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Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé
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Généalogie




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qui ont pu influencer Honoré d'Urfé, ses ancêtres ou ses contemporains.

La Fortune est comme la fievre,
qui vient en tout temps, en tous lieux,
à toutes sortes de personnes.

Honoré d'Urfé,
Epistres morales, I, 14, p. 122.

À côté de dates importantes pour l'histoire de la famille d'Urfé η, j'ajoute nombre d'informations plus générales pour mieux dessiner l'arrière-plan de la biographie d'Honoré d'Urfé.

1106 ? « Ce fut Ulfe IV qui vers l'an 1106 au siège d'Antioche, changea les armes de Saxe, en celles d'Urfé, qui sont de Vair au chef de Gueules » (Huet, p. 849).
1129 ? Un Wulfe, originaire d'Allemagne méridionale, se serait marié en Forez en 1129 et aurait construit le château d'Urfé (Reure, p. 5).
« Cette tres-noble maison derive sa source la tres-haute maison des Comtes Ulphes d'Allemagne, tige des Ducs de Baviere, et Comtes d'Altorf, et de Ravensbergue » (La Mure, II, p. 473). Le nom des d'Urfé figure dans des documents dès 1174 (La Mure, II, p. 321).
1256 « Arnold seigneur d'Urfé I du nom, surnommé Raibi, vivant l'an 1256 ». C'est ainsi que MorÉri commence la dynastie des d'Urfé dans son Dictionnaire historique.
1272 La Bastie η entre dans la famille d'Urfé grâce au mariage d'Arnoul et de Marguerite de Marcilly (Claude d'UrfÉ, p. 39).
1408 Guichard d'Urfé épouse Eléonore de Lavieu (La Mure, II, p. 383). Les armes des d'Urfé et des Lavieu sont « contreversées », « indice de la grande affinité originaire de ces deux maisons » (La Mure / A. Bernard, p. 26). C'est une coïncidence.
1410 Guichard d'Urfé est nommé bailli η de Forez, charge qui devient héréditaire.
1418 Jean d'Urfé est assassiné par ses domestiques avec presque toute sa famille, y compris son oncle, Guichard (Reure, p. 4). « En 1418, c'est un seigneur d'Urfé et toute sa famille qui est massacré par des domestiques. Seul un bébé à qui l'on avait fait choisir entre une pomme et une pièce d'or eut la vie sauve en préférant le fruit. Les coupables furent retrouvés et châtiés à l'exception d'un seul, réfugié dans les sombres forêts de Noirétable. La Vierge lui apparu et il fonda l'ermitage de Notre-Dame. Jusqu'au début du XXe siècle, assure certains, on pouvait voir une trace sanglante sur le lieu du massacre, dans le château des Cornes d'Urfé » (Site forezhistoire, 15 avril 2016).
1444 ? Pierre Ier, fils de Jean, échappe au massacre parce qu'il se trouve à Paris. Grand maître des arbalétriers de France (Reure, p. 5), il assiste au sacre de Charles VII. Il se marie trois fois et laisse plusieurs enfants. Sa troisième épouse est Jeanne de Joyeuse (MorÉri), alliée au célèbre Anne, duc de Joyeuse. Pierre Ier meurt vers 1444.
Avant 1483 Pierre II, fils de Pierre Ier d'Urfé, est exilé par Louis XI dit le Prudent. « Ayant quitté la France pour voyager, il passa jusqu'à Constantinople, où il porta les armes sous Selim II dont il fut fort estimé ; et à son retour, comme il n'étoit pas bien dans l'esprit du roi, il s'attacha au service du duc de Guienne son frere, qui s'engagea dans le parti des ducs de Bourgogne et de Bretagne » (MorÉri). Charles VIII fait Pierre d'Urfé grand écuyer.
• Daniel Huet propose une biographie légèrement différente de ce personnage haut en couleur : « Pierre, que l'histoire de la Généalogie marque avoir été Chevalier de saint Michel, de la Toison, et du saint Sépulcre, sous les règnes de Charles VII, de Louis XI et de Charles VIII. Il passa du service de François duc de Bretagne, dont il était Ambassadeur, à celui de Louis XI et fut fait grand Écuyer de France. Il se trouva à la bataille de Ravenne, et c'est de lui que parle si souvent Philippe de Commynes » (p. 850).
• Un ami de Pierre II d'Urfé « fut fait prisonnier au chasteau d'Usson en Auvergne, pour avoir tué sa femme sur l'opinion que le roy en avoit joui ». D'Urfé le libère en forçant la prison. Le roi l'exile (Bernard, p. 37, note 2).
• La vie mouvementée et la mort édifiante de ce curieux personnage ont pu inspirer au romancier les aventures d'Alcippe (Gaume, p. 204-205).
1496 Pierre II, fonde le couvent de sainte Claire à Montbrison (La Mure, II, p. 371). Il s'agit de sainte Claire d'Assise, canonisée en 1255 (Voir ce site, 30 septembre 2010). Le monastère des Clarisses existe encore.
24 février 1501 Naissance de Claude d'Urfé, fils unique de Pierre II et d'Antoinette de Beauveau (Bernard, p. 46, note 1).
10 octobre 1508 Mort de Pierre II d'Urfé, grand écuyer de France. Par humilité, il se fait enterrer devant la porte du couvent qu'il a fondé (Anne d'UrfÉ, p. 29).
Août 1532 Claude d'Urfé (1501 - 1558) épouse Jeanne de Balsac, fille de Pierre de Balsac et d'Anne de Graville. « François Ier le nomme ambassadeur à Rome et au concile de Trente » (Reure, p. 6).
• Voici les titres qu'Anne d'UrfÉ donne à son grand-père : « Gouverneur des enfans de France, chevallier de l'ordre du Roy, surintendant de la maison du Roy Dauphin, Cappitaine de cent hommes d'armes soubz sa charge, et baillif de Forez » (p. 28).
• Claude d'Urfé agrandit et embellit la Bastie η. Sa bibliothèque compte près de 4 600 volumes (Claude).
• On trouve un portrait de Claude d'Urfé par Jean Clouet dans ce site (30 septembre 2010. Voir Galerie des portraits).
• Daniel Huet écrit : « Sa mort arrivée en 1577 [sic] l'empêcha de recevoir le Bâton de Maréchal de France, dont il avait obtenu le Brevet » (p. 851).
• L'épouse de Claude d'Urfé, Jeanne de Balsac, a composé une épitaphe en vers pour la tombe familiale. Quand elle meurt à 26 ans, son époux écrit une longue et touchante épitaphe (Claude, p. 209). Pendant les guerres de religion, la tombe est profanée. Le corps de Jeanne, morte trente-deux ans auparavant, a saigné, affirme Anne d'UrfÉ (p. 31).
• La mère de Jeanne de Balsac, Anne de Graville, est l'auteur du Roman de Palamon et Arcita, manuscrit qui a inspiré un récit de la deuxième partie de L'Astrée, l'Histoire de Doris, Palémon et Adraste (Henein, pp. 59-66).
• Anne d'UrfÉ décrit la Bastie η en 1607, dans sa Description du Pais de Forez, comme une maison « accommodée comme à souait d'un beau bois d'haulte futaye aboutissant au jardin, d'une belle riviere qui est Lignon, de cantité de beaux et clairs ruisseaux, de belles et grandes prairies, et de force belles fontaines » (p. 29). Cette « maison champestre » jouxte « un beau couvent de cordeliers » qui semble n'avoir été construit « que pour le seul service de ceste maison » (p. 29).
• La chapelle de la Bastie, ajoute-t-il, est « estimée à bonne raison la plus belle de France » (p. 29).
La Mure dans son Histoire universelle, civile et ecclésiastique du pays de Forez (I, 1674) parle d'« une merveille de l'art », « un recueil et un assemblage de plusieurs Chefs-d'œuvre de Peinture, Sculpture, Menuizerie, Ouvrages à la Mosaïque et pieces rapportées, qui attirent la curiosité et l'admiration generale de ceux du païs et des Estrangers, et reste avec ce rare tombeau de Marbre relevé de figures qui paroit dans l'Eglise Abbatiale de Bonlieu en ce mesme païs, comme un éternel monument d'une pieté très-insigne hereditaire à la maison d'Urfé » (I, p. 258).
25 avril 1536 François Ier entre à Montbrison. Il visite la Bastie (Bernard, p. 9). On lit cette inscription dans l'église, « accompagnée des armes et hierogliphes de ce Roy.
     Le jour saint Marc l'an mil cinq cent trente-six
     Fut le sejour du tres-Chrestien François
     Premier du nom puissant Roy des François
     Par seize jour en ce Logis assis »
(La Mure, II, p. 319).
1542 Mort de Jeanne de Balsac (Bernard, p. 48).
1543 Claude d'Urfé fait construire un tombeau pour son épouse à Bonlieu. C'est « un magnifique monument de marbre, autour duquel sont representés, en sculpture curieusement recherchée, les misteres de la passion de nostre Seigneur, avec les quatre animaux evangeliques de mesme, portans les armes d'Urfé, aux quatre coings de ce tombeau, qui est au milieu du chœur de l'eglise, et est un des plus somptueux et magnifiques qui soient en France » (La Mure / Bernard, p. 48).
23 mai 1554 Le fils de Claude d'Urfé, Jacques Ier (1534 - 1574), épouse en 1554 Renée de Savoie, descendante des Lascaris η. Claude fait « porter par honneur le nom de Lascaris conjoinctement avec le sien à l'aisné de ses enfans » (La Mure, II, p. 384). Renée de Savoie est la fille de Claude de Savoie et de Marie de Chabannes. (Voir Généalogie). Selon le contrat de mariage qui est aux Archives de Savoie (FRAD73-10F 330 Vue 4), la dot de trente mille livres tournois comprend des terres. Le mariage se fait sous l'égide de Madeleine de Savoie, duchesse de Montmorency, la tante de Renée.
• Le contrat de mariage est passé à Compiègne en présence du roi Charles IX (La Mure / Bernard, p. 54).
Jacques d'Ufé et Renée de Savoie auront six filles η et six fils. L'un des fils meurt jeune ; les cinq autres sont Anne η († 1621), Jacques II η († 1657), Christophe η († 1597), Honoré († 1625) et Antoine η († 1594).
• Marie de Chabannes et Jeanne de Balsac, les aïeules d'Honoré d'Urfé, appartiennent aux deux familles généralement associées aux célèbres tapisseries de la Dame à la Licorne. Ces tapisseries marquent l'union de Jean de Chabannes et de Claude Le Viste. Le premier époux de Claude Le Viste était Geoffroy de Balsac. Les tapisseries se trouvaient chez Eléonore de Chabannes en 1595 (Henein, p. 122). L'histoire déjà complexe des tapisseries fait l'objet de nouvelles études, me signale aimablement Jacky Lorette. (Voir son site, 5 mai 2014).
12 avril 1558 Antoine Lelong de Chenillac épouse Gabrielle de Lévis η-Charlus. Les époux sont protestants η. Ils héritent des biens du grand-oncle de Gabrielle. Antoine prend le nom et les armes des Châteaumorand.
• Anne d'UrfÉ déclare pourtant (mais plus tard, en 1607) que tous les Foréziens sont « bons catholiques, n'i ayant pas un taché des oppinions nouvelles de Luter, de Calvin, ni de pas un de leurs compagnons » (p. 32).
1558 Mort de Claude d'Urfé. Dans son testament, il défend « touttes Ceremonies superflues, Et pompes mondaines » (Archives de Savoie, FRAD73-10F 330, Vue 11).
9 juillet 1559 Mariage de Marguerite de France, fille de François Ier, avec Emmanuel-Philibert, duc de Savoie.
10 juillet 1559 Mort d'Henri II, fils de François Ier.
30 novembre 1561 Naissance de Diane de Châteaumorand η.
Anne d'UrfÉ écrit que la maison des Châteaumorand « est fort serrée » [compacte], mais qu'elle possède toutes les « commoditez de batimant », un grand jardin, des étangs et une belle vue (p. 30). Honoré d'Urfé sera appelé à y vivre.
(Voir Notes en images).
12 janvier 1562 Naissance de Charles-Emmanuel de Savoie, fils de Marguerite de France et d'Emmanuel-Philibert. (Voir Galerie).
13 juillet 1562 François de Beaumont, baron des Adrets, attaque Montbrison (Longeon, p. 29).
1565 L'évêque Alphonse Delbène compose pour Marguerite de Savoie « une véritable utopie en images, la Cité de la vérité », une ingénieuse illustration de l'Éthique d'Aristote (Stegmann, p. 260).
11 février 1567 Dans l'église des Accoules η (Marseille), baptême d'Honoré d'Urfé, « fils de noble prince magnific seigneur Monseigneur Durphé et de madame trez redoutée η Madame Renée de Savoye, mariés » (Reure, p. 1). (Voir 1567 η et Cartothèque).
• « Il fut tenu sur les Fonts de Baptême par Honoré de Savoie, Comte de Tende, son oncle ; et Antoine Lescalin des Aimars, Baron de la Garde, et Général des Galères de France » (Huet, p. 856).
• Honoré ou Honorat de Savoie est alors « comte de Tende et de Sommerive, chevalier de l’ordre du roi, capitaine de cent hommes d’armes de ses ordonnances, grand sénéchal, gouverneur et lieutenant pour le roi en Provence, amiral des mers du Levant » (Panisse-Passis, p. 124). Marié en 1558 et veuf en 1567, il se remarie mais meurt sans enfants.
(Voir Généalogie et Galerie).
Octobre 1568 Honorat de Savoie se rend auprès du duc d'Anjou (futur Henri III). Il note dans une lettre « l’extreme hyver qu’il fit, ayant eu tout au long la glace et la neige » (cité dans Panisse-Passis, p. 127).
7 octobre 1571 Victoire de Lépante. Elle sera annoncée dans L'Astrée, où la ville porte son nom ancien, Naupacte.
22 octobre 1571 Contrat de mariage entre Anne d'Urfé et Diane de Châteaumorand (Longeon, pp. 49-55).
• Il est convenu de « laisser lesd[its] espoux et espouse en playne liberté de leur religion et conscience » (Longeon, p. 55 ; Reure, p. 113). Diane se convertira plus tard au catholicisme.
24 août 1572 « Cruautez barbaresques de la journee Sainct-Barthelemy, dans Paris, en l'an 1572, qui s'espandirent depuis par toute la France » (Pasquier, Lettres familières, XIX, 9, p. 295).
Janvier 1573 Mort d'Antoine de Châteaumorand, père de Diane.
1574 ou 1575 Célébration du mariage d'Anne d'Urfé et de Diane de Châteaumorand qui a treize ou quatorze ans.
30 mai 1574 Mort de Charles IX, fils d'Henri II et de Catherine de Médicis.
23 octobre 1574 Mort de Jacques d'Urfé, probablement empoisonné (Longeon, p. 16). Honorat de Savoie, alors en procès contre Mme d'Urfé, sa nièce, Renée, écrit : « Le pouvre homme est mort de desplaisir ce pleignant durant sa maladie disant que sa femme le destuisoit pour l’avoir voulue croyre plustost que son conseil » (Archives de Turin, lettre du 25 janvier 1575, cité par Panisse-Passis, p. 156). Il se peut que des gens bannis de Tende par Renée d'Urfé se soient vengés en empoisonnant son époux (Ibid., p. 156, note 2).
• Anne d'Urfé, fils aîné, devient bailli η du Forez. Honoré a sept ans.
16 novembre 1575 Renée de Savoie, « relaissée [veuve] de feu Monsieur d'Urfé » (Guichenon, p. 70), est à Turin où elle signe un contrat avec le duc de Savoie au sujet d'un échange de terres (Guichenon, p. 68). Dans « l'Érection du comté de Chasteauneuf », il est pourtant écrit que « les contracts d'échange [ont été] faits en l'année mil cinq cens quatre vint et deux » (Guichenon, p. 192). Un manuscrit des Archives de Savoie donne bien 16 novembre (1575 FRAD73-10F 330. Vue 17). Renée cède Marro et Prela qu'elle a hérité de son frère, Honorat de Savoie, en échange du revenu annuel de la ville de Rivolles et du comté de Baugé η, qui devient marquisat (FRAD73-10F 330. Vue 21).
1577 ? Honoré d'Urfé entre au collège de Tournon, un établissement fondé en 1542 et donné aux Jésuites η en 1561. (Voir Cartothèque).
15 octobre 1581 Beaujoyeux explique que son « Balet comique de la Royne faict aux nopces de Monsieur de Joyeuse et de Mademoiselle de Vaudemont » fut appelé « comique », non « pour la qualité des personnages qui sont presque tous dieux et desses ou autres personnes heroïques », mais pour sa « belle, tranquille et heureuse conclusion » (cité par Paquot, p. 37, note 2).
14 novembre 1581 Articles pour le contrat de mariage de Catherine d'Urfé et de Jean du Planet, signés au château de Baugé η, Archives de Savoie FRAD73-10F 330. Vue 28. Parmi les signataires, on rencontre Paul Camille de Cavalque, futur (?) époux de Madeleine d'Urfé, et Pascal Antoine de Rochefort, chevalier du Saint-Sépulcre, qui a épousé Françoise d'Urfé en 1556 (FRAD73-10F 330. Vue 49a).
Le mariage de Madeleine est mentionné et la dot décrite (FRAD73-10F 330. Vue 34b). Il semble avoir eu lieu en même temps que le mariage de Catherine.
1er mai 1582 « Échange de la seigneurie d'Eschez par Charles Emanuel, duc de Savoie η à Renée de Savoie contre le comté de Tende, Limon et Vernant ». Renvoi aux articles signés le 15 septembre 1575. Archives de Savoie FRAD73-10F 330. Vue 57.
25 février 1582 C'est à Turin, dans la maison de Renée d'Urfé, marquise de Baugé η que Catherine et Madeleine d'Urfé se marient. Catherine épouse Jean Du Planet. Anne d'Urfé a donné une procuration à sa mère pour remettre à chacune de ses sœurs sa part d'héritage, soit « dix mille livres tournois monnaie de France ». Le futur époux « enjovallisera » Catherine en lui donnant des bijoux pour cinq cents écus. Madeleine épouse Paul Camille Cavalque (Archives de Savoie, FRAD73-10F 330. Vue 38).
1er mai 1582 Le duc de Savoie cède à Renée de Savoie, petite fille du Grand Bâtard de Savoie, les seigneuries de Châteauneuf et de Virieu η, puis fait de Châteauneuf un comté. « Il fut convenu que son A[ltesse] payeroit à ladite Marquise de Baugé douze cents escus d'or touts les ans, toutefois ce Contract ne fut pas exécuté » (Guichenon, p. 50). (Voir Généalogie et Transactions η).
Décembre 1582 « En de mois de décembre, fut confirmé par édit du Roi, la réformation du calendrier par le Pape, pour le retranchement de dix jours, tellement que le 10 de décembre on compta 20 » (L'Estoile, I, p. 225).
2 juillet 1583 Publication de La Triomphante entrÉe de Madame Magdeleine de la Rochefoucault, signée « Honoré d'Urfé, Chevalier de Malte ». Ce texte célèbre l'entrée de Madeleine de la Rochefoucauld qui vient d'épouser Just-Louis de Tournon, protecteur du collège. L'événement a eu lieu le 24 avril 1583.
• Christophe η d'Urfé signe les vers consacrés à « l'Écho du grand Pont de Doux » (Triomphante entrÉe, pp. 99-100). Mis à part Jacques II η, tous les frères d'Urfé ont été poètes.
12 janvier 1584 Honoré d'Urfé est reçu « dans la chancellerie de l'Ordre à Malte. Les statuts de l'Ordre à cette époque exigeaient que l'aspirant se présentât en personne à la chancellerie » (Baldner, p. 176).
• Maxime Gaume s'étonne qu'« aucune pièce ne relate la prise d'habit, pas plus qu'un départ de caravane » (p. 155), et se demande si d'Urfé ne serait pas plutôt « entré dans les rangs de la Commanderie de Saint Jean des Prés à Montbrison » (p. 173).
1586 La peste est à Montbrison. Une Clarisse écrit : « La désolation était si grande que la ville demeura déserte par la mort et la fuite de ses habitants. On voyait l'herbe pousser dans les rues » (Site forezhistoire, 15 avril 2016).
Septembre 1586 « Deluge en la riviere Loire auquel s'est perdu huict personnes tant petits que grands et démoly cent et tant de maisons » (Jean Canard, Le Temps qu'il faisait, p. 21, cité par Longeon, p. 47, note).
1587 Mort de Renée de Savoie (née vers 1535), mère d'Honoré. La mésentente de ses fils l'a peut-être tuée (Longeon, p. 18). « Après un pèlerinage en Terre Sainte, elle s'était installée à Parme chez sa fille Madeleine » (Longeon, p. 20, note 13). Elle faisait de longs séjours au Bugey. C'est là qu'elle a marié ses deux filles en 1582 (Archives de Savoie, FRAD73-10F 330. Vue 38).
• Catherine épouse Jean du Planet. Madeleine épouse Paul-Camille de Cavalque (MorÉri, VI, Article Urfé).
• Selon un document des Archives de Turin, « Armoiries de la maison d'Urfé », Renée de Savoie serait morte en 1589, non en 1587 (Panisse-Passis, p. 72, note, et p. 290).
24 janvier 1588 Les astrologues ont prévu pour cette année au moins « un changement universel [...]. Le vingt-quatrième de janvier, Paris fut couvert d'un si effroyable brouillard qu'il n'y avait point de si bons yeux qui pussent rien voir en plein midi, sinon avec l'aide des flambeaux » (PÉrÉfixe de Beaumont, p. 37).
27 février 1588 À Montbrison, représentation de La Pastorelle de Loys Papon η. L'auteur célèbre une victoire de la Ligue η due au duc de Guise.
1e octobre 1588 Le Duc de Savoie η prend le marquisat de Saluces η à la France. Il l'a envahi en juillet avec l'aide des Espagnols (Menabrea, p. 153). Selon René de Lucinge η, ambassadeur du Duc, Saluces est la « pomme de discorde » (cité par Arpin-Gonet, p. 157).
Le Duc fait frapper un ducaton pour célébrer la victoire. « Buste du prince à senestre [...] OPPORTUNE -1588- à dextre centaure archer, sous l'antérieur gauche la couronne de France renversée, sur la croupe les étoiles de la constellation du sagittaire » (Inventaire du Médaillier de Savoie, N° 874).
Merci à Laurence Sadoux-Troncy du Musée Savoisien (28 mai 2014). Voir Illustrations.
23 décembre 1588 Assassinat d'Henri de Guise. « Les Parisiens étaient enivrés d'estime pour lui » (PÉrÉfixe de Beaumont, p. 38). Il se peut que ce drame ait empêché la France de se retourner contre le duc de Savoie η qui venait de prendre Saluces η (note de Dufour dans Lucinge, p. 175, note 190).
24 novembre 1588 Mandelot, gouverneur de Lyon meurt. « Le gouvernement fut donné au duc de Nemours, à l'instante prière de sa mère » (L'Estoile, II, p. 128). 
• Il s'agit de Charles-Emmanuel de Savoie, duc de Nemours (1567 - 1595), fils du célèbre Jacques de Nemours qui deviendra le héros de La Princesse de Clèves de Mme de Lafayette. Charles-Emmanuel est le maître et l'ami d'Honoré d'Urfé.
5 janvier 1589 Mort de Catherine de Médicis. L'Estoile cite un pasquil (ou pasquin) qui commence par ce vers : « La Reine qui cy gît fut un diable et un ange » (II, p. 137).
• « À partir de janvier 1589 et pendant cinquante-cinq jours, Paris devint une ville-tombeau qui honore en des cérémoniaux continus d’affliction les deux morts martyrisés de Blois, le duc Henri de Guise et son frère le cardinal Louis de Guise […] représentés comme des saints, victimes de la tyrannie sanguinaire d’un nouvel Hérode » (Crouzet, p. 438).
24 février 1589 Lyon se prononce pour la Ligue η. Honoré d'Urfé s'engage dans les rangs des catholiques.
22 juin 1589 Antoine η d'Urfé est élu abbé de Montverdun. Il est nommé « dans le même temps » Évêque de Saint-Flour η (La Mure, II, p. 324).
2 août 1589 Mort d'Henri III, dernier fils d'Henri II et de Catherine de Médicis. « Ce Roi était un bon prince, s'il eût rencontré un meilleur siècle » (L'Estoile, II, p. 163), ou « si ses sujets eussent conspiré avec luy pour la tranquillité publique » (Simon Dupleix cité par Crouzet, p. 476).
Certains ont traité son assassin, Jacques Clément, de « Père de la patrie », rappelle Lucinge (p. 162).
Septembre 1589 « Paraît encore un imprimé qui assure que le 23 et 24 de septembre le duc de Nemours avait taillé en pièces six cents hommes des troupes du Béarnais » (L'Estoile, II, p. 179).
Novembre 1589 Le duc de Savoie η profite des troubles pour entrer en Provence. « Le Parlement d'Aix l'accueillit en libérateur et le reconnut comte de Provence » (Menabrea, p. 155).
2 mai 1590 Lettre d'Honoré d'Urfé aux consuls et échevins de Lyon. Il leur demande de laisser sortir de la ville « quatre pacquets d'estoffes » pour les cuirasses de sa compagnie (Bernard, p. 384). Voir Lettres.
Mai 1590 Honoré d'Urfé est chargé de la garde de Saint-Etienne. Chassé de la ville, il s'empare du fort d'Essalois, dans le voisinage de Saint‑Etienne. En 1606, les propriétaires du château lui intenteront un procès qu'ils perdront en 1609 (Reure, pp. 38-39). Voir Cartothèque.
• Henri de Navarre assiège Paris. Il écrit à Corisande η, surnom de la comtesse de Grammont : « J'ai pris les ponts de Charenton et Saint-Maur à coups de canons, et pendu tout ce qui était dedans » (Henri, p. 160).
Juin 1590 La famine est à Paris. « Pour le soulagement des pauvres fut ordonné par M. le duc de Nemours qu'on aurait recours au trésor de Saint-Denis » (L'Estoile, II, p. 222). « Les lansquenets [...] mourants de mal rage de faim commencèrent à chasser aux enfants comme aux chiens, et en mangèrent trois » (Ibid., II, p. 246).
Octobre 1590 Anne η d'Urfé est avec ses troupes en Auvergne. Honoré probablement l'accompagne.
18 décembre 1590 Le duc de Nemours sort de Paris, « Sa Majesté n'ayant de tous ses sujets un plus cruel félon et plus obstiné ennemi que lui » (L'Estoile, II, p. 272). « L'un des plus nobles et des plus généreux courages que l'on eût jamais vus », écrit plus tard (Hardouin de PÉrÉfixe, p. 88). « La ville affranchie du siège, le duc de Nemours s'en partit avec leur bienveillance. Ilz luy voulurent faire un present remarcable, sçachant bien qu'il n'avoit pas un sous : il ne voulut jamais rien prendre » (Lucinge, p. 168).
1591 La peste est à Turin. Le duc de Savoie η quitte sa capitale (Guichenon, I, p. 567)
Février 1591 Henri IV s'éprend de Gabrielle d'Estrées, alors qu'il met le siège devant Chartres, ville ligueuse (Henri, p. 167).
• L'histoire d'Euric η dans L'Astrée adapte les amours du Roi.
Juillet 1591 Bataille d'Espaly, près du Puy.
Septembre 1591 Honoré suit probablement le duc de Nemours, gouverneur du Lyonnais, qui est venu au Puy.
1592 Diane de Châteaumorand achète des armes pour son beau-frère, Christophe η d'Urfé.
1592 Honoré d'Urfé obtient du Pape, Clément VIII, un rescrit commissoire exposant qu'il prétendait que sa profession de Chevalier de Malte était nulle, parce qu'il l'avait faite avant l'âge de seize ans, et parce que ses parents, et surtout sa mère, avaient usé de violence morale. Ses frères reconnaissent que les faits sont véridiques. Ce n'est qu'en 1599 que d'Urfé demandera une sentence à l'official de Lyon (Reure, p. 94).
Décembre 1592 Anne η d'Urfé se détache lentement de la Ligue η. Le duc de Nemours entre à Montbrison.
26 janvier 1593 Anne η d'Urfé représente la noblesse du Forez aux États généraux de la Ligue (MÉniel, p. 204). Les États devraient élire un roi catholique. Le duc de Savoie η est l'un des candidats (Lucinge, p. 190).
28 janvier 1593 Henri IV envoie à Anne η d'Urfé « des lettres patentes contenant abolition et oubli pour le passé, à la seule condition de faire sa soumission publique » (Reure, p. 42). Anne devient « Lieutenant General au Gouvernement du païs de Forez » (La Mure, II, p. 386).
25 juillet 1593 Abjuration d'Henri IV. Le Roi écrit le 23 juillet : « Ce sera dimanche que je ferai le saut périlleux » (Henri, p. 195). Il explique à ses coreligionnaires qu'il se convertit « pour n'être en ce point différent des Rois [s]es prédécesseurs » (Henri, p. 196).
Septembre 1593 Le duc de Nemours est fait prisonnier au château de Pierre Scize (Reure, p. 45).
1593 Jean Du Crozet (1565 ? - 1642), dans La Philocalie, pastorale dédiée à Honoré d'Urfé, affirme qu'il a vu une copie des Bergeries d'Honoré d'Urfé, et qu'il s'en est inspiré. Il présente une ébauche des aventures d'Astrée et Céladon, où il annonce un heureux dénouement (Voir Philocalie).
27 février 1594 Henri IV est couronné à Chartres, Reims étant entre les mains des Ligueurs. L'huile de Saint Rémi, l'huile sacrée, est remplacée par une huile de Saint Martin, l'évangélisateur de la Gaule (Bayrou, p. 307).
21 juin 1594 À Paris, à la Saint-Jean, les royalistes brûlent un mannequin qui représente la Ligue η ; en 1588, ce mannequin représentait l'hérésie (Descimon, p. 26).
26 juillet 1594 Le duc de Nemours s'échappe de Pierre-Scize η.
14 septembre 1594 Bellièvre écrit à Henri IV qu'Honoré d'Urfé se bat de nouveau pour la Ligue η » (Reure, p. 47).
Le Roi répond à Bellièvre qu'il accepte de donner 12 000 livres à Anne η d'Urfé pour qu'il se démette de sa charge (Reure, p. 441).
30 septembre 1594 Le duc de Nemours nomme Honoré d'Urfé lieutenant général au gouvernement du Forez.
1er octobre 1594 Mort d'Antoine η d'Urfé « innocente victime de la rage de ces furieux » (La Mure, II, p. 324) ; ces furieux sont des Ligueurs indisciplinés. Devant les murs de Villerest, à 23 ans, Antoine d'Urfé est tué d'un coup d'arquebuse tiré par un gendarme de son frère, Honoré (Reure, p. 46).
14 novembre 1594 Dans une lettre adressée aux échevins de Lyon, Henri IV demande la libération du sieur de La Raverie « faict prisonnier par les gens du chevalier d'Urfé » (Recueil des lettres missives de Henri IV, IV, p. 250). 
A. Bernard appelle ce prisonnier d'Honoré d'Urfé « Riverie » (p. 359, note 1).
Décembre 1594 Les Jésuites η sont expulsés à la suite d'un attentat η commis contre Henri IV.
1594 ou 1595 Honoré d'Urfé rencontre François de Sales (Garapon, pp. 127-139).
16 février 1595  Honoré d'Urfé est arrêté à Feurs. Il semble avoir été trahi par Florent Chrétien η. Il compte se battre en duel avec le dénonciateur, dit-il dans la préface (non-paginée) des Epistres morales. D'Urfé est mis à rançon. La rançon n'est pas encore payée quand, six mois plus tard, il est de nouveau arrêté à Montbrison (Reure, p. 54).
• Honoré d'Urfé se rend en Savoie η entre ses deux prisons (Epistres, I, 9, p. 69) : « Avec mon frere de Bussi [Christophe η], employant le temps tantost à la lecture, tantost aux promenoirs, et tantost à visiter ces grands Rochers et agreables precipices des Ruisseaux » (I, 9, p. 71). (Voir Cartothèque).
Août 1595 Henri IV est à Lyon entre le 23 août et le 24 septembre. « On avait érigé une statue d'Hercule relevée en marbre, affublé de sa peau de lion posé sur un piédestal de la hauteur de douze pieds » (Bardon, p. 95).
• Anne η d'Urfé résigne entre ses mains sa charge de gouverneur.
15 août 1595 « La nuict du quinziesme d'Aoust de l'annee 1595, ravit toutes mes esperances de la mesme main dont elle trancha le filet de la vie de ce grand Prince » (Epistres, I, 1, p. 4). D'Urfé assiste à la mort du duc de Nemours à Annecy (1, 9, p. 71). Malade, Nemours a refusé aussi bien l'assistance des magiciens que des médecins protestants, écrit Honoré d'Urfé dans ses Epistres (I, 9, p. 84). Il a aussi refusé de négocier avec le Roi. Si, « à cause de ma Religion, je refuse de tres-belles & honorables conditions des ennemis, où est l'ambition dont autresfois on m'a tant accusé ? » (I, 22, pp. 187-198).
• Étienne Pasquier, dans une lettre à M. de Neufchatel, décrit la mort du duc de Nemours dans des termes tellement similaires à ceux que l'on rencontre dans l'épître d'Honoré d'Urfé que les deux hommes semblent s'inspirer d'un même mémoire (Pasquier, II, pp. 537-538). Maxime Gaume considère que Pasquier copie d'Urfé (p. 148, note 22). Le biographe moderne du duc de Nemours ne s'interroge pas sur l'auteur de cette description frappante. Il écrit simplement que le récit « coïncide tout à fait avec les écrits de la Renaissance sur l'ars moriendi » (Vester, p. 322).
17 septembre 1595 Le Pape lève l'excommunication d'Henri IV.
24 septembre 1595 « Montbrison, le 24 septembre 1595 », date qui se trouve au début des Epistres dans la première édition, écrit A. Bernard (p. 147).
• Cette date se trouve également à la fin de l'épître à Marguerite de Valois η dans l'édition de 1608 des Epistres (Gallica). Dédicace reproduite dans ce site.
• Avant cette date, Honoré d'Urfé a été arrêté à Montbrison. En prison, il a commencé Les Epistres morales. Diane de Châteaumorand, épouse d'Anne d'Urfé, paiera la rançon de 3 000 écus. La somme sera déduite des droits successoraux d'Honoré. (Voir Héritages).
Au Ve siècle, c'est en prison que Boèce η a commencé sa célèbre Consolation de la Philosophie. Dame Philosophie lui enseigne à dédaigner Fortune dans des livres où alternent prose et vers.
• Honoré d'Urfé, dans ses Epistres morales, écarte les artifices de l'allégorie. Il déguise sa consolation en dialogue didactique et imaginaire avec un jeune ami absent, Agathon η. Lui que la Fortune n'a jamais gâté expose des « resolutions stoiques » (I, 20, p. 174) et chrétiennes. La forme épistolaire met en relief l'aspect autobiographique du texte et rend plus pathétique l'isolement du prisonnier.
12 décembre 1595 Signature d'un accord qui prépare le retour de Montbrison au Roi.
1594-1595 L'année a été dure pour Honoré d'Urfé : mort d'un frère, prison, mort du duc de Nemours (Epistres, I, 1, p. 4).
Voir plus haut, 15 août 1595.
1596 Libéré au début de l'année, Honoré d'Urfé quitte la France et gagne les États de Savoie η.
• Daniel Huet propose cette explication : « Il se retira en Piémont, non seulement pour la distinction et le rang que lui donnait dans cette Cour l'honneur qu'il avait d'être sorti d'une fille de la maison, mais encore par la faveur qu'il trouvait auprès du Duc de Savoie η, bien différente du traitement qu'il recevait dans la Cour de France de Henri le Grand » (p. 856).
Avril 1596 « Deplorable perte de Calais », écrit Sully (III, p. 39). « Calais et Blavet, qu'on pouvait nommer les clefs de la France » (PÉrÉfixe de Beaumont, p. 96).
Mai 1596 Épidémies de peste à Chambéry puis à Annecy (Nicolas, p. 126).
26 septembre 1596 De Virieu η, Honoré d'Urfé écrit à Hugues Fabri η : « Je prends retraite et repos, et courre, quand le veut ma défaillante santé, dans les rochers et bois où je me plais en mes douleurs » (Reure, p. 57). (Voir Lettres et Cartothèque).
20 décembre 1596 Fin du premier livre du Sireine. « A Chambery le 20 decembre 1596 » (MÉlanges, f° 19 verso). Le Sireine est un poème pastoral inspiré de La Diane de Montemayor. Composé de stances de six octosyllabes, il est divisé en trois parties, le Despart, l'Absence et le Retour. D'Urfé l'aurait commencé à dix-sept ans pour une dame qu'il aimait, et à qui il dédie son œuvre η.
20 décembre 1596 Curieusement, le deuxième livre du Sireine porte la même date que le premier livre, mais avec une adresse différente : « A Virieu Le grand η Le 20 decembre 1596 » (MÉlanges, f° 35 recto). 50 km séparent Virieu de Chambéry !
Juin 1597 Honoré d'Urfé seconde Charles-Emmanuel, duc de Savoie η, lors de l'expédition de la Maurienne η (Reure, p. 69). Le Duc se bat contre Lesdiguières pour soutenir ses alliés qui veulent assurer « le chemin des Espagnols » entre l'Italie du Nord et la Franche-Comté (Menabrea, p. 157).
(Voir le portrait du duc dans la Galerie).
1597 Mort de Christophe η d'Urfé au service du duc de Savoie η (Reure, p. 8). Honoré est nommé tuteur des deux filles de son frère (Testament). Il compose des « Stances. Sur la Mort de Christophle d'Urfé, Seigneur de Bussy, Frère de l'Autheur, sous le nom de sa femme » (Second livre des DÉlices, pp. 14-16, Voir Poèmes).
1598 Honoré d'Urfé tombe gravement malade en Savoie η et offre le manuscrit du premier livre des Epistres morales à son ami, Antoine Favre η (Bernard, p. 145).
5 janvier 1598 Diane de Châteaumorand présente une requête pour faire annuler son mariage avec Anne η d'Urfé pour non-consommation. D'après Pierre Larousse, qui recopie Huet η, qui lui-même suit le fils de Jacques d'Urfé η, les époux s'étaient engagés à entrer en religion après leur séparation.
« À la même époque, Henri IV voulut comprendre Anne d'Urfé dans une promotion de chevaliers du Saint-Esprit ; mais celui-ci refusa à cause de l'engagement qu'il avait contracté » (Article Anne d'Urfé).
6 avril 1598 Antoine Favre η publie à Lyon les vingt-trois lettres qui constituent le premier livre des Epistres morales. Il les dédie au duc de Savoie η et obtient un privilège au nom d'Honoré d'Urfé. Les titres de l'auteur sont : « Seigneur d'Urfé, Escuyer et Chambellan ordinaire de S. A. Colonel general de sa Cavalerie et Infanterie Françoise, et Capitaine de cent Chevaux legers η de ses ordonnances » (Reure, pp. 87-88).
• Dans ces épîtres, Honoré d'Urfé s'adresse à un correspondant imaginaire qu'il appelle Agathon η (le bien, en grec).
13 avril 1598 Signature de l'Édit de Nantes. Une des clauses religieuses est particulièrement sévère : le culte est « interdit à Paris et dans un rayon de cinq lieues, à la cour, à l'armée [sauf dans les quartiers des chefs protestants], dans les lieux où le roi réside » (Crouzet, p. 464).
1599 Les « Stances » que Jean de Lingendes η (1580 - 1616) compose pour Le Sireine d'Honoré d'Urfé portent cette date (Grifftihs, éd. de Lingendes, p. XIII).
1er janvier 1599 Honoré d'Urfé offre des vers (composés à Milan) au duc de Savoie η pour ses étrennes (Reure, p. 57). Aujourd'hui numérisés, ces sept quatrains sont tellement raturés qu'il ne s'agit certainement que d'un brouillon. Le Duc y est nommé « Le soleil de La Terre Le vray soleil des hommes » (MÉlanges, f° 61 recto sq.).
Février 1599 Le duc de Savoie η est à Paris pour négocier avec Henri IV. Il « ne rapporte de Paris que la boue de son manteau », disent les courtisans (Saluces, p. 10).
8 mai 1599 Archives : Châteaumorand a2 20. Date de l'accord passé entre Honoré et Jacques II η d'Urfé. Honoré est alors dit « Chambellan de son Altesse de Savoye » (Héritages).
Règlement des droits successoraux d'Honoré d'Urfé (25 000 écus). En guise de garantie, Jacques II η d'Urfé cède à son frère Virieu-le-Grand η, Châteauneuf-en-Bugey et Valromey η (Reure, p. 97). Honoré achète une maison à Châteauneuf.
• Il est alors « Chevalier du grand Ordre de Savoye, et Colonnel des Gardes de son Altesse de Savoye » (Guichenon, p. 47).
• Le chanoine Reure donne une date différente : 28 mai 1599 (Reure, p. 97).
11 mai 1599 Anne η d'Urfé renonce à sa charge de bailli du Forez. Son frère, Jacques II η, lui succède.
18 mai 1599 Acte d'annulation du mariage d'Anne d'Urfé et de Diane de Châteaumorand. Comme on l'a souvent relevé, il est étrange que Diane ait attendu plus de vingt ans pour signaler que son union n'avait pas été consommée !
BrantÔme raconte le déroulement du procès d'un mari qui avait « l'esguillette nouée ou autre chose » (p. 106). Chaque conjoint a choisi trois médecins.
28 juin 1599 L'official de Lyon prononce l'annulation des vœux d'Honoré d'Urfé dans l'Ordre de Malte (Reure, p. 97).
Juillet 1599 « Fin Du retour troisiesme et dernier Livre de Sireine. fini A Cenoy Le (?) juillet 1599 » (MÉlanges, f° 53 verso).
1 ou 3 juillet 1599 D'Urfé séjourne à Virieu-le-Grand η.
Voir la Dédicace autographe au duc de Savoie η (Notes en images, Épîtres et Variantes confrontées).
• Sa chambre y prend « vue sur le Mont Colombier » (Chapoy, p. 12).
26 juillet 1599 Le duc de Savoie η accorde à Honoré une rente de 3 600 livres à prendre sur les impôts qu'il levait à Châteauneuf et à Virieu η.
25 août 1599 « À Cenoy (Senoyl ?) », fin du premier livre de La Savoisiade η (Bernard, p. 157), appelée alors Beroldide (MÉlanges, f° 87 verso).
Un fragment seulement sera publié en 1609 dans le Nouveau recueil des plus beaux vers de ce temps.
Septembre 1599 Le Duc η, qui désire discuter avec Henri IV, prépare un voyage en France, « à quoy sembloit l'inviter un prodige arrivé en Savoye ; car au mois de Septembre en moins d’une heure tous les Arbres fruitiers porterent des fleurs et des fruits » (Guichenon, I, p. 769).
• « Deux-cent-dix-neuf personnes au moins furent du voyage [...] plus que lorsque le duc s'était rendu en Espagne » en 1585 pour ses noces (Gal, p. 276). Il dépensera en France « quelque quatre-vingt-quinze mille écus η » (Gal, p. 276).
Décembre 1599 D'Urfé accompagne le duc de Savoie η à Paris. Pendant deux mois, le Roi et le Duc vivent « avec tant de privautés et tant de preuves d'amitié qu'on eût cru que ce n'était qu'un même cœur » (Hardouin de PÉrÉfixe, p. 113).
• « Henri IV fit faire une grande course de bague » (Tallemant, I, p. 294).
• Un gendarme de la compagnie d'Honoré est arrêté puis reconnu innocent.
1600 Le Pape Clément VIII décrète que 1600 serait une année jubilaire. Pour gagner le jubilé, on peut, comme le fait Marie de Médicis η, se contenter de se rendre à Orléans « où le Saint-Père avait ordonné que commençassent les stations pour la France » (Hardouin de PÉrÉfixe, p. 122). 
15 février 1600  Honoré d'Urfé épouse Diane de Châteaumorand au château de Châteaumorand. Il est alors « Chambellan ordinaire de son Altesse de Savoie, Colonel général de sa cavalerie, Capitaine de ses gardes et de cent chevau-légers, Comte de Châteauneuf, seigneur de Virieu η et de Senoy » (Reure, p. 99).
• Les époux ont respectivement trente-deux ans et trente-huit ans. Ils signent « un contrat de confiance et d'affection » (Reure, p. 105).
5 mai 1600 Henri IV organise une discussion théologique entre un protestant, Duplessis-Mornay, et un catholique, Du Perron. Il reconnaît lui-même que Du Perron l'emporte (Henri, p. 263). Agrippa d'Aubigné méprise les deux adversaires, des « moyenneurs de religions » (Vivanti, p. 147). Sully, qui ne voulait pas de cette joute, a conclu non sans humour que Duplessis était plus puissant que le Pape : il avait donné à son rival le chapeau rouge de cardinal (IV, p. 200) !
16 juin 1600 À Virieu η, d'Urfé signe la dédicace d'un exemplaire du Sireine qu'il offre à la fille du duc de Savoie η (Bernard, p. 151).
5 octobre 1600 Le mariage d'Henri IV et de Marie de Médicis η est célébré à Florence. Le duc de Bellegarde représente le Roi. Comme Rubens a assisté à la cérémonie, la toile qu'il lui consacrera plus tard « est d'une exactitude parfaite jusque dans les moindres détails » (Carmona, p. 27, note 9).
• Cette toile se trouve dans le site de Wikipedia (13 juin 2014). Voici le commentaire qui l'accompagne : « Tous les personnages environnants sont identifiables, dont Rubens lui-même. Bien qu'il ait été présent lors de l'événement vingt ans plus tôt, en tant que membre de la famille Gonzague lors de ses voyages en Italie, Rubens semble jeune et se tient derrière la mariée, tenant une croix. Il est hautement improbable que Rubens ait eu une place aussi marquante lors du mariage lui-même. Les autres personnalités assistant à la cérémonie sont Christine de Lorraine, Grande Duchesse de Toscane, Éléonore, Duchesse de Mantoue sœur de Marie et, autour du Grand Duc on distingue Roger de Bellegarde, le Grand écuyer de France, et le marquis de Sillery qui conclut le mariage ».
17 janvier 1601 Signature du Traité de Lyon (10 juin 2013). Le duc de Savoie η, vaincu, a dû demander la paix à Henri IV en acceptant les conditions du Traité de Paris. Il doit payer 300 000 livres de dédommagement. Le Duc conserve le marquisat de Saluces η auquel il tient tant, et peut assurer l'unité de ses états. En revanche, il cède des terres qui couvrent une bien plus large superficie, « un pays de plus de vingt-cinq lieues d'étendue » (Hardouin de PÉrÉfixe, p. 119), huit marquisats, six comtés et vingt-cinq baronnies (Gal, p. 203).
• Le Duc est tellement mécontent de ce traité que René de Lucinge η, son délégué à Paris, juge prudent de s'exiler.
• Le traité donne à la France « les deux rives du Rhosne » (Lucinge, p. 54), ce qui bouleverse le destin des Français installés en Savoie « dont l'avenir bascule définitivement » (Turrel, 3). Les domaines d'Honoré d'Urfé dans les territoires qui dépendaient jusqu'alors du duc de Savoie passent sous la juridiction du roi de France. Celui-ci étend donc son royaume, et Lyon cesse d'être une ville frontière (Carmona, p. 26, 40).
Henri IV a fixé « aux Blanches-mains les bornes qu'ils ne devaient plus franchir » (Menabrea, p. 159). Il célèbre l'événement en faisant frapper une médaille avec un Hercule victorieux d'un centaure, le centaure étant l'emblème du duc de Savoie (Babelon, p. 855). Il réplique ainsi à une médaille injurieuse du Duc (Voir 1588, et Illustrations).
• De Thou arrête son Historiae sui temporis (Histoire de son temps) en 1601 : « la Paix de Savoie où semble que commence un nouveau siècle » (cité par Vivanti, p. 135).
27 septembre 1601 Naissance du futur Louis XIII.
3 janvier 1602 François de Sales quitte la Savoie et se rend à Paris. Il y prêche le carême à la demande du Roi, et y fait des sermons jusqu'en août (Bremond, I, p. 92, note 1).
18 avril 1602 À Virieu η, d'Urfé donne à Henri IV « aveu et dénombrement » pour Châteauneuf, Virieu-le-Grand η et Senoy. Trois témoins signent ce document devant Hugues Fabri η (Callet, p. 146) : « Gaspard de Genetines, seigneur de la Tenaudiere en Lyonnois ; Gaspard de Jas η, seigneur dudit lieu en Forez, et François de Fronsac, seigneur de la Chenal audit pays de Forez ; tous trois gentilshommes de la suite dudit seigneur » (Bernard, p. 151, note). Genetines et Jas η appartiennent à des familles foréziennes qui ont longtemps accompagné les d'Urfé.
11 juillet 1602 Après l'exécution de Biron η pour conspiration, le comte de La Guiche, gouverneur du Lyonnais, doit faire arrêter Honoré d'Urfé et son ami, Gaspard de Genetines (Reure, p. 118 sq.). La nuit du 11 juillet, les prévôts et archers qui portent l'assignation, « arrivez au dict lieu de Chasteaumorand, ne le pouvant approcher à cause du fossé, ny mesmes saisir la basse cour », s'éloignent. Le lendemain, ils reviennent, et doivent faire « donner troys chamades de trompettes » pour que Diane leur réponde que son époux est « aux champs puys le jour d'hyer ». La perquisition n'apporte rien puisqu'on ne découvre que lettres d'affaires, baux et « plusieurs livres imprimez ». L'affaire ne semble pas avoir eu de suites fâcheuses (Reure, pp. 233-235).
• Le gouverneur du Lyonnais en 1602 est alors Philibert de La Guiche, comte de Chaumont. Il est l'oncle de Jean-François de La Guiche (Larousse du XIXe siècle), ce comte de Saint-Géran qui aura des démêlés avec Diane de Châteaumorand en 1613.
30 août 1602 D'Urfé séjourne à Paris probablement jusqu'au mois de mai de l'année suivante. C'est alors qu'il reçoit ses titres français, « gentilhomme η ordinaire de la chambre du roy, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances » (Reure, p. 120).
25 février 1603 Bassompierre écrit que le dimanche 25 février 1603 « se fit le combat à la barrière, le seul qui s'est fait du règne du feu Roi, ni de celui de son fils présent régnant » (p. 344).
• Le Romant des chevaliers de Thrace (1605) décrit ce pas d'armes (Michelle Szkilnik, Fictions, p. 691).
Y participent un duc de Nemours (Henri de Savoie, 1572 - 1659) et un duc de Guise (Charles de Lorraine, 1571 - 1621) : la Ligue η est morte et enterrée.
4 avril 1603 Mort d'Élisabeth d'Angleterre. Jacques Stuart, roi d'Écosse, lui succède. La Grande-Bretagne a donc un nouveau blason qui juxtapose un lion et une licorne. (Voir ce site, 10 avril 2014).
29 mai 1603 Anne η d'Urfé, devenu prieur de Montverdun, célèbre sa première messe.
1er juin 1603 « Le Deuxiesme Livre de La Savoye. Commancé a Chasteaumorand Le premier de Juing 1603 » (MÉlanges, f° 89 recto).
2 juin 1603 D'Urfé obtient un privilège pour les deux premiers livres des Epistres morales, et le cède à l'éditeur, Jean Micard.
15 juillet 1603 « Fin Du deuxiesme livre de la Savoye fini a Chasteaumorand Le 15 Juillet 1603 » (MÉlanges, f° 108 recto).
29 juillet 1603 « Le Troisiesme Livre de La Savoye. Commancé a Chasteaumorand le 29 juillet, 1603 » (MÉlanges, f° 109 recto).
1603 Faut-il croire cette information ? Albert Callet, « publiciste η », affirme en 1901 : « Nous voyons aux registres de l'état-civil de Virieu η, en l'an 1603 : Guillaume Donné ex semine Honorati d'Urfé avec Françoise Billiet (le latin en les mots brave l'honnêteté) » (p. 53). Callet donne un renseignement beaucoup trop similaire dans un autre article qu'il a aussi consacré à Virieu η, mais en 1895. Le 3 octobre 1588, Françoise Billiet aurait donné un fils nommé Guillaume Donné à Jacques II η d'Urfé (Callet, p. 134).
• Grâce à l'aimable coopération de Fanny Aznar et Gilles Philibert, il s'avère que Jacques est le seul et unique responsable. Voici le texte exact qui m'a été communiqué : « Le troisième jour d'octobre 1588 a été baptisé guillaume donné à noble et puissant seigneur compte de château neuf Jaques d'Urfée, de sa semence avec Françoise Billiet » (document, 25 juin 2012, Archives de l'Ain).
1604 Le Sireine de Messire Honoré d'Urfé, Gentilhomme η de la Chambre du Roy, Capitaine de cinquante hommes d'armes de ses Ordonnances, Conte de Chasteauneuf, et Baron de Chasteaumorand, etc. Paris, Jean Micard, 1604. Avec Privilège du Roy (17 août 1604).
• Exemplaire imprimé grâce à une copie η dérobée par Jean Aubery η, et décrit par le chanoine Reure en 1915.
• Jean de Lingendes η compose les vers liminaires η.
1604 On construisait les quais à Paris. « La Samaritaine, machine et horloge, travail du Flamand Lintlaer, se montait » (Batiffol, p. 449). La fontaine viendra plus tard, en 1606.
25 octobre 1604 « Fin du Troisiesme livre de la Savoye finy a Chasteaumorand le 25 octobre 1604 » (MÉlanges, f° 120).
1605 D'Urfé compose un poème liminaire pour Les Changemens de la Bergere Iris, de Jean de Lingendes η, « Au Berger Philene » (Voir Poèmes).
1605 Marcellin Allard publie La Gazette françoise. Suivie du Ballet en langage foresien (Paris, P. Chevallier, 1605). C'est une satire dont l'auteur semble critiquer les d'Urfé (Bernard, p. 148, note).
1605 Malherbe arrive à Paris, recommandé au Roi par le cardinal Du Perron. Grâce au duc de Bellegarde, il est nommé écuyer du Roi. Entre août 1605 et février 1606, Malherbe se brouille avec Desportes (Adam, dans Tallemant, I, p. 800).
15 (?) février 1605 Le quatrième livre de La Savoisiade η porte « Commancé à Chasteaumorand, à mon retour de Lorette, le 15 fevrier 1605 » (Bernard, p. 157, note 2).
D'après une note manuscrite, la date de ce voyage serait plutôt le 25 février 1605 (MÉlanges, f° 132).
• Diane et Honoré font un pèlerinage à Notre-Dame de Lorette η pour guérir la stérilité de Diane, qui a plus de quarante ans.
20 mars 1605 « Fin Du quatriesme Livre de Berol. finy a Chasteaumorand le 20 mars 1605 » (MÉlanges, f° 148 verso).
25 mars 1605 « Le Cinquiesme Livre De Berol. Commancé a Chasteaumorand Le 25 mars 1605 » (MÉlanges, f° 150 recto).
25 mai 1605 « Fin du Cinquiesme Livre De Berol. fini a Chasteaumorand le 25 may 1605 » (MÉlanges, f° 167 verso).
25 juin 1605 Une nièce qu'Honoré d'Urfé et son épouse ont souvent reçue se marie à Châteaumorand : Charlotte-Emmanuelle d'Urfé épouse Henri de Maillard, marquis de Saint-Damien et comte de Tournon. L'époux est le cousin de François de Sales (Melinghoff-Bourgerie, p. 55). Voir Héritages.
Juillet 1605 Marguerite de Valois η s'installe près de la Cour. D'abord à Boulogne, ensuite à Paris, à l'Hôtel de Sens, et, l'année suivante, dans un hôtel qu'elle fait bâtir rue de Seine, là où se trouve aujourd'hui la Mazarine.
25 juillet 1605 D'Urfé commence le sixième livre de La Savoisiade η à Montormentier η (Bernard, p. 157 ; MÉlanges, f° 169 recto).
Automne 1605 Honoré et Diane résident tour à tour à Paris, Virieu η et Châteaumorand.
26 octobre 1605 Honoré et Diane résident à Paris « dans la rue Saint-Honoré, près Saint-Eustache, en la maison où prend [sic] pour enseigne, l'Ermine » (Reure, p. 132). (Voir Saint-Eustache η).
1606 Etienne Bournier, avocat à Moulins, dédie la seconde partie de son Jardin d'Apollon et de Clémence à celui qu'il appelle « Mon Urfé, mon Orfé » (Reure, p. 68).
La première partie est dédiée à Gilbert de Chazeron, poète et mécène. Bournier écrit que Le Sireine a conquis Diane de « l'antique maison de Levy η », et que son auteur est admirable pour ses armes et pour sa science (p. 67).
1606 Dans une édition du Sireine (sans doute la deuxième), Honoré d'Urfé signe : « Gentil-Homme de la Chambre du Roy, Capitaine de Cinquante hommes d'armes de ses Ordonnances, Comte de Chasteau-neuf, Baron de Chasteaumorand, etc. » (Reure, p. 72).
• La peste est à Paris (Bassompierre, p. 365 ; Malherbe, p. 365).
6 mars 1606 Marguerite de Valois η signe l'acte par lequel elle fait don de ses biens au Dauphin (Viennot, p. 96).
29 août 1606 À Virieu η, d'Urfé termine le neuvième livre de La Savoisiade η. Cette information vient d'un manuscrit de cette épopée inachevée qui se trouvait en Savoie η (Bernard, p. 157).
14 septembre 1606 Baptême du futur Louis XIII à Fontainebleau. « C'est la plus brillante fête de la nouvelle monarchie » (Babelon, p. 880).
5 octobre 1606 « Après la mort de Desportes [...] Malherbe se considère le plus grand poète vivant », écrit son éditeur, Antoine Adam (Malherbe, p. 802).
29 décembre 1606 « Fin du neufviesme livre de la Savoysiade, que j'ay fini d'escrire à Virieu-le-Grand η, le 29 decembre 1606. Truffier ». Cette information vient du manuscrit qui se trouve à l'Arsenal (Bernard, p. 157).
Méniel donne plutôt le 29 novembre 1606 et précise que La Savoysiade avec ses 7 500 vers était déjà plus longue que La Franciade de Ronsard (MÉniel, p. 212).
Hiver 1606 À Virieu η, d'Urfé assiste à l'inauguration de l'Académie Florimontane instituée par Antoine Favre η, son ami.
5 avril 1607 À Virieu η, d'Urfé est le parrain d'un fils d'Hugues Fabri η qui sera prénommé Honoré et qui deviendra jésuite (Callet, p. 149, note 3)
28 juillet 1607 Henri IV est à Monceaux. « Le roi est avec la goutte. Il a envoyé quérir MM. de Guise, d'Espernon, de Bassompierre et autres joueurs, pour lui faire passer le temps » (Malherbe, p. 385).
12 août 1607 Date du privilège de la première partie de L'Astrée. L'auteur (qui n'est pas nommé) cède le privilège à Toussaint Du Bray.
• Honoré d'Urfé réside à Paris avec Diane dans la rue de Béthisy (rue Perrault aujourd'hui), paroisse Saint-Germain l'Auxerrois. « J'habite en la tranquille maison du bon Amyot », lit-on dans un billet qu'il peut avoir écrit (Reure, p. 136).
(Voir Lettres et Saint-Germain η).
1607 Ballet de la Foire Saint Germain : combat de l'Amour volage et de l'Amour constant (BÉhar et Watanabe-O'Kelly, p. 491).
1607 ou 1608 D'Urfé envoie à Etienne Pasquier η la première partie de L'Astrée (Reure, p. 102). Pasquier lui répond qu'il a dit à ses propres livres : « Il est meshuy temps que sonnions la retraite, nous sommes d'un autre monde » (Pasquier, II, pp. 533-534).
• Les lettres échangées par les deux hommes sont dans ce site.
17 mai 1607 Anne d'Este, mère de l'ancien maître d'Honoré d'Urfé, le duc de Nemours, meurt à Paris à 76 ans (Combaz, p. 81). L'inventaire de ses biens, édité par Christiane Coester en 2007, est une mine de renseignements (voir ce site, 3 mars 2016).
20 janvier 1608 La Seine a gelé. « Le Roi passa vendredi la Seine sur la glace, à l'endroit de l'Arsenac » (Malherbe, p. 394).
11 février 1608 Honoré et Diane quittent Châteaumorand pour Moulins.
23 février 1608 Honoré et Diane sont à Paris. D'Urfé a emporté deux caisses de livres. Il fréquente probablement le cardinal Du Perron, Malherbe, Racan et d'autres écrivains. Il fréquente certainement les hôtels où vit Marguerite de Valois η qui a quitté Usson en 1605.
• « La reine Marguerite donna une bague à courre à une partie qui se fit à l'Arsenal, où il se fit une grande fête » (Bassompierre, p. 372).
• À Turin, le duc de Savoie η célèbre le mariage de ses filles par un carrousel tellement réussi qu'il a servi de modèle aux carrousels français (Gal, p. 362).
1608 Les Epistres morales, du Seigneur d'Urfé, Escuyer et Chambellan ordinaire de S.A. Colonel general de sa Cavalerie et Infanterie Françoise, et Capitaine de cent Chevaux legers η de ses ordonnances. Dediees à son Altesse. Lyon, Jaques Roussin, 1608. Avec Privilege du Roy. (Privilège au libraire « pour tous les livres qu'il pourra recouvrer nouvellement faicts et composez par le sieur d'Urfé ». Lyon, 24 septembre 1595). Achevé d'imprimer du 26 septembre 1598. Approbatur sans date ni signature.
Épître d'Antoine Favre η à Charles Emmanuel, duc de Savoie η, datée de Nice, le 6 avril 1598 (p. 3-14). Épître d'Honoré d'Urfé à « Madame », datée de Montbrison, le 24 septembre 1595 (p. 15-17). Épigramme latine de G. de La Théoliere. Épître au lecteur (p. 19-29). « À mon livre » (en vers, p. 30). Les vers d'Amé du Coudray suivent le texte des Epistres et la Table.
• Cet ouvrage, numérisé par Gallica, renferme seulement les 23 épîtres du premier livre des Epistres (pp. 31-336).
20 mars 1608 Publication des trois livres des Epistres morales avec un approbatur daté du 20 mars 1608.
Le privilège de l'édition de 1608, daté du 20 août, nomme « Nostre cher et bien amé Honoré d'Urfé Gentilhomme η ordinaire de nostre chambre, Capitaine de cinquante hommes d'armes de nos ordonnances, Comte de Chasteau Neuf, Baron de Chasteau Morand ».
• Dans la dédicace au duc de Savoie, Antoine Favre η appelle d'Urfé « un nouveau Sénèque » (n. p.).
• À la tête de la troisième partie se trouve une épître dédicatoire adressée par d'Urfé à Marguerite de Valois η. Le ton est bien plus personnel que dans les dédicaces de L'Astrée à Henri IV ou Louis XIII.
21 octobre 1608 Honoré d'Urfé a besoin d'argent. Il affranchit certains habitants de Valromey. Cela signifie qu'il renonce à la redevance annuelle qu'ils lui doivent en échange d'une somme versée en une fois. Il « coup[e] l'arbre pour avoir ses fruits », explique le chanoine Reure (p. 176).
1608 « Le degel de la riviere de Loire sur la fin de l'Hyver avoit causé de grandes pertes et ruine ; mais ce ne fut rien à l'esgal de ce qu'au commencement de l'Esté les neiges estans fonduës aux montagnes de Velay et de l'Auvergne, il y eut un tel desbordement d'eaux ... » (Mercure franÇois, 1608, f° 289 recto).
1608 « La chaleur de cette année-là fit que l'eau de la rivière fut si bonne pour s'y baigner, que, plus d'un mois durant, on voyait, depuis Charenton jusques à l'île du Palais plus de quatre mille personnes dans l'eau » (Bassompierre, p. 373).
1608 Anne η d'Urfé publie les Hymnes spirituels. « En ces Hymnes brille saintement la pieté et ancien zele de sa maison tres-Illustre au service de Dieu » (La Mure, II, p. 386).
• Parution de l'Introduction à la vie dévote de FranÇois de Sales. La seconde édition, en 1609, complète le texte original. On lit dans la préface : « J'adresse mes paroles à Philothée, parce que, voulant réduire à l'utilité commune de plusieurs âmes ce que j'avais premièrement écrit pour une seule, je l'appelle du nom commun à toutes celles qui veulent être dévotes ; car Philothée veut dire amatrice ou amoureuse de Dieu » (n. p.).
1609 Publication d'un fragment de La Savoisiade η, probablement à l'insu d'Honoré d'Urfé, dans le Nouveau recueil des plus beaux vers de ce temps.
31 janvier 1609 Ballet de la Reine (il y en eut plusieurs). Celui-ci présente « douze demoiselles vêtues fort légèrement en nymphes » (Babelon, p. 951).
« Le plus magnifique ballet qu'elle [Marie de Médicis η] donna fut celui de 1609, le ballet des Nymphes de Diane dont les répétitions eurent lieu dans la grande salle du Louvre et la représentation à l'Arsenal et chez la reine Marguerite η ». ll dura jusqu'à 6h du matin (Batiffol, p. 128).
• La Reine choisit les sujets de ces ballets, les fait écrire par un poète pensionné de la Cour et y participe masquée (Carmona, p. 59).
• La déesse Diane et ses nymphes figurent en bonne place dans la première partie de L'Astrée en 1607.
• C'est lors des répétitions de ce ballet que Henri IV tombe amoureux de Charlotte de Montmorency (Henri, p. 324).
13 juin 1609 Un prêtre accusé de sorcellerie est pendu et brûlé à Paris (Malherbe, p. 418).
11 décembre 1609 « La salle neuve de l'Arsenac fut étrennée dimanche dernier d'un ballet que firent douze des galants de la Cour ; ils s'appelaient les fous armés : ils firent fort rire le Roi » (Malherbe, p. 437).
Décembre 1609 Honoré d'Urfé est à Paris. Il demande à Étienne Pasquier η des vers pour sa deuxième partie. Les deux hommes échangent des sixains, mais Pasquier souhaite qu'on ne publie pas son poème (Reure, p. 139). (Voir Lettres).
3 janvier 1610 Étienne Pasquier η écrit à Honoré d'Urfé : « Je pris congé de vous, et de l'année tout ensemble » (Pasquier, II, pp. 925-926). (Voir Lettres).
1er février 1610 Archives de Savoie FRAD73-10F 330. Vue 75.
Testament de Catherine d'Urfé, veuve de Jean du Planet, épouse d'Antoine de Montfaucon. Enceinte de son second mari, à Dijon, elle écrit ce testament pour partager ses biens entre les deux fils qu'elle a eus de son premier mariage, l'enfant qui va naître et son époux. Elle nomme Jacques II η d'Urfé exécuteur testamentaire (FRAD73-10F 330. Vue 76b).
En 1613, malade, quand elle fait un nouveau testament, elle change d'exécuteur.
15 février 1610 Toussaint Du Bray et Jean Micard obtiennent un privilège de six ans pour les deux premières parties de L'Astrée. D'Urfé accompagne la deuxième partie d'une dédicace à Henri IV.
• Le roman change d'allure, voir Évolution.
24 avril 1610 Achevé d'imprimer de la deuxième partie de L'Astrée.
25 avril 1610 Traité de Brussol. Henri IV et le duc de Savoie η s'entendent pour qu'en cas de guerre entre la Savoie et l'Espagne, la France soutienne la Savoie (Carmona, p. 142).
13 mai 1610 Couronnement de Marie de Médicis η à Saint-Denis. « Ce fut une des plus belles choses que l'on puisse faire en France », écrira la Reine (cité par Carmona, p. 155).
D'Urfé assiste probablement à la cérémonie.
14 mai 1610 Assassinat du roi Henri IV.
Malherbe décrit le cortège formé lors des funérailles par « deux compagnies des cent gentilshommes, officiers de la maison du Roi » (p. 491).
• En août, il écrit à Peiresc : « Nos crieurs de livres ne nous tourmentent que d'oraisons funèbres, qui naissent comme champignons en une nuit » (p. 493).
• Des funérailles se déroulent aussi en province pendant trois jours. À Aix, en 1611 encore, il n'y aura « pas de carême prenant en signe de deuil » (Peiresc, p. 60).
17 octobre 1610 Sacre de Louis XIII à Reims.
Le père Valladier η, invité à prêcher, n'a jamais réussi à percer la foule pour parvenir à la chaire (MorÉri, Article Valladier).
13 février 1611 D'Urfé est à Turin pour expliquer au duc de Savoie η que les projets de mariage de son fils et de la fille d'Henri IV, Élisabeth de France, sont simplement retardés. En fait, la Régente favorise maintenant un mariage espagnol. D'Urfé l'ignore. Le Duc va chercher à se venger (Carmona, p. 250).
16 mars 1611 Longue lettre d'Honoré d'Urfé datée de Turin et adressée à Villeroy, ministre des affaires étrangères, au sujet du mariage princier (Reure, pp. 146-148).
13 mai 1611 La Cour est à Fontainebleau. Les gentilshommes y sont mal logés. Malherbe écrit à Peiresc : « Tant que nous avons été à Fontainebleau, qui a été cinq à six semaines, je n'ai point trouvé de commodité à mon goût pour vous écrire » (p. 510).
Juin 1611 Le duc de Savoie η envoie d'Urfé à Paris avec des lettres adressées aux membres du conseil de la régence. « Monsieur d'Urfé se présenta à [la Reine], sous prétexte de lui faire goûter le projet de se servir des troupes piémontaises » pour une expédition contre les infidèles (Saluces, p. 92-93).
• D'Urfé reçoit la dédicace de Vers sur le trespas de Henry le Grand, composez incontinent après sa mort, et imprimez à son anniversaire. L'auteur est probablement Jean Sirmond, selon le chanoine Reure (p. 150).
Jean Sirmond - si c'est lui - loue le fait que d'Urfé marie lettres et armes en ajoutant : « Ce que l'autheur de ces vers ayant pris pour un riche argument d'une autre piece, je vous supplie de permettre à celle-cy, qu'elle confirme les assurances que vous avez desja receuës » (Trespas, p. 4, je souligne).
• L'auteur du Trespas pourrait-il être Étienne Bournier et non Sirmond ? Il renverrait ainsi au Jardin d'Apollon et de Clémence. (Voir 1606).
25 juillet 1611 Des lettres patentes définissent l'apanage de Marie de Médicis η : une quinzaine de domaines parmi lesquels le comté de Forez. Les revenus de ces biens s'élevaient à 1 500 000 livres (Carmona, pp. 309-310).
27 juillet 1611 Jean-Pierre Camus η prononce un « Panégyrique d'Ignace de Loyola à l'occasion de sa béatification » (Descrains, I, p. 62).
La béatification a eu lieu le 27 juillet 1609. La canonisation sera le 12 mars 1622. Camus prononce un autre panégyrique à Belley en 1622. Ce sermon est publié en 1623 et numérisé par Google dans ce site (15 avril 2014).
1611 À Turin, Honoré d'Urfé a pu rencontrer Vaugelas, le fils de son ami, Antoine Favre η, note Jeanne Streicher, dans l'introduction de son édition des Remarques de Vaugelas (p. XXIV).
1er janvier 1612 D'Urfé acquiert le marquisat de Bâgé η en Bresse qui avait appartenu à sa mère, Renée de Savoie.
• Jacques II η d'Urfé avait dû céder Bâgé à un bourgeois de Lyon, Jacques Teste, contre 36 000 livres. Honoré et Diane, « par devant M. Dumont, notaire à Lyon », rachètent le marquisat pour 36 000 livres. C'est la fortune de Diane qui paie Bâgé (Chapoy, pp. 7-8). (Voir Héritages).
• On comprend donc pourquoi Diane a fait opposition au Testament où Honoré cédait la propriété à son frère.
Février 1612 Le Roi érige les terres de Châteauneuf et de Virieu η en marquisat de Valromey η. Honoré d'Urfé « a le premier porté la qualité de Marquis de Valromey » (Guichenon, p. 47).
• On lit dans les lettres patentes : considérant « que le titre et le nom de Chasteauneuf η est très commun et ordinaire en ce royaume [...] l'exposant désireroit qu'il nous plût échanger le titre qu'il porte [...] en celui de marquis de Valromey » (Reure, p. 179 ; Guichenon, pp. 192-193). Dans ce document, Honoré est encore dit « Gentil-homme ordinaire de nostre chambre ».
• La baronnie de Virieu η, le comté de Châteauneuf et la seigneurie de Senoy constituent le marquisat de Valromey η qui offre un revenu annuel de 2 500 livres tout au plus (Reure, p. 175). « Féodalement, c'était une terre magnifique, enclavant près de vingt paroisses du Valromey et du Bugey, pourvue d'un jugemage, d'un tribunal d'appel et de prééminences et privilèges qui en faisaient presque une petite principauté » (Chapoy, p. 10).
• En Savoie, « on peut encore tenir un rang honorable avec deux ou trois mille livres de revenus » (Nicolas, p. 35).
12 juin 1612 La rumeur dit qu'un étranger a assassiné le duc de Savoie η. Le peuple met en prison tous les Français de Turin « sans distinction d’âge ou de sexe ». Le Duc informé apparaît sur son cheval. Devant les manifestations de joie, il « en versa des larmes de tendresse ». Il enverra des excuses à Marie de Médicis η (Saluces, III, p. 92).
8 mars 1613 Honoré d'Urfé présente une requête au parlement de Bourgogne, « car il prétendait, non sans raison que le marquisat de Bâgé η [...] avait le droit incontestable d'avoir un juge d'appel » (Chapoy, p. 9).
4 juin 1613 « À cette heure, ce qui est sur le tapis, c'est la guerre de Mantoue, ou autrement la chaleur de foie de M. de Savoie » (Malherbe, p. 562). C'est le début de la crise du Montferrat, une guerre de succession à la suite de « complexes intrications matrimoniales » (Gal, p. 395).
Septembre 1613 SignetHonoré d'Urfé est à Paris quand Diane de Châteaumorand fait déplacer la tombe de la grand-mère du comte de Saint-Géran pour montrer ses droits sur la chapelle de Lalière (Reure, pp. 155-168. Le chanoine Reure et Moréri écrivent Geran). Le comte envoie une troupe qui assiège Châteaumorand. L'affaire ira jusqu'à la Cour. Voir Héritages.
• Jean-François de La Guiche, comte de Saint-Géran, est parent à Honoré d'Urfé. Il a épousé une petite-fille d'Éléonore de Chabannes, qui est elle-même la fille de Charles de Chabannes. Or ce Charles de Chabannes est le frère de Marie de Chabannes, la grand-mère maternelle d'Honoré d'Urfé (MorÉri, Articles Guiche et Chabannes).
13 septembre 1613 Archives de Savoie. FRAD73-10F 330. Vue 78. Catherine d'Urfé est à Bourg quand elle fait un testament qui annule celui de 1610. « Malade de [son] corps mais saine d'entendement », elle lègue toujours ses biens à ses enfants et à son époux, mais elle change d'exécuteur. Elle nomme Honoré d'Urfé, son frère, « luy suppliant vouloir accepter ceste charge & avoir en recommandation [s]es petiz enfans ».
La formule utilisée en 1610 pour nommer Jacques me comprenait pas cette recommandation.
Le testament est ouvert le 23 mai 1615, après le décès de Catherine (FRAD73-10F 330. Vue 83b). Elle est probablement morte le 20 mai 1615 (FRAD73-10F 330. Vue 96).
12 novembre 1613 Marie de Médicis η convoque Honoré d'Urfé à Fontainebleau. D'Urfé se rend plutôt à Châteaumorand.
15 janvier 1614 « La Reine a dit [...] qu'il ne restait plus que l'affaire de Saint-Géran et du marquis d'Urfé » [à régler] (Malherbe, p. 606).
27 janvier 1614 La Cour admire le Ballet des Argonautes qui a coûté plus de dix mille écus.
• En donnant l'information, Malherbe appelle les danseurs « balletants » (Malherbe, p. 609), néologisme - digne de Ronsard ! - qui n'apparaît pas dans les dictionnaires du temps.
1614 Le duel entre d'Urfé et Saint-Géran est évité. Par un arrêt du 27 février, le Parlement réduit l'action de Saint-Géran à un délit contre la propriété. Diane obtiendra des indemnités en juin 1620 seulement.
1614 D'après ce que Charles-Emmanuel d'Urfé, fils de Jacques η d'Urfé, a rapporté à Huet η, c'est à cette date que Diane et Honoré se seraient séparés à l'amiable.
Juin 1614 « La Cour est à Saint-Germain pour trois semaines, qui est le temps ordinaire que l'on donne à nettoyer le Louvre » (Malherbe, p. 648).
Août 1614 Pour marquer qu'il se détache de l'Espagne, le duc de Savoie η se défait du collier de la Toison d'or. Le bouleversement politique prend des allures de cartel, note S. Gal (p. 398).
23 août 1614 Inauguration de la statue équestre d'Henri IV, commandée en Italie par Marie de Médicis η en 1604 (Batiffol, p. 455).
20 septembre 1614 Charles d'Angennes, marquis de Rambouillet, est envoyé en Savoie en tant qu'ambassadeur. Il arrive à Turin le 10 octobre (Mercure franÇois, 1614, p. 157).
« L’hyver et les neiges donnerent la supension d’armes jusques au mois de mars » (Id., p. 181).
27 octobre 1614 Ouverture des États généraux à Paris, après la déclaration de majorité de Louis XIII. Jacques II η d'Urfé est « nommé député de la noblesse du pays aux estats generaux de Sens par l'assemblée générale de la noblesse » (Bernard, p. 71).
1614 ou 1615 D'Urfé s'établit à Virieu η. Avec et sans Diane, il fréquente la « bonne bourgeoisie du pays, les Fabri η, les Mugnier, les Delompnes, les Cortois, les Brillat, les Gautier ». Diane se plaît à la chasse au lièvre dans les forêts du Valromey (Chapoy, p. 13).
• L'Inventaire du château de Virieu η, fait en 1625 à la mort du propriétaire, indique que la bibliothèque comptait 1 465 volumes ainsi que des manuscrits, affirme le chanoine Reure (p. 183). Cet inventaire a probablement été établi plus tard, après le décès de Diane de Châteaumorand (Voir Héritages).
1615 Giambattista Marino, le Cavalier Marin, vient à Paris, invité par Marie de Médicis η. Il y restera jusqu'en 1623. Il a certainement fréquenté les Rambouillet parce que le Marquis de Rambouillet avait participé à des négociations avec le duc de Savoie η. D'après la correspondance de Marino, les deux Français qui se sont intéressés à ses écrits sont Desportes († 1609) et Honoré d'Urfé (Note de A. Adam, Tallemant, I, p. 805). Marino a eu un quatrième ami en France, Jacques Favereau, qui a demandé à Chapelain de composer une préface pour L'Adonis de Marino.
24 janvier 1615 Le Roi accepte de présenter l'état des finances à des députés, mais refuse de donner les détails. L'État a besoin de vingt et un million cinq cents mille livres, alors que la recette est de dix-sept millions huit cent mille livres (Mercure, 1615, p. 200).
18 février 1615 Honoré d'Urfé remet au Pape une lettre du prince de Condé qui demande son soutien.
• La succession de Montferrat η et de Mantoue est ouverte. L'Espagne et la Savoie η se disputent le duché de Montferrat. Marie de Médicis η est du côté de l'Espagne, Condé et le parti des Malcontents du côté de la Savoie η.
23 février 1615 Clôture des États généraux dans la salle de Bourbon. « L'entree ayant esté permise à un monde de personnes de tout sexe », il y eut un très grand désordre (Mercure franÇois, 1615, p. 403)
19 mars 1615 « Gabrielle d'Urfé » danse dans le Ballet de Madame (Catalogue Picot, Paris, Damascène Morgand, IV, p. 639). Il s'agit plutôt de Geneviève η d'Urfé probablement.
La page de couverture de la description du ballet se trouve dans ce site (30 septembre 2010). Cette fête célèbre le mariage d'Élisabeth de France, sœur de Louis XIII, avec Philippe IV d'Espagne.
• Des stances composées par Malherbe pour ce ballet se présentent comme un récit fait par un berger. Elles vantent la « houlette » de Louis XIII et de Marie de Médicis η et nomment la déesse Astrée.
• Le texte complet du ballet se trouve dans le Mercure franÇois (1615, pp. 15-17). L'auteur de la description est enthousiaste pour « ceste action qui se peut dire n'avoir point eu de compagne en sumptuosité [...] Leurs Majestez [...] desirans monstrer que la France voulant paroistre ne pouvoit estre imitee d'aucune autre nation » (pp. 21-22).
Malherbe écrit à Peiresc le 23 mars 1615 que le ballet « fut donné jeudi dernier, et redonné hier au soir, toujours avec admiration des machines, mutations de scène, et disposition des danseurs » (p. 687).
• Malherbe savait-il que Ronsard η, en 1564, avait offert à Fontainebleau un ballet fort original intitulé Bergerie ? Le poète y chantait le « bien fait / De la bergère Catherine » (Ronsard, éd. Blanchemain, IV, p. 7). La comparaison entre les rois et les bergers est devenue commune sous les Valois, signale N. Miller (p. 223). On la retrouve dans la dédicace de L'Astrée à Henri IV.
Notons que, dans cette Bergerie de Ronsard, Catherine de Médicis est aussi traitée de « nymphe » (Ronsard, éd. Blanchemain, IV, p. 8).
27 mars 1615 Mort de Marguerite de Valois η à Paris. Aux funérailles, « il y a une presse aussi grande qu'à un ballet » (Malherbe, p. 689).
• Le Mercure franÇois en annonçant ce décès relève que la branche des Valois a régné 261 ans (1615, p. 429).
21 juin 1615 Le Duc de Savoie η est en guerre contre l'Espagne. « Le Marquis d'Urfé avec huict cents fantassins, soustenu de huict cents autres [...] alla mettre feu ausdits gabions, et les Savoyards entrerent dans les tranchees des Espagnols » (Mercure franÇois, 1615, pp. 449-450). Il s'agit ici de Jacques II η, mais Honoré se bat peut-être aux côtés de son frère. C'est ce que pense le marquis de Saluces (p. 163).
• La Régente ne veut pas de cette guerre. « Monsieur le Grand [le duc de Bellegarde] s'en va demain en Bourgogne, par le commandement de la Reine, pour empêcher les levées qui se font pour le duc de Savoie » (Malherbe, p. 693).
16 août 1615 D'Urfé est à Turin.
• Toujours pour soutenir la cause de la Savoie η, Honoré pourrait avoir composé ou inspiré la Lettre escripte par un bon François à un conseiller d'Estat, pour le secours que le Roy est obligé de donner au Duc de Savoye et ses autres alliez (Reure, p. 190).
• Un exemplaire de La Savoisiade η précédé d'une dédicace au duc de Savoie et signé par d'Urfé est daté de Turin, le 16 août 1615 (Bernard, p. 157).
29 août 1615 Mort d'Étienne Pasquier η (Mercure franÇois, 1615, p. 447).
28 novembre 1615 Mariage de Louis XIII avec Anne d'Autriche.
20 août 1616 D'Urfé est à Chambéry. Diane est à Virieu η, où elle reste au moins jusqu'au 16 novembre.
1616 et 1617 En 1616, Honoré d'Urfé est lieutenant de la Compagnie des gendarmes de Victor-Amédée η de Savoie (Guichenon, p. 103). Il conduit des bataillons. Devant la ville de Verceil, il est obligé de battre en retraite. La paix est conclue à Pavie en octobre (Reure, p. 194). Verceil est nommé dans L'Astrée.
6 janvier 1617 Mariage d'une nièce d'Honoré d'Urfé, Geneviève η, la fille de son frère, Jacques II η. Comme la jeune fille fait partie de la suite de Marie de Médicis η, le contrat de mariage est signé au Louvre. Honoré d'Urfé ne figure pas dans la liste des témoins (Bernard, p. 72, note 1).
• Geneviève épouse le duc de Croy et le suit à Bruxelles.
1617 Les trois premiers livres de la troisième partie de L'Astrée paraissent à Arras sans le consentement d'Honoré d'Urfé.
1617 À Paris, dans un sermon, le Père Coton, Forézien et confesseur d'Henri IV, condamne publiquement « les histoires tragiques, les Astrées, les Armides [qui] chatouill[ent] peu à peu la sensualité » (Sermons, 1617, pp. 134-135. Cité par l'Abbé BrEmond, II, p. 113).
24 avril 1617 « Coup d'État » de Louis XIII (Carmona, p. 63). « On vit dans une atmosphère de guerre civile » (Carmona, p. 328). Assassinat de Concini à Paris. Quelques jours avant sa mort, à ceux qui lui reprochaient son ambition, « il répondit arrogamment qu'il voulait faire reconnaître en sa personne jusqu'où la fortune pouvait élever un homme » (Pontchartrain, II, p. 159).
Janvier 1618 François de Sales consacre la chapelle du Villaret η édifiée à la mémoire de Pierre Favre η. D'Urfé éprouve une sorte d'extase (Reure, p. 195).
• Dans une lettre adressée au recteur des Jésuites de Chambéry, d'Urfé rapporte le choc qu'il a reçu le jour de sa visite à Villaret η. Le chanoine Reure écrit : « Arrivé au seuil de la chapelle, il fut saisi d'une sorte de terreur, et n'osa pas avancer avant d'avoir soulagé sa conscience par une confession générale. Il communia avec ferveur, la joie débordait de son âme » (p. 197).
Janvier 1618 Le duc de Savoie η célèbre l'anniversaire de sa naissance (12 janvier 1562). La Cour lui offre un ballet « à passages » : chaque dame tient une lettre ; rassemblées elles forment le nom du Duc (Gal, p. 361).
En 1618, la Cour met en scène le « Triomphe de Pétrarque η » (Gal, p. 363).
2 février 1618 D'Urfé réside à Thônes, près du lac d'Annecy.
• Le duc de Savoie décerne à « Honoré d'Urfé Marquis de Chasteaumorand, et de Valromey » le Collier de l'Ordre de l'Annonciade η (Guichenon, I, p. 828), « récompense suprême » (Reure, p. 196).
15 août 1618 Une jeune sœur d'Honoré d'Urfé fait profession dans le couvent de Montbrison (La Mure, II, p. 474).
24 août 1618 À la demande du Roi et de la Régente, le Pape Paul V permet que la saint Louis soit « celebrée et gardée de Commandement » en France (Mercure franÇois, 1618, p. 271).
6 octobre 1618 François de Sales et Antoine Favre η accompagnent le cardinal Maurice de Savoie à Paris. La délégation demande la main de la fille d'Henri IV, Chrétienne (Christine) de France pour le fils aîné du Duc, Victor-Amédée η (Mugnier, p. 8).
14 décembre 1618 À la demande du duc de Savoie η, d'Urfé écrit le Jugemant sur l'Amedeide, Poeme du seigneur Gabriel Chiabrera.
(Voir Jugemant).
3 janvier 1619 À Turin, pour célébrer le mariage du prince héritier avec la seconde fille d'Henri IV et de Marie de Médicis η, le Duc de Savoie η commande de « faire fête trois jours continuels, iceluy jour des Rois compris » (Registre des Entrées, cité par Mugnier, p. 26).
• D'Urfé, Français et Chevalier de l'Annonciade η, assiste probablement aux fêtes bien qu'on ne rencontre pas son nom parmi les participants (Chapoy, p. 14).
• Un marquis de Saint-Damien participe au tournoi. Il s'agit peut-être du futur époux de la nièce du romancier (Mercure franÇois, 1619, pp. 80-81).
5 janvier 1619 Honoré d'Urfé se rend à Villaret η, près d'Annecy, pour visiter le sanctuaire du bienheureux Pierre Lefèvre ou Favre η.
• À partir de cette date, chaque année, d'Urfé entreprend à pied le pèlerinage de Villaret η. Il s'y rend pour remercier le bienheureux de l'avoir guéri d'un écoulement qui menaçait sa vue (Reure, p. 198). Cette maladie des yeux a dû le marquer ; il en parle encore en 1625, dans sa réponse à l'Académie des Parfaits Amants.
12 février 1619 Le mariage de Victor-Amédée η de Savoie et de Chrétienne, la fille d'Henri IV, a lieu le 10 février, à Paris (Guichenon, I, p. 829). La Princesse a exactement treize ans. On joue au Louvre le Grand Ballet de Tancrède pour célébrer l'événement (Foisil, p. 45).
• Le Mercure franÇois de 1619 ajoute à ces « aggreables merveilles » (p. 103) la description d'un Ballet de Psyché présenté au même endroit cinq jours après. Dit Ballet de la Royne, Signetce spectacle comprend un « Ballet des Vents » dansé par huit petits garçons vêtus de plumes (p. 108).
7 mai 1619 D'Urfé est à Paris (Reure, p. 203).
• Privilège de la troisième partie de L'Astrée, donné à l'auteur et à deux éditeurs, Olivier de Varennes et Toussaint Du Bray : « laquelle troisiesme partie il desiroit faire imprimer en ceste ville de Paris, avec la premiere et seconde partie qu'il auroit reveuë et corrigee de grandes fautes que la negligence de ceux qui l'ont fait imprimer en ce Royaume sans son consentement y ont laissé glisser, et outre les corrections, il les a fait augmenter de Sommaires et Annotations sur chacun desdits livres, table des matieres non encore cy-devant imprimees, et ont fait faire des desseins, et graver plusieurs planches en cuivre, tant pour la premiere, seconde et troisieme partie dudit Livre ».
• D'Urfé signe alors : « Marquis de Verromé, Comte de Chasteauneuf, Baron de Chasteau-morand, Chevalier de l'Ordre de Savoye ».
• Le romancier dédie la troisième partie à Louis XIII.
• Le portrait de l'auteur en Hercule apparaît pour la première fois.
Privilège, dédicace à Louis XIII et « desseins » sont inclus dans ce site. Je n'ai trouvé ni dans l'édition de 1619, ni dans celle de 1620, ni dans celle de 1621, « Sommaires et Annotations sur chacun desdits livres ».
30 mai 1619 À Paris, chez Honoré d'Urfé, « en l'hostel dud. sieur marquis constituant siz sur le fossé d'entre les portes de Bussi et de Nesle ès faulxbourg St Germain des Prez », une « constitution » est signée. (Voir Notes η). D'Urfé « a donné et donne plain pouvoir, auctorité et mandement special » aux éditeurs, Toussaint Du Bray et Olivier de Varennes (Arbour, p. 354).
• À quelle date Honoré d'Urfé quitte-t-il Paris ?
« Il semble que, depuis 1619 jusqu'à sa mort, il n'y a plus fait aucun séjour un peu prolongé », écrit le chanoine Reure en 1910 (p. 329). Nicolas DucimetiÈre signale que des livres qui porte l'ex-libris d'Honoré d'Urfé ont été achetés à Paris en 1620 et 1622 (p. 755). Le romancier ne manquait pas de représentants dans la capitale.
Août 1619 Saint-Géran est fait maréchal de France (Pontchartrain, II, p. 120)
6 août 1619 Date du privilège des Epistres morales et amoureuses. Reveu corrigé et augmenté en ceste derniere Edition. Paris, Gilles Robinot, 1619. Épître d'Antoine Favre η au Duc de Savoie η. Épigramme en latin signée G. de La Theoliere.
• Les éditions postérieures des Epistres ne comprennent plus les epistres amoureuses, qui viennent toutes de L'Astrée (Bernard, p. 147).
22 août 1619 D'Urfé est à Saint-Just-en-Chevalet en Forez, avec Diane de Châteaumorand. Ils signent un accord avec Anne η d'Urfé au sujet d'une tapisserie qui lui appartient et qu'ils désirent conserver (Reure, p. 333).
Septembre 1619 Le Duc de Savoie η accueille son fils et sa nouvelle épouse à Grenoble. Le Duc est accompagné du nonce, de l'ambassadeur de Venise et des « chevaliers de l'ordre suprême », l'Annonciade η (Mugnier, p. 33).
Octobre 1619 François de Sales séjourne à Châteaumorand (McMahon, p. 24, note 97).
30 octobre 1619 D'Urfé assiste probablement à l'entrée du duc de Savoie η à Chambéry.
2 novembre 1619 D'Urfé est à Virieu η.
1620 D'Urfé achète un livre à Paris (DucimetiÈre, p. 755).
1620 Parution de la première « histoire dévote » de Jean-Pierre Camus, La Mémoire de Darie (Paris, Claude Chappelet). C'est la biographie légèrement romancée de la baronne de Thorenz, belle-sœur de François de Sales.
11 janvier 1621 Mariage de la fille aînée de Christophe η d'Urfé, Charlotte-Emmanuelle, avec un seigneur de Savoie η, Henri de Maillard, marquis de Saint-Damien et comte de Tournon. Honoré et Diane assistent à la cérémonie au château de Bâgé η. Diane promet 20 000 ducatons η et Honoré 5 000 (Chapoy, p. 14). Ces sommes ne sont pas encore versées en 1628 (Voir Héritages et contrat dotal η).
22 janvier 1621 D'Urfé donne à Diane une procuration générale pour le gouvernement et l'administration de tous ses biens (Reure, p. 332).
23 juin 1621 Mort d'Anne η d'Urfé. Honoré passe l'été en Forez.
14 août 1621 Diane de Châteaumorand obtient une sentence qui la déclare séparée de biens d'Honoré d'Urfé, peut-être pour se protéger des créanciers de son époux (Reure, p. 333).
28 octobre 1621 François de Sales vient en Forez pour la translation des reliques de Saint Germain l'ermite. Je remercie Sabine Cheramy qui m'a envoyé une photo η de la pierre sur laquelle cette information est donnée.
1622 D'Urfé achète un livre à Paris (DucimetiÈre, p. 755).
1622 Publication de L'Alexis η, roman de Jean-Pierre Camus η, qui est une adaptation dévote et transparente de L'Astrée.
Novembre 1622 « On ne parloit à la Cour de France que d'armements, que d'executer le dessein pris entre le Roy, la Seigneurie de Venise, et le Duc de Savoye, dez le mois de Novembre 1622. pour faire restituer aux Grisons la Valteline η » (Mercure franÇois, 1624, p. 499). La France s'engage contre Madrid et le duc de Savoie η fournit des soldats à la France (Menabrea, p. 167).
28 décembre 1622 François de Sales meurt à Lyon. Sa dépouille est transportée à Annecy. « S. François de Sales, Evesque et Prince de Geneve, mourut dans la petite maisonnette du Jardinier des Religieuses de la Visitation de Belle-court [Bellecour]. Et le lendemain les Dames Religieuses receurent son Cœur qui y est en grande vénération » (Menestrier, n. p.).
1623 Nicolas Buon publie une édition de Ronsard. Les vers pour le portrait de Cassandre sont attribués à Malherbe (Adam, Malherbe, p. 844. Voir Copie η).
20 janvier 1623 À la hauteur de Saint-Rambert-en-Bugey, « voilà arriver en poste η Honoré d'Urfé, marquis de Valromey, chevallier du grand Ordre de Savoye, ayant desjà faict trois lieues pour atteindre la procession funèbre. Il fleschit les genoux au milieu d'un bourbier, arrousa la chasse du deffunct prélat de larmes très amères, et fist à haute voix des prières à sa bien-heureuse mémoire » (document cité par le chanoine Reure, p. 331).
• L'Abbé Théodore BoulangÉ décrit cette scène dans son Histoire de saint François de Sales. Les faits rapportés sont les mêmes, mais le récit est moins imagé (Voir Biographie).
Automne 1623 D'Urfé est en Forez.
20 novembre 1623 François Pomeray obtient un privilège pour la quatrième partie de L'Astrée, un manuscrit que lui a remis une nièce d'Honoré d'Urfé. Cette nièce se nomme parfois Gabrielle (Bernard, p. 166 ; Reure, p. 209 ; Koch, p. 390), et plus rarement Geneviève. À cause de son âge en 1623, à cause de sa position sociale, à cause de ses goûts littéraires, et à cause de sa position à la cour, Geneviève η aurait pu être responsable de la publication de la « Quatrième partie » du roman (Henein, p. 884, note 3), mais le privilège nomme clairement sa jeune sœur, Gabrielle η.
2 janvier 1624 Parution de quatre livres (et quelques pages) de la quatrième partie de L'Astrée chez François Pomeray qui s'est associé avec Du Bray et Varennes.
28 février 1624 Mort d'Antoine Favre η.
1er mars 1624 Quarante-huit princes et princesses allemands envoient à Honoré d'Urfé une lettre, datée du « Carrefour de Mercure, le 1 du mois de Mars, 1624 », qui renferme leurs quarante-huit sceaux. Ils ont formé une Académie des Parfaits Amants, pris les noms de personnages de L'Astrée, et demandent à d'Urfé la suite de son roman.
• Le chanoine Reure cite une partie seulement de la réponse d'Honoré d'Urfé (p. 211). La Sixiesme partie, éditée par Bernard Yon, présente deux réponses dues probablement à Gomberville (p. 11).
• Je remercie Sabine Cheramy (Centre culturel de Goutelas) qui m'a donné une copie de la lettre des Parfaits amants et de la réponse du romancier. Cette copie est tirée de l'édition de Robert Foüet (1625, n. p.). Je reproduis le texte de la lettre avec les noms d'emprunt des signataires η ainsi que la réponse d'Honoré d'Urfé.
24 mai 1624 D'Urfé fait saisir les exemplaires de la quatrième partie frauduleuse avec une violence qu'il n'avait pas montrée devant les nombreuses publications pirates de ses œuvres antérieures (Henein).
1624 Honoré d'Urfé rencontre Olivier Patru (1604 - 1681) à Turin η. Le jeune homme se rend en Italie. Quand il renvient, le romancier est mort. Seules les trois premières parties de L'Astrée avaient alors paru, écrit Patru (II, p. 497). Le critique ne nomme pas Baro, mais ne doute pas des suites qu'il a publiées (II, p. 502). Il ne mentionne ni L'Astrée de Geneviève d'Urfé (1624), ni celle de Foüet (1625).
1624 Le duc de Savoie η invite Van Dyck η à Turin (Michael JaffÉ, mars 2007).
3 février 1625 Date du privilège donné au « Berger désolé ». Le titre de l'ouvrage pourtant est : Tristes amours de Floridon, berger, et de la belle Astrée, naiade. Ce texte est dédié à M. de Chambrey. Il est imprimé avec les Fortunées amours de Poliastre et de Doriane.
• Ces deux nouvelles η ne sont pas d'Honoré d'Urfé (Voir en 1990, Henein, p. 897, et en 1999, Henein, p. 17, note 22).
10 mars 1625 Honoré d'Urfé, qui est alors à Châteaumorand, répond aux princes allemands en leur promettant de donner une suite au roman « quand le bruit du canon cessera, et que la douceur de la paix nous ostera l'espée de la main » (Reure, p. 211). (Voir Responce).
11 mars 1625 « Un acte notarié établit qu'il remet le 11 mars 1625 à son 'homme de chambre' B. Dessay η le manuscrit en douze livres d'une quatrième partie » (Plazenet, p. 59). Paule Koch signale que le notaire se nomme Bal et qu'il habite Virieu η (p. 390). Où a lieu cette procédure juridique puisque l'auteur se trouvait la veille encore à Châteaumorand (Voir Choix éditoriaux) ?
• Bal est aussi le nom du greffier engagé par Balthazar Dessay η lors de l'Inventaire de la maison d'Honoré d'Urfé à Virieu η.
12 avril 1625 Privilège donné à La Sylvanire ou la Morte-vive, dédiée à Marie de Médicis η (KOCh, p. 391). Cette pastorale dramatique en cinq actes et en vers blancs ne sera publiée qu'en 1627.
29 avril 1625 Honoré d'Urfé reçoit des ordres pour lever un régiment contre les Espagnols, car l'Espagne contrôlait le passage de la Valteline η, près de Gênes. Ce lieu stratégique permet aux Habsbourgs d'Espagne d'aller du Milanais au Saint-Empire Germanique.
• En septembre 1624, Richelieu s'entend avec le Piémont et la République de Venise pour chasser les Espagnols de la Valteline.
8 mai 1625 Le Mercure franÇois de 1625 écrit : « M. le Prince de Piémont prit dix mil hommes de l'armee pour s'aller faire faire ouverture des passages des montagnes » (p. 491). « [...] le 8 mai jour de sa naissance qu'il voulut signaler par quelque heureux commencement de ceste expédition. Et pour ce fit venir à soy les Regiments d'Urfé, du Flechet, et Valencé » (p. 492). Le prince de Piémont est Victor-Amédée de Savoie η.
9 mai 1625 Le duc de Savoie s'approche de la ville de Gênes. D'Urfé et ses hommes s'occupent de la montagne. C'est la bataille de la Valteline η qui coûtera la vie à Honoré d'Urfé.
11 mai 1625 « Honorat d'Urfé, marquis de Château-Morand, chassa entièrement l'ennemi des montagnes, pendant que l'on élevait les batteries fort près des murs » (Saluces, p. 248).
14 mai 1625 D'Urfé, maréchal de camp, conduit l'avant-garde.
Malherbe mentionne trois fois la bataille de la Valteline dans ses lettres de 1625 (pp. 255, 258, 261). Jamais il ne nomme Honoré d'Urfé.
16 mai 1625 Inauguration de la galerie de Rubens au Palais du Luxembourg. Louis XIII, réconcilié avec Marie de Médicis η, admire le tableau représentant « La Félicité de la régence » et loue le peintre (Carmona, p. 420).
16 mai 1625 La ville d'Oneglia se rend. « Après cette action glorieuse, le nom d'Honoré d'Urfé n'est plus prononcé dans aucune des relations que nous avons eues sous les yeux » (Reure, p. 350).
• Le Mercure décrit longuement cette bataille et nomme le marquis d'Urfé (Jacques II η) et le marquis de Chasteaumorand, maréchal des camps, Honoré. C'est le 16 mai, le jour de la reddition du château d'Oneigla, que « M. de Chasteaumorand » est nommé pour la dernière fois (p. 504). Le Mercure signale que les troupes du marquis d'Urfé sont « logées vers la marine » le 16 mai 1625, après la bataille, la veille de la Pentecôte (p. 507).
• Le Mercure n'annonce pas le décès du romancier. « Ainsi aux mois de Mars, Avril et May de cette annee les armes des Savoyards et des François desfirent dans le pays des Gennois tout ce qui se presenta pour leur resister », conclut le Mercure (1625, pp. 509-510).
• Malgré les victoires que remporte le duc de Savoie η, Richelieu ne mentionnera même pas le duc quand il signera un traité de paix avec l'Espagne en 1626 (Gal, pp. 430-431).
Mai 1625 Honoré d'Urfé est transporté d'Oneglia à Villefranche-sur-Mer, près de Nice, chez son frère, Jacques η. Il parcourt donc ce qui est aujourd'hui plus de 80 km d'autoroute (Voir Cartothèque). Il souffre cependant d'une pneumonie d'après Huet η (qui l'aurait appris de Charles-Emmanuel d'Urfé) (opinion de Reure, p. 350), ou d'une chute de cheval d'après La Mure (opinion de Bernard, p. 168).
• Comme le romancier dans son Testament fait un don à un chirurgien et non à un médecin, il s'agissait peut-être d'une chute de cheval (G. Doublet, p. 203).
30 mai 1625 D'Urfé dicte son Testament en italien. Il institue son frère, Jacques η, son légataire universel, avec substitution au profit de son neveu, Charles-Emmanuel. Il lègue à Diane ses deux bagues, et « une petite croix d'or avec le portrait de lad. dame Diane, qu'il a au cou » (Doublet, p. 211).
1er juin 1625 Pendant que les funérailles d'Honoré d'Urfé se déroulent à Turin, Diane de Châteaumorand est à Paris, rue du Four (Reure, p. 354).
• Le corps d'Honoré d'Urfé est probablement transporté en Forez. Il aurait été enterré η à la Bastie, près du Lignon, s'il fallait en croire Balthazar Baro.
• Cependant, Anne d'UrfÉ écrit que c'est à Bonlieu que les d'Urfé « ont leur sepulture generalle au milieu du cueur de l'église, qui est une des plus belles sepultures de gentislhommes de France », avec une épitaphe en vers composée par sa grand-mère, Jeanne de Balsac (p. 31).
Juin 1625 Avant le 15 juin 1625, la marquise d'Urfé η se trouve à Marseille. Elle annonce que son époux, Jacques II η, va se rendre aux funérailles d'Honoré d'Urfé à Turin, « possible pour prendre congé de S. A. et se retirer chez luy » (Peiresc, VI, p. 201).
16-19 juin 1625 Inventaire de la maison de Virieu η fait en la présence de Balthazar Dessay η, représentant de Jacques η d'Urfé. Le juge et son assistant sont des Fabri η. Jean Bal n'est que greffier. Cette date donnée par le chanoine Reure (p. 354) n'est pas celle qui se trouve dans un manuscrit qui renferme les griefs de l'héritier de Diane et que je reproduis dans Héritages. L'inventaire aurait eu lieu après le décès de Diane, mais il a aussi pu y avoir deux inventaires.
1er juillet 1625 À Paris, au greffe du Châtelet, Diane de Châteaumorand renonce à la communauté de biens. Elle se rend ensuite à Virieu η. Comme le notaire attitré d'Honoré d'Urfé, Hugues Fabri η, est décédé, Diane s'adresse à sa veuve, Philiberte de Lucinge, et lui remet les clés de Virieu η (Reure, p. 355). Elle rentre ensuite à Châteaumorand.
31 octobre 1625 Diane écrit son Testament et lègue tous ses biens à son neveu, Jean-Claude de Lévis-Charlus, à condition qu'il adopte le nom et les armes des Châteaumorand. Diane ne nomme pas son époux, et ne parle ni de bijoux, ni de livres, ni de manuscrits. Elle laisse à son héritier un mémoire « de tous les affaires q[u'il] peult avoir avecq Messi[ieu]rs durfé pere & filz », c'est-à-dire Jacques II d'Urfé η et Charles-Emmanuel d'Urfé.
• Les archives de Châteaumorand se retrouvent aujourd'hui, avec les archives de Léran, dans l'Ardèche. Certains manuscrits sont transcrits et commentés dans Héritages.
8 mars 1626 Mort de Diane de Châteaumorand. Elle sera enterrée à Saint-Martin-d'Estréaux (Reure, p. 356). Le site de la commune décrit le château, mais n'indique pas l'emplacement du tombeau de Diane (5 mai 2014). (Voir Cartothèque).