, 821 sic 823). Le roi des Huns a d'abord attaqué les Francs (II, 12, 822 sic 824).
Ætius craint une coalition des Francs, des Bourguignons et des Wisigoths (II, 12, 825 sic 827).
L'armée d'Ætius comme celle d'Attila est composée de « diverses nations », dont les Francs (II, 12, 822 sic 825).

• D'Urfé rappelle que Clidaman se bat avec les Francs victorieux (II, 7, 432) ; Lindamor aussi (II, 7, 462). Polémas, par conséquent, craint une intervention de Childéric, roi des Francs, s'il attaque Clidaman (II, 10, 657 et II, 10, 665).

• Voir la Carte des invasions.
II
Furan Aux confins du Forez, rivière qui arrose Saint-Etienne et se jette dans la Loire. Elle est nommée parmi les cours d'eau qui irriguent la région (I, 2, 32 verso). Voir la carte de Maxime Gaume (p. 181).
• Trois des Bergères qui viennent des rives du Furan agissent d'une manière fort audacieuse. Il s'agit d'Olimpe, amoureuse de Lycidas (I, 4, 106 recto), de Daphnis, amie de Diane et conseillère de Filandre (I, 6, 160 recto), et de Callirée, épouse de Gerestan (I, 6, 161 recto), sœur et complice de Filandre.
• Par ailleurs, dans le temple d'Hercule qui se trouve près du Furan, Cloris et Rosidor se voient pour la première fois (I, 8, 256 verso). Maxime Gaume propose de voir dans ce temple un substitut de la Tour en Jarez (p. 196).
I
Furan Le premier historien du Forez, La Mure, affirme que le Furan jouit de « proprietez singulieres » pour la fabrication des armes (I, p. 34). Rousseau n'a pas tort ; le pays est renommé pour ses forgerons (I, p. 257).

• Dans la deuxième partie, Adamas explique que les Bergers de Furan, comme ceux de la Loire et du Lignon, sont d'extraction noble (II, 8, 490).
II
Galathée Mythologie. Cette princesse est la fille du roi Celtes, l'épouse d'Hercule et la reine de toutes les Gaules.Maxime Gaume explique que l'aventure de cette Galathee - qu'il appelle curieusement « la légende d'Hercule » - figure chez les humanistes du XVIe siècle dans le récit des origines de la Gaule (p. 105-107). C'est le cas par exemple chez Anne d'Urfé, le frère du romancier (« Sonnets des misères de la France », 1575-1576. Cité par C. Longeon, p. 269).
• Cette Galathée mythique n'apparaît pas dans l'édition anonyme de L'Astrée en 1607. Dans les éditions suivantes, elle figure dans le récit des origines du Forez, tel que le rapporte la Nymphe Galathée, citant des druides (I, 2, 30 verso à 31 verso). La Galathée mythique réside quelque temps en Forez où, se substituant à la déesse Diane, elle établit un système politique féminin (gynécocratie) et un costume féminin (tenue de Nymphe pour les dames de la cour). Cette Galathée n'est plus jamais évoquée dans la suite du roman.
• Les mythographes ont rendu Galathée célèbre à cause d'une autre aventure au parfum astréen : cette Néréide a préféré le Berger Acis (fils du dieu Pan) au cyclope Polyphème (Ovide, XIII, 750). C'est pourtant de Polyphème que Galathée aurait eu trois fils, dont Celtos (Celtes) (P. Grimal, Article Galatée). Dans L'Astrée, la Nymphe Galathée préfère le Berger Céladon au chevalier Polémas.
I
Galathée La toute première référence à la Galathee mythique se trouve sous la plume de Diodore de Sicile : « Jadis régnait, dit-on, un homme célèbre dans la Celtique, qui avait une fille d'une taille et d'une beauté sans pareille. Fière de ces avantages, elle refusa la main de tous les prétendants, n'en croyant aucun digne d'elle. Dans son expédition contre Géryon, Hercule s'arrêta dans la Celtique, et y construisit la ville d'Alésia. Elle y vit Hercule, et, admirant son courage et sa force extraordinaire, elle s'abandonna à lui très-volontiers, et aussi avec le consentement de ses parents. De cette union naquit un fils nommé Galatès, qui surpassa de beaucoup ses compatriotes par sa force et son courage. Arrivé à l'âge viril, il hérita du trône de ses pères. Il conquit beaucoup de pays limitrophes, et accomplit de grands exploits guerriers. Enfin, il donna à ses sujets le nom de Galates (Gaulois), desquels tout le pays reçut le nom de Galatie (Gaule) » (XXIV, 70-71).

• Selon Fauchet, Galathée serait la mère d'un roi nommé Celtes (f° 3 recto). Quant à Hercule, il aurait « eu plusieurs enfans des gentis-femmes du païs : qui donnerent leurs noms aux Provinces, esquelles ils commandoient » (f° 3 verso).

• La divinité astréenne n'engendre pas de fils. D'Urfé écrit dans la première partie : « Nostre grande Princesse Galathee, fille du roy Celtes, femme du grand Hercule, et mere de Galathee, qui donna son nom aux Gaulois » (I, 2, 30 verso. Je souligne).

• Dans la deuxième partie, Galathée reste une divinité toujours liée à son époux. Célidée l'invoque et Adamas l'évoque. La Bergère demande à Galathée d'intercéder pour elle auprès de son époux, l'éloquent Hercule gaulois (II, 2, 83). Le druide, lui, explique que les Gaulois honorent Hercule pour ses vertus et pour son union avec Galathée (II, 8, 515).
II
Ganymede Mythologie. Ce Berger est le plus beau des enfants des hommes pour les mythologues. C'est l'échanson des dieux. D'Urfé, né en février, sous le signe du Verseau (Aquarius), porte un intérêt particulier à Ganymède (Henein, p. 134-135).
• L'enfant est représenté dans « les peintures esclatantes », à Isoure, sur le dos de l'aigle qui l'a emmené aux cieux. Il ressemble à Cupidon et agit comme l'échanson de Jupiter (I, 2, 27 recto). Comme le Ganymède des Epistres morales (I, 19, p. 171), il désire verser des bienfaits aux hommes.
• Peintres et sculpteurs montrent généralement Ganymède nu. On trouvera Le Rapt de Ganymède de Rubens dans ce site (30 septembre 2010).
I
Garde (La) Lucine, la sage-femme, passe du côté du Pic de La Garde (Livradois) après avoir quitté la ville de Moingt (I, 4, 110 verso). I
Garonne Écrit Garronne. Ce fleuve sépare l'Aquitaine de la Gaule du temps de Jules César. Il est ensuite compris dans le royaume des Wisigoths.

Damon d'Aquitaine parvient aux rives de la Garonne (II, 6, 378).
II
Gaule Écrit aussi Gaules. Jules CÉsar, dans ses Commentaires, distingue la Provincia (qui deviendra la Narbonnaise) de la Gaule libre ou « chevelue » elle-même divisée en trois provinces, l'Aquitaine, la Celtique (ou Lyonnaise) et la Belgique. Le Forez fait partie de la Gaule Lyonnaise ou de l'Aquitaine, la Camargue d'Hylas de la Narbonnaise.
• Dès sa préface (L'Autheur à la Bergere Astrée), d'Urfé utilise le pluriel, « toutes les Gaules ».
Le roman se déroule durant une époque où les Gaules sont « oppressées » (I, 7, 211 recto) et inondées de Barbares (I, 3, 70 recto). C'est au Ve siècle, après la chute de l'Empire romain, que les Francs réussiront à unifier les Gaules, puis les appelleront France (I, 3, 64 recto).
I
Gaule La Gaule, habitée et disputée par une soixantaine de peuples (Lot, p. 52), « est l'asile, le centre du monde celtique » (Lot, p. 34). Fauchet écrit que cette région, voisine de l'Italie et donc « sujette à recevoir les premieres descharges et passages, [...] servit de champ et de lice, pour le combat et les courses » (f° 79 recto). « Les Romains ont combatu contre les Gaulois de deça les monts, l'espace de quatrevingt ans continuels » (Fauchet, f° 39 recto). L'historien souligne « le pitoiable estat des Gaules » du temps de Valentinian (Fauchet, f° 87 recto).

• Peu après le déluge, la Gaule a eu des rois dont Dis Samothes et Druys (II, 8, 509). La culture gauloise druidique a précédé la culture grecque (II, 8, 509). Les druides exercent encore leur ministère dans toute la Gaule (II, 8, 505). 

• Honoré d'Urfé s'attache surtout à décrire le tourbillon des migrations et invasions du Ve siècle. Il nomme cinquante-cinq peuples dont la plupart se heurtent en Gaule, une plaque tournante et une terre convoitée.
Les Boïens sortent de Gaule puis y reviennent (II, 1, 36), les Francs aussi (II, 11, 748 sic 750 ; II, 11, 757 sic 759 ; II, 12, 803 sic 805). Les Gaulois sortent de Gaule pour aller en Italie (II, 12, 839 sic 841), Céladon aussi (II, 10, 630).

• Les Romains occupent la Gaule (II, 8, 507) et lui imposent leurs dieux et leurs lois (II, 8, 514). Gaudens, père d'Ætius, y perd la vie (II, 11, 746 sic 748). Ætius lui-même a la charge des Gaules (II, 11, 756 sic 758 ; II, 12, 803 sic 805), et s'y enrichit (II, 12, 837 sic 839).
C'est en Gaule que les Romains se battent contre les Bourguignons, contre les Francs (II, 11, 747 sic 749 ; II, 12, 883 sic 885), contre les Wisigoths (II, 11, 756 sic 758), contre les Vandales (II, 11, 758 sic 760), et contre les Huns (II, 12, 820 sic 822).

Goths, Francs et Bourguignons envahissent la Gaule (II, 11, 736 sic 738). Ils s'unissent ensuite contre les Huns qui l'attaquent (II, 11, 746 sic 748 ; II, 12, 803 sic 805).

• À la suite de traités, les Romains donnent des terres en Gaule aux Bourguignons, aux Wisigoths (II, 12, 822 sic 824), aux Francs et aux Vandales (II, 12, 837 sic 839).

• D'Urfé ne distingue pas l'Aquitaine de la Gaule celtique : Madonthe vit dans le royaume des Wisigoths et se considère en Gaule (II, 6, 347), car les Wisigoths résident en Gaule (II, 12, 821 sic 823).

• La demeure d'Adamas est ornée « des cartes des diverses provinces de la Gaule » (II, 11, 734 sic 736).
Le druide annonce que la Gaule « peu à peu » change de nom pour devenir la France (II, 8, 508). Voir Transition.

• Une Carte de la Gaule se trouve dans ce site.
II
Gaulois Habitants des Gaules.
• L'étymologie du nom, les descendants de Galathée, se trouve dans les additions faites au récit des origines du Forez après l'édition anonyme de 1607 (I, 2, 30 verso).
• On peut se demander qui sont exactement ces Gaulois astréens. Guyemant, allié de Mérovée, semble distinguer les Gaulois des Bourguignons, des Wisigoths et des Francs puisqu'il déclare qu'il se bat « entre les armes des Francs, des Gaulois, des Romains, des Bourguignons, des Visigots, et des Huns » (I, 3, 64 recto).
I
Gaulois Les Gaulois sont grands de taille, affirment CÉsar (II, 30) et Diodore de Sicile (Livre V, XXVIII). Ils sont braves jusqu'à la témérité (Diodore, Livre V, XXIX). Fauchet renchérit en citant la remarque qu'un Gaulois fit à Alexandre : les Gaulois « craignoient seulement la cheutte du Ciel » (f° 18 verso). Les auteurs de l'antiquité reconnaissent aussi que les Gaulois avaient le sens de l'hospitalité : Diodore de Sicile note qu'ils invitent « les étrangers à leurs festins ; et, après le repas, ils leur demandent ce qu'ils sont et ce qu'ils viennent faire » (Livre V, XXVIII).

• C'est cette dernière caractéristique qu'Honoré d'Urfé retient en l'attribuant aux Bergers du Forez (I, 7, 201 verso ; II, 4, 184).

• Dans la préface de la deuxième partie, gaulois qualifie d'abord une manière d'aimer démodée (Voir Gauloise). Dans le corps du roman, quatre individus seulement sont dits gaulois : La Galathée mythique (II, 2, 83), car c'est elle qui aurait donné leur nom aux Gaulois (I, 2, 30 verso) ; Hercule, son époux, que les Gaulois adoptent comme un de leurs dieux (II, 8, 516) ; Belovèse, chef d'une armée de Gaulois (II, 12, 839 sic 841) ; Céladon enfin qui se présente en se disant Gaulois (II, 10, 647).

• La religion décrite par Adamas est expressément celle des Gaulois (II, 8, 492 ; II, 8, 505 ; II, 8, 511) ; liturgie et calendrier du Forez sont gaulois (II, 11, 676).

• Au niveau de la politique, les Gaulois, très divisés (II, 12, 823 sic 825), se battent entre eux (II, 12, 839 sic 841), mais se jugent proches des Francs (II, 8, 509, II, 8, 515 ; II, 11, 748 sic 750). Leurs relations avec les Romains sont ambigües (Voir la Préface). D'une part, Adamas explique que les Gaulois ont accepté la religion de l'envahisseur (II, 8, 492) et que lui-même admire Ætius (II, 11, 756 sic 758). D'autre part, le druide traite les Romains d'« usurpateurs » (II, 8, 509 ; II, 8, 514).

• Honoré d'Urfé avait, semble-t-il, une conception assez large de ce qui est proprement gaulois : Tircis, Berger parisien, parlant avec Céladon, Berger forézien, mentionne l'or du temple « qui cousta si cher à nos Gaulois » (II, 12, 889 sic 891). Ce curieux adjectif possessif que je souligne indique un sentiment d'appartenance au même groupe ainsi qu'une condescendance indulgente. « Nos Gauloises » , dit aussi Célidée, en parlant de la Galathée mythique (II, 2, 83).

• En règle générale, la nationalité des individus qui se retrouvent dans les hameaux foréziens et qui viennent d'ailleurs s'exprime par des noms de lieux, Paris, Camargue, Lyon, et non par des noms de tribus (Henein, p. 170). Madonthe par exemple dit qu'elle vient d'Aquitaine. Elle ajoute que son père n'était pas Wisigoth (II, 6, 328).
II
Gaultier Léonard Gaultier (1561-1635 ?). Fils d'un marchand-orfèvre, actif depuis 1576, il a signé plus de 900 gravures. Il collaborait avec Toussaint Du Bray et d'autres libraires, mais aussi il vendait lui-même ses œuvres à la Fleur de Lys d’Or, rue Saint-Jacques (M. Grivel, « Léonard Gaultier », septembre 2006). D'après l'Inventaire des graveurs du XVIe siècle, Gaultier a été le graveur attitré de la Cour sous Henri III, Henri IV et Louis XIII. « Dans le premier tiers du XVIIe siècle il est peu d’ouvrages qui ne contiennent quelque vignette de sa main » (Duportal, p. 158).
• On doit à Gaultier le frontispice de L'Astrée en 1619 (repris dans l'édition de 1621). (Voir Illustrations).
I
Gebenne « Les monts Cemene et Gebenne » sont « les montagnes d'Auvergne ves Midy » (Fauchet, f° 2 recto). Voir Cemene.
• C'est la montagne où résident les géants vaincus par Hercule (I, 2, 30 verso).
I
Gepides Peuple germanique. JordanÈs explique que les Gépides sont des Goths, et que leur nom, qui vient de gepanta, paresseux, leur convient fort bien (Ch. XVII). Ils se battent aux côtés des Huns (Ch. XLI ) qu'ils secondent lors de la bataille des Champs Catalauniques. Ils sont liés aux Ostrogoths.

• Presque toujours associés aux Huns, les Gépides s'installent en Pannonie avec eux (II, 11, 736 sic 738). L'Empire romain les ignore longtemps (II, 11, 750 sic 752). Ætius banni se réfugie près d'eux (II, 11, 750 sic 752) ; on l'accuse donc d'avoir conseillé à ses hôtes d'entrer en Italie (II, 11, 755 sic 757). Rentré en grâce auprès de l'Empereur, Ætius les repousse (II, 11, 756 sic 758).
Gépides, Huns et Alains s'attaquent à Constantinople (II, 12, 802 sic 804). Menés par Ardaric, roi des Ostrogoths et des Gépides, les Gépides se battent aux côtés d'Attila (II, 12, 803 sic 805). Celui-ci se considère même roi des Gépides (II, 12, 824 sic 826).
Comme les Francs, les Gépides sont un moment victorieux de Rome (II, 12, 828 sic 830).
Adamas expose dans sa galerie les armoiries d'Ardaric, roi des Gépides (II, 12, 884 sic 886).
II
Gergovie Le plateau de Gergovie est en Auvergne. « Oppidum central des Arvernes, où résidait la famille de Vercingétorix, et théâtre de sa victoire sur l’armée de César, en 52 avant J.-C. Probablement à 6 km au sud de Clermont-Ferrand » (Kruta, p. 637). « L'ancienne Gergovia » est maintenant Clermont, affirme La Mure, qui nomme alors Jules César, mais non Vercingétorix (I, p. 138).

• Ce lieu est un point de rencontre dans la deuxième partie de L'Astrée. Damon y donne rendez-vous à Madonthe (II, 6, 412). La jeune fille s'y rend (II, 6, 413), mais ne l'y trouve pas (II, 6, 414).
II
Germanie Ancien nom de l'Allemagne.
• Attila traverse ce pays (I, 3, 64 recto).
• À Marcilly, on pratique une danse que les Francs ont importée de Germanie (I, 9, 269 verso), l'allemande.
I
Germanie La Germanie est le royaume d'Arioviste, roi qui a défié César (Fauchet, f° 33 recto). À cette époque, cette « nation invincible et aguerrie [..] depuis quatorze ans, n'avait pas reposé sous un toit » (CÉsar, I, 36).

• Une seule mention dans le roman : à cause des nombreuses invasions qu'elle a subies, la Germanie est « presque deserte », constate Attila (II, 12, 820 sic 822).
II
Gorgonne Mythologie. Nom donné à Méduse, la plus célèbre des trois Gorgonnes, celle que Persée a tuée. La déesse Athéna met la tête de Méduse sur son bouclier pour pétrifier (littéralement) ses ennemis.
• Chez d'Urfé, c'est ce que semble faire Bellone de « sa Gorgonne » (I, 11, 366 recto sic 356 recto), c'est-à-dire de la Gorgonne représentée sur son bouclier.
I
Goths Écrit aussi Gots. Peuple germanique originaire de la Scandinavie, installé sur les bords de la mer Noire.
• Les Goths envahissent le Forez (I, 6, 159 recto) et les rives de la Seine (I, 7, 207 recto). Ils se battent contre les Romains (I, 8, 226 recto). Un chef Goth est alors nommé, Radagryse (I, 8, 226 recto).
I
Goths Écrit aussi Gots. Voir Wisigoths.
Peuple germanique qui se divise en deux groupes, les Wisigoths - royaume de Toulouse au Ve siècle -, et les Ostrogoths - royaume d'Italie au VIe siècle (Labouysse, p. 27).
Dans ses Epistres, Honoré d'Urfé rappelle que « la fertilité de l'Italie fut autrefois cause que les Gots y descendirent, et la mirent presque toute à feu » (I, 12, p. 112).

• Nommés quatorze fois, les Goths de L'Astrée vivent en Aquitaine (II, 11, 748 sic 750). Il s'agit donc des Wisigoths. Leurs rois sont d'ailleurs Alaric (II, 11, 736 sic 738), Ataulfe (II, 11, 738 sic 740 ; II, 11, 742 sic 744), Sigeric (II, 11, 743 sic 745) et Walia (II, 11, 743 sic 745). Cependant, dans une énumération des ennemis de Rome, on lit : « Francs, Bourguinons, Goths, Visigoths ou Vandales » (II, 11, 750 sic 752).
Les Goths, comme les Francs et les Vandales, sont en Gaule quand ils s'attaquent à l'Empire (II, 11, 736 sic 738).
Les Goths d'Alaric arrivent à Rome (II, 11, 742 sic 744) et s'en vont en emmenant la sœur de l'Empereur, Placidie.
Les Goths sont victorieux des Huns (II, 11, 750 sic 752).
Ils s'étendent vers l'Espagne (II, 11, 748 sic 750), chassent les Vandales (II, 11, 758 sic 760) et les remplacent.

• Une carte indiquant les déplacements des Goths et des Huns se trouve dans ce site (30 septembre 2010). Voir aussi la Carte des invasions.
II
Grâces Mythologie. Groupe de trois déesses représentant le charme, la jeunesse et la beauté. FuretiÈre précise que les Grâces, « du temps des Payens, estoient trois Divinitez fabuleuses qu'on peignoit toutes nuës » (Article Grace).
• Botticelli, au XVIe siècle, a peint Vénus et les trois Grâces habillées (Voir ce site par exemple, 30 septembre 2010).
• Céladon, à moitié endormi, prend les trois dames foréziennes qu'il voit à Isoure pour les trois Grâces (I, 2, 28 recto).
• Filandre implore le secours des Grâces pour obtenir une grâce (I, 6, 179 verso).
I
Grade Il s'agit de la ville de Grado, la Nova Aquilieia, fondée en 452.

• Ville fondée par les habitants d'Aquilée chassés par Attila (II, 12, 839 sic 841).
II
Grande Bretagne Écrit aussi grand' Bretagne. Appelée Bretagne dans la deuxième partie.
• Dans l'Histoire d'Alcippe, Céladon explique que son père a servi le roi Artus probablement en Grande Bretagne (I, 2, 43 recto). Il dit aussi que le Wisigoth qui vient défier les chevaliers foréziens appartient à un groupe qui imite l'ordre de chevalerie établie par le roi Artus en Grande-Bretagne (I, 2, 43 verso).
• Patrie de Mélandre (I, 12, 383 recto), s'allie avec la Neustrie contre les Francs (I, 12, 384 verso) et accueille Lydias, le Neustrien (I, 12, 394 verso).
I
Grande Ourse Constellation. Chez certains mythologues, deux Nymphes élèvent le petit Jupiter. Pour les protéger de l'ire de son père, le dieu les transforme en constellations, la Grande et la Petite Ourse, et se transforme lui-même en constellation du Dragon. Chez Ovide (II, 401-540), Jupiter transforme en constellations Callisto et Arcas, le fils qu'elle lui a donné, pour les éloigner de Junon qui a métamorphosé sa rivale en ourse. Callisto est la Nymphe que Diane a chassée pour la punir d'avoir perdu sa virginité. FuretiÈre écrit : « La Grande Ourse [...] a sept estoiles plus visibles & brillantes, qui sont aussi disposées en forme de chariot. Il y a six estoiles de la seconde grandeur, & une de la troisiesme ». (Article Ourse).
• Ces constellations sont représentées dans les peintures qui constituent l'Histoire de Damon et de Fortune, racontée par le druide Adamas. La Grande Ourse comprend vingt-sept étoiles dont sept éclatantes (I, 11, 373 verso).
I
Grèce Ce pays, comme le Forez, est évoqué sur plusieurs niveaux.
• C'est la patrie des écrivains nommés dans la préface (L'Autheur à la Bergere Astrée).
• C'est le pays où Alcippe, le père de Céladon, passe dix-sept ans (I, 2, 44 verso).
• Les deux portraits qui décorent le roman sont entourés de devises grecques (Voir Illustrations).
I
Grèce D'Urfé ne nomme ni ville ni fleuve de ce pays. Il ne parle que de la région devenue romaine.

Isidore vient d'une des meilleures maisons de Grèce pour vivre à la cour, à Constantinople, auprès d'Eudoxe, la fille de l'Empereur d'Orient (II, 12, 774 sic 776).
La cour est en Grèce quand Eudoxe épouse Valentinian (II, 12, 801 sic 803).
Après l'enlèvement d'Eudoxe, Ursace ne peut pas retourner en Grèce (II, 12, 880 sic 882).
II
Grecs CÉsar affirme que les druides celtes se servent de l'alphabet grec (V, 14). La Mure le répète : le langage des Grecs était celui des Druides (I, p. 83).

• Les druides gaulois avaient un alphabet avant les Grecs (II, 8, 509).
II
Hamadryades Mythologie. Écrit Amadryades. Divinités secondaires qui font partie de la classe des Nymphes souvent suivantes de grandes déesses. Les mythologues divisent les Nymphes selon leur lieu de résidence. Les Hamadryades sont les protectrices des arbres.
• Dans L'Astrée, avec les Nayades et les Dryades, les Hamadryades accompagnent la déesse Diane (I, 2, 30 recto).
I
Hécate Mythologie. Écrit aussi Hécathe et Heccathe. Divinité infernale qui réside au Palus Stigieux (I, 5, 137 verso). Hécate est la déesse de la magie et des enchantements.
• Climanthe, le faux druide, sert Hécate. Il la représente dans un tableau (I, 5, 126 recto), l'invoque (I, 5, 134 verso) et lui offre des animaux en sacrifice (I, 5, 137 recto). C'est Hécate qui est supposée annoncer le futur à la Nymphe Galathée (I, 5, 138 recto et verso, 139 recto).
• On trouvera dans ce site une représentation d'Hécate (30 septembre 2010).
I
Helvèces Il s'agit sans doute des Helvètes, habitants de l'Helvétie, la Suisse moderne, et la Savoie du XVIIe siècle.
• Silvandre dit que son protecteur, un Helvétien, habite une ville « assise sur l'extremité des Allobroges du costé des Helveces, [...] sur le bord du grand lac de Leman » (I, 8, 229 verso).
I
Helvétiens Peuple celte établi en Allemagne du Sud puis en Gaule et rattaché à la Gaule Lyonnaise. Il s'agit peut-être des Helviens peuple voisin des Arvernes (Kruta, p. 662)
• Silvandre enfant est tombé entre les mains d'Azahide, un Helvétien (I, 8, 226 verso).
I
Henri IV 13 décembre 1553-14 mai 1610. Henri de Navarre devient Roi de France en 1589, quand meurt Henri III, le troisième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis. Il est alors marié avec la fille d'Henri II, Marguerite de Valois (l'héroïne éponyme de La Reine Margot d'Alexandre Dumas). La loi salique interdit aux femmes de régner. C'est en tant que fils d'Antoine de Bourbon, descendant de Louis IX (Saint Louis), qu'Henri de Navarre succède aux Valois et donne alors le trône à la Maison de Bourbon. Parce que le nouveau roi est protestant, les guerres de religion déchirent la France. Henri abjure en 1593, et signe l'Édit de Nantes en 1598 pour garantir aux protestants la liberté de culte. En 1600, le mariage d'Henri avec Marguerite de Valois est annulé. Le Roi épouse Marie de Médicis qui lui donnera six enfants. En 1610, un moine assassine Henri IV. Son fils, Louis XIII, a neuf ans.
• Surnommé le Vert-galant, celui que ses sujets nommaient Henri le Grand, à bien des égards, mériterait d'être appelé « le Kennedy français ». Surnommé aussi « le bon roi Henri », Henri IV est resté un roi particulièrement populaire. Autour de 1657, Tallemant des Réaux lui consacre les premières pages de ses Historiettes. En 1728, Voltaire écrit en son honneur un poème épique intitulé La Henriade. Après la Révolution encore, entre 1863 et 1876, Pierre Larousse, à l'article Henri IV, répète « le vers si connu : Le seul roi dont le peuple ait gardé la mémoire ».
Bassompierre écrit : « Pendant la goutte du Roi, il commanda à M. Le Grand de veiller une nuit près de lui, Grammont une autre nuit, et moi une autre, et nous relayer ainsi de trois en trois nuits, durant lesquelles nous lui lisions le livre d'Astrée qui lors étoit en vogue, et nous l’entretenions lorsqu’il ne pouvoir dormir, empêché par son mal » (p. 385). La scène se passe en janvier 1609.
L'anecdote se prête à plus d'une interprétation. Le Roi ne connaissait-il pas encore ce roman paru deux ans plus tôt ? L'Astrée devait-elle avoir un effet soporifique sur le malade ?
• Honoré d'Urfé et Henri IV ont dû avoir des rapports difficiles (Voir Urfé). Les quatre frères d'Urfé ont été Ligueurs : ils se sont battus pour qu'un prince protestant ne règne pas sur la France. La Ligue, explique le chanoine Reure, évidemment partial, « a forcé Henri IV à entendre la messe de Saint-Denis. Le reste importe peu » (p. 35). Ce « reste » signifie deuils, combats et prisons pour Honoré d'Urfé. Après l'abjuration du Roi, d'Urfé se rallie au duc de Nemours pour continuer à résister. À la mort de Nemours (15 août 1595), d'Urfé se rend auprès de Charles-Emmanuel, duc de Savoie. Si l'on ajoute que d'Urfé a fréquenté la cour de Marguerite de Valois, la première épouse d'Henri IV, à Usson puis à Paris (Reure, p. 80, p. 138), on comprend que le Roi avait plus d'une raison de le tenir à distance !
• En 1594, Henri IV expulse les Jésuites à la suite d'attentats manqués contre sa personne. Cela a dû mécontenter l'ancien élève des Pères Jésuites qu'est Honoré d'Urfé.
• Dans le premier livre de ses Epistres morales (commencé en 1595), Honoré d'Urfé décrit un prince qui acquiert la gloire « quand apres avoir sous un Mars douteux gaigné plusieurs batailles, forcé une à une toutes les villes, en fin il fait son entree dans la principale : [...] la breche de ses canons luy en ouvre la porte, et à toute son armee : De laquelle alors les estendarts rompus, les harnois décloüez, et yvres du sang des ennemis, et du leur mesme, sont augmentation et de gloire et de contentement » (I, 10, pp. 87-88). Il s'agit d'Henri IV rentré dans Paris le 22 mars 1594,
• Ce n'est qu'en 1602 que d'Urfé, bien après ses frères, fait enfin sa paix avec Henri IV. Il reçoit alors le titre de « gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi ». « C'était bien peu de chose pour un homme tel que lui », remarque le chanoine Reure (p. 120). En effet, le titre décerné par Henri IV est moins prestigieux que les titres donnés à Honoré d'Urfé par le duc de Savoie. En 1598, d'Urfé était : « Escuyer et Chambellan ordinaire de S. A. Colonel general de sa Cavalerie et Infanterie Françoise, et Capitaine de cent Chevaux legers de ses ordonnances » (Reure, p. 87-88).
• En février 1610, le romancier reçoit un privilège pour la deuxième partie de L'Astrée et la dédie au « Roi très chrétien ». Cette dédicace n'a pas porté bonheur à Henri IV, assassiné trois mois après, le 14 mai 1610.
• La dédicace à Henri IV, écrite donc pour la deuxième partie de L'Astrée en 1610, se trouve placée au début de la première partie dès l'édition complète de 1619. Le Roi n'y est pas désigné de manière à ce qu'on puisse l'identifier. Le bandeau qui précède la dédicace porte les initiales de Louis XIII (Voir Illustrations).
L'épître dédicatoire doit sceller une réconciliation et louer publiquement la politique royale. L'Astrée, écrit d'Urfé, est « un enfant que la paix a fait naître ». Henri IV en est « l'auteur », et non Henri de Navarre. La paix qui a permis la publication du roman dépendait de « la valeur et [de] la prudence » du Prince, c'est-à-dire, non seulement des batailles, mais encore, mais surtout de l'abjuration qui a mis un terme au conflit. Les « grands rois dont l'Antiquité se vante le plus ont été pasteurs qui ont porté la houlette et le sceptre d'une main », rappelle le romancier dans cette dédicace qui est, essentiellement, un hymne à la paix. Le glaive et l'épée ne font pas le bon roi.
• Le roman lui-même ne fait pas l'éloge d'Henri IV, mais de la coexistence pacifique des religions, puisque c'est dans cette deuxième partie dédiée au Roi que d'Urfé explique pour la première fois la théologie celte. Distinguer les compliments conventionnels de la dédicace et le contenu du roman est donc nécessaire. Il faut se garder d'oublier que le système politique forézien, une gynécocratie, est l'antithèse de la loi salique, alors que cette loi salique vient tout juste de donner le trône de France à Henri de Navarre ... au détriment de Marguerite de Valois.
• Mis à part Mérovée, qui meurt au milieu de la seconde partie de L'Astrée (II, 7, 484), tous les rois qui défilent dans le roman commettent de graves erreurs de jugement. Honoré d'Urfé ne fait pas l'éloge de la royauté.
• Neuf ans après sa mort, Henri IV lui-même devient le modèle d'Euric, roi wisigoth qui joue un rôle néfaste dans deux histoires intercalées de la troisième partie de L'Astrée (Henein, p. 106-107). Il passe pour être le « plus grand et [...] plus généreux prince qui commanda jamais dans la Gaule » (éd. Vaganay, III, 4, p. 201). Cet éloge dithyrambique (qui vient d'un personnage, non du romancier) est contredit par les faits rapportés dans l'histoire d'Alcidon et de Daphnide, transposition des amours de Gabrielle d'Estrées, du duc de Bellegarde et du Roi. Un autre personnage déclare d'ailleurs qu'Euric, responsable d'une guerre civile qui divise des frères, « barbare et cruel, [est] la ruine des Gaules et de toute l'Europe » (éd. Vaganay, III, 3, p. 116).
• On trouve la copie d'un portrait d'Henri IV fait par Pourbus dans ce site (30 septembre 2010), et la statue équestre du Vert-galant dans ce site (30 septembre 2010). Le site du Musée national du château de Pau présente aussi des images intéressantes (30 septembre 2010). Le portrait d'Henri IV à cheval mis par Vaganay à la tête de son Astrée se trouve dans la section Illustrations. Voir aussi Galerie des portraits.
I
Hercule Mythologie. Écrit aussi Hercules. Ce demi-dieu, fils de Jupiter et d'Alcmène, est le héros de multiples aventures. Sa naissance, sa vie et sa mort ont inspiré poètes et artistes.
Hercule apparaît sous cinq aspects très différents dans L'Astrée.
• Honoré d'Urfé est représenté en Hercule, vêtu de la peau du lion de Némée, dans le portrait qui figure au début de L'Astrée depuis l'édition de 1619. (Voir Illustrations). On trouvera dans ce site une amphore sur laquelle est représenté ce combat d'Hercule. Minerve est debout à droite (30 septembre 2010).
• Vainqueur de monstres et de géants, Hercule est le compagnon de la Galathée mythique qui figure en 1607 dans le deuxième récit des origines du Forez (I, 2, 30 verso et 31 recto). On aurait aimé le considérer comme l'Hercule gaulois, mais d'Urfé ne mentionne pas son éloquence.
• Le troisième Hercule astréen donne son nom au détroit de Gibraltar, appelé les colonnes d'Hercule (I, 7, 193 recto).
• Le quatrième est vénéré dans un temple de la province viennoise (I, 8, 256 verso).
• Le dernier Hercule est l'esclave d'Omphale. Lindamor rappelle à Galathée que le dieu Amour a fait filer Hercule (I, 9, 300 verso). Pour certains mythologues, le travestissement d'Hercule et ses activités féminines étaient plutôt un châtiment imposé par Apollon.
• Les peintres, en général, ont préféré présenter Hercule nu en train de filer aux côtés d'Omphale. Voir par exemple le tableau attribué à Rubens (entre 1602 et 1605) dans ce site (30 septembre 2010).
I
Hercule Fauchet, l'une des principales sources d'Honoré d'Urfé, déclare : « Les Gaulois qui vivoyent environ l'an CCCLXX. apres la mort de nostre seigneur Jesus Christ assuroient, et monstroient gravé en tables, et autres marques laissees pour servir de memoire : qu'Hercule fils d'Amphitrion, vint pour destruire Taurise et Gerion cruels tirans : l'un desquels travailloit la Gaule, et l'autre l'Espagne [...] il eut plusieurs enfans des gentis-femmes du païs [...] la fille du Roy des Celtes en devint amoureuse ; et eut de luy un fils nommé Galates : tant vertueux, que ses subjets voulurent porter son nom » (f° 3 verso).

• Dans la deuxième partie de L'Astrée, Hercule apparaît dans trois contextes :
Célidée fait appel à lui parce qu'elle désire son éloquence (II, 2, 82).
Calidon jure par Hésus et par Hercule, divinités belliqueuses (II, 11, 704 sic 706).
Adamas enfin inclut Hercule dans l'aréopage des divinités qu'il présente à Céladon (II, 8, 515). Hercule est une puissance surnaturelle qui porte le même nom chez les Romains et chez les Gaulois. Il doit « le surnom de Gaulois » au fait que les Gaulois l'honoraient pour ses vertus, et pour avoir épousé la princesse Galathée.
Voir Aureilles et Illustrations.
II
Hésiode Poète grec du VIIIe siècle avant J.-C. Dans la Théogonie (naissance des dieux) et les Travaux et les jours, il tente de donner un ordre moral aux mythes racontés par Homère. Hésiode apparaît fréquemment dans les Epistres morales (par exemple I, 8, p. 63, ; I, 18, p. 161).
• Dans la préface de L'Astrée (L'Autheur à la Bergere Astrée), Hésiode est le premier des trois poètes que d'Urfé considère comme des modèles parce qu'ils ont ennobli le lieu de leur naissance dans leurs écrits : une montagne (le mont Parnasse) et un cours d'eau (l'Hippocrène) grecs sont ainsi devenus et restés célèbres grâce à eux.
I
Hesus Divinité celte qui, une seule fois, accompagne les deux autres divinités celtes pour remplacer le dieu Pan après l'édition anonyme de 1607 (I, 10, 359 recto sic 349 recto).
• D'Urfé expliquera en 1610, dans le livre 8 de la seconde partie de L'Astrée, la théologie de son Forez. Le druide Adamas expose un système d'équivalences. « Apollon est le Bellénus gaulois, le Dieu homme, le Fils. Mars est le Hésus gaulois, le Dieu fort, le Père. Jupiter est le Taramis gaulois, le Dieu 'répurgeant'  (de repurger, nettoyer), le Saint-Esprit. Tautatès, le Dieu unique, porte donc trois surnoms » (Henein, p. 54).
I
Hesus Mythologie. Écrit aussi Iehus.

• Nommé vingt-deux fois dans la deuxième partie, ce dieu gaulois est le plus souvent enfermé dans le quatuor divin : « Tautates, Hésus, Taramis, Belenus » (II, 8, 492). Dans le chêne qui symbolise Tautatès, la branche de droite représente Hésus (II, 5, 290 ; II, 8, 516). Le nom celte de ce dieu signifie fort (II, 8, 510). Hésus par conséquent est remercié pour les succès militaires (II, 7, 451). Il est aussi consulté au sujet des guerres dans le temple de Montverdun (II, 8, 494). Capable de châtier les méchants (II, 11, 696 sic 698), il punit par les armes (II, 10, 656).

Calidon jure par Hésus (II, 11, 705 sic 707) et par Hercule (II, 11, 704 sic 706), divinités d'humeur combative.
Adamas explique que l'homologue romain de Hésus est le dieu Mars (II, 8, 511). Les usurpateurs ont voulu forcer les druides à représenter leurs divinités avec les figures et les noms des dieux païens (II, 8, 514).
II
Hiponne Écrit aussi Iponne. Il s'agit de la ville d'Hippone en Afrique du Nord, aujourd'hui Annaba en Algérie. Les Vandales assiègent la ville. « Après avoir perdu beaucoup de temps devant Hippone, sans pouvoir ni l'emporter d'assaut ni la forcer à capituler, la famine les obligea de lever le siège » (Procope, III, 5).

Augustin est l'évêque de cette ville quand Genséric envahit la région (II, 11, 759 sic 761).
II
Hircinie On dit aujourd'hui Forêt Hercynienne, la Forêt-Noire. Apollonios de Rhodes la considère comme étant au centre des régions habitées par les Celtes (Kruta, p. 663). C'est la plus grande forêt de l'Europe selon Diodore de Sicile (V, 21). La forêt hercinienne doit son nom au chêne. D'après Pline, « l'énormité des chênes de la forêt Hercynienne, respectée par le temps et contemporaine de l'origine du monde, dépasse toute merveille, par leur condition presque immortelle » (XVI, 6). CÉsar précise que « la largeur de cette forêt d'Hercynie [...] est de neuf journées de marche accélérée » (VI, 25). Dans ses annotations des Commentaires de César, Blaise de VigenÈre se moque des nombreux commentaires des anciens sur cette forêt « qui a esté l'une des galleries pour se proumener tout à l'aise en leurs songes et discours fantastiques » (p. 320).

• Des Boïens, quelque temps après Belovèse, s'installent dans la « forest Hircinie » (II, 1, 35).
II
Homère Poète peut-être mythique qui aurait vécu en Grèce au VIIIe siècle avant J.-C. Ses épopées, L'Iliade et L'Odyssée, textes fondateurs, racontent la guerre de Troie et les tribulations d'Ulysse. « Le grand Homère » est souvent nommé dans Les Epistres morales (I, 19, p. 169).
• Dans la préface de L'Astrée (L'Autheur à la Bergere Astrée), Homère est le deuxième des trois poètes que d'Urfé considère comme des modèles parce qu'ils ont ennobli le lieu de leur naissance dans leurs écrits : une montagne (le mont Parnasse) et un cours d'eau (l'Hippocrène) grecs sont devenus et restés célèbres grâce à eux.
I
Hostie Il s'agit d'Ostie, port de la Rome antique.

Ursace est sur le chemin d'Ostie quand il voit passer Genséric avec son butin (II, 12, 863 sic 865)
II
Huns Peuple d'origine asiatique établi au nord du Caucase.
Conduits par Attila, les Huns ont envahi la Gaule au Ve siècle (I, 8, 226 recto). Ils sont vaincus à la bataille des Champs Catalauniques (I, 3, 63 verso, 64 recto).
I
Huns « Inconstants et perfides dans les conventions, les Huns tournent à la moindre lueur d'avantage ; en général, ils font toute chose par emportement, et n'ont pas plus que les brutes le sentiment de ce qui est honnête ou déshonnête. Leur langage même est captieux et énigmatique. Ils n'adorent rien, ne croient à rien, et n'ont de culte que pour l'or » (Ammien Marcellin, XXXI, 2). Ce peuple franchit la Volga vers 370. Son chef, Attila, fonde un empire puis attaque Constantinople, la Gaule et l'Italie (Labouysse, p. 27).

• Nommés onze fois dans la deuxième partie de L'Astrée, les Huns quittent de « froides et horribles demeures » (II, 11, 750 sic 752) pour s'installer en Pannonie (II, 11, 736 sic 738). Ils attaquent l'Italie (II, 10, 639), acueillent Ætius (II, 11, 750 sic 752) et écoutent ses conseils (II, 11, 755 sic 757).
Ils attaquent Constantinople (II, 12, 801 sic 803) et s'entendent avec les Vandales (II, 12, 821 sic 823).
Les armoiries de leur roi se trouvent dans la galerie d'Adamas (II, 12, 884 sic 886).
II
Hymen Mythologie. Hymenaeos est une divinité aux origines complexes et à l'identité incertaine. On l'associe avec le chant nuptial.
• D'Urfé parle des « voix d'Hymen Hymenée » (I, 8, 257 recto) lors du mariage de Cloris et de Rosidor.
• Sur l'autel d'Hymen, lors du mariage de Ligdamon et d'Amerine, la statue du dieu est couronnée de fleurs (I, 11, 372 recto sic 362 recto).
I
Hypocrène Mythologie. On écrit aujourd'hui « Hippocrène ». Cette source jaillit lorsque le cheval Pégase frappe un rocher du mont Hélicon. Les poètes de l'Antiquité ont rendu célèbre ce lieu où se réunissent les muses.
• Comme ses modèles, d'Urfé désire ennoblir la rivière qui arrose son pays natal, le Lignon (L'Autheur à la Bergere Astrée).
I
Icare Mythologie. Fils de Dédale et prisonnier avec lui du labyrinthe. Le jeune homme s'approche trop du soleil avec les ailes que son père lui a collées sur les épaules. Il tombe dans la mer Égée - dont un bras s'appelle depuis mer Icarienne.
• Silvandre, un enfant trouvé amoureux de la Bergère Diane, se juge trop ambitieux et évoque ce mythe dans un poème où il traite ses espoirs d'Icares (I, 8, 222 verso) et d'Ixions.
• Le châtiment d'Icare peint par Carlo Saraceni (1579-1620) se trouve dans ce site (30 septembre 2010).
I
Icare Dans la deuxième partie, ce mythe reste attaché à Silvandre, mais de manière indirecte.

• Le Berger répète un récit fait par Ursace lorsqu'il évoque Icare. Ursace est alors, comme Silvandre, un « ver de terre amoureux d'une étoile » (Hugo, Ruy Blas, II, 2). Les deux hommes donc s'associent avec Icare.
Le chevalier romain se nomme au moment où il explique à Eudoxe le tableau représentant Icare (II, 12, 715 sic 777). Ursace, chevalier qui aime la fille de l'Empereur, admire « le courage bien genereux » d'Icare (II, 12, 776 sic 778).
II
Ida Mythologie. Jupiter a grandi en Crète, sur le Mont Ida.
• Dans les « peintures esclatantes », Ganymède est vêtu comme les habitants de l'Ida, c'est-à-dire comme les Bergers.
I
Isère Affluent de la rive gauche du Rhône au cours très irrégulier.
• Hylas nomme l'Isère quand il énumère les rivières qui grossissent le Rhône (I, 8, 243 recto).
I
Isère Écrit Iseré.

• Dans la deuxième partie, Céladon, en allant en Italie, traverse cette rivière (II, 10, 636).
II
Isoure Le palais de Galathée se trouve dans ce lieu qu'il faut « identifier avec le château de Chalain d'Uzore », affirme Maxime Gaume (p. 200).
• Dans sa préface (L'Autheur à la Bergere Astrée), d'Urfé suggère un parallèle entre le Mont d'Isoure et le Parnasse, lieu de rencontre des muses.
• Le romancier décrit les somptueuses décorations intérieures, les « peintures esclatantes » (I, 2, 26 verso), ainsi que les étranges décorations du jardin (I, 2, 22 recto) et de la fontaine de la Vérité d'amour (I, 11, 377 verso sic 367 verso).
• Il donne au château un pont-levis (I, 2, 22 verso).
I
Isoure D'après La Mure, ce lieu, « un beau Theatre au milieu d'un grand Cirque », se nommerait « tantost Uzore, et tantost Izore », en hommage à Isis et Osiris (I, p. 149).

• Honoré d'Urfé rappelle que le palais de Galathée s'y trouve (II, 7, 451, II, 8, 490), que Léonide en est sortie (II, 7, 469) et surtout que Céladon y était (II, 8, 503 ; II, 10, 649 ; II, 10, 651 ; II, 10, 659 ; II, 10, 669).
Montverdun se trouve entre le Lignon et la montagne d'Isoure. Le pic d'Isoure, celui de Montverdun et celui de Marcilly forment un « triangle parfait » (II, 8, 492).
Dans un poème, Céladon parle des bois d'Isoure (II, 10, 620) que l'on voit de la maison d'Adamas (II, 10, 649).
II
Italie Céladon a visité l'Italie (I, 1, 9 verso), mais le récit de ce voyage se fera plus tard. C'est Rome ou les Romains que d'Urfé mentionne dans la première partie pour parler de l'Italie médiévale. I
Italie L'histoire de l'Italie a dans L'Astrée deux points de départ apparemment anodins : le voyage d'Italie d'un jeune homme, une tradition dans la France du XVIe siècle, et une galerie de tableaux, une tradition dans les demeures aristocratiques. C'est ainsi que l'histoire de l'Europe du Ve siècle envahit le roman ...

• Nous ne saurons rien du séjour de Céladon en Italie et de son retour, mise à part la rencontre d'Ursace et d'Olimbre. Le périple du Berger rappelle pourtant le bruit et la fureur des voyages de son père, Alcippe (I, 2) ; le père agissait alors que le fils se contente de réagir. Celui qui espérait voir un volcan éteint (II, 10, 637) se retrouve dans un univers en train d'exploser.

• « L'Italie est la province la plus belle du monde » (II, 10, 636), déclare Céladon quand il commence à raconter le voyage qui lui a été imposé (II, 10, 647). Il arrive dans ce pays à un bien mauvais moment ! Un barbare (Genséric) vient de ravager le pays (II, 10, 637). L'Italie est misérable (II, 10, 639), tout juste encore entière (II, 11, 736 sic 738). Alaric a saccagé Rome (II, 11, 737 sic 739) et son successeur la menace (II, 11, 740 sic 742).

Placidie défend chaleureusement la cause de sa patrie auprès de son époux, Ataulfe, roi des Wisigoths (II, 11, 739 sic 741 à II, 11, 742 sic 744). Quand il est assassiné, elle retourne en Italie (II, 11, 744 sic 746). Elle quitte sa patrie de nouveau parce qu'elle est mécontente de la conduite d'Honorius, son frère (II, 11, 751 sic 753 ; II, 12, 773 sic 775). Elle y revient avec son fils, Valentinian (II, 12, 791 sic 793) et y meurt (II, 11, 761 sic 763).

Valentinian, devenu Empereur d'Occident, amène Eudoxe, son épouse, en Italie (II, 12, 801 sic 803). Ursace les accompagne (II, 12, 802 sic 804) puis se bat dans l'armée d'Ætius (II, 12, 829 sic 831). Au retour, Rome et l'Italie les honorent (II, 12, 831 sic 833).

• L'Italie est un champ de bataille (II, 12, 789 sic 791). À cause de sa « fertilité » et de ses « richesses » (II, 11, 753 sic 755), Attila la convoite puis l'attaque (II, 12, 803 sic 805 ; II, 12, 838 sic 840). Les Huns, écrit JordanÈs, « font enfin de l'Italie presque entière un monceau de ruines » (Ch. XLII). « Le sol barbare avait vomi, comme la lave de l'Etna, ses enfants sur notre territoire », déclare Ammien Marcellin (XXXI, ch. 4).

• Les astrologues annoncent que la région de Venise, saccagée par Attila, connaîtra « heur » et « félicités » (II, 12, 840 sic 842).

Attila prétend séjourner en Italie seulement pour épouser la sœur de Valentinian (II, 12, 842 sic 844). À la mort d'Attila, la paix revient (II, 12, 843 sic 845).
Après l'assassinat de Valentinian, Eudoxe pense quitter l'Italie (II, 12, 847 sic 849), puis, pour se venger de Maxime, l'usurpateur du trône, elle décide de se tourner vers Genséric, le roi des Vandales, et de lui donner l'Italie (II, 12, 857 sic 860). Ursace jure de ne pas quitter le pays avant de venger la mort de Valentinian (II, 12, 858 sic 860). Genséric survient, pille l'Italie (II, 12, 859 sic 861) et se retire en emmenant Eudoxe et ses filles (II, 12, 860 sic 862).

Ursace, né en Italie (II, 12, 841 sic 843), rappelle que Belovèse et ses Gaulois ont ravagé le pays (II, 12, 839 sic 841). Un Astrologue lui conseille de ne pas rester en Italie (II, 12, 880 sic 882).

• Honoré d'Urfé ignore deux adversaires chrétiens d'Attila, qui ont réussi à arrêter « le fléau de Dieu » : le Pape Léon en Italie et sainte Geneviève à Paris. Cela prouve qu'aux yeux du romancier la vérité historique cède le pas au désir de décrire une religion syncrétique et imaginaire.
II
Ixion Mythologie. Ixion est un roi criminel que Jupiter a d'abord secouru. Ingrat, Ixion ose aimer Junon, l'épouse de Jupiter : il embrasse un nuage qui a la forme de la déesse. En guise de châtiment, il sera attaché à une roue qui tournera éternellement dans les cieux.
• Silvandre, un enfant trouvé amoureux de la Bergère Diane, se juge ambitieux et évoque ce mythe dans un poème où il traite ses espoirs d'Ixions (I, 8, 222 verso) et d'Icares.
• Le châtiment d'Ixion représenté sur un vase se trouve dans ce site (30 septembre 2010).
I
Julieu Écrit aujourd'hui Jullieux.
• De la demeure d'Adamas, on aperçoit Julieu (II, 10, 630).
II
Julius La Mure écrit que la tradition attribue la fondation de la « ville de Julius » à un Jules Maximin, « si ce n'est que nous voulussions rapporter ce nom de Julieu à Jules Cesar » (I, p. 138). Il s'agit de la ville de Julieu, nommée dans la deuxième partie de L'Astrée.
• Premier bâtiment constuit par César (I, 2, 29 verso).
I
Junon Mythologie. Épouse de Jupiter, célèbre pour sa jalousie.
En Neustrie, sur l'autel d'Hymen, se trouve la statue de Junon à côté de son époux, Jupiter (I, 11, 372 recto sic 362 recto).
• Le nom de Junon est cachée derrière celui de Lucine, la sage-femme (I, 4, 109 verso), en effet Lucina est une épithète de Junon, déesse protectrice des naissances.
• Junon apparaît en filigrane grâce à Ixion, cet homme qui a osé aimer la déesse (I, 8, 222 verso).
• On entrevoit deux personnages mythiques féminins qui ont été les victimes de Junon, Sémélé et Calisto, la nymphe que Diane exile (I, 2, 30 verso).
• Marie de Médicis a été représentée en Junon par Barthélémy Prieur (1536-1611). Voir ce site (30 septembre 2010).
I
Jupiter Mythologie. Le roi des dieux représente la domination dans Les Epistres morales (III, 3, p. 379). Il apparaît dans L'Astrée dans des descriptions de lieux aussi bien que dans des figures de rhétorique.
Jupiter figure plusieurs fois sur les fresques du palais d'Isoure. Les « peintures esclatantes » montrent sa petite enfance et la protection des Corybantes, puis deux de ses aventures amoureuses - avec Sémélé et avec Ganymède - ainsi que la naissance merveilleuse de Bacchus (I, 2, 27 recto). C'est l'image de Jupiter justicier armé du foudre qui tient le plus de place (I, 2, 27 verso).
• Cette image peut rappeler le célèbre Jupiter de Phidias, une des sept merveilles du monde, que l'on peut voir dans ce site (30 septembre 2010).
• En Neustrie, sur l'autel d'Hymen, Jupiter est représenté à côté de son épouse, Junon, (I, 11, 372 recto sic 362 recto).
Jupiter est le dieu anonyme qui punit les parjures (I, 11, 372 verso sic 362 verso).
Aristandre, amoureux de Silvie, nomme Jupiter en se comparant lui-même à Sémélé (I, 3, 65 verso).
I
Jupiter Écrit aussi Juppiter.

• Ce sont les hommes qui parlent de Jupiter dans la deuxième partie, et sans jamais évoquer les aventures amoureuses du dieu.
Silvandre rappelle que Jupiter est le père des prières (II, 3, 136).
Hylas participe à Lyon au sacrifice offert au dieu qui a permis la restauration de la ville (II, 4, 220).
Adamas, dans la leçon de théologie qu'il donne à Céladon, explique que Jupiter, le dieu qui châtie et manie le foudre, pardonne les fautes (II, 8, 511).
Quand les Romains ont imposé leur dieux, c'est-à-dire les noms et images de leurs divinités, les Gaulois ont pris Jupiter pour Taramis (II, 8, 511). Ils devraient plutôt considérer les dieux païens comme des personnifications de vertus. Jupiter serait alors « la grandeur et Majesté de Dieu » (II, 8, 515).
II
Laigneu Écrit aussi Laignieu. Aujourd'hui, Leigneux. « Village, qui appartient au canton de Boën, [qui] fut célèbre par son couvent », écrit Maxime Gaume (p. 196).
• D'Urfé y installe des vestales auxquelles se joignent des druides après l'édition anonyme de 1607 (I, 4, 83 recto).
• Il en fait aussi un lieu de passage pour les Bergers (I, 8, 262 recto).
I
Laigneu Écrit aussi Laignieu.

Leigneux est à droite de Montverdun (II, 8, 492). Adamas emprunte le chemin de Leigneux en quittant Isoure (II, 7, 454). Léonide et Paris descendent la colline de Leigneux pour se rendre dans les hameaux (II, 7, 471).

• Une coquille (?) mérite d'être soulignée : « la maison de Lavieu » dans l'éditon de 1610 devient « la maison de Laignieu » dans l'édition de 1621 (II, 8, 491).

• Cette commune a son site (30 septembre 2010).
II
Lapau Écrit aussi Lapan. Lieu d'origine de l'une des sources du Lignon (I, 4, 113 verso), croit d'Urfé. C'est en fait une source de l'Anzon (Maxime Gaume, p. 181). I
Lavieu Maxime Gaume écrit que « les d'Urfé étaient alliés à la famille de Lavieu » (p. 168).
• Dans l'édition anonyme de 1607, Polémas appartient à la Maison de Lavieu. Mais il appartient à la Maison de Surieu dans les éditions suivantes (I, 9, 267 recto). Dans la deuxième partie du roman, en 1610, Lavieu devient la maison de Lindamor.
I
Lavieu « Ancienne et illustre maison de Lavieu en Forez », écrit La Mure (II, p. 297) « Toutes les traditions locales parlent de la parenté de la famille d'Urfé avec celle de Lavieu [...] les écussons de ces deux maisons sont précisément la contre-partie l'un de l'autre » (Bernard, p 7). Jacques I de Chabannes épouse en 1435 Anne de Lavieu. Leur fils, Jacques II engendre Marie de Savoie (morÉri), la grand-mère maternelle d'Honoré d'Urfé.

• La maison de Céladon et celle de Lavieu « viennent d'un mesme tige » (II, 8, 491).
Lindamor « est de cest illustre sang de Lavieu » (II, 10, 658).
Les maisons de Lavieu et de Surieu sont ennemies (II, 10, 658).
II
Léman Maxime Gaume pense qu'il s'agit du lac de Genève (p. 220).
• Silvandre et Bellinde, la mère de la Bergère Diane, se trouvent sur les bords de ce lac, en Savoie.
Bellinde s'est retirée à Evian, à la tête d'un couvent, après la mort de Celion, son mari (I, 6, 159 verso).
Silvandre quitte une ville anonyme, sur le lac Léman, pour fuir Azahide, son père adoptif (I, 8, 229 verso).
• On trouve dans ce site une « gravure, due à Jean-Jacques Fornazeris (1589), [qui représente le lac et] montre les navires de guerre savoyards, des galères dont les plus imposantes pouvaient contenir une centaine de rameurs (CW) » (30 septembre 2010).
I
Léthé Mythologie. Fleuve des Enfers. Les morts boivent de ses eaux pour oublier leur vie antérieure.

Céladon nomme cete rivière dans un sonnet lors d'une tempête sur le Rhône. Il ne veut pas que le fleuve se transforme en Léthé : Il préfère mourir qu'oublier le passé (II, 10, 635).
II
Leucosie Mythologie. L'une des trois sirènes.

• Un vieillard nomme les trois sirènes lorsqu'Hylas en représente une sur son écu (II, 4, 203).
II
Ligée Mythologie. L'une des trois sirènes.

• Un vieillard nomme les trois sirènes lorsqu'Hylas en représente une sur son écu (II, 4, 203).
II
Lignon Écrit aussi Lygnon. Affluent de la Loire, prenant sa source dans les monts du Forez, le Lignon mesure 59 kilomètres.
• D'Urfé donne une double source à la rivière (Chalmasel et Cervières) et la nomme une cinquantaine de fois dans la première partie de L'Astrée. Grâce au roman, le Lignon est devenu aussi célèbre que l'Hippocrène, comme l'espérait d'Urfé dans sa préface (L'Autheur à la Bergere Astrée).
• La rivière est représentée dans un tableau peint par Climanthe, le faux druide, (I, 5, 138 recto et 139 recto), et dans les tableaux peints par Mandrague, la magicienne, (I, 11, 369 verso, 371 verso, 372 recto). Sur les peintres dans L'Astrée, voir E. Henein.
• Le Lignon inspire aussi des poètes (I, 2, 37 verso ; I, 7, 213 verso).
• C'est sur les bords du Lignon, l'artère principale du pays astréen, que se déroulent les deux événements dramatiques qui marquent le début du roman, le suicide de Céladon et son sauvetage (I, 1, 5 recto et 6 verso), car c'est ce cours d'eau qui sépare les gens des hameaux des gens du château.
• « Vostre [...] Lignon », dit Adamas, en parlant à Céladon et aux Nymphes (I, 11, 369 verso, 371 verso).
• Notons pourtant que le nom du Lignon ne figurait pas en 1607 dans une énumération des rivières qui arrosaient la région du temps de l'invasion romaine (I, 2, 32 verso).
I
Lignon Écrit aussi Lygnon. Le Lignon « a eu la gloire d'avoir pour son Illustrateur le grand Honoré d'Urfé » (La Mure. I, p. 82).

• Impétueux (II, 10, 619) ou malheureux (II, 5, 299 ; II, 7, 483), délectable (II, 3, 160 ; II, 10, 628) ou agréable (II, 3, 167), le Lignon est une rivière douce (II, 7, 434) et fatale (II, 2, 65).

• Aussi connnu que le Forez (II, 3, 167), il sort de deux sources (II, 8, 497) et se jette dans la Loire à la hauteur de Feurs (II, 10, 629).

• Il sert d'adresse (II, 3, 131 ; II, 7, 468 ; II, 8, 490) et de nom de famille aux « Bergers de Lignon » (II, 1, 24 ; II, 3, 162 ; II, 4, 184 ; II, 7, 483 ; II, 8, 552).
Quitter le Lignon, c'est quitter les hameaux (II, 7, 483).
Des Bergers habitent sur les deux rives du fleuve (II, 1, 31) et le traversent (II, 2, 64) sur le pont de la Bouteresse.

• Le Lignon est un point de repère : Montverdun se trouve entre la rivière et Isoure (II, 8, 492). On voit le Lignon à partir de la demeure d'Adamas (II, 10, 628). Le fils et la nièce du druide le traversent pour se rendre dans le hameau des Bergers (II, 7, 471).

Léonide contemple les beautés de cette rivière (II, 7, 468) qui abrite des poissons (II, 7, 469), qui fait des détours (II, 7, 471), et qui a des replis (II, 10, 629).
Les rives sont embellies de prés (II, 3, 152) où l'on déambule avec plaisir (II, 3, 160 ; II, 7, 434). On rencontre des lieux sauvages (II, 5, 319), des îles auxquelles on parvient en sautant sur des cailloux (II, 10, 630), et « des merveilles » fabriquées par Céladon (II, 5, 311).

• Il y a près du Lignon un rocher qui renvoie un écho (II, 1, 5), la rivière a donc ses nymphes (II, 1, 8).

• Le romancier rappelle que Céladon s'est noyé dans le Lignon (II, 5, 300). C'est là qu'on l'a cherché (II, 10, 671) et que les Nymphes l'ont trouvé (II, 7, 442), car Lignon n'a pas voulu tuer le Berger (II, 7, 450). L'âme de Céladon erre le long des rives (II, 5, 301). Il faut d'ailleurs prendre le chemin de Lignon pour arriver jusqu'au Berger (II, 8, 496).
Céladon dit adieu à la rivière avant de se rendre chez Adamas pour commencer une nouvelle vie (II, 10, 626).

• La rhétorique de la pastorale accorde une large place au Lignon. Céladon, dans un poème, se compare au fleuve (II, 8, 497), et plus loin lui adresse des stances (II, 10, 619). Dans une comparaison, le cours irréversible de la rivière illustre ce qui ne peut pas changer de direction (II, 2, 93 ; II, 10, 620).
Le Lignon survient dans le songe de Célidée (II, 2, 65). Comme la traversée d'un fleuve symbolise un obstacle à franchir (Chevalier), on comprend que la Bergère n'est pas au bout de ses peines.

• Le Lignon coule évidemment dans La Sylvanire. On y lit ce curieux serment : « Je jure de Lignon l'un et l'autre rivage » (vers 2082).

• Carte et description du Lignon moderne se trouvent dans ce site (30 septembre 2010). Des photos sont dans ce site.
II
Ligurie Écrit aussi Lygurie. Région d'Italie, près du golfe de Gênes.

Silvandre vit à Marseille et se rend au bord de la mer « prenant le costé de la Lygurie » (II, 12, 764 sic 766). C'est là que le navire d'Ursace et d'Olimbre fait naufrage.

• Comme plus de trois cents kilomètres séparent Marseille de Gênes, nommer la Ligurie pour dire simplement tourner à gauche me semble être une coquetterie d'auteur.
II
Loire Écrit aussi Loyre, toujours sans article. Ce fleuve joue le rôle de frontière. Maxime Gaume a dessiné une carte de la vallée de la Loire astréenne (p. 181).
• Alaric, roi des Wisigoths, conquiert les provinces « de deça Loyre » (I, 2, 31 recto). La Loire reçoit le Lignon à Feurs (I, 1, 1 verso), c'est pour cela que les Bergers cherchent Céladon jusque là (I, 1, 19 recto).
I
Loire La Mure appelle la Loire « le Pere des Fleuves de Gaule » (I, p. 18) et relève « l'avantage qu'elle a de porter batteau plus loin qu'aucun autre Fleuve de France » (I, p. 177).

• La Loire a ses Bergers (II, 8, 490).
Le Lignon rejoint la Loire à la hauteur de Feurs (II, 10, 629).
Le territoire des Wisigoths du temps de Thierry va des Pyrénées à la Loire (II, 12, 821 sic 823).
II
Lombrions L'édition de 1610 donne Lambrions, l'édition de 1621 Lombrions. Aucun de ces deux noms ne figure dans les listes de peuples dressées par F. Lot et par V. Kruta. Fauchet offre une liste similaire à celle d'Honoré d'Urfé en décrivant les armées d'Ætius. Il nomme alors les Lambrions dans son Recueil : « Il y avoit des Francz, Sarmates, Armoriquains, Litians (que Blond appelle Lutetiens) Bourguignons, Saxons, Ribarols, Lambrions, jadis soldats de l'Ordonnance Romaine lors aliez et gens de secours » (f° 92 recto). Dans ses Antiquitez aussi, Fauchet écrit Lambrions (p. 95).
S'agit-il des Lombards (Langobardi ou Lombardi) ? Ce peuple n'est entré en Italie qu'au VIe siècle. Il pourrait s'agir d'un autre peuple du nord de l'Italie dont le nom viendrait de Lambro, rivière de Lombardie. Pline nomme cet affluent du le Lambrus (III, 118).

• Il y a des Lombrions aussi bien dans les armées d'Ætius que dans les armées d'Attila (II, 12, 823 sic 825). Ce renseignement ne figure pas dans Fauchet.
II
Londres Capitale de la Grande Bretagne.
• Cette ville est évoquée dans l'Histoire d'Alcippe - qui se déroule au moment où le roi Artus crée les chevaliers de la Table ronde (I, 2, 43 recto),
• et dans l'Histoire de Lydias et de Melandre, puisque Mélandre est Anglaise (I, 12, 384 recto).
I
Lutéciens On pourrait croire qu'il s'agit de habitants de Lutèce, port sur la Seine, « île de la Cité des Parisii » (Kruta, p. 713). Mais Fauchet, en décrivant la bataille des Champs Catalauniques, précise que des « Litians que Blond [Jehan Lebland] appelle Lutetiens » servent dans l'armée d'Ætius (f° 92 recto). Lutetiens et Lutéciens sont peut-être des habitants du Latium, des Latins.

• Des Lutéciens font partie de l'armée d'Attila aussi bien que de l'armée d'Ætius (II, 12, 823 sic 825).
II
Lyon • Alors que la description initiale du Forez est entièrement écrite au présent de l'indicatif, le pays, nous dit-on, est situé « aupres de l'ancienne ville de Lyon » (I, 1, 1 recto). L'épithète doit peut-être rappeler que Jules César déjà s'était établi à Lyon, et son successeur, Munatius Plancus, aussi.
• Silvandre, se rendant en Forez, passe par « la ville de Plancus », c'est-à-dire Lyon (I, 8, 231 recto).
• Les compagnons de voyage d'Hylas évoquent Lyon et son temple de Vénus (I, 8, 252 recto).
• Hylas s'y arrête pour tenir compagnie à Cloris et Rosidor (I, 8, 259 recto). Il tombe alors amoureux d'une nouvelle maîtresse, ce qui ouvre la série lyonnaise de ses amours.
I
Lyon La Mure témoigne de la rivalité du Forez et de Lyon. La ville, affirme-t-il, faisait partie du Forez du temps des Romains (I, p. 106) ; elle a été fondée par Plancus sur le territoire des Ségusiens (I, p. 16).

Lyon est attaché au personnage d'Hylas dans la deuxième partie. Le jeune homme rappelle qu'il y était (II, 3, 168 ; II, 4, 194). Il y a fait la connaissance de nombreuses dames, dont Parhénopé (II, 4, 201). Silvandre compare Hylas aux orateurs de l'Athénée de Lyon (II, 9, 606).

• Les trois dames lyonnaises déguisées en Bergères entrent en scène (II, 3, 164) et racontent leurs mésaventures avec Hylas, mais ne précisent pas qu'elles viennent de Lyon.

• Une carte de Lyon en 1696 se trouve dans ce site (30 septembre 2010).
II
Mânes Mythologie. Nom donné aux âmes des morts dans la mythologie romaine.
• Vaugelas explique : « On se sert de ce mot en vers, & en prose, tousjours masculin, & tousjours au pluriel ; Mais il faut prendre garde à ne l'employer jamais comme les Latins pour les Dieux infernaux [...]. Les François ne s'en servent jamais ni en prose, ni en poësie, qu'en cette derniere signification, c'est à dire pour l'ame d'une personne » (p. 24-241). C'est ce que fait Honoré d'Urfé.
• Galathée se dit hantée par les Mânes de Lindamor qui passe pour mort (I, 9, 298 verso). Maheureusement Vaganay a lu menaces et non manes (éd. Vaganay, I, 11, p. 360).
I
Mânes Célidée parle des Mânes du père de Calidon, auxquels Thamire l'a sacrifiée (II, 2, 95).
Florice évoque les Mânes du père de Circène (II, 3, 178).
Lors de la cérémonie du vain tombeau de Céladon, les dieux Mânes sont invoqués deux fois (II, 8, 550 ; II, 8, 552).
II
Mantoue Cette ville italienne en Lombardie a donné naissance à Virgile au Ier siècle avant J.-C. Attila l'envahit en 452 (Bouvier-Ajam, p. 365).

• Les habitants de Mantoue abandonnent la ville quand Attila s'en empare. Ils se réfugient près de Venise (II, 12, 840 sic 842).
II
Marcilly Écrit aussi Marsilly.
• En 1607 seulement, d'Urfé explique que le nom de la ville vient du nom d'un lieutenant de César (I, 2, 29 verso).
• Le château de Marcilly est le cœur politique du Forez astréen. C'est le lieu de résidence d'Amasis, dame du Forez (I, 12, 382 recto, 396 recto), et de sa cour (I, 2, 24 recto).
Alcippe s'y rend quand il veut renoncer à la condition pastorale (I, 2, 38 recto). Il y retourne dès que Pimandre l'y autorise (I, 2, 44 verso).
• Silvandre connaît la ville (I, 1, 19 recto).
I
Marcilly Écrit aussi Marcylli et Marsilly. La ville de Marcilly et sa voisine, Marcoux, auraient été fondées par un Romain nommé Marcus Marcellus (La Mure, I, p. 140).

Marcilly forme une pointe comme Isoure et Montverdun (II, 8, 492) ; c'est un mont - dont le nom rime avec « assailli » - (II, 10, 619).
D'Urfé rappelle qu'Amasis, dame du Forez, réside à Marcilly, que Galathée a quitté Isoure pour s'y rendre (II, 7, 432 ; II, 7, 451), et qu'elle a constaté alors la disparition de Céladon (II, 7, 454).

Léonide raconte que Silvie retourne à Marcilly après lui avoir transmis un message de Galathée (II, 7, 453; II, 10, 669). Elle-même décide de ne pas revenir à la cour (II, 7, 468 ; II, 10, 656) malgré l'invitation de Galathée (II, 7, 484). Fleurial s'étonne de l'absence de Léonide (II, 10, 651).
Silvie découvre que Polémas ne se trouvait pas à Marcilly mais à Feurs à l'époque de la noyade de Céladon (II, 10, 671).
II
Marcomancs On dit aujourd'hui Marcomans. « Peuple germanique de la coalition conduite par Arioviste et vaincue avec lui par César en 58 avant J.-C. » (Kruta, p. 722). Ils attaquent les Boïens, puis sont vaincus par Attila.

• Ce peuple est devenu presque sujet d'Attila (II, 12, 803 sic 805).
II
Mars Mythologie. Ce dieu romain dont le pendant grec est Arès, représente la guerre. Il est aussi associé avec la nouvelle année (qui commençait le 1er mars), et même avec le printemps. Il a pourtant si mauvaise presse que FuretiÈre écrit : « MARS, est une Planete malefique. Les Astrologues l'appellent la petite infortune. C'est une Planete masculine & nocturne, chaude & seche ».

• Ce dieu qui ne figurait pas dans l'Olympe de la première partie apparaît sept fois dans la deuxième partie.
La forêt d'Airieu (I, 8, 257 recto) devient la forêt de Mars sans qu'elle représente le moindre danger (II, 3, 171). Les Lyonnais y trouvent le gui sacré (II, 4, 261).
Dans sa leçon de théologie, Adamas explique que le « Dieu des armees » (II, 8, 511) a pour homologue le Hésus gaulois, mais qu'il faudrait le considérer seulement comme la puissance du dieu unique (II, 8, 516).
II
Massiliens Strabon appelle Marseille Massalia (IV, Ch. I, 4).
Silvandre étudie dans les universités des Massiliens - ou « Marsilliens » dans l'édition anonyme de 1607 (I, 8, 226 verso) - situées à Marseille.
I
Massiliens Habitants de Marseille, Massilia.

• Dans la deuxième partie, les Massiliens restent souvent liés à Silvandre. Il a étudié dans leurs écoles (II, 1, 8 ; II, 6, 418 ; II, 7, 464 ; II, 9, 607 ; II, 9, 610 ; II, 11, 752 sic 754 ; II, 12, 764 sic 766).
Hylas a fréquenté les mêmes écoles (II, 9, 610). Voir Escoles.

• Le sénat des Massiliens peut autoriser le suicide (II, 12, 869 sic 871 ; II, 12, 872 sic 874 ; II, 12, 875 sic 877). Il écoute deux requêtes (II, 12, 876 sic 878) et les rejette (II, 12, 878 sic 880). Voir Six-Cents.
II
Matheus Jean-Mathieu dit Matheus (1590-1672). Pascale Cugny donne les renseignements suivants : Matheus est maître graveur à Paris au moins depuis 1617. Il a gravé des images pour Les Métamorphoses d'Ovide en 1619. II
Mauriac Nom du camp appelé Mariacus, Mauriacus ou Mauricus, dans les textes antiques. Il est appelé jusqu'au Ve siècle camp de Mauriac et aujourd'hui Méry-sur-Seine (Bouvier-Ajam, p. 294). Fauchet situe les Champs Catalauniques à Mauriac en s'appuyant sur Grégoire de Tours (f° 95 recto).
Attila a effectivement convoqué astrologues et sorciers avant la bataille des Champs Catalauniques (Fauchet f° 92 verso ; Bouvier-Ajam, p. 301).

• Plaine où Attila s'arrête pour consulter les oracles avant la bataille des Champs Catalauniques (II, 12, 823 sic 825).
II
Mauritanie Vaste région d'Afrique du Nord. Une partie se nomme Mauritanie Tingitane (capitale Tingis, ville du Maroc d'aujourd'hui), et une autre la Mauritanie Césarienne (capitale Césarée, aujourd'hui Cherchell, ville d'Algérie). La Mauritanie est occupée par les Romains au Ie siècle puis par les Vandales au Ve.

Boniface, gouverneur nommé par Rome, doit s'enfuir dans la Mauritanie Césarienne. Il y appelle au secours Genséric qui l'oblige à s'exiler dans les montagnes (II, 11, 758 sic 760).
II
Mèdes Peuple d'origine iranienne qui cohabite avec les Scythes. JordanÈs affrime qu'Attila fut « le premier, depuis que le monde existe, dont la domination ait embrassé la Scythie presque entière » (Ch. XXXIII).

Attila prend « le nom de Roy des Huns, des Medes, Goths, des Danois, et des Gepides » (II, 12, 824 sic 826).
II
Méditerranée Nommée par Hylas dans la description de la Camargue (I, 8, 243 verso). I
Méduse Mythologie. Méduse est celle des trois Gorgonnes qui a les caractéristiques les plus humaines parce qu'elle connaît l'amour et la mort. La tête de Méduse épouvante qui la regarde.

• Lorsque Hylas dit que Périandre croit voir « le visage de Meduse » (II, 4, 228), l'image est particulièrement bien choisie. En effet, Périandre, qui vient d'apprendre que le portrait de son rival est à l'intérieur du miroir de Dorinde, est stupéfié. Nous dirions qu'il est médusé - mais ce verbe n'est entré dans la langue qu'au XIXe siècle (LittrÉ).
II
Mercure Mythologie. Fils et serviteur de Jupiter, Mercure est le patron des voyageurs et des marchands (merx signifie marchandise).
• Dans la première partie de L'Astrée, des voyageurs s'adressent à ce dieu qui doit les guider. Après l'édition anonyme de 1607, Mercure est remplacé par Tautatès (I, 10, 357 verso sic 347 verso).
I
Mercure D'Urfé a pu apprendre dans les Commentaires de Jules CÉsar que les Gaulois vénéraient ce Dieu (VI, 6, 17). Il a pu aussi s'inspirer de l'interprétation de Fauchet : « Ils adoroient pardessus tous les Dieux, Mercure, appellé en leur langue Teutates : et en tenoient plusieurs images, le disans inventeur de tous les arts » (f° 4 verso).

• Dans la deuxième partie, Mercure survient dans trois contextes, sous trois formes et dans trois livres différents.
- Au livre 1, il est question cinq fois du carrefour consacré à Mercure où se rencontrent les Bergers et leurs visiteurs (II, 1, 9) ; quatre chemins s'y croisent et un terme posé sur trois marches s'y trouve (II, 1, 30).
- Au livre 8, dans la leçon de théologie, Adamas explique que le Tautatès des Gaulois est appelé Mercure par les Romains : « Dieu, non seulement de l'eloquence, mais presidant aux chemins, inventeur des arts, et le protecteur des marchands et de ceux qui traffiquent » (II, 8, 511).
Les usurpateurs ont voulu forcer les druides à représenter leurs divinités avec les figures et les noms des dieux païens (II, 8, 514).
- Au livre 10, il s'agit d'un jeune et beau messager du Ciel que les Romains prennent pour Mercure, et qui n'est autre que Céladon (II, 10, 644).

• Honoré d'Urfé relève dans son Jugement sur l'Amadéide (éd. de Maxime Gaume, p. 18) que Mercure seconde le héros dans le premier chant de L'Énéide de Virgile (p. 13).
II
Meride Il s'agit de Mérida en Espagne (Estramadoure).

• Les Suèves prennent la Méride (II, 11, 745 sic 747). Ils y entrent avec les Alains (II, 11, 748 sic 750).

• Voir Carte des Invasions.
II
Milan Ville de l'Italie du Nord. Construite par Sigovèse et ses armées, d'après La Mure (I, p. 40), Milan est envahi par Attila en 452 (Bouvier-Ajam, p. 365).

• Les habitants de Milan s'enfuient devant Attila (II, 12, 839 sic 841).
II
Moingt Écrit Moin. La Mure précise que « Moind » « fait comme le Fauxbourg » de Montbrison (I, p. 57). Il note aussi que la ville avait un temple dédié à Cérès. C'est pourquoi l'église qui a remplacé ce temple garde « à la cime [...] une faux à couper les bleds comme l'on l'y void encor aujourd'huy » (I, p. 49).
• Ville où réside la sage-femme, Lucine. Astrée et Diane nomment Moingt en racontant des accouchements (I, 4, 109 verso et 110 recto).
I
Montbrison Écrit aussi Mont-brison. Capitale du comté de Forez, carrefour important au XVIe siècle. Honoré d'Urfé est arrêté à Montbrison en 1595. C'est à ce moment qu'il commence ses Epistres morales (Reure, p. 55).
• Cette ville est nommée dans L'Astrée surtout à cause de ses jardins (I, 3, 73 verso ; I, 5, 126 verso ; I, 9, 294 verso ; I, 10, 308 verso) qui semblent être le lieu de prédilection de la Nymphe Galathée. Elle y retrouve secrètement Lindamor (I, 9, 296 verso).
• Les Bergers situent leurs déplacements par rapport à Montbrison (I, 4, 87 recto, 109 verso).
I
Montbrison Écrit aussi Mont-brison et Monbrison. Selon La Mure, les Romains avaient érigé dans ce lieu un temple dédié à Briso, déesse des prédictions tirées des songes (I, p. 46 et p. 184). Les chrétiens ont remplacé le temple par une église dédiée à Notre-Dame de l'Espérance (I, p. 44). La ville a particulièrement souffert de « la barbare cruauté des Huguenots » sous Charles IX (I, p. 203 et II, pp. 286-291). Le cruel Baron des Adrets y a sévi (II, p. 320). « Deux ou trois pestes [...] décimèrent cruellement sa population » (Papon, Notice, p. XIII).

Montbrison est du côté de Montverdun (II, 8, 492). Lindamor a vu Fleurial, le jardinier, dans les jardins de Montbrison (II, 10, 664).

• Photos et histoire de la ville se trouvent dans ce site (30 septembre 2010). Voir Carte de Montbrison.
II
Mont-d'Or Massif montagneux, près de Clermont-Ferrand. On dit aujourd'hui Mont-Dore.
• Laonice, qui vient de Paris, rencontre Madonthe, qui vient d'Aquitaine (I, 7, 212 verso), au Mont-d'Or.
• Au XVIIe siècle, un traducteur allemand est tellement sensible à l'heureuse signification de ce nom qu'il le traduit par « goldberg » (JÜrgensen, p. 318). Bonlieu subit le même sort, alors que les autres noms de lieu gardent la graphie française.
I
Mont-d'Or • Comme Damon a dit qu'il donnerait de ses nouvelles au Mont-d'Or (II, 6, 412), Madonthe s'y rend (II, 6, 413). II
Mont-Lune Massif montagneux aux « valons gelez » dont viennent deux Bergers foréziens, Lysis et Sémire (I, 5, 145 verso). I
Mont-Suc Ou Montsup, propose Maxime Gaume (p. 187). Il peut s'agir de Saint-Romain-le-Puy et de son prieuré (Maxime Gaume, p. 196).
• D'Urfé, souvent si précis pourtant, choisit de placer la première rencontre des héros près de ce mystérieux « Mont-Suc ». Il écrit que, à une lieue de Montbrison, se trouve ce massif en face duquel il y a le temple de VénusCéladon se travestit pour déclarer son amour à Astrée (I, 4, 86 verso).
Sémire tombe amoureux de la Bergère en même temps (I, 5, 145 verso).
I
Montverdun Écrit Mont-verdun. Maxime Gaume signale que sur le rocher de Montverdun se trouve un prieuré dont trois frères d'Honoré d'Urfé ont été les prieurs (p. 198).
• Le Berger Damon est originaire de ce lieu (I, 11, 369 verso) dont le nom désigne aussi bien une élévation (I, 2, 29 recto ; I, 5, 139 recto) que la plaine qui l'entoure (I, 2, 32 verso ; I, 5, 140 verso ).
I
Montverdun Écrit aussi Mont-verdun. La Mure affirme que c'est le point le plus haut du Forez (II, p. 224).

Célidée et ses compagnons habitent un hameau du côté de Montverdun (II, 1, 30). Un gros orme se trouve dans la plaine (II, 1, 56). Palémon et Doris demeurent dans les environs puisqu'ils vont du côté de Montverdun quand ils quittent les hameaux (II, 9, 598).

• On voit Montverdun de la demeure d'Adamas (II, 10, 630).

• Le rocher de Montverdun est décrit par le romancier avec un grand luxe de détails (II, 8, 493). Son nom est une corruption de Mont-Vatodun, demeure des sacrificateurs (II, 8, 492). Il mesure plus de quatre cents pas de haut, près de 300 mètres (II, 8, 492). Son point culminant est aujourd'hui à 626 mètres.

• On y trouve un temple dédié depuis le temps de Druys à Tautatès, Hésus, Taramis et Bélénus. Les druides y font leurs assemblées (II, 8, 492), et une druide y rend les oracles (II, 8, 493). Ce temple est un assemblage de grottes dotées de trois ouvertures.

• Le prieuré de Montverdun, classé monument historique, a son site (30 septembre 2010).
II
Mores Habitants de la Mauritanie.

• Des Mores se trouvent dans les armées de Genséric (II, 12, 859 sic 861).
II
Morphée Mythologie. Selon les mythologues, ce fils du Sommeil prend diverses formes pour se montrer aux mortels dans leurs rêves.
• Mandrague, la magicienne, a réussi à peindre les « démons » de ce dieu entourant la Bergère Fortune (I, 11, 377 recto) et lui envoyant des songes.
I
Naples Ville d'Italie.

• Pour arriver à Rome, Ursace, parti de Constantinople, débarque à Naples (II, 12, 802 sic 804).
II
Narcisse Mythologie. Ce beau jeune homme n'aime que son reflet, ce qui désespère la Nymphe Écho.
• Celion compare Bellinde se regardant dans une rivière à Narcisse (I, 10, 325 verso).
• Silvandre, amoureux de Diane, la fille de Celion et Bellinde, se compare lui-même à Écho aimant en vain Narcisse (I, 8, 223 recto).
I
Naupacte Ville de Grèce, appelée aujourd'hui Lépante. Le 7 octobre 1571, une coalition des princes chrétiens occidentaux, la Sainte Ligue, seconde les armées vénitiennes contre le Grand Turc. La bataille entre les flottes de galères a lieu dans le golfe de Lépante, et se termine par la victoire des forces chrétiennes. C'est à Lépante que Cervantès perd une main (Voir ce site, 30 septembre 2010). Le pape Pie V institue immédiatement la fête de Notre-Dame du Rosaire pour célébrer la victoire de Lépante le 7 octobre (voir ce site, 30 septembre 2010).
« Jamais, depuis la bataille d'Actium, les mers de la Grèce n'avoient vû ni des flottes si nombreuses, ni un combat si mémorable » (EncyclopÉdie de Diderot, Article Lépante). « Il n'est pas de plus beau souvenir historique dans l'Europe du XVIe siècle » (Larousse, Article Lépante).

• Des astrologues annoncent la victoire de Naupacte (II, 12, 840 sic 842).

• Voir sur ce site un tableau de Ferdinando Bertelli représentant la bataille de Lépante. Ce peintre exerce à Venise en 1572 (Oxford Art on Line, 30 septembre 2010).
II
Nayades Mythologie. Écrit aussi Naïades. Divinités secondaires qui font partie de la classe des Nymphes comme les Dryades et Hamadryades.
• Les Naïades, compagnes de la déesse Diane, vivent dans les cours d'eau (I, 2, 29 verso). Elles auraient quitté le Forez quand les eaux s'en sont retirées (I, 2, 30 recto).
I
Neptune Mythologie. Dieu romain de la mer. Sous le nom grec de Poséidon, ce dieu est le patron de deux lieux aussi prestigieux que malheureux, Troie et l'Atlantide.
• Parce que le Forez fut à l'origine couvert par les eaux, d'Urfé, dans un poème oraculaire, considère son pays comme la « terre » (sic) de Neptune (I, 8, 226 verso).
I
Néron Empereur romain. Voir Embrasement.

Hylas commence à servir Dorinde un jour de fête. Lyon célèbre alors l'anniversaire de la restauration qu'elle doit à la générosité de Néron (II, 4, 200).
II
Nestor Mythologie. Nestor mourut très vieux et survécut à la ruine de Troie.
• Dans l'édition anonyme de 1607, le nom de Nestor signifie le grand âge (I, 7, 208 verso). (Voir Variantes textuelles).
I
Neustrie Royaume franc constitué seulement au VIe siècle, limité par la mer du Nord, la Meuse et la Loire.
• Dans L'Astrée, c'est une partie de la Gaule (I, 12, 384 recto), dont la capitale est Rothomage (Rouen).
• La Neustrie s'allie à la Grande Bretagne et s'oppose aux Francs (I, 12, 384 verso).
Lydias, le Neustrien (I, 11, 369 verso sic 359 verso), le sosie de Ligdamon, cherche refuge à Londres.
Calais et son gouverneur sont du même parti que les Neustriens (I, 12, 386 recto).
I
Neustriens Habitants de la Neustrie, ennemis des Francs. C'est l'un des rares peuples astréens dont le roi ne soit pas nommé. I
Neustriens Fauchet explique que la Neustrie va de la Meuse à la Loire du temps de Childéric (f° 105 reco).

Léonide rappelle la bataille de Clidaman contre les Neustriens (II, 7, 451 et II, 10, 664) avec les armées de Mérovée (II, 10, 662). Fleurial répète que Mélandre a suivi un Neustrien, Lydias (II, 10, 665).
II
Occident • Il s'agit dans presque toutes les instances de l'Empire d'Occident. Voir Empire romain.

Dans une apophétie, les Princes d'Occident (II, 12, 840 sic 842) se coaliseront lors de la bataille de Naupacte.
II
Ocean scythique Océan Septentrional.
• Hylas raconte que des tribus parties de l'Océan Scythique voulaient saccager Rome (I, 8, 243 recto).
I
Œnone Mythologie. Écrit aussi Enone. Nymphe amoureuse du Berger Pâris.
• Polémas, amoureux de Galathée, rappelle ce mythe dans un poème (I, 9, 272 verso).
La chose est ironique parce que Galathée elle-même prétend suivre l'exemple d'Œnone en se donnant le droit d'aimer Céladon, un Berger (I, 2, 24 verso).
• Le poème de Polémas se modifie de manière intéressante : dans l'édition anonyme de 1607, Œnone se fait Bergère pour l'amour du Berger Pâris ; dans les éditions suivantes, il n'est plus question de ce déguisement ; le Berger Pâris et la Nymphe Œnone s'aiment.
I
Orient • Il s'agit de l'Empire romain d'Orient. Voir Empire romain.

• Dans une apophétie, les Princes d'Occident seront victorieux « par tout l'Orient » à la bataille de Naupacte (II, 12, 840 sic 842).
II
Orléans Ville assiégée par Attila, le roi des Huns.
• Guyemant raconte : Après la bataille des Champs Catalauniques, la ville reçoit Mérovée, roi des Francs (I, 3, 64 recto).
I
Orléans Bouvier-Ajam décrit le siège d'Orléans en mai 451. Aignan, l'évêque de la ville réussit à éloigner les Alains et à retarder les Huns (p. 269-384). Quand la ville est forcée d'ouvrir ses portes à Attila, on apprend l'arrivée d'Ætius. C'est alors qu'a lieu la surprenante entente : Ætius convainc Attila de quitter Orléans (p. 290). Les Huns se rendent à Troyes. La terrible bataille des Champs Catalauniques commence. Le roi des Wisigoths joue un rôle prééminent et perd la vie (p. 307).

Orléans est une ville des Carnutes qu'Attila assiège (II, 12, 823 sic 825). Le roi des Huns pensait que les Alains conserveraient la ville (II, 12, 823 sic 825).
Madonthe raconte si rapidement la mort de Thierry, roi des Wisigoths, qu'elle laisse entendre que c'est ce roi qui a chassé Attila d'Orléans (II, 6, 328).
II
Ostrogoths Écrit aussi Ostrogosts. Tribu de Goths orientaux soumise d'abord aux Huns puis installée en Pannonie après la mort d'Attila.
• Les Ostrogoths ravagent le Forez au moment où le frère de la Bergère Diane est enlevé (I, 6, 159 recto).
I
Ostrogoths Voir Goths et Gépides. JordanÈs signale que les Ostrogoths sont unis aux Gépides (Ch. XXV). Quand ils sont défaits par les Huns, les Wisigoths les abandonnent. Attila apprécie Goths et Gépides (Ch. XXIV).

• Avec Valamer, leur roi, ils se soumettent à Attila (II, 12, 803 sic 805).
II
Padoue Ville de l'Italie du nord. « Les Padouans fuient à Rialto » (Bouvier-Ajam, p. 364).

• Les habitants de Padoue abandonnent la ville après le passage d'Attila (II, 12, 839 sic 841).
II
Palès Mythologie. Écrit Palles. Génie protecteur des troupeaux.
• C'est seulement dans l'édition anonyme de 1607 qu'un Berger évoque ce Palès (I, 10, 359 recto sic 349 recto) qui sera remplacé par les divinités celtes dans les éditions suivantes.
I
Pallas Mythologie. Épithète d'Athéna (Minerve), déesse de la guerre et de la raison, protectrice des villes.
Pallas donne son nom à une place à Marcilly (I, 2, 39 verso).
• Il est peut-être ironique qu'une déesse vierge préside justement là où une entremetteuse explique à Alcippe qu'une dame lui offre ses faveurs.
I
Pallas Pallas Athéna, déesse de la sagesse assimilée à Minerve par les Romains. Selon les Commentaires de Jules CÉsar, les Gaulois connaissent une seule divinité féminine : « Minerve [qui] enseigne les éléments de l'industrie et des arts » (VI, 17, 2).
Le moraliste de Epistres écrit que « le mors de Pallas » (I, 12, p. 105) dirige l'homme vertueux, et que la déesse aide le héros à vaincre la Chimère (I, 4, p. 27).

• Dans la deuxième partie de L'Astrée, devant une image de Pallas, Adamas explique qu'il faut considérer la déesse comme la sagesse de Dieu (II, 8, 516).
II
Pampelune Ville d'Espagne du Nord où résident les Wisigoths lorsqu'ils décident d'agir comme les chevaliers de la Table ronde (I, 2, 43 verso). I
Pan Mythologie. Divinité protectrice des pasteurs et des troupeaux, Pan est à moitié homme et à moitié animal.
• Les Bergers de L'Astrée offrent des sacrifices à Pan (I, 2, 33 verso ; I, 4, 104 verso) et se recommandent à Pan (I, 12, 403 recto).
• Pan et Syringue donnent leur forme à des piliers dans les jardins d'Isoure (I, 11, 378 recto sic 368 recto). Ils se tiennent à l'entrée de la fontaine de la Vérité d'amour, tombe décorée de tableaux représentant le récit de la mort de deux Bergers. Françoise Lavocat signale que Pan et les satyres figurent sur nombre de tombeaux rustiques au début du XVIe siècle (p. 144).
• Pan est la divinité la plus souvent sacrifiée dans les éditions postérieures à 1607 ! En effet, les Bergers ne jurent plus par Pan mais par les dieux celtes (I, 6, 179 verso ; I, 8, 226 recto ; I, 10, 359 recto sic 349 recto).
• Dans l'édition anonyme de 1607 seulement, Céladon sort de la « tige de Pan » (I, 9, 305 recto) (Voir Variantes textuelles). Virgile voulait « que, par le portrait de Pan, le natif du pays [soit] signifié » (cité par Pierius, II, p. 564). Au Moyen Âge, c'est le Prince qui est représenté par le dieu Pan (F. Lavocat, p. 199).
• On trouvera dans ce site (30 septembre 2010) plusieurs représentations de Pan et de Syringue.
I
Pannonie La Pannonie, en Europe centrale, correspond à peu près à la Hongrie d'aujourd'hui. C'était une province romaine jusqu'aux invasions du Ve siècle. Théodose II donne la région aux Huns. JordanÈs, un historien goth, cite longuement Priscus, un historien grec, quand il décrit les Huns (Ch. XXIV). Honoré d'Urfé s'inspire essentiellement de ces deux écrivains quand il parle des Huns.

• Les Huns et les Gépides prennent la Pannonie (II, 11, 736 sic 738 et II, 11, 750 sic 752). Priscus, secrétaire de Valentinian, décrit à Ursace Attila et son pays (II, 12, 824 sic 826).
Ætius est obligé de se réfugier en Pannonie (II, 11, 750 sic 752). Il persuade les Huns d'attaquer l'Italie, puis les convainc de retourner dans leur pays (II, 11, 756 sic 758).
Martian, Empereur d'Orient, vainc Attila (II, 12, 802 sic 804). La Pannonie ne pouvant plus nourrir les Huns, ils se jettent sur l'Occident (II, 12, 820 sic 822).
Honorique, sœur de Valentinian, suit Attila en Pannonie (II, 11, 745 sic 747). Le roi des Huns meurt le soir de ses noces (II, 12, 841 sic 843).

• On trouve dans ce site une carte des migrations des Huns et des peuples d'Europe centrale (mai 2010).
II
Pans Mythologie. Pan, la divinité pastorale par excellence disparaît dans la deuxième partie, ce qui marque la destitution de la mythologie.

• Son succédané, les Pans, coordonné aux Nymphes et Égipans (II, 5, 275), rappelle (et appelle) faunes, sylvains et autres satyres.

Si, comme le remarque F. Lavocat (p. 185), « le corps de Pan lui-même témoigne de la métamorphose de l'Arcadie », le pluriel de Pan témoigne de la métamorphose de L'Astrée en 1610.
II
Paphos Mythologie. Ville de Chypre célèbre pour le culte rendu à Vénus.
• Hylas mentionne ce lieu dans un poème (I, 8, 244 recto).
I
Pâris Mythologie. Fils du roi Priam, il grandit parmi les Bergers. La Nymphe Œnone l'aime. Pâris accepte de comparer Junon, Vénus et Minerve pour choisir la plus belle d'entre elles. Parce qu'il élit Vénus, il peut se faire aimer par la belle épouse du roi Ménélas, Hélène. Pâris se réfugie à Troie avec la femme qu'il a enlevée. Les Grecs soutiennent Ménélas. Ils envahissent et détruisent la ville.
• Le jugement de Pâris a inspiré poètes, moralistes et artistes. La version que donne Apulée dans les Métamorphoses de l'âne d'or a influencé Honoré d'Urfé (Henein, p. 49-56).
•  L'Astrée rappelle trois des aventures du prince troyen :
Céladon est le juge de trois déesses lors d'une reconstitution du Jugement (I, 4, 89 recto, ; I, 7, 207 recto).
- Il est aussi le Berger aimé par une Nymphe (I, 2, 24 verso ; I, 9, 272 verso).
- C'est encore à Céladon que Galathée fait allusion lorsqu'elle parle d'un prince déguisé en Berger (I, 2, 24 verso).
• Le romancier fait certainement preuve d'ironie lorsque Galathée déclare que Céladon et Pâris sont « venus tous deux d'une mesme origine » (I, 2, 24 verso), l'imagination de poètes.
• Ironie encore : le personnage nommé Paris, usurpateur malgré lui, ne jouit d'aucune des caractéristiques du Pâris mythique, sinon qu'il grandit, comme lui, loin de ses parents. Il est le seul personnage déguisé en Berger par pure courtoisie (Henein, p. 179-180). 
I
Paris (ville) • Ville qui « porte le nom du Pasteur juge des trois Deesses », écrit d'Urfé (I, 7, 207 recto).
Paris reçoit Mérovée, roi des Francs, comme seigneur (I, 3, 64 recto) ; il s'y installe (I, 11, 369 recto sic 359 recto).
Paris est un lieu de refuge pour des Bergers, mais c'est là que Cléon et sa mère meurent de la peste (I, 7, 211 recto).
I
Paris (ville) La ville où réside Mérovée dans L'Astrée est la moderne Île de la Cité. « Paris s'appelloit Lutece du temps que Cesar vint en Gaule : et si elle estoit assise dans l'isle de Seine : et appartenoit au peuple Parisien, allié à la communauté des Senonois » (Fauchet, f° 134 verso).

Fleurial explique « que l'on n'y sçauroit aller que par des ponts » (II, 10, 662).
Une légion romaine y est installée (II, 11, 757 sic 759).

• Le permier plan de Lutèce date du XVIIIe siècle. Il se trouve dans ce site (30 septembre 2010).
II
Parnasse Mythologie. Cette chaîne de montagnes près de Delphes est consacrée à Apollon et aux Muses. Elle est à l'origine du nom de « Montparnasse ».
• Comme les poètes grecs ont rendu le Parnasse célèbre, D'Urfé désire ennoblir le mont d'Isoure (L'Autheur à la Bergere Astrée).
I
Parque Mythologie. Généralement au nombre de trois, les Parques (« celles qui épargnent ») s'identifient au Destin ; elles filent, enroulent et coupent le fil de la vie. Atropos est l'Inflexible, Clotho la Fileuse, et Lachésis le Sort.
• Filandre déclare dans un poème que la Parque a ordonné qu'il ne sera pas aimé (I, 6, 163 verso).
• Tircis décrit « ceste pasle Deesse » sans la nommer (I, 12, 402 recto).
I
Parthénopé Mythologie. Nom de l'une des trois sirènes. Selon certains mythographes, les sirènes se sont tuées quand elles n'ont pas réussi à séduire Ulysse. Parce que le cadavre de Parthénopé a échoué à Naples, la ville érigea un monument à cette sirène et la prit pour emblème.

Parthenos signifie vierge, jeune fille. C'est le nom que le romancier ingénieux attribue à « une belle fille » (II, 4, 201) qui attire Hylas assitôt qu'elle le regarde. Parthénopé ne sera pas farouche.
Cette aventure se fonde sur une succession d'interprétations partiellement fausses de la signification de l'emblème choisi par Hylas. Le résultat pourtant révèle la vérité : l'inconstant tombe amoureux de n'importe quelle belle jeune fille.
II
Parthénopé (ville) Ancien nom de Naples, ville située au sud-ouest de l'Italie.

Parthénopé est la ville où Genséric essuie une défaite en 455 (II, 12, 862 sic 864).
II
Parthes La Parthie est au nord de l'Iran actuel. Comme les Gaulois, les Parthes de l'antiquité n'avaient pas de littérature. Leurs conflits avec Rome (au sujet de l'Arménie surtout) s'apaisent au IIe siècle. Les Perses annexent les Parthes au IIIe siècle. À partir du VIIe siècle, la région s'appelle la Perse. La culture persane a une réputation prestigieuse. Avicenne (903-1037), philosophe que d'Urfé cite dans ses Epistres, est Persan (Voir Ongles).
Les Perses signent un traité de paix avec Théodose Ier en 390 et avec Théodose II, Empereur d'Orient, en 422.

• Le roi des Parthes et des Perses est le tuteur du fils de l'Empereur d'Orient, Théodose II (II, 11, 750 sic 752). Il donne à l'enfant un gouverneur Parthe, Antiochus (II, 11, 751 sic 753).
II
Pavie Ville de l'Italie du nord. La campagne d'Attila en Italie, en 452, a touché tant de villes que les historiens énumèrent les noms comme une litanie tragique. « Tout y passe : Mantoue, Vérone, Castiglione, Crémone, Brescia, Bergame, Lodi, Pavie, Milan, Côme, Novarre, Trecate, Vercelli, Ciglano, Mortara, Magenta, Vigevanon » (Bouvier-Ajam, p. 365).

• Les habitants de Pavie abandonnent la ville après le passage d'Attila (II, 12, 839 sic 841).
II
Perses L'Empire perse s'étendait sur une grande partie du Moyen Orient d'aujourd'hui. À l'époque dont parle Honoré d'Urfé, c'est une puissance qui doit s'entendre avec Rome et lutter contre les Huns. La capitale - où réside probablement leur roi - est Ctésiphon, sur le Tigre. Les historiens confondent parfois les Perses avec les Parthes.

• Le jeune fils d'Arcadius, Empereur d'Orient, a pour tuteur le Roi des Perses (II, 11, 750 sic 752).
II
Petite Ourse Constellation. Chez certains mythographes, deux Nymphes auraient élevé le petit Jupiter. Pour les protéger de l'ire de son père, le dieu les transforme en constellations, la Grande et la Petite Ourse, et se transforme lui-même en constellation du Dragon. Chez Ovide (II, 401-540), Jupiter transforme en constellations Callisto et Arcas, le fils qu'elle lui a donné, pour les éloigner de Junon qui a métamorphosé sa rivale en ourse. Callisto est la Nymphe que Diane a chassée pour la punir d'avoir perdu sa virginité. Selon FuretiÈre, « La Petite Ourse est la plus proche du Pole, & comprend sept estoiles qu'on appelle le Chariot, si on fait un triangle équilateral sur les deux dernieres de la queuë, la pointe touchera justement le Pole. [...]. Elle a donné le nom au Pole Arctique du mot Grec arctos, qui signifie ourse ». (Dictionnaire, Article Ourse).
• Dans L'Astrée, la Petite Ourse comprend sept étoiles. Elle est représentée dans les tableaux qui constituent l'Histoire de Damon et de Fortune, racontée par le druide Adamas (I, 11, 373 verso).
I
Phocenses Le Chevalier de Jaucourt écrit : « Phocée étoit la dernière ville d’Ionie, au septentrion vers l’Eolide, sur la mer de son nom [...] Les anciens habitans de cette ville prirent le parti de la quitter, plutôt que de tomber entre les mains des Perses qui leur faisoient continuellement la guerre. [...] Ils bâtirent plusieurs villes, & y porterent les sciences de leur pays ainsi que leur commerce. Il ne faut pas confondre ces Phocéens d’Asie, avec les peuples de la Phocide en Europe. Les premiers s’appellent en latin Phocei ou Phocoeenses ; & les derniers Phocenses » (EncyclopÉdie, Article Phocée).

Phocences est toujours juxtaposé à Massiliens (II, 1, 8 ; II, 12, 764 sic 766). Il s'agit des maîtres des écoles fréquentées par Silvandre et Hylas. Voir Massiliens et Escoles.
II
Phœnix Mythologie. Oiseau fantastique qui renaît de ses cendres. FuretiÈre écrit : « Se dit figurément en Morale, lors qu'on veut loüer quelqu'un d'une qualité extraordinaire, & dire qu'il est l'unique en son espece » (Article Phœnix.)
• Céladon seul est comparé au Phœnix par Honoré d'Urfé : il était au comble du bonheur avant que le roman ne commence (I, 1, 3 recto), il passe donc sans doute par une étape sinistre avant de renaître.
• Les deux autres occurrences se trouvent dans des poèmes où le Phœnix est l'amour qu'éprouve un chevalier (Ligdamon, 3, 75 recto et verso) ou un Berger (Filandre, I, 6, 163 verso).
I
Pictes Les Pictons sont des Celtes qui résident au Sud de la Loire. Ce peuple maritime participe à la coalition contre Jules César (Kruta, p. 772). Voyant César occupé en Gaule, Pictes et Scots s'attaquent aux Bretons (Fauchet, f° 87 verso)

Attila engage les Pictes à prendre la Bretagne (II, 11, 736 sic 738) que les Romains essaient de protéger grâce à une muraille (II, 11, 757 sic 759). Pour se défendre, les Pictes appellent au secours les Anglais (II, 11, 760 sic 762).
II
Pindare Poète lyrique grec du Ve siècle avant J.-C., auteur d'Epinicies, odes faisant l'éloge de Grecs vainqueurs des jeux Olympiques.
• Dans la préface de L'Astrée (L'Autheur à la Bergere Astrée), Pindare est l'un des trois poètes que d'Urfé considère comme des modèles parce qu'ils ont ennobli leur patrie dans leurs écrits. Une montagne (le mont Parnasse) et un cours d'eau (l'Hippocrène) grecs sont devenus et restés célèbres grâce à eux.
I
Platon Philosophe grec (427 av. J.-C.- 348 av. J.-C.). Disciple de Socrate, auteur de nombreux dialogues, maître à penser des néo-platoniciens. Celui qu'on appelle « le divin Platon » a fortement influencé Honoré d'Urfé. Dans ses Epistres morales (II, 9, p. 298), l'auteur écrit à l'interlocuteur imaginaire qu'il s'est donné : « C'est, peut-être, trop Platoniser que ce que j'ay faict ce matin avec toy, mais il faut que tu m'excuses, puisque tu m'as prié de te nourrir des mesmes viandes que j'use pour moy ». « Platoniser » est à la fois un procédé didactique, une manière d'argumenter, et une conception particulière de l'esprit humain, qui applique scrupuleusement l'adage : « Apprends à te connaître toi-même ». Ce conseil donné par Apollon à Socrate est répété dans chacun des livres des Epistres (I, 7, p. 55 ; II, 7, p. 279 ; III, 9, p. 464). Par ailleurs, Honoré d'Urfé explique que Platon est appelé « divin » parce que, pour lui, le bonheur provient quand « nostre entendement particulier sera conjoint au premier & universel entendement, qui est Dieu » (Epistres, III, 3, p. 89).
Le principal disciple et traducteur moderne de Platon figure aussi dans Les Epistres ; D'Urfé parle de « ce grand Marcile Ficin » (III, 5, p. 415).
• Platon est nommé et cité uniquement dans l'édition de 1607 de L'Astrée (L'Autheur à la Bergere Astrée). (Voir Variantes textuelles).
• On trouvera dans ce site (30 septembre 2010) un buste de Platon qui se trouve au Musée du Vatican.
• Platon vu par Raphaël est dans la Galerie des portraits.
I
Plutarque Moraliste grec du Ier siècle après J.-C. (48 ?-125). Grâce aux traductions de Jacques Amyot en 1569, les Vies des hommes illustres et les soixante-seize opuscules des Moralia ont marqué les esprits. Honoré d'Urfé cite fréquemment dans ses Epistres celui qu'il appelle « ce grand Plutarque » (Epistres morales, I, 13, p. 120).
• Dans la préface de L'Astrée (L'Autheur à la Bergere Astrée), Plutarque, premier écrivain nommé par d'Urfé, est présenté comme l'auteur des Vies, parallèles entre les Grecs et les Romains : il dépeint en montrant ressemblances et différences.
• Cette référence aux Vies de Plutarque indique aux lecteurs comment lire le roman (Henein, p. 30-32).
• On trouvera dans ce site (30 septembre 2010) une gravure du XVIe siècle représentant Plutarque.
I
Pluton Mythologie. Divinité complexe rattachée aux Enfers aussi bien qu'aux richesses, et assimilée au dieu latin, Dis Pater (Grimal).

• Dans sa leçon de théologie, Adamas explique que les étrangers ont cru que les Gaulois se disaient issus de ce dieu (II, 8, 515), l'homologue de Dis.
II
Écrit aussi Pau. Le , le plus long des fleuves d'Italie, va des Alpes à l'Adriatique. En 402, à Pollentia, puis en 403, à Vérone, les Romains défont les troupes d'Alaric. Comme Alaric revient se venger contre Rome, c'est sans doute la bataille de Vérone que d'Urfé mentionne.

• Malgré le traité de paix qui vient d'être signé, Stilicon fait attaquer Alaric, roi des Wisigoths, près du (II, 11, 737 sic 739).
II
Ponsins On écrit aujourd'hui « Poncins ». Ville située Entre Feurs et Montverdun. Voir la carte dessinée par Maxime Gaume (p. 195).
• Quand Léonide s'arrête à Ponsins (I, 5, 123 verso), elle surprend une conversation de Climanthe et de Polémas.
I
Port des Gaulois Le royaume qui porte ce nom est le Portugal. En fait, Portugal vient de Portus Calle, la ville de Porto.
• Pour une raison mystérieuse, Alcippe, banni du Forez, est contraint de quitter Londres et la cour du roi Artus pour se rendre au Portugal (I, 2, 43 recto).
I
Pra (La) Lieu proche du Lignon. Maxime Gaume se demande s'il s'agit de « La Pras », à l'est de Montverdun (p. 194, note 95).
• Ce lieu est peint par Climanthe, le faux druide, et montré aux Nymphes (I, 5, 139 recto).
I
Priam Mythologie. Dans L'Iliade d'Homère, ce roi de Troie est célèbre pour sa piété et pour ses cinquante enfants. Il serait mort heureux s'il n'avait pas assisté à la ruine de Troie.

Silvandre rapporte une réflexion aristotélicienne sur le destin de ce roi (II, 12, 870 sic 872) : on ne peut pas juger la vie d'un homme avant sa mort. Voir Heureux.
II
Prométhée Mythologie. Hésiode raconte dans sa Théogonie l'aventure de ce Titan qui a dérobé le feu aux dieux pour aider les hommes. Jupiter le châtie en l'attachant à une montagne et en envoyant son aigle lui dévorer le foie. Hercule délivrera Prométhée.
• Silvandre, un enfant trouvé amoureux de la Bergère Diane, se juge trop ambitieux et évoque ce mythe dans un poème où il traite ses espoirs d'Icares et d'Ixions (I, 8, 222 verso). Pour lui, Prométhée est fier d'avoir dérobé le feu céleste, bien qu'un aigle lui dévore le foie (la poitrine, dans le poème).
• On trouvera dans ce site (30 septembre 2010) un vase représentant le châtiment de Prométhée.
I
Prométhée Mythologie. Dans la deuxième partie, le dieu est désigné par une périphrase (II, 3, 133) dans une remarque faite par Astrée à Silvandre. II
Protée Mythologie. Ce dieu grec qui change de forme à volonté est devenu au XXe siècle, une maladie génétique, le syndrome de Protée, ainsi que le symbole de la littérature baroque (grâce à Jean Rousset). Au XVIIe siècle, c'était déjà un nom commun au passé agité : « PROTÉE. s. m. C'est un nom qu'on donne aux personnes inconstantes ou trompeuses, qui changent de profession, qui paroissent sous diverses figures, & qui se transforment en mille manieres, principalement pour tromper les autres : ce qui est fondé sur une fiction des Poëtes anciens d'un homme fabuleux qui changeoit à tout moment de forme & de figure : & cette fable vient de ce qu'un Roy d'Egypte nommé Protée, selon la coûtume du pays portoit sur la teste par ornement & pour marque de sa dignité des figures de taureaux, de dragons, d'arbres & d'autres choses semblables ; ce qui a fait que les peuples ont transporté à sa personne les figures de ses habillements de teste, comme dit Diodore Sicilien. On tient même que de là vient l'origine des casques, des cimiers qu'on voit encore dans le Blason » (FuretiÈre).

• Quand Thamire appelle l'esprit de Célidée un Protée difficile à arrêter (II, 1, 62), il reproche à la Bergère des changements qu'il a lui-même initiés (Henein, pp. 411-412).

• Dans les Epistres, Protée est le pouvoir de l'homme sur lui-même, le changement salutaire (III, 1, p. 349).
II
Province des Romains C'est la Provincia, le sud de la Gaule, région qui se distingue de la Gaule libre ou chevelue. Honoré d'Urfé est né à Marseille (Reure, p. 1).
• Deux personnages séjournent en Provence : Silvandre (I, 8, 226 verso) et Hylas (I, 8, 243 recto).
I
Province viennoise Vienne, sur le Rhône, était une ville importante pour les Allobroges.
• C'est à Vienne que Silvandre, enlevé en Forez, est donné à un Helvétien (I, 8, 228 recto).
I
Psyché Mythologie. Écrit Psiché. Comme Sémélé, Psyché a voulu voir un Dieu qui l'aimait mais qu'elle ne devait pas regarder. En s'approchant d'Amour avec une lampe à huile, elle l'a brûlé, d'où la cicatrice sur l'épaule du dieu. Apulée, au Ier siècle après J.-C., raconte ce mythe relativement moderne dans les Métamorphoses de l'âne d'or.
• Dans L'Astrée, Psyché, comme Sémélé, ne figure pas dans les « peintures esclatantes » que Céladon voit à Isoure (I, 2, 27 verso). D'Urfé nomme les deux jeunes femmes pour expliquer l'origine des cicatrices de Jupiter et de Cupidon.
• On trouvera dans ce site un tableau de Rubens représentant Psyché et Cupidon (30 septembre 2010).
I
Pyrénées Écrit Pirenees. Chaîne de montagnes qui va de la Méditerranée au golfe de Gascogne.

Thierry, roi des Wisigoths, règne sur l'Espagne et sur la partie de la Gaule qui va des Pyrénées à la Loire (II, 12, 821 sic 823), soit près de 500 km.

• Voir la Carte des Invasions.
II
Ravenne Cette ville située à 300 km de Rome et entourée de marécages communique avec la mer par des canaux. Honorius, Empereur d'Occident s'y réfugie au moment où Alaric envahit Rome, en 401. Il y reste jusqu'à sa mort en 423.

• Quand son bateau s'échoue à Ravenne (II, 11, 754 sic 756), Artabure est fait prisonnier. Son fils attaque la ville et le libère (II, 12, 812 sic 814).
Placidie arrive à Ravenne (II, 11, 754 sic 756). Elle fait arrêter et emprisonner Jean, ami d'Ætius (II, 11, 755 sic 757).
Ursace se rend à Ravenne (II, 12, 843 sic 845).
II
Regiaque Écrit aussi Rigiaque. Ville proche de Calais. Il ne s'agit certainement pas d'Arras comme on l'a proposé, le nom antique d'Arras étant Nemetocenna.
• Mélandre va attendre Lydias dans cette ville (I, 12, 390 recto et verso).
I
Renes Il s'agit de Rennes. Les Celtes de l'Armorique ont longtemps résisté à Jules César (ce qu'Astérix répète avec verve).
• Alcippe, banni du Forez, y séjourne (I, 2, 42 verso). D'Urfé ne nomme pas le chef de cette région qui se serait affranchie des Romains et détachée des Gaulois.
I
Rhin Le Rhin est, comme le Danube, une frontière lointaine.
Attila, roi des Huns, s'y arrête (I, 3, 64 recto).
Ætius aimerait éloigner Gondioch, le roi des Bourguignons, en l'envoyant sur les rives du Rhin (I, 8, 226 recto).
Mérovée se bat sur les bords de ce fleuve (I, 9, 291 recto).
Amasis, dame du Forez, y envoie Cleomir (I, 3, 63 verso) puis Lindamor (I, 9, 279 verso).
I
Rhin Écrit aussi Rhein. Fleuve qui va des Alpes à la mer du Nord et qui sépare l'Empire romain des Barbares. C'est le principal obstacle que rencontrent les Francs en particulier. Mais Fauchet écrit : « La riviere du Rhin ne donnoit pas grand empeschement aux hommes de ces deux nations », Gaulois et Germains (f° 4 recto).

• Les Francs passent le Rhin sous Pharamond (II, 11, 747 sic 749). Ils sont repoussés par Ætius (II, 11, 748 sic 749). Sous Clodion, ils prennent quelques terres « autour du Rhin » (II, 11, 757 sic 759) et franchissent le fleuve (II, 11, 760 sic 762). Les Francs restés de l'autre côté du Rhin sont contraints de se joindre aux armées d'Attila (II, 12, 803 sic 805). Ils n'ont pas eu « le courage » de passer le fleuve (II, 12, 822 sic 824).
II
Rhône Écrit Rhosne, Rosne et Rhone.
• Les Bourguignons sont la nation « belliqueuse » qui s'est installée sur les rives du Rhône (I, 2, 42 verso).
• Silvandre (I, 8, 228 recto, 229 verso) et Hylas (I, 8, 243 recto et verso) nomment ce fleuve.
I
Rhône Écrit Rosne. Fleuve long et rapide qui se jette dans la Méditerranée. Il a aujourd'hui son propre site (30 septembre 2010).

• Alors que Wisigoths et Bourguignons se sont disputés les rives du Rhône au Ve siècle, la deuxième partie de L'Astrée offre une vision sereine du fleuve.
Pour aller en Italie, Céladon voyage sur le Rhône, « ce grand lac qui flotte contre les rochers escarpez » (II, 10, 634).
Le Rhône forme une île quand il rencontre l'Arar (II, 3, 169). Clorian voit le fleuve du haut de sa fenêtre (II, 3, 171). Il aperçoit le Rhône et les forêts, plaines et montagnes qui l'entourent (II, 3, 171).
Les orateurs vaincus doivent être plongés dans le Rhône (II, 9, 606 ). Voir Athénée.
II
Rialte « Venise doit son nom à ses premiers habitants, les Venètes, auxquels Jules César accorda droit de cité, et qui occupaient un groupe d'îles placé à une très-faible distance de la Venise actuelle, sur la mer Adriatique. Au Ve siècle, tout le nord de l'Italie fut en proie aux invasions ; les habitants des bords de l'Adige, de la Brenta, de la Piave, du Tagliamento et de l'Isonzo cherchèrent un refuge dans les États de l'Adriatique. Ils jetèrent au Rivo Alto, d'où les Italiens ont fait Rialto, les premiers fondements de la ville nouvelle » (Larousse, Article Venise).

• Lorsu'Attila envahit l'Italie, les habitants de Padoue et les Venètes se réfugient dans un lieu élevé qu'« ils nommerent Rialte, voulant dire, comme je pense, rive haute » (II, 12, 839 sic 841), explique Ursace. Les habitants d'Aquilée les rejoignent (II, 12, 839 sic 841).
II
Ribarols Fauchet explique que les Francs « pour lors, avoient plusieurs noms : aucuns s'apelloient Saliens, pour-ce qu'ils estoient legers & sailloient bien : autres Authuariens : autres Ribuariens, ou Ripuariens : qui ont donné le nom à la terre que les Ribarols tiennent aujourd'huy pres de Liege » (f° 62 recto).

• Dans L'Astrée, Honoré d'Urfé distingue les Ribarols des Francs et des Lutéciens, trois peuples dont certains membres ont fait partie des armées d'Ætius et d'autres des armées d'Attila (II, 12, 823 sic 825).
II
Romain(s) Galathée explique que les Romains ont conquis les Gaules (I, 2, 29 verso), asséché et nommé le Forez. Elle semble admirer leur action bénéfique.
• En revanche, d'après Céladon, les premiers Bergers sont des Foréziens qui ont choisi de s'éloigner des méfaits de « l'ambition d'un peuple nommé Romain » (I, 2, 32 verso). Voir Préface.
• Dans les récits de guerre de la première partie de L'Astrée, ce sont les Goths, les Ostrogoths (I, 6, 159 recto) ou les Bourguignons (I, 7, 207 recto) qui ravagent le Forez, alors que les Romains soutiennent les Francs (I, 3, 64 recto).
• Les Romaines, elles, sont mentionnées par Astrée. Céladon, dit-elle, a résisté à leurs « admirables beautez » (I, 4, 94 verso). La beauté des Italiennes est fréquemment soulignée par les voyageurs au XVIe siècle.
I
Romain(s) En principe, il ne s'agit pas seulement des habitants de Rome, mais de ceux de toute l'Italie ainsi que des peuples auxquels la citoyenneté a été accordée. Voir Empire romain et Rome.

• L'adjectif romain qualifie l'Empire (II, 10, 639), l'Empereur (II, 11, 738 sic 740), le peuple d'Italie (II, 11, 750 sic 752), les capitaines (II, 12, 803 sic 805), les seigneurs (II, 11, 751 sic 754), certains individus (Ursace, II, 10, 640 ; Jean, II, 12, 788 sic 790 ; Maxime, II, 12, 805 sic 807 ; Olimbre, II, 12, 828 sic 830 ; Proxime, II, 12, 839 sic 840), et une seule province, la Camargue (II, 3, 167). Les pays annexés par Jules César et leurs habitants ne sont jamais dits romains.

• La première mention de romain dans la deuxième partie est curieuse : « Un peuple nommé Romain » chasse les Boïens et les Gaulois de Bélovèse d'une région qui ne s'appelle pas encore l'Italie (II, 1, 35).

• Ensuite, dans un discours d'Adamas au livre 8, les Romains sont essentiellement les occupants du Forez : ils ont usurpé la domination des Gaules (II, 8, 509), « s'usurpant avec une extreme Tyrannie, non seulement nos biens, mais nos ames aussi » (II, 8, 514). Ils ont renommé les lieux (II, 8, 492) et les dieux (II, 8, 511). Ils ont apporté « avec leurs armes leurs dieux » (II, 8, 507), et mêlé leur liturgie (II, 8, 513) et leur langue (II, 8, 493) à celles des Foréziens. En somme, il y a « presque esgalement du Romain et du Celte » dans les rites religieux (II, 8, 493). Malgré tout, les druides résistent : « parmy la tyrannie des estrangers, nous avons tousjours conservé quelque pureté en nos sacrifices » (II, 8, 515).

• La pensée d'Adamas a un écho : Ursace, chevalier romain, juge que les dieux ont permis les invasions barbares pour châtier « l'oudrecuidance de l'Empire Romain » et « les vices de la miserable Italie » (II, 10, 640).
Ursace appelle « un acte digne du nom Romain » (II, 12, 863 sic 865) une témérité aveugle : avec une « petite trouppe », il tente d'arrêter les armées de Genséric.

• L'image des Romains se précise dans les livres 11 et 12, consacrés à l'histoire de l'Empire. On rencontre alors une seule mention de la religion des « anciens Romains » (II, 11, 759 sic 761), qui, affirme Adamas, est différente de celle des Foréziens. Dans les autres instances, « l'Aigle romaine » (II, 12, 828 sic 830) est surtout aux prises avec des ennemis nombreux. Les Romains tentent de se défendre (II, 12, 821 sic 823). Leur armée comprend des peuples de diverses nations (II, 12, 823 sic 825).

• Les Romains rusent avec les Vandales (II, 11, 748 sic 750) qui les chassent d'Afrique (II, 11, 758 sic 760 et II, 11, 759 sic 761) sans « esprouver combien pesent les coups des soldats Romains » (II, 12, 863 sic 865).
Les Romains ignorent d'abord les Huns (II, 11, 750 sic 752), et le paient cher.
Les Romains ne peuvent pas résister aux Pictes (II, 11, 755 sic 759).
Les Romains sentent les « armes victorieuses » des Francs (II, 12, 884 sic 886).
Dans les références à la bataille des Champs Catalauniques, le mot Romain est extrêmement rare. Il ne figure pas dans le récit de Madonthe (II, 6, 328). Il apparaît une seule fois pour qualifier Ætius dans le récit d'Ursace (II, 12, 803 sic 805).

Placidie, sœur d'Honorius, prononce un discours pathétique pour persuader son époux, le roi Wisigoth Ataulfe, de ne pas attaquer Rome. Le nom d'empereur romain lui est « odieux » (II, 11, 738 sic 740), mais l'amitié des Romains lui est nécessaire (II, 11, 743 sic 745), dit-elle en substance.
Ce développement (que Fontanier appellerait « expolition », p. 420) se fonde sur quelques mots de JordanÈs et de Fauchet. Pour l'historien goth, Ataulfe renonce à son projet contre Honorius « en considération de sa parenté avec lui » (Ch. XXXI). Pour l'historien français, le roi a « esté tellement adoucy par la beauté de » Placidie (f° 81 verso) qu'il a changé ses plans.
II
Rome Cimbres, Cimmeriens et Celtoscites avaient l'intention de saccager Rome quand Caïus Marius les a vaincus (I, 8, 243 recto), raconte Hylas. I
Rome « Et Rome, que l'ont peut dire auoir tenu la Fortune mesme sous son Empire, si pour le moins en ce temps là la Fortune habitoit en la terre cognuë : De qui a elle ses plus beaux trophees que de l'espee d'Hannibal, de Pyrrhus, des Gaulois, & de tant d'autres qu'elle a veu si souvent fumer de son sang ? » (Epistres morales, II, 2, p. 217).
Fauchet souligne et renchérit : après le sac de Rome par Alaric, Rome n'est plus « estimee eternelle et invincilbe » (f° 78 verso). 

• L'Empereur Honorius choisit de résider plutôt à Ravenne de 401 à 423. Placidie, sa sœur, l'y retrouve (II, 11, 754 sic 756). Mais Valentinian, fils de Placidie, amène son épouse à Rome (II, 12, 802 sic 804), et Placidie y rend l'âme (II, 11, 761 sic 763). C'est à Rome que convergent les personnages les plus importants (II, 11, 753 sic 755) : Constance (II, 11, 745 sic 747), Maxime (II, 12, 805 sic 807), et Ursace (II, 12, 802 sic 804). C'est aussi à Rome que se fomentent révoltes et luttes intestines (II, 11, 745 sic 747).

• « Grande cité » (II, 11, 737 sic 739) que visite Céladon (II, 10, 630), Rome n'inspire au Berger ni commentaire lyrique, ni même description (II, 10, 636). La ville, synecdoque de l'Italie entière, est essentiellement un objet de pitié pour les quatre narrateurs de son histoire, Céladon, Adamas, Silvandre et Ursace.
« Rome mesme riche des despoüilles de toutes sortes de gens, [est] maintenant saccagée par toute sorte de gens » (II, 10, 639). « Tous les peuples de la terre » la prennent pour cible (II, 11, 736 sic 738). Les Huns et les Vandales (II, 10, 639), Alaric (II, 11, 737 sic 739), Attila (II, 12, 841 sic 843) et Genséric (II, 12, 859 sic 861) l'attaquent. Sans l'intercession de Placidie, les Wisigoths d'Ataulfe aussi l'auraient mise en danger (II, 11, 738 sic 740).
« Ravagée » (II, 10, 637), « déplorable » (II, 11, 738 sic 740), « miserable » (II, 11, 739 sic 741), cette « proie » (II, 10, 639) subit « outrage » (II, 11, 742 sic 743), « usurpation et pillage » (II, 12, 859 sic 861). Rome est prise (II, 11, 742 sic 744) et abandonnée « à toute sorte de violence » (II, 12, 843 sic 845). Le sac de la ville (II, 11, 737 sic 739) mène à sa ruine (II, 11, 740 sic 742).

• Le sac de Rome par Alaric Ier en 410 est représenté dans une enluminure du XVe siècle dans ce site (30 septembre 2010), et dans un tableau de Ludwig Thiersch (1825-1909) dans ce site (30 septembre 2010).
II
Rothomage Écrit aussi Rhotomage et Rhotomaghe, Rothomague. Il s'agit de Rouen (Maxime Gaume, p. 226).
• C'est une ville de la Neustrie astréenne (I, 12, 386 verso).
I
Rothomage « Rotomagos, composé de Roto, de sens inconnu, et de magus, « champ », dans le sens de « champ de foire », de marché. Par exception, le nom a persisté : c’est Rouen » (Lot, p. 42).

• Honoré d'Urfé s'amuse. En répétant à sa manière l'histoire de Mélandre, Filidas dit : La jeune femme est allée dans une ville « dont j'ay oublié le nom pour estre fort estrange ». C'est Rothomage, lui explique Léonide (II, 10, 666).
II
Samothées • Les disciples de Samothes sont appelés Samothées (II, 8, 509). II
Samothes Voir Dis Samothes. Le « roi Samothes (appelé aussi Saturne ou Dis) qui enseigna les bonnes lettres, l'éthique, le cours des astres, la physique, les sciences naturelles et les mathématiques aux Gaulois, en utilisant la langue qui plus tard s'appellera le grec. Son enseignement religieux comportait la croyance en l'immortalité et au jugement des âmes » (Dubois, p. 50). En Gaule, « tant fermement s'y croioit l'immortalité de l'ame, qu'ils ne faisoient difficulté de prester icy argent à tel credit que devant Dieu en la vie eternele en auroient la raison » (Guillaume Postel, cité par Dubois, p. 73).

• Une seule fois le nom de Samothes n'est pas juxtaposé à celui de Dis (II, 8, 509).

• Nous saurons plus tard qu'un tableau représentant Dis Samothes se trouve dans la maison d'Adamas (éd. Vaganay, III, 3, p. 81).
II
Sannazare Iacopo Sannazzaro est un poète italien (1456-1530). Auteur de l'Arcadie (1505), poème pastoral traduit en français en 1544.
• Dans sa préface, L'Autheur à la Bergere Astrée, d'Urfé lui reproche d'avoir chanté un pays imaginaire dans son œuvre. Le romancier reprend une remarque de Ronsard : « Il ne faut point vanter cette vieille Arcadie [...], la France la surpasse » (Lazard, p. 37). De plus, comme le remarque F. Lavocat, « cette distance exhibée avec le modèle sannazarien repose sur un contresens, car l'éloge du fleuve, métonymie de la terre natale, est justement un motif directement issu de l'imitation de l'Arcadia » (p. 310).
• Il se peut que d'Urfé souligne surtout le fait que Sannazare a remplacé le nom de son pays par un nom mythique, alors que le romancier, lui, veut transformer le nom réel en mythe.
• Comme Honoré d'Urfé, dans ses préfaces, ne nomme ni Virgile ni Montemayor malgré tout ce qu'il leur doit (Voir Parallèles), il semble tenir à rattacher son roman à une tradition littéraire grecque, et non à une tradition pastorale.
I
Saône Écrit Sone. Affluent du Rhône.
• La Saône est nommée en 1607 puis remplacée en 1621 par l'Arar. Honoré d'Urfé décrit alors la région où s'installent les Bourguignons (I, 2, 42 verso).
• La rivière est toujours appelée Arar dans la deuxième partie.
I
Sarmates La Sarmatie est un « vaste pays » qui « renfermoit ceux qui sont connus aujourd'hui sous le nom de Pologne, de Russie, & une partie de la Tartarie [...] En 358, en 407, ils firent une irruption dans les Gaules avec plusieurs autres nations barbares. Leur pays fut ensuite subjugué par les Huns sous Attila » (EncyclopÉdie de Diderot, Article anonyme, Sarmates).

• Des Sarmates servent dans les armées d'Ætius comme dans celles d'Attila (II, 12, 823 sic 825).
II
Saturne Mythologie. « Saturne est moins grand que Jupiter », affirme Ovide (XII, 858). Croyant éviter cette infortune, Saturne a dévoré ses enfants. Jupiter a survécu, puis détrôné son père. D'Urfé considère Saturne comme le dieu du Temps, celui qui encourage la contemplation (Epistres morales, III, 3, p. 379).
• Ce dieu est représenté dans les « peintures esclatantes » (I, 2, 26 verso) comme un vieillard qui dévore ses enfants.
• On trouvera dans ce site (30 septembre 2010), le Saturne de Goya (1746-1828). Il rappelle celui d'Honoré d'Urfé.
I
Savignieu Écrit aussi Savigneu. Nom d'un bois qui se trouve près des jardins de Montbrison.
• Climanthe, le faux druide, s'installe dans ce bois où les Nymphes viennent le consulter (I, 5, 125 recto et I, 9, 302 verso) .
I
Saxons JordanÈs, en décrivant la bataille des Champs Catalauniques, donne une liste similaire à celle d'Honoré d'Urfé, mais il ne dit pas que les armées ennemies étaient composées exactement des mêmes tribus ! Il écrit : « Aux Romains, en effet, se joignirent, comme auxiliaires, des Francs, des Sarmates, des Armoricains, des Litiens [?], des Burgondes, des Saxons, des Ripuaires, des Ibrions, jadis soldats de l'empire, mais alors appelés seulement comme auxiliaires, et quelques autres nations celtiques ou germaniques » (Ch. XXXVIII).

• Des Saxons servent dans les armées d'Ætius comme dans celles d'Attila (II, 12, 823 sic 825).
II
Scythie Ce nom, écrit Scithie, figure dans l'édition de 1610 seulement. Il est remplacé en 1621 par Syrie, ce qui est sans aucun doute une coquille.
Grand pays de l'Asie aux frontières mouvantes.
En introduisant le discours de Priscus, JordanÈs écrit : « Attila, chef suprême de tous les Huns, et le premier, depuis que le monde existe, dont la domination ait embrassé la Scythie presque entière. Aussi sa gloire éclatante faisait-elle l'étonnement de tous les peuples » (Ch. XXXIV).

Priscus, secrétaire de Valentinian, s'est rendu en Scythie pour y rencontrer Attila (II, 12, 824 sic 826).
II
Sébusiens Le nom de ce peuple ne figure pas dans les Commentaires de Jules César, mais, selon La Mure, c'est le nom des Ségusiens du Bugey, voisins des Allobroges, nommés maintenant Savoyards (I, p. 5). Honoré d'Urfé est du même avis.

• Les Sébusiens figurent dans une histoire intercalée et dans le récit que Céladon fait de son voyage en Italie.
Circène, raconte Florice, va voir son père qui tombe malade et meurt dans « une ville du costé des Allobroges dans le pays des Sebusiens » (II, 3, 171).
À Lyon, Clorian, qui aime Circène, regarde du côté de la plaine des Sébusiens (II, 3, 172).
Les Sébusiens de Céladon vivent dans un milieu infiniment plus sinistre, une région de « rochers et precipices affreux » (II, 10, 633) et de « destroits » (II, 10, 634).
II
Secusiens Maxime Gaume se demande s'il s'agit des habitants du pays de Suse (Drôme provençale) et reconnaît que d'Urfé confond quelquefois Sécusiens et Ségusiens (p. 217).

• De sa maison, à Lyon, Clorian aurait pu voir jusqu'aux monts Sécusiens (II, 3, 172).
II
Segusiences En étudiant l'itinéraire suivi par Céladon entre le Forez et l'Italie, Maxime Gaume s'étonne de l'ordre suivi dans l'énumération des lieux, car les monts Ségusiens devraient être les premiers non les derniers (pp. 221-222). D'Urfé recourt alors à la forme Segusiences et non Ségusiens comme ailleurs ; il voulait peut-être indiquer une différence et désigner un lieu plus proche des Alpes.

• Ces monts étendent jusqu'aux Alpes Coties leurs « rochers et precipices affreux » (II, 10, 633). Au bas de la montagne se trouve la ville des Segusiences (II, 10, 636), Suse.
II
Ségusiens Ancien nom du peuple qui habite le Forez (I, 2, 29 verso ; I, 10, 359 verso sic 349 verso).
• Un seul personnage se dit « Ségusien », le chevalier Ligdamon (I, 11, 368 recto sic 358 recto). Il se trouve alors en Neustrie.
I
Ségusiens Écrit aussi Seguziens. Les Ségusiens ou Ségusiaves étaient un « petit peuple du centre de la Gaule. Clients des Éduens, ils étaient au moment de la guerre des Gaules leurs voisins du sud et c’est avec eux qu’il fournirent un contingent à la coalition de l’an 52 avant J.-C. Le cours de la Saône les séparait des Ambarres et des Allobroges. Ils étaient le premier peuple sur la rive droite du Rhône, au nord de la Narbonnaise, où leurs voisins étaient les Helviens. À l’ouest se trouvaient les Arvernes et plus au sud les Vellaves, clients de ces derniers. Leur agglomération centrale était à l’époque gallo-romaine Forum Seguiavorum (Feurs), un site occupé dès le IIe siècle avant J.-C. La deuxième agglomération importante était Rodunna (Roanne). Stabon leur attribue Lugdunum », Lyon (Kruta, pp. 813-814).
Jules CÉsar signale qu'il a « conduit ses troupes dans le pays des Allobroges, puis chez les Ségusiaves. C'est le premier peuple hors de la province, au-delà du Rhône » (I, 10).
La Mure écrit que les Ségusiens habitaient Feurs du temps de Jules César, une inscription le prouve (I, pp. 2-3). Ils font partie des premières armées qui ont affronté les Romains (I, p. 7). Premiers clients des Éduens, ils deviennent comme eux des amis de Rome (I, p. 9). Ils évitent l'emprise des Auvergnats (I, p. 14) et « leur redoutable et entreprenante domination » (I, p. 57).

• Les Boïens habitent chez les Ségusiens (II, 1, 36).
À Lyon, du haut de sa demeure, Clorian voit jusqu'aux monts des Ségusiens (II, 3, 171).
Céladon se déclare Ségusien et Forézien (II, 10, 647). Silvandre, lui, dit qu'il pense être Ségusien ou Forézien (II, 12, 769 sic 771).
Les Chevaliers romains, Ursace et Olimbre, déduisent que les Ségusiens sont destinés à les sauver (II, 12, 771 sic 773).
II
Seine Sur les rives de ce fleuve vivent des Bergers, disent Laonice (I, 7, 207 recto) et Tircis (I, 12, 400 verso). I
Sémélé Mythologie. Cette femme est la fille de Cadmos, l'ancêtre d'Œdipe. Elle suit un conseil de Junon quand elle insiste pour voir Jupiter, son amant, dans toute sa splendeur. Elle meurt foudroyée. Jupiter met l'enfant qu'elle attendait dans sa cuisse pour lui donner le temps de grandir. L'enfant est Bacchus (le Dionysos grec, né deux fois) qui peut se vanter d'« être sorti de la cuisse de Jupiter », d'être supérieur aux autres.
• Dans L'Astrée, Sémélé, comme Psyché, ne figure pas dans les « peintures esclatantes » que Céladon voit à Isoure (I, 2, 27 verso). D'Urfé nomme les deux jeunes femmes pour expliquer l'origine des cicatrices de Jupiter et de Cupidon. Sémélé est victime de « son imprudence » note d'Urfé (I, 2, 27 recto).
Aristandre, prêt à tout pour voir Silvie, se compare à Sémélé qui meurt pour voir Jupiter (I, 3, 65 verso).
• Dans sa réponse à la lettre envoyée par l'Académie des Parfaits Amants, d'Urfé évoque cette « imprudente Nymphe » (Voir Lettres).
I
Sens L'une des villes qui reçoivent Mérovée, roi des Francs, comme Seigneur (I, 3, 64 recto). I
Sequanois Ou Séquanes. Peuple établi entre les sources de la Seine et le Jura. Maxime Gaume place les Séquanes dans le Bugey, dont la capitale est Belley (p. 216). Ils semblent avoir résidé plutôt dans le Doubs, dont la capitale est Besançon.
• Cette région donnée aux Bourguignons par les Romains (I, 8, 226 recto) est envahie par des étrangers au moment de l'enlèvement du frère de la Bergère Diane (I, 10, 359 verso sic 349 verso).
I
Sequanois « Entre la Saône et le Jura, occupant la région qui sera appelée dix siècles plus tard la Franche-Comté de Bourgogne, [se trouvent] les Sequani. Leur nom [...] peut être emprunté au nom que porte l’Arar en son cours supérieur, Sagona » (Lot, p. 38). Les Séquanes sont séparés des Eduens, leurs adversaires traditionnels au moment de la gurere des Gaules, et des Lingons par le cours de la Saône (Kruta, p. 816). Les Séquanes avaient toutes les raisons d'intéresser Honoré d'Urfé : ils ont servi de prétexte à la guerre des Gaules. En effet, Fauchet le raconte, les Éduens appellent César au secours lorsque les Séquanes les envahissent. De plus, les Séquanes s'étaient alors alliés aux Germains d'Arioviste (f° 33 recto), ce roi que le romancier admire.

• Le MireΞ qui soigne Calidon a également traité des Sequanois (II, 1, 46).
De sa maison, à Lyon, Clorian peut voir jusqu'aux Sequanois (II, 3, 171).
Les Bourguignons veulent s'emparer du pays des Sequanois (II, 11, 747 sic 749).
II
Sesnes Le mot Sesnes se trouve dans le Roman de Brut de Wace, numérisé pour la base Textes de Français Ancien dans ce site (30 septembre 2010). Au vers 12, on lit que Colgrin « Maintint les Sesnes », c'est-à-dire, de toute évidence, les Saxons. Ce peuple originaire du Jutland (Danemark) envahit les Îles britanniques au Ve siècle. Je remercie Pierre Kunstmann, l'auteur du site Textes de Français Ancien.
Claude Fauchet nomme les Sesnes une vingtaine de fois dans ses Antiquitez (p. 183).

• Les Bretons attaqués par les Pictes appellent au secours « les Sesnes Anglois » (II, 11, 760 sic 762).

Vaganay écrit « seigneurs Anglois » (II, 11, p. 483). L'édition de 1610 et celle de 1621 donnent pourtant « Sesnes Anglois » (II, 11, 760 sic 762).
II
Sicile L'île de Sicile fait partie de l'Empire romain depuis les guerres puniques. Les Vandales l'attaquent au Ve siècle.

• L'armée d'Ariobinde s'arrête en Sicile (II, 12, 801 sic 803).
II
Sirènes Mythologie. Les Sirènes sont filles d'Achelois et de Calliope, muse de la musique. Des mythographes leur donnent pour mère Melpomène, muse de la Tragédie, ou encore Terpsichore, muse de la Danse.
« Les Payens ont feint que c'étoient des monstres marins, ayant le visage de femmes, & la queuë de poisson. Ils ont creu qu'il y avoit trois filles du Fleuve Achelous, nommées Parthenope, Ligée, & Leucosie, habitantes du rivage de Sicile, qui chantoient excellemment, qui se jetterent dans la mer pour avoir été mesprisées par Ulysse, ou de douleur d'avoir perdu leur compagne Proserpine ; & que les Dieux les avoient transformées en ces monstres, qui attiroient les passagers dans des rochers, où elles les faisoient perir & les devoroient. De là vient qu'on dit, Elle chante comme une Sirene. Dangereux comme un chant de Sirenes. A la reserve du chant, les Sirenes ne sont pas tout à fait fabuleuses » (FuretiÈre).
Les sirènes ne sont que deux dans L'Odyssée d'Homère (ch. XII). C'est dans les commentaires à L'Odyssée et aux Géorgiques de Virgile qu'elles sont trois, et que l'une d'entre elles se nomme Parthénopé, écrit Desfontaines dans son édition de Virgile (III, p. 99 note 51).
Pierre Larousse donne une maxime intéressante qu'il attribue à Racine : « L'amour a tous les charmes d'une sirène, et les transports d'une furie » (Article Sirène).

• La deuxième partie de L'Astrée donne leur nom à trois sirènes : Ligée, Leucosie, et Parthénopé (II, 4, 203). Elles sont nommées par un vieillard qui explique aux dames les armes d'Hylas. Le jeune homme a choisi de peindre une sirène dans ses armes. Il se représente lui-même en Ulysse enchaîné et ajoute la devise : « Quels liens faudroit-il » (II, 4, 201). L'inconstant a tout à fait raison, il faudrait des liens solides pour l'empêcher d'approcher une sirène !

• Dans Les Epistres morales, Honoré d'Urfé admire celui qui a « rendu ces Sereines enroüees » (I, 15, p. 132), c'est-à-dire celui qui résiste aux faveurs de Fortune.

Sirènes et Circé se trouvent juxtaposées dans une même phrase dans Les Epistres (I, 15, p. 132).

Le Sireine, héros de la pastorale lyrique d'Honoré d'Urfé, doit son nom au personnage de La Diana de Montemayor, Sereno. Le mot signifie paisible, serein, et décrit l'état du Berger à la fin du roman. L'homonyme français de Sireine, la sirène, a une étymologie complexe. Sirène vient soit de chant (LittrÉ), soit de chaîne (Larousse). Quoi qu'il en soit, le romancier qui a si bien joué sur les mots Forez et forêt a certainement pensé à l'ambiguïté du sexe et du sens de son « Sireine ». Notons que MorÉri et Pierre Larousse, dans leurs Dictionnaires respectifs, intitulent la pastorale d'Honoré d'Urfé La Sireine.

• Ce site (30 septembre 2010) montre Ulysse devant des sirènes monstrueuses sur un vase grec, et celui-là Ulysse devant de belles sirènes dans un tableau de John William Waterhouse (1849-1917).
II
Stix Mythologie. Le Styx est un fleuve des enfers dont les eaux ont des pouvoirs magiques.
• Climanthe, le faux druide, demande à Galathée, Léonide et Silvie de se déshabiller pour que les « Deitez de Stix » ne leur fassent pas de mal (I, 5, 135 verso). Les Nymphes obtempèrent.
I
Suèves Peuple d'origine germanique qui émigre vers le Rhin et qui formera le pays de la Souabe. Fauchet, commentant Strabon, explique que les Suèves viennent de Souabe, pays voisin d'Augsbourg, appelé Franconie (f° 58 verso).

• Les Suèves, associés aux Alains, prennent la Méride (II, 11, 748 sic 750).

• Voir la Carte des invasions.
II
Suobe La Souabe est une région de l'Allemagne méridionale. Le chanoine Reure écrit : « Un Wulphe, dit le Vaillant, selon d'autres un Henry, surnommé le Lion orgueilleux, chassé d'Allemagne et passant dans le Forez avec Louis le Gros, en 1129, aurait épousé Aymée, parente du comte Guy, se serait alors fixé dans le Forez, et y aurait bâti le château d'Urfé » (p. 5).
• Dans sa préface, L'Autheur à la Bergere Astrée, d'Urfé rappelle que ses ancêtres viennent de cette région.
I
Surieu Il s'agit de Sury-le-Comtal, au sud du Forez. Le chanoine Reure écrit qu'en octobre 1593 Honoré d'Urfé (qui n'était pas encore nemouriste) défendit Sury-le-Comtal contre le frère du duc de Nemours (p. 44).
• Polémas appartient à la Maison de Surieu dans l'édition de 1621 (I, 9, 267 recto), mais, dans l'édition anonyme de 1607, il appartenait à la maison de Lavieu. Dans la deuxième partie de L'Astrée, en 1610, c'est Lindamor qui appartient à la maison de Lavieu (II, 10, 658).
• Pierre-Maxime Relave donne ces informations : Sury, en 1609, devient la propriété des descendants de Tristan de Rostaing (p. 161). Entre 1614 et 1625, Jacques de la Veuhe, époux d'Anne de Rostaing, fait construire le château (p. 197).
Les guerres de la Ligue et l'intervention d'Honoré d'Urfé sont pp. 174-176.
I
Surieu Surieu est l'ancien nom de Sury-le-Comtal, précise La Mure (I, p. 134). Sury-le-Comtal a aujourd'hui son site (30 septembre 2010). On y retrouve les informations données par Relave. Il est possible que la transaction de 1609 (vente du domaine) ait suggéré l'introduction du nom de Surieu dans la deuxième partie de 1610. Surieu devient alors le lieu d'origine d'un personnage peu sympathique, l'antihéros, celui qui n'a aucune des qualités chevaleresques.

• La maison de Surieu ne s'entend pas avec les maisons de Lavieu et de Feurs (II, 10, 658). Cela explique, dit Silvie, pourquoi Polémas ne s'entend pas avec Lindamor et Léonide.
II
Sylvain « Dieu fabuleux de l'Antiquité, qui presidoit aux forests. Quelques-uns l'ont confondu avec Pan. Ils ont creu aussi qu'il y avoit des Faunes, des Sylvains & des Aegipans ou demi-Dieux habitans dans les forests » (FuretiÈre). Le nom du Dieu Sylvain se trouve sur une inscription antique à Feurs ; c'est le « Dieu des Forests » et le « Dieu des Bergers », dit La Mure (I, p. 77). Le plus grand plaisir de ce Dieu « estoit de venir tourmenter la nuit les personnes qui dorment » (d'après Cartari cité par La Mure, I, p. 79).

• Dans un poème de Céladon, des sylvains sont amoureux d'Astrée endormie (II, 10, 619).
II
Syringue Écrit aussi Siringue. Il s'agit de Syrinx, une hamadryade. Ovide rapporte sa métamorphose (I, 691-726). Syrinx n'aimait pas Pan. Pour l'éviter, elle se transforme en roseau. Le dieu alors, avec les roseaux, fabrique un instrument de musique qu'il appelle « syrinx ». Sur ce mythe, voir Françoise Lavocat.
• Syrinx est honorée par les Bergers en même temps que le dieu Pan (I, 4, 104 verso).
• Dans les jardins d'Isoure, près de la fontaine de la Vérité d'amour, se trouvent deux piliers représentant Pan et Syrinx (I, 11, 378 recto sic 368 recto).
• On trouvera dans ce site (30 septembre 2010) Le Pan et Syrinx de Rubens.
I
Taramis Écrit Thamaris. Divinité celte.
• Honoré d'Urfé expliquera en 1610, dans la seconde partie de L'Astrée (livre 8), la théologie de son Forez. Le druide Adamas expose un système d'équivalences. « Apollon est le Bellénus gaulois, le Dieu homme, le Fils. Mars est le Hésus gaulois, le Dieu fort, le Père. Jupiter est le Taramis gaulois, le Dieu 'répurgeant'  (de repurger, nettoyer), le Saint-Esprit. Tautatès, le Dieu unique, porte donc trois surnoms » (Henein, p. 54).
• Après l'édition anonyme de 1607, Taramis, une seule fois, accompagne les deux autres divinités pour remplacer le dieu Pan (I, 10, 359 recto sic 349 recto).
I
Taramis Mythologie. Écrit Taharamis, Thamramis, Tharamis.

• Nommé trente-deux fois dans la deuxième partie, ce dieu gaulois est parfois enfermé dans le quatuor divin : « Tautates, Hesus, Taramis, Belenus » (II, 8, 492). Dans le chêne qui symbolise Tautatès, la branche du milieu le représente (II, 5, 290 ; II, 8, 517). Dans le temple de Montverdun, c'est la divinité qu'Adamas consulte pour apprendre ce que l'avenir lui réserve (II, 8, 494).

Le nom de Taramis signifie « repurgeant », qui nettoie (II, 8, 510). Ce nom a subi des modifications parce qu'il était difficile à prononcer. L'homologue romain de ce dieu est Jupiter, le justicier (II, 8, 511). Les usurpateurs ont voulu forcer les druides à représenter leurs divinités avec les figures et les noms des dieux païens (II, 8, 514).

Taramis est évoqué dans l'histoire de Célidée, dans la leçon de théologie que donne Adamas, et dans l'histoire d'Hylas. C'est aussi le dieu qui rend un oracle à Adamas :
Calidon affirme que Taramis punit en écrasant les têtes avec son foudre (II, 2, 68). Célidée lui répond qu'il doit donc craindre la vengance de ce dieu (II, 2, 90). Célidée se dit inspirée par Taramis quand elle décide de se mutiler (II, 11, 694 sic 696).
Adamas consulte Taramis avant de se rendre auprès de Céladon (II, 8, 494).
Adamas dit à Céladon que Taramis a doué les hommes de raison (II, 8, 499), et leur a donné tout ce qu'ils possèdent (II, 8, 503). C'est à ce Dieu que Céladon explique que l'amour l'obsède (II, 8, 501).
Florice menace Hylas du foudre de Taramis quand elle apprend qu'il est tombé amoureux d'une fille druide. La réplique d'Hylas dit sa mauvaise foi : tous les êtres humains appartiennent à Taramis (II, 12, 888 sic 890).

• Honoré d'Urfé peut avoir emprunté à La Boderie le thème du « dieu repurgeant » (Secret, pp. 698-699).
II
Tasse (Le) Torquato Tasso. Poète italien (1544-1595) auquel on doit, entre autres chefs-d'oeuvre, la Jérusalem délivrée.
Dans l'avis « Au lecteur » de La Sylvanire, d'Urfé dira son admiration pour ce poète qu'il cite dans ses Epistres morales (I, 15, p. 138) et dans LA Sylvanire (p. 8).
• Honoré d'Urfé cite des vers de la pastorale du Tasse, l'Aminte, dans L'Autheur à la Bergere Astrée.
• On trouve sur ce site un portrait du Tasse. (30 septembre 2010). Voir Galerie des portraits.
I
Tautatès Écrit « Thautates », « Theutates » et « Teutates ». Divinité celte qui, après l'édition anonyme de 1607, remplace Hymen (I, 6, 158 verso), Pan (I, 6, 179 verso) et Mercure (I, 10, 357 verso sic 347 verso).
• D'Urfé expliquera en 1610, dans la seconde partie de L'Astrée (livre 8), la théologie de son Forez. Le druide Adamas expose un système d'équivalences. « Apollon est le Belénus gaulois, le Dieu homme, le Fils. Mars est le Hésus gaulois, le Dieu fort, le Père. Jupiter est le Taramis gaulois, le Dieu 'répurgeant' (de repurger, nettoyer), le Saint-Esprit. Tautatès, le Dieu unique, porte donc trois surnoms » (Henein, p. 54).
I
Tautatès Mythologie. Écrit Theutates, Teutates, Thautates, Thautes, Tautate.

• Nommé cinquante-trois fois dans la deuxième partie, ce dieu gaulois est à la tête du quatuor divin : « Tautatès, Hesus, Taramis, Belenus » (II, 8, 492), car les trois autres divinités sont ses « surnoms » (II, 8, 512). Tautatès est le premier dieu gaulois nommé (II, 1, 35). « Tautatès, c'est-à-dire Dieu », déclare Adamas (II, 8, 516). Saint Augustin « n'adoroit qu'un seul Theutates », affirme même le druide (II, 11, 759 sic 761).

Tautatès est souvent nommé seul (II, 8, 495 par exemple). C'est lui qui contrôle le destin des hommes (II, 1, 44 ; II, 1, 45 ; II, 7, 463 ; II, 11, 686). Il leur envoie ce qu'ils désirent (II, 11, 674) ou ce qu'ils méritent (II, 11, 693 sic 695). C'est à lui que les druidesses se consacrent (II, 11, 697 sic 699 ; II, 11, 733 sic 735). C'est aussi lui qui protège les druides (II, 8, 514).

Tautatès est symbolisé par le chêne à trois branches (II, 5, 290) qui se trouve dans le bocage qui lui est consacré (II, 8, 516). Dans le temple de Montverdun, aucune porte ne lui est dédiée, mais c'est lui qui doit accepter les prières des suppliants (II, 8, 495).

Les attributions de Tautatès sont multiples, puisque
les Gaulois l'invoquent au début et à la fin de toutes leurs actions. Patron de l'éloquence, des arts et du commerce (II, 8, 511), il a pour homologue le dieu Mercure quand les usurpateurs forcent les druides à représenter leurs divinités avec les figures et les noms des dieux païens (II, 8, 514).

Pour décrire Tautatès à Céladon, Adamas propose une synthèse qui confond la religion gauloise avec le christianisme : Il y a « le Pere, le Dieu homme [qui] est le Fils, et l'Amour de tous les deux, et tous trois ne font qu'un Teutates, c'est à dire un Dieu, et c'est la mere de ce Dieu homme » que les Druides appellent la Vierge qui enfantera (II, 8, 517).

Thamire invoque Tautatès et les dieux gaulois, car il voudrait les apaiser par des sacrifices pour obtenir la guérison de Calidon (II, 1, 44).

Quatre hommes jurent par Tautatès : Calidon (II, 2, 80), Hylas (II, 6, 418), Céladon (II, 7, 482) et Adamas (II, 8, 520).

Silvandre nomme Tautatès pour expliquer que, malgré la distance qui sépare Dieu des hommes, Dieu demande qu'on l'aime (II, 9, 609).
II
Thétis Écrit Tetis. Mythologie. Il s'agit de Thétis, la mère d'Achille, la déesse aux pieds d'argent chez Homère (Iliade, chant 1). « Vous devez à Thétis vos pieds impérieux », écrit Guillaume Colletet dans un sonnet intitulé « Les Beautés empruntées ».
• Climanthe, le faux druide, compare le « pied petit et mignard » de Léonide à celui de « Tetis » (I, 5, 135 verso).
I
Tholose Écrit Tolose. Siège des Wisigoths.

Ætius conseille aux fils de Thierry de retourner à Toulouse. Il désire éloigner les Wisigoths des Champs Catalauniques (II, 12, 825 sic 827).
II
Thoulouse Ville où se tient Alaric, roi des Wisigoths (I, 2, 41 verso). I
Tibre Écrit Tybre. Fleuve d'Italie, qui va de la Toscane à Rome.
• Au service d'Amasis, dame du Forez, Cleomir est allé jusqu'au Tibre (I, 3, 63 recto).
I
Tibre Écrit aussi Tybre.

Ursace trouve Maxime qui s'enfuit au bord du Tibre (II, 12, 860 sic 862). Il l'attaque et déclare que toute l'eau du Tibre ne pourrait pas effacer l'offense faite à Eudoxe (II, 12, 860 sic 862).
II
Tirésias Mythologie. Ovide rapporte dans ses Métamorphoses les mésaventures de Tirésias (III, 317 sq.). Tirésias est d'abord un homme qui devient femme pour avoir séparé des serpents qui s'accouplaient. Sept ans après, il répète son geste et redevient homme. Il deviendra plus tard un devin aveugle.
• Filandre, habillé en femme pour l'amour de la Bergère Diane, rappelle à la jeune fille que Tirésias, « apres avoir esté fille, devint homme » (I, 6, 180 recto). C'est en réalité la première partie du mythe (homme qui devient femme) qui s'applique à lui.
I
Toscane Région d'Italie qui borde la chaîne des Appenins.

• Parce qu'il ne veut pas se tuer, Ursace quitte Rome et se dirige vers la Toscane pour arriver à l'Appennin et y mourir (II, 12, 866 sic 868).
II
Toussaint Du Bray Premier éditeur de L'Astrée, il reste jusqu'à la fin de sa vie le principal éditeur du roman. Grâce au livre remarquable que Roméo Arbour lui a consacré, on sait que le destin de Toussaint Du Bray est étroitement mêlé à l'histoire de la fiction narrative en général et de L'Astrée en particulier.
Né vers 1580 d'un « maître-fripier », il perd son père en 1583. Parce que ses deux tuteurs successifs sont des libraires, il pénètre dans le monde de l'édition. Il fait probablement son apprentissage ou son stage chez Antoine Du Breuil. Il devient en 1602 marchand-libraire rue Saint-Jacques, à Paris, et possède aussi une boutique au Palais. La gravure d'Abraham Bosse qui montre à quoi ressemblent ces librairies se trouve dans ce site (30 septembre 2010). Toussaint Du Bray se spécialise dans la publication de recueils de vers et de romans.
• C'est probablement à travers le cercle qui entoure Marguerite de Valois qu'Honoré d'Urfé a connu Toussaint (Arbour, p. 44) qui est aussi l'éditeur des vers de son ami, Jean de Lingendes.
• Le Privilège de l'édition anonyme de L'Astrée, en 1607, stipule : « Ledit Sieur Autheur a esleu, cedé et transporté, concede, et accorde que Toussaincts Du Bray marchand Libraire à Paris, Imprime ou face Imprimer, vende, distribue et joüisse dudit privilege ainsi qu'il a esté accordé entre eux és estudes des Notaires soubs-signez, le dix-huictiesme Aoust. 1607 ».
En 1617, quand le privilège de la première et de la deuxième partie expire, Toussaint Du Bray (associé à Olivier De Varennes) possède un privilège qui date de 1616 pour la troisième partie. Toussaint publie une nouvelle édition du Sireine d'Honoré d'Urfé puis enfin la troisième partie de L'Astrée. C'est encore Toussaint qui fait réimprimer les trois parties du roman en 1619. L'association du romancier et du libraire dure jusqu'en 1621. Après cette date, d'Urfé semble s'éloigner de Paris et de L'Astrée, éditions et rééditions de ses œuvres posent des problèmes, mais qui ne sont pas directement liés à Toussaint. Les mandataires du romancier s'adressent à François Pomeray, associé de Toussaint, et à Robert Fouet.
• Toussaint Du Bray, conclut Roméo Arbour, fut « un artisan du livre, à l'écart de toute protection publique ou privée, [...] le José Corti du XVIIe siècle » (p. 169).
Malgré trente années d’activité intense, à cause de multiples procès, Toussaint Du Bray laisse des dettes et une succession difficile quand il meurt, en février 1637. Jusqu'en 1774 pourtant, des descendants de Toussaint Du Bray seront libraires.
• Voici un des nombreux fleurons de Toussaint. Il figure en 1613 sur la couverture des Satyres de Mathurin Régnier qui se trouvait dans le site de la Librairie Rossignol en mars 2007.

fleuron

• On ignore combien reçut Honoré d'Urfé pour la première partie de L'Astrée en 1607. Sans doute moins qu'en 1614. Or à cette date, alors que les deux premières parties du roman connaissent un succès prodigieux, Toussaint Du Bray (par personne interposée) s'engage à « fournir audict d'Essay [« homme de chambre » de d'Urfé] la somme de mil livres et outre bailler ou delivrer audict sieur d'Urfé la quantité de LX volumes de la première, seconde et troisiesme partie de L'Astree » (Arbour, p. 49). Cette entente ne doit pas nous étonner. Henri-Jean Martin signale que « souvent les auteurs ou leurs héritiers se contentent de demander aux libraires un certain nombre d'exemplaires » (p. 424), ce nombre variant entre 14 et 100 jusqu'en 1645. Quant aux mille livres données à « l'homme de chambre » d'Honoré d'Urfé, elles représentent une somme importante puisque c'est exactement le même montant que Scarron recevra en 1651 de Toussaint Quinet pour son Roman comique (Martin, p. 429). Notons par ailleurs qu'en 1612, l'ensemble du marquisat de Valromey rapporte à Honoré d'Urfé tout au plus 2.500 livres par an (Reure, p. 175).
I
Trelin Il s'agit du pont de Trelins. Voir la carte dressée par Maxime Gaume (p. 191).

• Pont sur le Lignon que franchissent Léonide et Paris en se rendant dans les hameaux (II, 7, 471).
II
Turingiens Peuple germain résidant d'abord au delà de l'Elbe, et qui traverse le fleuve au Ve siècle.

• Ils sont obligés de combattre aux côtés d'Attila contre les Francs de Pharamond (II, 12, 803 sic 805).
II
Ulysse Mythologie. Héros de L'Odyssée d'Homère, Ulysse a connu tant d'aventures que ses tribulations deviennent une image de la vie humaine pour les moralistes. Les stoïciens l'admirent particulièrement. Dans ses Epistres, Honoré d'Urfé écrit qu'Ulysse « est figuré pour la puissance intellectuelle qui est en l'âme » (III, 5, p. 422).

• Dans la deuxième partie, Ulysse inspire à Hylas et Clorian la figure qu'ils peignent sur leurs armes. Clorian choisit Circé et Hylas une sirène (II, 4, 201 et II, 4, 203) ; les aventures qui suivent découlent du choix d'Hylas.

• La belle exposition que la BnF a consacrée à Ulysse se trouve dans ce site (30 septembre 2010).
II
Usson Écrit aussi Ussum. La Mure rappelle que l'on dit « Usson en Forez », pour distinguer cette ville de son homonyme, Usson en Auvergne (I, p. 129).
Marguerite de Valois résidait à Usson (Reure, p. 77-80). Honoré d'Urfé fréquentait sa cour. Il a dédié à la Princesse le troisième livre de ses Epistres morales. Pour lire cette dédicace, cliquez ici.
Un ancêtre du romancier, Pierre II d'Urfé, a été exilé après avoir libéré un ami enfermé à Usson (Bernard, p. 37, note 2).
• Les Wisigoths ont une garnison à Usson. Ils y enferment Clindor, l'ami qu'Alcippe va libérer (I, 2, 22 recto et 41 verso).
I
Vandales Écrit Vuandales. Peuples germaniques qui ont envahi la Gaule au début du Ve siècle.
• Avec les Huns, les Goths et les Francs, ils attaquaient les Romains, lorsque Ætius a reçu l'ordre de faire la paix avec les Bourguignons (I, 8, 226 recto).
I
Vandales Écrit Vvandales. Peuple d'origine scandinave.
Les Vandales s'établisent dans la Pannonie avec le consentement de Rome. Stilicon, un Romain d'origine Vandale, les engage à envahir les Gaules ; « ils pillèrent leurs voisins, sans se fixer nulle part » (JordanÈs, Ch. XXII). Procope explique ainsi l'installation des Vandales en Espagne : « Honorius consentit à leur établissement dans cette province, sous la condition qu’ils n’y feraient ni dégâts ni ravages » (livre III, 1).

Vandales et Alains s'emparent de l'Espagne (II, 11, 736 sic 738). Constance les attaque mais doit rentrer à Rome (II, 11, 744 sic 746). Les Vandales donnent leur nom à la Bétique (II, 11, 745 sic 747) et devienent très puissants sous Genséric (II, 11, 748 sic 750). Honorius envoie Ætius contre eux (II, 11, 749 sic 751) puis change d'avis. Les Wisigoths se battent contre les Vandales en Espagne (II, 11, 758 sic 760).
Boniface, gouverneur d'Afrique, appelle les Vandales pour l'aider à s'opposer à Rome (II, 11, 758 sic 760). Les Vandales chassent Boniface, s'entendent avec Rome, puis prennent Carthage (II, 11, 759 sic 761). Genséric a deux amis romains, Martian et Olimbre (II, 12, 863 sic 865). Le roi a vu voler l'Aigle sur la tête de Martian (II, 12, 802 sic 804). Genséric s'entend avec Attila (II, 12, 820 sic 822).
• Lorsque Valentinian est assassiné et que Maxime s'empare du pouvoir, Eudoxe, conseillée par Ursace, appelle Genséric (II, 12, 857 sic 859). Les Vandales pillent l'Italie (II, 10, 639 ; II, 12, 859 sic 861) pendant quinze jours (Gauthier, p. 235). Ils emmènent Eudoxe et ses filles en Afrique (II, 10, 639 ; II, 12, 862 sic 864). Ursace essaie en vain de les délivrer (II, 12, 863 sic 865). Olimbre servira d'intermédaire (II, 12, 865 sic 867).
II
Vandalousie Écrit Vandalosie. Au VIIIe siècle, les Arabes changeront le nom en Andalousie - il n'y a pas de son V dans l'alphabet arabe.

• Les Vandales donnent à la Bétique ce nom (II, 11, 745 sic 747) que la province garde après leur départ (II, 11, 759 sic 761).
II
Veau d'or Moïse détruit cette idole adorée par les Juifs (Exode, XXXII).
• Cette allusion exceptionnelle à la Bible se trouve dans un poème que Céladon compose quand il croit qu'Astrée lui préfère Corèbe, un Berger plus riche que lui (I, 4, 114 recto).
I
Venètes Écrit Vennetes. Fauchet explique : « Les Venetes d'Armorique (c'est Bretagne) pource qu'ils estoient gens de mer, se logerent en un quartier depuis appellé Venetie ; comme celuy duquel ils estoient partiz ; qui a donné le nom à Venise, grande et admirable ville : et l'un des plus beaux ornemens de la Chrestienté » (f° 14 verso).

• Des Gaulois partis d'Armorique avec Belovèse s'installent dans des Îles de la Mer Adriatique et fondent ainsi Venise (II, 12, 839 sic 841).

II
Venise Ville au nord-est de l'Italie, qui doit son nom aux Venètes, et son expansion aux réfugiés qu'elle a accueillis au Ve siècle. Au XVIe siècle, la république de Venise remporte des victoires militaires importantes (Voir Constantinople et Naupacte). Dans l'Inventaire de la demeure d'Honoré d'Urfé à Virieu, on consate la présence du « second thome in-folio des Antiquictés de la cité de Venise et autres villes d'Italie » (Reure, p. 183).

• D'Urfé rapporte la fondation de la ville au moment de l'invasion d'Attila (II, 12, 839 sic 841), son système politique et l'avenir que lui prédisent des astrologues (II, 12, 840 sic 842).
II
Venitiens • Les Venètes deviennent les Vénitiens (II, 12, 839 sic 841). II
Vénus Mythologie. L'Aphrodite grecque. Les mythographes donnent à Vénus de multiples caractéristiques. Fille de l'écume, déesse de l'amour et de la beauté, elle est la mère de Cupidon. Elle sort victorieuse du Jugement de Pâris. Elle protège Énée et ses descendants. Peut-être parce qu'Ovide a raconté que Vénus s'est transformée en Diane pour séduire Adonis (X, 352 sq.), les néo-platoniciens (Apulée et Ficin par exemple) lui font jouer un rôle primordial dans leurs récits allégoriques.
• Dans ses Epistres morales, d'Urfé écrit que chacun dresse un « autel particulier » à son propre « appétit sensuel ». « Qui a aymé les voluptez, a choisi Vénus » (III, 3, p. 379). Le moraliste semble adapter une réflexion de Platon dans le Phèdre : « Les suivants d'Apollon et de chacun des autres dieux, se réglant [...] sur leur dieu, cherchent dans leur jeune ami un caractère conforme à leur modèle » (252-e).
• La déesse figure à côté de son fils, Cupidon, sur les deux séries de tableaux à Isoure. Dans les « peintures esclatantes », elle sort de sa coquille et regarde la cicatrice qu'elle porte à la main pour avoir tenté de protéger Énée (I, 2, 27 verso). Elle rit près de la fontaine de la Vérité d'amour (I, 11, 373 recto).
• Les tourterelles sont consacrées à Vénus (I, 2, 35 verso). Ce renseignement ne figurait pas dans l'édition anonyme de 1607.
• La fête de Vénus est chômée dans le pays des Bergers (I, 2, 28 recto) et célébrée à Lyon (I, 8, 259 verso).
• Une statue de Vénus se trouve dans le temple d'Hymen, en Neustrie (I, 11, 372 recto sic 362 recto).
• Il y a deux temples de Vénus dans la première partie de L'Astrée - et d'Urfé ne juge pas nécessaire de substituer des divinités celtes à cette divinité païenne.
• Le premier, près des hameaux des Bergers (I, 4, 89 recto et I, 5, 145 verso), abrite la représentation du Jugement de Pâris à laquelle participe Céladon travesti.
• Le second est à Lyon (I, 8, 252 recto) ; Hylas ose y entrer en espérant se faire passer pour femme (I, 8, 259 verso).
• La représentation du Jugement de Pâris joue un rôle décisif dans le roman à plusieurs niveaux (Henein, p. 49-59),
• On trouvera des centaines de représentations du Jugement de Pâris sur la toile. Un tableau de Cranach (1472-1553) se trouve dans ce site (30 septembre 2010). Un tableau de Rubens (1577-1640) se trouve dans ce site (30 septembre 2010).
I
Vénus • La deuxième partie rappelle les deux temples de Vénus de la première partie.
Florice raconte qu'Hylas a aperçu Circène (II, 3, 178) la veille de la fête de Vénus (II, 3, 174) dans le temple de Lyon (II, 3, 171).
Le temple de Vénus forézien surgit dans un souvenir de Céladon (II, 10, 618).

• La déesse est évoquée par Silvandre en tant que mère d'Éros et Antéros (II, 3, 155). Ce mythe éclaire la représentation des amours dans le tableau de la Réciproque amitié (II, 5, 280 sq.).

Vénus figure dans le panthéon gaulois. Il faut considérer cette divinité romaine comme la beauté de Dieu, explique Adamas (II, 8, 516).
Dans les Commentaires de Jules CÉsar pourtant, les Gaulois connaissaient une seule divinité féminine, Minerve (VI, 17). Voir Pallas.
II
Verceil Ville du Piémont.

• À la demande de Placidie, Artabure se bat contre Ætius à Verceil et l'emprisonne à Ravenne (II, 11, 755 sic 757).
II
Vérone Écrit Veronne. Ce nom se trouve dans l'édition de 1610. Il est remplacé par Vincence, dans l'édition de 1621. Attila prend Vérone, au nord-est de l'Italie (Bouvier-Ajam, p. 365).

• Les habitants de Vérone fuient Attila en se réfugiant à Venise (II, 12, 839 sic 841).
II
Vienne Ville sur le Rhône où s'arrête le bateau où se trouve Hylas (I, 8, 255 verso).
• La Bergère Cloris vit à Vienne avec son mari, Rosidor (I, 8, 257 recto).
I
Viennois Habitants de Vienne. I
Ville de Plancus Voir Lyon. I
Vincence Il pourrait s'agir de Vicence, mais l'édition de 1610 donne ici Veronne.

• L'une des villes du nord de l'Italie qu'Attila attaque (II, 12, 839 sic 841).
II
Vorcelly Il s'agit probablement de Verceil (Vercelli en italien), dans le Piémont (Bouvier-Ajam, p. 365).

• L'une des villes du nord de l'Italie qu'Attila attaque (II, 12, 839 sic 841).

II
Voye de laict Constellation. « En Astronomie on appelle la Voye lactée, une blancheur qui paroist la nuit au ciel en forme d'un chemin. [ ... ] Le peuple l'appelle le chemin de St. Jacques. Les Payens l'appelloient le chemin des Dieux » (FuretiÈre).
• Ces groupes d'étoiles sont représentés dans les tableaux qui constituent l'Histoire de Damon et de Fortune, racontée par Adamas (I, 11, 373 verso).
• Dans l'édition anonyme de 1607, le druide dit : « Nous tenons que les Dieux descendent en terre » sur la voie lactée, en 1621, ce sont « les Romains [ qui ] tiennent » cela (I, 11, 373 verso).
I
Wisigoths Écrit aussi Visigoth, Visigots, Visigostz et Visigotz. Goths occidentaux qui, avec l'accord de Rome, ont fondé un royaume en Espagne et en Aquitaine au Ve siècle.
• Ils ont envahi le Forez, mais lui ont laissé ses privilèges (I, 2, 31 recto).
• Les Wisigoths d'EspagnePampelune) pensent imiter les Chevaliers de la table ronde quand l'un d'entre eux vient défier les Foréziens (I, 2, 43 verso et 44 recto).
• Les Wisigoths d'AquitaineToulouse) sont gouvernés par Alaric qui soutient Amasis. À la demande de la Dame du Forez, ils emprisonnent Clindor à Usson (I, 2, 22 recto).
I
Wisigoths Écrit aussi Visigots, Vissigots. Peuple d'origine germanique. « C'est le royaume germanique en Gaule dont les origines sont les plus anciennes : le traité établissant officiellement les Wisigoths en Aquitaine remonte à 418 » (FerdiÈre, p. 338). JordanÈs, principal historien des Goths, et Goth lui-même, explique : « Après que Théodose, qui aimait la paix et la nation des Goths, fut mort, ses enfants se mirent à ruiner l'un et l'autre empire par leur vie fastueuse, et cessèrent de payer à leurs auxiliaires, c'est-à-dire aux Goths, les subsides accoutumés. Ceux-ci éprouvèrent bientôt pour ces princes un dégoût qui ne fit que s'accroître ; et, dans la crainte que leur courage ne se perdît dans une trop longue paix, ils élurent pour roi Alaric » (Ch. XXIX).

• Nommés douze fois dans la deuxième partie de L'Astrée, les Wisigoths sont souvent appelés Goths.
Les Wisigoths emportent une gourde de vin quand ils se déplacent (II, 10, 644).
• Le règne des Wisigoths en Espagne commence (II, 11, 759 sic 761). Valentinian leur a accordé le territoire qu'ils occupent en Gaule (II, 12, 822 sic 824). Ils font partie de la confédération des Champs Catalauniques (II, 12, 822 sic 824). Thierry, leur roi, est tué (II, 12, 825 sic 827). Le père de Madonthe, qui sert Thierry (II, 6, 338), meurt à ses côtés. Il sera enterré dans le même tombeau (II, 6, 328).
• Des Wisigoths servent dans l'armée d'Ætius comme dans celle d'Attila (II, 12, 823 sic 825).
Ætius craint une coalition des Francs et des Bourguignons avec les Wisigoths (II, 12, 825 sic 827). Il ne se retire pas auprès des Wisigoths pour ne pas être accusé de collusion avec l'ennemi (II, 11, 750 sic 752). Héracle accuse Ætius de pactiser avec les Wisigoths, les Bourguignons, les Francs et les Vandales (II, 12, 837 sic 839).

• Voir la Carte des invasions.
II
Zéphyr Mythologie. Écrit Zéphir. Ce dieu du vent est devenu un nom commun pour signifier un vent agréable.
• Dans les tableaux qui décorent la fontaine de la Vérité d'amour, Zéphyr joue dans les cheveux de la Bergère Fortune (I, 11, 371 recto).
I
Zéphyr Écrit Zéphir.
« ZEPHIR, se dit poëtiquement des vents doux & agreables, & de ceux qui viennent au printemps. [...] ZEPHIR, se personnifie quelquefois ; & alors on dit zephire. Les Poëtes disent que Mercure est descendu en terre sur le dos des Zephires. Les amants envoyent leurs soûpirs à leurs maistresses sur l'aile des Zephires » (FuretiÈre).

• Dans un sonnet, Clorian demande au zéphyr de porter ses « amoureuses plaintes » vers Circène (II, 3, 173).
II