Banderolle
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SignetBiographie
d'Honoré d'Urfé
(1567-1625)

1567 Naissance (Marseille)
1598 Les Epistres morales
1600 Mariage
1606 Le Sireine
1607 L'Astrée I
1610 L'Astrée II
1619 L'Astrée III
1625 Décès (Villefranche)

« La Fortune à mes pieds je soumis », écrit d'Urfé dans le sonnet qu'il place tout au début de ses Epistres morales. La Fortune l'a pourtant beaucoup éprouvé : sa vie ressemble à un roman, et ses lecteurs l'ont traité lui-même comme un personnage de roman. Des admirateurs zélés ont amplifié, déformé et colporté divers renseignements tout au long du XVIIe siècle. En 1700 (et de nouveau en 1702) paraît même un récit fort romancé de son mariage, l'Histoire des Amours de Grégoire VII, du Cardinal de Richelieu, de la Princesse de Condé et de la Marquise d'Urfé (Cologne, Pierre Le Jeune, 1700). Catherine Durand Bédacier, l'auteur, s'est probablement inspirée des Mémoires de Bassompierre, mais propose de décevantes images d'Épinal.

Le XVIIIe siècle a eu peu d'égards pour Honoré d'Urfé. Marivaux, amateur de romans baroques dans sa jeunesse, parodie le roman héroïque et connaît sans doute L'Astrée, mais n'en dit rien. Rousseau a lu L'Astrée. La seule trace écrite, malheureusement, est le récit d'une célèbre déception : « A propos des bergers du Lignon, j'ai fait une fois le voyage de Forez tout exprès pour voir le pays de Céladon et d'Astrée, dont d'Urfé nous a fait de si charmants tableaux : au lieu de bergers amoureux, je ne vis sur les bords du Lignon que des maréchaux, des forgerons et des taillandiers. Ce n'est qu'un pays de forges, et mon voyage m'enleva toute illusion » (cité par Pierre Larousse, article Lignon). Cette recherche de la fiction dans la réalité est piquante sous la plume de l'auteur des Confessions ! On aurait pourtant espéré des remarques dignes d'un romancier.

l'EncyclopÉdie même déçoit. Dans l'article Roman, D.J. (le chevalier de Jaucourt) se contente de copier ce que Boileau avait écrit dans son discours sur le Dialogue des Héros de roman : Honoré d'Urfé, « homme de grande naissance dans le Lyonnois, & très-enclin à l'amour, [a voulu] faire valoir un grand nombre de vers qu'il avoit composés pour ses maîtresses, & rassembler en un corps plusieurs avantures amoureuses qui lui étoient arrivées ». Le chevalier de Jaucourt ajoute : « Il en fit quatre volumes qu'il intitula Astrée, du nom de la plus belle de ses bergeres ; c'étoit Diane de Château-Morand. Le premier volume parut en 1610, le second dix ans après, le troisieme cinq ans après le second, & le quatrieme en 1625 ». Pas une de ces dates n'est tout à fait correcte. Jaucourt revient ensuite au texte de Boileau : « Après sa mort, Baro son ami, & selon quelques-uns son secrétaire [Boileau disait domestique], en composa sur son mémoire [ses mémoires chez Boileau] un cinquieme tome, qui en formoit la conclusion, & qui ne fut guere moins bien reçu que les quatre autres volumes ». Le roman « fut fort estimé, même des gens du goût le plus exquis, bien que la morale en fût vicieuse, puisqu'elle ne prêchoit que l'amour & la mollesse ». « Le plus beau roman du monde » est alors le Télémaque de Fénelon, affirme le chevalier de Jaucourt !

Qui s'étonnera, dans ces conditions, de voir les noms des héros d'Honoré d'Urfé galvaudés dans un pauvre opéra comique de Louis Fuzelier ? Les vingt-cinq scènes de Pierrot Celadon, ou la nouvelle Astrée, représentées en 1729, ne seront, heureusement, jamais publiées. C'est grâce au site César (30 septembre 2010) et au regretté Barry Russell que j'ai découvert ce manuscrit (B.N. F.FR. 9336). Une seule et unique phrase présente un certain intérêt. L'héroïne, une baronne de province veuve et coquette qui s’habille en Astrée, déclare : « C’est une maladie contagieuse qui me vient de Paris. On m’écrit que la Bergerie y est fort a la mode ; car sans compter les Paisans de qualité de la Comedie italienne, on y trouve pastorale a l’opera, pastorale a la foire, et qui mieux est pastorale a la Comedie francoise » (feuillet 330).

Au XIXe siècle, Auguste Bernard, Théophile Gautier, Sainte-Beuve, et Saint-Marc Girardin reconnaissent, chacun à sa manière, les qualités particulières d'Honoré d'Urfé et de son œuvre. George Sand et Vigny parlent tous les deux de L'Astrée dans un roman dont l'intrigue se déroule durant la première moitié du XVIIe siècle. Vigny, qui est, comme d'Urfé, aristocrate et poète, connaît mal le roman. Dans Cinq-Mars, en 1826, l'héroïne, assise près d'Anne d'Autriche, s'endort en lisant L'Astrée (p. 292). Mais quelle édition ou version avait-elle sous les yeux ? Chacune des phrases citées renferme une erreur ! Amasis n'est pas un grand prêtre, Galathée n'est pas une bergère, Pimandre n'aime pas Silvie, Amidor n'est pas farouche ... En revanche, George Sand, amateur de littérature champêtre, connaît bien le roman d'Honoré d'Urfé (surtout la première partie). Dans les Beaux Messieurs de Bois-dorÉ, en 1857, Sylvain de Bois-Doré, un vieillard qui admire Céladon, qui se prend pour le modèle d'Hylas, et qui est servi par un Adamas, maître ès teintures de cheveux, a « pour code religieux les faits et gestes des héros de L'Astrée » (I, p. 222). J'ai analysé ailleurs cette œuvre qui démontre - non sans humour - que la morale de la Contre-Réforme sert de soubassement à la morale romantique (Henein, pp. 77-85).

C'est en 1846 que Norbert Bonafous soutient la première thèse sur L'Astrée . Il réunit les jugements que le XVIIe siècle porte sur cette œuvre et compare le style du roman et celui des Epistres morales (p. 215). À la même époque, Pierre Larousse se montre à la fois bien informé, relativement précis et étrangement sévère dans son Grand dictionnaire. Il consacre un article peu élogieux à Honoré d'Urfé, d'autres à plusieurs personnages du roman, et d'autres encore au Lignon et au château d'Urfé. Pierre Larousse rappelle les activités de Ligueur du romancier. Il rejette la légende qui veut que dès l'âge le plus tendre Honoré ait aimé l'épouse de son frère aîné, Diane de Châteaumorand. Comment explique-t-il le succès extraordinaire du roman ? par ce goût des clés qu'Honoré d'Urfé lui-même trouve pourtant si réducteur (L'Autheur à la Bergere Astrée). Pierre Larousse déclare : « Les singulières bucoliques de d'Urfé, pleines d'allusions aux personnages et aux événements contemporains, purent passer pour une création originale et hardie » (Article Honoré d'Urfé).

Si dictionnaires et encyclopédies renferment ce que tout honnête homme peut savoir ou chercher à savoir, force est de reconnaître que d'Urfé et L'Astrée sont réduits à la portion congrue dans les encyclopédies du XXe siècle. En revanche, la critique littéraire accorde enfin au romancier le traitement qu'il mérite. Le XXe siècle a pratiquement ressuscité L'Astrée en la sortant des limbes grâce à l'édition d'Hugues Vaganay en 1925. À l'époque, le roman a même trouvé une place pendant quelques années parmi les publications des Classiques Larousse (extraits présentés par Maurice Magendie en 1925). Des extraits survivent aujourd'hui encore dans des collections de poche.

Honoré d'Urfé reste, pour certains, un personnage de roman. Il a inspiré en 1983 un long récit intitulé Diane de Châteaumorand, et dédié à Guy Breton. La beauté de Diane, son amour malsain pour les lévriers et sa recette de civet de lièvre restent ses principales caractéristiques. L'auteur, Evelyne Deher, affirme qu'Honoré d'Urfé était blond (p. 14), qu'il a séjourné à Malte (p. 95) et qu'il a lu Shakespeare (p. 259).

Depuis 1910 pourtant, les travaux du chanoine Reure ont éclairé d'un nouveau jour la vie d'Honoré d'Urfé en complétant les travaux d'Auguste Bernard. En 1927, Maurice Magendie a tenu compte de ces précieuses informations en analysant L'Astrée. En 1977, Maxime Gaume a ajouté nombre de renseignements utiles dans le domaine de la géographie et de l'histoire. En 1984, Louise Horowitz a publié une biographie complète du romancier, en anglais et dans une édition scolaire. Faits et légendes sont maintenant clairement distingués. On trouvera une biographie succinte d'Honoré d'Urfé dans la préface de cette édition de L'Astrée.

Je réunis dans le tableau qui suit une liste de dates importantes et des informations données surtout par le chanoine Reure. Notons que c'est à Diane de Châteaumorand que le chanoine judicieusement dédie La Vie et les œuvres d'Honoré d'Urfé, cette étude irremplaçable.

Ce très rapide survol de la fortune d'Honoré d'Urfé ne doit pas s'arrêter au XXe siècle. Le XXIe siècle, grâce aux célébrations de centenaires de la publication des diverses parties du roman, s'annonce propice à l'étude de L'Astrée. Apprendrons-nous quelque chose de nouveau sur la biographie de l'auteur ? Nous comprendrons certainement mieux son œuvre. En juillet 2007, Delphine Denis (Paris IV) a organisé une journée d'étude qui portait un fort beau titre, « La Gloire de L'Astrée ». Quelques jours après, Reinhard Krüger (Université de Stuttgart) a réuni des spécialistes qui ont analysé « L'Astrée dans tous ses états » dans la demeure d'Adamas, à Goutelas. En octobre, Delphine Denis encore a invité des chercheurs dans divers domaines à participer à un colloque intitulé « Lire L'Astrée ». Jamais, au grand jamais, Honoré d'Urfé n'avait attiré autant d'amateurs ! D'ores et déjà, on annonce des surprises pour 2010 ou 2011... J'aimerais parier qu'avant la fin du siècle, le roman connaîtra en France la consécration suprême, se trouver au programme de l'agrégation !

 

1106 ? « Ce fut Ulfe IV qui vers l'an 1106 au siège d'Antioche, changea les armes de Saxe, en celles d'Urfé, qui sont de Vair au chef de Gueules » (Huet, p. 849).
1129 ? Un Wulfe, originaire d'Allemagne méridionale, se serait marié en Forez et aurait construit le château d'Urfé (Reure, p. 5).
« Cette tres-noble maison derive sa source la tres-haute maison des Comtes Ulphes d'Allemagne, tige des Ducs de Baviere, et Comtes d'Altorf, et de Ravensbergue » (La Mure, II, p. 473). Leur nom figure dans des documents dès 1174 (La Mure, II, p. 321).
1256 « Arnold seigneur d'Urfé I du nom, surnommé Raibi, vivant l'an 1256 ». C'est ainsi que MorÉri commence la dynastie des d'Urfé dans son Dictionnaire historique.
1408 Guichard d'Urfé épouse Eleonor de Lavieu (La Mure, II, p. 383). Les armes des d'Urfé et des Lavieu sont « contreversées », « indice de la grande affinité originaire de ces deux maisons » (La Mure / A. Bernard, p. 26).
1410 Guichard d'Urfé est nommé bailli de Forez, charge qui devient héréditaire.
1418 Jean d'Urfé est assassiné par ses domestiques avec presque toute sa famille, y compris son oncle Guichard (Reure, p. 4).
1444 ? Pierre Ier, fils de Jean, échappe au massacre parce qu'il se trouve à Paris. Grand maître des arbalétiers de France (Reure, p. 5), il assiste au sacre de Charles VII. Il se marie trois fois et laisse plusieurs enfants. Sa troisième épouse est Jeanne de Joyeuse (MorÉri), alliée au célèbre Anne, duc de Joyeuse. Pierre Ier meurt vers 1444.
Avant 1483 Pierre II, fils de Pierre Ier d'Urfé, est exilé par Louis XI dit le Prudent. « Ayant quitté la France pour voyager, il passa jusqu'à Constantinople, où il porta les armes sous Selim II dont il fut fort estimé ; et à son retour, comme il n'étoit pas bien dans l'esprit du roi, il s'attacha au service du duc de Guienne son frere, qui s'engagea dans le parti des ducs de Bourgogne et de Bretagne » (MorÉri). Charles VIII fait Pierre d'Urfé grand écuyer.
• Daniel Huet propose une biographie légèrement diffiérente de ce personnage haut en couleur : « Pierre, que l'histoire de la Généalogie marque avoir été Chevalier de saint Michel, de la Toison, et du saint Sépulcre, sous les règnes de Charles VII, de Louis XI et de Charles VIII. Il passa du service de François duc de Bretagne, dont il était Ambassadeur, à celui de Louis XI et fut fait grand Écuyer de France. Il se trouva à la bataille de Ravenne, et c'est de lui que parle si souvent Philippe de Commynes » (p. 850).
• Un ami de Pierre II d'Urfé « fut fait prisonnier au chasteau d'Usson en Auvergne, pour avoir tué sa femme sur l'opinion que le roy en avoit joui ». D'Urfé le libère en forçant la prison. Le roi l'exile (Bernard, p. 37, note 2).
• La vie mouvementée et la mort édifiante de ce curieux personnage ont pu inspirer au romancier les aventures d'Alcippe (Gaume, p. 204-205).
1496 Pierre II, fonde le couvent de sainte Claire à Montbrison (La Mure, II, p. 371). Il s'agit de sainte Claire d'Assise, canonisée en 1255 (Voir ce site, 30 septembre 2010). Le monastère des Clarisses existe encore.
24 février 1501 Naissance de Claude d'Urfé, fils unique de Pierre II et d'Antoinette de Beauveau (Bernard, p. 46, note 1).
10 octobre 1508 Mort de Pierre II d'Urfé, grand écuyer de France. Par humilité, il s'est fait enterrer devant la porte du couvent qu'il a fondé (Anne d'UrfÉ, p. 29).
Août 1532 Claude d'Urfé, épouse Jeanne de Balsac, fille de Pierre de Balsac et d'Anne de Graville. « François Ier le nomme ambassadeur à Rome et au concile de Trente » (Reure, p. 6).
• Voici ce qu'écrit leur fils aîné, Anne d'UrfÉ, de son père : « Gouverneur des enfans de France, chevallier de l'ordre du Roy, surintendant de la maison du Roy Dauphin, Cappitaine de cent hommes d'armes soubz sa charge, et baillif de Forez » (p. 28).
• Claude d'Urfé agrandit et embellit la Bastie. Sa bibliothèque compte près de 4.600 volumes.
• On trouve un portrait de Claude d'Urfé par Jean Clouet dans ce site (30 septembre 2010). Voir Galerie des portraits.
• Daniel Huet écrit : « Sa mort arrivée en 1577 [sic] l'empêcha de recevoir le Bâton de Maréchal de France, dont il avait obtenu le Brevet » (p. 851).
• L'épouse de Claude d'Urfé, Jeanne de Balsac, a composé une épitaphe en vers pour la tombe familiale. Pendant les guerres de religion, la tombe a été profanée. Le corps de Jeanne, morte trente-deux ans auparavant, a saigné (Anne d'UrfÉ, p. 31).
• La mère de Jeanne de Balsac, Anne de Graville, est l'auteur du Roman de Palamon et Arcita, manuscrit qui a inspiré un récit de la deuxième partie de L'Astrée, l'Histoire de Doris, Palémon et Adraste.
• Anne d'UrfÉ décrit la Bastie en 1607, dans sa Description du Pais de Forez, comme une maison « accommodée comme à souait d'un beau bois d'haulte futaye aboutissant au jardin, d'une belle riviere qui est Lignon, de cantité de beaux et clairs ruisseaux, de belles et grandes prairies, et de force belles fontaines » (p. 29). Cette « maison champestre » jouxte « un beau couvent de cordeliers » qui semble n'avoir été construit « que pour le seul service de ceste maison » (p. 29).
• La chapelle de la Bastie, ajoute-t-il, est « estimée à bonne raison la plus belle de France » (p. 29).
La Mure dans son Histoire universelle, civile et ecclésiastique du pays de Forez (I, 1674) parle d'« une merveille de l'art », « un recueil et un assemblage de plusieurs Chefs-d'oeuvre de Peinture, Sculpture, Menuizerie, Ouvrages à la Mosaïque et pieces rapportées, qui attirent la curiosité et l'admiration generale de ceux du païs et des Estrangers, et reste avec ce rare tombeau de Marbre relevé de figures qui paroit dans l'Eglise Abbatiale de Bonlieu en ce mesme païs, comme un éternel monument d'une pieté très-insigne hereditaire à la maison d'Urfé » (I, p. 258).
25 avril 1536 François Ier entre à Montbrison. Il visite la Bastie (Bernard, p. 9). On lit cette inscription dans l'église, « accompagnée des armes et hierogliphes de ce Roy.
     Le jour saint Marc l'an mil cinq cent trente-six
     Fut le sejour du tres-Chrestien François
     Premier du nom puissant Roy des François
     Par seize jour en ce Logis assis »
(La Mure, II, p. 319).
1542 Mort de Jeanne de Balsac (Bernard, p. 48).
1543 Claude d'Urfé fait construire un tombeau pour son épouse à Bonlieu. C'est « un magnifique monument de marbre, autour duquel sont representés, en sculpture curieusement recherchée, les misteres de la passion de nostre Seigneur, avec les quatre animaux evangeliques de mesme, portans les armes d'Urfé, aux quatre coings de ce tombeau, qui est au milieu du chœur de l'eglise, et est un des plus somptueux et magnifiques qui soient en France » (La Mure / Bernard, p. 48).
23 mai 1554 Le fils de Claude d'Urfé, Jacques Ier, épouse Renée de Savoie, descendante des Lascaris. Claude fait « porter par honneur le nom de Lascaris conjoinctement avec le sien à l'aisné de ses enfans » (La Mure, II, p. 384). Renée de Savoie est la fille de Claude de Savoie et de Marie de Chabannes. Le contrat de mariage est passé à Compiègne en présence du roi Charles IX (La Mure / Bernard, p. 54).
Ils auront six filles et six fils. L'un des fils meurt jeune ; les cinq autres sont Anne († 1621), Jacques († 1657), Christophe († 1597), Honoré († 1625) et Antoine († 1594).
• Marie de Chabannes et Jeanne de Balsac, les aïeules d'Honoré d'Urfé, appartiennent aux deux familles associées aux célèbres tapisseries de la Dame à la Licorne. Ces tapisseries marquent l'union de Jean de Chabannes et de Claude Le Viste. Le premier époux de Claude Le Viste était Geoffroy de Balsac. Les tapisseries se trouvaient chez Eléonore de Chabannes en 1595 (Henein, p. 122).
12 avril 1558 Antoine Lelong de Chenillac épouse Gabrielle de Lévis-Charlus. Les époux sont protestants. Ils héritent des biens du grand-oncle de Gabrielle. Antoine prend le nom et les armes des Châteaumorand.
• Anne d'UrfÉ déclare pourtant (mais en 1607) que tous les Foréziens sont « bons catholiques, n'i ayant pas un taché des oppinions nouvelles de Luter, de Calvin, ni de pas un de leurs compagnons » (p. 32).
1558 Mort de Claude d'Urfé.
30 novembre
1561
Naissance de Diane de Châteaumorand.
Anne d'UrfÉ écrit que la maison des Châteaumorand « est fort serrée », mais qu'elle possède toutes les « commoditez de batimant », un grand jardin, des étangs et une belle vue (p 30). Honoré d'Urfé sera appelé à y vivre.
11 février 1567 SignetDans l'église des Accoules (Marseille), baptême d'Honoré d'Urfé, « fils de noble prince magnific seigneur Monseigneur Durphé et de madame trez redoutée Madame Renée de Savoye, mariés » (Reure, p. 1).
« Il fut tenu sur les Fonts de Baptême par Honoré de Savoie, Comte de Tende, son oncle ; et Antoine Lescalin des Aimars, Baron de la Garde, et Général des Galères de France » (Huet, p. 856).
7 octobre 1571 Victoire de Lépante. Voir Naupacte.
22 octobre 1571 Contrat de mariage entre Anne d'Urfé et Diane de Châteaumorand. Il est convenu de « laisser les dits espoux et espouse en pleine liberté de leurs religions » (Reure, p. 113). Diane se convertira plus tard au catholicisme.
Janvier 1573 Mort d'Antoine de Châteaumorand, père de Diane.
1574 ou 1575 Célébration du mariage d'Anne d'Urfé et de Diane de Châteaumorand qui a treize ou quatorze ans.
30 mai 1574 Mort de Charles IX, fils d'Henri II et de Catherine de Médicis.
23 octobre
1574
Mort de Jacques d'Urfé, probablement empoisonné (Longeon, p. 16). Son fils aîné, Anne, devient bailli du Forez. Honoré a sept ans.
1577 ? Honoré d'Urfé entre au collège de Tournon, un établissement fondé en 1542 et donné aux Jésuites en 1561.
1er mai
1582
Le duc de Savoie cède à Renée de Savoie, sa parente, les seigneuries de Châteauneuf et de Virieu, puis fait de Châteauneuf un comté.
2 juillet 1583 Publication de La Triomphante entrée de Madame Magdeleine de la Rochefoucault, signée « Honoré d'Urfé, Chevalier de Malte ». Ce texte célèbre l'entrée de Madeleine de la Rochefoucauld qui vient d'épouser Just-Louis de Tournon, protecteur du collège. L'événement a eu lieu le 24 avril 1583.
Christophe d'Urfé signe les vers consacrés à « l'Écho du grand Pont de Doux » (UrfÉ, pp. 99-100).
12 janvier 1584 Honoré d'Urfé est reçu « dans la chancellerie de l'Ordre à Malte. Les statuts de l'Ordre à cette époque exigeaient que l'aspirant se présentât en personne à la chancellerie » (Baldner, p. 176). Maxime Gaume s'étonne qu'« aucune pièce ne relate la prise d'habit, pas plus qu'un départ de caravane » (p. 155), et se demande si d'Urfé ne serait pas plutôt « entré dans les rangs de la Commanderie de Saint Jean des Prés à Montbrison » (p. 173).
1587 Mort de Renée de Savoie (née vers 1535), mère d'Honoré. La mésentente de ses fils l'a peut-être tuée (Longeon, p. 18). « Après un pèlerinage en Terre Sainte, elle s'était installée à Parme chez sa fille Madeleine » (Longeon, p. 20, note 13).
27 février 1588 À Montbrison, représentation de La Pastorelle de Loys Papon. L'auteur célèbre une victoire de la Ligue.
24 février 1589 Lyon se prononce pour la Ligue. Honoré d'Urfé s'engage dans les rangs de la Ligue.
22 juin 1589 Antoine d'Urfé est élu abbé de Montverdun. Il est nommé « dans le même temps » Évêque de Saint-Flour (La Mure, II, p. 324).
2 août 1589 Mort d'Henri III, dernier fils d'Henri II et de Catherine de Médicis.
2 mai 1590 Lettre d'Honoré d'Urfé aux consuls et échevins de Lyon. Il leur demande de laisser sortir de la ville « quatre pacquets d'estoffes » pour les cuirasses de sa compagnie (Bernard, p. 384).
Mai 1590 Honoré d'Urfé est chargé de la garde de Saint-Etienne. Chassé de la ville, il s'empare du fort d'Essalois, dans le voisinage de Saint‑Etienne. En 1606 les propriétaires du château lui intenteront un procès qu'ils perdront en 1609.
Octobre 1590 Anne d'Urfé est avec ses troupes en Auvergne. Honoré probablement l'accompagne.
Juillet 1591 Bataille d'Espaly, près du Puy.
Septembre
1591
Honoré suit probablement Charles-Emmanuel de Savoie, 3e duc de Nemours (1567-1595), gouverneur du Lyonnais, qui est venu au Puy. Ce duc de Nemours est le fils du célèbre Jacques de Nemours qui deviendra le héros de La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette.
1592 Diane de Châteaumorand achète des armes pour son beau-frère, Christophe d'Urfé.
1592 Honoré d'Urfé obtient du Pape un rescrit commissoire exposant qu'il prétendait que sa profession de Chevalier de Malte était nulle, parce qu'il l'avait faite avant l'âge de seize ans, et parce que ses parents, et surtout sa mère, avaient usé de violence morale. Ses frères reconnaissent que les faits sont véridiques. Ce n'est qu'en 1599 que d'Urfé demandera une sentence à l'official de Lyon.
Décembre
1592
Anne d'Urfé se détache lentement de la Ligue. Le duc de Nemours entre à Montbrison.
28 janvier
1593
Henri IV envoie à Anne d'Urfé « des lettres patentes contenant abolition et oubli pour le passé, à la seule condition de faire sa soumission publique » (Reure, p. 42). Anne devient « Lieutenant General au Gouvernement du païs de Forez » (La Mure, II, p. 386).
25 juillet
1593
Abjuration d'Henri IV.
Septembre
1593
Le duc de Nemours est fait prisonnier au château de Pierre-Scize.
1593 Jean Du Croset (1565 ?-1642), dans la Philocalie, pastorale dédiée à Honoré d'Urfé, affirme qu'il a vu une copie des Bergeries d'Honoré d'Urfé, et qu'il s'en est inspiré. Il présente une ébauche des aventures d'Astrée et Céladon, où il annonce un heureux dénouement (Voir Miscellanées).
27 février
1594
Henri IV est couronné à Chartres, Reims étant entre les mains des Ligueurs.
6 mars
1594
Anne d'Urfé s'est rallié au Roi avant cette date. Henri IV lui conserve la charge de gouverneur du Forez.
26 juillet
1594
Le duc de Nemours s'échappe déguisé du château de Pierre-Scize.
14 septembre
1594
Bellièvre écrit à Henri IV : « Le chevalier d'Urfé, lequel n'avoit point faict de serement à Vostre Majeste, et s'estant contenu quelque temps sans se declarer, a de nouveau prins les armes pour la Ligue » (Reure, p. 47).
30 septembre 1594 Le duc de Nemours nomme Honoré d'Urfé lieutenant général au gouvernement du Forez.
1er octobre 1594 Mort d'Antoine d'Urfé « innocente victime de la rage de ces furieux » (La Mure, II, p. 324) ; ces furieux sont des Ligueurs indisciplinés. Devant les murs de Villerêt, à 23 ans, Antoine d'Urfé est tué d'un coup d'arquebuse tiré par un gendarme de son frère, Honoré. C'était le frère favori d'Honoré d'Urfé. Antoine a publié en 1592 deux dialogues philosophiques d'inspiration platonicienne, l'Honneur et la Vaillance (Longeon, pp. 222-237).
Décembre
1594
Les Jésuites sont expulsés à la suite d'un attentat commis contre Henri IV.
1594 ou 1595 Honoré d'Urfé rencontre François de Sales. Voir Robert Garapon, « Honoré d'Urfé et saint François de Sales », in Bulletin de la Diana, 1970, p. 127-139.
16 février 1595  Honoré d'Urfé est arrêté à Feurs. Il semble avoir été trahi par Florent Chrétien (Voir Ronsard). Il compte se battre en duel avec le dénonciateur, dit-il dans la préface (non-paginée) des Epistres morales. D'Urfé est mis à rançon. La rançon n'est pas encore payée quand, six mois plus tard, il est de nouveau arrêté.
• Honoré d'Urfé se rend en Savoie entre ses deux prisons (Epistres, I, 9, p. 69) : « Avec mon frere de Bussi [Christophe de Bussy, 1563-1597], employant le temps tantost à la lecture, tantost aux promenoirs, et tantost à visiter ces grand Rochers et agreables precipices des Ruisseaux » (I, 9, p. 71).
Août 1595 Henri IV est à Lyon entre le 23 août et le 24 septembre. Anne d'Urfé résigne entre ses mains sa charge de gouverneur.
15 août 1595 « La nuict du quinziesme d'Aoust de l'annee 1595, ravit toutes mes esperances de la mesme main dont elle trancha le filet de la vie de ce grand Prince » (Epistres, I, 1, p. 4). D'Urfé assiste à la mort du duc de Nemours à Annecy (1, 9, p. 71). Malade, Nemours a refusé aussi bien l'assistance des magiciens que des médecins protestants, écrit Honoré d'Urfé dans ses Epistres (I, 9, p. 84). Toutefois, quand on lui a annoncé « que le S. Pere recevoit son ennemy au giron de l'Eglise », il a déclaré : « Tant mieux [...] nous vivrons en un repos honorable ». Le commentaire que d'Urfé ajoute explique en partie sa propre attitude : « Pour le repos, les maniemens honorables mesmes [sont] à desdaigner » (I, 23, p. 204).
• Étienne Pasquier, dans une lettre à M. de Neufchel, décrit la mort du duc de Nemours dans des termes tellement similaires à ceux que l'on rencontre dans l'épître d'Honoré d'Urfé que les deux hommes semblent s'inspirer d'un même mémoire (Pasquier, II, pp. 537-538).
17 septembre
1595
Le Pape lève l'excommunication d'Henri IV.
24 septembre 1595 - Privilège pour le premier livre des Epistres morales publié à Lyon en 1598. « Montbrison, le 24 septembre 1595 », date qui se trouve au début des Epistres dans la première édition, écrit A. Bernard (p. 147). Cette date se trouve également à la fin de l'épître à Marguerite de Valois dans l'édition de 1608 des Epistres (Galliica).
- Cette épître est reproduite dans ce site.
- Avant cette date, Honoré d'Urfé a été arrêté à Montbrison. En prison, il a commencé Les Epistres morales (Gaume). Diane de Châteaumorand, épouse d'Anne d'Urfé, paiera la rançon de 3.000 écus. La somme sera déduite des droits successoraux d'Honoré.
Au Ve siècle, Boèce a commencé en prison sa célèbre Consolation de la Philosophie. Dame Philosophie lui enseigne à dédaigner Fortune dans des livres où alternent prose et vers. Fortune prend la parole pour rappeler qu'elle a d'abord choyé Boèce, et qu'il a, grâce à elle, appris ensuite à la surmonter (MÉtry, pp. 59-70). Alors que Boèce fait discourir des allégories, d'Urfé, dans ses Epistres morales, déguise sa consolation en dialogue didactique et imaginaire avec un jeune ami. Lui que la Fortune n'a jamais gâté expose des « resolutions stoiques » (I, 20, p. 174) et chrétiennes. La forme épistolaire met en relief l'aspect autobiographique du texte, rend plus pathétique l'isolement du prisonnier, et rattache la réflexion du moraliste avec celle du Sénèque des Lettres à Lucilius.
12 décembre
1595
Signature d'un accord qui prépare le retour de Montbrison au Roi.
1595 L'année a été dure pour Honoré d'Urfé qui raconte dans ses Epistres : « Regardons quelle a esté cette vingt-septiesme annee de mon aage ? Le plus cher de mes freres par sa mort me marqua de noir le premier d'Octobre. Incontinent le mois de Fevrier d'apres, pour ne m'estre plus heureux, me veid vendre à Feurs, sous l'entreprise d'autruy [...] La nuict du quinziesme d'Aoust de l'annee 1595 ravit toutes mes esperances de la mesme main dont elle trancha le filet de la vie de ce grand Prince » (I, 1, p. 4).
1596 Libéré au début de l'année, Honoré d'Urfé quitte la France et gagne les États de Savoie. Il achète la propriété de Senoy, à deux lieues de Virieu‑le‑Grand.
• Daniel Huet propose cette explication : « Il se retira en Piémont, non seulement pour la distinction et le rang que lui donnait dans cette Cour l'honneur qu'il avait d'être sorti d'une fille de la maison, mais encore par la faveur qu'il trouvait auprès du Duc de Savoie, bien différente du traitement qu'il recevait dans la Cour de France de Henri le Grand » (p. 856).
26 septembre
1596
De Virieu, Honoré d'Urfé écrit à Hugues Fabri : « Je prends retraite et repos, et courre, quand le veut ma défaillante santé, dans les rochers et bois où je me plais en mes douleurs » (Reure, p. 57). Voir Miscellanées.
24 novembre 1596 D'Urfé termine Le Sireine, un poème pastoral inspiré de La Diane de Montemayor. Composé de stances de six octosyllabes, Le Sireine est divisé en trois parties, le Despart, l'Absence et le Retour. D'Urfé l'aurait commencé à dix-sept ans pour une dame qu'il aimait.
Juin 1597 Honoré d'Urfé seconde Charles-Emmanuel, duc de Savoie (1580-1630), lors de l'expédition de la Maurienne.
Voir dans la Galerie des portraits un tableau représentant le duc.
1597 Mort de Christophe d'Urfé au service du duc de Savoie (Reure, p. 8). Honoré est nommé tuteur des deux filles de son frère (Testament). Il compose des « Stances. Sur la Mort de Christophle d'Urfé, Seigneur de Bussy, Frère de l'Autheur, sous le nom de sa femme » (Second livre des DÉlices, pp. 14-16, Voir Miscellanées).
1598 Honoré d'Urfé tombe gravement malade en Savoie et offre le manuscrit du premier livre des Epistres morales à son ami, Antoine Favre (Bernard, p. 145).
5 janvier 1598 Diane de Châteaumorand présente une requête pour faire annuler son mariage pour non-consommation. D'après Pierre Larousse, Diane et Anne s'étaient engagés à entrer en religion après leur séparation. « À la même époque, Henri IV voulut comprendre Anne d'Urfé dans une promotion de chevalirs du Saint-Esprit ; mais celui-ci refusa à cause de l'engagement qu'il avait contracté » (Article Anne d'Urfé).
6 avril 1598 Antoine Favre publie les vingt-trois lettres qui constituent le premier livre des Epistres morales, et les dédie au duc de Savoie. Le nom de l'auteur est : « Seigneur d'Urfé, Escuyer et Chambellan ordinaire de S. A. Colonel general de sa Cavalerie et Infanterie Françoise, et Capitaine de cent Chevaux legers de ses ordonnances » (Reure, pp. 87-88).
• Dans ces épîtres, Honoré d'Urfé s'adresse à un correspondant imaginaire qu'il appelle Agathon (le bien, en grec).
• Le chanoine Reure pense que le nom d'Agathon, dans Les Epistres, pourrait cacher celui de Gaspard de Génetines (p. 77), un jeune ami d'Honoré d'Urfé.
• L'auteur des Epistres s'adresse-t-il plutôt à Antoine Favre, demande Maxime Gaume (p. 4). D'Urfé appelle Favre Agathon dans l'Épître à Marguerite de Valois. Cependant, comme Favre est un magistrat qui a une dizaine d'années de plus que d'Urfé, des expressions comme « le chemin que je t'ay frayé » (Epistres, I, 2, p. 14) ou « tu ne peux sçavoir encor quel tu es » (I, 4, p. 30) seraient tout à fait déplacées si elles s'appliquaient à Favre.
• Agathon semble être, sous la plume d'Honoré d'Urfé, le surnom attribué à tout Ami.
• Le mot agathon figure dans les devises qui entourent les portraits du romancier et de sa muse à la tête de la première partie de L'Astrée (Voir Illustrations).
• Signalons que Jean-Pierre Camus, en 1621, intitulera Agathonphile un roman dont le héros se nomme Agathon. Il soulignera alors que « Agathonphile » signifie « l'Amour du bien ».
• Agathon est l'hôte qui reçoit Socrate dans le Banquet de Platon. Poète et dramaturge, cet Agathon a été l'ami de Pausanias, d'Aristophane et d'Euripide. Le jeune homme donne une description conventionnelle d'Eros tout au début du Banquet. Socrate lui pose alors des questions pour l'engager à réfléchir sur la véritable nature du dieu. Il oblige ainsi Agathon à reconnaître son erreur (199a-201c).
• En somme, l'Agathon des Epistres morales représente tout à la fois le jeune homme qu'on guide, l'ami par excellence et l'incarnation du bien.
13 avril 1598 Signature de l'Édit de Nantes.
1599 Les « Stances » que Jean de Lingendes (1580-1616) compose pour Le Sireine portent cette date.
11 mai 1599 Anne d'Urfé renonce à sa charge de bailli du Forez. Son frère, Jacques II, lui succède.
18 mai 1599 Acte d'annulation du mariage d'Anne d'Urfé et de Diane de Châteaumorand.
28 mai 1599 Règlement des droits successoraux d'Honoré d'Urfé (25.000 écus, y compris les 3.000 livres de rançon). En guise de garantie, Jacques d'Urfé cède à son frère Virieu-le-Grand, Châteauneuf-en-Bugey et Valromey. Honoré achète une maison à Châteauneuf.
18 juin 1599 L'official de Lyon déclare qu'Honoré d'Urfé est « quitte et absous » de ses vœux de chevalier de Malte (Reure, p. 97).
28 juin 1599 L'official de Lyon prononce l'annulation des vœux d'Honoré d'Urfé dans l'Ordre de Malte.
1 ou 3 juillet 1599 D'Urfé séjourne à Virieu-le-Grand (Voir la dédicace autographe).
26 juillet 1599 Le duc de Savoie accorde à Honoré une rente de 3.600 livres à prendre sur les impôts qu'il levait à Châteauneuf et à Virieu.
25 août 1599 « À Cenoy (Senoyl ?) », fin du premier livre de La Savoisiade (Bernard, p. 157). Un fragment seulement sera publié en 1609 dans le Nouveau recueil des plus beaux vers de ce temps.
Décembre
1599
D'Urfé accompagne le duc de Savoie à Paris. Un gendarme de sa compagnie est arrêté puis reconnu innocent.
15 février 1600  Honoré d'Urfé épouse Diane de Châteaumorand au château de Châteaumorand. Il est alors « Chambellan ordinaire de son Altesse de Savoie, Colonel général de sa cavalerie, Capitaine de ses gardes et de cent chevau-légers, Comte de Châteauneuf, seigneur de Virieu et de Senoy » (Reure, p. 99). Les époux ont respectivement trente-deux ans et trente-huit ans. Aucun parent ne signe le contrat de mariage, qui est « un contrat de confiance et d'affection » (Reure, p. 105).
16 juin 1600 À Virieu, d'Urfé signe la dédicace d'un exemplaire du Sireine qu'il offre à la fille du duc de Savoie (Bernard, p. 151).
17 janvier
1601
À la suite du traité de Lyon, les domaines d'Honoré d'Urfé dans ce qui dépendait jusqu'alors du duc de Savoie passent sous la juridiction du roi de France. Le Duc conserve le marquisat de Saluces, mais paie une indemnité au roi. Henri IV célèbre en faisant frapper une médaille avec un Hercule victorieux d'un centaure. Le centaure est l'emblème du duc de Savoie (Babelon, p. 855).
27 septembre 1601 Naissance du futur Louis XIII.
18 avril 1602 À Virieu, d'Urfé donne à Henri IV « aveu et dénombrement » pour Châteauneuf, Virieu-le-Grand et Senoy. Trois témoins signent ce document : « Gaspard de Genetines, seigneur de la Tenaudiere en Lyonnois ; Gaspard de Jas, seigneur dudit lieu en Forez, et François de Fronsac, seigneur de la Chenal audit pays de Forez ; tous trois gentilshommes de la suite dudit seigneur » (Bernard, p. 151, note).
30 août 1602 D'Urfé séjourne à Paris probablement jusqu'au mois de mai de l'année suivante. C'est alors qu'il reçoit ses titres français, « gentilhomme ordinaire de la chambre du roy, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances » (Reure, p. 120).
Février 1603 Bassompierre écrit que le dimanche 25 février 1603
« se fit le combat à la barrière, le seul qui s’est fait du règne du feu Roi, ni de celui de son fils présent régnant » (p. 344).
• Le Romant des chevaliers de Thrace (1605) décrit ce pas d'armes (Michelle Szkilnik, Fictions, p. 691). Y participent un duc de Nemours (Henri de Savoie, 1572-1659) et un duc de Guise (Charles de Lorraine, 1571-1621) : la Ligue est morte et enterrée.
29 mai 1603 Anne d'Urfé, devenu prieur de Montverdun, célèbre sa première messe.
2 juin 1603 D'Urfé obtient un privilège pour les deux premiers livres des Epistres morales, et le cède à l'éditeur, Jean Micard.
1603 Faut-il croire cette information ? « Nous voyons aux registres de l'état-civil de Virieu, en l'an 1603 : Guillaume Donné ex semine Honorati d'Urfé avec Françoise Billiet (le latin en les mots brave l'honnêteté) », affirme Albert Callet ( p. 53). Callet donne un renseignement trop similaire dans un autre article qu'il a consacré à Virieu en 1895. Le 3 octobre 1588, Françoise Billiet aurait donné un fils nommé Guillaume Donné à Jacques II d'Urfé (Callet, p. 134).
Grâce à la remarquable organisation des Archives de l'Ain et grâce à l'aimable et savante coopération de Fanny Aznar et Gilles Philibert, j'ai appris que Jacques est le seul responsable. “Le troisième jour d’octobre 1588 a été baptisé guillaume donné à noble et puissant seigneur compte de château neuf Jaques d’Urfée, de sa semence avec Françoise Billiet” (Archives de l'Ain, 26 juin 2012).
1604 Le Sireine de Messire Honoré d'Urfé, Gentilhomme de la Chambre du Roy, Capitaine de cinquante hommes d'armes de ses Ordonnances, Conte de Chasteauneuf, et Baron de Chasteaumorand, etc. Paris, Jean Micard, 1604. Avec Privilege du Roy (17 août 1604). Exemplaire imprimé grâce à une copie dérobée par Jean Aubery, et décrit par le chanoine Reure en 1915.
Début 1605 Diane et Honoré font un pèlerinage à Notre-Dame de Lorette. Cette vierge est invoquée « pour obtenir des enfants aux personnes stériles » (Reure, p. 121). Diane a plus de quarante ans.
• Madame Yates signale que le roi Henri III offrit une coupe à N.-D. de Lorette pour avoir un héritier (p. 392, note 22).
1605 Marguerite de Valois s'installe à Paris, rue de Seine.
1605 D'Urfé compose un poème liminaire pour Les Changemens de la Bergere Iris, de Jean de Lingendes, « Au Berger Philene » (Voir Miscellanées).
1605 Marcellin Allard publie La Gazette françoise. Suivie du Ballet en langage foresien (Paris, P. Chevallier, 1605). Satire dont l'auteur semble critiquer les d'Urfé (Bernard, p. 148, note).
15 février 1605 Le quatrième livre de La Savoisiade porte « Commancé à Chasteaumorand, à mon retour de Lorette, le 15 fevrier 1605 » (Bernard, p. 157, note 2).
25 juin 1605 Une nièce d'Honoré d'Urfé, que le couple a souvent reçue, se marie à Châteaumorand.
25 juillet 1605 D'Urfé commence le sixième livre de La Savoisiade à Montormantier (Bernard, p. 157).
Automne 1605 Honoré et Diane résident tour à tour à Paris, Virieu et Châteaumorand.
26 octobre 1605 Honoré et Diane résident à Paris « dans la rue Saint-Honoré, près Saint-Eustache, en la maison où prend [sic] pour enseigne, l'Ermine » (Reure, p. 132).
1606 Etienne Bournier dédie une partie de son Jardin d'Apollon et de Clémence à celui qu'il appelle « mon Urfé, mon Orfé » (Reure, p. 68).
1606 Dans une édition du Sireine (sans doute la deuxième), Honoré d'Urfé signe : « Gentil-Homme de la Chambre du Roy, Capitaine de Cinquante hommes d'armes de ses Ordonnances, Comte de Chasteau-neuf, Baron de Chasteaumorand, etc. » (Reure, p. 72).
• La peste est à Paris (Bassompierre, p. 365).
29 août 1606 À Virieu, d'Urfé termine le neuvième livre de La Savoisiade. Cette information vient d'un manuscrit qui se trouvait en Savoie (Bernard, p. 157).
14 septembre 1606 Baptême du futur Louis XIII à Fontainebleau.
29 décembre 1606 « Fin du neufviesme livre de la Savoysiade, que j'ay fini d'escrire à Virieu-le-Grand, le 29 decembre 1606. Truffier ». Cette information vient du manuscrit qui se trouve à l'Arsenal (Bernard, p. 157).
Hiver 1606 À Virieu, d'Urfé assiste à l'inauguration de l'Académie Florimontane instituée par Antoine Favre, son ami.
12 août 1607 SignetDate du privilège pour la première partie de L'Astrée. L'auteur (qui n'est pas nommé) cède le privilège à Toussaint Du Bray.
• Honoré d'Urfé réside à Paris avec Diane dans la rue de Béthisy (rue Perrault aujourd'hui), paroisse Saint-Germain l'Auxerrois. « J'habite en la tranquille maison du bon Amyot », lit-on dans un billet qu'il peut avoir écrit (Reure, p. 136).
• Voir Miscellanées.
1607 ou 1608 D'Urfé envoie à Etienne Pasquier la première partie de L'Astrée (Reure, p. 102). Pasquier lui répond qu'il a dit à ses livres : «  Il est meshuy temps que sonnions la retraite, nous sommes d'un autre monde » (Pasquier, II, pp. 533-534).
• Les lettres échangées par les deux hommes sont dans ce site.
11 février
1608
D'Urfé et Diane quittent Châteaumorand pour Moulins.
23 février
1608
Honoré et Diane sont à Paris. D'Urfé a emporté deux caisses de livres. Il fréquente probablement le cardinal du Perron, Malherbe, Racan et d'autres écrivains. Il fréquente certainement les hôtels où vit Marguerite de Valois qui a quitté Usson en 1605.
• « La reine Marguerite donna une bague à courre à une partie qui se fit à l’Arsenal, où il se fit une grande fête » (Bassompierre, p. 372).
• « La chaleur de cette année-là fit que l’eau de la rivière fut si bonne pour s’y baigner, que, plus d’un mois durant, on voyait, depuis Charenton jusques à l’île du Palais plus de quatre mille personnes dans l’eau » (Bassompierre, p. 373).
1608 Les Epistres morales, du Seigneur d'Urfé, Escuyer et Chambellan ordinaire de S.A. Colonel general de sa Cavalerie et Infanterie Françoise, et Capitaine de cent Chevaux legers de ses ordonnances. Dediees à son Altesse. Lyon, Jaques Roussin, 1608. Avec Privilege du Roy. (Privilège au libraire « pour tous les livres qu'il pourra recouvrer nouvellement faicts et composez par le sieur d'Urfé ». Lyon, 24 septembre 1595). Achevé d'imprimer du 26 septembre 1598. Approbatur sans date ni signature.
Épître d'Antoine Favre à Charles Emmanuel, duc de Savoie, datée du 6 avril 1598 (p. 3-14). Épître d'Honoré d'Urfé à « Madame », datée de Montbrison, le 24 septembre 1595 (p. 15-17). Épigramme latine de G. de La Theoliere. Épître au lecteur (p. 19-29). « À mon livre » (en vers, p. 30). Les vers d'Amé du Coudray suivent le texte des Epistres et la Table.
• Cet ouvrage, numérisé par Gallica, renferme seulement les 23 épîtres du premier livre (p. 31-336). Elles ont paru pour la première fois en 1595.
20 mars 1608 Publication des trois livres des Epistres morales avec un approbatur daté du 20 mars 1608.
Le privilège de l'édition de 1608, daté du 20 août, nomme « Nostre cher et bien amé Honoré d’Urfé Gentilhomme ordinaire de nostre chambre, Capitaine de cinquante hommes d’armes de nos ordonnances, Comte de Chasteau Neuf, Baron de Chasteau Morand ».
• Antoine Favre compose la dédicace au duc de Savoie. Il appelle d'Urfé « un nouveau Sénèque » (n. p.).
• À la tête de la troisième partie se trouve une épître dédicatoire adressée par d'Urfé à Marguerite de Valois. Le ton est bien plus personnel que dans les dédicaces de L'Astrée à Henri IV ou Louis XIII.
21 octobre
1608
Honoré d'Urfé a besoin d'argent. Il affranchit certains habitants de Valromey. Cela signifie qu'il renonce à la redevance annuelle qu'ils lui doivent en échange d'une somme versée en une fois. Il « coup[e] l'arbre pour avoir ses fruits », explique le chanoine Reure (p. 176).
1608 « Le degel de la riviere de Loire sur la fin de l'Hyver avoit causé de grandes pertes et ruine; mais ce ne fut rien à l'esgal de ce qu'au commencement de l'Esté les neiges estans fonduës aux montagnes de Velay et de l'Auvergne, il y eut un tel desbordement d'eaux ... » (Mercure franÇois, 1608, f° 289 recto).
1608 Anne d'Urfé publie les Hymnes spirituels. « En ces Hymnes brille saintement la pieté et ancien zele de sa maison tres-Illustre au service de Dieu » (La Mure, II, p. 386).
1609 Publication d'un fragment de La Savoisiade, probablement à l'insu d'Honoré d'Urfé, dans le Nouveau recueil des plus beaux vers de ce temps.
31 janvier 1609 Ballet de la Reine (il y en eut plusieurs). Celui-ci présente « douze demoiselles vêtues fort légèrement en nymphes » (Babelon, p. 951).
Décembre 1609 Honoré d'Urfé est à Paris. Il demande à Étienne Pasquier des vers pour sa deuxième partie. Les deux hommes échangent des sixains, mais Pasquier souhaite qu'on ne publie pas son poème (Reure, p. 139). Voir Lettres.
3 janvier 1610 Étienne Pasquier écrit à Honoré d'Urfé : « Je pris congé de vous, et de l'année tout ensemble » (Pasquier, II, pp. 925-926). Voir Lettres.
15 février 1610 Toussaint Du Bray et Jean Micard obtiennent un privilège de six ans pour les deux premières parties de L'Astrée. D'Urfé accompagne la deuxième partie d'une dédicace à Henri IV.
13 mai 1610 Couronnement de Marie de Médicis à Saint-Denis. D'Urfé assiste probablement à la cérémonie.
14 mai 1610 Assassinat du roi Henri IV.
13 février
1611
D'Urfé est à Turin pour expliquer au duc de Savoie que les projets de mariage de son fils et de la fille d'Henri IV sont simplement retardés. En fait, la régente favorise maintenant un mariage espagnol.
Juin 1611 D'Urfé est à Paris. Il reçoit la dédicace de Vers sur le trespas de Henry le Grand, composez incontinent après sa mort, et imprimez à son anniversaire. L'auteur est probablement Jean Sirmond (Reure, p. 150).
1611 À Turin, Honoré d'Urfé a pu rencontrer Vaugelas, le fils de son ami, Antoine Favre, note Jeanne Streicher, dans l'introduction de son édition des Remarques de Vaugelas (p. XXIV).
Janvier 1612 D'Urfé acquiert le marquisat de Bâgé en Bresse qui avait appartenu à sa mère, Renée de Savoie.
Février 1612 Le Roi érige les terres de Châteauneuf et de Virieu en marquisat de Valromey. On lit dans les lettres patentes : considérant « que le titre et le nom de Chasteauneuf est très commun et ordinaire en ce royaume [...] l'exposant désireroit qu'il nous plût échanger le titre qu'il porte [...] en celui de marquis de Valromey » (Reure, p. 179). La baronnie de Virieu, le comté de Châteauneuf et la seigneurie de Senoy constituent le marquisat de Valromey qui offre un revenu annuel de 2.500 livres tout au plus (Reure, p. 175).
Septembre
1613
Honoré d'Urfé est à Paris quand Diane de Châteaumorand fait déplacer la tombe de la grand-mère du comte de Saint-Géran pour montrer ses droits sur la chapelle de Lalière (Reure, p. 165-168. Le chanoire Reure écrit Geran). Le comte envoie une troupe qui assiège Châteaumorand. L'affaire ira jusqu'à la Cour. Le 12 novembre, Marie de Médicis convoque Honoré d'Urfé à Fontainebleau. D'Urfé se rend plutôt à Châteaumorand.
1614 Le duel entre d'Urfé et Saint-Géran est évité. Par un arrêt du 27 février, le Parlement réduit l'action de Saint-Géran à un délit contre la propriété. Diane obtiendra des indemnités en juin 1620 seulement.
1614 D'après ce que Charles-Emmanuel d'Urfé, fils de Jacques d'Urfé, a rapporté à Huet, c'est à cette date que Diane et Honoré se seraient séparés à l'amiable.
1614 Jacques II d'Urfé est « nommé député de la noblesse du pays aux estats generaux de Sens par l'assemblée générale de la noblesse » (Bernard, p. 71).
1614 ou 1615 D'Urfé s'établit à Virieu.
• L'inventaire qui sera fait à sa mort, en 1625, indique que sa bibliothèque comptait 1 465 volumes ainsi que des manuscrits et « deux sacs de toile pleins des fragmens [de ses propres] manusciptz » (cité par Reure, p. 183).
• A. Callet écrit : « Nous avons pu retrouver quelques débris de cette bibliothèque dispersée à sa mort, quelques livres dépareillés et déchirés de C  Marot, Montemayor, Marguerite de Navarre, Ronsard, etc. Il ne répugnait pas, lui qui devait être le barde sacré de l'amour platonique, aux gauloiseries d'antan. Nous avons un exemplaire des œuvres poétiques de Mellin de Saint-Gelais (ex libris Honorati d'Urfé, 1622), où il a marqué au crayon rouge les passages les plus grivois et les épigrammes les plus licencieuses du graveleux abbé » (pp. 54-55). Le chanoine Reure a vu quatre recueils de poètes italiens portant un ex libris (1615, 1619, 1622 et 1624) (p. 183).
• Le chanoine Reure note les biens d'un « gentilhomme plus soigneux de sa personne que de sa maison : un habit de taffetas, la chausse feuille morte, le pourpoint blanc ; une cape de serge de Florence, noire, doublée de satin et chamarrée de passements, etc. » (p. 182).
Dans son testament, Honoré d'Urfé lègue à son secrétaire « un vêtement d'écarlate qui est dans un des coffres », et à son enseigne « un vêtement [. . .] de couleur beige, que lui, le seigneur testateur, avait l'habitude de porter quasi ordinairement ».
18 février 1615 Honoré d'Urfé remet au Pape une lettre du prince de Condé qui demande son soutien.
• L'Espagne et la Savoie se disputent le duché de Montferrat. Marie de Médicis est du côté de l'Espagne, Condé et le parti des Malcontents du côté de la Savoie.
19 mars 1615 Gabrielle (ou Geneviève) d'Urfé danse dans le Ballet de Madame (Catalogue Picot, Paris, Damascène Morgand, IV, p. 639). La page de couverture de la description du ballet se trouve sur ce site (30 septembre 2010). Cette fête célèbre le mariage d'Elisabeth de France, sœur de Louis XIII, avec Philippe IV d'Espagne.
• Des stances composées par Malherbe pour ce ballet se présentent comme un récit fait par un berger. Elles vantent la « houlette » de Louis XIII et de Marie de Médicis et nomment la déesse Astrée. Des extraits se trouvent dans le premier volume des Œuvres de Malherbe, éditées par Ludovic Lalanne en 1862 (p. 229. Voir ce site, 30 septembre 2010). Le texte complet du ballet de Malherbe se trouve dans le Mercure franÇois (1615, pp. 15-17). L'auteur de la description est enthousiaste pour « ceste action qui se peut dire n'avoir point eu de compagne en sumptuosité [...] Leurs Majestez [...] desirans monstrer que la France voulant paroistre ne pouvoit estre imitee d'aucune autre nation » (pp. 21-22).
27 mars 1615 Mort de Marguerite de Valois à Paris. Le Mercure franÇois en annonçant ce décès relève que la branche des Valois a régné 261 ans (1615, p. 429).
21 juin 1615 Le Duc de Savoie est en guerre contre l'Espagne. « Le Marquis d'Urfé avec huict cents fantassins, soustenu de huict cents autres [...] alla mettre feu ausdits gabions, et les Savoyards entrerent dans les tranchees des Espagnols » (Mercure franÇois, 1615, pp. 449-450). Il s'agit de Jacques II, mais Honoré pouvait se battre aux côtés de son frère.
16 août 1615 D'Urfé est à Turin.
• Toujours pour soutenir la cause de la Savoie, il pourrait avoir composé ou inspiré la Lettre escripte par un bon François à un conseiller d'Estat, pour le secours que le Roy est obligé de donner au Duc de Savoye et ses autres alliez (Reure, p. 190).
• Un exemplaire de La Savoisiade précédé d'une dédicace au duc de Savoie et signé par d'Urfé est daté de Turin, le 16 août 1615 (Bernard, p. 157).
29 août 1615 Mort d'Étienne Pasquier (Mercure franÇois, 1615, p. 447).
28 novembre 1615 Mariage de Louis XIII avec Anne d'Autriche.
20 août 1616 D'Urfé est à Chambéry. Diane est à Virieu, où elle reste au moins jusqu'au 16 novembre.
1616 et 1617 D'Urfé conduit des bataillons qui se battent aux côtés du duc de Savoie. Devant la ville de Verceil, d'Urfé est obligé de battre en retraite. La paix est conclue à Pavie en octobre.
6 janvier 1617 Mariage d'une nièce d'Honoré d'Urfé, Geneviève, la fille de son frère aîné, Jacques. Comme la jeune fille fait partie de la suite de Marie de Médicis, le contrat de mariage est signé au Louvre. Honoré d'Urfé ne figure pas dans la liste des témoins (Bernard, p. 72, note 1).
• Geneviève épouse le duc de Croy et le suit à Bruxelles. Sa jeune sœur, Gabrielle, en 1625, reçoit 2.000 écus d'or « payables, lorsqu'elle se mariera », dans le testament d'Honoré d'Urfé.
1617 Les trois premiers livres de la troisième partie de L'Astrée paraissent à Arras sans le consentement d'Honoré d'Urfé.
1617 À Paris, dans un sermon, le Père Coton, Forézien et confesseur d'Henri IV, condamne publiquement « les histoires tragiques, les Astrées, les Armides [qui] chatouill[ent] peu à peu la sensualité » (Sermons, 1617, p. 134-135. Cité par l'Abbé BrÉmond, II, p. 113).
Janvier 1618 François de Sales consacre une chapelle près d'Annecy et d'Urfé éprouve une sorte d'extase (Reure, p. 195).
2 février 1618 D'Urfé réside à Thones, près du lac d'Annecy.
• Le duc de Savoie décerne à d'Urfé, le collier du grand ordre de l'Annonciade, « récompense suprême » (Reure, p. 196).
15 août 1618 Une jeune sœur d'Honoré d'Urfé fait profession dans le couvent de Montbrison (La Mure, II, p. 474).
14 décembre 1618 À la demande du duc de Savoie, d'Urfé écrit le Jugement sur l'Amadeide, Poeme du seigneur Gabriel Chiabrera.
3 janvier 1619 À Turin, d'Urfé assiste probablement aux fêtes qui célèbrent le futur mariage du fils du duc de Savoie avec la seconde fille d'Henri IV et de Marie de Médicis.
5 janvier 1619 Honoré d'Urfé se rend à Villaret, près d'Annecy, pour visiter le sanctuaire du bienheureux Pierre Lefèvre (ou Favre). Originaire de ce village et mort en 1546, Pierre Lefèvre a été un compagnon d'Ignace de Loyola et le premier père Jésuite. François de Sales a consacré l'autel qui lui est dédié vers 1607 (Reure, p. 197). Pierre Lefèvre sera officiellement béatifié seulement en 1872 (Voir ce site, 30 septembre 2010).
• Dans une lettre adressée au recteur des Jésuites de Chambéry, d'Urfé rapporte le choc qu'il a reçu le jour de sa visite. « Arrivé au seuil de la chapelle, il fut saisi d'une sorte de terreur, et n'osa pas avancer avant d'avoir soulagé sa conscience par une confession générale. Il communia avec ferveur, la joie débordait de son âme », écrit le chanoine Reure (p. 197).
• À partir de cette date, chaque année, d'Urfé entreprend à pied le pèlerinage de Villaret. Il s'y rend pour remercier le bienheureux de l'avoir guéri d'un écoulement qui menaçait sa vue (Reure, p. 198). Cette maladie des yeux a dû le marquer ; il en parle encore en 1625, dans sa réponse à l'Académie des Parfaits Amants.
12 février 1619 On joue au Louvre le Grand Ballet de Tancrède pour célébrer le mariage de Victor-Amédée de Savoie et de Chrétienne, la seconde fille d'Henri IV.
7 mai 1619 D'Urfé est à Paris (Reure, p. 203).
• Privilège de la troisième partie de L'Astrée, donné à l'auteur et à deux éditeurs, Olivier de Varennes et Toussaint Du Bray : « laquelle troisiesme partie il desiroit faire imprimer en ceste ville de Paris, avec la premiere et seconde partie qu'il auroit reveuë et corrigee de grandes fautes que la negligence de ceux qui l'ont fait imprimer en ce Royaume sans son consentement y ont laissé glisser, et outre les corrections, il les a fait augmenter de Sommaires et Annotations sur chacun desdits livres, table des matieres non encore cy-devant imprimees, et ont fait faire des desseins, et graver plusieurs planches en cuivre, tant pour la premiere, seconde et troisieme partie dudit Livre ».
• D'Urfé signe alors : « Marquis de Verromé, Comte de Chasteauneuf, Baron de Chasteau-morand, Chevalier de l'Ordre de Savoye ».
• Le romancier dédie la troisième partie à Louis XIII.
• Le portrait de l'auteur en Hercule apparaît pour la première fois.
Privilège, dédicace à Louis XIII et « desseins » sont inclus dans ce site, de même que la dédicace à Henri IV, qui date de 1610. Je n'ai pas trouvé, dans l'édition de 1621, « Sommaires et Annotations sur chacun desdits livres ».
• À quelle date Honoré d'Urfé quitte-t-il Paris ?
« Il semble que, depuis 1619 jusqu'à sa mort, il n'y a plus fait aucun séjour un peu prolongé » (Reure, p. 329).
6 août 1619 Privilège des Epistres morales et amoureuses. Reveu corrigé et augmenté en ceste derniere Edition. Paris, Gilles Robinot, 1619. Épître d'Antoine Favre au Duc de Savoie. Épigramme en latin signée G. de La Theoliere.
• Les éditions postérieures des Epistres ne comprennent plus les epistres amoureuses, qui viennent de L'Astrée (Bernard, p. 147).
22 août 1619 D'Urfé est à Saint-Just-en-Chevalet en Forez, avec Diane de Châteaumorand. Ils signent un accord avec Anne d'Urfé au sujet d'une tapisserie qui lui appartient et qu'ils désirent conserver.
Octobre 1619 François de Sales séjourne à Châteaumorand (McMahon, p. 24, note 97).
30 octobre 1619 D'Urfé assiste probablement à l'entrée du duc de Savoie à Chambéry.
2 novembre 1619 D'Urfé est à Virieu.
11 janvier 1621 Mariage d'une nièce d'Honoré d'Urfé avec un seigneur de Savoie. Honoré et Diane assistent à la cérémonie au château de Bâgé.
22 janvier 1621 D'Urfé donne à Diane une procuration générale pour le gouvernement et l'administration de tous ses biens.
23 juin 1621 Mort d'Anne d'Urfé. Honoré passe l'été en Forez.
14 août 1621 Diane de Châteaumorand obtient une sentence qui la déclare séparée de biens d'Honoré d'Urfé, peut-être pour se protéger des créanciers de son époux.
28 octobre 1621 François de Sales vient en Forez pour la translation des reliques de Saint Germain. Je remercie Sabine Cheramy qui m'a envoyé une photo de la pierre sur laquelle cette information est donnée.
1622 Publication de L'Alexis, roman de Jean-Pierre Camus, qui est une adaptation dévote de L'Astrée.
Novembre 1622 « On ne parloit à la Cour de France que d’armements, que d’executer le dessein pris entre le Roy, la Seigneurie de Venirse, et le Duc de Savoye, dez le mois de Novembre 1622. pour faire restituer aux Grisons la Valteline » (Mercure franÇois, 1624, p. 499).
28 décembre 1622 François de Sales meurt à Lyon. Sa dépouille est transportée à Annecy.
20 janvier 1623 À la hauteur de Saint-Rambert-en-Bugey, « voilà arriver en poste Honoré d'Urfé, marquis de Valromey, chevallier du grand Ordre de Savoye, ayant desjà faict trois lieues pour atteindre la procession funèbre. Il fleschit les genoux au milieu d'un bourbier, arrousa la chasse du deffunct prélat de larmes très amères, et fist à haute voix des prières à sa bien-heureuse mémoire » (document cité par le chanoire Reure, p. 331).
Automne 1623 D'Urfé est en Forez.
20 novembre 1623 François Pomeray obtient un privilège pour la quatrième partie de L'Astrée, un manuscrit que lui a remis une nièce d'Honoré d'Urfé. Cette nièce se nomme parfois Gabrielle (Bernard, p. 166 ; Reure, p. 209 ; Koch, p. 390), et plus rarement Geneviève (Plazenet, p. 62, note 125). À cause de son âge en 1623, à cause de sa position sociale, à cause de ses goûts littéraires (Henein, p. 884, note 3), Geneviève est probablement responsable de la publication de la première « Quatrième partie » du roman.
2 janvier 1624 Parution de quatre livres (et quelques pages) de la quatrième partie de L'Astrée chez François Pomeray.
28 février 1624 Mort d'Antoine Favre.
1er mars 1624 Quarante-huit princes et princesses allemands envoient à Honoré d'Urfé une lettre, datée du « Carrefour de Mercure, le 1 du mois de Mars, 1624 », qui renferme leurs quarante-huit sceaux. Ils ont formé une Académie des Parfaits Amants, pris les noms de personnages de L'Astrée, et demandent à d'Urfé la suite de son roman.
• Le chanoine Reure cite une partie de la réponse d'Honoré d'Urfé (p. 211). La Sixiesme partie, éditée par Bernard Yon, présente deux réponses dues probablement à Gomberville (p. 11).
• Je remercie Sabine Chéramy (Centre culturel de Goutelas) qui m'a donné une copie de la lettre des Parfaits amants et de la réponse du romancier. Cette copie est tirée de l'édition de Robert Foüet (1625, n. p.). Je reproduis dans les Annexes le texte de la lettre avec les noms des signataires ainsi que la réponse d'Honoré d'Urfé.
8 mai 1625 Le Mercure franÇois de 1625 écrit : « M. le Prince de Piémont prit dix mil hommes de l’armee pour s’aller faire faire ouverture des passages des montagnes » (p. 491). « Le 8 mai jour de sa naissance qu’il voulut signaler par quelque heureux commencement de ceste expédition. Et pour ce fit venir à soy les Regiments d’Urfé, du Flechet, et Valencé » (p. 492).
24 mai 1624 D'Urfé fait saisir les exemplaires de la quatrième partie frauduleuse avec une violence qu'il n'avait pas montrée devant les nombreuses publications pirates de ses œuvres antérieures (Henein).
1624 Honoré d'Urfé rencontre Olivier Patru (1604-1681) à Turin.
1624 Le duc de Savoie invite Van Dyck à Turin (Michael JaffÉ, mars 2007).
3 février 1625 Privilège donné au « Berger désolé », mais le titre est : Tristes amours de Floridon, berger, et de la belle Astrée, naiade. Ce texte est dédié à M. de Chambrey. Il est imprimé avec les Fortunées amours de Poliastre et de Doriane.
• « Personne n'aurait osé, de son vivant, se faire donner un privilège sous son nom. Ce mince opuscule est donc d'Hororé d'Urfé, bien qu'il soit très faiblement conçu et exécuté » (Reure, p. 334). « On pourrait douter que ce petit opuscule [...] fût d'Honoré », écrit Auguste Bernard (p. 177).
• Je pense que ces deux œuvres ne sont pas d'Honoré d'Urfé (En 1990, Henein, p. 897, et en 1999, Henein, p. 17, note 22).
10 mars 1625 Honoré d'Urfé, qui est alors à Châteaumorand, en Forez, répond aux princes allemands en leur promettant de donner une suite au roman « quand le bruit du canon cessera, et que la douceur de la paix nous ostera l'espée de la main » (Reure, p. 211). Voir Responce.
11 mars 1625 « Un acte notarié établit qu'il remet le 11 mars 1625 à son 'homme de chambre' B. Dessay le manuscrit en douze livres d'une quatrième partie » (Plazenet, p. 59). Paule Koch souligne que le notaire se nomme Bal et qu'il habite Virieu (p. 390). Où a lieu cette procédure juridique puisque l'auteur réside à Châteaumorand ? Bal est le notaire engagé par Balthazar Dessay pour dresser l'inventaire de la maison d'Honoré d'Urfé à Virieu.
12 avril 1625 Privilège donné à La Sylvanire ou la Morte-vive, dédiée à Marie de Médicis (KOCh, p. 391). Cette pastorale dramatique en cinq actes et en vers blancs ne sera publiée qu'en 1627.
29 avril 1625 Honoré d'Urfé reçoit des ordres pour lever un régiment. L'Espagne contrôlait le passage de la Valteline, près de Gênes. En septembre 1624, Richelieu s'entend avec le Piémont et la République de Venise pour chasser les Espagnols.
8 mai 1625 Le Mercure franÇois de 1625 écrit : « M. le Prince de Piémont prit dix mil hommes de l’armee pour s’aller faire faire ouverture des passages des montagnes » (p. 491). « [...] le 8 mai jour de sa naissance qu’il voulut signaler par quelque heureux commencement de ceste expédition. Et pour ce fit venir à soy les Regiments d’Urfé, du Flechet, et Valencé » (p. 492).
9 mai 1625 Le duc de Savoie s'approche de la ville de Gênes. D'Urfé et ses hommes s'occupent de la montagne.
14 mai 1625 D'Urfé, maréchal de camp, conduit l'avant-garde.
16 mai 1625 La ville d'Oneglia se rend. « Après cette action glorieuse, le nom d'Honoré d'Urfé n'est plus prononcé dans aucune des relations que nous avons eues sous les yeux » (Reure, p. 350).
Malgré les victoires que remporte le duc de Savoie, Richelieu ne le mentionnera pas quand il signera un traité de paix avec l'Espagne en 1626.
• Le Mercure décrit longuement cette bataille et nomme le marquis d'Urfé (Jacques) et le marquis de Chasteaumorand, maréchal des camps. C'est le 16 mai, le jour de la reddition du château d'Oneigla, que « M. de Chasteaumorand » est nommé pour la dernière fois (p. 504). Le Mercure signale que les troupes du marquis d'Urfé sont « logées vers la marine » le 16 mai 1625, après la bataille, la veille de la Pentecôte (p. 507). Le Mercure n'annonce pas le décès du romancier. « Ainsi aux mois de Mars, Avril et May de cette annee les armes des Savoyards et des François desfirent dans le pays des Gennois tout ce qui se presenta pour leur resister », conclut le Mercure (1625, pp. 509-510).
Mai 1625 Honoré d'Urfé est transporté à Villefranche, près de Nice, chez son frère, Jacques. Il souffre d'une pneumonie d'après Huet (qui l'aurait appris de Charles-Emmanuel d'Urfé) (Reure, p. 350), ou d'une chute de cheval d'après La Mure (Bernard, p. 168). Comme le testament nomme un chirurgien et non un médecin, il s'agissait sans doute d'une chute de cheval.
30 mai 1625 D'Urfé dicte son testament en italien. Il institue son frère, Jacques, son légataire universel, avec substitution au profit de son neveu, Charles-Emmanuel. Il lègue à Diane ses deux bagues, et « une petite croix d'or avec le portrait de lad. dame Diane, qu'il a au cou » (Doublet, p. 211).
• Comme son maître et ami, le duc de Nemours, Honoré d'Urfé ne meurt pas l'épée à la main. Il explique dans les Epistres morales que le duc de Nemours, sur son lit de mort, a déclaré : « Il est bien plus honorable d'estre tué de la fievre que d'un soldat [...] mourir de la main d'un soldat, c'est tousjours estre inferieur en quelque sorte à un homme » (I, 9, p. 76).
1er juin 1625 Quand les funérailles d'Honoré d'Urfé se déroulent à Turin, Diane de Châteaumorand est à Paris, rue du Four (Reure, p. 354).
• Le corps d'Honoré d'Urfé est probablement transporté en Forez. Il aurait été enterré à la Bastie, près du Lignon, s'il fallait en croire Balthazar Baro.
Anne d'UrfÉ écrit que c'est à Bonlieu que les d'Urfé « ont leur sepulture generalle au milieu du cueur de l'église, qui est une des plus belles sepultures de gentislhommes de France », avec une épitaphe en vers composée par sa grand-mère, Jeanne de Balsac (p. 31).
16-19 juin 1625 Inventaire de la maison de Virieu fait en la présence de Balthazar Dessay (ou d'Essay), représentant de Jacques d'Urfé. Le juge et son assistant sont des Fabri. Jean Bal n'est que greffier (Reure, p. 354).
1er juillet 1625 À Paris, au greffe du Châtelet, Diane de Châteaumorand renonce à la communauté de biens. Elle se rend ensuite à Virieu. Comme le notaire attitré d'Honoré d'Urfé était Hugues Fabri, Diane s'adresse à sa veuve, Philiberte de Lucinge (Reure, p. 355). Elle rentre ensuite à Châteaumorand.
31 octobre 1625 Diane écrit son testament et lègue tous ses biens à son neveu, Jean-Claude de Lévis-Charlus, à condition qu'il adopte le nom et les armes des Châteaumorand.
8 mars 1626 Mort de Diane de Châteaumorand (Reure, p. 356).

Ecusson

AUX

DIEUX MANES

ET
A LA MEMOIRE ETERNELLE
DU PLUS AYMABLE BERGER
DE LIGNON 

Annonciade

Épitaphe de Silvandre pour le cénotaphe de Céladon
Honoré d’Urfé, L’Astrée (II, 8, 552).

Le blason d'Honoré d'Urfé et
le collier de l'Ordre de l'Annonciade,
dessinés par Arnaud Bunel,
viennent de son site, Héraldique européenne (30 septembre 2010).
Les armes d'Honoré d'Urfé sont maintenant à cette adresse (18 septembre 2013) et à cette adresse (8 décembre 2013).