Banderole
Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé


SignetPERSONNAGES - U à Z

Ursace Présent dans : II, III
Première mention : II, 10, 639.

Personnage historique : « Quant à Maxime, il prit la fuite ; mais il fut tué par un certain Ursus, soldat romain » (JordanÈs, ch. XLV). « Maximus mis en pieces par les gens d'Eudoxe, ou tué par Ursace Romain » (Fauchet, p. 100).

Caractéristiques : « Miserable Ursace » (II, 10, 639), dit-il de lui-même. Il « meritoit bien toute sorte de contentement, pour la fidelité qui estoit en luy » (II, 12, 884), dit Silvandre, le narrateur.

Nommé dans : Histoire d'Ursace et d'Olymbre, racontée par Céladon à Léonide ;
Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace, racontée par Ursace, puis répétée par Silvandre à Léonide, Adamas, Alexis, et un groupe de bergers.

Chevalier romain.

Eudoxe

Ursace, raconte ses aventures aux deux Foréziens qui lui sauvent la vie, Céladon puis Silvandre.

Céladon, en décrivant à Léonide son voyage en Italie, fait ce récit :

Histoire d'Ursace et d'Olymbre

En Italie, Céladon entend un homme se plaindre en prononçant un sonnet (II, 10, 638). Puisque la femme qu'il aime, l'impératrice Eudoxe, a été enlevée, il n'est plus « ce mesme Ursace Romain » (II, 10, 640). Céladon voit ensuite Ursace essayer de se tuer. Un autre homme accourt et cherche à retenir le glaive de son ami. C'est Olimbre (II, 10, 640).

Céladon intervient parce qu'Olimbre, blessé, s'est évanoui. Le berger bande la plaie pendant qu'Ursace mouille le visage de son ami. Dieu l'a envoyé, dit le Céladon, pour rappeler aux chevaliers que leur vie ne leur appartient pas. Ursace se prosterne devant ce messager céleste (II, 10, 644).

Léonide interrompt Céladon pour déclarer que les Romains l'ont pris pour Mercure parce qu'il est « jeune et beau » (II, 10, 644).

Ce type d'apparition est dans l'Enéide de Virgile. D'Urfé le rappelle dans son Jugemant sur l'Amedeide.

Céladon donne du vin aux deux chevaliers et les engage à se faire soigner dans la ville voisine. Un mire s'occupe d'Olimbre (II, 10, 645). Pendant que son ami dort, Ursace se rend dans le logis où se trouve Céladon, et s'étonne de le voir manger. Céladon se nomme (II, 10, 646). Voyant la déception du chevalier, le berger l'invite à raconter ses malheurs (II, 10, 649).

L'entrée d'Adamas arrête la conversation de Céladon et de Léonide.

Adamas, devant les portraits réunis dans sa galerie, raconte :

Histoire de Placidie

Placidie se rend à Constantinople avec ses enfants. Plusieurs fils de seigneurs accompagnent Valentinien, entre autres le jeune Ursace. « Je nomme celuy-cy, parce que depuis il fit la vengeance de la mort de Valentinian », dit le druide (II, 11, 753).

Quand Adamas nomme Ursace, Silvandre l'interrompt pour dire qu'il a sauvé la vie à ce chevalier et à son ami, Olimbre (II, 11, 754).

Alexis, curieuse d'entendre la suite des aventures d'Ursace, demande à Léonide de rappeler à Silvandre qu'il a promis de raconter l'histoire du chevalier (II, 11, 763).

Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace

Un navire fait naufrage près de Marseille. Silvandre voit deux hommes se débattre dans l'eau. Celui qui sait nager porte sur le dos son jeune compagnon (II, 12, 770). Silvandre les secourt et apprend qu'ils s'appellent Ursace et Olimbre (II, 12, 772). Ursace prend la parole un soir et raconte son histoire après avoir demandé le secret pour des raisons de sécurité (II, 12, 773) :

Ursace a grandi à la Cour, près de Placidie et de ses enfants. « J'avois pris une si grande amitié à Valentinian et luy à moy, que l'on ne nous pouvoit separer » (II, 12, 775), dit-il. Il se rend donc à Constantinople avec eux. Ursace, qui a une quinzaine d'années, tombe amoureux d'Eudoxe, la fille de l'Empereur d'Orient, âgée de douze ans. La princesse est promise à Valentinien.

Un jour, en visitant une galerie de tableaux, Ursace explique à Eudoxe une peinture représentant Icare, et en vient à définir l'honneur et l'amour (II, 12, 778). Il décrit les sentiments qu'il éprouve en utilisant les métaphores conventionnelles, brûler et mourir. Eudoxe comprend qu'il s'agit d'une brûlure et refuse de se brûler pour soulager Ursace (II, 12, 779).

Valentinien préfère la compagne de la princesse, Isidore. Valentinien et Ursace participent à des tournois auxquels assistent Eudoxe et Isidore (II, 12, 780).

Quand Eudoxe, endormie dans le jardin, est piquée par une abeille, Ursace, à la requête de Valentinien lui suce la lèvre (II, 12, 781). Il compose un sonnet sur la joie qu'il a connue (II, 12, 784). Quelque temps après, toujours dans le jardin, Eudoxe sourit quand elle voit Valentinien suivre Isidore. Ursace saisit l'occasion pour dire son amour (II, 12, 785). La Princesse s'en offense. Il promet de n'en plus parler, mais annonce que chacune de ses salutations signifiera « Je meurs d'amour pour vous Madame » (II, 12, 788). Eudoxe enfin permet à Ursace de l'appeler « Ma Princesse » (II, 12, 790). La conduite de Valentinien engage Eudoxe à se montrer de moins en moins sévère avec Ursace.

Honorius meurt. Placidie, sa sœur, se rend en Italie pour que son fils succède à l'Empereur. Ursace se réjouit d'être obligé de rester près d'Eudoxe. Il lui chante un sonnet « sur le départ d'un Rival » (II, 12, 792). Eudoxe lui accorde une entrevue dans un cabinet en présence d'Isidore. Elle rappelle qu'elle doit épouser Valentinien parce qu'elle descend d'une lignée d'empereurs (II, 12, 796). Ursace tente de profiter du fait qu'Isidore s'éloigne d'eux (II, 12, 799). Eudoxe rappelle sa compagne et plaisante avec elle (II, 12, 802).

Eudoxe épouse Valentinien et s'en va en Italie. Ursace tombe malade (II, 12, 803). Il accompagne ensuite l'armée d'Ariobinde que Théodose II envoie soutenir Valentinien (II, 12, 804). Quand Ursace se joint à l'armée d'Ætius, Eudoxe, en lui disant adieu, déclare : « Ressouviens-toy, [...] mon Chevalier, de revenir bien tost, et de m'estre tousjours fidelle » (II, 12, 806).

Valentinien trompe Isidore en la convoquant dans les appartements de son épouse (II, 12, 809). Il la viole avec l'aide de son eunuque, Héracle.

Ursace rencontre Olimbre dans l'armée, « jamais depuis il n'y a rien eu qui nous ayt peu separer » (II, 12, 831), ajoute le narrateur. À la Cour, Olimbre deviendra sénateur et tombera amoureux de la jeune Placidie, la fille d'Eudoxe. Au moment où Ursace fait la connaissance d'Olimbre, Eudoxe a une trentaine d'années, Ursace en a trente-cinq et Olimbre vingt-sept (II, 12, 832).

Eudoxe encourage Ursace à ne pas quitter l'armée. Il explique ainsi l'attitude de la jeune femme : elle craint que « l'ordinaire recherche que je luy faisois, n'emportast quelque chose par dessus son dessein, ou que quelqu'un s'en prit garde » (II, 12, 829). Ursace et Eudoxe échangent des lettres. L'Impératrice félicite le chevalier qui a sauvé la vie d'Ætius (II, 12, 830).

Fauchet écrit : Ætius « combattant vaillamment, [...] fut blessé en la teste, et jetté bas de son cheval, en bien grand danger, s'il n'eust esté retiré de la presse » (p. 97).

Au bout de douze ans de guerre, Ursace rentre en Italie avec Ætius. Le peuple les acclame (II, 12, 833). Eudoxe reçoit Ursace et lui parle du changement d'Isidore (II, 12, 834). Quand la Princesse apprend la mésaventure de son amie, elle pleure avec elle, mais refuse de se venger en trompant cet époux qui ne la mérite pas (II, 12, 838). Ursace dit : « Si c'eust esté autre que l'Empereur, je luy eusse offert et ma main et mon espee pour venger un si grand outrage, mais contre celuy que j'avois recogneu pour mon Seigneur, et à qui j'avois tant de fois promis fidelité, et duquel j'avois eu plusieurs bien-faits, et receu beaucoup d'honneur, je fusse mort plustost que d'y songer » (II, 12, 835).

Quand Valentinien fait tuer Ætius, Attila envahit l'Italie. À la demande de l'Empereur et d'Eudoxe, Ursace va à Constantinople chercher du secours (II, 12, 844). Il tombe malade et s'absente plus de huit mois. Eudoxe est pleine de regrets.

Ursace rentre en Italie. Valentinien est assassiné (II, 12, 847). Ursace blâme l'action de Maxime :

Ce n'est point au subject de mettre la main sur son seigneur, et [...] il doit bien essayer par toutes voyes, et par bon conseil de le retirer de son vice : Mais non pas de l'en chastier et moins encores d'oster la vie à celuy pour lequel il est obligé de mettre la sienne (II, 12, 847).

Maxime se fait nommer empereur. Ursace et Olimbre ne quittent pas Eudoxe et ses filles, et s'enfuient avec elles (II, 12, 848).

Pendant la nuit, Eudoxe s'étend la tête sur le cœur d'Ursace. Il la caresse. Elle l'arrête, mais lui jure de l'épouser dès qu'elle pourra librement le faire : « Peut-estre que la fortune disposera de sorte de vous, que je pourray vous contenter avec honneur », ajoute-t-elle (II, 12, 850).

Les fugitifs sont retrouvés le lendemain par les envoyés de Maxime, l'usurpateur. Ursace et Olimbre se battent en vain. Ils sont blessés. Les trois femmes sont ramenées à la Cour (II, 12, 851). Olimbre guérit plus vite que son ami. Il lui apprend que Maxime a épousé Eudoxe de force (II, 12, 852). Olimbre empêche Ursace de se tuer (II, 12, 854).

Eudoxe écrit à Ursace se plaignant de la fortune (II, 12, 853). Quand elle vient le voir parce qu'il est encore alité, Olimbre entretient la jeune Placidie (II, 12, 854). Ursace dit son malheur à Eudoxe : il ne vit encore que parce qu'Olimbre l'empêche de mourir (II, 12, 856).

Ursace conseille à Eudoxe d'appeler au secours Genséric, roi des Vandales, et de charger Olimbre de présenter sa requête en Afrique (II, 12, 860). Olimbre se montre « si sage et si diligent », qu'il convainc Genséric en quinze jours (II, 12, 861).

Entre-temps Ursace défie Maxime. Il veut se battre contre lui pour « la meschanceté qu'il a faite, en la mort de l'Empereur, en l'usurpation de l'Italie, et en la force commise contre la belle Eudoxe » (II, 12, 862). Maxime s'enfuit. Ursace l'abat.

Deux mois après, Genséric entre dans Rome. Eudoxe le reçoit avec tous les honneurs (II, 12, 863). Le roi des Vandales pille la ville et le pays. Il décide d'enlever Eudoxe et ses filles. Olimbre ne quitte pas le roi « qui l'avoit pris en amitié » (II, 12, 864). En prétendant avoir des renseignements grâce à Olimbre, Ursace réunit quelques hommes pour attaquer le convoi des prisonnières de Genséric (II, 12, 865). Eudoxe n'y est pas. Blessé encore une fois, Ursace passe pour mort. Eudoxe voit ses habits portés par un soldat. Olimbre interroge ce soldat et retrouve Ursace vivant (II, 12, 866).

Ursace regrette d'avoir été sauvé. C'est parce qu'il a survécu qu'Olimbre n'a pas pu suivre Eudoxe et ses filles en Afrique (II, 12, 866). Ursace se rend dans la montagne pour se tuer. Olimbre le retrouve et le sauve avec l'aide de Céladon (II, 12, 868).

Le vieux Chirurgien qui soigne Olimbre recommande aux chevaliers de consulter le Conseil des Six-Cents pour obtenir la permission de mourir (II, 12, 871). Ursace et Olimbre s'embarquent pour Marseille avec le Chirurgien et ses filles (II, 12, 872).

Silvandre poursuit le récit des aventures des chevaliers :

Le navire d'Ursace et d'Olimbre fait naufrage. Silvandre leur sauve la vie et leur indique comment s'adresser au Conseil des Six-Cents pour obtenir la permission de mourir. Il remarque qu'Olimbre ne désire se tuer que par amitié pour Ursace (II, 12, 875).

Devant les juges, Olimbre présente sa demande après son ami : « L'aymant plus que tout ce qui est en l'Univers, je ne puis, ny ne dois consentir qu'il se separe de moy » (II, 12, 877), déclare-t-il. Les juges décrètent qu'Olimbre ne peut mourir que si Ursace le lui permet (II, 12, 878). Quant à Ursace, il ne peut mourir que si Eudoxe le lui permet. Le chevalier est « si affligé de n'avoir peu obtenir ce qu'il demandoit, qu'il faisoit estonner chacun de sa constance, et ferme resolution à la mort » (II, 12, 879).

Un vieil Astrologue offre ses services aux Romains. Il prédit qu'Olimbre épousera celle qu'il aime, la ramener en Italie, puis devenir Empereur (II, 12, 881).

L'Astrologue leur conseille de se rendre en Afrique : Ursace déguisé en esclave sera dans la suite d'Olimbre (II, 12, 882). Pour tromper ceux qui pourraient les chercher, Ursace fait semblant de se tuer en se jetant à la mer (II, 12, 883).

Olimbre trouve sur la plage le corps du vieillard qui les a secourus en Italie. Il le fait enterrer et renvoie ses filles en leur faisant des dons. Le chevalier se rend ensuite en Afrique. Ursace est déguisé dans sa suite (II, 12, 884).


Hylas commente le récit en notant que le déguisement d'Ursace en esclave est une juste décision des dieux, puisque le chevalier s'est toujours conduit en esclave (II, 12, 885).

Ursace est souvent présenté comme un homme affaibli.
Blessé trois fois, il est malade deux fois, et il essaie quatre fois de se tuer.

Le déguisement en esclave illustre une condamnation du personnage (Henein, pp. 250-252).

L'amitié d'Ursace et d'Olimbre est une invention d'Honoré d'Urfé, comme les amours d'Ursace et d'Eudoxe.
Le romancier part de faits avérés : Valentinien viole la femme de Maxime, puis il est assassiné ; Ursace tue Maxime, le deuxième mari d'Eudoxe ; Genséric enlève Eudoxe ; Olimbre épouse la fille d'Eudoxe.

Ursace compose des vers
(II, 10, 638 ; II, 12, 792 ; II, 12, 806).

2
Ursace Présent dans : II, III
Première mention : III, 6, 256 verso.

Personnage historique : Les historiens ignorent Ursace après la mort de Maxime.

Caractéristique : « La longue perseverance de l'amour d'Ursace », dit Damon (III, 6, 256 verso).

Nommé dans : Suitte de l'histoire de Damon et de Madonthe racontée par Damon d'Aquitaine.


Suitte de l'histoire de Damon et de Madonthe

En Afrique, Damon apprend « les fortunes d'Usace et d'Olimbre ». « L'heureuse conclusion de leurs Amours » l'encourage à se montrer patient (III, 6, 256 verso).

C'est en 462 que Genséric libère ses prisonniers.


3
Valamer Présent dans : II
Première mention : II, 12, 805. Écrit aussi Valamar.

Personnage historique : Valamir, ~420 - ~465. Attila « avoit en son armee, les Roys Valamer des Ostrogots : Ardaric des Gepides » (Fauchet, p. 93). « Ce Roy et Valamer Ostrogoth, estoient aymez d'Atila pardessus tous autres Roys. Valamer pour estre secret, courtois et sans malice, et Ardaric à cause de sa fidelité et prudence » (Fauchet, p. 96).

Nommé dans : Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace, racontée par Ursace, puis répétée par Silvandre à Léonide, Adamas, Alexis, et un groupe de bergers.

Roi des Ostrogoths.


Silvandre rapporte puis complète le récit d'Ursace.

Histoire d'Eudoxe

Attila a soumis les Ostrogoths (II, 12, 823). Valamir, leur roi, doit se joindre à lui (II, 12, 805).


2
Valentinan Présent dans : I, II, III
Première mention : I, 3, 63 verso.

Personnage historique : Flavius Placidus Valentinianus. Valentinien III, 419 - 455. Empereur romain, 425 - 455, fils de Constance et de Placidie.

Nommé dans : Histoire de Silvie, racontée par Léonide ;
Histoire de Silvandre, racontée par Silvandre.


À Isoure, en parlant à Céladon, Léonide rapporte un récit fait par Guyemant :

Histoire de Silvie

Valentinien nomme Ætius lieutenant général en Gaule (I, 3, 63 verso).

Dans le hameau, Silvandre, en parlant aux bergères et à Léonide, dit :


1
Valentinian Présent dans : I, II, III
Première mention : II, 11, 736.

Personnage historique : Valentinien III, 419 - 455. « Dès les premières années de sa jeunesse, il fit paraître de pernicieuses inclinations. Il faisait sa société familière des alchimistes et des astrologues, et se livrait éperdument à sa passion pour les femmes d'autrui, quoiqu'il en eût une d'une beauté très remarquable » (Procope, III, 3). Ætius « fut tué de la main propre de l'Empereur » (Fauchet, f° 48 verso). Valentinien « fut si mal advisé apres la mort d'Aetie, qu'il approcha de soy les amis et conseillers du deffunct » (Fauchet, f° 49 recto).

Caractéristiques : D'« humeur soupçonneuse », il « se conduisoit par des ames viles et basses » (II, 12, 839), dit Ursace, citant Maxime. « La nonchalance, et le peu de courage de Valentinian, qui n'avoit jamais faict la guerre que de son cabinet » (II, 12, 846), dit Ursace.

Nommé dans : Histoire de Placidie, racontée par Adamas à Léonide, Alexis, et un groupe de bergers ;
Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace, racontée par Ursace, puis répétée par Silvandre à Léonide, Adamas, Alexis, et un groupe de bergers.

Empereur d'Occident. Fils de Placidie et Constance.

Eudoxe

Hylas aperçoit dans la demeure d'Adamas des tableaux représentant de belles femmes. Le druide explique qu'il s'agit de Placidie et d'Eudoxe, la mère et l'épouse de Valentinien (II, 11, 736).

Adamas désigne de nouveau les tableaux au cours du récit.

Histoire de Placidie

En face, du portrait de Valentinien, Empereur d'Occident, se trouve le portrait d'Eudoxe, la fille de l'Empereur d'Orient

Honorius, Empereur d'Occident, marie sa sœur, Placidie, avec Constance, un général qu'il désirait « associer à l'Empire » (II, 11, 746). Ils ont deux enfants, Valentinien et Honorique (II, 11, 747). Après la mort de Constance, Placidie, mécontente de la conduite d'Honorius, quitte l'Italie pour s'installer à Constantinople, près de Théodose II, son neveu (II, 11, 753). « Le jeune Valentinian commençoit de donner une grande esperance de luy » (II, 11, 753). L'un de ses compagnons est Ursace (II, 11, 753).

À la mort d'Honorius, Théodose II donne l'Empire d'Occident à Valentinien (II, 11, 756). Placidie retourne à Ravenne avec son fils. Elle fait arrêter Ætius et Castinus, les généraux qui ont soutenu Jean, l'usurpateur du trône. Elle les gracie pour les gagner à la cause de Valentinien (II, 11, 757). Valentinien nomme Ætius patrice et gouverneur de la Gaule (II, 11, 758).

Quand Boniface, gouverneur de l'Afrique, se rebelle, Valentinien envoie l'armée de Mavorce puis celle de Sigisvulte (II, 11, 757 suc 759). Genséric, appelé par Boniface, se retourne contre lui, et s'entend avec Valentinien (II, 11, 760). Genséric s'empare de toute l'Afrique.

Placidie décide de marier Valentinien avec Eudoxe, la fille de Théodose II (II, 11, 762). Valentinien se rend à Constantinople et revient avec son épouse et une grande armée.

Silvandre, qui a entendu Adamas nommer Ursace (II, 11, 753), dit que ce chevalier romain lui a raconté ses aventures. Le berger rapporte puis complète le récit d'Ursace, qu'il annonce comme « la fortune de la belle Eudoxe » (II, 12, 765).

Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace

Mécontente de la conduite d'Honorius, Placidie se retire à Constantinople, auprès de Théodose II, avec Valentinien et Honorique (II, 12, 775).

Voyant qu'Honorius n'a pas d'enfants, Théodose II décide de marier sa fille avec Valentinien, le neveu d'Honorius (II, 12, 775).

Placidie recommande à Valentinien de rechercher Eudoxe, mais le jeune homme se contente de faire semblant. Il tombe amoureux d'Isidore, la compagne d'Eudoxe, dès qu'il la voit (II, 12, 776). Comme Isidore le repousse, Valentinien organise des tournois ; « il luy sembloit que c'estoit un bon moyen pour acquerir les bonnes graces de ceste sage fille » (II, 12, 780).

Quand Eudoxe, endormie dans le jardin, est piquée par une abeille, elle blâme Isidore de son peu de soin. Valentinien, pour réparer la faute d'Isidore, demande à Ursace de sucer la lèvre d'Eudoxe (II, 12, 781). Toujours au jardin, lorsqu'Isidore entre dans un cabinet, Valentinien la suit et la retient par sa robe (II, 12, 786). Eudoxe note alors que c'est Ursace qui devrait rechercher Isidore (II, 12, 787). Voyant la conduite de Valentinien, Eudoxe « se resolut de ne l'aymer aussi que pour estre femme d'un Empereur » (II, 12, 790).

Honorius meurt sans enfants (II, 12, 790). Théodose II décide que son cousin héritera de l'Empire d'Occident. Valentinien se rend en Italie avec Placidie. Ursace compose un sonnet où il se réjouit du départ de son rival (II, 12, 792). Eudoxe se lamente : « Si je n'espouse Valentinian, que sera-ce que de moy, et si je l'espouse, ô Dieu, à quel supplice me vois-je destinee ! » (II, 12, 799). La Princesse plaisante pourtant avec Isidore au sujet des sentiments de Valentinien (II, 12, 802).

Valentinien revient à Constantinople épouser Eudoxe et l'emmener en Italie (II, 12, 803).

Théodose II meurt. Valentinien apprend que sa cousine, Pulchéria, a épousé Marcien, et l'a fait élire Empereur d'Orient (II, 12, 804).

Valentinien recherche toujours Isidore. Il la marie à Maxime pour qu'elle accepte ensuite de lui accorder ses faveurs (II, 12, 807). Quelques jours après, l'Empereur s'approche d'Isidore qui le repousse. Dépité, Valentinien ne va plus se contenter de supplier « la sage Isidore » (II, 12, 808).

Maxime, en jouant avec l'Empereur, perd la bague qui lui sert de cachet. Valentinien cède sa place au jeu. Il commande que l'on joue contre Maxime jusqu'à ce qu'il se renfloue (II, 12, 808). Il envoie Héracle chez Isidore avec la bague.

Isidore, se croyant appelée par son mari, retrouve Valentinien dans un cabinet du jardin. Isidore refuse d'entrer. Valentinien la tire de force (II, 12, 809). L'Empereur prétend que la bague lui prouve que son mari autorise cette rencontre (II, 12, 810).

Valentinien essaie d'embrasser Isidore. Elle recourt à la douceur et aux flatteries pour l'arrêter : Le fils de Constance et de Placidie ne lui fera pas de mal (II, 12, 811). Puisque Maxime, son époux, l'a mise entre les mains de Valentinien (II, 12, 812), elle compte sur la générosité de l'Empereur, déclare-t-elle. Le discours pathétique d'Isidore fléchit Valentinien, « honteux de ce qu'il avoit faict » (II, 12, 815). Il lui promet de l'épouser si Eudoxe et Maxime meurent (II, 12, 815).

L'Empereur appelle Héracle pour qu'il raccompagne Isidore chez elle (II, 12, 816). L'eunuque alors, dans un discours d'une trentaine de lignes, excite Valentinien à faire ce que bon lui semble. Quoi qu'il arrive, si Maxime apprend que sa femme était avec Valentinien, il croira qu'elle s'est donnée à lui. « Si vous laissez perdre ceste commodité, elle vous mes-estimera, et se mocquera de vous » (II, 12, 817), affirme-t-il.

Héracle, voyant l'hésitation de Valentinien, met la main sur Isidore. Elle lui donne un coup qui le fait saigner du nez. Il la renverse sur le lit et lui attache les bras.

L'Empereur en eut par l'ayde d'Heracle tout ce qu'il en voulut : Et lors qu'elle estoit en cest estat : - Ah Valentinian, luy dit-elle, ressouviens-toy que tu fais un acte indigne de toy, et que je mourray vengee de ceste offence (II, 12, 818).

Aussitôt qu'Héracle la détache, Isidore se jette sur lui, le frappe et l'égratigne. Elle cherche une arme pour tuer l'Empereur. Valentinien demande pardon à Isidore (II, 12, 819). Pour la rassurer, il lui explique que Maxime n'a pas vraiment donné sa bague, et qu'il ne sait rien de ce viol. La jeune femme se calme : elle va pouvoir se venger. Elle demande donc à l'Empereur le plus grand secret (II, 12, 820).

Maxime « aimoit ceste femme pour sa sagesse, et pour sa beauté » (II, 12, 821). Elle lui raconte le viol, lui montre la bague et le sang d'Héracle qui était tombé sur elle. Maxime prie Isidore de ne pas se tuer pour ne pas déplaire à Dieu. Il lui promet de la venger. Mari et femme vont feindre en attendant un moment propice. Isidore rend la bague à Valentinien pour qu'il la remette lui-même à Maxime (II, 12, 822).

Attila, pour affaiblir l'Empire, s'entend avec diverses tribus établies en Gaule en les montant contre Valentinien. Ætius déjoue cette ruse (II, 12, 823). Il rappelle aux Bourguignons que Valentinien leur a donné leur territoire, et aux Wisigoths qu'ils doivent leurs terres à Constance, le père de Valentinien (II, 12, 824).

L'Empereur envoie Priscus, son secrétaire, auprès d'Attila (II, 12, 826). À cause du rapport qu'elle entend, Honorique, la sœur de Valentinien, désire épouser Attila (II, 12, 827).

Valentinien est jaloux des succès remportés par Ætius, vainqueur d'Attila (II, 12, 834).

Ursace rend visite à Isidore. S'étonnant de sa tristesse, il lui demande si l'amour de Valentinien continue (II, 12, 834). Il s'entend avec Eudoxe pour interroger la jeune femme en faisant semblant que Valentinien les a mis au courant. Isidore s'effondre et raconte le crime de l'Empereur (II, 12, 835).

Isidore suggère à Eudoxe de se donner à Ursace pour rendre la pareille à Valentinien, ce mari qui n'est pas digne d'elle (II, 12, 836). Elle punirait ainsi l'outrage reçu par une de ses dames. Eudoxe refuse.

Mécontente, Isidore poursuit son mari de ses plaintes (II, 12, 838). Maxime veut perdre Ætius pour affaiblir Valentinien (II, 12, 838). Il s'adresse à Héracle et lui décrit la prétendue trahison d'Ætius qui s'entend avec les barbares (II, 12, 840). Héracle à son tour persuade Valentinien. Le jour même, l'Empereur ordonne à des eunuques de tuer Ætius (II, 12, 840).

Attila envahit l'Italie. Valentinien, « perdu de courage », accepte de lui donner la main d'Honorique, sa sœur (II, 12, 843). L'Empereur envoie Ursace à Constantinople chercher du secours. Théodose II refuse, considérant que Valentinien s'est affaibli lui-même « par sa mauvaise conduite et sans raison » (II, 12, 844). Quand l'Empereur demande à Proxime s'il a eu raison d'ordonner l'assassinat d'Ætius, Proxime répond que l'Empereur s'est coupé la main droite avec la main gauche (II, 12, 840).

Valentinien réside à Ravenne, « ayant abandonné Rome, à toute sorte de violence » (II, 12, 845). Comme des années ont passé depuis le viol d'Isidore, l'Empereur ne se méfie plus (II, 12, 846). Il suit les conseils de Maxime qui le convainc de ne pas récompenser les soldats et de maltraiter le peuple.

Maxime s'entend avec Thraustila, capitaine de la garde de Valentinien et ami d'Ætius (II, 12, 847). Maxime promet de favoriser Thraustila quand il sera empereur. Les deux hommes assassinent Valentinien à table. Ils tuent aussi Héracle (II, 12, 847).
L'Empereur est mort après trente ans de règne.

Ursace, le narrateur, blâme l'action de Maxime :

Ce n'est point au subject de mettre la main sur son seigneur, et [...] il doit bien essayer par toutes voyes, et par bon conseil de le retirer de son vice : Mais non pas de l'en chastier et moins encores d'oster la vie à celuy pour lequel il est obligé de mettre la sienne (II, 12, 847).

Isidore apprend la mort de Valentinien, mais tient à voir de ses yeux le cadavre. Elle s'approche du corps décapité, se lave les mains dans le sang, et tombe morte de joie (II, 12, 848).

Maxime se fait élire empereur (II, 12, 848). Eudoxe, qui craint que Maxime ne continue à venger Isidore en s'en prenant à elle, s'enfuit avec ses filles (II, 12, 849). Maxime les rattrape le lendemain (II, 12, 851). Dix ou douze jours après la mort de Valentinien, Maxime oblige la veuve à l'épouser pour que son règne semble plus légitime (II, 12, 852).

Maxime confesse à Eudoxe que c'est pour l'épouser qu'il a lui-même tué Valentinien (II, 12, 858).

Ursace conseille alors à Eudoxe de demander l'aide de Genséric, le roi des Vandales et l'ami de Valentinien (II, 12, 859).

Voir Galerie des portraits.

2
Valentinian Présent dans : I, II, III

Première mention : III, 3, 59 recto.

Personnage historique : Valentinien III.

Nommé dans la description de la galerie d'Adamas ; Suitte de l'histoire de Damon et de Madonthe racontée par Damon ; Histoire de Cryseide et de Hylas racontée par Hylas.


Le romancier précise qu'il s'agit du « troisiesme Valentinian » (III, 3, 59 recto).

En 1619, le lecteur pouvait croire que Valentinien était le dernier des Empereurs. D'Urfé se corrige ensuite.

Damon raconte à Galathée :

Suitte de l'histoire de Damon et de Madonthe

En Afrique, le chevalier a appris l'histoire de la femme de Valentinien, Eudoxe (III, 6, 256 verso).

Criséide raconte à Hylas :

Histoire de Cryseide et de Hylas

Le père de la jeune fille a été favorisé par tous les Empereurs romains (III, 7, 284 verso).


3
Vualia Présent dans : II, III
Première mention : II, 11, 745.

Personnage historique : Walia, roi des Wisigoths de 415 à 418. « Vallia sage et bien advisé Seigneur » (Fauchet, f° 83 recto). « Wallia, successeur d'Ataulphe, agissant toujours au nom de l'empereur d'Occident, arracha d'autres provinces aux tribus barbares qui s'étaient établies dans la péninsule Ibérique » (Larousse du XIXe siècle, Article Wisigoths).

Caractéristique : « Un grand et sage Capitaine » (II, 11, 745), dit Adamas.

Nommé dans : Histoire de Placidie, racontée par Adamas à Léonide, Alexis, et un groupe de bergers ; Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace, racontée par Ursace, puis répétée par Silvandre à Léonide, Adamas, Alexis, et un groupe de bergers.

Roi des Wisigoths.


Silvandre rapporte puis complète le récit d'Ursace.

Histoire d'Eudoxe

L'amitié de Walia avec Constance a permis aux Wisigoths d'avoir des territoires en Gaule (II, 12, 824).


2
Vualia Présent dans : II, III

Première mention : III, 3, 61 recto.

Personnage historique : Walia, roi des Wisigoths de 415 à 418.

Nommé dans : Histoire d'Euric, Daphnide, et Alcidon racontée par Daphnide.


Daphnide raconte à Adamas :

Histoire d'Euric, Daphnide, et Alcidon

La Cour d'Euric comprend plus de dames et de chevaliers que celle de tous ses prédécesseurs, y compris Walia (III, 3, 61 recto).


3
Walia Voir Vualia.  
Aucune entrée ne commence par X ou Y.  
Zeuxide Présent dans : II

Première mention : II, 4, 224.

Remarque sur le nom : Zeuxide est un dérivé de Zeuxis. LittrÉ note que le suffixe -ide peut indiquer la descendance, comme pour « Héraclide ».

Personnage historique : Zeuxis, ~455 ? à ~397 ?. Dans l'Histoire naturelle de Pline se trouvent plusieurs anecdotes sur ce célèbre artiste (XXXV, 61-66). C'est un descendant imaginaire qui fait le portrait d'Hylas η (Henein). Retenons que des raisins que le vrai Zeuxis a peints ont trompé des oiseaux, mais que l'enfant qui tenait les fruits n'a pas fait peur aux animaux. Equicola résume l'une des spécialités de ce peintre qui a réuni plusieurs modèles pour faire une Hélène : « Il acheva son œuvre brave et gentil, et assemblant tant de vives beautez en une figuré » (f° 133 recto).

Caractéristique : Le « renommé Zeuxide » (II, 4, 224), dit Hylas.

Nommé dans : Histoire de Parthenopé, Florice et Dorinde, racontée par Hylas à un groupe de bergers devant les dames lyonnaises.


Histoire de Parthenopé, Florice et Dorinde

Pour démontrer qu'il est le préféré de Dorinde, Hylas veut que la jeune fille possède son portrait. Il s'adresse à Zeuxide pour se faire peindre « le plus au naturel qu'il fut possible » (II, 4, 224).


2