Banderole
Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé


SignetPERSONNAGES - C

Caius Marius Présent dans : I
Première mention : I, 8, 243 recto. Écrit Gaius Marius en 1607 (I, 8, 243 recto).

Personnage historique : ~157 - ~86. Général romain, oncle de Jules César. Plutarque lui consacre une de ses Vies (Voir surtout p. 22 sq.).

Caractéristique : « Un grand capitaine », dit Hylas (I, 8, 243 recto).

Nommé dans : Histoire de Hylas, racontée par Hylas.


Hylas raconte aux bergers, à Diane et à Paris :

Histoire de Hylas

Hylas rapporte les origines de sa patrie, la Camargue, fondée par Caius Marius. C'est le peuple qui aurait donné le nom du général au pays (I, 8, 243 recto).


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Calidon Présent dans : II, III
Première mention : II, 1, 30 ; II, 1, 31 (nommé). Écrit aussi Calydon.

Caractéristique : « On l'oyoit jurer par Hesus et par Hercule » (II, 11, 706).

Remarque sur le nom : Nom anitphrastique. L'homonyme de Calidon est un jeune homme accusé à tort d'inceste avec l'épouse de son père chez le pseudo-Plutarque. Le père tue le fils, découvre son erreur et se jette dans un fleuve qui, depuis, s'appelle Calydon (De Fluviorum, 22, 1 et 4. Cité par Grimal, Article Calydon).

Auditeur : Histoire de Célidée, Thamyre et Calidon, racontée par Thamire, à Léonide, Paris, et aux bergers.

Narrateur : Harangue du Berger Calidon.

Berger de la région de Montverdun. Boïen d'origine. Cousin germain de Thamire.

Célidée

Léonide, Paris et les bergers voient venir du côté de Montverdun une bergère et deux bergers qui se disputent en faisant de grands gestes. La jeune fille repousse ses compagnons qui se jettent à ses pieds (II, 1, 30). Lycidas les reconnaît et les présente comme des étrangers (II, 1, 31). Léonide interroge Célidée. Pour l'encourager à parler, la nymphe prétend que les gens racontent son aventure de « diverse façon » (II, 1, 33). Calidon et Thamire, les compagnons de Célidée, offrent de raconter leurs différends. Léonide tire au sort le nom du narrateur (II, 1, 34). Les auditeurs s'installent sous les sicomores pour écouter le récit que fait Thamire (II, 1, 35).

Histoire de Célidée, Thamyre et Calidon

Les ancêtres de Thamire et Calidon sont des Boïens, mais ces bergers vivent dans un hameau proche de Montverdun. Thamire s'occupe de Calidon, son jeune cousin η, comme d'un fils (II, 1, 36).

Depuis l'époque où Célidée avait à peine neuf ans, Thamire en est amoureux, bien qu'il ait trente ans de plus qu'elle. La bergère l'aime d'abord comme un père (II, 1, 38). Calidon, âgé de dix-huit ans, revient de la province des Boïens (II, 1, 42).

« Il estoit grand plus que l'ordinaire de son aage, il avoit la taille belle, le visage des plus agreables pour un teint clair-brun, au reste le discours bon, et la façon plus relevée que sa condition peut-estre ne requeroit pas, mais toutesfois nullement glorieuse ny meslée de mespris ».

Thamire décrit Calidon en utilisant l'imparfait de l'indicatif, alors que le jeune homme est présent, et que rien n'indique qu'il ait changé (II, 1, 43).

Thamire annonce à Calidon qu'il héritera de lui, et demande qu'il regarde Célidée comme sa sœur. Rien n'y fait. Moins d'un mois après, Calidon est tellement amoureux de Célidée qu'il tombe malade. Le vieux Mire qui le soigne découvre son secret à cause du changement de son pouls au moment où Célidée entre dans sa chambre (II, 1, 49). Il conseille à Thamire de marier Calidon et Célidée.

Thamire se sacrifie. Célidée refuse parce qu'elle n'aime pas Calidon, « et falloit bien que cette inimitié vint de nature », note le narrateur (II, 1, 51). Thamire s'adresse à Cléontine. La tante de Célidée juge le parti avantageux et consent au mariage de Calidon et de Célidée (II, 1, 54). Thamire dit alors à la bergère qu'elle devrait accepter le projet de sa tante. Lorsque Cléontine révèle à Célidée que ce mariage est proposé par Thamire, la jeune fille fait de violents reproches au berger (II, 1, 56).

Calidon, plein d'espoir, sort de sa « melancholie ». Mais Célidée s'est tournée vers sa mère qui lui a promis qu'elle ne serait jamais mariée de force (II, 1, 59). Thamire voyant son cousin rétabli retourne à Célidée (II, 1, 61). Calidon le blâme. Célidée les repousse tous les deux. « Quel Prothee est l'esprit d'une jeune femme et combien il est difficile de l'arrester », conclut Thamire (II, 1, 62).

Thamire demande à Léonide de les départager parce qu'ils sont devenus la fable de leur hameau (II, 2, 64). La nymphe consent. Thamire promet d'accepter la sentence. Calidon jure par le gui de l'an neuf et par l'œuf salutaire de se conformer aux termes du jugement tant qu'il vivra (II, 2, 65). Astrée s'étonne du silence de Célidée. La bergère appréhende le jugement. Elle l'accepte pourtant parce qu'elle a fait un songe où son père lui promettait le repos de l'autre côté du Lignon (II, 2, 65). Léonide donne la parole à Calidon.

Le berger commence sa harangue en s'adressant au dieu Amour (II, 2, 66) qu'il va invoquer neuf fois en quinze pages. Il reprend le récit de Thamire. Il ajoute qu'il était « un orphelin dans le berceau » quand ce berger a commencé à lui servir de père (II, 2, 67). Il appelle Célidée devant le trône d'Amour : « Aussi-tost que je la vis, je l'aymay » (II, 2, 69), souligne-t-il. Il reproche à Thamire de l'avoir rappelé de chez les Boïens (II, 2, 74), et d'avoir changé d'avis en reprenant Célidée après la lui avoir donnée (II, 2, 77). Il propose à la bergère d'aimer Thamire sous le nom de Calidon (II, 2, 79). Il conclut en priant que les dieux traitent Léonide comme elle le traitera (II, 2, 81).

Alors que Thamire veut répondre à son rival, Léonide donne la parole à Célidée. La bergère commence son discours en rougissant et en tremblant (II, 2, 81). Elle reproche à Calidon la « trop grande éloquence » qui soutient de faibles raisons (II, 2, 82). Parce qu'elle a affaire à des « monstres d'amour » (II, 2, 82), elle fait appel à l'Hercule gaulois. Elle reproche à Calidon d'ignorer qu'une jeune fille qui se respecte ne se présente pas devant le trône d'Amour (II, 2, 83). C'est le trône de la raison qu'elle préfère. La raison doit montrer au jeune homme que Célidée ne l'a jamais aimé et ne lui a accordé aucune faveur (II, 2, 85). Il fait preuve d'effronterie et de hardiesse (II, 2, 88) ; il a « l'entendement blessé » (II, 2, 89) ; il ne sait pas reconnaître l'amour honnête par ses effets (II, 2, 90). La nature, affirme Célidée, l'empêche d'aimer Calidon (II, 2, 92).

Thamire à son tour plaide sa cause (II, 2, 97). Il montre l'ingratitude de ce Calidon qui sait depuis un mois que Célidée ne veut pas l'épouser, mais qui s'entête (II, 2, 101). Il considère que la bergère doit l'aimer puisqu'elle rejette Calidon : « Toute sorte de droict ordonne que la chose donnée revienne à son premier possesseur » (II, 2, 106).

Léonide, Paris, et les bergers examinent la cause des plaignants, puis la nymphe donne son jugement. Après avoir étudié trois affections, trois devoirs et trois offenses, elle conclut que Calidon est condamné. Son offense est plus grande et son affection infertile (II, 2, 109). Calidon pleure et se répand en regrets (II, 2, 110). Le romancier annonce que le berger reconnaîtra plus tard sa folie.

Quelque temps après, Lycidas apprend à Léonide que Calidon désire épouser Astrée (II, 11, 680). Quand la nymphe demande s'il a oublié Célidée, Lycidas explique que la jeune fille n'est plus la même depuis l'« accident de sa perte » (II, 11, 680). Il raconte alors (II, 11, 683) :

Suite de l'histoire de Célidée

Dix ou douze jours après le jugement, le mariage de Thamire et Célidée a lieu. Calidon vit avec un esprit plus reposé. Pendant le bal, il se retire et soupire un madrigal. Thamire, compatissant, demande à Célidée de parler au berger. Calidon lui dit qu'il voudrait mourir (II, 11, 686). Il explique les serments qu'il a prêtés avant le jugement de la nymphe en disant qu'ils ne s'appliquent plus puisqu'il est mort en perdant Célidée (II, 11, 687).

Thamire et Célidée se retirent. Cléontine, en quittant la maison, trouve Calidon évanoui à la porte. Elle crie qu'il est mort (II, 11, 688). Thamire sort du lit, et, voyant son cousin, perd conscience à son tour. Il revient à lui, retourne voir Calidon, tombe la tête contre une pierre et s'évanouit. Calidon veut se punir en se frappant la tête avec une pierre (II, 11, 692). Thamire, encore une fois, demande à Célidée si les sentiments que lui inspire Calidon n'ont pas changé (II, 11, 695). Célidée répond que les dieux lui ont inspiré une solution (II, 11, 696).

Avec une bague de sa tante, Célidée se mutile le visage. Elle sait que Calidon ne l'aimera plus quand elle cessera d'être belle (II, 11, 704). Le jeune homme, la voyant blessée, jure de la venger (II, 11, 706). Quand Calidon voit le visage de Célidée, il la trouve « affreuse » et détourne les yeux (II, 11, 707). La bergère a raison : « Thamire aime Celidee, et Calidon adore la beauté de Celidee » (II, 11, 712). Calidon perd sa « folle passion », conclut le narrateur (II, 11, 712).


Dans cette histoire divisée en deux récits, Honoré d'Urfé combine et transforme deux célèbres aventures η.
Celle du père généreux se trouve dans la Vie de Démétrius de Plutarque,
et celle du « fier baiser » se trouve dans le Lanzelet, et dans le Bel inconnu, de Renaut de Beaujeu.

Calidon compose des vers
(II, 11, 684).

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Calidon Présent dans : II, III
Première mention :  III, 1, 21 recto. Écrit aussi Calydon.

Caractéristiques : Il regarde Astrée « avec un oeil qui [lui] demande l'aumone », remarque Hylas (III, 5, 195 recto). « Il est veritablement bien gentil berger : mais il y a tant de difference de luy a Celadon [...] », déclare Cléontine (III, 6, 229 verso).

Auditeur : Histoire de Cryseide et d'Hylas racontée par Hylas et Suitte de l'histoire de Cryseide et d'Arimant racontée par Florice.

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Calidon conduit Astrée (III, 1, 22 verso).

Il regrette que les hommes ne puissent pas entrer dans le temple de la Bonne Déesse (III, 2, 28 verso).

La conversation tombe sur l'obéissance qu'on doit aux parents. C'est une folie qui a tué Céladon, affirme Phillis, et qui permet à « ce vieux réveur de Phocion » de prétendre réunir Astrée et Calidon (III, 5, 189 recto).

Alexis interroge Astrée sur ce projet de mariage. La bergère répond qu'elle traitera Calidon de manière à le décourager (III, 5, 192 verso). Elle méprise le jeune homme pour « les excez de desobeyssance, que chacun sçait ». Après avoir rappelé qu'il a rejeté Célidée laide, elle se flatte d'être capable de le rendre fidèle, si jamais elle le désirait (III, 5, 193 recto).

Pendant que les bergers se promènent dans les jardins du druide, Calidon n'ose pas s'approcher d'Astrée qui est avec Alexis. Hylas s'impose comme compagnon d'Alexis et il impose Calidon à Astrée. La froideur de la jeune fille ne le décourage pas (III, 5, 195 verso)

Phillis essaie d'empêcher Calidon d'approcher d'Astrée (III, 5, 213 recto). Quand il s'enhardit, la jeune fille le reçoit d'abord courtoisement. Il plaide sa cause parce qu'il se sait soutenu par « le sage Phocion » (III, 5, 214 recto). Le visage de la bergère devient plus rude. Calidon lui fait des compliments, elle demande s'il croit parler à Célidée, et menace de faire la même chose qu'elle s'il persévère. Elle et lui, dit-elle, méritent mieux que des restes. C'est en lettres majuscules qu'elle lui assure qu'elle n'aimera plus jamais que Dieu. Alexis ne craint donc plus ce rival (III, 5, 215 verso).

À Montverdun, Galathée apprend des nouvelles des bergères. Cléontine explique que Phocion désire imposer Calidon à Astrée (III, 6, 228 verso).

Calidon soupire un sonnet. Hylas qui l'écoute blâme cette « opiniastre affection » (III, 7, 266 recto).

À table, Calidon ne quitte pas des yeux Astrée (III, 10, 424 recto). Alexis profite des sentiments évidents de Calidon pour déclarer qu'on ne peut pas ne pas aimer Astrée.

Alexis porte la robe d'Astrée et sort se promener. Elle évite Calidon et Hylas (III, 11, 470 recto). Ceux-ci la voient de dos et la prennent pour Astrée.

Pour expliquer les blessures de Célidée on raconte à Damon d'Aquitaine « la folle affection de Calidon » (III, 11, 453 verso).

Calidon revient dans le hameau pour voir Astrée. Il se plaint de sa cruauté dans un sonnet (III, 11, 469 verso). Hylas le console en affirmant que c'est la faute de Silvandre si les bergères s'attendent à la parfaite constance des bergers. Calidon corrige Hylas. De tout temps, les bergers de la région sont restés fidèles ... tant que la mort ou la laideur ne les ont pas séparés pas de celles qu'ils aiment (III, 11, 470 verso). Calidon prétend qu'il a finalement quitté Célidée par égard pour Thamire et même qu'il s'est soumis au jugement qu'il a reçu (III, 11, 471 recto). Il affirme qu'Astrée obéira à son oncle, surtout parce qu'elle n'aime personne. Hylas se moque de la naïveté de son compagnon. Astrée, lui dit-il, a aimé Céladon et en porte le deuil. En bon ami, Hylas parle franchement à Calidon, et lui indique que la bergère se promène dans le bois de coudres (III, 11, 472 verso).

Il s'agit en fait d'Alexis vêtue de la robe d'Astrée. Elle évite si habilement le berger qu'il est blessé, « tant il est difficile que le desir de la beauté se puisse arracher du cœur », explique le romancier (III, 11, 474 verso).

Léonide, apprenant que Calidon est le prétendant choisi par Phocion, insiste pour qu'Astrée l'écoute chanter (III, 11, 485 verso).

Calidon prononce trois fois des vers
(III, 7, 266 recto ; III, 11, 469 verso ; III, 11, 485 verso).

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Calliree Présente dans : I, III
Première mention : I, 6, 161 recto. Écrit aussi Callirre, Cillirée.

Caractéristique : Elle « aymoit ce frere plus que toute autre chose », dit Diane (I, 6, 168 verso).

Remarque sur le nom : Callirée porte un nom rendu célèbre par Ronsard η dans « le Baing de Callirée » (Henein, pp. 282-283). La fontaine de Callirée est l'une des trois fontaines que décrit Pontus de Tyard. « Le nom Callirhoe a grande affinité à Fontainebleau » (f° 9 verso). Son eau ensanglantée « peut faire allumer une amour mutuelle » (f° 10 verso).

Callirée endosse les habits de son frère, or les femmes travesties portent souvent des noms menteurs.
Filidas n'est pas filius,
Mélandre n'est pas andros,
Criséide n'est pas la Criséide du Roman de Troie.
Callirée n'est pas Callirhoé, une jeune fille métamorphosée en fontaine parce qu'elle a préféré mourir que se marier. Elle s'est mariée et aurait préféré mourir (Henein, p. 306).

Nommée dans : Histoire de Diane, racontée par Diane ; Histoire de Hylas, racontée par Hylas.

Bergère du Furan. Sœur jumelle de Filandre. Parente de Daphnis. Épouse du vieux Gerestan dont elle a eu deux filles. Tante par alliance de Cloris.

Relations

Diane raconte ses « jeunesses » (I, 6, 157 verso) à Astrée et Phillis. Elle ne sait pas que Léonide l'entend.

Histoire de Diane

Callirée et Filandre ont vu Diane dans son hameau le jour de la fête d'Apollon et de Diane. Filandre tombe amoureux de la bergère.

Callirée propose d'échanger de vêtement avec Filandre, son jumeau, pour lui donner la possibilité de séjourner près de Diane. C'est avec plaisir qu'elle s'éloigne de son mari et « ne couch[e] point aupres de » lui, dit-elle (I, 6, 169 verso).

Callirée revient travestie près de Gerestan en se faisant passer pour Filandre.

Filidas, une femme habillée en homme, tombe amoureuse de Callirée qui est aussi une femme habillée en homme. Filidas révèle son secret à Callirée. Celle-ci aussitôt informe Diane et Filandre (I, 6, 187 recto).

En racontant ses amours aux bergers, à Diane et à Paris, Hylas inclut un récit que lui a fait Cloris :

Histoire de Hylas

Callirée se montrait bonne avec Cloris, la nièce de Gerestan. Mais Callirée est morte de regret peu de jours après son frère (I, 8, 256 verso).


Diane ne réagit pas en apprenant la disparition de la jeune femme. Astrée et Phillis, qui connaissent aussi l'histoire de Callirée, n'entendent pas l'Histoire de Hylas.

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Calliree Présente dans : I, III
Première mention :  III, 9, 370 verso.

Le romancier amène dans les hameaux les anciens compagnons de Diane : Amintor, Daphnis et Callirée.

La présence de cette bergère décédée (I, 8, 256 verso) est un lapsus η.

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Caristes Présent dans : I

Première mention : I, 11, 361 verso.

Remarque sur le nom : Celui qui donne. « On a dans Du Cange, charisterium, don gracieux » (LittrÉ, Article Caristade).

Nommé dans : Histoire de Ligdamon, racontée par Égide.

Neustrien. Oncle d'Amerine.


Histoire de Ligdamon

Caristes escorte Amerine le jour de son mariage avec Ligdamon qui passe pour Lydias.

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Carlis Présente dans : I, III
Première mention : I, 8, 239 verso.

Caractéristique : « Une belle et sage Bergere », dit Hylas (I, 8, 244 recto).

Nommée dans : Histoire de Hylas, racontée par Hylas.

Bergère de Camargue, voisine d'Hylas.

Relations

Hylas raconte aux bergers, à Diane et à Paris :

Histoire de Hylas

Avant même d'avoir dix-huit ans, Hylas aime Carlis, et la jeune fille lui fait « bonne chere » (I, 8, 244 verso) avec l'approbation de ses parents.

Hermante, ami d'Hylas, tombe amoureux de Carlis. Il flatte Hylas et le convainc de rechercher plutôt Stilliane.

Hylas déclare son amour à Stilliane lors d'un bal. Toujours encouragé par Hermante, il écrit à la jeune fille qu'il n'aime plus Carlis. Stilliane lui répond qu'elle ne l'aime pas et qu'elle n'aimera jamais « une humeur si mesprisable » (I, 8, 250 recto).

Hylas revient à Carlis et lui rend visite. Stilliane arrive et montre la lettre qu'elle a reçue de lui.

Hylas, embarrassé, décide de quitter la Camargue.

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Carlis Présente dans : I, III
Première mention :  III, 2, 38 recto (présente) ; III, 2, 38 verso (nommée).

Caractéristique : « La premiere [qui] m'apprit à aymer », dit Hylas (III, 2, 38 verso).

Auditrice : - Histoire d'Euric, Daphnide, et Alcidon et Suitte de l'histoire de Daphnide, et d'Alcidon racontées par Daphnide et Alcidon.
Histoire de Cryseide et d'Hylas racontée par Hylas et Suitte de l'histoire de Cryseide et d'Arimant racontée par Florice.

Compagne de Daphnide, Dame de la Province des Romains.


Daphnide, Alcidon et leur suite parviennent en Forez. Deux jeunes femmes entendent Hylas parler et le reconnaissent. L'une, Stilliane, le nomme à Daphnide, l'autre, Carlis, s'exclame qu'ils sont dans « la contree des merveilles », puisqu'on y trouve des bergères si belles et un Hylas tellement surpris qu'il ne trouve plus ses mots (III, 2, 38 verso). Hylas, quoi qu'il fasse, ne peut pas changer ses façons de parler, ce qui fait rire Carlis et Stilliane (III, 2, 40 verso). Avec les dames lyonnaises, Florice, Palinice et Circène, Carlis et Stilliane taquinent l'inconstant. Carlis prétend être son premier et son dernier amour (III, 2, 51 recto).

Avec Stilliane et Hermante, Carlis écoute en silence Daphnide et Alcidon raconter leur histoire (III, 3, 60 verso ; III, 4, 123 recto).

Histoire d'Euric, Daphnide, et Alcidon.

Stilliane et Carlis assistent au bal lorsqu'Alcidon rend visite à Daphnide en cachette (III, 3, 86 verso).

Daphnide présente ses compagnes à Adamas : Elles lui ont conseillé de consulter l'oracle avec Alcidon (III, 4, 158 recto). Stilliane, Carlis et Hermante se réjouissent du dénouement de l'aventure (III, 4, 170 recto).

Hylas, en faisant la cour à Alexis, rappelle les femmes qui lui ont appris à aimer. Carlis est la première. L'inconstant, curieusement, l'appelle « mal-faite » (III, 5, 182 recto).

Carlis, Stilliane et Hermante se rendent dans les hameaux avec Daphnide et Alcidon (III, 7, 267 verso). Ils entendent vraisemblablement les histoires racontées par Hylas et Florice.

Hylas, en reprenant le récit de ses amours, commence par une prétérition : il ne va pas rappeler qu'il a aimé Carlis et Stilliane (III, 7, 271 verso).

Encouragé par Silvandre, Hylas passe en revue les femmes qui l'entourent. Il se montre fin psychologue quand il note que Carlis l'a trop et trop vite aimé (III, 9, 378 verso).

Carlis, Stilliane et Hermante assistent silencieusement aux divertissements des bergers dans les hameaux (III, 11, 480 verso).

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Castinus Présent dans : I, II
Première mention : I, 3, 63 verso.

Personnage historique : Flavius Castinus. Mort probablement en 425. Chef des armées romaines sous Théodose II, Empereur d'Orient. Rival d'Ætius.

Nommé dans : Histoire de Silvie, racontée par Léonide.


À Isoure, Léonide rapporte le récit fait par Guyemant :

Histoire de Silvie

D'après le chevalier, Castinus a laissé Mérovée annexer une partie de la Gaule (I, 3, 63 verso).


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Castinus Présent dans : I, II

Première mention : II, 11, 751.

Personnage historique : « Castin tres vaillant seigneur » donne l'Empire à Jean (Fauchet, f° 43 verso).

Nommé dans : Histoire de Placidie, racontée par Adamas à Léonide, Alexis, et un groupe de bergers ; Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace, racontée par Ursace, puis répétée par Silvandre à Léonide, Adamas, Alexis, et un groupe de bergers.


Adamas, devant les portraits réunis dans sa galerie, raconte :

Histoire de Placidie

Honorius, mécontent d'Ætius, le remplace par Castinus. Les affaires de l'Empire prospèrent parce que les deux hommes sont amis (II, 11, 751).

À la mort de l'Empereur, Ætius voudrait se faire élire avec l'aide de Castinus. Il tente sa chance en proposant Jean (II, 11, 755).

Castinus revient d'Espagne (II, 11, 756). Artabure, envoyé par l'Empereur d'Orient, doit attaquer Castinus (II, 11, 756).

Placidie, qui n'aime pas Castinus (II, 11, 757), le met en prison, puis le libère pour obliger Ætius (II, 11, 758).

Boniface, gouverneur d'Afrique, jaloux d'Ætius et de Castinus, se révolte (II, 11, 759).

Silvandre rapporte puis complète le récit d'Ursace.

Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace

Ursace, raconte de nouveau la trahison de Castinus et d'Ætius (II, 12, 790).

Castinus est vaincu par Artabure (II, 12, 814).


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Celadon Présent dans : I, II, III
Première mention : I, 1, 1 verso.

Caractéristiques : « Le plus bel homme qui se puisse dire, outre qu'il a l'esprit ressentant toute autre chose plustost que le Berger », dit Léonide, amoureuse de lui (I, 9, 304 recto). « Tant aymé, et estimé de tous ceux du rivage, que sa perte a esté ressentie generalement de tous », dit Tircis qui ne le connaît que de réputation (I, 12, 401 recto). Céladon ne cessera jamais d'aimer Astrée, « encore qu'outragé si indignement », décrète le romancier (I, 4, 77 verso).

Remarques sur le nom : Le berger porte le nom d'un Lapithe, et son frère le nom d'un Centaure (Henein, p. 8-9).
À l'article Céladon, MÉnage donne dans son Dictionnaire (1694) : « Couleur entre le bleu et le verd. Par le caprice des Dames de la Cour, cette couleur a été ainsi appelée de Céladon, personnage du Roman de l'Astrée. »
Honoré d'Urfé, lui, ne rattache aucune couleur à ses héros. La première mention de la couleur céladon semble appartenir à Agrippa d'AubignÉ. Elle figure (avec la couleur astrée) dans l'édition de 1619 de ses Avantures du Baron de Fæneste (p. 680). Par conséquent, on attribue à tort les couleurs astréennes aux mises en scène des premières pièces inspirées de d'Urfé, celles de Rayssiguier ou de Mareschal ; ces œuvres sont postérieures au roman de d'Aubigné.
À la fin du siècle, FuretiÈre définit le céladon sans donner l'origine de ce substantif : « Couleur verte, blafarde, mêlée de blanc, qui tire sur le blanc ». Richelet fait du céladon « un verd obscur ».

Auditeur : Histoire de Silvie, racontée par Léonide ;
Histoire de Ligdamon, racontée par Égide ;
Histoire de Damon et de Fortune, racontée par Adamas.

Narrateur : Histoire d'Alcippe ;
Histoire de Celion et Bellinde.

Berger du Lignon. Fils d'Alcippe et d'Amarillis. Frère de Lycidas.

Relations

Dès 1607, Céladon est nommé dans la préface, L'Autheur à la Bergere Astrée. Les lecteurs, écrit d'Urfé, se demanderont si le héros a un modèle dans la réalité.
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Céladon est représenté dans le frontispice avec un doigt désignant le ciel. Il porte une houlette et une panetière. Un chien η est à ses pieds (Voir Illustrations).
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Dans le roman, cinq objets, tous venant d'Astrée, sont associés à Céladon : « le ruban où estoit la bague d'Astrée, qu'il s'estoit mis au bras » (I, 3, 47 verso), un bracelet de cheveux de la bergère qu'il avoit à l'autre bras, « un pourtrait qu'il portoit au col, duquel il baisa la boite plusieurs fois » (I, 3, 47 verso), et enfin « un petit sac de senteur » renfermant les lettres d'Astrée (I, 3, 48 recto). Aucune couleur n'est associée au berger.

En 1607, Adamas dit à Léonide que Céladon est de la « tige de Pan ».

Il est de « la tige des Chevaliers » en 1621 (I, 9, 305 recto).

Pendant trois ans, Céladon aime les « perfections d'Astrée » et la « bonne volonté » de la bergère au point de « se perdre entièrement en elle » (I, 1, 1 verso). Sémire fait croire à Astrée que Céladon est infidèle.

Un matin, à l'époque du dégel, Céladon attend Astrée près du Lignon. « Fust par mégarde ou autrement », la bergère s'assied loin de lui. Il s'approche, s'étonne de sa froideur et lui demande « l'occasion de sa colère ». Elle lui ordonne : « Va t'en déloyal, et garde toy bien de te faire jamais voir à moy que je ne te le commande » (I, 1, 4 recto).

Astrée veut s'éloigner. Céladon prend sa robe pour qu'elle voie la fin qu'il s'impose. Elle se débat, il ne garde en main que le ruban qu'elle portait au cou pour attacher une bague.

Céladon baise le ruban et la bague et se jette dans la rivière les bras croisés en regardant du côté de la bergère (I, 1, 5 recto).

Le courant l'emporte. Astrée revient sur le bord du Lignon, s'évanouit et tombe dans l'eau. Des bergers la sortent et l'emportent dans la cabane la plus proche, celle de Phillis (I, 1, 5 recto).

Lycidas reproche à Astrée la mort de son frère. Il lui montre des preuves écrites de la fidélité de Céladon : un madrigal gravé sur un arbre deux jours avant (I, 1, 10 recto), une lettre écrite à Lycidas une semaine avant (I, 1, 10 verso).

Des bergers rapportent le chapeau de Céladon. Astrée y trouve une lettre qui achève de la convaincre de la fidélité du berger (I, 1, 13 recto).

Céladon, lui, se trouve sur l'autre rive du Lignon. Galathée, Léonide et Silvie le voient évanoui et l'emportent comme une « proie » (I, 1, 8 recto). Elles rentrent dans le palais d'Isoure par une porte secrète (I, 1, 8 recto).

Silvie reconnaît le berger, le nomme et fait son éloge (I, 2, 21 verso). Galathée tombe amoureuse du jeune homme,

Le berger, dans un demi-sommeil, contemple les fresques qui décorent les murs. Honoré d'Urfé décrit les « peintures esclatantes » (I, 2, 26 verso) : Céladon voit bouger devant lui Saturne, Jupiter accompagné de Ganymède, et Vénus accompagnée de Cupidon.

En 1607, Cupidon a une « bruslure sur l'espaule »
qui devient une « blesseure » en 1621
(I, 2, 27 verso).

Quand le berger voit entrer les nymphes et leur page, il croit apercevoir le cortège de Vénus, les Grâces et Amour.

Silvie lui rappelle qu'elle lui a remis un prix le jour de la fête de Vénus.

En 1607, Céladon a « gagné à la luitte », mais à la « course » en 1621 (I, 2, 28 recto).

D'Urfé se corrige ; c'est le prix de la course qu'Astrée mentionne
(I, 4, 88 verso).

Le berger explique pourquoi il ne reconnaît pas Silvie : « Nous nous contentasmes de sçavoir que c'estoient des Nymphes ».

En 1607, il ajoute : « Et Sylvandre qui avoit esté plusieurs fois en divers lieux de ceste contrée, et mesme à la grande ville de Marcilly, me fit entendre quand je luy demanday qui elles estoient, que c'estoient des Nymphes d'Amasis, Dame de tout ce pays, car quant à moy, ne sortant point le corps des pasturages, et des bois, aussi ne faisoit mon esprit peu curieux, si bien que je ne sçavois autre chose d'Amasis que ce que l'on m'en disoit ».

En 1621, il dit : « Nous nous contentasmes de sçavoir que c'estoient des Nymphes d'Amasis, et de Galathée ; car quant à nous, de mesme que nos corps ne sortent des pasturages, et des bois, aussi ne font nos esprits peu curieux » (I, 2, 29 recto).

Le romancier supprime la référence à Silvandre, ce berger qui a déjà été une fois associé à Marcilly (I, 1, 19 recto). Il ajoute le nom de Galathée, et il applique la remarque sur l'absence de curiosité à tous les bergers.

Galathée décide : « Je vous veux dire particulierement, et qui est Amasis, et qui nous sommes » (I, 2, 29 recto). Elle lui raconte l'histoire des origines du Forez.

En 1607, la « bonne naissance » de Céladon « luy apprenoit assez la civilité qu'il devoit à telles personnes ».

En 1621, « la civilité » est remplacée par le pronom « ce »
(I, 2, 31 recto).

Céladon remercie Galathée de son hospitalité, lui offre ses services, mais ajoute que sa condition lui interdit de quitter les pâturages ; il doit se conformer aux vœux de ses ancêtres.

En 1607, le serment de « nos peres » touche « tous ceux qui estoient le long des rives de Loire, de Lignon, de Furan, d'Argent, et de toutes ces autres rivieres ».

Le Lignon disparaît dans l'édition de 1621 (I, 2, 32 verso).

Pour prouver ce qu'il a dit, Céladon raconte « l'exemple le plus remarquable et le plus nouveau » (I, 2, 32 verso), l'Histoire d'Alcippe.

Pendant la nuit, les souvenirs accablent le berger. Il est désespéré de ne pas retrouver le sac de lettres. Meril, le page, pour le consoler, lui dit que Galathée les lui rendra. La nymphe est justement en train de lire trois lettres d'Astrée. Silvie lui dit le nom de la bergère (I, 3, 50 verso).

Le lendemain matin, Meril raconte à la nymphe les plaintes de Céladon. Quand il rapporte les lettres au berger, Céladon trouve un billet : « Galathée vous aime » (I, 3, 54 recto). Le berger décide de sortir de son lit pour pouvoir bientôt quitter le palais (I, 3, 54 verso).

Avec Léonide et Silvie, Céladon se promène dans les jardins. Il leur demande s'il est possible de voir la fontaine de la Vérité d'amour. Léonide raconte l'Histoire de Silvie pour expliquer pourquoi la fontaine est inaccessible (I, 3, 56 recto).

Quand Galathée les rejoint, Céladon se sent mal de nouveau. Il passe plusieurs jours « ny bien malade, ni bien guery » (I, 3, 76 recto). Les nymphes se relaient à son chevet. Léonide à son tour tombe amoureuse de lui (I, 4, 77 verso). « Il se resolut de prendre congé [...], dés qu'il commenceroit de se trouver un peu moins mal » (I, 4, 77 verso). Galathée refuse de le laisser partir, le traite d'ingrat et lui fait de nombreuses promesses.

En 1607, « Quoy que le Berger fist semblant de ne point entendre ce discours, si est-ce qu'il eust esté trop grossier s'il ne l'eust bien recognu ».

En 1621, l'adjectif tombe : « Quoy que le Berger fist semblant de n'entendre ce discours, si le comprint-il aysement »
(I, 4, 78 recto).

Il déclare à Léonide : « Mon mal-heur vient couvert du masque de son contraire » (I, 4, 78 recto). La nymphe accepte de parler à Galathée. Silvie aussi intercède pour le berger. Elle affirme avoir entendu une de ses conversations avec Léonide. Céladon se serait dit indigne de Galathée.

En 1607, le berger recourt à une image qui disparaît en 1621.
« Moy, qui suis né dans la fange du peuple » devient
« Moy, qui suis né Berger »
(I, 4, 80 verso).

Léonide dit à Céladon qu'il est dans une prison (I, 4, 81 verso). Le soir même, le berger a de la fièvre. Son mal empire. Il s'évanouit le lendemain. Quelques jours après, il perd du sang. Galathée accepte que Léonide parte chercher son oncle, le druide Adamas, pour qu'il soigne le jeune homme (I, 4, 83 recto).

Léonide se rend à Feurs. Silvie la rejoint. Elle lui dit que Céladon va mieux et qu'il est inutile de déranger le druide. Léonide convainc sa compagne de tromper Galathée pour s'assurer ainsi que le druide viendrait à Isoure. Silvie prétendra qu'elle n'a pas trouvé Léonide (I, 4, 84 recto).

Les nymphes traversent le Lignon et se reposent ensemble « dedans un gros buisson qui estoit tout joignant le grand chemin » (I, 4, 84 verso). Elles dorment tant qu'Astrée raconte son histoire.

Histoire d'Astrée et Phillis

Nul n'ignore la haine des parents d'Astrée et de Céladon le long des rives du Lignon.

En 1607, le Lignon est « cruel et desastré »,
mais « cruel et diffamé » (perdu de réputation) en 1621
(I, 4, 86 verso).

Céladon a quatorze ou quinze ans et Astrée douze ou treize, lorsque, dans le temple de Vénus, tous deux tombent amoureux. Il « sembla qu'à cestre premiere veüe nous fussions l'un et l'autre sur le point qu'il nous falloit aymer » (I, 4, 87 recto). Lors du bal, sous de vieux ormes, en dansant un branle, Céladon baise la main d'Astrée. Il s'adresse ensuite à Corilas, le cavalier de la jeune fille, pour lui dire que la haine des parents devrait se changer en amour entre les enfants.

Céladon reçoit le prix de la course. Artémis, la mère de Phillis et la sœur d'Alcé, intervient pour qu'Astrée accepte la guirlande que lui offre le berger (I, 4, 88 verso).

En 1607, Astrée hésite à accepter la guirlande de fleurs que lui offre Céladon et dit : « Je craignois qu'Alcippe et Amarillis le trouvassent mauvais ».

En 1621, elle craint que « Alcé, et Hippolyte le trouvassent mauvais »
(I, 4, 88 verso).

Le troisième jour de la fête, les bergers représentent le Jugement de Pâris. Un druide écrit sur une pomme le nom des trois plus belles bergères : Astrée, Stelle et Malthée jouent le rôle des déesses. On tire au sort le nom de la bergère qui doit devenir Pâris. Céladon travesti et devenu Orithie est désigné. Il risque la lapidation s'il est découvert (I, 4, 89 recto).

Les jeunes filles doivent agir « tout ainsi que les trois Deesses avoient fait autrefois » (I, 4, 89 verso), mais Astrée est lente à se déshabiller. Lorsqu'Orithie la voit nue, elle change de couleur deux ou trois fois. Comme Astrée a trop honte pour faire des offres au juge, Orithie propose qu'elle promette de donner ce qui lui sera demandé. Orithie demande alors des cheveux de la jeune fille et enfin déclare qu'Astrée a promis d'aimer Céladon et non Orithie. Que peut faire Astrée ? « Amour me deffendoit de vanger ma pudicité, et toutefois la honte m'animoit contre l'Amour », explique-t-elle (I, 4, 90 verso). La bergère reçoit la pomme et un baiser qui « n'estoit point un baiser de fille » (I, 4, 91 recto).

« Sa beauté, son courage, et son affection me plaisoient », reconnaît Astrée (I, 4, 92 recto) qui demande pourtant à Céladon de ne plus l'importuner. Le berger s'éloigne et, en quelques jours, devient méconnaissable. Astrée, pour « luy donner un peu plus de satisfaction » (I, 4, 92 verso), fait semblant de dormir près de l'endroit où il garde son troupeau. Elle lui offre l'occasion de l'embrasser.

Alcippe remarque que Céladon est devenu le serviteur d'Astrée. Il décide de l'envoyer en Italie.

En 1607, Céladon appelle la bergère « Mon Astre »,
mais « mon Astree » en 1621
(I, 4, 94 recto).

Céladon a chargé son frère, Lycidas, de s'occuper d'Astrée en son absence. Au bout de trois ans, Alcippe rappelle Céladon espérant qu'il serait devenu plus sage et qu'il éloignerait Lycidas d'Astrée. Céladon revient toujours plus amoureux de la bergère (I, 4, 94 verso).

Alors que Céladon est en Italie, Phillis vient dans le hameau avec sa mère et décide de rester près d'Astrée (I, 4, 95 recto).

Devenue plus prudente, Astrée, qui a maintenant quinze ou seize ans, demande à Céladon, qui en a dix-sept ou dix-huit, de faire semblant d'aimer d'autres bergères. Céladon obéit à contre-cœur. Il est si maladroit avec Phillis qu'Astrée en rit (I, 4, 96 recto).

Encouragé par Astrée et Céladon, Lycidas tombe amoureux de Phillis et le lui déclare (I, 4, 97 verso). Astrée le soutient auprès de sa compagne.

Astrée soupçonne Céladon d'aimer Phillis et Phillis soupçonne Lycidas d'aimer Astrée. Les deux couples finissent par se réconcilier (I, 4, 101 verso à 104 recto).

Phillis interrompt Astrée pour rire de leur naïveté (I, 4, 101 verso).

Astrée et Céladon correspondent en mettant leurs lettres dans le tronc d'un vieux saule (I, 4, 104 recto). Alcippe, en suivant la trace des pas dans l'herbe, découvre dans la cachette une lettre de femme et la réponse de Céladon écrite au dos. Il attend cinq ou six heures pour connaître la correspondante de son fils. Astrée l'aperçoit et s'éloigne sans prendre cette lettre qu'Alcippe garde (I, 4, 105 recto).

Alcippe envoie Céladon chez Forelle, parce qu'il espère le marier avec Malthée, la fille de Forelle (I, 4, 105 verso).

Lycidas s'est endormi en montant la garde pendant que Céladon et Astrée se font leurs adieux. Une nymphe de Bellinde survient et écrit tous leurs discours.

Diane interrompt Astrée et lui promet d'apporter le lendemain une copie de ces vers sur le départ d'un berger (I, 4, 105 verso).

Lycidas, pendant une absence de Phillis, fait un enfant à Olimpe (I, 4, 107 recto).

Forelle ne peut pas supporter la froideur de Céladon avec Malthée. Le jeune homme revient donc dans le hameau toujours aussi fidèle à Astrée. Alcippe décide de recourir à une dernière ruse pour séparer les jeunes gens (I, 4, 112 verso).

Il engage l'habile Squilindre et lui demande de copier l'écriture de la bergère pour écrire à Céladon qu'Astrée va épouser Corèbe (I, 4, 112 verso). La ruse réussit si bien que Céladon, désespéré, s'enfuit. « Il courut toutes les montagnes de Forests » (I, 4, 113 verso). Il passe six mois seul, retiré dans une cabane.

Un jour, Phillis remarque des boules de cire qui flottent sur le Lignon. Elles renferment des lettres du berger (I, 4, 115 recto). Astrée et ses compagnons lisent des vers qu'il a composés sur l'inconstance.

En 1607, en pensant à Astrée, Céladon se demande « Où sont ces ruisseaux espandus ? »

En 1621, les ruisseaux laissent la place à « tant de pleurs »
(I, 4, 114 recto).

Lycidas va chercher son frère. Alcippe meurt, et Amarillis peu après (I, 4, 116 recto). Astrée et Céladon connaissent deux ou trois mois de bonheur (I, 4, 117 verso). Ils correspondent en dissimulant leurs lettres dans le chapeau du berger.

Sémire, qui est venu avec Corèbe sur les rives du Lignon, tombe amoureux d'Astrée. Un jour que la bergère court après un loup, il voit tomber de sa poche une lettre qu'elle a écrite à Céladon (I, 4, 117 recto).

Sémire dit à Astrée qu'il ne lui parlera plus d'amour, mais qu'il voudrait son amitié. En fait, il veut la séparer de Céladon en lui faisant croire que Céladon aime Aminthe.

Les larmes interrompent le récit de la bergère.

En 1607, Astrée dit : Je pleure
« ce que depuis m'est advenu ».

En 1621 : Je pleure « ce que je n'ay cessé ny ne cesseray de pleurer »
(I, 4, 117 verso).

Astrée a oublié le commandement qu'elle avait fait à Céladon. Elle ne saisit pas « l'intention de ses discours » (I, 4, 119 verso). Voir le berger chanter la tête dans le giron d'Aminthe la bouleverse.

Le lendemain, Astrée, aveuglée par la jalousie, commet une « folie » (I, 4, 121 recto). Elle parle avec tant de mépris à Céladon qu'il se jette dans le Lignon.

Astrée résume en quatre lignes la scène de rupture que d'Urfé a racontée en quatre pages
(I, 1, 2 verso à 4 recto).

À la fin de son récit, Astrée s'évanouit presque. Le bruit que font les bergères réveille les nymphes. Silvie nomme Diane, Phillis et Astrée à sa compagne puis retourne à Isoure tandis que Léonide se dirige vers Feurs (I, 5, 122 verso).

Léonide entend l'Histoire de la tromperie de Climanthe puis revient dans le hameau. Elle se cache pour écouter l'Histoire de Diane. Elle se montre ensuite aux trois bergères. Elle leur demande des nouvelles de Céladon en regardant Astrée (I, 7, 194 verso). Diane répond qu'il s'est noyé en essayant d'aider sa compagne.

Léonide quitte les hameaux en se promettant d'y revenir. « Elle avoit dessein de faire sortir Celadon hors des mains de Galathee, et croyoit qu'il reviendroit incontinent en ce hameau, où elle faisoit deliberation de le pratiquer sous l'ombre de ces Bergeres » (I, 8, 233 verso).

La nymphe rencontre Adamas et se rend avec lui à Isoure. Elle lui raconte l'Histoire de Galathée et Lindamor et la termine en rapportant les relations de Galathée et de Céladon. Galathée est « esperdument amoureuse » du berger (I, 9, 304 verso) et compte l'épouser, bien qu'elle sache qu'il aime Astrée. Léonide suggère que le druide éloigne Céladon.

En parlant avec Silvie, qui désire aussi que le berger s'en aille, Adamas la met en garde : « J'ay ouy dire que Celadon est si beau, si discret et si accomply qu'il ne luy deffaut nulle des perfections qui font aymer » (I, 10, 314 verso).

Adamas décide de commencer sa « cure » par Galathée.

L'édition de 1607 ajoute que cette cure « ne se pouvait qu'avec l'esloignement du Berger »
(I, 10, 315 recto).

Le druide interroge Céladon. Plaidant le faux pour apprendre le vrai, il lui dit qu'il doit être heureux de sa bonne fortune. Le jeune homme réplique qu'il est malheureux à Isoure parce qu'il n'est pas à sa place. Le berger sait qu'une brebis ne peut pas vivre dans l'eau et qu'un rubis ne peut pas devenir un diamant (I, 10, 316 verso). Le druide admire la sagesse de Céladon et promet de l'aider.

En 1607, Adamas déclare :
« Je vous redorray vostre liberté ».

En 1621 : « Je vous faciliteray les moyens pour sortir sans effort de ce lieu »
(I, 10, 317 recto).

Léonide suggère à Adamas de travestir le berger pour qu'il quitte discrètement le palais. « Ayez seulement un habit de Nymphe », lui dit-elle (I, 10, 318 verso). Le druide informe Silvie et prévient Céladon le lendemain.

Adamas s'en va. Silvie essaie de ne pas quitter le chevet du berger. Léonide réussit pourtant à parler en particulier avec Céladon. Elle lui annonce qu'il va pouvoir s'enfuir grâce à elle. Elle pleure quand Céladon la remercie et souligne qu'il ne pourra jamais l'aimer (I, 10, 320 recto).

Lorsque Galathée et Léonide vont s'entretenir avec Fleurial, Silvie et Céladon se réjouissent d'être ensemble. La nymphe estime la vie des hameaux exempte des « quatre pestes de la vie » de cour, ambition, envie, artifice et médisance (I, 10, 320 verso).

Céladon dit en 1607
« Belle Sylvie », mais en 1621 « Sage Nymphe »
(I, 10, 320 verso)
ou « Belle Nymphe »
(I, 11, 379 recto).

Céladon rétorque qu'au lieu d'avoir deux ennemis, l'amour et l'ambition, les bergers n'en ont qu'un, l'amour. Silvandre par exemple pourrait se dire « heureux » parce qu'il a résisté jusque là à l'amour n'ayant pas encore rencontré une beauté qui l'attire (I, 10, 321 recto). Silvie remarque qu'il y a sans doute autre chose que la beauté qui provoque l'amour. Céladon expose alors les théories de Silvandre sur l'amour, et en particulier le mythe des aimants (I, 10, 321 verso à 323 recto).

Ces aimants sont « ce qui quelquefois faisoient qu'un Gaulois nourry entre toutes les plus belles Dames, viendra à aymer une barbare estrangere » (I, 10, 322 verso).
À qui pense d'Urfé ?

Diane, dit Céladon, a posé une question à Silvandre sur l'indifférence de Timon l'Athénien qui n'a aimé personne et que personne n'a aimé. Le cas intéresse Silvie qui interroge le berger sur Diane. Céladon raconte l'Histoire de Celion et Bellinde.

Dans l'édition de Vaganay (I, 10, p. 420), Céladon dit que Bellinde meurt en même temps que son mari, ce qui est invraisemblable, puisque Diane a précisé que sa mère était partie à Évian après le décès de son époux (I, 6, 159 verso), et puisque Silvandre a entendu un oracle transmis par Bellinde
(I, 8, 231 recto).

Le personnage qui meurt en même temps que Celion est Ergaste dans l'édition anonyme de 1607 ainsi que dans l'édition de 1621
(I, 10, 350 recto).

Égide, l'écuyer de Ligdamon, vient à Isoure (I, 11, 351 verso). Galathée décide qu'il va transmettre son message à Silvie devant elle et Léonide, dans la pièce où se trouve Céladon dissimulé par les rideaux du lit (I, 11, 354 verso).

Céladon écoute donc l'Histoire de Ligdamon.

Après avoir entendu le dénouement tragique, Galathée dit au berger qu'Amour s'est vengé de la longue indifférence de la nymphe. Ligdamon est maintenant « heureux », déclare Céladon (I, 11, 364 recto). Les pensées de Silvie « seront les executeurs de la justice d'Amour » (I, 11, 364 verso). Galathée enchaîne en affirmant que le dieu punira l'ingratitude du berger. « Estant ce que je suis, et voyant ce que vous estes », comment pouvez-vous ne pas m'aimer alors que je vous aime, demande-t-elle (I, 11, 366 recto) ; fidélité et constance sont « sottises ». Céladon alors, pour la première fois, se montre audacieux et presque insolent : « Si vous suivez la loy que vous dittes, combien demeureray-je en ce bon-heur ? Autant que vous demeurerez en lieu où il n'y aura point d'autre homme que moy ? » (I, 11, 366 verso à I, 11, 367 recto).

Trois ou quatre jours après, Céladon, en se promenant avec les trois nymphes passe devant la grotte de Damon et de Fortune. Galathée lui explique que c'est l'œuvre de la magicienne Mandrague.

Adamas survient. Il a laissé dans le palais la robe qu'il a apportée pour Céladon. Il raconte l'Histoire de Damon et de Fortune, en s'adressant au berger puis qu'il dit « votre Lignon » (I, 11, 369 verso et 371 verso).

En 1607, quand Adamas annonce que Cupidon « se vengera » de l'indifférence de Damon, il ajoute « et elles aussi », se référant aux bergères que le héros n'aime pas.

Cette remarque disparaît en 1621
(I, 11, 370 recto).

Dès que le druide termine son récit, Galathée demande à Céladon ce qu'il pense de « ces effets » d'Amour. Le jeune homme déclare que ce sont des effets d'imprudence, ceux d'Amour n'étant que douceur. Il ajoute pourtant qu'étant berger il ne sait pas pas parler d'amour. Comme Silvie le contredit en disant qu'il est trop honnête homme pour être resté insensible aux beautés des bergères, Céladon conclut : les « beautez » des nymphes « sont trop grandes pour nos cœurs rustiques » (I, 11, 379 recto).

Le lendemain, pendant que Léonide aide Céladon à revêtir la robe de nymphe, Meril annonce l'arrivée d'Amasis à Isoure. Peu après, Galathée entre dans la chambre (I, 12, 380 verso). D'abord étonnée, elle comprend ensuite que Léonide travestit le berger pour le cacher à Amasis.

En 1607, Galathée considère « Celadon, si bien dissimulé ».

En 1621, il est « si bien déguisé »
(I, 12, 381 recto).

Galathée rit, félicite sa compagne, contemple le jeune homme puis décide qu'il se dira Lucinde, parente d'Adamas (I, 12, 381 recto).

Galathée présente la fausse Lucinde à sa mère. Elle déclare, devant Adamas, qu'elle a l'intention d'emmener Lucinde à Marcilly (I, 12, 396 recto).

Pendant qu'Amasis s'entretient avec Adamas et Galathée, Léonide et Lucinde, couvertes de mantes, sortent du palais (I, 12, 396 verso). La nymphe dit à Céladon : « Les bons offices que je vous ay rendu meritent quelque reconnoissance de vous » (I, 12, 397 verso). Puisqu'il a donné son amour à Astrée, Léonide voudrait qu'il l'aime comme une sœur.

D'Urfé conclut : « On ne sçauroit representer le contentement de Celadon oyant ces paroles, car il advoüa que celle-cy estoit une des choses qu'en sa misere il reconnoissoit particulierement pour quelque espece de contentement » (I, 12, 398 recto).

À qui Céladon aurait-il « avoué » cela ?

Léonide retourne au palais, laissant à Céladon une panetière « fort bien garnie » (I, 12, 405 verso).

Le berger voit de loin la plaine où il conduisait ses troupeaux et soupire des vers (I, 12, 398 recto).

Tircis survient, soupirant aussi des vers (I, 12, 399 verso). Céladon, qui ne le connaît pas, lui demande des nouvelles des bergers (I, 12, 400 verso). Tircis répond qu'il est arrivé dans le hameau le jour où Céladon, endormi sur les rives du Lignon, est tombé dans l'eau. Tircis a passé un mois et demi avec les bergers. Il a noté le chagrin d'Astrée, « il n'est pas croyable combien chacun dit qu'elle est changée » (I, 12, 401 verso). Astrée, Diane et Cléon sont les trois plus belles femmes aux yeux de Tircis. « Il n'y eut jamais laydes Amours », réplique Céladon (I, 12, 401 verso).

Les deux jeunes gens se disputent l'honneur d'être « le plus miserable et plus affligé Berger de l'univers » (I, 12, 402 recto). Céladon soutient que celui qui aime est celui souffre le plus, et qu'on ne peut pas aimer une morte. À l'appui de ses dires, il cite la définition que Silvandre donne de l'amour (I, 12, 402 verso).

« Toutes ces raisons que vous alleguez doivent ceder à ce que j'en ressens », conclut Tircis qui s'éloigne (I, 12, 403 recto).

Céladon traverse le pont de la Bouteresse. Il craint d'être trop près du hameau. Bien qu'il ait l'intention « d'aller si loing que jamais on n'entendist de ses nouvelles » (I, 12, 403 verso), il s'installe dans une caverne avec sa cornemuse. Il relit une lettre d'Astrée (I, 12, 405 recto), se nourrit de racines et se lamente. Ainsi se traîne la vie « du plus fidelle, et du plus parfait Berger de Lignon » (I, 12, 406 verso).

Céladon compose souvent des vers. Il récite sept poèmes
(I, 1, 10 recto ; I, 4, 96 recto ; I, 4, 114 recto ; I, 4, 120 recto ; I, 4, 120 verso ; I, 11, 365 verso ; I, 12, 398 recto).

1
Celadon Présent dans : I, II, III
Première mention : II, L'Autheur au Berger Celadon ; II, 1, 1.

Caractéristiques : « Une vaine idole que le Ciel conserve encores parmy ces bois pour marque que Celadon sceust aymer » (II, 8, 501), dit-il de lui-même. Ursace le prend pour une apparition divine à cause de son « visage si beau » et de sa voix « douce » (II, 10, 647). Léonide le juge « jeune et beau », comme Mercure (II, 10, 644).

Auditeur : Histoire de Galathée, racontée par Léonide. Devenu Alexis, il écoute : Histoire de Placidie, racontée par Adamas à Léonide, Alexis, et un groupe de bergers ;
Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace, racontée par Ursace, puis répétée par Silvandre à Léonide, Adamas, Alexis, et un groupe de bergers.

Narrateur : Histoire d'Ursace et d'Olimbre, racontée à Léonide.

Astrée2

Honoré d'Urfé s'adresse à Céladon dans la préface de la deuxième partie. Le héros devrait se montrer à Astrée et se cacher au reste du monde. « La gloire d'Astrée », c'est que le monde reconnaisse sa beauté et sa vertu grâce aux « tourments » de Céladon. Le berger, selon le romancier, aime « à la vieille Gauloise η », comme les chevaliers des Amadis η. Ceux qui le critiquent devraient noter sa religion et ses mœurs.

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Il y a deux mois que Céladon s'est « eschapé des mains de Galathee ». « Par une juste punition », Astrée pleure encore le berger disparu depuis trois mois, et ne réussit pas à cacher sa peine (II, 1, 1).

Léonide aime Lycidas parce qu'il est le frère de Céladon (II, 1, 19).

Une nuit, Silvandre surprend une conversation entre un druide et un berger qu'il ne reconnaît pas (II, 2, 116). Il s'agit d'Adamas et de Céladon qui discutent de la beauté, de « l'entendement Angelique », et de l'amour (II, 2, 117 à 121). Les épreuves sont quelquefois des punitions et quelquefois des témoignages, explique le druide. Votre maîtresse, conclut-il, ne se repent pas de sa faute. Céladon proteste vigoureusement : nul ne peut blâmer cette bergère (II, 2, 121).

Silvandre a l'impression de connaître la voix du berger (II, 2, 121). Il s'endort à la belle étoile.

Céladon - qui n'est toujours pas nommé - aperçoit Silvandre et le reconnaît « pour l'un de ses plus grands amis » (II, 3, 123). Il s'étonne de le voir pleurer dans son sommeil (II, 3, 124). Céladon considère la rencontre du berger comme un signe bénéfique. Il va lui confier une lettre pour Astrée. Cette « hardiesse » est permise parce qu'il va mourir bientôt (II, 3, 126). « Il prend donc la plume, il escrit et raye plusieurs fois la mesme chose, approuve ce qu'auparavant il a desapprouvé, et en fin luy escrit ce que cent fois il avoit effacé » (II, 3, 126). Il adresse sa missive « à la plus belle et plus aymee Bergere de l'Univers ». Après avoir baisé la lettre, il la dépose dans la main de Silvandre.

Silvandre trouve la lettre laissée par Céladon. Comme elle est signée par « le plus fidelle et plus infortuné Amant », il conclut que son démon l'a écrite pour lui (II, 3, 128). De retour dans le hameau, en parlant avec Diane, Phillis et Astrée, il laisse tomber la lettre. Phillis la ramasse et la donne à Astrée (II, 3, 144). Les jeunes filles reconnaissent l'écriture de Céladon. Astrée, tout émue, dit que la nuit même elle a vu en rêve le jeune homme « triste et pasle » (145). Le berger a écrit que les âmes qui séjournent aux Champs-Élysées reconnaissent sa fidélité et son malheur (II, 3, 146)

Parce que Diane remarque que l'écriture est « fort fresche », elle considère que Céladon n'est pas mort. Elle interroge Silvandre sur la provenance de la lettre (II, 3, 150). Il va conduire les bergères vers le lieu où elle lui a été remise (II, 3, 151).

Le récit des amours d'Hylas arrête longtemps les bergers. Astrée s'impatiente, « desirant avec passion de parachever son voyage » (II, 4, 187).

Les bergers parviennent devant un temple rustique, « une merveille de ces bois » (II, 5, 275). À l'entrée, ils lisent que ce lieu est dédié à la déesse Astrée (II, 5, 276) et qu'ils pénètrent dans le « sainct Temple d'Astree » (II, 5, 289). La bergère Astrée passe plus de temps que ses compagnons devant le poème introductif, « fut qu'à cause de son nom, il luy semblast qu'elle y eust le plus d'interest, ou qu'oyant parler de la vie, et des ennuis elle pensast que cela se deust entendre de la fortune du pauvre et infortuné Celadon » (II, 5, 289). Devant un tableau représentant une déesse, Diane et Phillis reconnaissent un portrait de leur amie (II, 5, 291), avec sa houlette, son chien et sa brebis favorite (II, 5, 292).

Au lieu de se montrer, Céladon affiche le contenu de son cœur, l'image de sa maîtresse.
C'est en quelque sorte le prodige promis par la fontaine de la Vérité d'amour.
Il ne mène pas au bonheur.

Muette d'étonnement, Astrée lit les vers de Céladon et pleure. Phillis et elle sont sûres d'avoir sous les yeux des écrits du berger (II, 5, 294). Le portrait, destiné à Phocion, a été offert à Céladon par la bergère (II, 5, 297). Phillis affirme d'abord que le jeune homme est vivant. Astrée reste persuadée que Céladon est mort, et que ce qu'elle voit est un châtiment que lui envoie le Ciel : « Celadon est veritablement mort par mon imprudence, et je suis trop mal-heureuse pour ne l'avoir pas perdu » (II, 5, 297). Ce que je vois, ajoute-t-elle « n'est que le tesmoignage de son amitié, et de mon imprudence » (II, 5, 298). L'âme du berger demande une sépulture. La bergère accepte maintenant que tout le monde sache que Céladon l'aimait (II, 5, 300).

Tircis interroge ses compagnons sur Céladon (II, 5, 300), sans leur dire qu'il a rencontré un berger isolé
(I, 12, 400 recto).

À cause des commentaires de Tircis sur les morts dont on ne s'occupe pas, tous les bergers décident qu'il faut ériger un vain tombeau pour Céladon (II, 5, 301), puis se demandent si les dieux ne lui ont pas permis d'errer près de celle qu'il aime (II, 5, 303). La lecture de « l'oraison à la déesse Astrée » les convainc que l'âme du berger demande le repos (II, 5, 305).

Les bergers se sont perdus. Ils dorment à la belle étoile (II, 5, 324). Astrée écoute l'Histoire de Damon et de Madonthe, puis médite sur les suites de sa propre « imprudence ». Elle dit à Diane : Considérez combien la faute « que j'ai commis en l'amitié de Celadon m'a rapporté et me rapportera d'ennuis » (II, 6, 420). Diane juge que cette séparation devait avoir lieu, parce que tout est imparfait sur cette terre (II, 6, 421)

Le romancier rappelle que le jour où Céladon « s'estoit eschappé des mains de Galathée », avec l'aide de Silvie, Léonide et Adamas, les nymphes sont rentrées à Marcilly (II, 7, 432).

Revenons à Céladon, écrit le romancier au début du livre 7. Pendant que Céladon isolé ne pense qu'à Astrée (II, 7, 431), Léonide le croit près de sa bergère (II, 7, 433). Elle est déçue et étonnée de ne pas le voir dans le hameau (II, 7, 433), puisque le jeune homme a quitté Isoure depuis quinze jours (II, 7, 445).

En se promenant, Léonide voit Céladon endormi. Elle le prend pour Lycidas « parce que ces deux freres estoient presque d'une mesme taille, et avoient accoustumé d'aller vestus l'un comme l'autre, et quoy que Celadon fust un peu plus grand, et eust le visage beaucoup plus grand et plus agreable » (II, 7, 434). Sa jupe s'est retroussée, un petit sac dépasse de sa poche. Elle dérobe ce sac et s'éloigne.

Céladon se réveille, constate le larcin, et se demande qui a commis une telle cruauté (II, 7, 438). Pendant ce temps, Léonide lit trois lettres d'Astrée. Elle pense d'abord que la bergère a dû aimer Lycidas (II, 7, 439). Le nom de Céladon est dans la deuxième lettre ; Léonide déduit que Lycidas a conservé des objets laissés par son frère (II, 7, 440). C'est la troisième lettre qui lui prouve enfin que c'est à Céladon qu'elle a pris ce sac (II, 7, 442). Elle se souvient alors que Galathée lui a parlé du sac au cuir ridé qui appartient au berger, elle note que les feuilles ont été mouillées (II, 7, 442). Elle se met en quête, remarque l'herbe foulée, et entend Céladon soupirer dans sa caverne (II, 7, 443). Elle s'avance vers lui les bras ouverts, mais le berger est trop surpris et trop faible pour se tenir debout.

Léonide s'assied au bord du lit et lui demande pourquoi il vit loin des hameaux, alors qu'il avait « tant d'impatience de sortir d'entre les mains de Galathée » (II, 7, 445). Elle blâme l'opiniâtreté qui le garde séparé d'Astrée : « Si c'est aymer que ce que vous faites, il n'y a que vous entre tous les hommes qui sçachiez aymer » (II, 7, 446). Céladon explique que l'amant n'est pas homme puisqu'il ne voit qu'avec les yeux de celle qu'il aime. Lui-même attend que l'amour ou la mort le sorte de son repaire (II, 7, 449). Léonide affirme : « si Astree vous sçavoit en vie, elle vous desireroit aupres d'elle » (II, 7, 450). Elle explique ensuite qu'elle fréquente les bergères depuis qu'elle a quitté la Cour, il y a une quinzaine de jours.

Pour distraire Céladon, elle lui raconte ce qui s'est passé à Isoure puis à Marcilly (II, 7, 450).

Histoire de Galathée

Léonide dit à Silvie et Adamas la fuite de Céladon et la surprise qu'elle a eue quand elle revenait à Isoure ; elle a trouvé Galathée et Amasis dans leur chariot (II, 7, 453). Les nymphes préparent les réponses qu'elles donneront à Galathée quand elle s'étonnera de la fuite de Céladon.

Pendant ce temps, Galathée, arrivée à Marcilly, pense que la vue « de ses grandeurs et magnificences » fera oublier à Céladon son amour pour Astrée. Elle pourra ainsi l'épouser après la mort d'Amasis (II, 7, 454). Elle découvre la fuite du berger ; « en grande colere », elle chasse Léonide en lui interdisant de se présenter devant elle sans le berger (II, 7, 455)

Silvie entend Galathée se lamenter d'être « la vile despoüille d'un Berger » (II, 7, 457). Silvie déclare à Galathée que seul Adamas a pu aider Céladon. Preuve en est qu'il « a hoché deux ou trois fois la teste en sousriant » quand il a vu qu'on cherchait le jeune homme. Il « eust esté à propos qu'il n'y fut jamais entré », a dit le druide (II, 7, 459).

Léonide rapporte à Céladon des nouvelles du hameau (II, 7, 463) : l'amitié d'Astrée, de Diane et de Phillis ainsi que la gageure de Silvandre. « Horsmis Celadon je ne cognois Berger plus digne d'estre aymé » que Silvandre, ajoute-t-elle (II, 7, 465). Céladon souhaite que son ami soit heureux en amour : « Tous ceux qui ayment [...] ne rencontrent pas des Astrées », dit-il (II, 7, 467). Aimer rend malheureux, mais vivre sans aimer, ce n'est pas vivre.

Céladon plaint Lycidas qui est jaloux des relations de Phillis et de Silvandre (II, 7, 481). Il demande à Léonide ce qu'elle pense de la voix d'Astrée, et ce que la bergère a dit à son sujet. La nymphe décrit les détours qu'elle a empruntés pour demander des nouvelles de Céladon. Elle a commencé par faire l'éloge de Silvandre, ce qui a engagé Astrée à parler de la mort de Céladon (II, 7, 483).

Bien qu'il envie Léonide qui voit librement Astrée, Céladon s'obstine : Amour guidera la bergère vers lui (II, 7, 485). Léonide pleure lorsqu'elle voit au grand jour Céladon méconnaissable (II, 7, 486).

Léonide aime encore Céladon (II, 8, 487). Elle lui rend souvent visite. Elle décide de ne pas prévenir Astrée, parce qu'elle espère se faire aimer de Céladon (II, 8, 488). Le berger, comprenant que la nymphe agit par amour, dépérit. Léonide décide de révéler à Adamas qu'elle a retrouvé Céladon toujours amoureux d'Astrée (II, 8, 490).

Adamas a connu Alcippe, le père de Céladon (II, 8, 488), berger qui a commis des folies par amour. Léonide apprend que les bergers sont issus de chevaliers, quand le druide déclare :

Ce Celadon de qui nous parlons, est vostre parent fort proche. Car la maison de Laignieu [sic] et la sienne viennent d'un mesme tige : si bien que Lindamor, et luy vous sont parens en mesme degré. Mon ayeul, et les bisayeuls de Lindamor et de Celadon, ayant esté freres (II, 8, 491).

Avant de porter secours au berger, Adamas consulte l'oracle de Taramis à Montverdun pour connaître la volonté des dieux (II, 8, 494). D'après les paroles que profère Cléontine, le druide doit aider un jeune homme pour avoir une vieillesse heureuse (II, 8, 495).

Aussitôt, Adamas et Léonide vont retrouver Céladon. Ils le voient couché, en larmes, et récitant un sonnet (II, 8, 497). Le druide tente en vain de raisonner avec le jeune homme pour qu'il quitte sa solitude d'« ours sauvage » (II, 8, 499). Céladon répond qu'il n'a plus ni entendement, ni volonté (II, 8, 500). Son seul contentement est d'obéir à Astrée (II, 8, 502). Adamas désire revoir Céladon parce que le berger ressemble à sa fille, Alexis. « Il estoit vray qu'Alexis sa fille ressembloit un peu à ce Berger », ajoute le romancier (II, 8, 504).

Adamas apporte au berger des vivres. Léonide lui rend les lettres d'Astrée et lui apporte de l'encre et du papier (II, 8, 505). Pour le distraire de sa mélancolie, le druide lui conseille d'ériger un temple rustique à Astrée, parfait ouvrage des dieux (II, 8, 507 et II, 8, 518). Il expose alors la théologie celte qu'il oppose à la religion des Romains. Un dieu en trois personnes et une vierge qui va enfanter constituent l'Olympe de L'Astrée (II, 8, 506-517). Le berger n'est pas surpris par la notion de dieu unique (II, 8, 508), mais par l'absence de ces petits dieux qu'il voit dans les temples (II, 8, 512). Ces leçons, le « ravissent », dit-il (II, 8, 515).

Le druide propose à Céladon de construire un temple autour d'un chêne à trois branches (II, 8, 516). Il offre de mettre dans le Temple qu'il nomma « du nom de la Deesse Astree » (II, 8, 518) le portrait que le berger porte au cou. Il se charge de l'agrandir. Céladon mourrait si le druide ne lui rendait pas cette image (II, 8, 519).

Adamas rend souvent visite au berger de nuit (II, 8, 520). C'est de nuit, près d'une fontaine, que Silvandre a surpris l'une de leurs conversations sur la beauté angélique et l'amour (cf. II, 2, 116 à II, 2, 122).

Le romancier rétablit ici la chronologie des événements d'abord présentés dans un désordre destiné à surprendre.

Quand les bergers passent la nuit à la belle étoile (cf. II, 6, 429), à l'aube, Céladon aperçoit Astrée endormie (II, 8, 521). Il la contemple, souhaitant « comme un nouvel Argus, avoir tout le corps tout couvert d'yeux » (II, 8, 522). Il s'éloigne pour ne pas enfreindre le commandement d'Astrée. Il revient et lui adresse une prière à voix basse. Lorsque Phillis se retourne dans son sommeil, Céladon s'éloigne de nouveau. Il écrit une lettre à sa bergère et s'approche du groupe endormi. Il regarde Silvandre et le remercie. Il voudrait que « quelqu'un des [s]iens » l'aide auprès de Diane (II, 8, 524).

Céladon regarde Astrée, lui baise la main, puis la bouche et le sein. Il lui laisse la lettre (II, 8, 526). Astrée se réveille en sursaut, voit une ombre, et croit avoir eu une vision (II, 8, 527). Elle se confie à Phillis. Elle a vu l'âme de Céladon, « combien belle et pleine de clairté ! » (II, 8, 528), dit-elle. Elle comprend que le berger ne veuille pas que la vue de « celle qui a sceu si mal mesnager [sa] vie [le] soüille » (II, 8, 528). Phillis encourage sa compagne à faire dresser un tombeau à Céladon : tous ceux qui connaissent le nom d'Astrée savent que Céladon l'a aimée (II, 8, 529).

Les jeunes filles trouvent la lettre et lisent que le berger n'est plus que « l'ombre vaine » de ce qu'il a été (II, 8, 531). Elles concluent que Céladon est mort (II, 8, 532).

Astrée et Phillis surprennent Silvandre regardant Diane endormie. Phillis espère que les jeunes gens ne vont se conduire imprudemment et finir par se séparer, comme Astrée et Céladon. Silvandre baise la main de Diane (II, 8, 533).

Cette scène suggère évidemment un contraste entre la conduite
(passée, présente, future)
de Céladon et de Silvandre.

Phillis et Astrée parlent à Diane du vain tombeau à ériger pour Céladon, « puis que ses parens n'avoient point de soucy de son repos » (II, 8, 536). Craignant que les médisants ne blâment Astrée, Diane elle-même demande à Paris d'élever le tombeau en son nom mais à l'intention d'Astrée (II, 8, 537).

Une perche surmontée de l'image d'une colombe indique le lieu où est mort le berger (II, 8, 538). Le vacie qui organise la cérémonie appelle l'âme de Céladon, les filles druides aussi (II, 8, 551). Elles chantent les louanges du berger. Tous les assistants sont si émus que les sentiments d'Astrée ne se remarquent pas (II, 8, 551).

Seul Silvandre comprend que le vain tombeau est érigé à l'intention d'Astrée (II, 8, 537). Il compose une épitaphe pour Céladon (II, 8, 552).

Léonide, qui a participé à la cérémonie, va rapporter à Adamas ce qu'elle a vu (II, 9, 615). Le druide « ne pust s'empescher de rire » (II, 10, 617). Il en parlera au berger, mais il craint la réaction du jeune homme, qui pourrait s'éloigner davantage.

Adamas ne se justifie pas de manière convaincante :
« Il y a long temps que j'en eusse desja parlé à la Bergere Astree, cognoissant assez qu'elle l'ayme ; mais la peur que j'ay eu de le perdre entierement, m'en a empesché »
(II, 10, 618).

Le lendemain, Adamas et Léonide trouvent le berger revigoré : il a remis une lettre à Silvandre, et il a remis une lettre à Astrée endormie - il ne dit pas qu'il a embrassé la bergère. Céladon regarde le vain tombeau et lit l'épitaphe (II, 10, 622). Il comprend qu'Astrée l'aime, mais refuse toujours de se montrer à elle. Le druide essaie en vain de ramener le berger à la raison. Céladon considère qu'il n'a pas désobéi à Astrée en la contemplant de nuit : « Elle ne m'a pas deffendu, dit-il, de la voir, mais seulement de me laisser voir à elle » (II, 10, 622). Adamas lui propose alors de se travestir pour voir plus longuement la bergère. Il prendra le nom et la place d'Alexis, la fille du druide (II, 10, 623). « Quand vous seriez encor beaucoup moins ressemblans me l'oyant dire, on ne laissera de vous prendre pour elle », précise le druide (II, 10, 624). Le berger hésite. « En quelque sorte que je sois revestu, si seray-je en effect Celadon » (II, 10, 625).

Le travestissement pourra durer tant que nul ne sait que la véritable Alexis est toujours chez les Carnutes. Comme l'assemblée générale des druides qui se déroule à Dreux, près des Carnutes, commence dans un mois et demi et dure deux mois, la ruse ne peut pas durer plus de trois mois et demi. Céladon hésite. L'argument qui emporte l'assentiment du berger est le suivant :

Si elle ne vous cognoist point, vous ne l'offencerez point, si elle vous cognoist et qu'elle s'en fasche vous n'en devez esperer rien moins que la mort. Et telle fin n'est-elle pas meilleure que de languir de ceste sorte ? (II, 10, 625).

« Disposez donc de moy comme il vous plaira », conclut le berger (II, 10, 625). Quatre ou cinq jours après, Adamas et Léonide donnent à Céladon un habit de Nymphe (« c'est ainsi qu'en ceste contree s'habilloient les filles des Druydes »), et le soir, l'emmènent avec eux (II, 10, 626).

Paris, le fils d'Adamas, reçoit « pour sa sœur ceste feinte Alexis, c'est ainsi que d'oresnavant nous appellerons Celadon », déclare Honoré d'Urfé (II, 10, 627).

Adamas et Léonide d'abord gardent Alexis dans une chambre aux fenêtres fermées pendant quelques jours. Précaution inutile, Alexis, remarque le romancier, sait « bien jouer son personnage » (II, 10, 628). Elle reçoit la visite de ses voisines et se promène à l'extérieur avec Léonide. Dans les montées, Alexis se conduit en galant homme et prend le bras de la nymphe pour l'aider à marcher.

Alexis raconte à Léonide les adieux que Céladon a faits à Astrée avant de partir pour l'Italie (II, 10, 631). Il a prié la bergère de lui ordonner de ne pas la quitter (II, 10, 632). Il doit faire son devoir, et elle doit protéger son honneur, pense-t-elle.

Alexis rapporte « l'une des plus belles adventures » qui lui arrivèrent durant son voyage, l'Histoire d'Ursace et d'Olimbre (II, 10, 637).

Histoire d'Ursace et d'Olimbre

Pour éloigner Céladon d'Astrée, Alcippe oblige le jeune homme à se rendre en Italie en abandonnant ses habits de berger. Céladon cherche à s'instruire pour se rendre aimable à Astrée. Il désire voir les volcans (II, 10, 637). Il entend un homme qui se plaint et se nomme Ursace (II, 10, 639).

Ursace prend un glaive pour se tuer, un ami à lui intervient, mais se retrouve blessé. Ursace reconnaît Olimbre et se repent. Il essaie de nouveau de se tuer avec son glaive. Céladon s'approche (II, 10, 642). Olimbre, trop faible pour retenir Ursace, s'évanouit. Céladon soigne Olimbre en bouchant la plaie avec de la mousse (II, 10, 643). Il s'adresse ensuite à Ursace pour lui dire que le Ciel l'a envoyé pour empêcher le chevalier de désespérer (II, 10, 643). Ursace croit à une intervention divine.

Léonide interrompt Céladon pour déclarer que les chevaliers l'ont pris pour Mercure parce qu'il est « jeune et beau » (II, 10, 644).

Céladon donne du vin aux deux chevaliers, les engage à se faire soigner dans la ville voisine, et demande à Ursace de s'occuper de son ami (II, 10, 645).

Céladon se retire et empêche Ursace de le suivre. Pendant que son ami dort, Ursace retrouve Céladon et s'étonne de le voir manger. Céladon se nomme (II, 10, 646). Ursace explique qu'il a été trompé le « voyant en quelque sorte vestu d'autre façon, que nous ne sommes, le visage si beau », avec une voix douce, et une parole grave (II, 10, 647).

Quand Alexis va rapporter le récit d'Ursace, l'arrivée d'Adamas l'interrompt (II, 10, 648).


Alors qu'Adamas se promène avec son protégé et Léonide, on leur annonce la venue de Silvie (II, 10, 649). Alexis hésite à se montrer, mais, se souvenant de la conduite de Silvie à Isoure, s'enhardit. Le druide lui interdit pourtant de se montrer par mesure de sécurité. Léonide doit dire à Silvie que le druide et sa fille sont occupés par « quelques affaires de leurs charges, et offices » (II, 10, 649).

Léonide reçoit seule Silvie. Celle-ci lui raconte :

Suite de l'histoire de Lindamor

Ce qui se passe à Marcilly est si grave que la nymphe désire en discuter avec Léonide et Adamas (II, 10, 650)

Galathée sait maintenant que le druide a aidé Céladon à s'enfuir du palais d'Isoure (II, 10, 659). Elle sait aussi que Léonide a prévenu Lindamor des ruses de Polémas. Elle craint que Lindamor ne se venge du « meschant » « perfide » qui lui a volé le cœur de Galathée (II, 10, 653). Silvie explique que ce n'est pas du Berger qu'il s'agit mais de Polémas (II, 10, 654). D'après elle, c'est pour favoriser Lindamor, son parent, qu'Adamas a aidé Céladon à fuir Isoure (II, 10, 659).

Galathée souhaite maintenant que Lindamor et Polémas se battent pour se « despescher de l'un par le moyen de l'autre » (II, 10, 659). Elle répète qu'elle « ayme de sorte Céladon » qu'elle voudrait que les chevaliers meurent (II, 10, 660).

Une fois rentrée à Marcilly, Silvie apprend à Galathée que Polémas se promenait sur les rives du Lignon, à l'endroit où les nymphes ont trouvé Céladon (II, 10, 671).

Alexis est chez Adamas depuis une quinzaine de jours, lorsqu'on annonce la visite de bergers. Alexis sursaute en entendant le nom de Lycidas (II, 11, 673). Elle s'entretient avec les jeunes visiteurs. Lycidas est frappé par la ressemblance d'Alexis et de Céladon.

Toutesfois l'opinion qu'il avoit qu'il fut mort, l'authorité du Druyde qui disoit que c'estoit sa fille : Et l'habit de Nimphe qui l'embellissoit, et le changeoit un peu, l'empescherent d'en descouvrir la verité, et luy faisoient démentir ses yeux (II, 11, 678).

Lycidas déclare à Alexis qu'elle ressemble à la personne qu'il a le plus aimée. La feinte druide rougit, Léonide sourit (II, 11, 678).

Lycidas donne à la nymphe des nouvelles des bergères et lui apprend que Phocion veut marier Astrée à Calidon. Cette nouvelle serre le cœur à Alexis qui change de couleur (II, 11, 680). Léonide lui recommande de s'asseoir. Hylas aide Alexis et se met à genoux devant elle (II, 11, 681). Hylas réussit à faire rire Alexis (II, 11, 682), et en tombe amoureux. Pour donner plus de preuve qu'elle est bien une fille, « Alexis luy donnoit à dessein toute l'Amour qu'elle pouvoit » (II, 11, 731). « Toute riante » (II, 11, 734), elle remercie Hylas, et le prie de continuer à la servir. Elle se dit même prête à quitter sa profession (II, 11, 735).

Alexis écoute le récit que fait Adamas, l'Histoire de Placidie (II, 11, 737). Curieuse d'entendre la suite des aventures d'Ursace, elle demande à Léonide de rappeler à Silvandre qu'il a promis de raconter ce qu'il sait du chevalier (II, 11, 763), l'Histoire d'Eudoxe.

Le lendemain matin, les bergers, de retour dans leur hameau, disent à leurs compagnes qu'Alexis, la fille du druide, ressemble à Céladon. Astrée déclare qu'elle va se faire druide avec Alexis. Elle remercie les dieux de pouvoir jouir « de ceste agreable veuë » (II, 12, 892). Les bergères vont aller chez Adamas dans trois jours.


2
Celadon Présent dans : I, II, III
Première mention : III, 1, 1 verso.

Caractéristique : La feinte druide doit rendre à Astrée « ce Celadon qui est à elle, et que les habits d'une Alexis luy ont desrobé » (III, 10, 432 verso).

Céladon a disparu sous le nom et l'habit d'Alexis. On trouvera ici les passages du roman où survient le nom du berger.
L'homme du paradoxe s'exprime à travers la rhétorique de la schizophrénie.

Astrée a hâte de voir celle dont le visage ressemble à celui de Céladon, d'après les bergers. Depuis trois jours, elle éprouve pour l'inconnue « une amour desja grande et impatiente », affirme le romancier (III, 1, 1 verso). Elle est aussi touchée de « grands repentirs » à cause du bannissement de Céladon (III, 1, 2 verso).

À l'aube, Céladon est encore au lit quand il chante un sonnet où il compare à Pénélope le Soleil qui tarde à se lever (III, 1, 3 recto). Quand le berger s'habille, souligne d'Urfé, il prend le nom d'Alexis (III, 1, 3 verso).
Alexis est rivée à la fenêtre, Léonide la rejoint et Adamas la suit parce qu'il craint que sa nièce séduise Céladon (III, 1, 12 recto).

La troupe arrive chez Adamas. Alexis interroge Astrée sur la vie des hameaux, sur les deuils qu'elle a soufferts, sur la noyade de Céladon (III, 2, 53 verso).

À l'heure du coucher, Astrée se met dans le même lit que Diane et Phillis. Les bergères échangent leurs impressions. Astrée la première se dit ravie par la ressemblance « de la belle Alexis et du pauvre Celadon » (III, 5, 183 verso). Adamas va trouver Alexis dans sa chambre.

Et bien Alexis, luy dit-il en sousriant, comme se porte Celadon ? - De Celadon, respondit Alexis, je n'en ay encores point de nouvelles : mais pour Alexis, elle m'a juré n'avoir jamais eu plus de contentement depuis qu'elle est vostre fille (III, 5, 185 recto).

Notons le « encores ».
Le malaise de Céladon va se développer lentement.

Le druide lui demande s'il regrette son travestissement. Lucide, le jeune homme reconnaît « la juste occasion » que la bergère aurait maintenant de lui en vouloir (III, 5, 186 verso). Adamas déduit qu'il faut que le mal mûrisse davantage. Le druide annonce que le berger va l'accompagner dans les hameaux. Céladon résiste en vain. Léonide lui conseille de se remettre entre les mains d'Adamas. Le jeune homme passe la nuit à se remémorer la journée puis à s'inquiéter du futur. Il songe à s'enfuir de nouveau, mais décide de suivre les conseils du druide (III, 5, 187 verso).

Alors qu'Alexis dort encore, Astrée et ses compagnes se réveillent de bonne heure. La conversation tombe sur l'obéissance qu'on doit aux parents. C'est une erreur qui a tué Céladon, affirme Phillis (III, 5, 188 verso). La jeune fille remarque aussi qu'Astrée retrouve la coquetterie qu'elle avait perdue depuis la mort du jeune homme. Elle taquine sa compagne en lui demandant si les bergères du Lignon s'affectionnent des bergères plutôt que des bergers (III, 5, 190 recto).

Astrée demande à Alexis la permission de passer sa vie avec elle. Elle insiste : « J'ay ce naturel de jamais ne changer une resolution quand je l'ay prise » (III, 5, 209 verso) ... ce qui paralyse Alexis. Astrée s'étonne du changement de la druidesse. Celle-ci confesse que, lorsqu'elle a aimé une des ses compagnes chez les Carnutes, elle a été repoussée sans explication (III, 5, 210 verso). Astrée condamne la fille « peu advisée » (III, 5, 211 recto) et souhaite que Bélénus lui accorde cette place (III, 5, 212 recto).

À Montverdun Galathée apprend qu'on a érigé un vain tombeau à Céladon, ce qui signifie qu'on n'a pas retrouvé son corps (III, 6, 230 recto). La nymphe s'étonne et soupire en pensant au mépris du berger.

Hylas raconte l'Histoire de Cryseide et d'Hylas puis s'interrompt brusquement (III, 7, 331 verso).

En 1619, le livre 7 renferme une quarantaine de lignes de plus à la fin. La conclusion n'est donc pas aussi abrupte.

Alexis proteste : au lieu de raconter ses amours, Hylas a présenté celles de Criséide (III, 8, 332 verso).

Reproche que Céladon pourrait faire à Honoré d'Urfé.

Astrée montre à Alexis les « raretez » du temple d'Astrée (III, 9, 373 verso). Alexis note que c'est un travail de longue haleine, et affirme que la déesse ressemble à la plus belle bergère, c'est-à-dire à Astrée. La bergère croit entendre Céladon. En lisant les poèmes qui décorent le lieu, quand Diane et Phillis reconnaissent l'écriture de Céladon, Alexis et Astrée rougissent. Les bergères ne s'interrogent pas sur la présence d'un sonnet intitulé « Que nul ne se peut empescher d'aymer Celadon » ; il a été composé par Léonide (III, 9, 375 recto). Alexis demande alors qui est Céladon (III, 9, 375 recto).

Il pose la question à laquelle il devrait répondre.

Astrée coupe vite la parole à ses compagnes (III, 9, 376 verso).

À la suite du jugement de la gageure de Silvandre et de Phillis, Alexis parle en faveur de Silvandre. Astrée ajoute qu'il serait le plus méritant des bergers s'il n'y en avait pas un autre ... qu'elle ne nomme pas. Alexis ne l'interroge pas parce qu'elle craint d'entendre un nom qui lui déplairait.

Le nom de Céladon n'est pas prononcé. Le romancier souligne la pusillanimité de son héros en ajoutant : « Apres avoir demeuré et l'un et l'autre quelque temps sans parler » (III, 10, 422 verso).

Alexis affirme que la sévérité de Diane ferait des jeunes gens « la fable de toute la contree » (III, 10, 423 verso).

Au moment de l'arrivée chez Phocion, la répartition des chambres est délicate. Daphnide et Alcidon coucheront chez Lycidas, dans « la maison de Céladon », dit Adamas (III, 10, 426 verso). Alexis dormira avec la nymphe dans la chambre que leur cède Astrée (III, 10, 426 verso). Mécontent, le druide craint que la feinte druide ne redevienne berger : Léonide, qui ne hait pas Céladon, peut faire « tant de caresses » à Alexis que la feinte druide joue « le personnage du berger » (III, 10, 427 recto).

Adamas préférerait qu'Astrée fasse ces caresses ...

Il propose donc qu'Alexis, de nuit, vienne en secret dans sa chambre. Léonide propose plutôt qu'Astrée rejoigne les jeunes filles. Et si Astrée préfère coucher dans le lit d'Alexis, demande Adamas ? Nous soulignerons que les filles druides couchent toujours seules, réplique Léonide. Adamas suit de point en point les suggestions de Léonide. En se retirant, il conseille à Alexis de rester au lit jusqu'au déjeuner. La feinte druide est plus étonnée que jamais sachant « que cette faute luy seroit irremissible » (III, 10, 428 recto).

Dans la troisième partie de L'Astrée, deux chevaliers et un berger entrent dans la chambre de la femme qu'ils aiment : Alcidon (III, 3, 82 recto), Arimant (III, 7, 295 verso) et
Céladon (III, 10, 428 recto).
Les deux chevaliers ressortent heureux. Leur histoire se termine par l'annonce d'un mariage.
Il y a peu de chambres défendues, annonçait d'ailleurs la préface de la deuxième partie !

Astrée aide Alexis à se déshabiller. Grâce à l'obligeance de Léonide, Alexis regarde les jeunes filles ôter leurs vêtements. Elle aide Astrée ; « jamais Amour ne fit de si profondes blesseures dans le cœur de Celadon, qu'à cette fois dans celuy d'Alexis » (III, 10, 430 recto).

Dans une phrase ambigüe, le romancier décrit l'effet de ces jeux érotiques avec une Astrée dénudée sur un personnage féminin - le pronom (que je souligne) peut renvoyer à la nymphe ou à la feinte druide :

« En fin Leonide qui se prenoit garde de ses transports, et qui en son cœur avoüoit qu'encores avoit-elle trop de puissance sur elle mesme, ayant devant les yeux des objects si puissants pour la faire fleschir, pensa qu'il les falloit separer » (III, 10, 430 verso).

Est-ce que Léonide désirerait empêcher Alexis d'agir en Céladon ?

Le lendemain, réveillée la première, Alexis contemple les beautés d'Astrée. Le romancier intervient pour plaindre Céladon. Amour le fait souffrir et par l'absence et par la présence de celle qu'il aime (III, 10, 431 recto). Alexis soupire un sonnet où il s'adresse à son cœur et contemple encore Astrée appuyée maintenant sur Léonide. Pendant le monologue muet, Alexis est le sujet des verbes « dire » et « reprendre ». Ses réflexions sont à la première personne du singulier.

En 1619 on lit :
« La fortune m'a plus r'approchée de mon bon-heur ».
En 1620 et en 1621 on trouve :
« La fortune m'a plus r'approché de mon bon-heur »
(Je souligne, III, 10, 432 recto).

Alexis apostrophe Céladon, berger que les habits de druidesse ont dérobé. Le « il » de Céladon se joint au « je » d'Alexis dans le « nous » pathétique de la conclusion : « Nous nous jetterons à genoux devant elle » (III, 10, 432 verso). Alexis se repent de ce transport et s'adresse à Céladon pour lui faire des reproches. En fin de compte, « il » devient le sujet du dernier verbe déclaratif et la décision tragique est à la première personne du pluriel : « Mourons » (III, 10, 433 recto).

Les jeunes filles voient qu'Alexis a quitté la chambre et s'inquiètent de la réaction d'Adamas. Léonide craint que la mélancolie de Céladon influence Alexis (III, 10, 436 recto). Diane et Astrée trouvent Alexis devant le vieux saule. Elle parle à l'arbre, mais en elle-même et au masculin singulier. Alexis s'arrête ensuite devant l'arbre où elle a gravé des vers pour se plaindre de devoir feindre. Dans la même phrase, les actions du passé sont attribuées à « elle » (graver) puis à « il » (feindre) (III, 10, 437 verso).

Le romancier titille la curiosité du lecteur qui se souvient de la reconnaissance de Filandre travesti (I, 6, 174 verso et I, 6, 184 verso).
Le traitement de la sexualité masculine s'est métapmorphosé
(Henein, pp. 342-343).

Alexis rencontre Silvandre. Le berger déclare que la feinte druide ressemble à Céladon et lui demande de servir d'arbitre entre Diane et lui.

À Montverdun, Galathée demande à son messager, Lerindas, ce qu'il pense des jeunes filles du hameau. Il juge les bergères plus belles qu'Alexis (III, 11, 450 recto). Galathée déduit que Céladon avait raison d'aimer Astrée.

Le lendemain (III, 11, 463 verso), Alexis se réveille de bonne heure, met par erreur la robe d'Astrée et s'approche de la bergère pour proférer des sonnets où elle s'attribue une aventure féminine (Psyché, Sémélé, Diane, III, 11, 464 verso ; III, 11, 465 recto). Nouvelle joie pour Alexis : Astrée sort du lit en chemise. Les jeunes filles s'embrassent. La bergère rend les baisers au « portrait vivant de Celadon » (III, 11, 468 recto). Léonide, jalouse, reproche à Alexis d'empêcher Astrée de s'habiller. La feinte druide réplique que Léonide est envieuse. La nymphe se met à embrasser Diane pour qu'elle ne remarque pas les actions d'Alexis. Astrée ne se lasse pas de caresser le visage qui ressemble à celui de Céladon (III, 11, 468 verso). L'arrivée de Phillis interrompt ces débordements.

Hylas dit à Calidon qu'il recherche en vain Astrée. La jeune fille porte le deuil de Céladon, berger qui l'a longtemps servie (III, 11, 471 verso).

Alexis quitte la chambre et se rend dans le bois de coudres. Elle se lamente en confondant Céladon et Alexis. Elle s'interroge sur la fin de son travestissement. Quand elle s'imagine se nommant à Astrée, le romancier lui impose un pronom masculin, « il consideroit » (III, 11, 473 verso). Céladon doit subir déclare Alexis, « Obeis, et te tais, si tu veux vivre et aymer sans reproche » (III, 11, 474 recto).

Adamas s'inquiète parce qu'il doit emmener Alexis auprès de Galathée : celle qui a vu Lucinde reconnaîtra Alexis (III, 11, 480 verso).

Ce qui souligne le fait que celle qui a vu Orithie n'a pas reconnu Alexis !

Le druide demande conseil à Léonide. Elle suggère de prétendre qu'Alexis est malade pour la laisser dans les hameaux. Adamas, qui n'a pas reconnu Alexis sous son costume de bergère (III, 11, 481 verso), accepte la suggestion de Léonide. La feinte druide se réjouit de continuer à recevoir les caresses d'Astrée sous le nom d'Alexis, puisque c'est Céladon qui porte ce nom (III, 11, 481 verso). Elle parle à l'habit qu'elle quitte comme à un rival. Quand elle remarque qu'elle s'adresse à un objet inanimé, le romancier lui rend le pronom masculin (III, 11, 482 recto).

Alexis doit rester dans les hameaux deux ou trois jours encore, sans Adamas et Léonide (III, 12, 551 recto).

En rapprochant les trois dénouements
(I, 12, 406 verso ; II, 12, 892 ; III, 12, 552 recto)
on observe que « connaissance », « reconnaissance » et « assurance » font l'unité et la cohérence de L'Astrée (Henein, p. 18).

Céladon compose quatre poèmes
(III, 1, 3 recto ; III, 9, 376 recto ;
III, 9, 374 verso ; III, 11, 482 recto).

3
Celidas Présent dans : III
Première mention :  III, 6, 233 verso.

Nommé dans : Suitte de l'histoire de Damon et de Madonthe racontée par Damon.


Dans la cour de Torrismond, roi des Wisigoths, Damon a grandi avec Alcidon, Cléomer et Célidas.

3
Celidee Présente dans : II, III
Première mention : II, 1, 30 ; II, 1, 31 (nommée). Écrit aussi Celide.

Caractéristique : « L'esclat de son visage estoit si grand, qu'il attiroit les yeux de chacun, et quoy qu'il y eust quelque deffaut en sa beauté, on jugeoit bien que le temps y rapporteroit la perfection necessaire » (II, 1, 31), dit le romancier.

Modèle : Charlotte de Montmorency selon Patru (II, p. 449), mais en fait, la réalité a suivi la fiction (Henein, p. 76).

Remarque sur le nom : Celidron et celindre sont des traductions de chelydros, un serpent amphibie qui prête son nom à une « belle laide » dans le Lanzelet (R. S. Loomis, cité par Henein, p. 78).

Auditrice : Histoire de Célidée, Thamyre et Calidon, racontée par Thamire, à Léonide, Paris, et aux bergers.

Narratrice : Réponse de la Bergère Célidée.

Bergère du Forez. Nièce de Cléontine.

Célidée

Léonide, Paris et les bergers voient venir du côté de Montverdun une bergère et deux bergers qui se disputent en faisant de grands gestes. La jeune fille repousse ses compagnons qui se jettent à ses pieds (II, 1, 30). Lycidas les reconnaît et les présente comme des étrangers (II, 1, 31).

Léonide interroge Célidée. Pour l'encourager à parler, la nymphe prétend que les gens racontent son aventure de « diverse façon » (II, 1, 33). Calidon et Thamire, les compagnons de Célidée, offrent de raconter leurs différends. Léonide tire au sort le nom du narrateur (II, 1, 34). Les auditeurs s'installent sous les sicomores pour écouter le récit de Thamire (II, 1, 35).

Histoire de Célidée, Thamyre et Calidon

Alors que Célidée n'a pas encore neuf ans, Thamire, qui a trente ans de plus qu'elle, est amoureux d'elle. Il habitue la petite fille au langage et aux caresses de l'amour (II, 1, 38). La bergère, à douze ans, « l'aime plus que tout ce qui estoit au monde » (II, 1, 38). Thamire répond aux questions naïves de Célidée en lui expliquant la fidélité aux vivants et aux morts (II, 1, 40). Il se félicite de ne l'avoir « point aymée malicieusement » (II, 1, 41), parce qu'elle n'avait pas un esprit qui lui aurait refusé quoi que ce soit (II, 1, 42). Le Ciel, ajoute-t-il, la luy faisait aimer « par force » (II, 1, 42).

Son cousin η, Calidon, âgé de dix-huit ans, revient de la province des Boïens (II, 1, 42). Thamire lui annonce qu'il est son héritier, et lui demande de regarder Célidée comme sa sœur. Moins d'un mois après, Calidon est tellement amoureux de Célidée qu'il tombe malade. Thamire fait l'impossible pour guérir le jeune homme. Un vieux Mire découvre le secret de Calidon parce qu'il remarque le changement de son pouls au moment où Célidée entre dans sa chambre (II, 1, 49). Il conseille à Thamire de marier Calidon et Célidée.

Amour et amitié se battent dans l'âme de Thamire (II, 1, 50). Il se sacrifie, et commence par demander à Célidée de rendre visite à Calidon (II, 1, 52). Calidon se porte mieux, mais Célidée reste indifférente. Thamire s'adresse alors à Cléontine (II, 1, 53). La tante de Célidée juge le parti avantageux et consent au mariage de sa nièce et de Calidon (II, 1, 54). Thamire dit à la bergère qu'elle devrait accepter le projet de sa tante. Lorsque Cléontine révèle à Célidée que ce mariage est proposé par Thamire, la jeune fille fait de violents reproches au berger « ingrat et cruel » (II, 1, 56), « denaturé » et « desloyal » (II, 1, 57). Elle rompt la chaîne de paille qu'il lui a offerte, et la lui rend (II, 1, 58).

Célidée se tourne vers sa mère qui promet de ne pas la marier de force (II, 1, 59). Thamire, voyant le mariage annulé et son cousin rétabli, retourne à Célidée plus amoureux que jamais (II, 1, 61). Calidon l'entend parler à la bergère, et lui fait des reproches. Célidée les repousse tous les deux. « Quel Prothee est l'esprit d'une jeune femme et combien il est difficile de l'arrester », conclut Thamire (II, 1, 62).

Thamire demande à Léonide de les départager parce qu'ils sont devenus la fable de leur hameau (II, 2, 64). La nymphe consent. Thamire promet d'accepter la sentence. Calidon jure par le gui de l'an neuf et par l'œuf salutaire de se conformer aux termes du jugement tant qu'il vivra (II, 2, 65).

Astrée s'étonne du silence de Célidée. La bergère appréhende le jugement. Elle l'accepte pourtant parce qu'elle a vu son père en songe. Il lui sort le cœur de la poitrine et le jette de l'autre côté du Lignon ; c'est là qu'elle doit trouver le repos (II, 2, 65). Célidée a traversé la rivière pour obéir à son rêve. Elle compte bien se soumettre au jugement de la nymphe.

Léonide donne la parole à Calidon.

Le berger commence sa harangue en s'adressant au dieu Amour (II, 2, 66) qu'il va invoquer neuf fois en quinze pages. Il appelle Célidée devant le trône d'Amour : « Aussi-tost que je la vis, je l'aymay » (II, 2, 69), souligne-t-il. Il reproche à Thamire de l'avoir rappelé de chez les Boïens (II, 2, 74), et d'avoir changé d'avis en reprenant Célidée après la lui avoir donnée (II, 2, 77). Il propose à la bergère d'aimer Thamire sous le nom de Calidon (II, 2, 79). Il conclut en priant que les dieux traitent Léonide comme elle le traitera (II, 2, 81).

Alors que Thamire veut répondre à son rival, Léonide donne la parole à Célidée, puisque c'est d'elle que Calidon a parlé en premier.

La bergère commence son discours en rougissant et en tremblant (II, 2, 81). Elle se plaint des deux « monstres d'amour » qui « se veulent faire aymer par force » (II, 2, 82). Elle fait appel au dompteur de monstres, l'Hercule gaulois (II, 2, 83). Elle reconnaît qu'elle a aimé Thamire vertueusement (II, 2, 89) et que l'amour honnête se juge par ses effets (II, 2, 90). Thamire doit à l'amour le pouvoir qu'il a sur Célidée. S'il donne la bergère, c'est qu'il ne l'aime plus, et qu'il n'a donc plus le droit de la donner (II, 2, 92). C'est un ingrat (II, 2, 93) qui a préféré la santé de Calidon à Célidée (II, 2, 94). Les peines que ressentent les deux hommes sont la punition des dieux (II, 2, 96).

Thamire à son tour plaide sa cause (II, 2, 97). Il juge que les jeunes gens se montrent ingrats envers lui. Il blâme d'abord l'ingratitude de ce Calidon qui sait depuis un mois que Célidée ne veut pas l'épouser, mais qui s'entête (II, 2, 101). Il confesse que Célidée a le droit de lui faire des reproches (II, 2, 103), mais que l'amour qu'elle lui a porté devrait la rendre indulgente. Il considère que la bergère doit l'aimer puisqu'elle rejette Calidon : « Toute sorte de droict ordonne que la chose donnée revienne à son premier possesseur » (II, 2, 106). Thamire se jette par terre en pleurant. Célidée lui met la main sur le visage et tourne la tête (II, 2, 107).

Léonide, Paris, et les bergers examinent la cause des plaignants, puis la nymphe donne son jugement. Après avoir étudié trois affections, trois devoirs et trois offenses, elle conclut que l'amour d'inclination de Thamire surpasse l'amour qu'éprouve Calidon, et que Célidée doit, par amour, lui pardonner (II, 2, 109).

Quelque temps après, Lycidas apprend à Léonide que Calidon désire épouser Astrée (II, 11, 680). Quand la nymphe demande s'il a oublié Célidée, Lycidas explique que la jeune fille n'est plus la même depuis l'« accident de sa perte » (II, 11, 680). Il raconte alors (II, 11, 683) :

Suite de l'histoire de Célidée

Dix ou douze jours après le jugement, le mariage de Thamire et Célidée a lieu. Pendant le bal, Thamire a pitié de la tristesse de son cousin. Il demande à Célidée de parler au berger. Calidon lui dit qu'il voudrait mourir (II, 11, 686). Thamire et Célidée se retirent pour la nuit. « Le contentement de ce Berger estoit à son extremité, puisque le ciel ne luy en voulut point donner davantage, comme je vous diray », remarque le narrateur (II, 11, 689).

Cléontine, en quittant la maison, trouve Calidon évanoui à la porte. Elle crie qu'il est mort (II, 11, 688). Thamire sort du lit, et, voyant son cousin par terre, perd conscience à son tour. Célidée le soigne en pleurant. Il revient à lui, retourne voir Calidon, tombe la tête contre une pierre et s'évanouit (II, 11, 692). On emporte les deux hommes dans la maison pour les soigner. À peine pansé, Thamire, encore une fois, demande à Célidée si les sentiments que lui inspire Calidon n'ont pas changé. « Sera-t'il vray que Celidee soit nee pour faire mourir Calidon et Thamire, et d'amour et de regret ? » (II, 11, 695). La bergère répond que les dieux lui ont inspiré une solution (II, 11, 696) et demande un court délai.

Pendant ces quatre ou cinq nuits, Célidée ne couche pas avec Thamire. C'est Calidon qui passe la nuit avec son cousin (II, 11, 696).
Célidée demande à la mère de sa nourrice un moyen d'enlaidir une voisine dont elle veut se venger. La vieille femme lui conseille de pardonner les offenses (II, 11, 698). Un matin, en parlant avec Cléontine, Célidée joue avec la bague de sa tante. Celle-ci lui demande si elle aimerait porter cette bague, c'est-à-dire se faire druide (II, 11, 699). Célidée explique qu'elle n'a pas la vocation. Elle compte sur une inspiration divine pour trouver une solution à ses problèmes. À ce moment, elle se blesse avec la bague, et apprend que le diamant que sa tante porte au doigt est « venimeux » (II, 11, 700). Il laisse des cicatrices qui ne s'en vont pas.

Célidée s'empare de la bague. Elle médite devant son miroir, en parlant à son visage qu'elle va sacrifier. Son action sera admirée. Thamire continuera à l'aimer, ce qui « contraindra chacun de croire qu'il y a quelque perfection cachee en moy, plus puissante que ceste beauté qui se voyoit » (II, 11, 703). Cette beauté d'ailleurs passera avec l'âge. « Faisons nous paroistre telle que nous desirons d'estre creuë », conclut-elle (II, 11, 704).

Le narrateur est tellement ému qu'il interrompt le récit pour s'exclamer : « A ces mots, ô Dieu, Madame, quelle estrange et genereuse action vous vay-je raconter : A ces mots dis-je [...] » (II, 11, 704).

Célidée se mutile le visage en se coupant le front et les joues. Le lendemain, Cléontine la trouve toute couverte de sang et d'abord la croit morte. Thamire survient. Il pleure en voyant la bergère (II, 11, 706). Quand Calidon regarde le visage de Célidée, il détourne les yeux (II, 11, 707). Célidée explique son geste aux deux hommes. « C'est Thamyre et Calydon qui ont faict cet outrage à Celidee » (II, 11, 708). Elle a sacrifié sa beauté pour éloigner Calidon définitivement. « Thamire aime Celidee, et Calidon adore la beauté de Celidee » (II, 11, 712). Thamire ne cesse pas d'aimer la bergère (II, 11, 712).

Voici « la plus genereuse, et la plus loüable action que jamais fille ait faite » (II, 11, 712), conclut Léonide, l'unique auditrice de cette aventure.

Dans cette histoire divisée en deux récits, Honoré d'Urfé combine et transforme deux célèbres aventures η.
Celle du père généreux se trouve dans la Vie de Démétrius de Plutarque,
et celle du « fier baiser » se trouve dans le Lanzelet, et dans le Bel inconnu, de Renaut de Beaujeu.

2
Celidee Présente dans : II, III
Première mention :  III, 1, 21 recto.

Caractéristique : « Vostre vertu se rend admirable », lui dit Damon d'Aquitaine.

Auditrice : Histoire de Cryseide et d'Hylas racontée par Hylas et Suitte de l'histoire de Cryseide et d'Arimant racontée par Florice.


Avec Thamire, Célidée fait partie du groupe de bergers qui se rendent chez Adamas pour saluer sa fille, Alexis (III, 1, 21 recto).

Pendant la promenade, Célidée est près de Silvandre (III, 2, 50 recto).

Parce que Calidon recherche maintenant Astrée, Célidée, son premier amour, est rappelée pour souligner l'inconstance du berger : son amitié « si ardente, s'est esteinte lors [que la jeune fille] est devenuë moins belle » (III, 5, 193 recto). Astrée, ironiquement, demande à Calidon s'il croit parler à Célidée. Elle se flatte de le rendre fidèle, si jamais elle désirait le faire (III, 5, 193 recto). Elle ajoute qu'elle prendra « la résolution de Celidée » s'il continue à la poursuivre (III, 5, 215 recto).

Célidée fait partie du petit groupe qui invite Adamas à venir célébrer un sacrifice d'action de grâces dans le hameau (III, 5, 208 recto).

À Montverdun, Cléontine apprend à Galathée que l'union de Célidée et de Thamire est très heureuse. Les blessures de la jeune femme, témoignages de sa vertu, rendent le berger « heureux et contant » (III, 6, 228 verso). Il prend grand soin de la santé de son épouse. Tous les deux reviendront après être passés par Bonlieu (III, 6, 230 recto).

Encouragé par Silvandre, Hylas passe en revue les femmes qui l'entourent. Que pense-t-il de Célidée ? « Sa vertu me faict horreur » (III, 9, 378 verso).

Célidée assiste aux récits que font Hylas et Florice, bien qu'elle ne soit pas nommée. « Nous avons eu le plaisir des Amours de Hylas », dit-elle à Galathée (III, 11, 452 recto).

À Montverdun, Galathée cherche à savoir ce que Célidée pense des bergères du Lignon (III, 11, 450 verso). La jeune femme dit tout le bien possible d'Alexis, d'Adamas et d'Hylas. Elle explique aussi le jugement de Diane (III, 11, 452 verso) et décrit Daphnide et Alcidon (III, 11, 453 recto).

Damon d'Aquitaine, qui a assisté aux récits de Célidée, demande à Galathée quel malheur a déformé le visage de la jeune femme. En racontant brièvement l'aventure, la nymphe fait l'éloge de la bergère et de tous les bergers de la région (III, 11, 453 verso). Comme Damon propose un traitement pour les blessures, Galathée appelle Célidée. Le chevalier lui apprend l'existence de « l'unguent de la Sympathie η » (III, 11, 454 recto). Il suffit que Thamire porte un bois couvert du sang des blessures à un mire en Afrique. Célidée ne tient pas à retrouver la beauté à ce prix. Elle n'acceptera ce traitement que si Thamire y tient absolument. Elle déclare : « Je voudrois mesme me pouvoir rendre invisible pour n'estre jamais veuë que de luy » (III, 11, 455 recto). Thamire désire rendre à Célidée ce qu'elle a sacrifié pour lui. Il veut aller en Afrique. Célidée refuse cette longue et périlleuse absence : Tu veux « acheter ton plaisir à mes despens », demande-telle (III, 11, 456 verso). Damon, compatissant, va inviter le mire à venir (III, 11, 457 recto).

Hylas espère que Calidon va s'affranchir de l'amour d'Astrée comme il s'est affranchi de celui de Célidée (III, 11, 471 recto) ; Calidon répond qu'Astrée, elle, n'a pas perdu sa beauté.

3
Celion Présent dans : I
Première mention : I, 2, 35 recto.

Caractéristiques : Céladon dit : Le « sage Celion, qui mourut assez jeune » (I, 10, 323 verso) ; « Cet honneste Berger » (I, 10, 326 verso).

Remarque sur le nom : Il vaut mieux ne pas mettre un accent sur le e de Celion. Dans la cinquième partie de L'Astrée, Baro imagine que la reconnaissance du fils de Celion (Paris alias Ergaste) se fait grâce à un lion gravé sur une agate avec « ces mots : comme né de ce lyon » (Éd. Vaganay, V, 12, p. 525).

Nommé dans : Histoire d'Alcippe, racontée par Céladon ;
Histoire de Diane, racontée par Diane ;
Histoire de Celion et Bellinde, racontée par Céladon.

Berger du Lignon. Frère de Diamis. Ami d'Ergaste. Époux de Bellinde. Père de Diane et d'Ergaste (junior).

Relations

Dans l'Histoire d'Alcippe, Céladon raconte aux nymphes que son père, Alcippe, dans sa jeunesse, a vu Celion et Bellinde contempler des tourterelles (I, 2, 35 recto).

Dans l'Histoire de Diane, la bergère dit à Astrée et Phillis qu'elle est née après la mort de son père, Celion (I, 6, 159 recto).

À sa demande, Céladon raconte à la nymphe Silvie l'histoire des parents de Diane (I, 10, 323 verso).

Histoire de Celion et Bellinde

Celion tombe amoureux de Bellinde quand elle lui rend une de ses brebis. Les jeunes gens s'aiment, mais Bellinde ne veut pas que Celion la demande en mariage. Elle veut l'aimer comme un frère.

Amaranthe, une amie de Bellinde, tombe amoureuse de Celion et le lui écrit. Elle tombe malade quand le jeune homme lui répond qu'il aime ailleurs. Bellinde va rendre visite à sa compagne. Celle-ci avoue son amour pour Celion.

Bellinde a « honte oyant ce discours, de l'erreur de sa compagne » (I, 10, 330 recto), mais demande quand même à Celion de servir Amaranthe. Le berger refuse. Bellinde menace de ne plus jamais le revoir. Celion, désespéré, vit dans les bois pendant quelques jours. Un vieux berger lui conseille de faire semblant d'aimer Amaranthe. Celion feint donc d'aimer la bergère. Quand son père s'entend avec le père d'Amaranthe pour marier les jeunes gens, Celion refuse, expliquant qu'il apprécie la jeune fille comme maîtresse mais non comme épouse. Perdue de réputation, Amaranthe épouse le premier homme qui la demande en mariage.

Pendant ce temps, Philémon, le père de Bellinde, accorde la main de sa fille à Ergaste. Bellinde et Celion sont désespérés. Bellinde reconnaît qu'elle aime le berger et qu'elle « esliroi[t] plutost d'espouser le tombeau » qu'Ergaste (I, 10, 337 verso), mais elle est décidée à obéir à son père. Celion se réfugie dans les bois. Bellinde lui accorde un dernier rendez-vous. Pour protéger sa réputation d'honnêteté, elle lui demande de s'éloigner du hameau pour que personne n'entende ses plaintes.

Ergaste surprend cette dernière conversation des jeunes gens. Lorsque Celion s'en va, Ergaste parle à Bellinde et lui rend sa liberté en lui demandant de le traiter comme un frère.

Diamis, le frère de Celion, part avec Ergaste pour retrouver le berger et le ramener. Celion est alors tenté de tuer Ergaste, mais Diamis lui révèle la générosité de son rival.

Celion et Bellinde se marient et donnent à leur premier enfant le nom d'Ergaste. Celui-ci en effet, décidé à ne jamais prendre femme, est devenu l'ami du couple.

Des étrangers pillent la province et enlèvent le petit Ergaste. Quelques années après, Bellinde met au monde Diane. Mais Celion est alors mort, et son ami Ergaste aussi.



1
Cesar Présent dans : I, III Première mention : I, 2, 29 verso.
Personnage anonyme.

César est, comme Pétrarque, un prestigieux homme de lettres italien qui apparaît d'abord dans L'Astrée à travers une périphrase au cœur de récits qui semblent légendaires, voire fantastiques.
Figures bénéfiques, les deux personnages ont effectivement contrôlé les eaux sur leurs terres lors de leur séjour en France.

Personnage historique : Jules César. Caius Julius Caesar. Général et homme d'État romain. ~101 - ~44. Il entreprit la conquête de la Gaule ~58. Ses Commentaires de la Guerre des Gaules sont des modèles de langue latine. La traduction qu'en a donné VigenÈre a connu de multiples éditions ; ses illustrations se trouvent dans ce site (20 avril 2015).
Honoré d'Urfé connaissait certainement La Vie de César de Plutarque : « En moins de dix ans qu'a duré sa guerre dans les Gaules, il a pris d'assaut plus de huit cents villes, il a soumis trois cents nations différentes, et combattu, en plusieurs batailles rangées, contre trois millions d'ennemis, dont il en a tué un million, et fait autant de prisonniers ».
L'ambition du vainqueur des Gaules est résumée dans une phrase inoubliable : César désirait arrondir l'empire romain et lui donner de tous côtés pour borne l'océan.
SuÉtone, moins indulgent que Plutarque, rapporte ces vers chantés en Gaule par les soldats de César :
    « Citoyens, surveillez vos femmes : nous amenons un 
      adultère chauve.
      Tu as forniqué en Gaule avec l'or emprunté à Rome »
(César, 51)

Caractéristique : « Un estranger Romain, qui en dix ans conquit toutes les Gaules » (I, 2, 29 verso).


César n'est jamais nommé dans la première partie.

Il est le « conquéreur » en 1607, et un « estranger Romain »
en 1621 I, 2, 29 verso.

Galathée raconte à Céladon que les druides ont expliqué à Pimandre, son père, que Jules César avait conquis et asséché la région qu'il a nommée Forez, et où il a donné son nom à la ville de Jullieux.

« Pure fable », dit Anne d'Urfé du rôle qu'Honoré d'Urfé, son frère, donne à Jules César, puisque l'information n'est pas dans les Commentaires de César
(cité par Gaume, p. 47).

Claude d'Urfé, grand-père d'Honoré et d'Anne, possédait un manuscrit du XVe siècle intitulé Histoire des gestes et grans proesses de Jules Cesar (Longeon, p. 147).

Dans Les Epistres morales, Honoré d'Urfé dit son admiration pour Jules César, cœur généreux
(I, 17, p. 152).

Voir Galerie des portraits et Pleins feux.

1
Cesar Présent dans : I, III

Première mention : III, 3, 58 recto.

Personnage historique : « Aussi le péril extrême auquel il fut exposé devant Alésia lui acquit, à plus d'un titre, la gloire la mieux méritée ; c'est de tous ses exploits celui où il montra le plus d'audace et le plus d'habileté » (Plutarque, Vie de César).

Remarque sur le nom : C'est de César que viennent Tsar et Kaiser.

Caractéristique : « Grand Cesar » (III, 3, 58 recto)

Nommé dans : la description de la galerie d'Adamas.


La statue de César se trouve dans la galerie du druide, à côté de cartes signalant l'emplacement de ses batailles, et même l'emplacement de « l'espouvantable siege d'Alexia » (III, 3, 59 verso).

3
Chevalier barbare Présent dans : I
Personnage anonyme.

Première mention : I, 6, 188 verso.

Caractéristique : « Un ennemy qui n'estoit au monde que pour estre cause de mes eternelles larmes », dit Diane (I, 7, 193 recto).

Nommé dans : Histoire de Diane, racontée par Diane.

Filandre l'appelle « Chevalier » ; Diane l'appelle « ce Barbare ».

Relations

Diane raconte ses « jeunesses » à Astrée et Phillis. Elle ne sait pas que Léonide l'entend (I, 6, 158 recto).

Histoire de Diane

Cet homme, noir et laid, monté sur un cheval, veut embrasser Diane qu'il voit endormie (I, 6, 188 verso).

La bergère expliquera plus loin que cet homme vient de pays barbares, par delà les Colonnes d'Hercule, et qu'il prétend défendre la beauté de sa maîtresse (I, 7, 193 recto).

Comment Diane a-t-elle appris cela ?

La jeune fille s'enfuit et appelle au secours. Filidas accourt. Le chevalier lui coupe un bras et la tue (I, 6, 189 recto).

Filandre survient, atteint le chevalier à la tête avec une pierre de sa fronde puis le transperce avec sa houlette. Le chevalier barbare meurt (I, 6, 190 recto). Filandre aussi.


1
Chevalier du Tygre Présent dans : II, III
Personnage anonyme dont le nom sera donné dans la troisième partie : Chevalier du Tigre (III, 6, 253 verso).

Première mention : II, 6, 407.

Caractéristique : « La marque qui estoit en son escu [...] un tygre qui se repaissoit d'un cœur humain : avec ces mots. TU ME DONNES LA MORT, ET JE SOUSTIENS TA VIE » (II, 6, 412).

Nommé dans :  Histoire de Damon et de Madonthe, racontée par Madonthe à Diane, Astrée, Phillis et Laonice.


Madonthe raconte aux bergères :

Histoire de Damon et de Madonthe

La jeune fille est accusée par Lériane d'avoir fauté avec Tersandre. La preuve de la culpabilité doit se faire par les armes. Les chevaliers de la Cour considèrent que Madonthe leur a préféré Tersandre ; ils ne la soutiennent pas (II, 6, 405). Tersandre lui-même ne peut se battre que pour sa propre cause (II, 6, 405). Il affronte les deux cousins de Lériane (II, 6, 405). Il est blessé et sans force, lorsqu'un chevalier inconnu survient (II, 6, 407) et tue les cousins de Lériane (II, 6, 408).

Madonthe demande au chevalier de se nommer et de l'accompagner chez elle. Le chevalier refuse de se nommer (II, 6, 409), mais accepte de l'escorter. Il l'attendra au Mont-d'or et gardera les mêmes armes, celles du Chevalier du tigre (II, 6, 412). Madonthe avoue que depuis elle est « amoureuse d'un visage armé » (II, 6, 413). Pourtant, quand elle s'est rendue au Mont-d'or avec sa nourrice et Tersandre, le Chevalier n'y était pas.


2
Chevalier du Tygre Présent dans : II, III
Première mention :  III, 1, 15 recto (présent) ; III, 12, 494 verso (nommé).

Caractéristique : Surnom que se donne Damon d'Aquitaine.

Décrit dans : Suitte de l'histoire de Damon et de Madonthe racontée par Damon.


Damon parvient sans le savoir en Forez. Quand Paris le voit, le romancier décrit une armure noire lamentable et un écu blanc décoré d'un tigre dévorant un cœur (III, 1, 15 recto).

Argantée reconnaît à ses armes que ce chevalier est étranger (III, 6, 221 verso). Il le défie. Les deux hommes se battent pendant plus d'une demi-heure. Damon est victorieux.

Le chevalier raconte son histoire à Galathée et à ses nymphes (III, 6, 233 recto).

Suitte de l'histoire de Damon et de Madonthe

Quand Damon entend parler du scandale de la Dame célibataire qui a eu un enfant, il pressent qu'il s'agit de Madonthe et de Tersandre (III, 6, 250 recto). Bien qu'il pense Madonthe coupable, Damon l'aime trop pour ne pas soutenir sa cause. Il adopte des armes noires. Dans l'écu blanc, un tigre dévore un cœur « avec ce mot TU ME DONNES LA MORT, ET JE SOUSTIENS TA VIE » (III, 6, 253 verso).

Le chevalier arrive à point nommé dans la ville des Tectosages pour prouver par les armes l'innocence de Madonthe (III, 6, 254 recto). Victorieux, il ne se nomme pas, parce qu'il attend de savoir si la jeune femme a aimé Tersandre.

Tersandre et Madonthe, croyant éviter le chevalier étranger décrit par Paris, arrivent dans la plaine de Montverdun au moment où ce chevalier qui n'est autre que Damon se bat contre des chevaliers de Polémas (III, 12, 492 verso). Bien qu'habillé en berger, Tersandre se saisit de l'épée d'un des vaincus pour secourir l'étranger agressé maintenant par plusieurs soldats. Mortellement blessé, Tersandre tombe à terre. À l'article de la mort, il se soucie du destin de sa compagne qu'il aurait voulu remettre entre les mains du Chevalier du Tigre (III, 12, 494 verso). Damon s'approche du blessé et doute de ce qu'il voit. Comme son écu est par terre, Tersandre aperçoit l'insigne du Chevalier du Tigre. Il s'écrie que Tersandre se réjouit de pouvoir remettre Madonthe « entre les mains de celuy à qui son aveugle affection l'a donnee » (III, 12, 495 verso), c'est à dire au Chevalier du Tigre. En entendant ces noms, Damon reconnaît sa maîtresse et son compagnon.

Madonthe accourt et embrasse Damon, puis le remercie de l'avoir sauvée sous l'armure du Chevalier du Tigre (III, 12, 497 verso). Madonthe justifie toutes ses actions en quelques mots : lorsqu'elle cherchait le Chevalier du Tigre, elle cherchait Damon (III, 12, 498 verso). En racontant son histoire, elle se réjouit du secours que lui a apporté le Chevalier du Tigre. Un pressentiment, affirme-t-elle, lui a inspiré « une certaine affection qui n'estoit pas commune » pour ce chevalier inconnu (III, 12, 502 verso).

3
Chevalier triste Présent dans : I
Surnom que se donne Mélandre travestie. Voir Mélandre.
1
Childeric Présent dans : I, II, III
Première mention : I, 3, 63 verso.

Personnage historique : 436 - 481. Fils de Mérovée, le roi des Francs. Règne en 458, se retire en 461.

Caractéristique : « Prince belliqueux, et de grande esperance », dit Guyemant (I, 3, 63 verso).

Nommé dans : Histoire de Silvie, racontée par Léonide ;
Histoire de Ligdamon, racontée par Égide ;
Histoire de Lydias et de Melandre, racontée par Amasis.


À Isoure, Léonide inclut le récit de Guyemant dans sa narration :

Histoire de Silvie

Le chevalier dit à Amasis et à sa cour que Childéric le traite en ami (I, 3, 64 verso).

À Isoure, Fleurial rapporte aux nymphes des nouvelles que lui a apprises un envoyé de Lindamor : Childéric estime Lindamor (I, 11, 351 verso).

À Isoure, Égide dit aux nymphes et à Céladon :

À Isoure, Amasis rapporte à Galathée et à Adamas :

Histoire de Lydias et de Melandre

Childéric, par amitié pour Clidaman, intercède pour libérer Mélandre sans rançon (I, 12, 391 verso).


1
Childeric Présent dans : I, II, III
Première mention : II, 10, 657.

Personnage historique : Childéric Ier. « Ce Prince estoit vaillant et courageux : mais subjet à l'amour et paillardise » (Fauchet, f° 98 verso). Du Haillan est bien plus sévère en décrivant Childéric et « son naturel du tout enclin au vice ». « Dés qu'il fut Roy, son plus grand estude fut de prendre par force les femmes et les filles de ses subjets ». Il « n'avoit au tour de sa personne pour conseillers que des jeunes hommes voluptueux, et d'autres qui luy conseilloient les exactions et tyrannies » (p. 25).

Nommé dans : Suitte de l'Histoire de Lindamor, racontée par Silvie à Léonide.

Fils de Mérovée, roi des Francs.


Histoire de Lindamor

Childéric a succédé à Mérovée. Il a pour amis Clidaman, Lindamor et surtout Guyemant (II, 10, 657).

Voir Galerie des portraits.

2
Childeric Présent dans : I, II, III

Première mention : III, 3, 59 recto.

Personnage historique : Du Haillan raconte les mésaventures de Childéric dans De l'Estat et succez des affaires de France : Le peuple chasse ce Roi « n'estant chose au monde qui plus anime et irrite les hommes de grand cœur à conjurer contre leurs Princes, que le violement de leurs femmes [...] Dont il fust contrainct se sauver vers Basin Roy de Thuringe [...] par le conseil d'un sien fidelle serviteur nommé Guyemans, qui luy conseilla de se retirer de la France. [...] Rompant une piece d'or, luy en bailla la moitié, luy disant, que quand il luy envoieroit l'autre moitié qu'il retenoit, ce seroit signe qu'il pourroit revenir » (p. 25).

Caractéristique : Childéric et sa suite « sembloient les femmes des hommes qu'ils souloient estre » (III, 12, 508 recto).

Nommé dans : la description de la galerie d'Adamas et dans l'Histoire de Childeric, de Silviane, et d'Andrimarte racontée par un chevalier de Lindamor.

Fils de Mérovée, élu roi des Francs.

silviane


Après l'édition de 1619, dans la galerie du druide, à côté de la carte de la seconde Belgique, figurent les portraits des quatre premiers chefs Francs, Pharamond, Clodion, Mérovée et Childéric sans couronne
(III, 3, 59 recto).

À Montverdun, en grand secret, un messager d'Amasis apprend à Galathée que Childéric a dû s'exiler (III, 11, 460 verso).

Chez Adamas, Amasis prie le chevalier de Lindamor de répéter les nouvelles qu'il apporte, qui lient le sort des seigneurs foréziens à celui de Childéric et de Guyemant (III, 12, 506 recto).

Histoire de Childeric, de Silviane, et d'Andrimarte

Childéric est le fils unique de Mérovée et de Méthine. Il est élu roi des Francs à la mort de son père, et couronné à Soissons (III, 12, 507 recto). Peu après, il se laisse aller à la mollesse. Avec son ami, Guyemant, Clidaman et Lindamor souffrent « aupres de ce Prince ensevely dans ses delices et dans ses voluptez » (III, 12, 508 verso). Lindamor souhaite abandonner ce prince indigne, mais Clidaman suit plutôt les habiles recommandations de Guyemant : les Foréziens ne quitteront pas la Cour (III, 12, 508 verso).

Le narrateur passe aux événements antérieurs qui expliquent la situation présente.

Plusieurs jeunes gens ont grandi dans la Cour de Mérovée, auprès de Childéric, pour rendre les Francs plus sensibles aux valeurs des Gaulois (III, 12, 509 recto). L'un d'entre eux, Andrimarte, tombe amoureux de Silviane, petite-fille du Duc de la Gaule Armorique. Childéric les sépare d'abord par jeu (III, 12, 513 recto), ensuite sciemment. Il est en effet tombé amoureux de la jeune fille depuis qu'il l'a vue déguisée lors des Bacchanales (III, 12, 516 verso). Childéric cache ses sentiment pour ne pas mécontenter Mérovée. Comme « il n'avoit ny contentement ny repos, que quand il estoit aupres d'elle » (III, 12, 517 recto), il fait faire son portrait secrètement, puis le lui montre. Immédiatement, Silviane jette au feu sa « ressemblance » (III, 12, 518 recto). Elle est obligée d'accepter qu'un autre artiste la peigne, mais elle tient à ce que la reine Méthine donne son autorisation. Le Prince essaie de gagner la jeune fille et compose un sonnet condamnant le peintre audacieux (III, 12, 519 recto). Un jour, la voyant chanter en public, incapable de se contrôler, il lui prend la tête et l'embrasse. C'est en vain qu'il compose un nouveau poème pour se faire pardonner en proposant de lui rendre le baiser qu'il a volé (III, 12, 519 verso). Silviane autorise Andrimarte à la demander en mariage « pour sortir de la tyrannie de Childeric » (III, 12, 520 recto).
Quand Andrimarte obtient que Mérovée l'adoube, Childéric espère que le nouveau chevalier partira à la guerre et que lui-même pourra gagner Silviane. Il est furieux de constater que la jeune fille ceint l'épée d'Andrimarte au vu et au su de tous. Il proteste. Mérovée intervient pour faire taire son fils.
Andrimarte passe six ans dans les armées. Childéric est jaloux de ses victoires (III, 12, 524 recto). Le Prince lui-même est à la guerre avec son père lorsqu'il apprend que le grand-père de Silviane a consenti au mariage de sa fille et d'Andrimarte. Childéric s'adresse à Mérovée prétendant que ce chevalier est trop bas placé pour épouser la fille du Duc de la Gaule Armorique. Le Roi fait de violents reproches à ce fils qui couvre son « vice sous le voile de la vertu » (III, 12, 527 verso). Childéric, dit Mérovée, n'est pas assez fou pour vouloir épouser Silviane, il veut seulement la déshonorer. S'il ne change pas ses façons de faire, il perdra la couronne qu'il mérite peu (III, 12, 529 recto). Childéric essaie en vain de se disculper.
Andrimarte et Silviane vont se marier au grand dam de Childéric. Le Prince tente de dissuader la jeune fille.

Dans l'édition de 1619, selon Childéric, Andrimarte, pourrait, comme d'autres de sa race, tromper son épouse (III, 12, 533 recto).
Cette insulte est supprimée dans les éditions suivantes.

Childéric s'enhardit jusqu'à parler d'amour à Silviane. La jeune fille lui répond que Mérovée l'a donnée à Andrimarte et que le Prince ne contredirait pas son père. Childéric réplique qu'il s'opposerait à Tautatès même (III, 12, 533 verso). Il conclut la conversation par des menaces qu'il ne tente pas de voiler.
Silviane ne répète pas ce discours à Andrimarte. Les jeunes gens vont se contenter de quitter la Cour pour s'éloigner de « la tyrannie du jeune Childéric » (III, 12, 534 verso).

Dans ce récit, onze fois, tyran et tyrannie renvoient à Childéric.

Le mariage se fait. Peu après, Mérovée meurt (III, 12, 534 verso). Childéric est élu. Méthine quitte Paris et se retire dans la ville des Remois pour ne plus voir les actions de Childéric (III, 12, 536 recto). Andrimarte, lui, pour soutenir le jeune roi, retarde son départ et celui de son épouse. Mais Childéric éloigne Andrimarte, prétendant qu'il s'agit d'un voyage nécessaire. Silviane ne réussit pas à dissuader son mari de partir. Il décide qu'elle logera chez son serviteur, Andrenic. Si jamais Childéric tentait de venir là où il croit trouver Silviane, déclare Andrimarte, à son retour il « luy raviroi[t] l'ame du corps » (III, 12, 538 recto).
Les pressentiments de Silviane se réalisent. La jeune femme se travestit et s'arme, car elle prévoit violence et insolence de la part de Childéric. Avec la femme d'Andrenic, elle va à la rencontre d'Andrimarte pour le mettre en garde. Childéric en fait entre dans la maison d'Andrimarte et puis même dans celle d'Andrenic (III, 12, 541 verso).
L'écuyer qui escorte les fugitives revient leur dire que Childéric, « ce Tyran », a saccagé les deux maisons (III, 12, 542 verso) et laissé « toutes les filles et les femmes eschevelees, et deschirees par de si grandes violences » (III, 12, 544 recto). Le peuple, prévenu par l'écuyer d'Andrimarte, se soulève.

Le narrateur s'interrompt pour changer de point de vue : il va raconter ce qui se passe autour de Childéric (III, 12, 544 verso).

Clidaman et Lindamor accompagnent Childéric, mais sauvent la vie d'Andrenic (III, 12, 545 recto). Les mutins entourent le Roi. Les chevaliers foréziens, blessés, réussissent à ramener le Roi au Palais. Guyemant les reçoit. Lindamor lui reproche la mort de Clidaman. Le Prince perd la vie en disant à Guyemant qu'il reste le serviteur de Childéric et qu'il lui conseille de changer de vie (III, 12, 545 verso). Le peuple pleure ce seigneur parce qu'il ne soutenait pas les violences de Childéric. Pendant ce temps, druides, chevaliers et peuple investissent le Palais Royal. Lindamor conseille à Childéric de résister et de mourir en Roi (III, 12, 547 recto), alors que Guyemant recommande la fuite en Thuringe (III, 12, 547 verso). Childéric est déclaré publiquement tyran et remplacé par Gillon. Childéric et Guyemant se partagent une pièce d'or qui doit servir de signe entre eux. C'est une médaille portant l'emblème et la devise de ce Prince affligé, « Romps η les destins contraires » (III, 12, 548 recto).
Childéric se déguise pour quitter la ville de nuit et en secret. Il demande à Lindamor de l'escorter bien qu'il soit blessé. Au retour, le chevalier s'arrête auprès de la reine Méthine, dans la ville des Remois, pour se faire soigner, prévenir Amasis, et rapporter à Andrimarte la faute et la punition de Childéric. Le chevalier, qui a retrouvé Silviane, décide de se retirer avec elle en Gaule Armorique. Il n'est pas loin « de pardonner cette faute à Childeric, qu'il excusoit en quelque sorte, considerant l'extreme beauté de Silviane » (III, 12, 548 recto).

Childéric prononce des vers
(III, 12, 519 recto ;
III, 12, 519 verso).

Amasis recommande que l'on garde secrets les accidents arrivés aux Foréziens et à Childéric (III, 12, 548 verso).

• Voir un anneau de Childéric découvert à Tournai dans ce site (2 mars 2014).

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Chilperic Présent dans : III

Première mention : III, 3, 59 verso.

Personnage historique : Fils de Gondioc, roi des Bourguignons. Mort en 486. Père de Clotilde. « Gombaut [...] fit couper la teste à Chilperic » (Fauchet, p. 112).

Caractéristique : Frère de Gondebaud.

Nommé dans : la description de la galerie d'Adamas.


Les noms des Bourguignons ont été ajoutés après l'édition de 1619.

3
Chirurgien Présent dans : II
Première mention : II, 12, 869.

Caractéristique : « Vieux et sage Chirurgien » (II, 12, 869).

Nommé dans : Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace, racontée par Ursace, puis répétée par Silvandre à Léonide, Adamas, Alexis, et un groupe de bergers.


Silvandre rapporte puis complète le récit d'Ursace.

Histoire d'Eudoxe

En Italie, le Chirurgien qui soigne Olimbre, voyant le désespoir des jeunes gens conseille à Ursace et Olimbre de s'adresser au Conseil des Six-Cents avant de se tuer (II, 12, 871). Lui-même, âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, compte se rendre à Marseille pour demander la permission de mourir (II, 12, 872).

Le bateau où se trouve le vieillard avec Ursace et Olimbre fait naufrage (II, 12, 769).

Les deux filles du vieux Chirurgien sont sauvées par Silvandre (II, 12, 770).

Quand on retrouve sur la plage le corps du vieillard (II, 12, 883), Silvandre compose son épitaphe (II, 12, 884). Les deux filles retournent en Italie avec les dons que leur font Ursace et Olimbre.


2
Chrisante Présente dans : II, III
Première mention : II, 2, 111. Écrit aussi Chrysante.

Caractéristique : « La venerable Chrysante », dit Léonide (II, 8, 554). 

Remarque sur le nom : Saint Chrysanthe η était le fils d'un sénateur romain au IIIe siècle. Quand il a voulu se convertir au christianisme, une vestale, engagée par son père, a tenté de le séduire. Chrysanthe convertit la vestale (Voir ce site, 30 septembre 2010).

Auditrice : Histoire de Doris, et Palemon, racontée par les trois protagonistes.

Supérieure de Vestales et de druides au temple de la Bonne Déesse à Bonlieu.


Chrisante est étroitement associée au temple de Bonlieu (II, 2, 111). Elle pourrait y recevoir les Bergères qui se sont égarées en suivant Silvandre (II, 5, 318).

Parce que Chrisante a beaucoup d'amitié pour Astrée (II, 8, 538), c'est cette Bergère qui se rend à Bonlieu demander de l'aide. Les Bergers ont en effet décidé d'ériger un vain tombeau à Céladon.

Chrisante va assister aux funérailles avec « l'une des ses filles » (II, 8, 549). Il y a pourtant plusieurs druides avec elle lorsque la petite troupe survient avec les objets et les animaux nécessaires (II, 8, 549).

Palémon, Doris et Adraste ont rejoint les gens du hameau. Chrisante va donc écouter leur différend avec Léonide (II, 8, 553). Auparavant, elle rencontre les dames lyonnaises, Palinice, Florice et Circène (II, 9, 558).

Doris (II, 9, 562) et Adraste (II, 9, 586) adressent leurs discours à Chrisante et Léonide, alors que Palémon ne nomme que la nymphe (II, 9, 573). Léonide délibère avec Chrisante et quelques bergères (II, 9, 593), mais prononce seule la sentence.

La nymphe empêche Hylas d'expliquer son opinion pour que Chrisante puisse rentrer à Bonlieu (II, 9, 615).
Les deux femmes se retirent ensemble (II, 9, 616).
Léonide quitte Chrisante à Bonlieu (II, 10, 617).

Lycidas dit à Léonide qu'Astrée l'a chargé de parler secrètement à Chrisante : la bergère désire devenir druide (II, 11, 713).

Le silence de Chrisante est frappant.

2
Chrisante Présente dans : II, III
Première mention : III, 1, 11 recto. Écrit aussi Chrysante et Crysante.

Caractéristique : « La venerable Chrisante » (III, 1, 22 verso), dit l'auteur.


À Bonlieu, Chrisante attend les bergers pour les inviter à déjeuner puis aller avec eux chez Adamas (III, 1, 11 recto). Dès qu'elle les aperçoit, elle va vers eux (III, 1, 26 verso).

Dans le temple de la Bonne Déesse, Chrisante est secondée par Maxime qui s'occupe plus particulièrement des Vestales (III, 2, 27 recto). Chrisante invite les bergères à assister aux sacrifices matinaux.

Après l'édition de 1619, Chrisante ajoute que la déesse a banni les hommes de ses temples
(III, 2, 28 verso).

Chrisante explique que c'est pour que les femmes prient sans être diverties. Elle n'apprécie pas les protestations d'Hylas (III, 2, 29 recto). Elle assiste aux sacrifices faits à la déesse Vesta par respect pour « l'authorité Romaine » (III, 2, 31 verso). Après le repas, Chrisante converse avec ses invités, mais Hylas, pressé de repartir, l'interrompt. À ce moment, un messager d'Amasis, annonce l'arrivée de la dame du Forez (III, 2, 32 recto). Chrisante ne pourra donc pas accompagner les bergers chez Adamas.

À Montverdun, Cléontine dit à Galathée que Chrisante doit se rendre chez le druide (III, 6, 230 recto). Le messager revient annoncer qu'il a vu les bergers chez Chrisante (III, 6, 259 recto).

Diane rappelle à Hylas la remarque de Chrisante sur la présence des hommes dans les temples (III, 7, 277 recto).

Adamas et les bergers passent par Bonlieu pour aller faire le sacrifice d'action de grâces. Chrisante vient à leur rencontre. Quand on lui présente la feinte Alexis, elle l'embrasse, « et les vierges Druydes en firent de mesme » (III, 9, 368 verso). Chrisante raconte à Adamas qu'Argantée a été tué et qu'un lion de la la fontaine de la Vérité d'amour η est arrivé sur le lieu du combat.

Chrisante se trompe quand elle affirme que Polémas était présent
(III, 9, 368 verso).

Chrisante ne peut pas assister au sacrifice avec le druide et les bergers parce qu'elle attend l'arrivée des dames du Forez (III, 9, 370 verso).

Chrisante reçoit Galathée et hâte le service religieux et le repas. Elle confirme que les bêtes immolées pour le public ont donné de mauvais augures (III, 11, 462 recto).

3
Circene Présente dans : I, II, III
Première mention : I, 8, 260 verso. Écrit aussi Cyrcene.

Caractéristique : « Une des plus belles filles qui demeure le long des rives de l'Arar » (I, 8, 260 verso), dit la Dame anonyme qui répond à la question que pose Hylas.

Remarque sur le nom : Deux personnages feront plus tard du nom de Circène un amalgame de Circé et de Sirène (Henein, p. 119). La mythologie connaît une « Cyrène », une nymphe capable de dompter un lion. Elle séduit Apollon, mais elle ne lui est pas fidèle.

Nommée dans : Histoire de Hylas, racontée par Hylas.

Jeune fille qui demeure à Lyon.

Relations

Une fois à Lyon, Hylas rencontre des femmes dont il ne précise pas le statut social. Il raconte aux bergers, à Diane et à Paris :

Histoire de Hylas

Dans le temple de Vénus, pendant la nuit, Hylas entend chanter une jeune fille qu'il ne connaît pas. « Aussi tost que je la veis, je l'aymay », dit le jeune homme (I, 8, 260 verso).

Cette jeune fille se nomme Circène, lui dit une Dame.


La femme qui dans le temple répond à la question d'Hylas est une Bergère dans l'édition anonyme de 1607,
mais une Dame en 1621
(I, 8, 260 verso).

Dans la suite de l'Histoire de Parthenopé, Florice et Dorinde, cette dame se nommera Palinice.

1
Circene Présente dans : I, II, III
Première mention : II, 3, 164 ; II, 3, 170 (nommée). Écrit aussi Cyrcène, Cyrcéne.

Caractéristique : « Sa beauté estant telle, qu'il est impossible qu'elle soit veuë sans qu'on n'en demande le nom, et que l'Amour n'en engrave en mesme temps le visage bien avant dans le cœur » (II, 3, 174), dit Clorian, amoureux d'elle. Elle a la voix « douce », dit le romancier (II, 3, 165).

Remarque sur le nom : Comme le montrent les devises choisies par Hylas et Clorian, Circène réunit le nom de Circé, une magicienne, à celui des Sirènes (II, 4, 201). Les deux mythes figurent dans les aventures d'Ulysse.

Auditrice : Histoire de Palinice et de Circène, racontée par Florice à Paris ;
Histoire de Parthenopé, Florice et Dorinde, racontée par Hylas ;
Histoire de Doris et Palémon, racontée par Doris.

Dame lyonnaise déguisée en bergère. Compagne de Palinice, Florice et Dorinde.

Hylas4

Astrée et ses compagnons voient de loin Paris avec trois bergères inconnues (II, 3, 164) dont l'une chante un madrigal. Il s'agit de Circène. Seul Hylas reconnaît les jeunes femmes, mais il ne se montre pas (II, 3, 165). Paris chante une chanson où il nomme l'inconstant. Les étrangères lui posent des questions sur Hylas. L'une d'entre elles, Florice, lui raconte alors les aventures d'Hylas à Lyon (II, 3, 168) :

Histoire de Palinice et de Circène

Hylas, sorti du temple grâce à une veuve nommée Palinice, fréquente le frère de cette femme, Clorian. Clorian aime Circène sans oser le lui dire (II, 3, 170). La jeune fille est trop jeune pour le remarquer, mais Hylas le découvre. Circène est alors absente. Elle est partie voir son père malade dans une ville du « pays des Sebusiens » (II, 3, 171). Clorian, du haut de sa maison, regarde dans cette direction et chante sa peine : il souhaite que le vent porte à Circène ses « amoureuses plaintes » et lui rapporte son haleine (II, 3, 173).

Hylas surprend son ami et reçoit ses confidences. Le nom de Circène évoque un vague souvenir à l'inconstant ; Hylas ne sait pas que Circène est la chanteuse qu'il a entendue dans le temple le jour de son arrivée à Lyon, alors qu'on fêtait Vénus (II, 3, 175). Hylas conseille à son ami de déclarer ses sentiments à la jeune fille (II, 3, 176).

Hylas deviendra le messager de Clorian auprès de Circène qui revient à Lyon, portant le deuil de son père (II, 3, 178).

Florice explique que Clorian a répété ces discours à sa sœur, et que Palinice les lui a rapportés (II, 3, 177).

Hylas voit Circène au temple, en devient amoureux, le lui dit, et lui raconte leur première rencontre (II, 3, 179). Circène ne reconnaît pas cet étranger et se rapproche de sa mère (II, 3, 181). Avec le temps, Hylas a ses entrées auprès de Palinice et de Circène. Un jour il rencontre Florice.

Hylas se montre à ce moment et coupe la parole à la narratrice (II, 3, 181). Quand il accuse Florice d'ingratitude, Circène lui répond qu'il est un mauvais laboureur qui choisit mal les graines et la saison (II, 3, 182). Il réplique qu'elle a autant de beauté que de dédain. L'arrivée des bergers interrompt le débat.

Astrée et Diane offrent leurs services aux étrangères. Florice répond qu'un Dieu leur a défendu de dire pourquoi elles ont voyagé (II, 4, 184). Hylas abandonne Circène, Florice et Palinice pour courir vers Phillis (II, 4, 188). À la demande de la bergère (II, 4, 191), l'inconstant raconte la suite de ses amours (II, 4, 193) :

Histoire de Parthenopé, Florice et Dorinde

Aussitôt qu'Hylas voit Circène, l'amitié cède la place à l'amour : il ne lui parle pas pour Clorian, mais pour lui-même (II, 4, 196). Circène lui rend son amour. Elle lui explique que, pour plaire à sa mère, elle feint d'aimer Clorian, un fort bon parti. Hylas lui découvre qu'il était supposé lui dire les sentiments de Clorian (II, 4, 198). Encouragé par Hylas, Clorian s'adresse à Circène. La jeune fille s'entend avec Hylas pour tromper et sa mère et Clorian (II, 4, 199).

Pendant les Bacchanales, Hylas et Clorian participent à un tournoi. Sur leurs armes se trouvent des devises qui présentent le nom de Circène. Clorian fait peindre « une Cyrcé, avec le visage de Cyrcéne, qui transformoit par ses breuvages les compagnons d'Ulysse en diverses sortes d'animaux, avec ce mot, L'AUTRE AVOIT MOINS DE CHARMES » (II, 4, 201). Hylas peint « une Syrène et Ulysse lié dans son vaisseau, avec ce mot. QUELS LIENS FAUDROIT-IL » (II, 4, 201).

Tous les assistants comprennent la devise de Clorian. Celle d'Hylas - plus énigmatique puisqu'elle ne montre pas le visage de Circène - se prête à des commentaires. Un vieillard explique à une jeune fille nommée Parthénopé qu'elle porte le nom d'une sirène, et que c'est donc pour elle qu'Hylas se bat (II, 4, 203). Circène, dépitée, s'éloigne de lui en appelant l'inconstant « le Chevalier de la Sirene » (II, 4, 204).

Le lendemain, au temple, Hylas remarque que Parthénopé le regarde. Il s'approche d'elle, lui parle et la raccompagne chez elle. Parthénopé lui explique pourquoi il passe pour son chevalier. Hylas tombe amoureux d'elle, et emporte son écharpe (II, 4, 206). Clorian note l'écharpe autour du cou de son ami et rapporte la chose à Circène. Le lendemain, Hylas explique à Circène la devise qu'il a choisie et ses conséquences. Circène insiste pour qu'il lui remette l'écharpe de sa rivale. Elle lui donne en échange une « beaucoup plus belle » (II, 4, 207). Le jour même, Circène donne l'écharpe de Parthénopé à un serviteur d'Hylas qu'elle charge d'une commission pour la jeune fille. Parthénopé reconnaît son écharpe. Ni elle, ni Circène ne veulent plus d'Hylas (II, 4, 208).

Palinice et ses compagnes vont aux champs en bateau. Hylas se mêle au groupe ; il fait la connaissance de Florice (II, 4, 210). Il décide de la servir en même temps que Palinice et Circène (II, 4, 212). En fait, il a perdu Circène : « ce jeune esprit ayant esté offensé, se roidit tousjours contre toutes les raisons que je luy peus dire » (II, 4, 216). Jalouse, Circène dit du mal d'Hylas à Palinice, « de qui elle avoit recogneu l'amour » (II, 4, 216). Circène cherche en vain à lui nuire auprès de Florice.

Circène et Palinice parlent à tout venant des relations d'Hylas et de Florice (II, 4, 218).

Hylas et les trois dames lyonnaises rencontrent Léonide, Chrisante, Paris et le groupe de bergers après la cérémonie du vain tombeau (II, 9, 558). Florice, Palinice et Circène écoutent en silence l'Histoire de Doris, et Palemon. (II, 9, 562).

Florice, Palinice et Circène sont dans le grand pré avec les bergères lorsqu'Hylas parle de sa visite au druide Adamas et de son nouvel amour, Alexis (II, 12, 887). L'inconstant explique qu'il choisit toujours la plus belle femme qu'il trouve. « Demandez à Florice, à Circène, à Palinice, à Madonthe, et à Laonice » (II, 12, 888), ajoute-t-il. Les dames lyonnaises ne répliquent pas.

Circène chante des vers
(II, 3, 165).

2
Circene Présente dans : I, II, III
Première mention :  III, 1, 21 recto. Écrit aussi Cyrcene.

Auditrice : Histoire de Cryseide et de Hylas racontée par Hylas et la Suitte de l'histoire de Cryseide et d'Arimant racontée par Florice.


Circène fait partie du groupe de bergers qui se rend chez Adamas (III, 1, 21 recto).

Hylas la nomme lorsqu'il annonce au druide l'arrivée d'étrangers habillés en bergers (III, 2, 45 recto).

Quand les jeunes femmes interrogent l'inconstant sur l'effet qu'elles ont eu sur lui, Circène s'entend dire :

Quand je ne vous vy qu'un peu, je vous aimay beaucoup, et quand je vous vy beaucoup je ne vous aymay que fort peu (III, 2, 50 verso).

Palinice croit-elle consoler sa compagne quand elle compare sa vue à la vue du scorpion, qui guérit la blessure qu'il cause (III, 2, 50 verso) ?

Hylas rappelle qu'il n'était plus apprenti quand il a aimé Circène et ses compagnes à Lyon (III, 5, 182 recto). Florice réplique qu'il les a aimées en même temps et qu'elles pourraient toutes les trois lui donner des leçons (III, 5, 182 verso).

L'inconstant raconte son histoire devant Circène et les dames de Lyon (III, 7, 271 verso).

Histoire de Cryseide et de Hylas

Hylas répète qu'il a aimé Circène dès qu'il l'a entrevue au temple

Circène est la seule des maîtresses de l'inconstant qui ne soit pas dotée d'un qualificatif ironique
(III, 7, 271 verso).

Il a oublié Circène et les autres dès qu'il a vu Criséide (III, 7, 273 recto).

Lorsque Silvandre nomme toutes les femmes que Hylas a aimées pour lui demander ce qu'il en pense, l'inconstant déclare que Circène « esmeut sans resoudre » (III, 9, 378 verso).

3
Clarine Présente dans : III

Première mention : III, 7, 291 verso (présente) ; III, 7, 292 verso (nommée).

Caractéristique : « Je pouvois estre aussi asseurée d'elle que de moy-mesme », dit Criséide (III, 7, 292 recto).

Remarque sur le nom : À rapprocher de la clarine η. « Ô Dieux quel cry fit-elle ! ». C'est en criant que Clarine sauve la vie de Criséide, qui a tenté de se tuer (III, 7, 308 recto). Le serviteur d'Arimant décrit Clarine « criant comme une folle » (III, 7, 314 recto).

Nommée dans : Histoire de Cryseide et d'Arimant racontée par Criséide et rapportée par Hylas dans Histoire de Cryseide et d'Hylas, et dans la Suitte de l'histoire de Cryseide et d'Arimant racontée par Florice.

Fille de la nourrice de Criséide, elle est dévouée à la jeune fille.


En se rendant à Bonlieu, Hylas rapporte le récit que lui a fait Criséide à Lyon.

Histoire de Cryseide et d'Arimant

Criséide et Arimant s'aiment. Quand la jeune fille lui jette une lettre pendant qu'il chante sous sa fenêtre, Clarine, qui est dans le secret, songe à refermer la fenêtre (III, 7, 292 verso). Elle propose à sa maîtresse une ruse élaborée : Criséide mettra un mouchoir à sa fenêtre pour indiquer qu'elle a un message pour Arimant. Les jeunes gens se retrouveront ensuite au temple. Criséide laissera tomber un livre dans le chapeau du jeune homme ou à côté de lui. Dans ce livre, elle aura effacé, dans l'ordre, les lettres dont elle a besoin pour écrire son message. Le jeune homme aura fait faire un livre identique, et, de la même manière, répondra.

Criséide consent à recevoir Arimant dans sa chambre à condition qu'il ne demande rien de plus que ce qu'on lui offre. Le chevalier se procure une échelle de soie et un soporifique à appliquer sous le nez de la nourrice qui dort avec les jeunes filles. C'est Clarine, plus résolue que sa maîtresse, qui attache l'échelle et installe le soporifique (III, 7, 294 recto). Pendant qu'elle aide Criséide à agencer sa « robe de nuit » (III, 7, 294 verso), elle la taquine en expliquant que l'échange des cœurs signifie que le chevalier se retrouvera avec un cœur fort peu hardi. Elle jette l'échelle à Arimant. Elle rappelle à sa maîtresse de relever le chevalier qui est à ses genoux. Les jeunes filles doivent le forcer à s'asseoir. Clarine demande à Arimant de jurer sur le nom qu'il porte qu'il ne va pas contrevenir aux conditions mises à sa visite (III, 7, 295 verso). Le chevalier jure avec grandiloquence de respecter Criséide. La jeune fille demande à Arimant s'il est vrai qu'on va le marier. Il promet de n'épouser qu'elle, elle aussi jure de l'épouser si on le lui permet. Clarine sert de témoin aux promesses du couple (III, 7, 298 verso). Comme la nourrice remue et s'éveille, Arimant s'enfuit. Les jeunes filles font comme si la nourrice avait été malade.

Ricimer qui a pour femme une parente de la mère de Criséide, veut marier la jeune fille avec le riche Clorange (III, 7, 301 recto). La mère de Criséide approuve ce projet parce qu'elle désire se libérer pour se remarier. Elle va emmener sa fille dans la maison de Ricimer. Grâce à Clarine, Criséide prévient Arimant. Les jeunes gens tombent tous les deux malades de chagrin. Arimant, aux portes de la mort, écrit à Criséide. Clarine secourt sa maîtresse et envoie une réponse avec le messager de Criséide (III, 7, 304 verso). Tous les deux se remettent parce qu'ils sont heureux de ce contact inespéré. Arimant promet de venir voir Criséide déguisé. Comme la jeune fille a retrouvé la beauté avec l'espérance, le projet de mariage remonte à la surface. Cette alliance est soutenue par Ricimer qui veut marier Criséide pour en disposer ensuite. Le mariage va se faire dans deux jours. Clarine tente en vain de consoler sa maîtresse. Criséide essaie de se tuer quand sa mère et Clarine se rendent au temple : elle se fait saigner les deux bras puis arrache les pansements. Avec le sang qui coule, elle écrit sur un mouchoir : « TIENNE JE MEURS, ARIMANT » (III, 7, 308 recto).

Clarine, en rentrant, trouve sa maîtresse évanouie. Elle prend le mouchoir et l'envoie au chevalier. Clarine ensuite dit au messager d'Arimant qui apportait une lettre que Criséide s'est tuée pur ne pas épouser Clorange. Les cris de Clarine ameutent la maisonnée. Ricimer et elle sauvent la vie de Criséide. Comme la suivante remarque que sa maîtresse ne laisse pas Ricimer indifférent, elle lui révèle que Criséide ne veut pas épouser Clorange. Ricimer jure de ne jamais consentir à cette union. Trois jours après, Criséide se souvient du mouchoir ; elle demande à Clarine d'informer Arimant pour le tranquilliser.

De son côté, le chevalier écrit qu'il a fait des songes de mauvais augure et qu'il va venir auprès de Criséide. Il reçoit alors le mouchoir des mains du messager et s'évanouit. Son serviteur demande au messager des nouvelles de Clarine. C'est ainsi qu'il apprend que Criséide vit encore. Arimant à son tour fait semblant de demander des nouvelles de Clarine. Son serviteur lui suggère de rejoindre Criséide déguisé, ce qu'il fait. Clarine ne reconnaît pas tout de suite les prétendus marchands gaulois qui viennent dans la maison. Elle parle avec le serviteur quand Ricimer survient (III, 7, 320 recto).

La femme de Ricimer est jalouse. Elle s'entend avec la mère de Criséide pour marier la jeune fille à Clorange dès que Ricimer s'éloignera. Clarine entend cette conversation et prévient sa maîtresse. Quand Arimant revient, les jeunes gens décident que Criséide et Clarine vont s'enfuir habillées en homme. Elles doivent retrouver le chevalier quinze jours après. Les jeunes filles travesties passent devant la mère de Criséide qui ne les reconnaît pas. Elles ne trouvent pas Arimant. Son serviteur leur apprend que son maître a été blessé en se battant contre Clorange qu'il a tué. Avant de rejoindre Arimant qui se cache pour soigner ses blessures, Criséide et Clarine se font couper les cheveux.

Criséide et Arimant se retrouvent et vivent en frère et sœur. Clarine multiplie les « gracieuses rencontres » sur la situation (III, 7, 323 recto). Six semaines après le chevalier doit retourner auprès de son père. Il emmène Criséide qui passe pour Cléomire, Gaulois Transalpin. Clarine ne les quitte pas (III, 7, 325 verso), mais elle s'efface. Cléomire démontre au père d'Arimant que le chevalier devrait épouser Criséide qu'il compare à la chaste Lucrèce (III, 7, 328 recto).

Il n'est plus question de Clarine dans le récit de Criséide, mais nous saurons plus tard qu'elle n'a pas quitté sa maîtresse quand celle-ci est devenue prisonnière de Gondebaud.

Florice rapporte ce que Criséide lui a raconté à Lyon (III, 8, 333 verso).

Suitte de l'histoire de Cryseide et d'Arimant

Lorsqu'elle reçoit un livre dans le temple, Criséide se souvient de la ruse des lettres grattées (III, 8, 334 recto). Elle reconnaît le messager d'Arimant (enfin nommé Bellaris). Elle embrasse Clarine, la suivante qui ne l'a jamais abandonnée, et lui annonce la nouvelle (III, 8, 335 verso). Clarine pleure de joie. Elle recommande la discrétion et s'engage à écouter le message de Bellaris.

Le lendemain, au temple, Clarine donne rendez-vous à Bellaris à l'Athénée le soir même. Criséide est avec les autres prisonnières, lorsque Bellaris l'accoste. Il prétend être un serviteur de ses parents, qui aurait suivi Marciante, chevalier qui serait mort (III, 8, 338 verso). Quand les compagnes de Criséide s'éloignent, Bellaris rapporte ce qui s'est passé : Il a sauvé la vie d'Arimant puis a soigné ses blessures. Le chevalier s'est rendu à un capitaine Wisigoth, Bellimart (III, 8, 341 verso). Arimant et Bellaris sont enfermés dans un château à Gergovie. Le gardien autorise Bellaris à sortir pour négocier la libération de son maître. C'est ainsi que le serviteur a pu se rendre à Lyon où il a retrouvé Criséide (III, 8, 342 verso).

Bellaris va délivrer les deux prisonnières. Criséide propose de faire mettre un bateau sur l'Arar, sous ses fenêtres. Elle donne un diamant à Bellaris pour qu'il se procure aussi des chevaux. Les jeunes filles s'enfuient en cotillon. Une fois libres, elles s'habillent en gauloises (III, 8, 345 recto) pour se rendre à Gergovie, ville qui appartient à Euric, roi des Wisigoths. Bellaris annonce à son maître que Criséide et Clarine l'attendent, et que Gondebaud a l'intention d'épouser sa prisonnière (III, 8, 347 recto). Il suggère l'échange de costumes qui permettra au chevalier de s'enfuir, et demande Clarine en récompense si tout se passe bien (III, 8, 347 verso).

Lors des retrouvailles, Clarine prend le chevalier pour Bellaris, puis Criséide reconnaît la voix d'Arimant. Bellaris les rejoint (III, 8, 350 recto). Le petit groupe s'enfuit à cheval avec un guide. Le capitaine qui gardait Arimant parvient avant eux à l'endroit où ils comptent loger. Bellaris le reconnaît de loin et prévient les fugitifs (III, 8, 351 recto). Ils vont donc se séparer, les deux hommes passeront par un autre chemin pour retrouver les jeunes filles et leur guide à Vienne.

Gondebaud revient à Lyon (III, 8, 351 verso) et fait proclamer une déclaration où il est dit que Criséide s'est « ingratement sauvée » (III, 8, 352 verso). Criséide et Clarine comptent se travestir de nouveau. Gondebaud, en revenant de chasse, aperçoit sa prisonnière (III, 8, 353 verso). Il la reconnaît à son accent étranger. Clarine aurait pu se sauver, mais elle ne quitte pas sa maîtresse (III, 8, 335 recto).

Clarine ne participe pas au dénouement grandiose.

3
Clarinte Présente dans : III
Première mention :  III, 4, 128 verso.

Caractéristique : « J'avouë n'avoir jamais rien veu qui meritast mieux d'estre aimé et servy, ayant toutes les conditions qui se peuvent desirer pour estre aimable », dit Daphnide, sa rivale (III, 4, 128 verso).

Modèle : « Clarinte, c'est la feuë Princesse de Conti » (Patru, II, p. 506). Il s'agit de Louise Marguerite de Lorraine (1577 - 1631), devenue princesse de Conty en 1605. Avant son mariage, elle a été courtisée par le duc de Nemours, le maître et ami d'Honoré d'Urfé. « Elle fut cajollée de plusieurs personnes », selon Tallemant des RÉaux (I, p. 34). On attribue à la Princesse l'Histoire des amours du grand Alcandre, qui rapporte les amours d'Henri IV et de Gabrielle (Charlier, p. 222). Elle y figure sous le nom de Crisante (Patru, II, p. 506). Voir le portrait gravé par Thomas de Leu dans ce site (15 mars 2015).

Nommée dans : Histoire de l'artifice d'Alcyre racontée par Daphnide.

Dame dans la cour d'Euric, roi des Wisigoths. Parente d'Amintor et d'Alcyre.

euric


Daphnide raconte au druide Adamas.

Histoire d'Euric, Daphnide, et Alcidon

Le roi Euric a invité à la Cour deux des rivales de Daphnide, Adelonde et Clarinte (III, 4, 135 verso). Il se cache pour voir la plus belle des deux, Clarinte, celle qu'il n'obtiendra que s'il l'épouse (III, 4, 130 recto), celle qui « sembloit estre vrayement née pour porter la Couronne sur la teste, aussi bien que plusieurs de ses ayeuls avoient fait autresfois » (III, 4, 128 verso).

Remarque d'un ancien Ligueur η !
Le modèle de Clarinte est la fille d'Henri de Lorraine, duc de Guise. Elle appartient donc au clan des rivaux d'Henri de Navarre.

« Race de mille Rois, adorable Princesse », lui écrit Malherbe
(cité par Hilarion de Coste.
Voir ce site, 20 février 2013).

Daphnide demande à Alcidon de faire semblant d'aimer Clarinte (III, 4, 130 verso). Pour le convaincre, elle jure de lui payer sa peine en l'aimant (III, 4, 132 recto). Alcidon a déjà servi Clarinte sous le règne de Thierry, peu après « l'accident de Damon et de Madonthe » (III, 4, 141 recto).

Alcidon interrompt la narratrice pour préciser qu'il a simplement vu et admiré Clarinte lors d'un siège
(III, 4, 141 verso).

Tandis qu'Euric dit à Clarinte que Daphnide et Alcidon s'aiment, Daphnide dit à Euric que Clarinte et Alcidon s'aiment. « Selon son humeur » (III, 4, 143 verso), le Roi est jaloux. Clarinte est alors aux prises avec Alcyre.

Histoire de l'artifice d'Alcyre

Clarinte est recherchée par Amintor et Alcyre. Comme elle préfère le premier, Alcyre s'entend avec une suivante de Clarinte. Un sourire de complicité entre le chevalier et la suivante (Pizzorusso, p. 62) force Amintor à interroger son ami. Alcyre sourit encore et finit par déclarer : « Je la possède » (III, 4, 134 verso).

« L'exemple de ceste sage Dame » montre « à quelles impostures » sont sujettes les femmes, dit la narratrice qui interrompt son récit (III, 4, 135 verso)

Amintor exige des preuves visibles. Alcyre ourdit une ruse en deux étapes. Il convoque Amintor dans un endroit où il le verra pénétrer dans les appartements de Clarinte de nuit (III, 4, 136 verso). Amintor tombe malade de chagrin. Clarinte lui rend visite et s'étonne de son changement (III, 4, 137 recto).

Deux jours après, Alcyre poursuit ses artifices. Il demande l'aide d'Amintor pour composer une lettre de remerciement au nom d'Euric, car le roi aurait reçu les faveurs d'une dame (III, 4, 137 verso). Amintor compose la lettre. Alcyre l'emporte et la montre à Clarinte (III, 4, 138 verso). Il prétend qu'Amintor s'est éloigné d'elle parce qu'il est favorisé par une autre. Clarinte déchire la lettre (III, 4, 140 recto).

Alcidon recherche la jeune femme (III, 4, 142 verso). Elle accepte les écrits qu'il lui donne pour regagner Amintor en réveillant sa jalousie. Quand elle tombe malade de chagrin, Amintor lui rend visite (III, 4, 144 verso). Il voit des fleurs et des vers près du lit. Comme les poèmes sont d'un amant malheureux (Alcidon, III, 4, 153 recto), Amintor s'en étonne : ils contredisent ce qu'il a vu de ses yeux, un amant de Clarinte heureux (III, 4, 147 recto). La jeune femme, furieuse, l'oblige à s'expliquer. Elle démontre qu'elle n'était pas chez elle à l'époque où Alcyre a prétendu la voir de nuit : pendant quinze jours, elle a résidé chez sa mère souffrante (III, 4, 149 verso). Le premier malentendu est levé.

Clarinte reproche ensuite à Amintor d'avoir une maîtresse qu'il a remerciée dans une lettre. Elle lui montre les fragments qu'elle a gardés (III, 4, 151 verso). Amintor, pour se disculper, présente le brouillon qu'Alcyre lui a laissé (III, 4, 152 recto). Sur ces entrefaites, Euric entre dans la pièce, voit les fragments de la lettre déchirée et s'en empare (III, 4, 152 verso). Il reconstitue la lettre. « Infiniment » jaloux, il répète partout que Clarinte a rendu heureux Amintor (III, 4, 152 verso).

Clarinte et Amintor sont réconciliés et le chevalier accepte de ne pas se venger d'Alcyre. Son rival est alors Alcidon.
En somme, conclut Daphnide, « Alcyre au lieu d'un Rival s'en trouve deux » (III, 4, 153 recto).


L'artifice d'Alcyre est un échec total.
Daphnide, la narratrice, se retrouve dans la même situation que le chevalier :
« Voulant faire perdre un serviteur à Clarinte, je luy en donnay un » (III, 4, 153 recto).
Elle a éloigné Euric de sa rivale mais perdu son amant de cœur.

Euric meurt assassiné. Alcidon abandonne Clarinte et revient à Daphnide (III, 4, 157 recto). Daphnide n'est pas convaincue de la sincérité du chevalier. Le sage Adamas donne son opinion en posant deux questions : Pourquoi Alcidon aurait-il abandonné Clarinte s'il n'aimait pas Daphnide ? Pourquoi Daphnide serait-elle jalouse de Clarinte si elle n'aimait pas Alcidon (III, 4, 169 verso).

3
Cleante Présent dans : I
Première mention : I, 2, 38 recto. Écrit aussi Cleanthe.

Caractéristique : « Il n'avoit rien qu'il peust refuser à mon pere », Alcippe, dit Céladon (I, 2, 38 recto). 

Nommé dans : Histoire d'Alcippe, racontée par Céladon ;
Histoire d'Astrée et Phillis, racontée par Astrée ;
Histoire de Stelle et Corilas, racontée par Corilas.

Berger du Forez. Ami d'Alcippe. Père de Clindor. Grand-père d'Aminthe.


À Isoure, Céladon raconte aux nymphes :

Histoire d'Alcippe

À la demande du père d'Alcippe, Cléante escorte le jeune homme à Marcilly. Cléante accepte que son fils et Alcippe s'habillent et se conduisent en chevaliers. Il leur dit alors : « Vostre naissance toutes fois vient des plus anciennes tiges de ceste contree, et d'où il est sorti autant de braves Chevaliers que de quelqu'autre qui soit en Gaule » (I, 2, 39 recto).

Lorsqu'Alcippe est obligé de s'exiler, il revient en cachette rendre visite à Cléante à Marcilly (I, 2, 44 recto).

C'est Cléante qui révèle à Pimandre qu'Alcippe est le chevalier anonyme qui a vengé l'honneur des Foréziens en tuant un chevalier wisigoth (I, 2, 44 verso).

Dans le hameau, Astrée raconte à Diane :

Histoire d'Astrée et Phillis

Cléante, devenu un « vieillard » (I, 4, 93 verso), est toujours l'ami d'Alcippe.

Corilas raconte à Adamas :

Histoire de Stelle et Corilas

Cléante reçoit chez lui Stelle devenue veuve parce que la jeune femme a presque le même âge que sa petite-fille, Aminthe (I, 5, 145 verso).


1
Cleomene Présent dans : II
Première mention : II, 1, 36.

L'édition de 1610 et celle de 1621 donnent Cleomene là où il fallait Cléontine.

2
Cleomer Présent dans : III
Première mention :  III, 6, 233 verso.

Nommé dans : Suitte de l'histoire de Damon et de Madonthe racontée par Damon.


Dans la cour de Torrismond, roi des Wisigoths, Damon a grandi avec Alcidon, Cléomer et Célidas.

3
Cleomir Présent dans : I

Première mention : I, 3, 63 recto. Écrit Cleomir, Cleomire.

Caractéristique : « Ce grand Cleomir, qui pour vostre service visita si souvent le Tybre, le Rhin, et le Danube », dit Guyemant, son fils (I, 3, 63 recto et verso).

Nommé dans : Histoire de Silvie, racontée par Léonide.

Père d'Aristandre et de Guyemant. Sa nationalité n'est pas indiquée.


À Isoure, Léonide raconte à Céladon :

Histoire de Silvie

En se présentant à la Cour, Guyemant parle de son père et de son frère. Le père, Cleomir, a voyagé pour Amasis. Il a mis son fils aîné, Aristandre, dans la cour d'Amasis, et son second fils, Guyemant, dans la cour de Mérovée.

De même, les deux aînés d'Honoré d'Urfé ont grandi auprès de deux princes. Anne auprès du Roi de France, Jacques η auprès du duc de Savoie.


1
Cleomire Présent dans : III
Première mention :  III, 7, 325 recto. Nom de Criséide travestie.

Caractéristique : C'est « une personne que je dois aymer, honorer, et croire plus qu'autre que je cognoisse », dit le père d'Arimant, abusé par ce rôle que joue Criséide (III, 7, 327 recto).

Remarque sur le nom : Dans la première partie de L'Astrée se trouve un Cléomir (I, 3, 63 recto) dont la seule fonction dramatique est d'avoir deux fils qui aiment une Silvie chaste et insensible. D'Urfé veut qu'Arimant baptise Criséide travestie Cléomire. Le romancier semble prêter à Criséide le nom que mériterait le père d'Arimant.

Nommé dans : Histoire de Cryseide et d'Arimant racontée par Criséide et rapportée par Hylas dans Histoire de Cryseide et d'Hylas.

Il s'agit de Criséide devenue chevalier Gaulois Transalpin.


Histoire de Cryseide et d'Arimant

Criséide et Arimant s'aiment. Pour ne pas épouser Clorange, la jeune fille tente de se tuer (III, 7, 308 recto). Arimant tue Clorange. Criséide et Clarine, sa suivante, travesties, quittent la ville avec le chevalier. Ils vont tous se rendre chez le père d'Arimant. Le chevalier fait passer Criséide pour Cléomire, Gaulois Transalpin. Cléomire aurait sauvé la vie d'Arimant lors du duel avec Clorange (III, 7, 325 recto).

Le père d'Arimant estime tant Cléomire que celui-ci s'enhardit jusqu'à lui proposer de marier Arimant à Criséide, parente de Ricimer, son ennemi. Cléomire prononce donc un long plaidoyer en faveur de la jeune fille. Criséide se disculpe ainsi habilement (III, 7, 326 recto à 328 verso) et se compare même à la chaste Lucrèce (III, 7, 328 recto). Il ne dit rien du travestissement. Arimant, prétend Cléomire, après avoir sauvé la jeune fille, l'aurait laissée chez les Vestales. Dès que le père donne son consentement, Cléomire et Arimant prétendent partir chercher Criséide. Ils comptent revenir avec la jeune fille habillée en femme (III, 7, 330 recto).


3
Cleon Présente dans : I, II, III
Première mention : I, 1, 13 verso.

Caractéristique : « Ceste fine Bergere » (I, 7, 205 recto), dit Phillis ; « l'heureuse Cleon » (I, 7, 204 recto et 207 verso), dit Laonice.

Remarque sur le nom : La bergère porte le nom du héros des Chevaliers, une comédie d'Aristophane. Cléon η est un habile démagogue athénien que Thucydide aussi décrit comme un individu « sans scrupules, jouant avec les émotions et les préjugés du peuple » (Voir ce site, 12 avril 2013).

Nommée dans : Histoire de Tircis et de Laonice, racontée par Laonice.

Bergère parisienne.

Relations

Dans le hameau, Laonice raconte l'Histoire de Cléon qui est aussi la sienne. Elle attend un jugement de Silvandre.

Histoire de Tircis et de Laonice

Laonice a six ans et elle aime Tircis qui en a dix alors que Cléon est encore au berceau.

Tircis aime Cléon. Celle-ci commence à aimer Tircis à neuf ans (I, 7, 203 recto).

D'Urfé rajeunit Cléon.
Dans l'édition de 1607, elle avait
douze ans.

Pour protéger sa réputation, Cléon demande à Tircis de feindre d'aimer Laonice (I, 7, 204 verso).

Les guerres obligent les bergers à se réfugier à Paris. Quand la mère de Cléon est atteinte de la peste, la bergère la soigne (I, 7, 207 recto). Les deux femmes meurent. Cléon, avant de rendre l'âme, demande à Tircis de lui rester fidèle et de l'enterrer près de sa mère. Le berger obéit (I, 7, 210 verso).

Phillis soutient la cause de la bergère disparue en prononçant une prosopopée : Tircis doit rester fidèle à « l'heureuse Cleon » (I, 7, 218 recto) parce qu'il n'a pas aimé seulement un corps, mais encore un esprit immortel.

1
Cleon Présente dans : I, II, III
Première mention : II, 5, 302.

Tircis reste lié à Cléon, la jeune fille qu'il aimait.

Il confesse qu'il a voulu garder le corps de Cléon sans l'enterrer (II, 5, 302).

Le romancier note que le Berger aime Cléon, bien qu'il n'ait aucun espoir de revoir la jeune fille (II, 6, 414).

Tircis déclare qu'il n'offense pas les dieux en aimant une morte (II, 12, 891).

2
Cleon Présente dans : I, II, III
Première mention :  III, 1, 23 recto.

Caractéristique : « Froides cendres » (III, 1, 23 recto), dit Hylas.

Nommée par Hylas.


Hylas affirme que le Ciel est responsable et de son inconstance et des larmes que Tircis verse sur Cléon (III, 1, 23 recto).

Hylas encore pense qu'Astrée restera attachée à la mémoire de Céladon, comme Tircis à la mémoire de Cléon (III, 11, 472 recto).

3
Cleontine Présente dans : I, II, III
Première mention : I, 6, 159 verso.

Caractéristique : « Vieille », disent les narrateurs (I, 6, 159 verso ; I, 11, 369 verso).

Nommée dans : Histoire de Diane, racontée par Diane ;
Histoire de Damon et de Fortune, racontée par Adamas.

Druidesse du Forez. Parente du berger Damon et de la mère de Léonide.


Dans l'Histoire de Diane, Cléontine rend un orale à Bellinde après la mort de Celion, l'engageant à se rendre à Évian (I, 6, 159 verso).

Dans l'Histoire de Damon et de Fortune, Adamas dit que Damon était « non point trop esloigné parent de la vieille Cleontine » (I, 11, 369 verso).

1
Cleontine Présente dans : I, II, III Écrit aussi Clontine et Clotine.
Première mention : II, 1, 43.

Caractéristique : « Sage » (II, 1, 49), dit un Mire

Druide desservant le temple de Montverdun. Tante de la Bergère Célidée. Parente de la nymphe Léonide.


Cléontine joue un rôle laïc et un rôle sacré η. Dans un hameau, elle sert de mère à Célidée. Dans un temple, elle sert d'intermédiaire aux dieux.

Près de Montverdun, Cléontine a élevé sa nièce, Célidée, dont la mère est pourtant vivante (II, 11, 683). Elle l'aime comme sa fille et la fait coucher dans sa chambre (II, 11, 705). Cléontine apprend à la jeune fille à juger les sentiments par leurs effets (II, 2, 90), mais elle ignore tout de l'attachement de la Bergère et de Thamire (II, 1, 37). Les deux femmes voyagent ensemble (II, 1, 48).

Persuadée par Thamire, Cléontine juge que Calidon serait un parti avantageux pour sa nièce (II, 1, 53). Thamire, en informant Célidée de ce nouveau projet de mariage, prétend qu'il s'agit d'un dessein de Cléontine (II, 1, 54). Quand elle apprend le rôle joué par Thamire, la jeune fille se fâche (II, 1, 56).

Célidée obéit à Cléontine et accepte de rendre visite à Calidon malade (II, 1, 59). Thamire essaie encore de convaincre Célidée en soulignant qu'elle devrait obéir à Cléontine (II, 2, 79).

Dans un antre du temple de Montverdun (II, 8, 491), Cléontine rend des oracles. Les requérants choisissent le dieu qu'ils désirent consulter, puis une druide (II, 8, 493) ouvre la porte consacrée à ce dieu. Lorsqu'Adamas consulte Taramis, Cléontine, ceinte de verveine, mâchant du laurier, les cheveux hérissés (II, 8, 494) profère l'oracle (II, 8, 495).

Le druidisme n'avait pourtant pas de temples.

Thamire, Célidée et Calidon débattent leur cause devant Léonide et les bergers, mais Cléontine n'assiste pas à ce procès qui se déroule de l'autre côté du Lignon (II, 1, 34 sq.).

Cléontine accepte sans difficulté aucune le nouveau projet de mariage, celui de Célidée et Thamire (II, 11, 683).

La nuit des noces, elle trouve Calidon évanoui (II, 11, 687). Le croyant mort, elle crie et ameute Thamire qui accourt, tombe et perd conscience. Cléontine reproche à Calidon sa conduite (II, 11, 695).

Quand Célidée décide de s'enlaidir pour éloigner Calidon, elle craint que Cléontine l'apprenne (II, 11, 698). C'est le diamant que porte au doigt la druide (II, 11, 699) qui va lui procurer le moyen de se défigurer. Cléontine, croyant d'abord que sa nièce s'intéresse à ce diamant parce qu'elle désire devenir druide, lui rappelle qu'elle aurait besoin de l'autorisation de son époux (II, 11, 700).

Célidée s'empare du diamant et se blesse le visage. Cléontine la découvre le lendemain toute en sang (II, 11, 705). La mère de Célidée et Cléontine sont pleines de regrets (II, 11, 712).

Cléontine prononce un oracle
(II, 8, 495).

2
Cleontine Présente dans : I, II, III
Première mention :  III, 6, 228 recto. Écrit une fois Cleotine.

Caractéristique : « La sage Cleontine » (III, 6, 231 recto), dit l'auteur.

Il arrive que Cléontine soit dite vieille en 1619,
mais sage dans les éditions suivantes
(III, 11, 460 verso).

Cléontine va au-devant de Galathée qui se retrouve à pied dans la plaine avec un chevalier blessé (III, 6, 228 recto). La vénérable druide lui apprend que l'union de Célidée et de Thamire est très heureuse, et que Calidon recherche maintenant Astrée. Galathée apprend aussi qu'on a érigé un vain tombeau à Céladon, ce qui signifie qu'on n'a pas retrouvé son corps (III, 6, 230 recto). Galathée soupire en pensant au mépris du berger, mais elle dit à Cléontine qu'elle est inquiète pour son frère, Clidaman. La druidesse recommande un examen de conscience, « car l'Estat où le vice demeure impuny, et la vertu sans loyer, est bien tost desolé » (III, 6, 231 recto). L'attitude de Polémas l'inquiète.

Galathée désire passer quelques jours à Montverdun pour soigner les blessures de Damon et en profiter pour voir les bergers. Cléontine fait leur éloge et annonce la cérémonie d'action de grâce qui doit avoir lieu dans quatre jours près de Bonlieu (III, 6, 260 recto). Galathée envoie un serviteur de Cléontine annoncer à sa mère qu'elle s'arrêterait à Montverdun.

Cléontine et Galathée apprennent qu'Adamas a changé ses plans et qu'il est parti directement pour Bonlieu avec les bergers (III, 11, 449 verso). Cléontine affirme que le druide s'arrêtera à Montverdun au retour. En attendant, elle répète à la nymphe ce que Célidée, sa nièce, lui a dit des bergers.

Cléontine se prépare pour le sacrifice : elle va prêter sa voix à l'oracle de Bélénus (III, 11, 457 verso). Le dieu demande à Galathée d'aller prier à Bonlieu. Mais la nymphe reçoit des messages alarmants d'Amasis. Cléontine lui conseille de s'arrêter quand même à Bonlieu avant de se rendre à Marcilly (III, 11, 461 recto).

Cléontine prononce un oracle en vers
(III, 11, 458 recto).

3
Clidaman Présent dans : I, II, III
Première mention : I, 2, 31 verso. Écrit aussi Clitaman.

Caractéristique : « Accompagné de toutes les aymables vertus qu'une personne de son aage, et de sa qualité peut avoir, car il semble estre nay à tout ce qui est des armes, et des Dames », dit Léonide (I, 3, 56 recto).

Nommé dans : Histoire de Silvie, racontée par Léonide ;
Histoire de la tromperie de Climanthe, racontée par Climanthe ;
Histoire de Silvandre, racontée par Silvandre ;
Histoire de Galathée et Lindamor, racontée par Léonide ;
Histoire de Leonide, racontée par Silvie ;
Histoire de Ligdamon, racontée par Égide ;
Histoire de Lydias et de Melandre, racontée par Amasis.

Chevalier forézien. Fils de Pimandre et d'Amasis, Dame du Forez. Frère de Galathée.

Relations

À Isoure, Galathée nomme Clidaman en décrivant à Céladon la Cour d'Amasis (I, 2, 31 verso).

Pour expliquer à Céladon pourquoi la fontaine de la Vérité d'amour n'est plus visible, Léonide lui raconte l'Histoire de Silvie - en présence de Silvie (I, 3, 55 verso).

Histoire de Silvie

Clidaman organise un tirage au sort pour constituer des couples. Le sort le donne à Silvie ; il en tombe amoureux (I, 3, 56 verso).

Lorsqu'Amasis autorise Guyemant à rechercher Silvie, Clidaman se plaint (I, 3, 68 recto). Sa mère lui répond que, comme, « les senteurs rendent plus d'odeur, estant esmeuës », un amant qui a des rivaux démontre mieux ses sentiments (I, 3, 68 recto).

Amasis confie à Clidaman un poinçon qui était dans les cheveux de Silvie pour qu'il le remette à la jeune fille. Il le garde toute la journée. « Puis, dit-il [à Silvie], que je veux cela mesme que vous voulez, et que vous voulez avoir ce poinçon, il faut par necessité que je le vueille avoir aussi » (I, 3, 69 verso).

Guyemant devient son rival et son ami.

« Alors par le conseil d'un Druide, qui peut-estre se faschoit de voir deux telles personnes perdre si inutilement le temps, qu'ils pouvoient bien mieux employer pour la deffense des Gaules, que tant de Barbares alloient inondant, ils vindrent à la fontaine de la verité d'Amour » (I, 3, 70 recto).

La fontaine leur montre que Silvie n'aime personne.

Mécontent des réponses, Clidaman casse son épée sur le marbre de la fontaine (I, 3, 71 recto). Le druide lui suggère de donner des bêtes de sa ménagerie s'il veut rendre plus difficile l'accès au monument.

Les chevaliers partent secrètement se battre dans les armées de Mérovée (I, 3, 71 verso).

Léonide entend Climanthe raconter :

Histoire de la tromperie de Climanthe

Le faux druide rappelle à Polémas que Clidaman et Guyemant sont partis à la guerre (I, 5, 125 recto).

Amasis envoie Lindamor, Ligdamon et d'autres chevaliers foréziens rejoindre les armées franques pour « que Clidaman fust reconneu de Meroüée, pour celuy qu'il estoit » (I, 5, 125 recto).

Climanthe prédit à Amasis que Clidaman sera blessé, participera à trois batailles et reviendra sain et sauf (I, 5, 133 recto).

Dans les hameaux, Silvandre dit aux bergères qui l'écoutent :

Histoire de Silvandre

La fontaine de la Vérité d'amour n'est plus accessible parce « qu'un magicien à cause de Clidaman l'avoit mise sous la garde de deux Lyons, et de deux Lycornes, qu'il y avoit enchantées » (I, 8, 231 verso).

Léonide raconte à Adamas :

Histoire de Galathée et Lindamor

À la Cour, « la courtoisie » de Clidaman et « les merites » de Galathée retiennent Lindamor, surtout que le jeune prince commence à se plaire aux tournois (I, 9, 268 verso).

Le dernier des Bacchanales, Clidaman organise un tournoi pour soutenir la beauté de Silvie (I, 9, 269 recto).

Nous ignorerons toujours le résultat de ce tournoi !

Clidaman et Amasis envoient Lindamor sur les rives du Rhin pour leurs « affaires » (I, 9, 282 recto).

Malgré les réticences d'Amasis, Clidaman autorise le duel de Polémas et du Chevalier inconnu, Lindamor (I, 9, 286 recto).

Quand Lindamor propose à Galathée de la demander en mariage, la nymphe répond que Clidaman, son aîné, doit se marier avant elle (I, 9, 301 verso).

Clidaman est allé secrètement auprès de Mérovée, mais « ses actions le découvrirent assez » (I, 9, 302 recto).

À Isoure, Silvie raconte au druide Adamas :

Histoire de Leonide

C'est le tirage au sort organisé par Clidaman qui a donné Léonide à Agis (I, 10, 312 verso).

À Isoure, Fleurial arrive avec des nouvelles des chevaliers que lui a communiquées un envoyé anonyme (I, 11, 351 recto) : « Clidaman se porte bien, et Lindamor a fait tant de merveilles en la bataille où il s'est trouvé que Merovée, et Childeric l'estiment comme merite sa vertu » (I, 11, 351 verso).

Égide arrive à Isoure et raconte aux nymphes et à Céladon :

Histoire de Ligdamon

Les chevaliers foréziens sont partis rejoindre Clidaman.

Sur un champ de bataille, Ligdamon sauve la vie de Clidaman en lui donnant son cheval (I, 11, 357 recto).

Aventure vécue par l'oncle d'Honoré d'Urfé. À la bataille de Moncontour, en 1569, Honorat de Savoie cède son cheval au duc d'Anjou,
le futur Henri III
(Panisse-Passis, p. 146).

Clidaman envoie des hérauts en Neustrie pour prouver l'identité de Ligdamon (I, 11, 359 recto).

À Isoure, Amasis raconte à Adamas et Galathée : 

Histoire de Lydias et de Melandre

Amasis rappelle qu'elle a envoyé des chevaliers foréziens se battre près de Mérovée « pour ne laisser point Clidaman seul en lieu si esloigné » (I, 12, 383 verso).

Le prince avait tant fait que amis et ennemis « le conoissoient, et l'estimoient » (I, 12, 383 recto).

Clidaman fait prisonnier le Chevalier triste.

« Sçachant assez par experience quelles sont les passions, et les inquiétudes qui accompagnent une personne qui ayme bien », Clidaman demande à son prisonnier de lui raconter son histoire (I, 12, 383 verso).

Quand Clidaman apprend les aventures de Mélandre travestie, il demande à Childéric la permission de la libérer sans rançon. Mérovée « accorda tout ce que mon fils demandoit », dit Amasis (I, 12, 391 verso).

Mélandre envoie Lydias, son amant, près des Francs. Guyemant et Clidaman le prennent pour Ligdamon (I, 12, 394 recto), mais sortent vite d'erreur.

Clidaman révèle à Lydias l'identité du Chevalier triste. Lydias lui communique un moyen de prendre Calais pour libérer Mélandre, prisonnière maintenant de Lypandas (I, 12, 395 recto). Calais est pris.


À deux reprises, Clidaman s'oppose à sa mère.

1
Clidaman Présent dans : I, II, III

Première mention : II, 7, 432. Écrit aussi Clidamant.

Nommé dans : Histoire de Galathée, racontée par Léonide à Céladon.


Le romancier rappelle les festivités prévues par Amasis pour célébrer les victoires de son fils et des Francs (II, 7, 432).

Histoire de Galathée

Amasis va célébrer la victoire des Francs sur les Neustriens (II, 7, 452). Clidaman est avec Mérovée (II, 7, 484).

Silvie dit à Léonide que Polémas craint le soutien que les Francs apporteraient à Clidaman (II, 10, 657).

Fleurial rapporte à Silvie et Léonide que les Neustriens ont été défaits grâce à la valeur de Clidaman et de Lindamor (II, 10, 664).

2
Clidaman Présent dans : I, II, III
Première mention :  III, 2, 55 verso. Écrit aussi Clidamant.

Caractéristique : « Prince genereux », dit le chevalier de Lindamor (III, 12, 508 verso).

Nommé par le romancier et dans l'Histoire de Childeric, de Silviane, et d'Andrimarte racontée par un chevalier de Lindamor.


Adamas rappelle que la fontaine de la Vérité d'amour η est devenue inaccessible à cause de Guyemant et Clidaman (III, 2, 55 verso). Il répète la même information en donnant plus de renseignements sur ce dernier enchantement (III, 4, 160 recto).

Le romancier explique qu'Argantée, neveu de Polémas, profite de l'autorité que son oncle a acquise depuis le départ de Clidaman et de Lindamor (III, 6, 221 recto).

Galathée soupire parce qu'elle est inquiète pour Clidaman (III, 6, 230 recto).

Polémas s'enhardit parce que Clidaman, Lindamor et Guyemant ne sont pas en Forez (III, 6, 262 recto).

En grand secret, un messager d'Amasis apprend à Galathée que la Dame du Forez a reçu des nouvelles de son fils qui ne sont pas bonnes. Clidaman, Lindamor, et Guyemant étaient près de Childéric, quand celui-ci a été forcé de s'exiler (III, 11, 460 verso).

Galathée donne à Damon un cheval de Clidaman (III, 11, 461 verso).

La nymphe apprend ensuite que les sacrifices d'animaux faits pour demander le retour de son frère annoncent un désastre (III, 11, 463 recto).

L'ambition de Polémas augmente à cause de l'absence de Seigneurs foréziens ; ce chevalier tient la place de Clidaman (III, 12, 500 verso). Son acolyte, Climanthe, commence ses manigances de faux druide pour profiter de l'absence de Clidaman (III, 12, 501 recto)

Chez Adamas, Amasis prie le chevalier de Lindamor de répéter les nouvelles qu'il apporte, qui lient le sort des seigneurs foréziens à celui de Childéric et de Guyemant (III, 12, 506 recto).

Histoire de Childeric, de Silviane, et d'Andrimarte

Childéric, fils unique de Mérovée, est élu roi des Francs à la mort de son père (III, 12, 507 recto). Il se laisse aller à la mollesse. Avec Guyemant, le meilleur ami du jeune Roi, Clidaman et Lindamor souffrent de cet état de choses (III, 12, 508 verso).

Lindamor recommande d'abandonner ce prince indigne, mais Clidaman écoute plutôt les conseils de Guyemant. Celui-ci, « les larmes aux yeux », habilement, présente deux raisons de ne pas quitter la Cour : D'une part, Clidaman offre un si bon exemple à Childéric qu'il pourrait le ramener dans le droit chemin, ce qui entraînerait la reconnaissance des Francs. D'autre part, si, à cause de la conduite de Childéric, le royaume des Francs tombait, les Foréziens qui l'ont soutenu contre les Romains et contre les enfants de Clodion seraient en mauvaise posture. Clidaman, conclut le narrateur, « boucha de telle sorte les aureilles aux bonnes et saines considerations de Lindamor, que tout ce qui luy fut sagement proposé par luy, demeura inutile, et sans force » (III, 12, 508 verso).

Le narrateur passe aux événements antérieurs qui expliquent la situation présente.

Andrimarte, un compagnon d'armes de Clidaman (III, 12, 532 verso), épouse Silviane malgré la jalousie et l'impudence du Roi. Les jeunes gens souffrent de « la tyrannie du jeune Childéric » (III, 12, 534 verso).

Dans ce récit, onze fois, tyran et tyrannie renvoient à Childéric.

Childéric, pour abuser de Silviane, éloigne Andrimarte. Il entre de force dans la maison du chevalier, et puis même dans celle d'Andrenic, son serviteur (III, 12, 541 verso). Silviane s'enfuit travestie. Le peuple se révolte.

Clidaman et Lindamor accourent et empêchent Childéric de tuer Andrenic (III, 12, 545 recto). Ils protègent aussi le Roi. Blessés, ils réussissent à ramener le Roi au Palais. Guyemant les reçoit. Lindamor lui reproche la mort de Clidaman. Très émus, Guyemant et Lindamor assistent à l'agonie de Clidaman. Celui-ci les prie de recommander à Childéric de s'amender (III, 12, 545 verso). Clidaman demande ensuite à Lindamor de servir fidèlement Amasis. C'est Galathée seule que Clidaman dit regretter. Il meurt la conscience tranquille : « Le peu de temps que j'ay vescu, je pense avoir tousjours faict les actions d'un homme de bien » (III, 12, 542 recto). Tous les Foréziens se rassemblent autour du mourant. Il leur commande d'obéir à Lindamor et de servir Amasis (III, 12, 546 recto).

Le peuple regrette Clidaman, « tant amy de leur nation », et opposé aux violences de Childéric (III, 12, 546 verso).

En même temps, « Druides, Princes et Chevaliers » viennent annoncer l'élection de Gillon et la destitution de Childéric. Celui-ci convoque Guyemant et Lindamor pour leur demander conseil. Le Forézien recommande de résister et de mourir en Roi (III, 12, 547 recto), alors que Guyemant, « sage et prudent », prône la fuite en Thuringe, et promet de rendre à Childéric son trône. Le Roi déchu s'en va après avoir partagé avec Guyemant une pièce d'or qui servira de signe de reconnaissance. Childéric se déguise pour quitter la ville de nuit et en secret. Il demande à Lindamor de l'escorter bien qu'il soit blessé. Guyemant promet d'enterrer Clidaman honorablement (III, 12, 548 recto).

Amasis recommande que l'on garde secrets les accidents arrivés aux Foréziens et à Childéric (III, 12, 548 verso).

3
Climanthe Présent dans : I, II, III
Première mention : I, 2, 22 recto. Écrit aussi Climante.

Caractéristique : « Un homme le plus fin et le plus rusé qui fust jamais en son mestier », dit Léonide (I, 9, 302 verso).

Narrateur : Histoire de la tromperie de Climanthe.

Ami et complice de Polémas. Ni chevalier, ni berger, ni druide, ce personnage qui ne vit peut-être pas en Forez (I, 5, 139 recto) n'a certainement pas fréquenté la cour d'Amasis (I, 5, 124 verso).


Quinze jours après (I, 5, 140 recto) le jour où Galathée a trouvé Céladon évanoui sur les rives du Lignon, en allant à Feurs, Léonide passe la nuit à Poncins dans une sorte d'« hostelerie ». Elle entend une conversation, reconnaît tout de suite la voix de Polémas (I, 5, 124 recto), mais ne le nomme pas. C'est Climanthe qui le fera (I, 5, 128 verso).

Le chevalier, déçu par la tournure des événements, fait des reproches à son acolyte. Celui-ci s'écrie : « Dieu me soit en ayde avec cét homme » (I, 5, 124 verso). Pour tranquilliser Polémas, il lui répète tous les détails de son entreprise.

Histoire de la tromperie de Climanthe :

Polémas montre Galathée, Léonide et Silvie à son complice (I, 5, 124 verso).

Le premier souci de Climanthe est d'éloigner Galathée de Lindamor parce qu'il sait fort bien que la nymphe aime ce chevalier (I, 5, 139 verso).

Climanthe surveille les serviteurs de Lindamor. Il constate que le chevalier leur donne une bague comme signe de reconnaissance à montrer au tailleur qui lui fait en secret le costume qu'il doit porter. À son tour, Climanthe se rend chez le tailleur se prétendant chargé de s'assurer que le travail avance. Il lui décrit la bague et constate ainsi que Lindamor portera une livrée verte en quittant Marcilly pour rejoindre les armées franques (I, 5, 124 recto).

Climanthe fabrique une cabane sur les bords d'une petite rivière dans le bois de Savigneux. Il y met un miroir devant un tableau où il a peint le lieu où Polémas attendra Galathée (I, 5, 126 recto).

Il y met aussi un tableau représentant Hécate, déesse des enchanteurs. Au-dessous de ce tableau se trouve un dispositif qui peut facilement prendre feu, « ce que j'avois inventé pour faire croire que c'estoit une espece, ou de divinité, ou d'enchantement », explique-t-il (I, 5, 126 verso).

Se prétendant druide, Climanthe fait semblant de ne se nourrir que de racines. Quand il voit approcher les nymphes, il se met en prières.

Léonide la première parle au faux druide. Il lui prescrit un rite à accomplir plus tard, puis lit dans sa main tout ce qu'il sait grâce à Polémas. En se disant informé par son « Maistre », il ajoute : « Et certes en cela je ne mentois pas, car c'estoit vous, Polemas, qui me l'aviez dit » (I, 5, 128 verso).

Climanthe peut même répéter une chanson composée par Agis (I, 5, 130 verso).

Quand il déclare : « Je vous veux dire une chose sur ce sujet, que personne ne peut sçavoir que vous et Agis » (I, 5, 130 recto), comme il le désirait, la nymphe, troublée, l'arrête.

Polémas interrompt Climanthe pour dire son inquiétude quand le faux druide répète à Léonide ses conversations avec Agis
(I, 5, 129 verso).
Climanthe réplique que, d'une part, Léonide, puisqu'elle aimait Polémas, a dû lui dire la vérité, et, d'autre part, que nul ne peut se souvenir exactement de tous les échanges.

Le faux druide se retire dans sa cabane où il se met en prière sachant que les nymphes l'épient (I, 5, 132 recto). Il tire sur un fil et le feu s'allume. Édifiées et effrayées, Léonide et Silvie s'en vont. Climanthe demande à son interlocuteur ce qu'il en pense.

Polémas dit son admiration : « Toute personne qui n'en eust point esté advertie, s'y fut aisément trompée »
(I, 5, 132 recto).

« La Cour n'estoit pleine que de moy », continue Climanthe (I, 5, 132 verso). Il sait habilement faire des prédictions ou s'en abstenir. Amasis et Galathée le consultent.

Dans l'édition de 1607, le faux druide se permet d'appeler la nymphe « Belle Galathée ». En 1621, il lui dit « Ma fille » (I, 5, 133 verso) ou « Mon enfant »
(I, 5, 138 recto).

Adamas, le vrai druide, n'utilise aucune de ces formules.

Le faux druide prédit à Amasis que Clidaman participera à trois batailles, sera blessé et reviendra sain et sauf (I, 5, 133 recto).

Climanthe dit à Galathée qu'elle sera « la butte de tous desastres, et de toutes infortunes » si elle aime l'homme à l'habit vert (I, 5, 134 recto), c'est-à-dire Lindamor.

Le faux druide demande ensuite à Galathée - ce qu'il a déjà demandé à Léonide et Silvie - de revenir trois jours après pour faire un sacrifice. Les nymphes doivent « se laver avant jour dans le ruisseau voisin, la jambe et le bras, et venir de ceste sorte avec un chappeau de Verveine, et une ceinture de Fougiere devant ceste caverne » (I, 5, 135 recto).

Le soi-disant druide remarque qu'il doit se montrer « expert en cela, afin qu'elles, qui y estoient accoustumées, n'y trouvassent rien à dire » (I, 5, 135 verso).

À l'aube, Climanthe se cache pour regarder les trois nymphes faire ce qu'il a commandé.

« Sans mentir, je ne vy de ma vie rien de si beau, mais sur toutes je trouvay Leonide admirable » (I, 5, 136 recto).

Polémas n'est pas d'accord :
« Or je luy conseille donc, dit Polemas tout en colere, qu'elle cache le visage, et qu'elle monstre ce qu'elle a de plus beau »
(I, 5, 136 verso).

Léonide ne le lui pardonnera pas.

Climanthe poursuit la cérémonie en sacrifiant des animaux à Hécate (I, 5, 136 verso). Il fait fonctionner le mécanisme qui déclenche le feu et montre à Galathée l'image du Lignon dans le miroir. Il déclare alors :

« En ce lieu que tu vois representé dans ce miroir, tu trouveras un diamant à demy perdu qu'une belle et trop desdaigneuse a mesprisé, croyant qu'il fust faux, et toutefois il est d'inestimable valeur, prens le et le conserve curieusement » (I, 5, 138 recto).

Climanthe ajoute que Galathée, pour retrouver celui qu'elle doit aimer, devra se rendre sur la rive du Lignon quand la lune sera de nouveau dans la même position, c'est-à-dire un mois plus tard. Par précaution, il ajoute que celui qui verra l'autre le premier aimera le premier.

Le faux druide déclare ensuite que sa déité lui commande de s'en aller.

Polémas se demande pourquoi Galathée ne se trouvait pas au lieu assigné par le faux druide. Climanthe pense que la nymphe n'a pas bien compté « les jours de la Lune », alors que le chevalier suppose que l'accident de Céladon a dû l'empêcher de se montrer
(I, 5, 140 recto).z

Le jour se lève. Léonide voit les deux hommes et regarde attentivement Climanthe pour pouvoir le reconnaître (I, 5, 140 verso).

En revenant à Isoure avec Adamas, Léonide raconte au druide les méfaits de Climanthe, mais dans une version épurée et sans dire qu'elle a surpris une conversation du faux druide et de Polémas (I, 9, 302 verso).

Histoire de Galathée et Lindamor

Polémas aime Galathée et se croit aimé. Jaloux de Lindamor, il veut le séparer de la nymphe. La médisance ne réussissant pas, il appointe un complice.

En 1607, Léonide disait : « Cet homme s'appelloit Climanthe, incognu en ces païs, à ce que je crois ».

La phrase disparaît en 1621 (I, 9, 302 verso). Le nom du malfaiteur est retardé (I, 9, 303 recto) et la remarque sur son origine mystérieuse supprimée.

La nymphe dit seulement que le faux druide a « finement sçeu » la couleur de la livrée de Lindamor, et a montré à Galathée le Lignon dans un miroir (I, 9, 303 recto).

Dans la version de Léonide, Polémas prend toutes les initiatives et Climanthe lui obéit.

Une fois à Isoure, c'est « par hazard » (I, 9, 304 recto) que Galathée et ses compagnes auraient trouvé le lieu indiqué par le faux druide. Elle y ont découvert Céladon évanoui. Polémas et son complice ont sans doute été « trop tardifs », remarque Léonide (I, 9, 305 recto).

Adamas dit alors à sa nièce que « ceste façon de vivre, dont usoit Galathée, n'estoit ny belle pour la Nymphe, ny honorable pour elle » (I, 9, 305 recto). Comme Léonide rejette la faute sur Climanthe, le druide répond : « S'il y avoit moyen de l'attrapper, je luy ferois bien payer avec usure le faux tiltre qu'il s'est usurpé de Druide » (I, 9, 305 recto). La nymphe explique que Galathée pourra lui indiquer le jour où Climanthe reviendra avec Polémas.

Ce n'est que dans la quatrième partie de L'Astrée que le druide donnera suite à ce projet. C'est de Céladon qu'il s'occupe auparavant.

En rapportant à Galathée ce qu'elle a entendu pendant son voyage (I, 10, 317 verso), Léonide lui raconte les méfaits de Climanthe et de Polémas « pour deposseder Lindamor, et remettre Polemas en sa place » (I, 10, 318 recto). Galathée « ne creut rien de ce qu'elle luy disoit » (I, 10, 317 verso et 318 recto) et sourit. Léonide, humiliée, décide de tout faire pour rendre sa liberté à Céladon.

Pendant ce temps, Adamas est avec Silvie ; « pour sçavoir si sa niece luy avoit dit la verité, [il] la pria de luy raconter tout ce qu'elle en sçavoit » (I, 10, 307 verso).

Silvie à son tour raconte donc :

Histoire de Leonide

Le destin a lié les amours de Galathée et de Léonide.

Polémas recherche Léonide. Mais Galathée, attirée par ce chevalier, ordonne à Léonide de le repousser (I, 10, 312 recto).

Galathée n'aime plus Lindamor « soit par les artifices [de Polémas], ou par la volonté des Dieux, qu'un certain devot Druide » lui a transmise (I, 10, 313 verso).

Galathée et Léonide aiment maintenant Céladon, conclut Silvie.

Fleurial arrive à Isoure avec des nouvelles de Lindamor. Léonide essaie encore une fois de convaincre Galathée des méfaits de « ce trompeur de Climanthe, et cet artificieux de Polemas » (I, 11, 353 recto).

1
Climanthe Présent dans : I, II, III
Première mention : II, 7, 453. Écrit aussi Climante, Climantie.

Caractéristique :
 « L'homme le plus fin
   Qui fut dessus la terre [...]
   Grand artisan d'erreur et de mensonge »
   (La Sylvanire, vers 7449 à 7452).

Nommé dans  : Histoire de Galathée, racontée par Léonide à Céladon ; Suite de l'histoire de Lindamor, racontée par Silvie à Léonide.

Ami de Polémas.


Léonide, pour distraire Céladon qui s'est condamné à la solitude, lui raconte ce qui s'est passé après son départ à Isoure puis à Marcilly (II, 7, 450).

Histoire de Galathée

Adamas ménage Galathée pour pouvoir la convaincre que Climanthe ment (II, 7, 453).

Léonide rappelle à Céladon qu'elle lui a déjà parlé de Climanthe (II, 7, 462) (Voir Autrefois η).

Silvie vient chez Adamas pour donner à Léonide des nouvelles de Marcilly : Galathée a reconnu la méchanceté de Climanthe (II, 10, 656). Elle désire que Léonide raconte à Lindamor la ruse du faux druide et de Polémas (II, 10, 660).

Suite de l'histoire de Lindamor

Silvie répète à Galathée que Léonide n'a pas menti en rapportant les artifices de Polémas et Climanthe (II, 10, 671).

Silvie elle-même a fait une enquête sur les agissements de Polémas. Elle a appris qu'il n'était pas à Marcilly le jour où les nymphes ont trouvé Céladon. De plus, on a vu le chevalier « tout seul » se promener longtemps à l'endroit du sauvetage (II, 10, 671). On a aussi dit à Silvie que Polémas avait quitté Feurs avec un homme que personne ne connaissait « auquel il faisoit des caresses extraordinaires » (II, 10, 671).

« Il faut advoüer, [conclut] Galathee, que veritablement Polemas est meschant et que si j'en puis descouvrir la verité, je l'en feray bien repentir » (II, 10, 672).

« Si j'en puis descouvrir la verité » ?
Qu'est-ce qu'il faut de plus pour persuader la nymphe ?

Si descouvrir signifie plutôt révéler,
à qui - sinon à Polémas -
Galathée pourrait-elle se plaindre ?


2
Climanthe Présent dans : I, II, III
Première mention :  III, 11, 461 verso. Écrit aussi Climante.

Nommé par : Galathée et le romancier.


En songeant à Lindamor, Galathée se demande comment « sortir de la tromperie, où Climante l'avoit mise » (III, 11, 461 verso).

Polémas va essayer une nouvelle fois de compter sur Climanthe pour gagner Galathée. Le faux druide attend la nymphe dans les jardins de Montbrison. Honoré d'Urfé explique que Polémas essaie encore une fois d'acquérir le Forez par la douceur (III, 12, 501 recto).

Adamas apprend à Amasis que Polémas s'est servi de Climanthe pour la tromper. Il recommande que Silvie dise au faux druide que les dames du Forez iront le voir dans deux ou trois jours ; Polémas prendra donc patience (III, 12, 550 verso).

3
Clindor Présent dans : I
Première mention : I, 2, 38 recto.

Caractéristique : « Trop curieux », dit Céladon (I, 2, 41 recto).

Nommé dans : Histoire d'Alcippe, racontée par Céladon.

Berger du Lignon. Fils de Cléante, père d'Aminthe. Ami d'Alcippe.


À Isoure, Céladon raconte aux nymphes :

Histoire d'Alcippe

Clindor et son père accompagnent Alcippe à Marcilly.

Clindor apprend la bonne fortune de son ami (I, 2, 41 recto) auprès d'une Dame qui cache son identité et lui fait de « grands dons ».

Il lui suggère une ruse pour découvrir le nom caché, couper un morceau de la frange du lit (I, 2, 41 recto).

La Dame, pour punir Clindor, suscite une querelle entre lui et un cousin de Pimandre. Clindor tue son adversaire et s'enfuit (I, 2, 41 verso). Pimandre le fait arrêter en Auvergne. Clindor est prisonnier d'Alaric à Usson.

Alcippe libère son ami (I, 2, 42 recto) et se condamne ainsi à l'exil.


1
Clodion Présent dans : I, II, III

Première mention : Clodion apparaît dans l'édition anonyme de 1607 seulement (I, 2, 38 recto).

Personnage historique : Clodion le chevelu, mort en 447. Chef des Francs Saliens.

Nommé dans : Histoire d'Alcippe, racontée par Céladon.


À Isoure, Céladon raconte aux nymphes :

En 1607, Alcippe jeune avait les cheveux longs parce que Clodion n'avait pas encore interdit ce type de coiffure, et parce qu'il n'était pas leur roi.
La remarque disparaît en 1621
(I, 2, 38 recto).

Les relations des Foréziens avec les Francs sont ambiguës en 1607.

1
Clodion Présent dans : I, II, III
Première mention : II, 11, 759.

Personnage historique : Clodion le Chevelu. « Cloion (qui est appellé communément Clodion) » « fut ainsi que dit Gregoire, bon et pourfitable Roy ». Il est battu par Ætius (Fauchet, f° 86 verso). « À la mode de son pays, il portoit de longs cheveux liez en tresses pignées et galonnées » (Fauchet, f° 45 recto) « Nul autre que les Roix, ou de sang Royal, eust ausé porter les cheveux longs » (Fauchet, f° 89 recto). L'historien renvoie à une représentation de Dagobert qui se trouve à l'église Saint-Denis, sous le clocher gauche en entrant (Fauchet, f° 89 verso).
Du Haillan précise : Clodion « fist une loy entre les siens, loy plus honorable et ceremonieuse, et plus appartenante à la majesté des Roys, qu'à la police, par laquelle il voulut qu'il n'y eust que les Roys, leurs enfans et ceux de leur race, qui portassent longue cheveleure, et que les autres la portasent rognée » (p. 22).
D'après le Larousse du XIXe, Clodion signifierait célèbre.

Nommé dans : Histoire de Placidie, racontée par Adamas à Léonide, Alexis, et un groupe de bergers ;
Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace, racontée par Ursace, puis répétée par Silvandre à Léonide, Adamas, Alexis, et un groupe de bergers.

Fils de Faramond, roi des Francs. Prédécesseur de Mérovée.


Adamas, devant les portraits réunis dans sa galerie, raconte :

Histoire de Placidie

Sous Clodion, les Francs ne conquièrent qu'une petite région autour du Rhin (II, 11, 759). Ils franchissent le fleuve (II, 11, 762).

Silvandre rapporte puis complète le récit d'Ursace.

Histoire d'Eudoxe

Attila fait des offres à Mérovée, le successeur de Clodion, fils de Faramond (II, 12, 823).


2
Clodion Présent dans : I, II, III

Première mention : III, 3, 59 recto.

Personnage historique : Clodion conquit « presque tout le païs deppuis la riviere du Rhin jusques a la riviere de Seine », selon Bouchet (f° 33 recto). Du Haillan raconte que Clodion est mort en 449 ou 447 après avoir régné 18 ou 20 ans, et qu'il a confié sa femme (une fille du roi d'Austrasie et de Thuringe) et ses trois fils « au gouvernement » de Mérovée. À la mort de Clodion, Mérovée chasse les trois enfants, Auberon, Regnault et Rancaire. « D'autres dient que ledict Merovee estoit filz de Clodion », ajoute l'historien (p. 19).
Rancaire ne figure pas dans L'Astrée, Auberon devient Alberic et Regnault Renaud.

Caractéristique : Mérovée admire « la force » et « la generosité » de Clodion, dit le chevalier de Lindamor (III, 12, 527 recto).

Nommé dans : la description de la galerie d'Adamas et dans l'Histoire de Childeric, de Silviane, et d'Andrimarte racontée par un chevalier de Lindamor.

Roi des Francs.


Après l'édition de 1619, dans la galerie du druide, à côté de la carte de la seconde Belgique, figurent les portraits des quatre premiers chefs Francs, Pharamond, Clodion, Mérovée et Childéric (III, 3, 59 recto).

Le chevalier de Lindamor raconte :

Histoire de Childeric, de Silviane, et d'Andrimarte

Les chevaliers foréziens ont soutenu Mérovée et Childéric « soit contre les enfans de Clodion, soit contre les Romains et autres » (III, 12, 508 verso).

Mérovée, préféré aux enfants de Clodion, envoie Andrimarte les chasser (III, 12, 523 verso). Andrimarte les oblige à demeurer en Austrasie (III, 12, 528 verso)

Mérovée admire Clodion, celui qui a pris les Gaules aux Romains (III, 12, 527 verso).

Mécontent de la conduite de Childéric, Mérovée le menace de rendre le sceptre à Renaud et Alberic, les fils de Clodion (III, 12, 528 recto).

Quand Paris se soulève contre Childéric, Guyemant explique que les mécontents risquent de rappeler les enfants de Clodion (III, 12, 547 recto).


3
Clorange Présent dans : III
Première mention :  III, 7, 301 recto (présent) ; III, 7, 305 verso (nommé).

Caractéristiques : « Fort riche, mais le plus vicieux d'esprit, le plus laid et le plus difforme corps qui fut en toute la Gaule Cisalpine », dit Criséide qui est supposée épouser cet homme (III, 7, 301 recto).

Personnage totalement silencieux.

Nommé dans : : Histoire de Cryseide et d'Arimant racontée par Criséide et rapportée par Hylas dans Histoire de Cryseide et d'Hylas.

Allié de Ricimer.

criseide


Hylas rapporte le récit que lui a fait Criséide à Lyon.

Histoire de Cryseide et d'Arimant

Criséide et Arimant s'aiment. Le prince Ricimer veut marier la jeune fille avec le riche Clorange (III, 7, 301 recto). La mère de Criséide approuve ce projet parce qu'elle désire se libérer pour se remarier. Cette alliance est soutenue par Ricimer qui veut caser Criséide pour en disposer ensuite (III, 7, 306 recto). Le mariage va se faire dans deux jours.

Criséide essaie de se tuer quand elle est seule : elle se fait saigner les deux bras puis arrache les pansements. Ricimer et Clarine sauvent la vie de le jeune fille. Comme la suivante remarque que sa maîtresse ne laisse pas Ricimer indifférent, elle lui révèle que Criséide ne veut pas épouser Clorange (III, 7, 308 verso). Ricimer jure de ne jamais consentir à cette union. La femme de Ricimer est jalouse. Elle s'entend avec la mère de Criséide pour marier la jeune fille à Clorange dès que Ricimer s'éloignera. Clarine entend cette conversation et prévient sa maîtresse. Arimant revient pour se battre contre Clorange (III, 7, 315 verso).

Les jeunes gens décident que Criséide et Clarine vont s'enfuir travesties. Elles ne trouvent pas Arimant au lieu du rendez vous. Son serviteur leur apprend que son maître a été blessé en se battant contre Clorange qu'il a tué (III, 7, 321 verso). Six semaines après, le chevalier retourne auprès de son père avec Criséide qui passe pour Cléomire, Gaulois Transalpin. Ce Cléomire aurait secondé Arimant lors du duel contre Clorange (III, 7, 325 recto). Cléomire démontre au père d'Arimant que le chevalier devrait épouser Criséide. La jeune fille, en se tuant pour ne pas épouser Clorange, puis en s'enfuyant, a agi comme la chaste Lucrèce (III, 7, 328 recto).


3
Clorian Présent dans : II
Première mention : II, 3, 170.

Caractéristiques : « Tres-mal avisé » (II, 4, 195), « riche et bien apparenté » (II, 4, 200), dit Hylas, le narrateur. 

Nommé dans : Histoire de Palinice et de Circène, racontée par Florice à Paris et aux bergers ;
Histoire de Parthenopé, Florice et Dorinde, racontée par Hylas à Paris et aux bergers.

Frère de Palinice. Ami d'Hylas. Amoureux de Circène.

Hylas4

Florice, Palinice et Circène, déguisées en bergères, surviennent en Forez. Quand Florice entend Paris nommer Hylas, elle raconte cette histoire pour expliquer comment ses compagnes et elles ont connu l'inconstant (II, 3, 168).

Le nom de Florice est prononcé quand la jeune femme a terminé son récit (II, 3, 181).

Histoire de Palinice et de Circène

Clorian est trop respectueux pour déclarer son amour à la jeune Circène, une amie de sa sœur, Palinice (II, 3, 170).

Hylas, amoureux de Palinice, se conduit comme l'ami de Clorian, alors que Clorian l'aime véritablement comme un frère. Hylas remarque la mélancolie du jeune homme (II, 3, 173). Circène est partie voir son père malade dans une ville du « pays des Sebusiens » (II, 3, 171). Clorian, du haut de sa maison, regarde dans cette direction et chante sa peine : il souhaite que le vent porte à Circène ses « amoureuses plaintes » et lui rapporte son haleine (II, 3, 173).

Hylas surprend son ami et reçoit ses confidences. Il lui conseille de déclarer ses sentiments à la jeune fille (II, 3, 176). Hylas offre ses services à Clorian (II, 3, 177). Devenu messager, il tombe amoureux de Circène, et le cache à Clorian (II, 3, 181).

Hylas survient et coupe la parole à Florice (II, 3, 181). Il poursuit lui-même son histoire.

Histoire de Parthenopé, Florice et Dorinde

Hylas se souvient qu'il a vu Circène avant qu'elle ne quitte Lyon (II, 4, 196). L'amour a donc précédé son amitié pour Clorian, se dit-il. De plus, il aime Hylas plus qu'il n'aime Clorian (II, 4, 196).

Hylas charme Circène qui fait semblant d'aimer Clorian, le prétendant que sa mère lui souhaite (II, 4, 197). Hylas et Circène s'entendent pour tromper Clorian. Hylas dit à la mère de la jeune fille que Clorian souhaite épouser la jeune fille, mais qu'il attend l'autorisation de ses parents (II, 4, 200).

Pendant les Bacchanales, Clorian et Hylas participent à un tournoi. Clorian fait peindre sur ses armes une Circé avec le visage de Circène et la devise : « L'AUTRE AVOIT MOINS DE CHARMES » (II, 4, 201).

Comme Hylas s'est présenté en Chevalier de la Sirène, Circène juge qu'il courtise Parthénopé une jeune fille qui porte le nom de la sirène nommée Parthénopé (II, 4, 204). Repoussé par Circène, Hylas se tourne vers cette Parthénopé au nom fatidique. Clorian rapporte la chose à Circène (II, 4, 206). Lorsque l'inconstant porte au cou une écharpe de Parthénopé, c'est encore Clorian qui rapporte la chose à Circène (II, 4, 206).

Une justice immanente permet à Clorian de se venger d'Hylas en le séparant de Circène.

Clorian récite des vers
(II, 3, 173).

2
Cloris Présente dans : I, III
Première mention : I, 8, 256 recto.

Caractéristiques : « Si modeste et discrette, qu'elle n'estoit pas moins recommandable pour sa vertu, que pour sa beauté, au reste, si triste, et pleine de melancolie, qu'elle faisoit pitié », dit Hylas (I, 8, 255 verso). « Elle n'estoit pas plus spirituelle que de raison », dit Diane (I, 6, 185 recto).

Nommée dans : Histoire de Hylas, racontée par Hylas.
Nommée dans : Histoire de Diane, racontée par Diane.

Bergère des rives de la Loire. Fille de Leonce, le frère de Gerestan. Épouse de Rosidor.

Relations

Diane raconte à Astrée et Phillis :

Histoire de Diane

Gerestan a une nièce que Callirée et Filandre prétendent vouloir marier à Amidor (I, 6, 169 verso).

Hylas raconte aux bergers, à Diane et à Paris : 

Histoire de Hylas

Cloris rencontre Hylas sur le bateau qui la mène de Vienne à Lyon (I, 8, 255 verso). Elle doit retrouver son mari blessé. Elle raconte son histoire à Hylas pour expliquer sa tristesse. Hylas, en narrant sa propre histoire, inclut le récit de Cloris (I, 8, 256 recto).

À quinze ans, à la mort de ses parents, elle est confiée à son oncle qui cherche à la marier pour se débarrasser d'elle. Callirée, la femme de Gerestan, se montre bonne pour elle (I, 8, 256 verso).

Cloris rencontre Rosidor dans le temple d'Hercule, près des rives du Furan. Il la sert pendant quatre ans.

Les jeunes gens se marient dans un temple, à Vienne. Pendant les réjouissances, quelques « debauchez » de hameaux proches de Lyon attaquent le jeune couple et jettent une bouteille d'encre sur Cloris (I, 8, 257 verso). Rosidor tue un des assaillants et, avec ses amis, chasse les autres. Pour échapper à la Justice, Rosidor s'enfuit.

Déguisé, il revient de nuit près de Cloris. Le jeune homme est arrêté et emmené à Lyon. Quand il obtient sa grâce, il demande à Cloris d'aller préparer des réjouissances à Vienne. Lui-même, malade, reste à Lyon. Les « debauchez » reviennent et l'attaquent (I, 8, 258 verso).

Hylas accompagne Cloris à Lyon, près de Rosidor. Le jeune homme est remis. Comme Cloris cesse d'être triste, elle n'intéresse plus Hylas (I, 8, 259 recto).


1
Cloris Présente dans : I, III
Première mention : III, 7, 271 verso.

Caractéristique : « La triste Cloris » (III, 7, 271 verso).

Nommé dans : Histoire de Cryseide et de Hylas racontée par Hylas.


Hylas rappelle au début de son récit qu'il a aimé Cloris (III, 7, 271 verso).
3
Constance Présent dans : II
Première mention : II, 11, 736.

Personnage historique : Constance III, empereur d'Occident mort en 420 ou 421. « Honorius ne sçachant de plus grand degré recompenser la vertu d'un si vaillant Capitaine qu'estoit Constantius, le fit declarer Cesar », en 416 (Fauchet, f° 83 recto). Constance s'entend avec les Wisigoths de Walia. Il épouse Placidie en 417. Ils ont une fille, Honorique, et un fils, le futur Valentinien III.

Caractéristiques : « De race tres-ancienne, et de vertu tres-recommandable », « un des grands personnages que l'Empire ayt eu de long temps auparavant » (II, 11, 746), déclare Adamas.

Nommé dans : Histoire de Placidie, racontée par Adamas à Léonide, Alexis, et un groupe de bergers ; Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace, racontée par Ursace, puis répétée par Silvandre à Léonide, Adamas, Alexis, et un groupe de bergers.

Époux de Placidie. Père de Valentinien et d'Honorique.

Placidie

Le portrait de Constance se trouve dans la galerie d'Adamas (II, 11, 736). Le druide raconte :

Histoire de Placidie

Honorius, qui veut laisser l'Empire à Constance, lui donne la main de Placidie (II, 11, 746). Constance se bat en Espagne contre les Suèves et les Alains (II, 11, 747).

Walia, le roi des Wisigoths, soutient Constance, et obtient l'Aquitaine en récompense. Avant de défaire les Vandales, Constance doit rentrer à Rome parce qu'Attale fomente une révolte (II, 11, 747).

Constance est déclaré Empereur. Placidie lui donne un fils, Valentinien, et une fille, Honorique. Constance tombe malade et meurt (II, 11, 748).

Un protégé de Constance, Ætius, est désigné pour le remplacer à la tête de l'armée (II, 11, 749).

Honorius se méfie d'Ætius qu'il juge inférieur à Constance (II, 11, 751).

Silvandre rapporte puis complète le récit d'Ursace.

Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace

Isidore, pour flatter et adoucir Valentinien, lui rappelle deux fois qu'il est le fils du généreux Constance (II, 12, 811 ; II, 12, 813).

Elle énumère les grâces que Dieu lui a faites : Constance a obtenu la paix en donnant l'Aquitaine aux Wisigoths (II, 12, 824).


2
Corebe Présent dans : I
Première mention : I, 4, 112 verso.

Caractéristique : « Tres-riche et honneste Berger », dit Astrée (I, 4, 112 verso).

Remarque sur le nom : « Helas je suis ce Corèbe insensé », écrit Ronsard (Amours, éd. Blanchemain, I, p. 4). Dans l'Énéide, Virgile fait de Corèbe un prince amoureux de Cassandre (p. 46, II, 340). À Troie, « insano Cassandræ incensus amore », il encourage ses compagnons à se battre déguisés contre les Grecs sans écouter les prédictions de Cassandre.

Nommé dans : Histoire d'Astrée et Phillis, racontée par Astrée.

Berger du Forez.

Relations

Astrée raconte à Diane :

Histoire d'Astrée et Phillis

Quand Corèbe vient dans le hameau des bergers du Lignon, avant les fêtes de Vénus, il amène plusieurs autres bergers, dont Sémire (I, 4, 116 recto).

Les parents d'Astrée désirent qu'elle épouse Corèbe (I, 4, 113 verso).


1
Corilas Présent dans : I, II, III
Première mention : I, 4, 87 verso.

Caractéristique : « Le pauvre miserable est tant aveuglé », dit son ami, Lysis (I, 5, 152 recto).

Narrateur : Histoire de Stelle et Corilas.

Berger du Lignon. Cousin de Lysis.

Relations

Astrée dit, dans l'Histoire d'Astrée et Phillis, que le jour de la fête de Vénus, Corilas l'escorte au bal (I, 4, 87 verso) et sert d'intermédiaire entre elle et Céladon.

Le druide Adamas entend Corilas se disputer avec Stelle et se cache pour écouter ces bergers qu'il ne connaît que de nom (I, 5, 141 recto).

Corilas et Stelle se disputent dans un dialogue chanté.

Quand la bergère s'éloigne, Adamas, « ayant cognoissance par leurs noms de la famille dont ils estoient, eut envie de sçavoir davantage de leurs affaires » (I, 5, 144 recto). Le druide propose au berger de lui donner des conseils, et, pour l'encourager à raconter son histoire, prétend que les gens en parlent au désavantage de Corilas.

Histoire de Stelle et Corilas 

À dix-sept ans, Stelle est veuve d'un mari de soixante-quinze ans. Son frère, Salian, par prudence, l'envoie dans un autre hameau pour vivre avec Aminthe. Lysis tombe amoureux de Stelle et la demande en mariage. La jeune femme rompt le contrat sans donner d'explication (I, 5, 146 recto).

Sémire à son tour recherche Stelle. Lors du mariage d'Olimpe, il constate que la jeune femme voudrait revenir à Lysis.

À ce moment, Corilas aussi est séduit par Stelle (I, 5, 148 recto). À la demande de la bergère, il charge Lysis de soutenir sa cause auprès d'elle. Lysis obtient de Stelle une promesse écrite de mariage en faveur de Corilas, mais ne le dit pas à son ami.

Corilas organise ses noces avec Stelle. Pendant les réjouissances, la jeune femme change d'avis (I, 5, 154 recto).

Elle réussit par la ruse à soutirer la promesse que Lysis avait gardée.

Stelle désire alors revenir à Sémire. Pour se venger de la bergère qui l'avait abandonné pour Lysis, Sémire à son tour l'abandonne le jour du mariage (I, 5, 156 recto).

Adamas tire la conclusion qui s'impose après ce récit où mariages et promesses de mariage sont bafoués, et où le héros s'est montré aussi imprudent en amour qu'en amitié : il faut « vous marier, non point par Amour, mais par raison » (I, 5, 156 recto).

Corilas se trouve avec Lycidas quand Laonice demande où est Tircis (I, 7, 220 verso).

Corilas intervient dans une discussion générale sur l'amour en demandant comment se fait-il qu'on aime plusieurs fois : il parle de ce qui le touche, note Céladon (I, 10, 323 recto).

Corilas chante un dialogue en vers avec Stelle (I, 5, 142 recto).

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Corilas Présent dans : I, II, III
Première mention : II, 11, 674. Écrit aussi Coridas et Corylas.

Auditeur : Histoire de Placidie, racontée par Adamas à Léonide, Alexis, et un groupe de bergers ;
Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace, racontée par Ursace, puis répétée par Silvandre à Léonide, Adamas, Alexis, et un groupe de bergers.

Berger du Lignon.


Corilas fait partie du groupe de bergers qui rend visite à Adamas (II, 11, 674).

Avec Hylas et Amidor, il parle à Alexis (II, 11, 680).

Avec Silvandre, pour s'amuser, il prend le parti de Phillis afin d'encourager Hylas à expliquer pourquoi il lui préfère maintenant Alexis (II, 11, 731).

Corilas relève que l'inconstant démontre sa légèreté : « Qui sera celle à l'advenir qui pourra estre asseuree de vostre amitié ? » (II, 11, 732). Corilas cesse de discuter lorsqu'Hylas déclare Alexis plus belle que Phillis (II, 11, 732).

Corilas fait à Hylas les reproches qu'il faisait à Stelle dans la première partie du roman.

2
Corilas Présent dans : I, II, III

Première mention : III, 1, 9 recto (présent) ; III, 1, 9 verso (nommé). Écrit aussi Corylas.

Caractéristique : « La douceur de la voix », dit le romancier (III, 1, 9 recto).

Auditeur : Histoire de Cryseide et de Hylas racontée par Hylas. Suitte de l'histoire de Cryseide et d'Arimant racontée par Florice.

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Diane et Silvandre écoutent ce berger qui, encore une fois, entre en scène en chantant. Il n'aime plus Stelle. Il se compare curieusement à un Sisyphe dont le rocher serait cette jeune femme (III, 1, 9 verso). Les relations des jeunes gens sont si notoires qu'on les appelle « les amis ennemis » (III, 1, 10 recto).

Corilas fait partie de la troupe qui se rend chez le druide Adamas en bavardant et en chantant (III, 1, 21 recto).

Lorsque les bergers se passent une harpe pour chanter à tour de rôle, Silvandre choisit Corilas. Celui-ci chante un sonnet pour redire qu'il n'aime plus Stelle (III, 5, 175 verso). Au lieu de remettre la harpe à la jeune femme qui la demande, il la donne à Hylas puis explique que l'inconstant exprime ce que Stelle fait.

Pendant le repas, Corilas entend Stelle et Hylas se donner la réplique. Il demande alors à Silvandre si l'amour naît de la sympathie. Si c'est le cas, Stelle et Hylas devraient s'aimer (III, 5, 202 recto). Toute la troupe rit de cette proposition ... qui est en train de se réaliser.

Stelle prétend que Corilas lui a enlevé l'envie d'aimer un autre berger. À son tour Corilas dit qu'il a lui-même du mal à apprécier celles qui portent la même robe que Stelle (III, 5, 202 verso).

Hylas et Stelle se rapprochent. Corilas en est si content qu'il accepte d'écrire les douze conditions de leur accord (III, 9, 383 recto). Il bénit en quelque sorte le nouveau couple après la composition du treizième article qui rend la liberté à qui le désire (III, 9, 386 verso).

Corilas prononce trois fois des vers
(III, 1, 9 recto ; III, 5, 175 verso ;
III, 11, 458 recto).

3
Cryseide Présente dans : II, III
Première mention : II, 4, 269. Écrit aussi Chriserde.

Caractéristique : « Étrangere » (II, 4, 269), dit Hylas.


Histoire de Parthenopé, Florice et Dorinde

À la fin de son récit, Hylas annonce qu'il tombe amoureux de Criséide dès qu'il la voit (II, 4, 269).

Tandis qu'Hylas pense à la suite de ses aventures avec Criséide, Astrée, qui s'impatiente, prend la parole (II, 5, 270). Les bergers vont continuer leur route.

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Cryseide Présente dans : II, III

Première mention :  III, 7, 272 verso (présente) ; III, 7, 285 verso (nommée). Écrit aussi Chryseide. Travestie, Criséide se nomme Cléomire.

Caractéristiques : Elle vient « de delà les Alpes, où les filles sont beaucoup plus hardies et resoluës que ne sont pas nos Gauloises, hardies à entreprendre ce qu'elles desirent, et resoluës à executer ce qu'elles ont entrepris », remarque Hylas, qui est amoureux d'elle (III, 7, 281 verso). « Cette genereuse fille », disent Florice (III, 8, 333 verso) et Arimant (III, 8, 361 recto). « La genereuse Cryseide », pensent les auditeurs de son histoire (III, 9, 366 verso).

Remarques sur le nom : Criséide est la forme latine et italienne de Chryséis, la prisonnière troyenne qu'Agamemnon doit rendre à son père dans le premier chant de l'Iliade d'HomÈre. Au Moyen Âge, le Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure présente cette Criséide sacrifiant son amant, Troïlus, au puissant roi des Grecs. Cette jeune fille volage s'appelle Griseida chez Boccace, Criséide dans les Amadis et Cressida chez Shakespeare (Henein, p. 305). Elle personnifie l'infidélité des femmes. La Criséide de L'Astrée a des traits de Chryséis, mais elle est l'antithèse des diverses Criséides.

Les femmes travesties portent souvent des noms menteurs. Mélandre n'est pas andros, Filidas n'est pas filius, Callirée n'est pas Callirhoé, une jeune fille métamorphosée en fontaine parce qu'elle a préféré mourir que se marier (Henein, p. 306).

Nommée dans : Histoire de Cryseide et d'Hylas racontée par Hylas et Suitte de l'histoire de Cryseide et d'Arimant racontée par Florice.

Fille de Léandre et de Lucie, son destin figure celui du pays des Salasses. Convoitée par le prince Romain, Ricimer, et par le roi Bourguignon, Gondebaud, elle finit par épouser Arimant, un chevalier Libicin.

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Adamas et ses hôtes se rendent au temple d'Astrée pour la cérémonie d'action de grâces. Daphnide pose à Diane des questions sur Hylas. « Depuis quand est-il parmy vous, et qu'est-ce qui l'y a faict venir » (III, 7, 268 recto). Alexis se charge de prétendre qu'elle désire mieux connaître celui qui l'aime. Hylas ne croit pas aux bienfaits de la connaissance en amour, mais il se plaît à raconter ses amours à ces auditeurs qui se bousculent autour de lui (III, 7, 270 verso).

Histoire de Cryseide et d'Hylas

En 1619 ce récit s'intitulait
Histoire de Cryseide et d'Arimant.
Dans les éditions suivantes l'Histoire de Cryseide et d'Arimant est un titre ajouté et intercalé dans
l'Histoire de Cryseide et d'Hylas.

Un soir, en se promenant à Lyon, Hylas voit défiler dans trois chariots des prisonnières que Gondebaud a prises en Italie. Comme l'inconstant a oublié Florice - éloignée par son mari -, il contemple avec ravissement les vêtements de ces douze étrangères. L'une d'entre elles l'impressionne tellement qu'il la décrit avec une profusion de détails (III, 7, 273 recto).

Hylas s'interrompt lui-même pour dire à Silvandre qu'il a tort de rire
(III, 7, 273 verso).

Hylas confie sa nouvelle passion à Périandre. Il se met sur son trente-et-un pour revoir le lendemain la prisonnière allant du Palais au Temple. Elle entend et comprend le compliment qu'il soupire (III, 7, 276 verso).

Diane interrompt pour souligner l'utilité des règlements qui interdisent aux hommes d'entrer dans les temples au moment des prières
(III, 7, 277 recto).

La prisonnière qu'Hylas ne quitte pas des yeux tombe dans les escaliers. Il la relève.

Hylas s'interrompt pour faire remarquer à Silvandre l'importance des petits services. Il ne faut pas compter quand on aime, réplique Silvandre. Il ajoute qu'Hylas se vante comme ses compatriotes
(III, 7, 278 verso).

Comme la tante de Périandre, Amasonte, a ses entrées au palais, Hylas rend visite aux Italiennes. Celle qui lui plaît parle gaulois. Elle converse plusieurs fois avec le jeune homme. Un mois après, elle l'invite à la rencontrer dans les jardins de l'Athénée. Elle lui raconte alors « la plus pitoyable adventure » et lui demande le secret (III, 7, 283 recto).

Après l'édition de 1619, d'Urfé ajoute encore une interruption volontaire où Hylas prie Silvandre de noter qu'il est avantageux de connaître l'histoire de celle qu'on recherche
(III, 7, 283 recto).
Il avait dit le contraire plus haut !

Pendant son récit, la narratrice interpelle son auditeur vingt-cinq fois.

Histoire de Cryseide et d'Arimant

Criséide appartient au peuple des Salasses qui habitent un pays convoité par les Romains pour ses ressources minières. À sa naissance, une druide gauloise s'arrête à Éporèdes. Au nom de Tautatès, elle prédit deux fois que Criséide aura le même sort que sa patrie : sa beauté fera d'elle un objet de convoitise (III, 7, 283 verso).

Le Piémont que se disputent l'Italie et la France se donne au XIVe siècle à la Maison de Savoie η.

Le parallèle fait par l'oracle entre le personnage et sa patrie rappelle la légende qui voulait que le sort de l'amant de Chrysès (ou Cresside) reflète celui de son pays :
Troie serait invincible si Troïlus vivait jusqu'à vingt ans.
Merci à John Fyler, spécialiste de Chaucer.

Orpheline de père, à quatorze ou quinze ans, la jeune fille rencontre Arimant durant des noces dont les festivités durent plusieurs jours. Elle danse avec lui une pavane, l'écoute déclarer son amour, et, le dernier jour, lui montre sa bonne volonté (III, 7, 287 recto). Le père de ce chevalier Libicin a dû quitter Éporèdes pour s'éloigner de Ricimer, le gouverneur de la Gaule Cisalpine. Le chevalier, lui, réside à Éporèdes où il voit Criséide au temple et lui offre des aubades. Quand il lui fait donner une lettre par une vieille femme, Criséide, par prudence, refuse de la prendre. Elle écrit au chevalier grâce à Clarine, la fille de sa nourrice et gouvernante.

Clarine propose une ruse élaborée : Criséide mettra un mouchoir à sa fenêtre pour indiquer qu'elle a un message pour Arimant. Les jeunes gens se retrouveront ensuite au temple où Criséide laissera tomber un livre dans le chapeau du jeune homme ou à côté de lui. Dans ce livre, elle aura effacé, dans l'ordre, les lettres dont elle a besoin pour écrire son message (III, 7, 293 recto). Le jeune homme aura fait faire un livre identique et à son tour, de la même manière, répondra ...

Criséide consent à recevoir Arimant dans sa chambre à condition qu'il ne demande rien de plus que ce qu'on lui offre. Le chevalier se procure une échelle de soie et un soporifique à appliquer sous le nez de la nourrice endormie. Une fois dans la chambre, il jure avec grandiloquence de respecter Criséide. La jeune fille est « en robe de nuit » (III, 7, 294 verso). Elle justifie son imprudence : elle a jugé Arimant digne de ses faveurs (III, 7, 297 recto). Elle lui demande s'il est vrai qu'on va le marier. Il jure de n'épouser qu'elle, elle aussi jure de l'épouser si on le lui permet. Clarine sert de témoin aux promesses du couple (III, 7, 298 verso). Comme la nourrice remue et s'éveille, Arimant s'enfuit. Les jeunes filles font comme si la nourrice avait été malade.

Ricimer qui a pour femme une parente de la mère de Criséide, veut marier la jeune fille avec un de ses alliés, Clorange, riche mais laid et difforme (III, 7, 301 recto). La mère de Criséide approuve ce projet parce qu'elle désire se libérer pour se remarier. Elle va emmener sa fille dans la maison de Ricimer. Un parent de la mère avertit Arimant. Grâce à Clarine, Criséide lui écrit. Les jeunes gens échangent quelques phrases quand le chariot de la jeune fille va partir. Ils tombent tous les deux malades de chagrin. Arimant, aux portes de la mort, écrit à Criséide. Elle aussi lui envoie un messager. Tous les deux se remettent parce qu'ils sont heureux de ce contact inespéré. Arimant promet de venir voir Criséide déguisé. Comme la jeune fille a retrouvé la beauté avec l'espérance, le projet de mariage remonte à la surface. Cette alliance est soutenue par Ricimer qui veut marier Criséide pour en disposer ensuite (III, 7, 305 verso).

Le mariage va se faire dans deux jours. Criséide décide de se tuer : elle demande à un chirurgien de la saigner, puis elle convoque un second chirurgien pour se faire saigner l'autre bras. Elle arrache ensuite les pansements. Avec le sang qui coule, elle écrit sur un mouchoir : « TIENNE JE MEURS, ARIMANT » (III, 7, 308 recto). Clarine, en rentrant du temple, trouve sa maîtresse évanouie. Elle prend le mouchoir et l'envoie au chevalier, puis elle va chercher du secours. Ricimer sauve la vie de Criséide. La pâleur du visage de la jeune fille et la couleur de son sang ont exacerbé sa passion. Il apprend par Clarine que Criséide s'est tuée pour ne pas épouser Clorange. Il admire cette tentative de suicide, « genereuse action » (III, 7, 309 verso), et jure de ne pas consentir au mariage redouté.

Trois jours après, Criséide se souvient du mouchoir ; elle demande à Clarine de tranquilliser Arimant. De son côté, le chevalier a écrit qu'il a fait des songes de mauvais augure et qu'il va venir auprès de Criséide. Il reçoit alors le mouchoir et s'évanouit. Il demande à son père la permission de voyager. Il compte se battre contre Clorange. Quand il apprend que Criséide a survécu, avec deux de ses serviteurs, il s'habille en marchand gaulois.

Gondebaud entre en Gaule cisalpine ; Ricimer, au lieu de l'arrêter, ne quitte pas Criséide (III, 7, 318 verso). Sa femme est jalouse. Elle s'entend avec la mère de Criséide pour marier la jeune fille à Clorange dès que Ricimer s'éloignera. Clarine entend cette conversation et prévient sa maîtresse. Quand Arimant arrive, les jeunes gens décident que Criséide et Clarine vont s'enfuir habillées en homme. Elles doivent se rendre auprès du chevalier quinze jours après. Les jeunes filles travesties passent devant la mère de Criséide qui ne les reconnaît pas. Elles ne trouvent pas Arimant. Le serviteur du chevalier leur apprend que son maître a été blessé en se battant contre Clorange qu'il a tué.

Avant de rejoindre Arimant, Criséide et Clarine se font couper les cheveux. On ne cherche pas la jeune fille parce que Ricimer et sa femme se soupçonnent mutuellement, tandis que la mère de Criséide les soupçonne tous les deux. Criséide et Arimant se retrouvent et vivent en frère et sœur. Six semaines après, le chevalier doit retourner auprès de son père. Il emmène Criséide qui passe pour Cléomire, Gaulois Transalpin. Cléomire aurait sauvé la vie d'Arimant lors du duel avec Clorange.

Le père d'Arimant estime tant Cléomire que celui-ci s'enhardit jusqu'à lui proposer de marier Arimant à Criséide. Cléomire parle donc en faveur de la jeune fille : Criséide se disculpe ainsi habilement (III, 7, 326 recto à 328 verso) et se compare même à la chaste Lucrèce (III, 7, 328 recto). Arimant, prétend Cléomire, après avoir sauvé la jeune fille, l'aurait laissée chez les Vestales. Pas un mot sur le travestissement.

Criséide ment
par omission et par exagération.
Le prétendu séjour chez les Vestales cache les quarante jours d'intimité dont les amants ont joui sous le couvert du travestissement.

Dès que le père donne son consentement, le faux Cléomire et Arimant partent chercher Criséide pour revenir avec la jeune fille habillée en femme. Ils s'arrêtent dans la ville des Caturiges au moment où Gondebaud y entre. Comme Criséide est habillée en femme, elle fera partie du butin, car la ville a accepté les conditions du vainqueur. Arimant essaie en vain de se battre.

Les prisonnières emmenées par Gondebaud, conclut Criséide, attendent que le Roi décide de leur sort (III, 7, 331 recto).

Criséide est en pleurs à la fin de son récit. Hylas, lui, n'a pas senti le temps passer. Il raccompagne les prisonnières dans le temple, espérant conquérir Criséide puisque « ses affections n'estoient plus employées » (III, 7, 331 verso).

Dans l'édition de 1619 seulement, deux pages suivent : Quelques jours après, Criséide s'enfuit. Comme Gondebaud fait rechercher cette prisonnière à laquelle il tient, on conseille à Hylas de quitter les lieux par prudence. Le jeune homme se déguise en berger et se rend au Mont d'or. Là, il tombe amoureux de Laonice, et la suit en Forez.
Phillis, conclut-il, a dû vous dire ce que j'ai fait dans les hameaux, je ne vais donc pas le répéter.

L'assistance proteste et désire savoir la suite des aventures. Florice offre de rapporter ce que Criséide lui a raconté à Lyon (III, 8, 333 verso).

Nous ne connaîtrons pas les circonstances de ce récit. La narratrice a-t-elle assisté au dénouement ?

Suitte de l'histoire de Cryseide et d'Arimant

Lorsqu'elle reçoit un livre dans le temple, Criséide se souvient de la ruse des lettres grattées (III, 8, 334 recto). Émue, elle tombe à genoux pour prier Mercure. Elle reconnaît le messager d'Arimant (enfin nommé Bellaris). Elle annonce la nouvelle à Clarine, sa fidèle suivante. Le lendemain, au temple, Clarine donne rendez-vous à Bellaris à l'Athénée le soir même.

Alors que Criséide ignorait jusqu'au nom de Tautatès (III, 7, 283 verso), une fois dans un temple à Lyon, elle sait prendre de l'eau lustrale
(III, 8, 337 recto ; III, 8, 356 verso). Rites païens ou non coexistent.

Criséide est entourée de Dames, lorsque Bellaris l'accoste. Il prétend être un serviteur de ses parents, qui aurait suivi Marciante, chevalier qui serait mort (III, 8, 338 verso). Quand les compagnes de Criséide s'éloignent, Bellaris rapporte ce qui s'est passé (III, 8, 339 verso) :

Arimant s'est battu seul dans la ville des Caturiges. Laissé pour mort, il a été sauvé par Bellaris qui a couvert son corps du sien. Le serviteur dissimule Arimant dans une écurie pour soigner ses blessures (III, 8, 340 recto). Quand le chevalier revient à lui, Bellaris le tranquillise en prétendant que la femme de Gondebaud aurait fait mettre toutes les prisonnières dans le temple, et qu'elle aurait gardé Criséide près d'elle. Des soldats envahissent l'écurie et se disputent le butin. Ils s'attaquent au capitaine qui survient pour rétablir l'ordre. Arimant et Bellaris soutiennent le capitaine. Une fois victorieux grâce aux amis du capitaine venus à leur secours, Arimant se rend. Le capitaine va le traiter en chevalier non en prisonnier.

Ce capitaine, un Wisigoth entré au service de Gondebaud, se nomme Bellimart (III, 8, 341 verso). En apprenant la conduite d'Arimant dans la ville qui a été prise, il veut obtenir une rançon élevée. Il déclare qu'il doit lui faire passer les Alpes soi-disant parce que Gondebaud le recherche (III, 8, 342 recto). Comme Arimant demande si la Reine et les prisonnières vont aussi repasser les Alpes, il apprend qu'il n'y a pas de reine et que les femmes sont sorties d'Italie dans un convoi. Arimant et Bellaris sont enfermés dans un château à Gergovie. Le gardien autorise Bellaris à sortir pour négocier la libération de son maître. C'est ainsi que le serviteur a pu se rendre à Lyon où il a retrouvé Criséide (III, 8, 342 verso).

La jeune fille déclare à Bellaris qu'elle aime toujours Arimant. Elle lui apprend que Gondebaud est amoureux d'elle. Elle a cru l'éloigner en lui parlant de sa famille et de ses alliances, elle n'a fait que le rendre plus amoureux. Elle craint ce « jeune homme arrogant, et enflé de presomption pour tant et tant de victoires obtenuës » (III, 8, 343 verso). Comme Gondebaud revient dans quelques jours, Bellaris va délivrer Criséide.

En 1619, le Roi reviendra dans
« deux ou trois jours ». Ce délai devient ensuite de
« quatre ou cinq jours » pour donner plus de temps aux fugitifs
(III, 8, 343 verso).

La jeune fille propose de faire mettre un bateau sur l'Arar, sous ses fenêtres. Elle donne un diamant à Bellaris pour qu'il se procure ce qui est nécessaire. Criséide et Clarine s'enfuient en cotillon. Une fois libres, elles s'habillent en gauloises (III, 8, 345 recto) pour se rendre à Gergovie, ville qui appartient à Euric, roi des Wisigoths. Criséide donne une bague à Bellaris pour corrompre le gardien que Bellimart a imposé à Arimant.

Curieusement, le chevalier plein de joie attribue ces succès aux prières de son père (III, 8, 346 recto). Bellaris dit à son maître que Gondebaud a l'intention d'épouser Criséide (III, 8, 347 recto). Il suggère l'échange de costumes qui permettra au chevalier de s'enfuir, et demande Clarine en récompense si tout se passe bien (III, 8, 347 verso). Arimant se recommande à Mercure (III, 8, 348 recto). À son tour, Bellaris renverse les habits de son maître et réussit aussi à s'enfuir (III, 8, 348 verso). Lors des retrouvailles, Clarine prend le chevalier pour Bellaris, alors que Criséide reconnaît la voix d'Arimant. Bellaris les rejoint (III, 8, 350 recto). Le petit groupe s'enfuit avec un guide. Le capitaine qui gardait Arimant parvient avant eux à l'endroit où ils comptent loger. Bellaris le reconnaît de loin et prévient les fugitifs (III, 8, 351 recto). Ils vont donc se séparer, les deux hommes passeront par un autre chemin pour retrouver les jeunes filles et leur guide à Vienne.

Gondebaud revient à Lyon (III, 8, 351 verso) et fait proclamer une déclaration où il est dit que Criséide s'est « ingratement sauvée » (III, 8, 352 verso). Une récompense est promise à celui qui permettra de la retrouver. Des gens qui connaissent la jeune fille sont postés aux portes des villes. Criséide et Clarine comptent se travestir de nouveau. Gondebaud, en revenant de la chasse, aperçoit Criséide (III, 8, 353 verso). Il la reconnaît à son accent étranger. Elle proclame son amour pour Arimant (III, 8, 354 recto). Le Roi ne serait pas digne du titre de chevalier s'il la séparait de celui qu'elle aime, dit-elle. Peine perdue. Gondebaud compose un madrigal sur son heureuse prise (III, 8, 354 verso).

Bellaris apprend tout cela et prévient son maître. Comme il pense que Gondebaud va épouser Criséide, il conseille à Arimant de rentrer en Italie. Le chevalier qui a à peine entendu son serviteur l'envoie auprès de Criséide avec un message dissimulé dans un livre. Bellaris le remet dans le temple. La jeune fille répond par écrit en jurant de rester fidèle. « Sa vertu a surpassé mon opinion », avoue Bellaris (III, 8, 357 recto).

Gondebaud se rend au tombeau des Deux-Amants η avec Criséide. Il prie Tautatès et Taramis, puis fait sacrifier des taureaux blancs dont les entrailles présentent des présages favorables (III, 8, 358 verso). Criséide s'approche de l'autel du sacrifice soi-disant pour regarder les organes. Elle s'empare du couteau. Dans un discours pathétique, elle fait l'éloge de Gondebaud.

En 1619, elle prétend que l'union avec le roi serait désirable. Dans les éditions suivantes, elle ment moins effrontément, l'union serait avantageuse (III, 8, 359 recto).

Elle raconte ensuite son histoire, et prétend qu'Arimant et elle se sont promis le mariage devant Junon et Hymen.

Arimant effectivement a prêté ce serment (III, 7, 298 recto). Criséide a refusé de s'engager avant que ses parents approuvent ce mariage.
Dans le récit fait au père du chevalier, les jeunes gens auraient seulement échangé des promesses conditionnelles (III, 7, 328 recto).

Criséide jure sur le tombeau des Deux amants (III, 8, 359 verso). Les Vacies alors protègent la jeune fille contre la fureur du Roi. Arimant s'approche. Puisque c'est à cause de lui que Criséide s'est échappée, il réclame la récompense promise à celui qui révèle la raison de la fuite de la prisonnière (III, 8, 361 recto). Il demande la libération de Criséide. Gondebaud doit accorder la requête parce que le peuple prend le parti du couple, mais il va se venger en faisant arrêter Arimant (III, 8, 362 recto). Le jeune homme est enchaîné.

Bellimart intervient pour rappeler ses droits sur son prisonnier. Bellaris aussi survient (III, 8, 363 recto). Il souligne que lors de la prise de la ville des Caturiges, Bellimart s'est mis dans son tort et surtout qu'il a voulu garder son butin chez les Wisigoths (III, 8, 365 verso).

Gondebaud est ému par ces assauts de générosité. À son tour, il fait preuve de magnanimité η. Il rend leur liberté aux jeunes gens. Il demande aux dieux de lui donner un serviteur comme Bellaris plutôt qu'un royaume (III, 8, 366 recto).

Tous les auditeurs admirent les héros de cette histoire. Hylas seul les blâme parce que leur constance est une folie : Arimant n'aurait-il pas pu trouver une autre que Criséide (III, 9, 367 verso) ?

Le silence d'Adamas est surprenant.

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