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Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé

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SignetRÉPERTOIRE

des noms propres qui ne désignent pas des personnages du roman

Orientation

Cliquer sur un nom propre marqué en vert renvoie aux analyses présentées dans les tableaux du Répertoire. Vous pouvez également y arriver en passant par l'Index des noms propres ou encore en cliquant sur l'initiale du nom dans la colonne de droite de ce document.

Ce Répertoire réunit des noms propres qui figurent dans l'une ou l'autre des éditions des trois premières parties de L'Astrée que je présente dans ce site. Ces noms propres appartiennent à des dieux, à des lieux, à des peuples, et aux contemporains d'Honoré d'Urfé qui sont désignés par leur nom dans les textes liminaires (par exemple l'éditeur, Toussaint Du Bray). Ils ne renvoient donc pas aux personnages du roman, qui, eux, figurent dans un Tableau des Personnages distinct. Ils ne renvoient pas non plus à la famille ou aux amis d'Honoré d'Urfé, qui ne sont pas nommés dans le roman et qui sont réunis dans les Notes, par exemple Ronsard η.

Dans quelle partie du roman survient tel ou tel mythe, tel ou tel nom de pays ? Le chiffre qui est dans la troisième colonne du tableau, et la couleur de la deuxième colonne l'indiquent.

PREMIÈRE PARTIE

DEUXIÈME PARTIE

TROISIÈME PARTIE

De plus, la couleur de la première colonne indique le domaine auquel appartient le nom propre :

Actualité
Géographie
Histoire
Littérature
Mythologie

Au cœur des analyses, mes remarques sont sur un fond de cette couleur
Remarques

Les variantes sont encadrées d'orange
Variantes

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Le Répertoire illustre particulièrement bien ce qui différencie la première partie de la deuxième et de la troisième. « À un début troublant et allégorique succède un exposé sentencieux à peine divertissant lui-même suivi de narrations qui assemblent les aventures et leur explication morale » (Henein, p. 21).

La première et la deuxième partie de L'Astrée renferment à peu près le même nombre de noms propres qui ne désignent pas des personnages (199 vs. 197). Alors que la première partie nomme 23 noms de peuples, ces tribus qui s'entrechoquaient en Gaule et en Italie, la deuxième en présente 52, plus du double. Cela signifie que les migrations historiques et les batailles généralisées prennent plus d'importance dans les récits de la deuxième partie. D'un autre côté, la première partie renvoie à 73 mythes, signes d'érudition littéraire, la deuxième à 43 seulement, presque la moitié. En fait, après la publication de la deuxième partie, en 1610, Honoré d'Urfé a transformé l'orientation de son roman en remplaçant la multitude de dieux païens par une trinité celte. L'Astrée devient un hymne à la tolérance religieuse.

Après la mort d'Henri IV, le ton change. En 1619, l'auteur de L'Astrée semble se détendre. La troisième partie s'avère à la fois plus longue et plus équilibrée que celles qui l'ont précédée. Elle favorise autant la littérature que l'histoire puisqu'elle nomme 61 mythes et 59 peuples.

Ignorer les repères historiques, c'est affaiblir l'architecture de L'Astrée (Voir Chronologie historique). Ignorer les mythes, c'est priver une œuvre de l'époque baroque de l'un de ses ornements les plus prégnants. Les dieux grecs et païens se prêtent au sous-entendu et au détournement. Ils se bousculent dans toutes les manifestations festives du XVIe et du XVIIe siècle. Ils figurent même par exemple au cœur d'un surprenant feu d'artifice lors d'un mariage franco-savoyard (Mercure franÇois, 1618, p. 280-281).

Voici un résumé qui montre l'étendue des connaissances d'Honoré d'Urfé, aussi à l'aise dans l'histoire que dans la mythologie.

  Total L'Astrée I L'Astrée II L'Astrée III
Longueur   406 ff. 892 p. 548 ff.
Noms propres du Répertoire 425 199 197
(117 nouveaux)
234
(109 nouveaux)
Peuples 93 23 52
(36 nouveaux)
59
(34 nouveaux)
Mythes 116 73 44
(22 nouveaux)
62
(21 nouveaux)

Quelques commentaires s'imposent :

• Le mythe inventé par Honoré d'Urfé, la fontaine de la Vérité d'amour η, est commenté dans les Notes et non dans le Répertoire. Le nom de la fontaine rapproche des noms communs d'ailleurs, pas des noms propres.

• Les noms propres des dieux celtes, latins ou grecs figurent dans ce Répertoire, mais pas le nom « Dieu ».
Dieu n'a pas droit de cité parce qu'il « Il ne peut avoir de vraye definition », comme l'écrit FuretiÈre. Le mot, au singulier ou au pluriel, avec ou sans majuscule, apparaît 251 fois dans la première partie, 412 fois dans la deuxième (64 % de plus), et 359 fois dans la troisième (13 % de moins). La deuxième partie reste donc celle qui accorde le plus de place à la religion.
La variante ajoute ou enlève la majuscule de Dieu (I, 10, 348 verso) ; elle transforme Dieux en Dieu (I, 3, 48 recto ; II, 10, 666) ou Dieu en Dieux (I, 10, 348 verso ; III, 4, 131 recto), sans qu'il soit possible de déterminer la raison de ces changements.
Qui plus est, tout au long du roman, Dieu(x) peut jouer le rôle d'une simple exclamation (I, 10, 327 verso ; II, 10, 639 ; III, 4, 134 verso).

• Deux divinités païennes omniprésentes dans L'Astrée se rencontrent dans les savantes Epistres morales, mais peuvent détenir un statut de nom commun : Fortune et Amour m'ont posé un cas de conscience !

Mis à part le personnage dénommé Fortune, il y a dans le roman la Fortune déité (avec ou sans majuscule dans le texte) qui se trouve décrite dans le Répertoire, et l'expression de fortune, synonyme de « par hasard », expliquée dans le Glossaire.

Quant à Amour, s'il est sans article, et s'il est sujet ou complément d'un verbe, je le considère comme une déité, qui figure donc dans le Répertoire. Je reconnais sans peine que la distinction entre le dieu et le sentiment qu'il inspire peut sembler arbitraire.