Banderole
Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé


SignetGLOSSAIRE - A

À À est une préposition dont le sens et l'emploi ont beaucoup changé.
Maupas écrit que « à est [...] de valeur du tout indefinie. [...] Quelquefois semble valoir Pour [...]. Finalement est mis et employé en plusieurs phrases adverbiales, comme à tant, à tard, à tort, à droit, à tort et à travers, à peine, grand partie desquelles supplee plusieurs adverbes Latins » (p. 68-69).
Huguet relève la fréquence du a explétif chez les Gascons.
FuretiÈre encore déclare : « À est le plus souvent adverbe, non seulement de temps & de lieu, comme, Cela vient à tard. cela est à terre : mais encore il se joint à presque tous les mots de la Langue pour faire des phrases adverbiales qui tiennent de leurs significations & de leurs manieres ».
• Le Dictionnaire de l'AcadÉmie donne une longue liste de cas où on utilise À, puis conclut : « Il y a encore d'autres usages de la préposition a qu'il seroit difficile de determiner icy, et qui se verront dans la suite de ce Dictionnaire ».
• Dans L'Astrée,
À précède les indications de lieu : À main gauche.
À la chambre.
« CHAMBRE, s'employe aussi en parlant des valets qui rendent service à la chambre » (FuretiÈre).
À précède les indications de temps : à longues années, à matin, à la nuit, à ce voyage, au mesme temps, au temps que je lui ai donné.
- À est mis à la place de de pour indiquer la possession ; mais l'édition de 1621 préfère de (I, 7, 205 verso).
Voir aussi Au.
1
À A cette fois (II, 6, 340). Pour cette fois. L'expression n'est pas dans les dictionnaires.
À. « Quelquefois elle signifioit Par [...] Dans ce sens, c'est la préposition latine A ou Ab » (La Curne).
À nage. « Passer une riviere à nage » (FuretiÈre).
À ses yeux. Dans. « Signifieth sometimes [...] In » (Cotgrave).
À ces maladies (II, 4, 201), à ses ennemis (II, 12, 827) « Pour » (La Curne).
À petites troupes (II, 7, 434). « En » (La Curne).
Esmouvoir à compassion (II, 12, 770) et aussi Esmeuë à quelque compassion (III, 4, 139 verso).
« Exciter, engager, pousser à » (Huguet, Article Esmouvoir).
2
À La troisième partie présente un nombre élevé de À et de Au.
- « À est quelquefois preposition, mais rarement. Il est à la ville, aux champs » (FuretiÈre).
Aux villages (III, 2, 41 recto).
Aller à la portière (III, 12, 491 recto).
- « À s'emploie dans le sens d'avec pour marquer l'accompagnement, le moyen, la manière » (Huguet).
Rare aux changemens (III, 3, 68 verso).
- « À pour avec, marquoit un rapport d'union [...] Un rapport de cause instrumentale. » « Quelquefois on l'employoit pour En » (La Curne).
Je serois ennuyeux à vous raconter (III, 3, 115 verso).
- À « marque un rapport d'appartenance » (La Curne).
Le nez à ma nourrice (III, 7, 299 recto). L'édition de 1619 donnait pourtant de ma nourice.
À peut signifier dans :
S'en servir aux prosperitez (III, 1, 17 recto).
Être aux bonnes grâces (III, 2, 52 recto).
S'avancer aux bonnes graces (III, 3, 63 recto). S'entremettre aux discours (III, 5, 201 recto).
Ne s'en servir qu'au mal-heur (III, 6, 229 recto).
À peut signifier chez :
Matière mieux disposée aux uns qu'aux autres (III, 5, 204 verso).
- « À devant un infinitif dans des phrases qui marquent le but, l'intention, l'effet » : (Godefroy)
Laisser à m'accommoder
(III, 7, 275 recto).
Ma voix ne trouve passage qu'à souspirer mes peines (III, 11, 486 recto).
- « Quelquefois elle signifioit Par » (La Curne).
Il se laissoit conduire à sa mere (III, 7, 279 verso).
- La préposition à peut être l'équivalent de dans (Sancier, II, p. 101).
Entrer au chariot (III, 12, 491 recto).
Abandonner à ce besoin (III, 12, 494 verso).
3
À bonne heure « De bonne heure » (Huguet). 1
À ceste heure Cette expression, comme pour ceste heure, peut signifier à ce moment-là (I, 10, 346 verso). Mais dans d'autres instances, elle signifie maintenant. « Ast' heure, asteure. A cette heure, maintenant » (Huguet).
- « A cette heure que nous sommes en repos, pour dire, Maintenant » (FuretiÈre).
Vaugelas note que « tout Paris » dit à présent, mais lui-même préfère à cette heure (p. 234).
1
À côté - Au côté (droit ou gauche).
L'expression ne se trouve ni dans Huguet ni dans FuretiÈre.
1
À côté Tournant les yeux a costé (III, 1, 16 verso). De côté. 3
À faute de Chacun chercha du papier, de peur qu'à faute d'en avoir [...] (III, 9, 382 verso). « A faute de. Faute de » (Huguet). 3
À juste cause Pour une cause juste.
« A cette cause. Pour cette cause » (Huguet).
2
À la vérité Conformément à la vérité.
Seul LittrÉ donne un exemple, qui vient du XVIe siècle, pour cette expression : « Quand quelque fait est descrit à la verité et avec ses circonstances, encor qu'il ne soit parvenu qu'à mi-chemin, si peut-on tousjours en tirer du fruict, LANOUE, 662 ».
1
À la veue La rechercher mesme à la veüe d'Euric (III, 4, 144 recto). Devant. FuretiÈre donne « Cela est à la veüe de tout le monde ». 3
À l'heure « Alors. Sur l'heure, tout de suite, dès ce moment » (Huguet). 1
À mauvaise intention « Toutes choses peuvent estre faites à bonne ou à mauvaise intention » (FuretiÈre). 2
À mesme instant Elle figure dans la deuxième partie de 1621. 2
À mesme instant (temps) « Tout à un instant. Tout à la fois » (Huguet).
« A mesme temps. En même temps » (Huguet).
Vaugelas condamne à mesme temps : « Je ne conseillerais à qui que ce soit d'en user, ny en parlant, ny en escrivant » (p. 462).
• Cette expression est remplacée en 1621 par en mesme temps.
1
À parler A parler [...] avec le commun, on l'entend (III, 2, 33 verso). En parlant. « Quelquefois on l'employoit pour En » (La Curne). 3
À part En son à part. « De son côté, seul » (Huguet).
• Cette expression est supprimée en 1621.
1
À quoy « Pourquoi » (Huguet). Dans FuretiÈre (comme aujourd'hui) à quoy doit être suivi par bon pour avoir ce sens.
- Ce à quoi, ce pourquoi. À quoy peut aussi signifier à cela (I, 12, 387 verso).
1
À toutes les fois Chaque fois.
L'expression ne se trouve ni dans Huguet ni dans FuretiÈre. On peut la rapprocher de : « Il ne faut pas faire d'une chose à deux fois, c'est à dire, à diverses reprises » (FuretiÈre, Article Fois).
1
Abaissé LittrÉ explique ce qui sépare abaisser de baisser. « Baisser une chose, c'est la mettre plus bas qu'elle n'était ; abaisser, c'est la mettre plus bas qu'une autre ou du moins la faire descendre jusqu'à une autre qui était plus bas qu'elle ».
Le sens concret de abaisser ne pose pas de problème (abaisser la voix, III, 10, 428 recto). Mais Honoré d'Urfé utilise le participe passé abaissé en tant qu'épithète, et lui donne un sens particulier.
- Un homme si abaissé (III, 6, 251 verso) et certains chevaliers parmi les plus abaissez (III, 12, 533 recto) appartiennent à une classe sociale inférieure.
- Un courage si abaissé (III, 12, 524 recto) ou si r'abaissé (III, 6, 251 verso) est le contraire du courage, c'est la lâcheté. Abaissé est coordonné à vil (III, 2, 34 verso).
- Cependant, les esprits abaissés (III, 2, 34 recto) qui ne peuvent pas aimer au-dessus d'eux ne sont probablement pas des esprits bas, mais des esprits humbles, des esprits qui se seraient abaissés eux-mêmes (Voir la note I, 34 recto η).
3
Abatre (s') « Ce cheval est sujet à s'abatre, c'est à dire, à broncher, à tomber » (FuretiÈre). 2
Abondance Couvertes d'abondance de vivres (III, 5, 201 verso). « Foison, affluence de plusieurs choses en un même lieu » (FuretiÈre). 3
Abondant Le pays est assez abondant (III, 8, 345 verso). « Qui a abondance » (FuretiÈre). 3
Abord « Lieu où l'on aborde » (Huguet). Écrit aussi abort.
À l'abord, comme d'abord, signifie au début.
- À l'abord (d'une personne) « se dit aussi de l'accés qu'on donne aux personnes qui ont à faire à nous » (FuretiÈre).
- Abord signifie aussi (I, 3, 53 recto) « l'affluence des personnes, ou des marchandises qui arrivent en un même lieu » (FuretiÈre). Cette acception n'est pas signalée par Huguet.
D'abord. « Du commencement, de la premiere veüe » (FuretiÈre).
D'abord, signifiant tout de suite, est remplacé par incontinent en 1621 (I, 6, 164 recto).
1
Abord (d'abord que) « D'abord que. Dès que » (LittrÉ). 2
Abord (d'abord que) Daphnide admira cette gallerie d'abord qu'elle y fut entree (III, 3, 58 recto). Phrase supprimée dans l'édition de 1621. 3
Aboucher (s') « Se pencher en avant, abaisser le visage, approcher la bouche » (Huguet). FuretiÈre donne au mot son sens moderne : « Aborder quelqu'un de prés, conferer avec luy bouche à bouche ». L'Astrée donne au verbe son sens archaïque. 1
Aboy Aboy de Driopé (III, 1, 8 recto). « ABBOY. s. m. [...] Le cri, ou le japper d'un chien » (FuretiÈre). 3
Abreuver « ABBREUVER, signifie figurément, Persuader quelqu'un de quelque chose » (FuretiÈre). 2
Absent Absent de quelqu'un (III, 9, 370 verso). « Absent de qqn, de qqch » (Huguet). 3
Absinthe Écrit aussi Absynthe et Abcsinthes.
Connue depuis le XIIIe siècle, l'absinthe est une plante verte toxique. La liqueur extraite de cette plante, appelée « fée verte », très à la mode au XIXe siècle, a été interdite en 1915.
• L'absinthe s'emploie comme symbole d'amertume, écrit Huguet.
• « Selon Malherbe ; & selon Vaugelas, toûjours masculin », note FuretiÈre. Vaugelas écrit : « Je l'aimerois mieux faire masculin, que feminin, non-obstant l'inclination de nostre langue, qui va à ce dernier genre plustost qu'à l'autre » (p. 527). Il ajoute « asbynthes, au pluriel n'est pas bon » (p. 527). Pour Patru, absinthe ne peut être féminin « que lorsqu'en ce genre il rompt un vers, ou un Hemistiche, ou fait quelque effet » (II, p. 606)
Absinthe est au masculin et au pluriel dans L'Astrée de même que dans La Sylvanire (p. 62), au masculin singulier dans Le Sireine (p. 124 et 125).
1
Abstraindre Nous abstraindre à une longue amour (III, 9, 384 recto). « Serrer, mettre à l'étroit. Astreindre, obliger » (La Curne). 3
Abuser - « Tromper, seduire » (FuretiÈre). 2
Abuser Ne vous abusez de rien obtenir au contraire (III, 2, 35 verso). Le DMF donne « S'abuser de, Commettre la faute, l'erreur », et « S'abuser de qqc. (au point d'avoir le sentiment de se tromper ». Ce vers fort obscur pourrait signifier Ne croyez pas obtenir. 3
Abuseur « Qui abuse, qui seduit, qui trompe » (FuretiÈre). 1
Accent - « Certaine inflexion de voix » (richelet).
- « Les Poëtes & les Amoureux se servent quelquefois du mot d'accent au plur. pour signifier la voix. Les accens plaintifs. les derniers accens. il expliqua sa passion par ces tristes accens » (FuretiÈre).
2
Accerta Ou Acerta (III, 2, 29 verso). Coffre de parfums. Il s'agit probablement de l'Acerra, comme l'a noté Maxime Gaume (p. 129, note 130). Ce coffre est nommé par Du Choul (p. 325) en même temps que le simpulle que tient la Maxime. 3
Accez Le plus fort accez de mes desplaisirs (III, 9, 376 verso). « ACCÉS, se dit aussi en Medecine des retours de certaines maladies qui laissent quelques bons intervalles. Il a eu un petit accés de fievre [...]. Ce mot vient du Latin accessus, & accessio » (FuretiÈre). 3
Accident « Aventure, événement » (Huguet). 2
Accointance « Connaissance, fréquentation, amitié » (Huguet). 1
Accolée Les ceremonies de l'accolee III, 12, 520 verso). Chez Godefroy, on trouve acoler (verbe substantivé) et acolier. Il s'agit de la moderne accolade, « une ceremonie dont on use quand on fait un Chevalier, lequel on embrasse en signe d'amitié » (FuretiÈre). Huguet et La Curne donnent accolement. 3
Accommodé - « Disposer en vue de la commodité ou de la beauté, rendre commode » (Huguet). 1
Accommodé - Accommodé s'applique généralement aux choses, mais il peut aussi signifier « faire fortune, gagner du bien » (FuretiÈre).
- Accommoder signifie aussi arranger, complaire ou encore s'habituer.
2
Accompagnable « Sociable » (Huguet). 2
Accomplir de Accomply de tant de perfections (III, 7, 314 verso). « Pourvoir, munir complètement. [...] une Histoire eloquente, accomplie des qualitez qu'elle doit avoir. AMYOT, Hommes illustres, aux Lecteurs » (Huguet). 3
Accomplissement L'accomplissement de ceste debte (III, 6, 232 verso). « Accomplir. Compléter » (Huguet). « Accomplir une dette » n'est pas dans les dictionnaires. 3
Accorder - « S'accorder à. Donner son assentiment, son approbation » (Huguet). 2
Accorder - Avant qu'il eust accordé son mariage (III, 7, 325 recto). « Consentir. Je vous accorde cette proposition » (FuretiÈre). 3
Accort « Avisé, habile, rusé, qui a l'esprit vif ». Huguet signale aussi que « Accort est plusieurs fois cité comme un mot à la mode, emprunté à l'italien ». 1
Accostable « Civil, courtois, qui se laisse aborder facilement » (FuretiÈre). 2
Accoster (s') Ce verbe est seulement transitif dans FuretiÈre, mais Huguet donne « S'accoster de. S'approcher de, aborder ». 2
Accoudoir Bien attaché les crochets contre les accoudoirs de la fenestre (III, 7, 295 recto). « Lieu destiné pour s'accouder. Il se dit particulierement de l'endroit inferieur de l'ouverture d'une fenestre, sur lequel on s'appuye, on s'accoude. L'accoudoir d'une fenestre doit aller seulement à la hauteur de la ceinture » (FuretiÈre). Celui de L'Astrée étant à l'extérieur de la fenêtre, il s'agit d'une sorte de corniche. 3
Accourcir Accourcir la longueur des jours (III, 1, 2 recto). « Rogner, retrancher, rendre plus court » (FuretiÈre). 3
Accourir Voyant ce desordre y voulut accourir (III, 8, 340 verso). « Concourir, contribuer » (La Curne). Ce verbe est remplacé dans l'édition de 1621 par mettre ordre. 3
Accoustumer - « Accoustumer (transitif). [...] Avoir accoustumé. Avoir l'habitude » (Huguet). 2
Accoustumer N'estant guere accoustumee d'aller de cette sorte à cheval (III, 12, 542 verso). Se conjugue aussi avec l'auxiliaire Être. 3
Accoustumer (se) Un bal qui s'accoustume de-là les Alpes (III, 7, 285 verso). « Au fig. "S'installer durablement, s'enraciner" : ...orgueil et dissolution se accoustuma tres excessivement en moult de personnes (JUV. URS., T. crest., c.1446, 119) » (DMF). 3
Accroire « Faire ou faire faire ce que l'on veut, agir à son gré, imposer sa volonté » (Huguet).
Vaugelas souligne « que la difference qu'il y a entre faire croire, et faire accroire, n'est pas tant que l'un soit pour le vray, & l'autre pour le faux, qu'en ce que faire accroire emporte toujours que celuy de qui on le dit, a eu dessein en cela de tromper » (p. 297). C'est bien le cas dans L'Astrée (I, 9, 296 recto).
1
Accrouppir (s') « Qui ne se dit qu'avec le pronom personnel, pour exprimer la posture de celuy qui abaisse son corps presque contre terre pour se cacher en quelque lieu bas ou estroit » (FuretiÈre). 1
Accueil « Traittement doux, civil & honneste qu'on fait à une personne qui vient faire une priere, ou une visite » (FuretiÈre). 2
Acculé « Se placer dans un coin, dans un lieu estroit où on ne puisse être attaqué par derriere, pour se bien deffendre contre plusieurs ennemis de front » (FuretiÈre). Huguet donne des sens différents au verbe, « Renverser. Tenir en échec, repousser, annuler. Éculer. S'asseoir ».
• Dans L'Astrée, le bateau qui s'est acculé (I, 8, 230 verso) s'était reculé dans l'édition de 1607. La leçon de 1607 semble préférable.
1
Ache « Hache » (Huguet). 1
Acheminer « Ne se dit gueres qu'avec le pronom personnel, Se mettre en chemin » (FuretiÈre). C'est seulement au figuré que acheminer n'est pas un verbe pronominal : « Une vive foy achemine les Chrêtiens à la gloire éternelle » (FuretiÈre). 2
Acquit « Faire une chose par maniere d'acquit, pour dire, la faire negligemment, & sans y apporter tous les soins qu'on devroit » (FuretiÈre). 2
Acquiter « Justifier » (La Curne). 2
Administration « Se dit aussi de la regie & gouvernement de la personne & des biens d'un mineur » (FuretiÈre). 2
Admiration Il considère avec admiration la difference qu'il y avoit de sa vie passee à celle qu'il alloit trainant (III, 1, 4 recto). « Étonnement » (Huguet). 3
Adresser « S'adresser à, vers. Se diriger vers » (Huguet). 2
Adresser S'adressant au berger, il le chargea de coups (III, 12, 493 recto). « C'est encore en étendant la signification d'adresser, diriger, que ce verbe a signifié frapper, proprement diriger un coup, le porter droit, l'adresser » (La Curne). 3
Adresser contre La discourtoisie adressée contre une personne (III, 6, 260 verso). Le DMF donne « S'adresser contre qqn. Se diriger contre qqn. ». 3
Advantage « Ce qui fait preferer quelque chose à une autre, ce qui la met au dessus » (FuretiÈre). 1
Advantage Je n'en ay eu autre advantage que ce seul estranger, lequel estant mon prisonnier [...] (III, 8, 363 recto). « Avantage, subst. masc. Gain, profit, pillage » (La Curne). 3
Advantage (à l') « Bien, convenablement, avantageusement : Monté à l'avantage, armé à l'avantage, etc. » (Huguet). 1
Advis « Donner advis, pour dire, Faire sçavoir les nouvelles de ce qui se passe » (FuretiÈre). 2
Advis De son advis (III, 11, 457 recto). Le DMF donne « De l'avis de qqn. ». 3
Adviser « Prendre garde » (Huguet).
« Prendre quelque resolution aprés quelque deliberation & conseil » (FuretiÈre).
2
Advouer Voir Avouer. 3
Affaire FuretiÈre consacre une longue rubrique aux définitions de ce substantif. « AFFAIRE, se dit aussi des querelles, des combats, des brouilleries d'amitié », acception fréquente dans L'Astrée (par exemple I, 3, 51 verso).
Affaire, quelquefois masculin chez d'Urfé, est aussi masculin dans Nicot, Huguet et Cotgrave.
Maupas en fait un nom au genre variable : « Ceux-ci peuvent estre usurpez indifferemment de commun genre, combien qu'aucuns en peuvent avoir l'un plus familier que l'autre, ce que je laisse à l'usage à vous apprendre » (p. 93).
« Ce mot est toujours feminin à la Cour & dans les bons Autheurs, je ne dis pas seulement modernes, mais anciens », affirme Vaugelas (p. 246).
1
Affaire • Le genre du substantif fluctue encore dans la deuxième partie de L'Astrée : on rencontre les deux genres dans le même livre (II, 4, 223 ; II, 4, 248).
• À deux reprises, affaire passe du masculin en 1610 au féminin en 1621 (II, 10, 649 et II, 12, 870).
- « Avoir affaire de. Besoin » (Huguet).
La définition de FuretiÈre est plus générale : « Ce qui peut occuper nos soins, nos pas, nos pensées, nous obliger à travailler, aller & venir. [...] Se dit aussi de ce qui donne beaucoup de peine, d'inquietude ».
C'est l'acception que donne Huguet qui convient le mieux dans L'Astrée.
2
Affaire - « Affaire ... On use de ce mot au masc. et fém. M. DE LA PORTE, Epithetes » (Huguet).
Dans la troisième partie de 1621 encore, affaire(s) revient 90 fois. Le genre, quand il est indiqué, varie : 15 fois au féminin et 7 fois au masculin. La variante ne modifie pas le genre mais la graphie :
III, 3, 90 verso ; III, 4, 168 recto ; III, 11, 484 recto. Avoir affaire est mis en 1621 pour remplacer avoir à faire, « avoir besoin » (La Curne, Article Faire).
3
Affamer Il ne s'est veu que le masle et la femelle se soient affamez (III, 9, 399 recto). « AFFAMER, se dit aussi des goulus qui affament les autres, parce qu'ils ne leur laissent pas assez dequoy manger » (FuretiÈre). Cette phrase est supprimée après l'édition de 1619. 3
Affection - « Envie, désir » (La Curne). 1
Affection - Avoir de l'affection au service (III, 4, 160 recto). « Zèle » (Huguet).
- Transporter de l'extreme affection (III, 5, 192 verso). « Desir » (Huguet).
L'affection de laquelle elle parloit (III, 10, 424 verso).
« Passion » (Huguet).
3
Affection (d') « D'affection. Avec ardeur » (Huguet).
FuretiÈre donne seulement un exemple : « Je vous parle de cœur & d'affection, quand je vous offre mes services ».
2
Affection (d') Entretenir d'une grande affection (III, 5, 190 recto). Avec ardeur. 3
Affectionné « On finit les lettres par cette formule, Vostre tres-humble & tres-affectionné serviteur. On a usé de cette formule differemment selon les temps & les personnes. Il n'y a que 30. ou 40. ans qu'on s'en servoit en escrivant aux personnes de la premiere qualité : & même M. D'Urfé en a usé dans la souscription de l'Epistre Dedicatoire de son Astrée au Roy deffunct en l'année 1620 [Voir la dédicace à Henri IV]. Il y en a grand nombre d'autres exemples. Mais depuis on s'est rendu plus delicat, & on a mis au lieu d'affectionné, le mot d'obeïssant, à ceux qui avoient la moindre élevation, ou à qui on vouloit faire civilité. On a retranché le superlatif en écrivant aux inferieurs ; & toûjours en diminuant, on a dit Vostre affectionné à vous servir en écrivant à quelque paysan ou artisan ; & enfin Vostre affectionné à vous rendre service, quand un Grand Seigneur écrivoit à un domestique, ou à quelqu'un de sa dependance » (FuretiÈre). Voir aussi Brunot, II, p. 375.
• Le style d'Honoré d'Urfé évolue. Dans la dédicace à Louis XIII, obéissant remplace affectionné.
1
Affectionner (s') « S'attacher, s'obstiner » (Huguet). FuretiÈre ne donne pas la forme pronominale. 1
Affermir Bien affermis en la creance (III, 3, 84 verso). Affermir signifie « cicatriser » dans Huguet, mais « rendre ferme » dans FuretiÈre. L'Astrée donne donc au verbe son sens moderne. 3
Afféterie Écrit aussi Affetterie. « Les paroles & les actions d'une personne affettée » (FuretiÈre).
Huguet donne à l'adjectif affeté de nombreux sens dont « Joli, gracieux. Habile à parler. Affecté, recherché. Qui cherche à séduire, apprêté, disposé pour séduire. Trompeur, fourbe, perfide, méchant ». FuretiÈre fait de affetté un synonyme de coquet.
1
Affolé « Rendre, ou devenir fou » (FuretiÈre).
Huguet donne un bel exemple : « Et n'y a point de plus grand'sagesse que d'affoler pour ton amour. DESPORTES, Prières chrestiennes, p. 13 ».
1
Âge Écrit aussi aage. « Subst. masc. et fém » (La Curne). « La durée ordinaire de la vie » (Dictionnaire de l'AcadÉmie, 1694). 2
Agencer « Donner aux choses un certain ornement qui procede de l'ordre & des dispositions qu'on leur donne pour les rendre plus agreables. Agencer ses cheveux. âgencer son cabinet. Il vient du vieux mot gent, qui signifioit poli, & qu'on nomme maintenant gentil » (FuretiÈre). 2
Agrandir II, 12, 846. « Elever à une fortune meilleure » (Richelet). 2
Aider (s') « S'employe souvent avec le pronom personnel, & signifie alors, Se servir de quelque chose » (FuretiÈre). « Se secourir » (Richelet). 2
Aider (s') Pour peu que vous vous y aidiez (III, 2, 43 verso). « On dit aussi, qu'il faut qu'un homme s'aide, pour dire, qu'il fasse un effort de luy-même pour profiter du secours qu'on luy veut donner » (FuretiÈre). 3
Aider à Aider à Diane (II, 1, 25). « Dieu aide à trois sortes de personnes, aux fous, aux enfans, & aux yvrognes » (FuretiÈre). 2
Aigle « Subst. fem. [...] C'est le Roy des oiseaux. Aussi l'Empereur la porte-t-il dans ses armes [...] Les Romains aprés avoir porté diverses autres enseignes, s'arresterent enfin à l'aigle la seconde année du Consulat de Marius » (FuretiÈre). 2
Aigneau Bien jeunes aigneaux (III, 11, 459 recto). L'édition de 1621 remplace le moderne agneaux par aigneaux. Huguet et La Curne donnent seulement aigneux, mais aigneaux apparaît dans le DMF. 3
Aigre « Qui exprime vivement la douleur, la colère » (Huguet). 1
Aigreur L'aigreur des coups (III, 3, 60 verso). « Violence, Vivacité. Cruauté » (Huguet). Aigreur n'a plus que son sens moderne dans FuretiÈre. 3
Aile « En termes de Blason, quand elle est seule, s'appelle un demi-vol ; & lors qu'il y en a deux, s'appelle un vol : ce qui se dit de quelque oiseau que ce soit » (FuretiÈre). 2
Ailleurs (d') « D'une autre cause » (FuretiÈre). 2
Aimable (aymable) « Qui a des qualitez qui attirent l'amour, ou l'amitié de quelqu'un » (FuretiÈre). 2
Aimer (s'y) « S'aimer [en un lieu]. S'y plaire, s'y trouver bien » (Huguet). 2
Aimissiez Verbe Aimer à l'imparfait du subjonctif. On dirait aujourd'hui aimassiez. 1
Ains « Mais plutôt », ou « plutôt » (Huguet). « Vieux mot », dit FuretiÈre.
• Ce mot est remplacé en 1621. Il n'apparaît plus que dans un poème (I, 6, 165 verso).
1
Ains • Dans la deuxième partie, l'édition de 1621 donne ains, au lieu du ainsi de 1610 (II, 3, 128). Il peut s'agir d'une coquille.
Ains ne reparaît pas dans la troisième partie. Sur l'histoire mouvementée de ains (soutenu par Mlle de Gournay), voir Brunot, III, p. 351.
2
Ainsi - « Pour cette raison » (Huguet).
- « Tout ainsi comme, par ainsi, comme ainsi soi » (FuretiÈre).
- « Comme ainsi soit que. Comme, parce que, vu que, attendu que, puisque » (Huguet).
Soit ainsi. « Qu'ainsi soit, qu'il soit ainsi. Pour prouver qu'il en est ainsi, pour avoir la preuve qu'il en est ainsi, ce qui prouve qu'il en est ainsi. Nous disons qu'elles ont vie et sentiment : qu'ainsi soit, nous en avons le tesmoignage de Jesus Christ. CALVIN, Instruct. contre les Anabaptistes (VII, 114) » (Huguet).
Ainsi que. « Alors que, tandis que, au moment où » (Huguet).
Ainsi comme. « Comme » (FuretiÈre).
2
Ainsi Soit ainsi que je sois estimé (III, 9, 368 recto). « Qu'ainsi ne soit, qu'ainsi soit. La derniere de ces deux façons de parler est hors d'usage, et la premiere vieillit fort. On dit en sa place, bien que, de sorte que, encore que » (richelet).
« Plusieurs de ces expressions redoublées vieillissent entre 1600 et 1650 » (Brunot, III, p. 349).
3
Ais Écrit aussi Aiz et Aix.
« Piece de bois [...] longue, & peu espaisse » (FuretiÈre).
1
Ais Aix d'un bateau (II, 4, 209). « Quoique ce mot subsiste, et qu'on appelle encore ais de bateau, des planches qui ont servi à la construction d'un bateau, il semble pourtant vrai de dire qu'il est aujourd'hui d'un usage moins général » (La Curne). 2
Aise « Joye, contentement, commodité, richesse » (FuretiÈre). 2
Alentir « Rendre lent, retarder » (Huguet).
2
Alentir Écrit allantir dans la troisième partie. Allantir ton leger mouvement (III, 1, 3 recto). 3
Alentour Écrit aussi A l'entour.
« Autour » (FuretiÈre).
1
Algue Couronné d'Algue et de joncs (III, 3, 101 recto). Algue est au singulier. Dans Huguet aussi, Alga ou Alge reste au singulier dans les trois exemples donnés (Article Alge). 3
Aliéné « Éloigné » (Huguet).
FuretiÈre donne à l'adjectif son sens moderne : « Il a l'esprit aliené, pour dire, Il est devenu fou » (Article Aliener).
2
Aliéner Le subject qui luy alienoit l'esprit (III, 7, 303 recto). « Égarer l'esprit » (Godefroy, Lexique). 3
Allèchement « Amorce, appast. Il ne se dit qu'au figuré. Il faut fuir les vanités mondaines, qui sont les allechemens du peché » (FuretiÈre). Huguet donne allécher mais non son dérivé. 1
Allegeance « Allègement, soulagement » (Huguet). « Souslagement d'un mal » (FuretiÈre). 1
Alléger « Rendre moins pesant » (FuretiÈre). 1
Alléguer « Mettre en avant » (FuretiÈre). 1
Allemande
Allemande I : 

Allemande II :

« Ce bal que les Francs ont nouvellement apporté de Germanie » (I, 9, 269 verso), et qui montre la rivalité de Lindamor et de Polémas, est une allemande. « Piece de Musique qui est grave, & de pleine mesure, qu'on jouë sur les instruments, & particulierement sur le luth, le theorbe, l'orgue, & le clavessin » (FuretiÈre). C'est « une dance plaine de mediocre gravité », mais qui suscite des querelles, écrit Thoinot Arbeau. Après avoir décrit les pas, Arbeau ajoute : « En dançant l'Allemande, les jeunes hommes quelquesfois derobent les damoiselles, les ostant de la main de ceulx qui les meynent, et celuy qui est spolié se travaille d'en r'avoir une aultre. Mais je n'appreuve point ceste façon de faire, parce qu'elle peult engendrer des querelles et mescontentements » (f° 67-69).
• Les allemandes que vous avez entendues sont d'Alain Naigeon. Pour voir les partitions, cliquez ici. Pour entendre Alain Naigeon, cliquez ici (20 septembre 2010). Pour voir un bal dans une gravure d'Abraham Bosse (1634), cliquez ici (30 septembre 2010).
• Les deux danses mentionnées dans la première partie de L'Astrée illustrent des contrastes. Les gens du hameau dansent un branle gai pour marquer une première rencontre, alors que les gens du château dansent une allemande grave pour marquer le début d'une rivalité.
• La danse qui sépare Hylas de sa partenaire ne porte malheureusement pas de nom (I, 8, 246 recto). Il pourrait s'agir d'une courante dansée à l'ancienne, car, d'après L'OrchÉsographie, chaque cavalier emmenait sa compagne « à l'un des bouts de la salle » et l'y laissait jusqu'à la fin de la danse (f° 66 recto).
1
Aller Il n'yra pas ainsi (III, 6, 249 verso). L'ancienne langue utilise aller pour être. Huguet donne « Il s'en va tard ». 3
Aller (en) Le faire en-aller (III, 3, 118 recto). « ALLER, signifie quelquefois, Oster, chasser, en ces phrases. On ne sçauroit faire en aller cette tache d'encre qu'avec du verjus ou quelque acide » (furetiÈre). 3
Aller (s') ll s'alloit une à une redisant les favorables responces (III, 1, 3 verso). furetiÈre donne « s'aller battre » (Article Aller), mais non s'aller suivi d'un participe présent. Huguet note que « Aller formant une périphrase verbale avec le participe présent [...] exprime une idée de fréquence ou de continuité ». 3
Allissions Verbe Aller à l'imparfait du subjonctif. On dirait aujourd'hui allassions. 1
Allongir « Allonger » (Huguet). 1
Alors Alors sa sœur s'estoit un peu esloignée (III, 3, 97 recto). « At that time », à ce moment (Cotgrave). 3
Altération « Signifie figurément, Emotion d'esprit » (furetiÈre). 2
Altier « Orgueilleux, fier, qui commande avec hauteur » (furetiÈre). 1
Amas « Les lacs & les estangs se font d'un grand amas d'eau » (furetiÈre). 2
Amasser « Lever de terre ce qui y étoit tombé » (furetiÈre). 2
Ambacte III, 12, 532 verso. Vaganay lit ici ambassades (III, p. 682).
Fauchet explique que les chevaliers gaulois « avoyent plus ou moins de gens, appellez en leur langue Ambactes et Solduriers [...] les Ambactes semblent avoir esté de moindre qualité, et comme subjects roturiers » (p. 9). L'histoiren se base sur CÉsar. Celui-ci, en décrivant la classe des chevaliers en Gaule, écrit « ita plurimos circum se ambactos clientesque habet ». La traduction moderne donne que le chevalier est entouré de serviteurs et de clients (VI, 15). On sait aujourd'hui que « les ambactes se trouvaient dans une situation proche du servage, sans être pour autant, comme le croyait César, la propriété des nobles » (Kruta, p. 350). Armés, ils doivent accompagner leur protecteur à la guerre. « Ambactos. Celui qui est autour. Une forme de dépendance d'un homme originairement libre, donc armé, qui s'engage envers un personnage important et le suit notamment à la guerre » (Kruta, p. 408).
3
Amendement Avec sacrifices, supplications et amendemens (III, 6, 230 verso). « Changement par lequel on devient en meilleur état, tant à l'égard de l'ame que du corps » (furetiÈre) 3
Amender « Améliorer, amener à un meilleur état » (Huguet). 1
Ami juré Cette expression ne figure pas dans les dictionnaires. Elle signifie sans doute un ami auquel on a juré fidélité. 1
Amiable Dans Huguet, synonyme d'aimable. « Se dit d'un tiers qui fait office d'ami », ajoute FuretiÈre. Les deux acceptions sont dans L'Astrée. 1
Amourachement « Amour (avec ou sans idée défavorable) » (Huguet). FuretiÈre ne donne pas ce substantif mais il définit ainsi s'amouracher : « Ne se dit qu'avec le pronom personnel & en mauvaise part de ceux qui sont amoureux d'une personne de vile ou d'inégale condition ». C'est exactement le sens de amourachement dans L'Astrée (I, 10, 306 verso). 1
Amours Voir Amour.
- « Amours. Il signifie aussi en ce sens, tous les petits agreements qui naissent de la beauté. Les jeux, les ris, les amours, & les graces » (FuretiÈre).
• Les Amours sont représentés dans des peintures de L'Astrée : l'histoire de Damon et Fortune (I, 11, 371 verso) et le tableau de la Réproque amitié (II, 5, 279). Ils renvoient à deux mythes différents décrits par Mario Equicola dans son Libro di natura d'amore (livre II, ch. 4, 114 verso à 122 verso).
2
Amuser « Occuper à des choses vaines, retarder, tromper » (Huguet).
Le verbe peut avoir le sens que lui donne FuretiÈre : « Se prend quelquefois en bonne part, & signifie simplement, S'occuper, passer sa vie à quelque chose ».
1
Androgine Comme un Androgine (III, 12, 531 recto). Le substantif est au féminin en 1619 et au masculin en 1621. Huguet met le substantif androgine au féminin et donne l'adjectif androgin. Pour FuretiÈre, « ANDROGYNE. subst. masc. & fem. Hermaphrodite qui a les deux natures, qui est masle & femelle tout ensemble ».
• Aristophane (BanqueT, 189e) fait de l'androgyne une image du couple. Brantôme l'imite (Dames galantes, p. 91). Le poète Jean Auvray décrit :
     « Des filles qui vont aymant,
     Et qui avec leur Amant
     Font (quand l’avertin les pique)
     L’Androgine Platonique » (p. 359).

L'intérêt pour l'androgyne remonte aux traductions de Platon et aux commentaires de Ficin au début du XVIe siècle (Villemur, p. 238). Voir Androgyne η.
3
Angélique « Se dit aussi des qualités excellentes de quelque chose » (FuretiÈre). 2
Animé « Passionné » (Huguet). 1
Antenne Écrit entenne.
« 0u Verghe. Terme de Marine. C'est la piece de bois suspenduë à une poulie qui croise le mast, à laquelle la voile est attachée » (FuretiÈre).
2
Apart « En son apart. De son côté, seul » (Huguet). 2
Apiécé « Apiecer. Ajouter, joindre » (Huguet). 1
Aposter Écrit quelquefois apposter.
« Attitrer quelqu'un, le mettre en avant pour espier, tromper & surprendre quelqu'un » (FuretiÈre).
1
Appanner Apanner. « Pourvoir d'un apanage » (Huguet). FuretiÈre donne seulement Apanager. 2
Appareil « Préparatif » (Huguet). 1
Apparence Il n'y avoit pas grande apparence pour une entre-veuë si courte d'avoir fait un si dangereux voyage (III, 3, 77 recto). « Vraisemblance, raison ; caractère de ce qui paraît raisonnable, sensé ; motif sérieux » (Huguet). 3
Apparent « Se dit aussi parmi les bourgeois d'une ville, de ceux qui sont les plus riches, qui sont distingués des autres par leurs emplois, ou par leur merite » (FuretiÈre). 2
Apparenté Tres belle et tres-bien aparentée (III, 6, 221 verso). La formule se trouve dans Nicot : « Un homme bien apparenté. Amplissima cognatione vir ». 3
Apparenter « Être parent de » (Huguet). 2
Apparier « Joindre des choses qui doivent aller naturellement ensemble, qui sont égales ou semblables, ou qui conviennent. On le dit premierement des animaux » (FuretiÈre).
Huguet donne simplement « Joindre ensemble ».
2
Apparoistre (s') « Se faire voir » (richelet). 2
Appartenir - Ce qui leur appartenoit du sacrifice (III, 9, 387 recto). « Avoir droit à quelque chose, soit qu'on en ait la jouïssance, soit qu'on la pretende legitimement » (FuretiÈre). D'après Du Choul ceux qui assistaient aux sacrifices avaient aussi le droit de manger les animaux immolés, « comme l'on fait en nostre religion du pain benist » (p. 327).
Ceux qui vous appartiennent (III, 10, 445 verso). « Etre parent. Apartenir de parenté à quelcun, être allié » (Richelet, Article Touchant).
3
Appeler « Citer en jugement, en témoignage » (FuretiÈre).
Appeler à. « Assigner une partie devant un Juge superieur, quand on pretend qu'on a été mal jugé par un Juge inferieur ; reclamer son secours & sa protection » (FuretiÈre).
2
Appeler de Ce ne sera pas moy qui appelleray de l'ordonnance (III, 4, 168 verso). « Recourir à un tribunal supérieur » (LittrÉ). « On peut apeller de la décision de Vaugelas » (richelet, Article Prochain). FuretiÈre donne seulement « en appeler ». 3
Appendre « Suspendre. [...] Offrir en hommage, consacrer, dédier » (Huguet). 2
Appesantir Il n'apesantisse de sorte sa main sur vous (III, 1, 13 verso). « APPESANTIR, se dit figurément en Morale. Dieu appesantit quelquefois sa main sur les pecheurs, pour dire, il les punit severement » (FuretiÈre). 3
Apporter Son silence apporta tant de compassion (III, 12, 497 recto). « Être cause de quelque chose » (richelet). 3
Apprendre « Enseigner, instruire » (FuretiÈre). 1
Apprendre de Le faire chastier, pour luy apprendre de laisser sortir (III, 8, 349 recto). Nous dirions lui apprendre à. Huguet donne « Apprendre à qqn de. Ceux qui apprennent à la noblesse de ne chercher en la vaillance que l'honneur. MONTAIGNE, II, 16 (III, 6) ». 3
Apprentif « Apprenti ».
Huguet cite des vers qui renferment une réflexion similaire à celle que l'on trouve dans L'Astrée : « C'est luy [Amour] qui rend les hommes inventifs : Grans Maistres fait de nouveaux aprentifs. BAÏF, Poemes, L. IV (II, 188) ».
1
Apprest « Ce qu'on prepare pour quelque ceremonie, rejouïssance, ou festin » (FuretiÈre). 2
Appreuver Il appreuveroit cette affection (III, 11, 489 verso). On trouve la forme apreuver dans Godefroy et dans Huguet (Article Approuver).
Appreuver
revient dans les trois parties de L'Astrée (I, 10, 312 verso ; II, 1, 5).
L'édition de 1619 ne donne qu'un p à appreuver. C'est la troisième partie de 1621 qui transforme fréquemment appreuver en apreuver (III, 7, 328 verso par exemple), mais jamais en approuver.
3
Apprinssent (apprint) Verbe Apprendre à l'imparfait du subjonctif. On dirait aujourd'hui apprissent. 1
Apprissent, Apprissiez Afin que par vostre jugement ce nouveau berger et belle bergere apprissent (III, 9, 389 verso). Subjonctif imparfait du verbe Apprendre. 3
Appuyer Se jettant en terre [il] les appuya (III, 12, 496 recto). « Mettre un appuy à quelque chose » (FuretiÈre). 3
Apréhensif Ma mere qui est encores plus aprehensive (III, 6, 230 verso). « Apréhensif, apréhensive, adj. Qui craint » (Richelet).
On voit que Richelet aussi ne donne qu'un p à apréhender et à ses dérivés. C'est l'orthographe moderne qu'il décrit dans l'« Avertissement » de son Dictionnaire : « On retranche la plu-part des lettres doubles et inutiles qui ne défigurent pas les mots lorsqu'elles en sont retranchées ».
3
Après Se mettre après. « Adverbe. Ensuite, dans la suite » (Huguet).
2
Après - Vous vous amusez apres ma sœur (III, 10, 429 recto). « Près, auprès » (La Curne).
Envoyer apres luy (III, 12, 547 recto) « On a mis les Sergents aprés luy, c'est à dire, pour le suivre » (FuretiÈre).
- Il y a deux personnes apres elle (III, 6, 259 verso). « On dit aussi, Il est toûjours aprés luy, pour dire, Il l'importune, il l'espionne, il le tourmente » (FuretiÈre).
3
Aprés-disnée « La seconde partie du jour que l'on compte depuis midi, qui est l'heure ordinaire de disner » (FuretiÈre). 2
Arbre « Mât » (Huguet). 2
Ardent « Qui brûle, allumé. Par extension, rouge feu » (Huguet). 1
Arène Écrit aussi Areine. « Sable » (Huguet). 1
Arferial Adjectif dérivé de arferia, « eau dont on se servait dans les festins aux funérailles des parents » (NoËl). 2
Armé « En termes de Blason, se dit des animaux à quatre pieds, & des dragons, en parlant de leurs ongles, de leurs dents, & des autres parties que la nature leur a donné pour deffenses. Le lyon se blasonne armé, lors que ses ongles sont d'un autre émail que celuy de son corps. On le dit aussi de la deffense d'un sanglier. On le dit aussi des griffons, des aigles, & même des flesches, & autres armes dont les pointes sont d'autre émail que le fust » (FuretiÈre). 2
Arrester Arrester (II, 9, 616). « S'arrester de. S'attarder à » (Huguet). Voir aussi dans Le Sireine p. 165.
Arrester a quelquefois le sens que lui donne FuretiÈre : « Conclurre aprés quelque deliberation, soit en soy-même, soit en compagnie ». Mais il peut aussi signifier simplement « s'arrêter » (I, 4, 121 recto), « Empescher quelque chose de se mouvoir, d'aller plus loin » (FuretiÈre).
2
Arrhes « Des gages, des marques » (FuretiÈre). 2
Arrouser « Arrouser. Arroser » (Huguet).
Vaugelas affirme qu'il faut dire arroser « et non pas arrouser, quoy que la plus part le disent et l'escrivent ».
2
Arteil « Orteil » (Huguet). 1
Article Passons quelques articles entre nous (III, 5, 217 recto). « Se dit aussi des clauses & conventions des Traités & des Jugements sur lesquels il se fait des contestations & des deliberations » (FuretiÈre). 3
Artifice « Adresse, industrie de faire les choses avec beaucoup de subtilité, de precaution » (FuretiÈre). 2
Artifice Refaire de nouveau ce premier artifice (III, 12, 501 recto). « Travail » (Huguet). Cet artifice, c'est donner la bonne fortune. 3
Artificiel « Qui se fait par art » (FuretiÈre). « Terme de Rétorique. Qui dépend de l'esprit de l'orateur » (Richelet). 1
Artificiellement Une couronne faicte de plume fort artificiellement (III, 10, 418 verso). Cotgrave donne à l'adverbe ce synonyme : « Artistement ». 3
Artificieusement Petits arbres pliez les uns sur les autres fort artificieusement (III, 5, 172 verso). Pour Huguet, Artificieusement signifie « Avec ruse » et Artificiellement signifie « Avec art, avec habileté ». 3
Artificieux « Artificieux. Fait avec art, où il y a de l'art » (Huguet). « Fin, adroit, rusé. [...] Artificieux ne se dit que de l'esprit, & artificiel que des choses materielles » (FuretiÈre).
• Dans la première de L'Astrée, artificieux, qui qualifie Polémas et le dieu Amour, signifie certainement rusé (par exemple I, 3, 69 recto).
1
Aspharagone Le nom de cette plante ne figure pas dans les dictionnaires. Peut-être s'agit-il du nom latin de l'asperge, aspharagos, en grec.
• On trouve, dans le Dictionnaire de Thomas Corneille, le substantif Asparage, avec une définition qui convient parfaitement à la plante de L'Astrée :
« Vieux mot, du Latin Asparagus. La coustume fut jadis en Boëcie, que les bonnes & honnestes Matrones approchantes pour devoir coucher la nouvelle Mariée, luy faisoient ung chappelet sur la teste de branches de Asparages aspres & mal gracieux, voulans dire qu'il falloit endurer les rudesses du mary. Cecy est tiré d'un ancien Manuscrit. On a dit aussi Asperague ».
1
Aspirer de Toutes aspiroient de posseder (III, 4, 128 recto). Huguet donne des phrases avec aspirer de. 3
Assabler Le torrent assable tous les champs (III, 1, 6 recto). « Remplir de sable » (FuretiÈre). 3
Assay Graphie de essai dans l'édition de 1619. Cest assay se devoit faire par eux (III, 9, 391 verso). Il s'agit de la gageure des bergers. Cotgrave utilise huit fois le substantif assay, synonyme de épreuve (Article Avant-jeu). 3
Asseant Verbe Asseoir au participe présent. On dirait aujourd'hui asseyant. 1
Assemblée Assemblage. Seul Cotgrave définit assemblée comme « packing or couching of things together ». 2
Asseoir « Appuyer, fonder, former [un jugement, une opinion] » (Huguet).
1
Asseoir - « Se dit aussi de ce qu'on met en une situation convenable, ferme & choisie » (FuretiÈre). 2
Asserra Forme de asseoira dans l'édition de 1619. Philis s'asserra (III, 9, 403 verso). Huguet donne des cas de asserra (Article Asseoir). C'est la forme préconisée par Maupas (p. 237). Vaugelas consacre un article à Asseoir, mais ne mentionne pas les formes du futur (pp. 165-166). Voir Brunot, III, pp. 308-309. 3
Asseuré Un des plus asseurez instruments (III, 12, 550 recto). Ici, asseuré signifie assuré, « Seur, certain » (Richelet). Huguet donne à asseuré le sens de rassuré. 3
Asseurer - Se vouloit asseurer en luy (III, 7, 328 verso). « S'asseurer en. Compter sur » (Huguet).
- Elle qui je m'asseure ne faisoit pas (III, 7, 290 recto). « S'asseurer. Être sûr » (Huguet).
3
Assez « Beaucoup » (Huguet). 2
Assiant S'assiant dans une chaire (III, 6, 240 recto). Verbe Asseoir au participe présent. L'édition de 1621 remplace une fois assiant par assisant (III, 11, 464 recto). Vaugelas préfère s'asseiant à s'asseant (p. 166) et ne mentionne pas assiant. 3
Assiduellement « Continuellement, habituellement, fréquemment » (Huguet). 2
Assiette « Le terrain où on a basti une place, un fort, un bastiment » (FuretiÈre). 2
Assignation « Se dit aussi des rendez-vous qu'on se donne pour se trouver à un certain lieu, à une certaine heure. Les deux Advocats se sont donné assignation à cinq heures pour consulter. ces amants se donnent assignation, ou rendez-vous aux Thuileries » (FuretiÈre). 2
Assisant Là s'assisant (III, 11, 464 recto). Verbe Asseoir au participe présent. Maupas donne au verbe Seoir le participe siésant (p. 237). 3
Assissions Verbe Asseoir à l'imparfait du subjonctif. 1
Assurance II, 12, 842. Traduction de Cotgrave : « Security ». 2
Assurer - « Rendre ferme, constant, hors de peril » (FuretiÈre).
- « Rassurer » (Huguet).
2
Attaint Attaint d'un crime (I, 11, 369 recto).
- « Convaincre, faire reconnaître coupable » (Huguet).
1
Attaint - « En termes de Palais, on declare qu'un homme est atteint & convaincu du crime, dans le jugement qui le condamne. Il faut remarquer qu'il y a de la difference entre ces mots atteint, & convaincu, en ce que le mot d'atteint se dit seulement d'un accusé contre lequel il y a simplement des indices, ou des preuves imparfaites » (FuretiÈre). 2
Atteindre Estre atteint du crime de felonnie (III, 12, 535 verso). « Accuser » (Huguet). 3
Attendissent Verbe Attendre à l'imparfait du subjonctif. 1
Attendre à La pluspart attentifs à marcher n'attendent qu'à choisir les plus commodes passages (III, 5, 212 verso). « Attendre de » (Huguet). Richelet donne : « Il crut que ce seroit une folie d'atendre à les ataquer que leur cavalerie fût de retour ». 3
Attoucher « Toucher. Être uni [par la parenté] à. Être voisin de » (Huguet).
FuretiÈre donne seulement « attouchement ».
2
Au Tirer au vray (I, Folios liminaires, Portrait de l'Auteur). « Selon » (Richelet). 1
Au J'escriray au tronc (II, 8, 516). 2
Au Elle demeurast immobile au message que je luy fis (III, 1, 17 verso).
Être aux bonnes grâces (III, 2, 52 recto).
L'extreme tristesse, qui descouvre au visage les ennuis que le cœur veut tenir cachez (III, 4, 144 recto).
Voir au visage celuy qui parloit (III, 8, 333 verso). Favoriser aux desseins (III, 12, 521 recto). Favoriser à est dans Huguet.
Voir aussi À.
3
Au droit À droite. « On dit aussi à droit, à gauche, pour dire, qu'il faut tourner de ce costé-la » (FuretiÈre). 1
Au mesme temps « Presque aussitôt » (Richelet).
2
Auctoriser Craignant [qu'elle] ne l'auctorisast par ses faveurs (III, 6, 262 verso). « Rendre fort, puissant, douer d'autorité » (Huguet). 3
Aucun Pour Huguet, aucun est synonyme de « quelques » ou de « Quelqu'un ».
Pour FuretiÈre, ce mot, « à l'affirmative signifie, Quelqu'un, et à la negative, Personne ».
• Dans L'Astrée, aucun est généralement négatif, mais il peut se trouver parfois dans une proposition affirmative (II, 5, 294).
2
Aucunement « Quelque peu, un peu, en quelque façon ». Huguet. Dans L'Astrée, l'adverbe a plutôt le sens que lui donne FuretiÈre : « En nulle façon. [...]. Il se dit aussi à l'affirmative, pour dire, En quelque façon. [...] c'est à dire, pas trop bien » (FuretiÈre). 1
Auguste « Majestueux, venerable, sacré. Cesar Auguste fut le premier des Empereurs Romains, & on a traitté ses successeurs de Majesté Auguste » (FuretiÈre). 2
Auparavant « Signifie la même chose qu'Avant. [...] il faut auparavant que de disner faire la benediction de la table » (FuretiÈre).
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Aureille « Oreille » (Huguet).
• Graphie généralement moderne dans l'édition de 1621 de la première partie (I, 5, 126 verso), mais non dans la deuxième partie (II, 5, 323), ni dans la troisième (III, 5, 197 verso).
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Aussi tost J'eslirois aussi tost la mort, que de permettre (III, 9, 382 verso). « Aussi tost que de, avec l'infinitif. Aussitôt que avec un mode personnel [...] aussi tost. Aussi bien » (Huguet). 3
Aussi, aussi bien « D'ailleurs. For, Because » (Cotgrave). 2
Autant Autant parfaite (III, 5, 206 verso). « Aussi » (Huguet). 3
Autant comme « Autant comme autant » (FuretiÈre). 2
Autant que Autant qu'il trouve object propre à l'entretenir (III, 5, 177 verso). « Tant que » (Richelet, Article Tant). 3
Autorité « Pouvoir, puissance, crédit » (Richelet). 2
Autour Les regrets que je faisois autour de luy (III, 8, 340 recto). « Preposition qui s'employe quand on parle de ce qui environne quelque chose [...] se dit aussi des personnes » (FuretiÈre). 3
Autre Autres trois (III, 12, 491 verso). Huguet donne des exemples où autre précède le mot qu'il qualifie : « Les autres deux sont nobles et riches. MONTAIGNE, II, 35 (III, 180) ». 3
Autrefois (de) Un foyer qui chaud a d'autrefois esté (III, 5, 176 verso). « D'autres fois. Autrefois » (Huguet). 3
Autruy « L'autruy. Le bien d'autrui » (Huguet). 2
Aux Aux bonnes graces. « A la grace. Dans les bonnes grâces » (Huguet). 2
Avaler « Abaisser, couler dans un lieu plus bas » (FuretiÈre). 2
Avaler Il lui avala presque tout le bras (III, 12, 491 verso). « Abattre, faire tomber [par un coup], trancher » (Huguet). 3
Avancé Mort avancée (II, 8, 551). « Avancer [un événement]. Faire qu'il ait lieu » (Huguet). 2
Avancé Estre des plus avancez (III, 3, 110 verso). Avancer signfie « préférer, donner l'avantage » (La Curne). 3
Avancer Elles s'avancerent pour l'en advertir (III, 11, 488 recto). « Hâter. Devancer » (Huguet). 3
Avancer à Il s'avança de sorte aux bonnes graces de son maistre (III, 3, 63 recto). Huguet donne « S'avancer à. Se hâter de ». Mais ici s'avancer a son sens moderne (aller plus loin) alors que aux signifie dans les. Voir Être aux bonnes grâces (III, 2, 52 recto). 3
Avant « En delà, plus loin » (FuretiÈre). 2
Avant Avant vous l'avoir promis (III, 3, 107 verso). « Avant (devant un infinitif). Avant de » (Huguet). 3
Avant que - « Devant un substantif, un pronom ou un infinitif signifie Avant » (Huguet). Devant un nom propre aussi. 1
Avant que - Si vous mourez avant que moy (II, 1, 40). 2
Avant que Avant que faire autre chose (III, 11, 459 verso). 3
Avant que de Avant que de. Avant de.
Cette construction qui n'est pas définie dans FuretiÈre n'est pas corrigée en 1621 (I, 12, 387 verso) et elle revient dans la deuxième partie (II, 4, 256) et dans la troisième (III, 2, 28 verso).
Vaugelas recommande la forme « avant que de mourir » (p. 319), et FuretiÈre écrit « avant que de conclurre » (Article Faire).
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Avecque Avecque une si grande armée (III, 6, 261 recto).
Dans un poème, le avecque de l'édition de 1619 est remplacé par avecques en 1621 : Quoy qu'avecques raison (III, 7, 288 recto).
« Cette préposition ne se doit écrire de la sorte en prose que pour rompre la mesure d'un vers, ou pour arrondir une période, mais en vers il est libre de se se sevir d'avec, ou d'aveque, mains non pas d'aveques avec une s finale » (Richelet). Vaugelas est catégorique : « Avecques, ne vaut rien, ni en prose, ni en vers, et pas un de nos bons Poëtes ne s'est donné la licence d'en user » (p. 311). Patru écrit « avec », mais accepte « avecque » (« dont tous nos bons Auteurs se servent ») non seulement en vers, mais encore en prose (II, p. 592). La forme allongée n'est pas rare (Brunot, III, p. 348).
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Avenir (verbe) C'est la prononciation de Advenir pour Huguet et Vaugelas (p. 439).
Avenir est quelquefois remplacé par advenir en 1621.
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Avenir (verbe) Avenir pour advenir revient dans la deuxième partie en 1610, mais il est quelquefois corrigé en 1621 (II, 4, 200). 2
Avenir (verbe) Avenir garde le sens de advenir (III, 3, 81 verso). La troisième partie donne aussi le participe avenu en 1619 et en 1621. Il arrive que l'advenu de 1619 devienne avenu en 1621 (III, 12, 499 verso), alors que l'avenu de 1619 devient advenu (III, 6, 239 verso). 3
Aventure (à l') « A L'ADVENTURE, D'adventure, & Par adventure, sont des phrases adverbiales. C'est être imprudent, que de mettre tout à l'adventure, de faire tout à l'adventure, sans reflexion. [...] Si D'avanture, ou par adventure il arrivoit, c'est à dire, Si le hazard vouloit que cela arrivast » (FuretiÈre). 2
Avérer « Prouver ou trouver la verité d'un fait » (FuretiÈre). 2
Avertin « Maladie d'esprit qui rend opiniastre, furieux ou emporté. Quand son avertin le prend. Ce mot vient de vertigo, qui signifie, trouble d'esprit. Borel le derive de ver, ou de avertere. On dit proverbialement des enfants qui sont criards & mutins, qu'il les faut vouër à St. Avertin » (FuretiÈre). 2
Avertir Conseiller. « Apprendre à quelqu'un une chose qu'il luy importe de sçavoir, & qu'il ignore, ou à quoy il ne prend pas garde » (FuretiÈre).
• Ce verbe est quelquefois remplacé en 1621.
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Aviendra Verbe Advenir au futur de l'indicatif. 1
Avient Écrit aussi Advient. Verbe Advenir. « Advenir se dit du succés de l'évenement des choses, de ce qui en peut arriver » (FuretiÈre). On rencontre aussi : avint, avenu, aviennent, etc. Ces formes revienent dans la deuxième (II, 12, 834), et dans la troisième partie (III, 1, 4 recto). 1
Avisé Vous estes peu advisee (III, 5, 189 recto). « Avisé, avisée, adj. Sage, prudent » (Richelet). L'édition de 1619 donne avisee, ce que l'édition de 1621 remplace par advisee. Richelet et Vaugelas (p. 404) préfèrent aviser à adviser alors que FuretiÈre conserve adviser. 3
Avoir Il n'eut jamais berger en ceste contrée mieux aymé (III, 6, 229 recto). Il n'y eut ... « Il y a. [...] L'adv. y manque presque toujours quand la prop. contient un autre compl. de lieu » (DMF). 3
Avoir agreable Elle commença de les avoir plus agreables de luy (III, 12, 510 recto). « Recevoir, avoir agreable » (FuretiÈre, Article Admettre) 3
Avoir garde « Il n'a garde de faire cela. He cares not greatly for doing that, or, I beleeve he will take heed how he does it » (Cotgrave). 2
Avoir l'œil « Avoir l'œil à quelque chose, sur quelque chose, pour dire, En avoir soin, y veiller, y prendre garde. Et, Avoir l'œil sur quelqu'un, pour dire, Prendre garde à sa conduite » (FuretiÈre). 2
Avorter Ces trop vertes beautez qui semblent avortees (III, 5, 178 verso). « Se (guillemet ajouté par fh)dit figurément en Morale des desseins, des entreprises » (FuretiÈre). 3
Avouer - Dire que c'est vrai. « Approuver. Advouer quelqu'un de quelque chose. L'approuver de le faire ou de l'avoir fait » (Huguet). 1
Avouer - « Advoüer une proposition, une verité, la reconnoître, en demeurer d'accord » (FuretiÈre). 2
Avouer - III, 10, 424 recto. Avouer que.

- III, 10, 444 recto. Avouer a pour complément d'objet direct une subordonnée infinitive (mériter, dont le sujet est Dame). À cause du pronom que cette construction est défectueuse.
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Avouer de Sylvandre, que vous avoüez d'avoir beaucoup de merites (III, 5, 189 recto). Construction que l'on rencontre chez Malherbe aussi (Brunot, III, p. 552). Dans cette phrase, comme avouer signifie reconnaître, imaginer, penser, faire suivre le verbe par la préposition de est autorisé (Sancier, p. 150). S'avouer de a un tout autre sens (« S'authoriser de quelqu'un », Dictionnaire de l'AcadÉmie, 1694). 3
Azur - « Pierre minerale dont on fait un bleu fort vif & precieux. [...], la verité est que c'est une pierre que les Arabes nomment lazuli, & que nous nommons aussi simplement lapis, ou lapis lazuli » (FuretiÈre).
- « En termes de Blason, Azur signifie aussi le bleu. L'Escu de France a trois fleurs de lis d'or en champ d'azur : c'est une couleur celeste qui est le symbole de la Justice. L'azur est marqué dans le Blason par des hacheures ou simples lignes qui vont de gauche à droit, & sont paralleles au chef, ou à la fasce » (FuretiÈre).
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