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Les Astrées

L'Astrée de 1621
L'Astrée de 1607
Astrée achronique

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L'Auteur du site
Correspondance

RÉPERTOIRE

Les 203 noms propres réunis ici figurent tous dans l'Astrée de 1607 ou de 1621. Ils appartiennent à l'un de ces quatre domaines :

Actualité
Géographie
Littérature
Mythologie

 

Achéron Mythologie. Sur ce fleuve qui sépare le monde des vivants de celui des morts circule la barque de Charon, le passeur des morts.
• La Bergère Phillis explique, en parlant de la mort de Cléon, que certains ont réussi à repasser ce fleuve (7, 217 verso). Elle pense à Hercule, à Orphée, ou à Alceste. Le nom du fleuve se trouve dans l'édition de 1607, celui du passeur prend sa place dans celle de 1621. (Voir Variantes textuelles).
Adriane Constellation. « Adriane » est Ariane, la sœur de Phèdre. Abandonnée sur une île, Ariane est consolée par Bacchus. La superbe couronne que ce dieu lui offre devient une constellation de sept étoiles (Ovide, VIII, 159-188), Corona Borealis.
• La Couronne boréale est représentée dans les tableaux qui décorent la fontaine de la Vérité d'amour (11, 373 verso), mais avec huit étoiles.
Agaune Ville du canton de Vaud sur la rive gauche du Rhône. Saint-Maurice d'Agaune aujourd'hui (Maxime Gaume, p. 220, note 223).
• Pour aller du Lac de Genève à Évian, Silvandre passe par cette ville (8, 231 recto),
Âge d'or Mythologie. Dans ses Métamorphoses, Ovide décrit les quatre âges du monde. « L'âge d'or fut le premier âge de la création. En l'absence de tout justicier, spontanément, sans loi, la bonne foi et l'honnêteté y étaient pratiquées » (I, 90 sq.). Cet âge se termine lorsque Jupiter prend la place de son père, Saturne.
• C'est le « contentement du premier siecle » dans l'Astrée (1, 1 verso). D'Urfé précise que ses héros, soumis à l'amour, peuvent seulement « envier le contentement du premier siècle ». Le Saturne astréen par ailleurs n'a rien du paisible roi de l'Âge d'or.
Airieu Écriy aussi Ayrieu. Au sud de Lyon, forêt de Mars ou d'Heyrieux selon Maxime Gaume (p. 216), où les druides trouvent le gui sacré.
• Les « débauchés » qui attaquent Rosidor et Cloris en viennent (8, 257 recto).
Allier Rivière du Massif Central.
Artémis, sœur d'Alcé et mère de Phillis, habite sur les rives de ce cours d'eau (2, 36 recto).
Allobroges Écrit aussi Alobroges. Peuple celte de la région qui est devenue la Savoie et qui a appartenu à la Bourgogne.
•  Ils ont donné leur nom aux montagnes évoquées dans l'Histoire d'Alcippe (2, 42 verso) et dans l'Histoire de Silvandre (8, 226 verso et 229 verso).
Alpes Chaîne de montagnes.
Céladon traverse deux fois les Alpes (4, 94 verso), et Hylas les nomme (8, 243 recto).
Galathée compare un cœur indifférent à la froideur des Alpes (11, 373 verso).
Aminte Pastorale dramatique du Tasse, publiée en 1573 et traduite plusieurs fois en français au XVIe siècle.
• Honoré d'Urfé cite cette œuvre en italien dans la préface du roman, dans ses Epistres morales (I, 15, p. 137-138), et dans la préface de la Sylvanire (p. 8).
Amour Mythologie. Amour est la divinité la plus souvent nommée dans le roman. Évidemment, il n'est pas toujours possible de distinguer les effets du sentiment des actions de la divinité.

• Appelé Cupidon et d'une grande jeunesse, Amour apparaît dans les deux séries de tableaux qui se trouvent chez Galathée à Isoure, dans une salle et dans un parc (2, 27 verso ; 11, 369 verso, 371 verso).

• Amour peut avoir des yeux de lynx (6, 171 recto), il peut aussi fermer les yeux des amants (7, 205 recto) ou les changer (12, 401 verso). D'Urfé supprime après 1607 une référence aux yeux bandés de l'Amour (9, 296 verso) (Voir Variantes textuelles).

• Le druide Adamas en parle ainsi : « Ce petit Dieu, d'autant qu'il commande à toute chose, se mocque aussi de toute chose, si bien que quand il y a moins d'apparence qu'il doive faire un effect, c'est lors qu'il se plaist de faire connoistre sa puissance » (10, 314 recto).
• Aimer est inévitable, car « toute personne est sujette à une certaine force, dont elle ne peut esviter l'attrait » (3, 62 recto). Par ailleurs, « l'Amour qui n'aist de l'Amour est tousjours plus grande que celle dont elle procede » (11, 371 verso).

• Le druide affirme aussi que « tout Amour est pour le desir de chose qui deffaut, le desir estant assouvy, n'est plus desir, n'y ayant plus de desir, il n'y a plus d'Amour » (9, 273 verso). Filandre travesti dit la même chose à Diane, mais pour prôner l'amour entre femmes : « Puis qu'il n'y a rien qui diminuë tant l'ardeur du desir, que la jouissance de ce qu'on desire, et cela ne pouvant estre entre nous, vous serez jusques à mon cercueil tousjours aymée, et moy tousjours Amante » (6, 180 recto). Céladon adapte cette réflexion en parlant à Tircis, pour redéfinir l'amour qu'on peut éprouver pour une morte : « L'Amour n'est autre chose que desir, la mort [ ... ] vous doit par consequent oster tout le desir, et le desir mourant, il traisne l'Amour dans un même cercueil » (12, 402 verso).

• La mort ne tue pas Amour, mais après la mort de l'aimé(e), « Amour pleure vaincu » (1, 14 recto).

• Les pouvoirs et les effets d'Amour sont étendus : Amour, ce « flatteur » (1, 1 verso), « rajeunit les vieux, et envieillit les jeunes », dit Adamas (11, 369 recto). Il rend curieux, note Diane (6, 164 recto).

• « Ce qui rend aimable est cela mesme qui rend honneste homme », affirme Silvie (3, 49 recto). Dans ses Epistres, d'Urfé écrit : « Pour estre aymé, le vray amant se rendra vertueux », puis souligne « Pour estre honneste homme il faut estre amoureux ». (II, 3, p. 236).
• Le corollaire illustre aussi l'optimisme idéaliste qui caractérise non seulement l'Astrée mais encore le romanesque au début du siècle : « Il est impossible d'aimer ce que l'on n'estime pas », déclare Diane (6, 158 recto).

• Les difficultés renforcent Amour : il est « du naturel de la poudre, qui fait plus d'effort lors qu'elle est la plus serrée », note Céladon (10, 329 recto).  

• Amour, « le fondement de toutes nos affections, s'il n'est ferme et constant, c'est plustost une haine qu'une amour » (1, 16 verso), écrit d'Urfé dans l'édition de 1607. La remarque est supprimée ensuite.

• Les personnages raisonnent sur l'amour en se demandant qui sait aimer (4, 108 verso à 109 verso ; 5, 142 verso ; 6, 176 verso ; 8, 238 verso, 246 verso ; 10, 314 recto ; 12, 383 verso ; 12, 392 recto).

• Aimer est une science à acquérir. « Amour, en quelle escole ou de quel maistre s'apprend la longue et douteuse science d'aimer ? » demande un choeur de Bergers dans l'Aminte du Tasse (acte II, p. 55). Chez Montemayor, c'était « une science à laquelle ne sert ni l'étude ni l'expérience » (La Diane, livre 1, p. 39). Plus optimiste, Honoré d'Urfé considère l'art d'aimer comme une école dans l'Astrée (6, 177 recto ; 8, 238 recto), et dans la Sylvanire (p. 22).
• Certains personnages sont novices (7, 216 verso ; 8, 236 verso) ou ignorants (8, 236 verso sic 239 verso), d'autres écoliers (3, 51 verso ; 4, 101 verso) ou apprentis (2, 40 recto ; 8, 251 verso). Hylas se prétend « maistre passé » (8, 237 recto), Silvandre aussi (8, 236 verso sic 239 verso).

• Les personnages comparent le dieu Amour à un « général d'armée » (10, 310 verso) qui se paît de douleur (1607 seulement, 2, 36 recto) et se fait payer par des pleurs (12, 386 verso), qui punit et qui se venge. Il blesse (8, 244 verso). Avec de petites armes, il fait de grandes blessures (3, 69 recto).

• Il peut être « meilleur medecin qu'Esculape » (12, 385 verso).

• L'analyse la plus originale de l'amour est celle que propose Daphnis, les « secrets de l'escolle » : il faut habituer les femmes au langage de l'amour (6, 176 recto et verso). Les conseils de la Daphné de l'Aminte (Le Tasse, I, 1 et II, 2) ont pu servir de modèle à d'Urfé, mais ils accordent moins d'importance au langage de l'amour.

• L'analyse la plus savante est celle de Silvandre, c'est le mythe des aimants que Céladon explique à Silvie (10, 321 verso et 322 recto) : Dieu distribue des aimants différents aux âmes des hommes et des femmes. Une fois sur terre, l'âme trouve (ou ne trouve pas) l'aimant qui doit l'attirer. M. Gaume montre ce que ce mythe doit à l'androgyne de Platon (p. 470-472). La fragilité de certains aimants cassables et l'inclusion d'âmes « larronnesses » ne peuvent pas ne pas faire sourire. D'Urfé parle beaucoup plus sérieusement des aimants dans ses Epistres morales (II, 4, p. 241).

• Amour « blesse aussi bien dans les cours que dans nos bois » (7, 212 verso). Dans les cœurs des Bergers, Amour suscite les « quatre pestes » qu'il éveille à la cour, l'envie, l'artifice, la médisance et l'ambition (10, 321 recto), car le désir d'être aimé devient lui-même une ambition motrice.

• Amour a « vestu des hommes en femmes » (12, 384 recto) et il a appris aux hommes à filer (9, 300 verso), c'est-à-dire à se conduire comme des femmes, parce que Hercule, à la demande d'Omphale, s'est habillé en femme et s'est mis à filer.

• Amour punit les jaloux et les indifférents (11, 375 verso sic 365 verso), mais il ne s'entend pas toujours avec la Justice (7, 218 verso ; 9, 283 recto).

• En revanche, Amour est lié à l'Espérance, sa mère, sa sœur (3, 72 verso), et même sa nourrice (10, 327 verso) : « De tous les maux d'Amour il n'en y a point de tel que celuy qui nie l'esperance » (12, 402 recto). Amour « flatte tousjours ses malades d'esperance » (9, 270 recto). Un poème de Ligdamon développe les relations de l'amour et de l'espérance (3, 72 verso).

• Cependant, « Amour [ ... ] croit facilement ce qu'il craint » (11, 375 verso), et il « despoüille
incontinent de toute deffiance envers la personne aymée » (7, 206 recto).

• La principale compagne d'Amour reste la déesse Fortune. Amour et Fortune, « quand ils commencent à descendre, tombent tout à fait » (10, 312 recto). Tous deux « se mocquent de la prudence » (2, 22 verso). « Fortune a plusieurs rouës pour hausser et baisser, pour tourner et changer les choses humaines, la roüe d'Amour est celle dont elle se sert le plus souvent » (12, 382 recto). On trouve dans ce site une illustration du XVe siècle représentant Dame Fortune tournant la roue d'Amour, « On remedies for either kind of fortune, Petrarch. French translation from Paris, c. 1470,
illuminated by Fransiscus » (Mai 2007).

• Quand Amour s'oppose à l'honneur, il l'emporte (3, 52 verso).

• Amour « veut toujours triompher de l'amitié » (5, 149 recto).

• D'Urfé supprime une périphrase péjorative : Amour est « enfant de l'oysiveté » (1607 seulement, 1, 1 verso). Quand l'image revient (3, 65 verso), elle indique l'ignorance de Guyemant, chevalier qui ne connaît pas encore l'amour.

• D'Urfé supprime aussi une réflexion de la préface : « Amour qui est, comme dit Platon, un ravissement qui esleve les esprits abaissez, et éveille les endormis ». (Voir Variantes textuelles).
Anteros Mythologie. Fils de Vénus et de Mars, demi-frère d'Eros (fils de Vénus et de Mercure), il est l'Amour Réciproque.
• Parce qu'il est représenté dans les tableaux qui racontent l'Histoire de Damon et de Fortune, le druide Adamas le décrit et le nomme deux fois : Anteros est plus grand que Cupidon parce que « l'Amour qui n'aist de l'Amour est tousjours plus grande que celle dont elle procede » (11, 371 verso).
• On trouve sur ce site un vase grec représentant une femme qui pèse Eros et Anteros. « Red-figure kalyx krater. This Attic crater bears the representation of the so-called "Erotostasia", with a young woman weighing Eros and Anteros. It is the work of the "Erotostasia painter". Dated to ca. 330 B.C. Inv. no. 12544 ». (Mai 2007).
Apollon Mythologie. Ce fils de Jupiter et de Léto est le frère jumeau de Diane.
• Dans le hameau de la Bergère Diane, on célèbre le même jour Apollon et sa sœur (6, 160 verso). C'est alors que surviennent Filandre et sa sœur jumelle.
• Apollon se cache derrière les périphrases d'un poème de Filandre en tant que vainqueur de monstre (le dieu a tué Python, un énorme serpent, Ovide, I, 438-451) et en tant qu'amant malheureux (Daphné, pour s'éloigner de lui, s'est métamorphosée en laurier, Ovide, I, 452-567).
• Dans la version de 1607 seulement, Apollon est aussi le maître de l'oracle qu'entendent Tircis et Laonice (7, 213 verso).
Aquitaine Ce « pays des eaux » est l'une des quatre provinces de la Gaule Romaine. Les Wisigoths s'en emparent au Ve siècle et Alaric y règne.
• Galathée rappelle ces événements en racontant l'histoire du Forez (2, 31 recto).
• Une carte particulièrement claire de la Gaule se trouve dans ce site (avril 2008).
Arar Rivière qui descend des Alpes et se jette dans le Rhône.
• Elle est nommée dans l'Histoire d'Alcippe (2, 42 verso) et dans celle d'Hylas (8, 243 recto).
Arcadie Région montagneuse au Nord de la Grèce. Au livre 8 de la Description de la Grèce, Pausanias décrit l’Arcadie comme une plaine entourée de montagnes, et située loin de la mer. La région est assez difficile d’accès pour servir de refuge contre les envahisseurs. Elle a connu tant de guerres que ses habitants sont considérés comme d’excellents mercenaires.
• « Le paisible habit de Bergers » (2, 32 verso) qui caractérise les héros de l’Astrée ne serait pas de mise dans cette Arcadie, mais plutôt dans l’Arcadie poétique de Sannazar - quoi qu'en dise Honoré d'Urfé. Le romancier mentionne l'Arcadie uniquement dans sa préface, et dans une phrase négative. Tout en préférant un Forez réel à une Arcadie mythique, d'Urfé conserve au pays de l'Astrée l'une des principales composantes de l'Arcadie littéraire, c'est « le lieu d'une purification » (Françoise Lavocat, p. 310).
• Comme l'écrit Emmanuel Bury, à cause de la « plasticité du mythe », l'Arcadie « est grosse de tous les tons de la littérature » (p. 222).
• L'article Arcadie de l'EncyclopÉdie distingue clairement deux types d'Arcadiens et surtout souligne ce que la France du XVIIIe siècle a retenu de ce pays mythique : « Vallon d'Arcadie appellé Bathos. Suppl. I. 827. b. Deux peuples d'Arcadie de moeurs totalement différentes, parce que l'un cultivoit la musique, & que l'autre la négligeoit. X. 905. Suppl. III. 256. a. L'Arcadie, paysage du Poussin. V. 319. b. XII. 212. b. Roman du même nom, de Philippe Sidney. Ibid. 311. a ».
• On trouve dans ce site le tableau de Poussin intitulé Et in Arcadia Ego. « Nicolas Poussin, Les Bergers d'Arcadie (1638) ©[louvre.edu]1999 - photo Erich Lessing ». (Mai 2007).
Argent Petite rivière qui se jette dans le Lignon et qui doit son nom à son lit calcaire.
Galathée la nomme en rapportant l'histoire du Forez (2, 32 verso).
Argental Hameau forézien.
• Squilindre, le Berger capable de copier l'écriture d'Astrée (4, 112 verso), en vient. Le nom même du hameau suggère que le personnage est vénal.
Argus Mythologie. Doué de cent yeux, ne dormant donc jamais tout à fait, Argus est un gardien vigilant. FuretiÈre écrit dans son Dictionnaire que le nom d'Argus est entré dans la langue « pour signifier un homme prudent et clairvoyant » (Article Argus).
• Dans un poème sur le tombeau d'un mari jaloux (11, 375 verso sic 365 verso), Céladon nomme Argus.
• Rien ne justifie l'insertion de ce poème ou l'évocation de la jalousie conjugale : les personnages parlent alors de la douleur de Silvie après le décès de Ligdamon.
Arles Ville sur le Rhône.
• Hylas la décrit avec admiration (8, 243 recto). Une jeune fille qu'il rencontre sur le bateau, Floriante, y a séjourné (8, 255 recto).
Astrée Mythologie. Ovide raconte dans ses Métamorphoses (I, 150) que la déesse Astrée a quitté la terre pendant l'Âge de fer.
• La déesse apparaît à travers une catachrèse de la Dédicace : « Astrée » est alors à la fois le roman, son héroïne et la divinité que la paix ramène sur terre.
• Ce mythe joue un rôle essentiel dans l'Astrée (Henein, p. 56-59), mais pas dans la première partie.
Authunois Les Autunois sont un des peuples celtes qui habitaient la Bourgogne.
• Silvandre les nomme (8, 226 recto).
Auvergne Région du Massif central voisine du Forez qui appartient aux Wisigoths depuis le IVe siècle.
Galathée précise que des montagnes séparent le Forez de l'Auvergne (2, 30 verso).
• Clindor, l'ami d'Alcippe, fuit Marcilly en se sauvant en Auvergne (2, 41 verso).
Avignon Ville de la Province viennoise.
• Hylas remonte le Rhône dans un bateau qui accoste le long d'une île près d'Avignon (8, 253 recto).
Bacchanales Mythologie. Écrit aussi Baccanales. Ce sont les fêtes de Bacchus, le dieu du vin. Elles autorisent de grandes libertés. Dans l'Astrée, il s'agit sans doute des fêtes du Carnaval qui vont de l'Épiphanie au mercredi des Cendres. FuretiÈre précise que « c'est une rejouïssance ou mascarade qu'on fait au Carnaval, où on se couronne de lierre, et où on imite ces anciennes Festes » (Article Bacchanales).
• C'est à Marcilly que les gens du château célèbrent des Bacchanales rappelées deux fois.
- Le dernier jour des Bacchanales, les chevaliers foréziens partent rejoindre Clidaman près de Mérovée (5, 134 recto, 135 recto).
- Deux ou trois ans avant, c'était aussi le dernier jour des Bacchanales que Clidaman avait organisé un tournoi pour soutenir la beauté de Silvie (9, 269 recto).
Bacchus Mythologie. Fils de Jupiter et de Sémélé.
• Sa naissance merveilleuse est rappelée dans les « peintures esclatantes » (2, 27 recto). Voir Sémélé.
• Son pouvoir est suggéré dans la description des Bacchanales, bien qu'il ne soit pas nommé (5, 134 recto).
Belenus L'une des divinités gauloises qui n'apparaissent pas dans l'édition anonyme de 1607.
• Dans les éditions ultérieures, Belenus figure, associé à Tautates, dans l'Histoire de Diane, où il prend la place du dieu Hymen (6, 158 verso).
• C'est dans la deuxième partie de l'Astrée (livre 8), en 1610 donc, que d'Urfé fait expliquer par le druide Adamas le système d'équivalences sur lequel repose la théologie astréenne. « Apollon est le Bellénus gaulois, le Dieu homme, le Fils. Mars est le Hésus gaulois, le Dieu fort, le Père. Jupiter est le Taramis gaulois, le Dieu 'répurgeant' (de repurger, nettoyer), le Saint-Esprit. Tautatès, le Dieu unique, porte donc trois surnoms » (Henein, p. 54).
Bellone Mythologie. Écrit aussi Bellonne. Bellum signifie guerre en latin, d'où l'adjectif « belliqueux » et le nom de Bellone. Cette divinité romaine de la guerre est l'épouse ou la sœur du dieu Mars.
• D'Urfé associe Bellone avec la Gorgone aux traits effrayants (11, 366 recto sic 356 recto). Dans l'édition de 1607 seulement, « les horreurs de la guerre » sont dites « les horreurs de Bellonne » (11, 362 verso sic 352 verso). Bellone reste « l'effroyable » dans les éditions suivantes (11, 366 recto sic 356 recto). (Voir Variantes textuelles).
Bizance Écrit Bisance. La capitale de l'Empire d'Orient après le partage de l'Empire romain porte le nom de Constantinople au IVe siècle et d'Istanboul au XVe siècle.
• C'est à « Bizance » qu'Alcippe entre au service de l'Empereur (2, 43 recto). D'Urfé choisit le nom antique.
Bobrun Ludovic[us] Bobrun (Louis Beaubrun), mort en 1627, appartient à une famille de peintres valets de chambre du Roi. Son père et ses deux frères ont servi Henri IV. Lui-même a peint Anne d’Autriche et Louis XIII. Il a formé ses deux neveux, peintres de Louis XIV enfant. (D. BrÊme, « Les Beaubrun », avril 2006). Je remercie Jean-Marc Chatelain qui m'a appris que Beaubrun était Forézien : « D'après la notice de l'Allgemeine Künstler-Lexikon, t. 8 (Munich et Leipzig, 1994), p. 57, d'où je tire les renseignements que je vous communique ici, la famille de Beaubrun était liée à celle d'Urfé ».
• Le portrait d'Honoré d'Urfé dessiné par Louis Beaubrun, d'une grande originalité, figure, à partir de 1619, en face de celui d'une dame qui pourrait être Diane de Châteaumorand. Les gravures sont encore reproduites, après la mort du couple, dans la Sylvanire (1627). Les deux portraits ne sont pas toujours face à face (Voir Illustrations).
Boing Boën-sur-Lignon, ville où se rejoignent les deux rivières qui forment le Lignon. Maxime Gaume a dessiné une excellente carte de la région (p. 191). Voir aussi la carte de Christophe Mathevot de « la Diana » (Les Gravures de l'Astrée, publiées par la CommunautÉ de Communes du Pays d'Astrée, p. 131) reproduite dans ce site.
• Adamas nomme cette ville en décrivant les tableaux qui constituent l'Histoire de Damon et de Fortune (11, 372 recto).
Bonlieu Écrit aussi Bon-lieu. Maxime Gaume explique les liens de la famille d'Urfé avec les deux abbayes qui se trouvaient dans cette localité au XVIe siècle (p. 195 et p. 197).
• Le « séjour de druides et de vestales » (4, 84 recto) est aussi l'endroit où se croisent des Nymphes et des Bergères (4, 84 recto), l'endroit où Olimpe déclare ses sentiments à Lycidas (4, 106 verso), et l'endroit où Céladon note qu'il se rapproche trop du hameau et d'Astrée (12, 403 recto).
• Au XVIIe siècle, un traducteur allemand est tellement sensible à l'heureuse signification de ce nom qu'il le traduit par « Gutsort » (JÜrgensen, p. 318). Mont-d'or subit le même sort, alors que les autres noms de lieu gardent la graphie française.
Bonser Jean Bonser. D'après l'Inventaire des graveurs du XVIIe siècle (I, p. 470), cet artiste, originaire de Hollande, aurait séjourné à Aix-en-Provence et à Lyon, en 1626 et en 1642.
• C'est probablement à ce moment qu'il a reproduit le frontispice de l'Astrée et modifié son cadre. (Voir Illustrations).
Bourgogne Écrit Bourgongne. Cette région fait partie de la Gaule lyonnaise. Les rois bourguignons lui donnent son nom au Ve siècle. Elle s'étend alors considérablement et finira par inclure le Forez qui deviendra l'apanage de Clotilde, nièce de Gondebaut et épouse de Clovis.
• La Bourgogne est nommée dans les biographies d'Alcippe (2, 42 verso) et de Silvandre (8, 226 recto),
Bourguignons Peuple d'origine germanique qui figure dans la légende des Nibelungen.
• Honoré d'Urfé nomme les Bourguignons dans des récits de guerre. Ils attaquent les Romains et leurs alliés (2, 42 verso ; 8, 226 recto). Leurs actions affectent le destin d'un chevalier, Guyemant (3, 64 recto), celui de Bergers parisiens, Tircis et Laonice (7, 207 recto), et celui de Silvandre (8, 226 verso). Alcippe cependant entre au service de leur roi (2, 42 verso).
Bouteresse Écrit aussi Boteresse. Pont sur le Lignon reconstruit en pierre au XIVe siècle (Maxime Gaume, p. 189).
• Les personnages franchissent fréquemment ce pont (4, 84 recto ; 8, 224 recto et 232 recto ; 12, 403 recto).
Briot Isaac Briot (1585-1670) est un artisan protestant originaire de Damblain, en Lorraine. Graveur en taille-douce, il travaille à Paris. Il collabore avec Abraham Bosse, et avec Jean Warin pour la frappe des nouvelles monnaies commandées par Louis XIII (les louis). Briot a gravé les portraits de Marie de Médicis et de Richelieu (Roméo Arbour, p. 121-122). En 1630, Du Bray et ses associés lui paient près de 2.000 livres pour les cent vingt gravures des Fables d'Esope traduites par Jean Baudoin, soit un peu plus de onze livres par planche (Martin, p. 384). Baudoin, lui, reçoit « trois livres et quatre sols pour chaque feuille de gros romain » (Martin, p. 428).
• Briot a probablement gravé le portrait d'Honoré d'Urfé dessiné par Louis Beaubrun. Ce portrait, d'une grande originalité, figure, à partir de 1619, en face de celui d'une dame qui pourrait être Diane de Châteaumorand. Les portraits sont encore reproduits, après la mort du couple, dans la Sylvanire (1627). (Voir Illustrations).
• On trouvera dans ce site « L'Espagnol moqué » d'Abraham Bosse gravé par Briot (septembre 2006).
Cala (La) Village situé sur les bords du Lignon. C'est l'un des rares lieux foréziens que Maxime Gaume n'ait pas réussi à retrouver (p. 194 note 95).
• Ce village est nommé par Climanthe, le faux druide (5, 139 recto).
Calais Écrit aussi Callais.
Lypandas, gouverneur de la ville et allié des Neustriens, met Lydias en prison (12, 386 verso). Mélandre l'y retrouve, le délivre, mais finit elle-même en prison. C'est alors que Mérovée, roi des Francs, attaque et prend Calais (12, 395 recto).
• La mention d'une prise de Calais n'a pas pu laisser indifférents les contemporains d'Honoré d'Urfé. La ruse proposée par Lydias n'est pas une invention romanesque (Henein, p. 298).
Camargue Située dans le delta du Rhône, la Camargue, comme le Forez, est née grâce à un capitaine romain qui s'est fait le maître du système aquatique.
• Une carte particulièrement claire de la Gaule se trouve dans ce site (avril 2008).
• Hylas présente l'histoire et la géographie de son lieu de naissance, (8, 243 verso, 244 recto, 245 recto, 250 recto, 251 verso, 252 recto, 252 verso). Pour lui, le nom de la Camargue viendrait de Caïus Marius (8, 243 recto). Ménage donne la même étymologie (Maxime Gaume, p. 138).
Celtes Groupe de peuples indo-européens d'origine allemande.
Un individu et son peuple portent le nom de « Celtes » dans le roman.
• Pour rendre son Forez plus gaulois, d'Urfé raconte, après l'édition anonyme de 1607, que les Celtes, conduits par un roi nommé aussi Celtes, ont choisi de s'appeler Gaulois pour honorer la princesse Galathée, la fille du roi et l'épouse d'Hercule (2, 30 verso).
• Les mythologues font de Celtes un fils d'Hercule (P. Grimal, Article Celtos).
Celtoscites Peuple scythe parti de l'océan Scythique (ou Septentrional).
• Ils attaquent Rome, puis ils sont vaincus par Caïus Marius, le fondateur de la Camargue, dit Hylas (8, 243 recto).
Cemene Maxime Gaume se demande si les Monts Cémènes et Gébennes ne feraient pas partie des Cévennes (p. 188).
• Montagne où se trouvaient les géants vaincus par Hercule (2, 30 verso).
• Laurent Barnachon (Chargé de conservation du patrimoine, Conseil général de la Loire) me communique ce renseignement que je soumets à la sagacité des internautes foréziens : « Je connais non loin de Saint- Etienne près de la commune d'Aurec-sur-Loire une vallée où s'écoule une rivière, la Sémène, qui comme Lignon se jette dans la Loire. Au fond de cette vallée se dressent sur un petit mont que contourne la Sémène, les ruines d'un ancien château fort ».
Cervieres Maxime Gaume explique qu'au XVIe siècle, l'Anzon, rivière qui descend des montagnes de Cervières, s'appelait aussi « Lignon », d'où la « double source » que d'Urfé (comme Papire Masson) attribue à cette rivière (p. 182).
• L'une des deux montagnes où le Lignon prend sa source (1, 1 verso).
• Les montagnes de Cervières sont représentées dans les tableaux que décrit Adamas (11, 372 recto).
• Céladon s'y réfugie (4, 113 verso).
Chalmasel Écrit Chelmasel en 1607. L'une des deux montagnes où le Lignon prend sa source (1, 1 verso).
• Les montagnes de Chalmasel sont représentées dans les tableaux que décrit Adamas (11, 372 recto).
Champs Catalauniques Écrit champs Cathalauniques. Dans cette plaine située près de la ville de Troyes s'est déroulée la plus célèbre des batailles du Ve siècle. Les Francs se sont ligués avec les Romains et des tribus gauloises pour arrêter Attila et ses cinq cent mille Huns en 451.
• Les forces de Mérovée, selon Guyemant, ont joué le rôle décisif (3, 64 recto).
Champs Elysées Mythologie. Écrit champs Elysiens ou Elisiens. « Lieu des Enfers où [les Payens] croyoient que les ames des gens de bien alloient aprés leur mort pour y gouster un éternel repos » (FuretiÈre, Article Champs Elysées).
• Trois fois (6, 191 recto ; 7, 209 verso ; 11, 373 recto sic 363 recto), les personnages évoquent ce lieu.
Chappelain Écrit Chappellain. Charles Chappelain, en 1607, imprime l'édition anonyme de l'Astrée pour Toussaint Du Bray. La dernière œuvre qui indique une association entre ces deux hommes est les Epistres d'Ovide en 1616 (Roméo Arbour, p. 219). Chappelain reste actif puisqu'en 1628 il publie les Mémoires de la reine Marguerite, Marguerite de Valois.
Charon Mythologie. Génie des enfers, il reçoit une obole (petite pièce de monnaie) de chaque ombre qu'il fait passer sur l'autre rive de l'Achéron
• Hylas nomme Charon (7, 215 verso).
Chien à trois têtes Mythologie. Il s'agit de Cerbère, le chien qui garde l'entrée (et surtout la sortie) des Enfers. FuretiÈre signale qu'un cerbère est « un Suisse ou un Portier trop rebarbatif » (Article Cerbère).
• Climanthe, le faux druide, utilise la périphrase du chien à trois têtes en parlant à Galathée (5, 137 recto).
Cimbres Peuple germanique descendu de la région qui est aujourd'hui la presqu'île du Jutland (Danemark) pour attaquer Rome. Il est vaincu par Caïus Marius, le fondateur de la Camargue ; Maxime Gaume signale que ce renseignement vient de l'Histoire de France de Du Haillan (1576) (p. 133). Plutarque aussi parle des Cimbres dont le nom, dit-il, signifierait voleur (Vies, Caius Marius, p. 23 dans ce site).
Hylas rapporte ces événements (8, 243 recto).
Cimmeriens Avec les Celtoscites et les Cimbres, ce peuple indo-européen installé au nord de la mer Noire a voulu attaquer Rome. Il a été vaincu par Caïus Marius, le fondateur de la Camargue.
• Hylas rapporte ces événements (8, 243 recto).
Cloton Mythologie. Il s'agit de Clotho, la deuxième des trois Parques, celle qui déroule le fil de la destinée et qui préside au mariage.
• Alcippe nomme Clotho (2, 44 verso) quand il songe à retourner dans les hameaux.
Colomnes d'Hercule Nom donné aux deux colonnes du détroit de Gibraltar. C'est là qu'Hercule « borna ses voyages » écrit FuretiÈre (Article Colomne).
• Le Chevalier qui attaque la Bergère Diane et tue Filidas et Filandre vient d'Afrique, c'est-à-dire de « pays barbares » au-delà du détroit de Gibraltar (7, 193 recto).
Coribantes Mythologie. On écrit aujourd'hui Corybantes. Selon certains mythographes, ce sont les filles d'Apollon et de Thalie, la muse de la Comédie, selon d'autres, ce sont des prêtres de Cybèle, déesse de la Terre, d'autres encore ne les distinguent pas des Curètes, des démons de l'entourage de Jupiter.
• Les peintres font souvent des Corybantes de belles femmes. Voir par exemple un tableau de Romano Giulio (1499 ?- 1546) dans ce site (avril 2007), ou un tableau qui se trouve à Versailles dans ce site (avril 2007).
• Chez d'Urfé, dans les « peintures esclatantes », les Corybantes se trouvent près de Jupiter enfant et jouent de la musique pour le protéger en couvrant ses vagissements (2, 27 recto).
Cupidon Mythologie. Ce nom romain du dieu grec, Eros, vient du latin cupidus, de cupere, désirer.
• Ce dieu figure dans les deux séries de tableaux de la première partie de l'Astrée :
• Dans les « peintures esclatantes », près de Vénus, sa mère, Cupidon porte une cicatrice qui rappelle sa mésaventure avec Psyché (2, 27 verso).
• Dans l'histoire peinte de Damon et Fortune, il est nommé cinq fois par Adamas. Cupidon suscite l'amour dans le cœur de Damon puis dans celui de Mandrague (11, 371 recto et verso). Il est plus petit que son frère, Anteros. Il apparaît ensuite dans un rêve de Damon (11, 375 verso). Il pleure enfin au dénouement (11, 378 verso).
• Par ailleurs, dans un poème que dit Céladon, Cupidon est l'ennemi du mari jaloux (11, 375 verso).
• On trouvera dans ce site un tableau de Lucas Cranach le jeune (1515-1586) représentant Vénus et Cupidon.
Danube Ce fleuve qui marque la limite de l'Empire romain est le plus long des fleuves nommés dans l'Astrée.
• Le fait que Cleomir se rende jusqu'au Danube, au service d'Amasis, indique son dévouement (3, 63 verso).
Daphné Mythologie. Nymphe dont le nom signifie « laurier ». Aimée par Apollon, elle obtient d'être transformée en laurier (Ovide, I, 452-567). On peut voir la sculpture de Bernini (1598-1680) dans ce site.
• Comme Daphné apparaît dans un madrigal de Filandre (6, 165 recto), Berger qui se travestit, il se peut que d'Urfé songe à un épisode moins connu du mythe, une aventure qui précède la métamorphose : un prince s'habille en femme pour vivre près de Daphné. Lorsque la Nymphe découvre cette ruse, elle essaie de tuer ce prince que les dieux protègent (Pierre Grimal, Article Daphné).
Dédale Mythologie. Cet architecte athénien, à la demande du roi Minos, construit un labyrinthe en tant que prison pour abriter le Minotaure. Dédale suggère à Ariane la ruse du fil à dénouer pour permettre à Thésée de sortir du labyrinthe après avoir tué le Minotaure. Le roi alors y enferme Dédale et son fils, Icare (Ovide, VIII, 159-234).
• Dédale est un nom commun dans La Curne de Sainte-Palaye (Article Dedalu) ou dans FuretiÈre (« On le dit aussi figurément d'un grand embarras », Article Dédale), mais non dans Huguet. Guizot fait une distinction intéressante dans son Dictionnaire des synonymes : « Selon sa valeur primitive, labyrinthe désigne le dessin de l'ouvrage ; dédale marque l'habileté de l'ouvrier » (Article Dédale). Il ajoute : « Dédale est un mot noble ; labyrinthe est un mot commun à tous les styles ».
• « Dédale » et « Labyrinthe » sont des noms communs dans l'Astrée. Le premier a un sens concret, le second un sens figuré.
• Les jardins d'Isoure, dans le palais de Galathée, forment un « gratieux Dedale » (2, 22 verso). Le « dangereux Labyrinthe » est celui des pensées d'Astrée (3, 49 recto).
Diane Mythologie. Le nom de la déesse Diane, fille de Jupiter et de Léto, sœur jumelle d'Apollon apparaît dans plusieurs contextes.
• Une Diane « gauloise » et chaste, patronne du Forez, apparaît (2, 30 recto, 31 recto et 9, 286 verso) dans le récit des origines du pays et de la gynécocratie (pouvoir politique détenu par les femmes). Après la première édition de l'Astrée, d'Urfé lui adjoint une Galathée mythique qui n'aura jamais la même importance que Diane dans le roman.
• La déesse Diane, supérieure à ses Nymphes (6, 165 verso), est la patronne de la Bergère Diane (6, 160 verso).
• Diane est aussi la patronne du bois de Savignieu où s'installe Climanthe, le faux druide (5, 136 recto).
• La déesse Diane aime Endymion, rappellent Polémas (9, 272 verso) et Adamas (10, 314 verso).
• On trouve dans ce site Diane et Actéon peints par le Cavalier d'Arpin (1568-1640). Ce mythe éclaire l'aventure de Diane et Filandre.
Didon Mythologie. Virgile raconte dans l'Enéide les malheurs de cette reine de Carthage aimée puis abandonnée par Énée.
• Polémas se compare à ce « corsaire » aimé par une princesse (9, 272 verso) dans un poème dédié à la Nymphe Galathée.
Dragon Constellation. Chez certains mythographes, deux Nymphes auraient élevé le petit Jupiter. Pour les protéger de l'ire de son père, le dieu les transforme en constellations, la Grande et la Petite Ourse, et se transforme lui-même en constellation du Dragon.
• Ces groupes d'étoiles sont représentés dans l'Histoire de Damon et de Fortune racontée par le druide Adamas (11, 373 verso).
Dreux Ce nom de ville n'apparaît que dans l'édition anonyme de 1607 (2, 30 recto). Il est à l'origine du nom des druides, dit alors Galathée.
Dryades Mythologie. Divinités secondaires qui font partie de la classe des Nymphes souvent suivantes de grandes déesses. Les mythologues divisent les Nymphes selon leur lieu de résidence. Les Dryades vivent dans les forêts et sont associées aux chênes.
• Chez d'Urfé, les Dryades sont des compagnes de la déesse Diane qui vivent dans des bois et des montagnes où se trouvent de grandes étendues d'eau (2, 30 recto) avec les Hamadryades et les Nayades.
Durance Fleuve des Alpes qui se jette dans le Rhône.
• Hylas le nomme en parlant de la Camargue (8, 243 verso).
Écho Mythologie. Ovide rapporte les mésaventures de cette Nymphe qui aimait en vain Narcisse (III, 358 sq.).
• Dans des Stances de Silvandre (8, 223 recto), Écho est mise au même rang que les ambitieux admirables, Prométhée, Icare et Ixion.
Endymion Mythologie. C'est un Berger fort beau que Diane aime et contemple dans son sommeil.
• Polémas, dans un sonnet dédié à la Nymphe Galathée, rappelle qu'une déesse a pu aimer un simple Berger (9, 272 verso).
• Pour le druide Adamas, l'histoire d'Endymion prouve que la Chasteté elle-même ne peut pas résister à l'amour (10, 314 verso).
Enone Mythologie. Écrit aussi Œnone. Cette Nymphe aime le Berger Pâris, fils de Priam, roi troyen.
• Galathée (2, 24 verso) et Polémas (9, 272 verso) - rencontre ironique - mentionnent ce mythe. Dans les deux cas, les amours d'Œnone donnent un exemple de mésalliance tolérée.
• Léonide condamne le déguisement d'Œnone en Bergère (2, 24 verso).
• Dans l'édition de 1607 seulement, Polémas note que la Nymphe mythique se fait Bergère pour l'amour du jeune homme (9, 272 verso).
• Ce chevalier, dans ce même poème, évoque un autre couple où la femme est d'une classe supérieure à son partenaire, Didon et Énée.
• Notons que c'est la rupture de ces deux couples qui les a rendus illustres, et qui se trouve à l'origine de récits célèbres, le Jugement de Pâris et l'Enéide de Virgile.
Esculape Mythologie. Écrit aussi Æsculape. Fils d'Apollon, ce médecin aurait pu ressusciter un homme. Jupiter le foudroie mais aussi le divinise sous la forme d'une constellation, le Serpentaire. L'emblème d'Esculape est le caducée, bâton autour duquel s'enroule un serpent.
• Mélandre nomme Esculape pour faire du dieu Amour un meilleur médecin (12, 385 verso). C'est parce qu'elle veut partir à la rescousse de Lydias, qu'elle guérit du désespoir où l'a plongée le départ de son amant.
• Esculape passe pour un médecin que consultent les Bergers dans la Sylvanire (p. 124).
Espagne Ce pays que d'Urfé ne décrit pas apparaît dans l'Histoire d'Alcippe associé aux plus grands dangers : c'est le territoire des Wisigoths d'Alaric (2, 43 verso), et la patrie d'un chevalier qui décapite ses adversaires pour envoyer leur tête à sa Dame (2, 43 verso).
Europe Les trois mentions de l'Europe offrent des images de grand danger.
• Dans la Dédicace, Henri IV a rendu la paix à « toute l'Europe ».
• Dans l'Histoire de Diane, un chevalier africain parcourt « toute l'Europe » pour défendre par les armes la suprématie de beauté de sa maîtresse (7, 193 recto).
• Dans l'Histoire de Tircis et de Laonice, « toute l'Europe » est « prête à périr », ruinée par les guerres (7, 211 recto).
Evian Écrit Evien et Evians. Il y avait à Evian, ville sur le lac Léman, un couvent de Clarisses (Maxime Gaume, p. 220, note 224).
• Cette ville rapproche en quelque sorte Silvandre de la Bergère Diane : Le jeune homme se rend dans ce lieu (8, 231 recto) où se trouve la résidence de Bellinde, la mère de la Bergère (6, 159 verso). Bellinde ensuite consulte l'oracle puis conseille à Silvandre de se rendre en Forez où il fera la connaissance de Diane.
Feurs Écrit aussi Fleurs (5, 140 verso). C'est dans cette ville que d'Urfé a été emprisonné en février 1595 (Reure, p. 50).
• L'étymologie de Feurs et du Forez a été ajoutée au texte de 1607.
• Ville associée au Lignon par sa position (1, 1 verso), associée au Forez par l'étymologie (2, 29 verso), associée à la sage-femme, Lucine (4, 109 verso), et surtout associée à la Nymphe Léonide (4, 83 recto  ; 5, 122 verso ; 6, 157 recto) et à son oncle, le druide Adamas (4, 83 recto ; 8, 232 verso).
• D'Urfé écrira plus tard que Léonide appartient à la Maison de Feurs (éd. Vaganay, II, 10, p. 419).
Firens Pierre Firens (1597 ?-1636). D'après l'Inventaire des graveurs du XVIIe siècle (IV, p. 185), cet artiste est venu d'Anvers pour s'établir à Paris en 1612. À la demande de Toussaint Du Bray (Arbour, p. 123), il a dessiné le frontispice de l'Astrée (Voir Illustrations). Firens avait une boutique rue Saint-Jacques. Il a travaillé avec Abraham Bosse. On peut voir un frontispice qu'ils ont signés ensemble dans ce site (janvier 2007).
Forêt de Mars Maxime Gaume explique qu'il s'agit de la forêt d'Heyrieux au sud-ouest de Lyon (p. 216).
• Dans l'histoire de Cloris, racontée par Hylas, les jeunes voyous qui attaquent Rosidor vivent dans cette forêt qui s'appelle aussi forêt d'Airieu (8, 257 recto), déformation d'Arès, nom grec du dieu Mars.
Forez Écrit aussi Forests, Forestz et Foretz, ce nom revient une centaine de fois dans la première partie de l'Astrée. Françoise Lavocat remarque que la situation géographique du cette région est « exactement l'inverse de celle de l'Arcadie que Sannazar place au sommet d'une montagne » (p. 366 note 76).
• Voir la carte dessinée par Christophe Mathevot pour la CommunautÉ de Communes du Pays d'Astrée.
• Dès les premières pages, le Forez et sa géographie jouissent d'une place privilégiée (L'Autheur à la Bergere Astrée, puis 1, 1 recto). D'Urfé rappelle la légende qui veut que la plaine du Forez ait été un lac (2, 28 recto).
• L'une des plus longues additions à l'Astrée de 1607 développe les origines légendaires du pays d'Honoré d'Urfé (2, 29 verso et 30 verso). La Nymphe Galathée explique alors que le nom du pays ne vient pas d'un nom commun (forêt) mais du nom donné par les Romains à un lieu de rencontre, Forum Segusianorum.
• Le système politique forézien - une gynécocratie - n'a aucune base réelle, bien que la région fasse effectivement partie de l'apanage de la Reine de France. D'Urfé explique l'organisation qu'il a imaginée en la rattachant à des mythes qui racontaient les origines de la Gaule entière, mais qui n'incluaient pas ce système politique utopique, diamétralement opposé à la loi salique. C'est la loi salique qui a donné la France à François Ier et à Henri IV.
• Le Forez de l'Astrée n'est pas un royaume qui appartient à une reine, mais une contrée gouvernée par une Dame. La distinction est importante ; en 1621, d'Urfé remplace même « estat » par « contrée » en parlant du Forez (11, 376 verso sic 366 verso).
• L'histoire véritable du Forez reste vague dans la première partie, puisque Galathée juxtapose interventions divines et invasion romaine (2, 29 verso sq.), mais elle joue un rôle essentiel dans la troisième et la quatrième partie. Elle doit donc probablement influencer le dénouement du roman.
• Si la topographie des lieux non pastoraux est d'une grande précision, la religion est imaginaire : Le Forez astréen pratique un culte celte et subit les bouleversements de la Gaule du Ve siècle.
• L'histoire des Gaules, c'est-à-dire les guerres entre diverses tribus, sert de cadre à l'enlèvement de deux enfants, celui du frère de la Bergère Diane, victime de Goths et d'Ostrogoths (6, 159 recto) ou d'envahisseurs anonymes (10, 359 verso sic 349 verso), et celui de Silvandre, victime de Bourguignons (8, 226 verso).
• L'histoire des Gaules affecte aussi bien les Bergers dits parisiens (Tircis et Laonice) que les chevaliers foréziens qui partent soutenir Mérovée.
• Trois lacunes, sans aucun doute volontaires, prouvent que d'Urfé ne faisait pas de son œuvre un roman « nationaliste » :
Vercingétorix et Sainte Blandine, héros de l'Auvergne et de Lyon, ne figurent nulle part. Par ailleurs, Sainte Geneviève aussi n'apparaît pas, alors qu'elle protège Paris quand Attila menace la ville en 451.
• On trouve de belles images du Forez sur ce site (en reconstruction, mai 2008), et sur celui-ci (mai 2008). Voir aussi les photos et les adresses regroupées dans Sites intéressants.
Fortune Mythologie. Considérée comme une personnification du sort, Fortune apparaît accompagnée d'une roue, d'un gouvernail ou d'une corne d'abondance chez les mythographes.
• Bien qu'Adamas, dans le second volume de l'Astrée, déclare que Fortune n'est pas une divinité (éd. Vaganay, II, 8, p. 321), Honoré d'Urfé, dans tous ses écrits, se montre obsédé par cette puissance qu'il appelle un « Jupiter dissimulé » (Epistres morales, I, 15, 134). « Du commencement à la fin du monde tout ce qui s'y fait n'est qu'une comédie dont l'univers est le théâtre, les hommes les personnages, les Dieux les auditeurs, et la Fortune le Poète » (Epistres morales, I, 19, p. 164). « Fortune » n'a pas l'honneur d'une majuscule dans les Epistres ou dans les éditions de 1607 et de 1621 du roman (Voir Fortune). Les aventures cependant sont là pour prouver que les personnages sont victimes des mouvements de la roue de cette puissance qui agit de concert avec Amour.
• Même si les Bergers prétendent d'entrée de jeu vivre « avec autant de bonne fortune, qu'ils recognoissent peu la
fortune » (1, 1 verso), il y a une trentaine de renvois aux agissements de la fortune dans la première partie de l'Astrée.
Pour le Berger Alcippe par exemple, retourner vivre dans les hameaux, c'est planter un clou de diamant dans la roue de la fortune (2, 45 recto), l'immobiliser, souhait utopique s'il en est. Dans l'Histoire de Celion et Belinde, la fortune est évoquée trois fois (10, 326 verso , 337 recto, 358 recto sic 348 recto).
• C'est dans deux récits non pastoraux, l'Histoire de Galathée et Lindamor et l'Histoire de Lydias et de Melandre, que la fortune semble particulièrement active.
• Dans le palais de Galathée, à Isoure, se trouvent réunies des peintures qui toutes représentent les divers méfaits de la fortune dans le ciel et sur la terre, les « peintures esclatantes » dans le deuxième livre, et les tableaux de Mandrague dans l'avant-dernier. La déesse Fortune elle-même n'est pas dépeinte (Henein, p. 134-136).
• L'expression « changement de [...] fortune » revient deux fois (3, 47 verso et 11, 377 verso).
Françons Dans l'édition de 1607, les Francs sont appelés « Françons » (par exemple 11, 369 recto sic 359 recto), et une fois « François » (3, 63 verso).
Francs Ce mot remplace partout « Françons » après 1607.
FuretiÈre écrit à l'article Franc : « Ainsi tous les Auteurs sont d'accord que le nom de François ou franc est venu de ce qu'ils ont toûjours deffendu leur liberté. On tient que ç'a esté Gregoire le Grand qui le premier a appellé la Gaule France ».
Furan Aux confins du Forez, rivière qui arrose Saint-Etienne et se jette dans la Loire. Elle est nommée parmi les cours d'eau qui irriguent la région (2, 32 verso). Voir la carte de Maxime Gaume (p. 181).
• Trois des Bergères qui viennent des rives du Furan agissent d'une manière fort audacieuse. Il s'agit d'Olimpe, amoureuse de Lycidas (4, 106 recto), de Daphnis, amie de Diane et conseillère de Filandre (6, 160 recto), et de Callirée, épouse de Gerestan (6, 161 recto), sœur et complice de Filandre.
• Par ailleurs, dans le temple d'Hercule qui se trouve près du Furan, Cloris et Rosidor se voient pour la première fois (8, 256 verso). Maxime Gaume propose de voir dans ce temple un substitut de la Tour en Jarez (p. 196).
Galathée Mythologie. Cette princesse est la fille du roi Celtes, l'épouse d'Hercule et la reine de toutes les Gaules.Maxime Gaume explique que l'aventure de cette Galathée - qu'il appelle curieusement « la légende d'Hercule » - figure chez les humanistes du XVIe siècle dans le récit des origines de la Gaule (p. 105-107). C'est le cas par exemple chez Anne d'Urfé, le frère du romancier (« Sonnets des misères de la France », 1575-1576. Cité par C. Longeon, p. 269).
• Cette Galathée mythique n'apparaît pas dans l'édition anonyme de l'Astrée en 1607. Dans les éditions suivantes, elle figure dans le récit des origines du Forez, tel que le rapporte la Nymphe Galathée, citant des druides (2, 30 verso à 31 verso). La Galathée mythique réside quelque temps en Forez où, se substituant à la déesse Diane, elle établit un système politique féminin (gynécocratie) et un costume féminin (tenue de Nymphe pour les dames de la cour). Cette Galathée n'est plus jamais évoquée dans la suite du roman.
• Les mythographes ont rendu Galathée célèbre à cause d'une autre aventure au parfum astréen : cette Néréide a préféré le Berger Acis (fils du dieu Pan) au cyclope Polyphème (Ovide, XIII, 750). C'est pourtant de Polyphème que Galathée aurait eu trois fils, dont Celtos (Celtes) (P. Grimal, Article Galatée). Dans l'Astrée, la Nymphe Galathée préfère le Berger Céladon au chevalier Polémas.
Ganymede Mythologie. Ce Berger est le plus beau des enfants des hommes pour les mythologues. D'Urfé, né en février, sous le signe du Verseau (Aquarius), porte un intérêt particulier à Ganymède (Henein, p. 134-135).
• L'enfant est représenté dans « les peintures esclatantes », à Isoure, sur le dos de l'aigle qui l'a emmené aux cieux. Il ressemble à Cupidon et agit comme l'échanson de Jupiter (2, 27 recto). Comme le Ganymède des Epistres morales (I, 19, p. 171), il désire verser des bienfaits aux hommes.
• Peintres et sculpteurs montrent généralement Ganymède nu. On trouvera Le Rapt de Ganymède de Rubens dans ce site (juin 2007).
Garde (La) Lucine, la sage-femme, passe du côté du Pic de La Garde (Livradois) après avoir quitté la ville de Moingt (4, 110 verso).
Gaule Écrit aussi Gaules. Jules César (2, 29 verso), dans ses Commentaires, distingue la Provincia (qui deviendra la Narbonnaise) de la Gaule libre ou « chevelue » elle-même divisée en trois provinces, l'Aquitaine, la Celtique (ou Lyonnaise) et la Belgique. Le Forez fait partie de la Gaule Lyonnaise, la Camargue d'Hylas de la Narbonnaise.
• Une carte particulièrement claire de la Gaule se trouve dans ce site (avril 2008).
• Dès sa préface (L'Autheur à la Bergere Astrée), d'Urfé utilise le pluriel, « toutes les Gaules ».
Le roman se déroule durant une époque où les Gaules sont « oppressées » (7, 211 recto) et inondées de Barbares (3, 70 recto). C'est au Ve siècle, après la chute de l'Empire romain, que les Francs réussiront à unifier les Gaules, puis les appelleront France (3, 64 recto).
Gaulois Habitants des Gaules.
• L'étymologie du nom se trouve dans les additions faites au récit des origines du Forez après l'édition anonyme de 1607 (2, 30 verso).
• On peut se demander qui sont exactement ces Gaulois astréens. Guyemant, allié de Mérovée, semble distinguer les Gaulois des Bourguignons, des Wisigoths et des Francs puisqu'il déclare qu'il se bat « entre les armes des Francs, des Gaulois, des Romains, des Bourguignons, des Visigots, et des Huns » (3, 64 recto).
Gaultier Léonard Gaultier (1561-1635 ?). Fils d'un marchand-orfèvre, actif depuis 1576, il a signé plus de 900 gravures. Il collaborait avec Toussaint Du Bray et d'autres libraires, mais aussi il vendait lui-même ses œuvres à la Fleur de Lys d’Or, rue Saint-Jacques (M. Grivel, « Léonard Gaultier », septembre 2006). D'après L'Inventaire des graveurs du XVIe siècle, Gaultier a été le graveur attitré de la Cour sous Henri III, Henri IV et Louis XIII. « Dans le premier tiers du XVIIe siècle il est peu d’ouvrages qui ne contiennent quelque vignette de sa main » (Duportal, p. 158).
• On doit à Gaultier le frontispice de l'Astrée en 1619 (repris dans l'édition de 1621). (Voir Illustrations).
Gebenne Maxime Gaume se demande si les Monts Cémènes et Gébennes ne feraient pas partie des Cévennes (p. 188).
C'est la montagne où résident les géants vaincus par Hercule (2, 30 verso).
Germanie Ancien nom de l'Allemagne.
• Attila traverse ce pays (3, 64 recto).
• À Marcilly, on pratique une danse que les Francs ont importée de Germanie (9, 269 verso), l'allemande.
Gorgonne Mythologie. Nom donné à Méduse, la plus célèbre des trois Gorgonnes, celle que Persée a tuée. La déesse Athéna met la tête de Méduse sur son bouclier pour pétrifier (littéralement) ses ennemis.
• Chez d'Urfé, c'est ce que semble faire Bellone de « sa Gorgonne » (11, 366 recto sic 356 recto), c'est-à-dire de la Gorgonne représentée sur son bouclier.
Goths Écrit aussi Gots. Peuple germanique originaire de la Scandinavie, installé sur les bords de la mer Noire.
• Les Goths envahissent le Forez (6, 159 recto) et les rives de la Seine (7, 207 recto). Ils se battent contre les Romains (8, 226 recto). Un chef Goth est alors nommé, Radagryse (8, 226 recto).
Grâces Mythologie. Groupe de trois déesses représentant le charme, la jeunesse et la beauté. FuretiÈre précise que les Grâces, « du temps des Payens, estoient trois Divinitez fabuleuses qu'on peignoit toutes nuës » (Article Grace).
• Botticelli, au XVIe siècle, a peint Vénus et les trois Grâces habillées (Voir ce site par exemple, novembre 2007).
• Céladon, à moitié endormi, prend les trois dames foréziennes qu'il voit à Isoure pour les trois Grâces (2, 28 recto).
• Filandre implore le secours des Grâces pour obtenir une grâce (6, 179 verso).
Grande Bretagne Écrit aussi grand' Bretagne.
• Dans l'Histoire d'Alcippe, Céladon explique que son père a servi le roi Artus probablement en Grande Bretagne (2, 43 recto), et que le Wisigoth qui vient défier les chevaliers foréziens appartient à un groupe qui imite l'ordre de chevalerie établie par le roi Artus en Grande Bretagne (2, 43 verso).
• Patrie de Mélandre (12, 383 recto), s'allie avec la Neustrie contre les Francs (12, 384 verso) et accueille Lydias, le Neustrien (12, 394 verso).
Grande Ourse Constellation. Chez certains mythologues, deux Nymphes élèvent le petit Jupiter. Pour les protéger de l'ire de son père, le dieu les transforme en constellations, la Grande et la Petite Ourse, et se transforme lui-même en constellation du Dragon. Chez Ovide (II, 401-540), Jupiter transforme en constellations Callisto et Arcas, le fils qu'elle lui a donné, pour les éloigner de Junon qui a métamorphosé sa rivale en ourse. Callisto est la Nymphe que Diane a chassée pour la punir d'avoir perdu sa virginité. FuretiÈre écrit : « La Grande Ourse [...] a sept estoiles plus visibles & brillantes, qui sont aussi disposées en forme de chariot. Il y a six estoiles de la seconde grandeur, & une de la troisiesme ». (Article Ourse).
• Ces constellations sont représentées dans les peintures qui constituent l'Histoire de Damon et de Fortune, racontée par le druide Adamas. La Grande Ourse comprend vingt-sept étoiles dont sept éclatantes (11, 373 verso).
Grèce Ce pays, comme le Forez, est évoqué sur plusieurs niveaux.
• C'est la patrie des écrivains nommés dans la préface (L'Autheur à la Bergere Astrée).
• C'est le pays où Alcippe, le père de C&e