Banderole
Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé


SignetPERSONNAGES - E

Egide Présent dans : I
Première mention : I, 11, 355 recto.

Caractéristique : « Jeune homme », dit-on cinq fois (I, 11, 351 verso, I, 11, 352 verso, I, 11, 354 recto, 1, 11, 354 verso).

Remarque sur le nom : Ce personnage η porte le nom du bouclier de Minerve. « ÉGIDE. s. f. C'est ainsi que l'on nomme particulièrement le bouclier ou la cuirasse de Pallas. La tête de Méduse étoit sur l'Égide de Pallas » (Dictionnaire de l'AcadÉmie (éd. de 1762). Ce n'était pas encore un nom commun du temps de L'Astrée.

Narrateur : Histoire de Ligdamon.

Écuyer de Ligdamon.


Ce « jeune homme » arrive à Isoure porteur d'une lettre de Ligdamon pour Silvie. Il raconte les malheurs du chevalier aux nymphes et à Céladon.

Histoire de Ligdamon

Ligdamon est parti se battre espérant acquérir une gloire qui plairait à Silvie (I, 11, 355 verso).

Égide, que Ligdamon a nourri depuis son enfance, suit partout le chevalier. Il se trouve pour la première fois sur un champ de bataille.

« Quant à moy, qui n'avois jamais esté en semblable occasion, j'estois si estourdy de ce que j'oyois et si esbloüy de l'esclair des armes, qu'en verité je ne sçavois où j'estois », dit-il (I, 11, 356 recto).

Ligdamon sauve la vie de Clidaman sur le champ de bataille en lui donnant son propre cheval (I, 11, 357 recto).

« Me mettant en terre, je luy offris mon cheval », ajoute Égide en 1607.

En 1621, l'écuyer dit seulement que Ligdamon blessé n'a pas pu monter sur le cheval de son écuyer
(I, 11, 357 recto).

Prisonniers, Ligdamon et Égide sont emmenés à Rothomage où les Neustriens prennent Ligdamon pour Lydias, son sosie (I, 11, 357 verso).

« Ces barbares » de 1607 deviennent « ces estrangers »
en 1621
(I, 11, 357 verso).

Le chevalier a beau se dire « Ligdamon Ségusien » (I, 11, 358 recto), il est mis en prison parce que Lydias était poursuivi par la justice pour le meurtre d'Aronte.

Égide est inquiet. Une dame se dit la mère de Lydias. Il l'encourage à racheter le chevalier. Rien n'y fait. Ligdamon est condamné aux lions (I, 11, 358 verso).

« Espouventé », Égide se déguise, retourne à Paris demander de l'aide (I, 11, 359 recto). Clidaman envoie deux hérauts confirmer que le prisonnier est bien Ligdamon. Le chevalier est maintenant condamné en tant que rebelle : Neustrien, il se battait avec les Francs.

La mère de Lydias, pour libérer celui qu'elle prend pour son fils, fait appel à Amerine, la femme que Lydias aimait. La coutume du pays veut que le condamné soit sauvé s'il est demandé en mariage. Amerine obtient que les juges lui donnent le prétendu Lydias.

Égide conseille à son maître d'accepter ce destin (I, 11, 361 verso). Ligdamon refuse et lui donne une lettre pour Silvie. Égide devra partir le lendemain, après les noces, et raconter à la nymphe ce qu'il aura vu.

Le jour des noces, Égide apporte au chevalier la coupe de vin qu'il doit partager avec son épouse. Ligdamon, qui a acheté du poison, se tue après avoir expliqué qu'il veut rester fidèle à Silvie (I, 11, 362 verso).

Égide se retire « si affligé qu'il estoit tout couvert de larmes », Silvie lui dit « qu'il s'en allast chez elle, par ce qu'elle s'en vouloit servir » (I, 11, 363 verso).

1
Elorice Présente dans : III

Première mention : III, 1, 21 recto.


En 1619 seulement, on lit Elorice au lieu de Florice.

3
Ergaste Présent dans : I
Première mention : I, 10, 335 recto.

Caractéristique : « Berger des principaux de ceste contrée, et qui estoit estimé de chacun pour ses loüables vertus », dit Céladon (I, 10, 335 recto).

Nommé dans : Histoire de Celion et Bellinde, racontée par Céladon.

Berger du Forez.

Relations

À Isoure, Céladon raconte à Silvie :

Histoire de Celion et Bellinde

Ergaste fait demander Bellinde en mariage et l'obtient de son père, Philémon (I, 10, 335 recto).

Ergaste surprend les adieux de la jeune fille et de Celion. Compatissant et généreux, il cède Bellinde à son rival (I, 10, 349 verso).

Il devient l'ami du couple. Le fils qui naît porte son nom. Quand cet enfant est enlevé, Celion meurt de chagrin, et Ergaste aussi.


Dans l'édition de Vaganay (I, 10, p. 420), il est dit que Bellinde meurt en même temps que son mari, ce qui est invraisemblable, puisque Diane a précisé que sa mère était partie à Évian après le décès de son époux
(I, 6, 159 verso), et puisque Silvandre a entendu un oracle transmis par Bellinde
(I, 8, 231 recto).
Le personnage qui meurt en même temps que Celion est Ergaste dans l'édition anonyme de 1607 ainsi que dans l'édition de 1621
(I, 10, 350 recto).

1
Ergaste (junior) Présent dans : I
Première mention : I, 10, 349 verso.

Caractéristique : Il porte le nom de l'ami de ses parents, dit Céladon (I, 10, 349 verso).

Nommé dans : Histoire de Celion et Bellinde, racontée par Céladon.
Reste anonyme : Histoire de Diane, racontée par Diane.

Berger du Lignon. Fils de Celion et Bellinde. Frère de Diane.


Diane raconte à Astrée et Phillis :

Histoire de Diane

« Mon pere eut un fils, qui se perdit lors que les Gots et Ostrogots ravagerent ceste Province » (I, 6, 159 recto).

À Isoure, Céladon raconte à Silvie :

Histoire de Celion et Bellinde

« Petit enfant », il est enlevé « en ce cruel pillage que quelques estrangers firent aux Provinces des Sequanois, Viennois, et Segusiens » (I, 10, 350 recto).


Il est étrange que Diane ne fasse pas de recoupements entre l'enlèvement de son frère et celui de Silvandre.

1
Eudoxe Présente dans : II, III
Première mention : II, 11, 736.

Personnage historique : Licinia ou Eudoxia (422 ? - 462). Maxime « print à femme Eudoxe vefve de son predecesseur : contre son vouloir, la contraignant de laisser son deuil, et en peu de jours le recevoir pour mary » (Fauchet, f° 49 verso). « Il y avait longtemps qu'Eudoxia avait conçu une grande haine contre Maxime, et qu'elle désirait de lui en faire ressentir les effets ; mais quand elle apprit de la bouche de celui-là même qui avait tué son mari, que c'était à son occasion qu'il avait commis ce crime, elle fut transportée d'une extrême impatience d'en précipiter la vengeance. Elle dépêcha dés le lendemain à Carthage, pour conjurer Gizéric de venir venger la mort de Valentinien, et de la venger elle-même du plus scélérat de tous les hommes » (Procope, Histoire de la guerre des Vandales, ch. IV).

Caractéristiques : « Chacun advoüoit que la nature ne pouvoit rien faire de plus beau, ny de plus parfait » (II, 12, 774), dit Ursace qui l'aime.

Remarques sur le nom : « Comme si ce nom eust esté fatal aux belles » (II, 12, 774), dit Ursace. Mère, fille et petite-fille portent le même nom dans L'Astrée. Pour plusieurs historiens, l'épouse de Valentinien se nomme Eudoxie, Eudocie ou Licinia Eudoxia (Chastagnol, p. 15 par exemple). Eudoxe η est le nom de philosophes, de rhéteurs et de mathématiciens (Larousse du XIXe siècle).

Nommée dans : Histoire de Placidie, racontée par Adamas à Léonide, Alexis, et un groupe de bergers ;
Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace, racontée par, puis répétée par Silvandre à Léonide, Adamas, Alexis, et un groupe de bergers.

Fille de Théodose II, Empereur d'Orient. Épouse de Valentinien, Empereur d'Occident.

Eudoxe

Hylas aperçoit dans la demeure d'Adamas des tableaux représentant de belles femmes. Le druide explique qu'il s'agit de Placidie et d'Eudoxe, l'épouse de son fils. Eudoxe, fille de Théodose II, a été emmenée en Afrique par Genséric (II, 11, 736).

Histoire de Placidie

En face, du portrait de Valentinien, Empereur d'Occident, se trouve le portrait d'Eudoxe, la fille de l'Empereur d'Orient (II, 11, 747).

Silvandre, qui a entendu Adamas nommer Ursace (II, 11, 753), dit que ce chevalier romain lui a raconté ses aventures. Le berger rapporte puis complète le récit d'Ursace, qu'il annonce comme « la fortune de la belle Eudoxe » (II, 12, 765).

Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace

Théodose II, Empereur d'Orient, fils d'Arcadius, épouse Eudoxe, la fille d'un philosophe (II, 12, 774). Cette femme d'une grande beauté, mais d'une classe inférieure, donne son nom à sa fille, la future épouse de Valentinien.

Ursace a grandi à la Cour, près de Placidie, la sœur d'Arcadius, et de ses enfants (II, 12, 775). Il se rend donc à Constantinople avec eux. Il a une quinzaine d'années quand il tombe amoureux d'Eudoxe âgée de douze ans. Eudoxe est promise à Valentinien.

Un jour en visitant une galerie de tableaux, Ursace explique à Eudoxe une peinture représentant Icare. Il en vient à définir l'honneur et l'amour (II, 12, 778). Il décrit les sentiments qu'il éprouve en utilisant les métaphores conventionnelles, brûler et mourir. Eudoxe comprend qu'il s'agit d'une brûlure et refuse de se brûler pour soulager Ursace (II, 12, 779).

Valentinien préfère la compagne de la princesse, Isidore. Valentinien et Ursace participent à des tournois auxquels assistent Eudoxe et Isidore (II, 12, 780).

Quand Eudoxe, endormie dans le jardin, est piquée par une abeille, Ursace, à la requête de Valentinien, doit lui sucer la lèvre (II, 12, 781). La jeune fille hésite avant de le laisser faire.

Quelque temps après, toujours dans le jardin, Eudoxe sourit quand elle voit Valentinien suivre Isidore. Ursace saisit l'occasion pour dire son amour (II, 12, 785). La Princesse s'en offense. Il promet de n'en plus parler, mais annonce que chacune de ses salutations signifiera « Je meurs d'amour pour vous Madame » (II, 12, 788). Eudoxe enfin permet à Ursace de l'appeler « Ma Princesse » (II, 12, 790). La conduite de Valentinien engage Eudoxe à se montrer de moins en moins sévère avec Ursace.

Quand Honorius meurt, Placidie se rend en Italie pour que son fils succède à l'Empereur. Ursace se réjouit d'être obligé de rester près d'Eudoxe (II, 12, 792).

Un soir, la Princesse lui accorde une entrevue dans un cabinet en présence d'Isidore. Elle rappelle qu'elle doit épouser Valentinien parce qu'elle descend d'une lignée d'empereurs (II, 12, 796). « Si je n'espouse Valentinian, que sera-ce que de moy, et si je l'espouse, ô Dieu, à quel supplice me vois-je destinee ! » (II, 12, 799). Ursace tente de profiter du fait qu'Isidore s'éloigne d'eux. Eudoxe embrasse le chevalier, puis rappelle sa compagne et plaisante avec elle au sujet des sentiments de Valentinien (II, 12, 802).

Valentinien revient à Constantinople épouser Eudoxe et l'emmener en Italie (II, 12, 803). Ursace accompagne l'armée d'Ariobinde en Italie. Quand Ursace se joint à l'armée d'Ætius, Eudoxe, en lui disant adieu, déclare : « Ressouviens-toy, [...] mon Chevalier, de revenir bien tost, et de m'estre tousjours fidelle » (II, 12, 806).

Valentinien trompe Isidore en la convoquant dans les appartements d'Eudoxe (II, 12, 809). Dans un cabinet des jardins, il lui promet de l'épouser si Eudoxe et Maxime, l'époux d'Isidore, meurent (II, 12, 815). Il la viole avec l'aide de son eunuque, Héracle.

Eudoxe met au monde une fille qu'elle appelle Eudoxe, et l'année suivante, une seconde fille qu'elle appelle Placidie (II, 12, 822). Elle encourage Ursace à ne pas quitter l'armée. Il explique ainsi l'attitude de la jeune femme : elle craint que « l'ordinaire recherche que je luy faisois, n'emportast quelque chose par dessus son dessein, ou que quelqu'un s'en prit garde » (II, 12, 829). Ursace et Eudoxe échangent des lettres. L'Impératrice félicite le chevalier d'avoir sauvé la vie d'Ætius (II, 12, 830).

Fauchet écrit : Ætius « combattant vaillamment, [...] fut blessé en la teste, et jetté bas de son cheval, en bien grand danger, s'il n'eust esté retiré de la presse » (p. 97).

Ursace rencontre Ursace dans l'armée et devient son ami. À la Cour, Olimbre deviendra sénateur et tombera amoureux de la jeune Placidie. À l'époque où Ursace et Ursace font connaissance, Eudoxe a une trentaine d'années, Ursace en a trente-cinq et Olimbre vingt-sept (II, 12, 832).

Au bout de douze ans de guerre, Ursace rentre en Italie avec Ætius. Le peuple les acclame (II, 12, 833). Eudoxe reçoit Ursace et lui parle du changement d'Isidore (II, 12, 834).

Quand la Princesse apprend la mésaventure de son amie, elle pleure avec elle, mais refuse de se venger en trompant cet époux qui ne la mérite pas (II, 12, 838). Ursace dit : « Si c'eust esté autre que l'Empereur, je luy eusse offert et ma main et mon espee pour venger un si grand outrage, mais contre celuy que j'avois recogneu pour mon Seigneur, et à qui j'avois tant de fois promis fidelité, et duquel j'avois eu plusieurs bien-faits, et receu beaucoup d'honneur, je fusse mort plustost que d'y songer » (II, 12, 835).

Quand Valentinien fait tuer Ætius, Attila envahit l'Italie. À la demande de l'Empereur et d'Eudoxe, Ursace va à Constantinople chercher du secours (II, 12, 844). Il tombe malade et s'absente plus de huit mois. Eudoxe est pleine de regret.

Ursace rentre en Italie. Valentinien est assassiné (II, 12, 847). Maxime se fait nommer empereur. Ursace et Olimbre ne quittent pas Eudoxe et ses filles, et s'enfuient avec elles (II, 12, 848).

Pendant la nuit, Eudoxe s'étend la tête sur le cœur d'Ursace. Il la caresse. Elle l'arrête, mais lui jure de l'épouser dès qu'elle pourra librement le faire : « Peut-estre que la fortune disposera de sorte de vous, que je pourray vous contenter avec honneur », ajoute-t-elle (II, 12, 850).

Les fugitifs sont retrouvés le lendemain par les envoyés de Maxime. Ursace et Olimbre se battent en vain. Ils sont blessés. Les trois femmes sont ramenées à la Cour (II, 12, 851). Maxime épouse Eudoxe de force, une dizaine de jours après la mort de Valentinien (II, 12, 852).

Eudoxe écrit à Ursace se plaignant de la fortune (II, 12, 853). Quand elle vient voir Ursace encore alité, le chevalier lui dit son malheur : il ne vit encore que parce qu'Olimbre l'empêche de mourir (II, 12, 856). Elle lui révèle que Maxime a confessé avoir lui-même tué Valentinien pour épouser sa veuve (II, 12, 858). Ursace conseille à Eudoxe d'appeler au secours Genséric, roi des Vandales, et de charger Olimbre de présenter sa requête en Afrique (II, 12, 860).

Olimbre convainc Genséric en quinze jours (II, 12, 861). Entre-temps Ursace défie Maxime. Il veut se battre contre lui pour « la meschanceté qu'il a faite, en la mort de l'Empereur, en l'usurpation de l'Italie, et en la force commise contre la belle Eudoxe » (II, 12, 862). Maxime s'enfuit. Ursace l'abat.

Deux mois après, Genséric entre dans Rome. Eudoxe le reçoit avec tous les honneurs (II, 12, 863). Le roi des Vandales pille la ville et le pays. Il décide d'enlever Eudoxe et ses filles. Olimbre ne quitte pas le roi qui l'a pris en amitié, et reste près d'Eudoxe. En prétendant avoir des renseignements grâce à Olimbre, Ursace réunit quelques hommes pour attaquer le convoi des prisonnières de Genséric (II, 12, 865). Eudoxe n'y est pas. Blessé encore une fois, Ursace passe pour mort. Eudoxe voit ses habits portés par un soldat (II, 12, 866). Olimbre interroge ce soldat et retrouve Ursace vivant (II, 12, 866).

Silvandre raconte la suite des aventures d'Ursace et d'Olimbre :

Désespéré par le départ d'Eudoxe, Ursace cherche à se tuer, puis consulte le Conseil des Six-Cents : il ne peut mourir que si la femme qu'il aime le lui permet (II, 12, 878).


L'amour d'Ursace et d'Eudoxe est une invention d'Honoré d'Urfé, comme l'amitié d'Ursace et d'Olimbre.

Le romancier part de faits avérés : Valentinien viole la femme de Maxime, puis il est assassiné ; Ursace tue Maxime, le deuxième mari d'Eudoxe ; Genséric enlève Eudoxe ; Olimbre épouse la fille d'Eudoxe.

Voir Galerie des portraits.

2
Eudoxe Présente dans : II, III

Première mention : III, 6, 256 verso.

Personnage historique : Veuve de Valentinien devenue prisonnière de Genséric, roi des Vandales.

Nommée dans : Suitte de l'histoire de Damon et de Madonthe racontée par Damon d'Aquitaine.


Suitte de l'histoire de Damon et de Madonthe

En Afrique, Damon apprend l'histoire d'Eudoxe ; « l'heureuse conclusion de [ses] Amours » l'encourage à se montrer patient (III, 6, 256 verso).

C'est en 462 que Genséric libère ses prisonniers.

Damon a vu les effets de l'onguent de sympathie quand une des filles d'Eudoxe s'est blessée au visage avec un diamant (III, 11, 454 recto).

3
Eudoxe (fille) Présente dans : II
Première mention : II, 12, 822.

Personnage historique : Genséric marie Eudoxe la jeune à son fils aîné, Hunneric (Calmet, VI, p. 133). Certains historiens modernes l'appellent Eudoxie.

Nommée dans : Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace, racontée par Ursace, puis répétée par Silvandre à Léonide, Adamas, Alexis, et un groupe de bergers.

Fille d'Eudoxe et de Valentinien.


Silvandre rapporte puis complète le récit d'Ursace.

Histoire d'Eudoxe

Eudoxe et Placidie, les deux filles d'Eudoxe, accompagnent leur mère dans sa fuite après l'assassinat de Valentinien (II, 12, 848).

Elles dorment à ses pieds lorsqu'Ursace s'approche. Maxime les poursuit (II, 12, 851).

Genséric enlève les trois femmes (II, 12, 864).


2
Eudoxe (mère) Présente dans : II
Première mention : II, 12, 774.

Personnage historique : Aelia Eudocia (400 ? - 460).

Caractéristiques : « Sa beauté et sa vertu estoient telles qu'elles la pouvoient bien encores eslever à une plus haute dignité » (II, 12, 774), dit Ursace.

Nommée dans : Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace, racontée par Ursace, puis répétée par Silvandre à Léonide, Adamas, Alexis, et un groupe de bergers.

Épouse de Théodose II, Empereur d'Orient.


Silvandre rapporte puis complète le récit d'Ursace.

Histoire d'Eudoxe, Valentinian et Ursace

Théodose II, Empereur d'Orient, fils d'Arcadius, épouse « Eudoxe fille du Philosophe Leontius Athenien » (II, 12, 774). Elle donnera son nom à sa fille, la future épouse de Valentinien.


2
Euric Présent dans : III

Première mention : III, 2, 41 recto.

Personnage historique : 420 (?)- 484. JordanÈs écrit qu'on a soupçonné Euric d'avoir tué son frère, Thierry II, « par l'avide empressement qu'il mit à lui succéder » (Ch. XLV), en 465 ou 466. Il l'a fait poignarder, affirment les historiens modernes (Schmidt, p. 116). Ensuite, « voyant chanceler l'empire romain, [Euric] réduisit sous sa domination Arles et Marseille » (JordanÈs, Ch. XLVII). L'empereur Anthémius envoie une armée contre lui. En 469, Euric remonte la Loire jusqu'à Bourges. Il occupe quelques mois la rive gauche du Rhône. Il prend Clermont en 476 (Schmidt, pp. 131-145). « Sidoine Apollinaire dit que [le] roi Euric voulait donner pour limites à ses États le Rhône et la Loire » (Roget, p. 165).
Fauchet rapporte les conquêtes de ce roi qu'il appelle « Eoric », « très vaillant prince » (p. 108). Il souligne qu'Euric est aussi un Arien violemment opposé aux Catholiques. Durant son règne, « la pluspart des Eglises demeurerent si desertes, que les ronces en bouchoient les entrées » (p. 103). Durant son règne, la persécution des catholiques s'intensifie et se trouve transformée en règle dans le Code d'Euric, en 480 (Schmidt, p. 154).
Euric mourra la 19e année de son règne (Escher, p. 101).

Modèle : Henri IV. Dans sa jeunesse, à la Cour, le futur Henri IV, est appelé Henric (prononciation occitane du nom) pour le distinguer d'Henri III et d'Henri de Guise. « Le Grand Enric c'est Henri le Grand », affirme Patru (II, p. 505). « Deceptively flattering portrait of Henri », note justement Mme Wine (p. 198). Voir Histoire d'Euric η.

Caractéristique : « Le grand et redoutable Roy Euric », dit Silvandre, qui le premier nomme le Roi (III, 2, 41 recto). « Esprit ondoyant », dit Alcidon, rival longtemps malheureux (III, 4, 154 verso).

Nommé dans : Histoire d'Euric, Daphnide, et Alcidon racontée par Daphnide et Alcidon, et dans Suitte de l'histoire de Daphnide, et d'Alcidon racontée par Daphnide.

Roi des Wisigoths succède à son frère Thierry II.

euric


Lorsqu'Hylas présente les bergères à Daphnide, Silvandre associe la Dame avec Euric, Adamas fait la même chose (III, 2, 45 verso).

Le portrait du Roi figure dans la galerie du druide entre ceux de ses frères et de Daphnide (III, 3, 59 verso). La Dame pleure la mort d'Euric. Adamas lui rappelle que la prudence de Dieu est supérieure à celle des hommes (III, 3, 60 recto).

Puisque la fontaine de la Vérité d'amour η n'est pas accessible, Daphnide et Alcidon racontent leur histoire au druide pour lui demander conseil.

Histoire d'Euric, Daphnide, et Alcidon

Daphnide et Alcidon s'aiment et échangent des promesses du temps de Torrismond. À ce Roi succèdent Thierry II puis Euric (III, 3, 64 recto). Daphnide et ses parents quittent la cour.

Alcidon est dans les armées d'Euric lorsque ce roi attaque Arles, la ville où réside Daphnide. C'est alors que le chevalier se remet en contact avec la jeune fille. Daphnide accepte de le recevoir (III, 3, 66 recto). Parce que la région est divisée entre les amis et les ennemis du Roi, elle écrit au chevalier qu'elle lui donne rendez-vous dans un château dont le seigneur soutient Euric (III, 3, 70 recto)

Daphnide passe la parole à Alcidon pour qu'il donne sa version de la suite des événements (III, 3, 68 recto).

La lettre de Daphnide réjouit Alcidon. Il confie sa joie au roi Euric, qui lui recommande de ne pas laisser passer l'heure du berger (III, 3, 69 verso).
Quand Alcidon se présente au château, Daphnide lui fait des reproches puis lui accorde un second rendez-vous, cette fois dans un château où se célèbre le mariage d'une de ses sœurs. Alcidon sera alors entouré d'ennemis d'Euric (III, 3, 77 recto).
Alcidon est accueilli à la porte par Délie, la sœur de Daphnide. Il pénètre dans la chambre de la jeune fille qui, faisant semblant d'être malade, garde le lit (III, 3, 86 recto). Alcidon se met dans un cabinet lorsqu'elle reçoit des visiteurs. Il entend les invités maudire Euric et les guerres qu'il fait dans la région (III, 3, 87 recto).
Daphnide et Alcidon passent ensuite la nuit à parler chastement. Leur conversation inclut des plaisanteries audacieuses sur la chemise - Alcidon la donne habituellement à Euric (III, 3, 90 recto). D'autres visiteurs viennent dans la chambre de Daphnide. Caché dans le cabinet, Alcidon écoute attentivement leurs plans de guerre (III, 3, 92 verso). Alcidon ne s'enhardit pas auprès de Daphnide, malgré les « préceptes [...] du Grand Euric » (III, 3, 93 verso).
De retour près d'Euric, le chevalier raconte sa bonne fortune (III, 3, 102 verso). Le Roi désire voir Daphnide et promet de ne pas la rechercher (III, 3, 106 verso). Un jour de chasse, il s'arrête avec Alcidon dans la maison de la mère de Daphnide. Le Roi confie à la jeune fille qu'Alcidon, à vingt ans, est incapable d'être discret (III, 3, 110 verso).
Le chevalier est tellement affecté par la conduite d'Euric qu'il tombe malade, et demeure en Avignon au lieu de suivre l'armée (III, 3, 112 verso). Daphnide lui envoie certaines des lettres que le Roi lui a écrites (III, 3, 115 recto), mais Alcidon se reconnaît trahi. Pour comble d'infortune, le jeune chevalier qui remet à Alcidon une lettre de Daphnide, a aussi une lettre de la jeune fille destinée au Roi.
La maladie de celui qui n'a « trouvé fidelité ny en son Maistre, ny en sa Maistresse » (III, 3, 119 verso) s'aggrave. Euric vient le voir, et confesse être le plus mauvais maître et l'ami le plus infidèle (III, 3, 120 verso). Alcidon pleure.

Le récit a accru les peines d'Alcidon. Le chevalier prie Daphnide de prendre la relève. Elle raconte.

Suitte de l'histoire de Daphnide, et d'Alcidon

Apprenant la maladie d'Alcidon, Daphnide se rend en Avignon avec sa sœur et son beau-frère qui veut faire sa paix avec Euric (III, 4, 124 recto). Elle explique à Alcidon qu'elle ménage le Roi pour qu'il ne se retourne pas contre eux (III, 4, 126 recto). Son affection pour Euric s'appelle « Raison d'Estat », alors que son affection pour Alcidon est un « Amour du cœur » (III, 4, 126 verso à III, 4, 127 recto).
Le chevalier guérit et soutient même la cause de Daphnide auprès d'Euric. Lorsque le Roi invite la jeune fille et ses parents à vivre à la Cour, Daphnide réussit à consacrer deux heures par jour à Alcidon (III, 4, 128 recto). Mais Euric, « qui se plaisoit grandement parmy les Dames » (III, 4, 135 verso), donne à Daphnide deux rivales. Daphnide demande à Alcidon de faire semblant d'aimer la plus redoutable, Clarinte (III, 4, 130 verso). Tandis qu'Euric dit à Clarinte que Daphnide et Alcidon s'aiment, Daphnide dit à Euric que Clarinte et Alcidon s'aiment. « Selon son humeur » (III, 4, 143 verso), le Roi est jaloux.
Adelonde, la seconde rivale de Daphnide, offre à Euric offre un bracelet de cheveux dont les fermoirs sont des lions enchantés : le Roi l'aimera tant qu'il aura ce bracelet au bras (III, 4, 154 verso). Adelonde prétend que ces lions doivent protéger Euric en lui serrant le bras avec leurs griffes lorsqu'il y a un danger (III, 4, 155 recto). Euric, pensant qu'Adelonde l'a attiré avec des charmes, s'éloigne d'elle définitivement.
Clarinte n'est pas seulement recherchée par Alcidon, elle est aimée par Amintor et Alcyre. À la suite des artifices d'Alcyre, Amintor, pour se disculper, présente à Clarinte le brouillon d'une lettre de remerciement écrite à la demande d'Euric. Le Roi survient sur ces entrefaites. Il juge que, dans cette lettre, Amintor remercie Clarinte. « Infiniment » jaloux (III, 4, 152 verso), il s'éloigne de la Dame et revient à Daphnide.
Euric allait épouser Daphnide au moment où il est assassiné.

Après 1619, on lit que l'assassin était « desnaturé » et « parfaitement meschant » (III, 4, 156 recto).

Daphnide compose un sonnet sur la mort du Roi (III, 4, 156 verso).

C'est un poème composé pour la mort d'Henri IV au nom de Marie de Médicis η (Voir Poèmes).

Adamas fait l'éloge du Roi (III, 4, 160 recto). Daphnide a aussi composé des stances que récite Alcidon (III, 4, 166 recto).

Le chevalier pardonne à Daphnide d'avoir aimé le roi « à bon escient » (III, 4, 167 recto).

Damon d'Aquitaine raconte qu'Euric a succédé à Torrismond peu après le départ de Madonthe (III, 6, 255 verso).

Florice raconte que Criséide se réfugie à Gergovie parce que la ville appartient à Euric, non à Gondebaud (III, 8, 345 verso). C'est dans cette ville aussi que Bellimart tient Arimant prisonnier (III, 8, 345 recto).

Thamire répète les informations données par Hylas quand il explique à Galathée qu'Alcidon est un chevalier que le roi Euric a aimé. C'est Damon qui ajoute que Daphnide a failli épouser ce Roi ; il l'a appris quand il était en Afrique (III, 11, 453 recto).

Daphnide et Alcidon déclarent qu'ils n'ont jamais envié personne dans la cour du roi Euric comme ils envient les bergers du Lignon (III, 11, 489 recto).

Damon dit à Amasis que le roi Euric a aimé Daphnide. Amasis répond qu'elle connaît ces noms comme appartenant aux « deux personnes les plus estimees du grand Eurich » (III, 12, 505 recto).

Mis à part Daphnide et Alcidon, personne ne dit regretter la mort tragique d'Euric.

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