Banderole
Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé


SignetGLOSSAIRE - C

C' C'en fust (III, 7, 322 verso).
Ç'avoit esté (III, 10, 434 recto)
Ç'a esté la belle (III, 11, 452 recto).
Élision de ceci ou de cela que l'on rencontre dans les trois parties (par exemple I, 2, 29 recto, II, 3, 149).
3
Ça « En çà. Avant le temps présent » (Huguet). 1
Ça Viens-ça (III, 6, 259 verso). « Venez çà, c'est à dire, Venez icy » (Furetière). 3
Ça Qui ça qui là (III, 12, 510 verso). « Qui çà, qui là, c'est à dire, les uns d'un costé, les autres de l'autre » (Furetière, Article Ça). 3
Cabane « Le mot s'emploie pour désigner aussi bien un abri sur un vaisseau que sur terre » (Huguet). Furetière précise : « Petit toit ou maisonnette où logent les pauvres gens, & sur tout à la campagne ». Pour Richelet, « Cabanne de berger » est « une maniere de petite chambre faite de planches, soutenuë de quatre roulettes ».
Dans L'Astrée, ce substantif, synonyme de loge et de caverne, est plus modeste que pauvre.
1
Cabane Diane arrive au logis, puis se retire en sa cabanne (III, 11, 488 recto). 3
Ça-bas « ÇA. adv. qui marque le temps & le lieu, Icy au temps present [...] çà bas, icy bas. depuis deux ans en çà, c'est à dire, les deux dernieres années. deçà, delà. il est errant çà & là, ou deçà, delà, c'est à dire, en divers lieux » (Furetière). 2
Cabinet - « Pièce réservée à l'intimité, à la réception des amis » (Huguet). 1
Cabinet - « Un lieu couvert au bout des allées d'un jardin, où on se repose, soit qu'il soit de maçonnerie, de charpente, ou seulement de verdure soûtenuë par des perches » (Furetière).
2
Cabinet - Dans vostre arriere cabinet (IV, 4, 688).
Les dictionnaires anciens donnent arriere-chambre mais non arriere-cabinet. Littré en fait simplement un « Cabinet placé en arrière ».
- Je cherchay dans mes cabinets ce qu'il y avoit de meilleur (IV, 4, 875).
« CABINET, est aussi un buffet où il y a plusieurs volets & tiroirs pour y enfermer les choses les plus precieuses » (Furetière).
4
Caché Un homme caché (III, 7, 268 recto). Dissimulé. Cette acception du participe passé n'est pas dans les dictionnaires. 3
Cacheter « Fermer en marquant d'un sceau » (Huguet). 2
Cachette (à) « A la cachette, à cachette, à cachettes. En cachette, secrètement » (Huguet). 1
Cadavere Ce cadavere froid et sans vie (III, 8, 360 recto). Huguet donne cadaver. 3
Cahuette Les petites cahuettes desquelles nous nous servons (IV, 3, 442).
« Petite maison ou cabane de paysan, de berger, de pauvre homme » (Furetière).
4
Calamite « Pierre d'aimant. Aiguille aimantée, boussole » (Huguet). Furetière ajoute : « Ce mot a signifié proprement en François une grenouille verte, à cause qu'elle vit volontiers parmi les roseaux ; & il a été donné à l'aiguille aimantée, parce qu'auparavant qu'on eust trouvé l'invention de la suspendre sur un pivot, on l'enfermoit dans une phiole de verre demy pleine d'eau, sur laquelle on la faisoit flotter par le moyen de deux festus comme une petite grenouille ». 1
Calomnieux Ce calomnieux artifice (III, 4, 148 verso). « Qui contient des calomnies ». Calomnie : « Fausse accusation, medisance contre l'honneur en chose considerable » (Furetière). 3
Camp « (Avec ou sans déterminant). Champ de bataille » (Huguet).
Assurer le camp à un chevalier (I, 9, 286 verso) signifie l'autoriser à se battre et lui garantir des conditions équitables.
1
Camp - « Camp clos Champ clos » (Huguet).
« On appelloit autrefois champ clos, ou camp clos, l'espace fermé de barrieres, où les Chevaliers faisoient des joustes & tournois, ou des combats à outrance » (Furetière, Article Champ).
Demander le camp. « Camp. Combat singulier » (Huguet).
2
Camp Ce n'estoit plus à cachette, mais à camp ouvert (IV, 2, 243).
« Camp ouvert. A plaine or open place » (Cotgrave).
4
Camus Un chien a le nez bien camus (IV, 1, 100).
« Qui a le nez petit, creux & enfoncé du costé du front » (Furetière).
4
Canaille Ah ! canaille (dit-il) et indignes de porter les armes (IV, 3, 373).
Canaille est au singulier parce que c'est un « Terme collectif » (Furetière).
4
Cane « Canne. Tuyau, conduit » (Huguet). Une partie de la cornemuse. 1
Cane La cane du brassal (III, 1, 14 verso). « Canne » (Huguet). 3
Capable La terre y est capable de tout ce que peut desirer le laboureur (I, 1, 1 recto).
« On a dit être capable, pour exprimer qui peut contenir » (La Curne).
1
Capable - « On dit, qu'Un homme est capable d'affaires, pour dire, qu'il les entend bien » (Furetière).
- « Se dit figurément en choses spirituelles, des fonctions de l'ame, entant qu'elle peut contenir ou embrasser plusieurs connoissances » (Furetière).
Capable de cette faveur (II, 3, 158). « Digne de » (Huguet).
2
Capable - La terre ne seroit pas capable du grain (IV, 3, 463).
« Capable de. Capable de recevoir (au sens matériel) » (Huguet).
- Le moyen, qui estoit le seul capable de me bien esclaircir (IV, 3, 579).
« Suffisant » (Furetière).
4
Capacité Sans que ma capacité [...] me peust faire rien entendre (IV, 2, 236).
« CAPACITÉ, signifie aussi, les qualitez & dispositions requises dans les personnes pour faire, pour donner, ou pour recevoir quelque chose » (Furetière).
4
Capitaine Ce titre que d'Urfé donne à une douzaine de personnages signifie simplement « Chef militaire » dans Huguet, quel que soit le grade exact de l'individu. 2
Capitaine - Tres-grand Capitaine (III, 7, 300 verso). Un Capitaine, dans Furetière, est un « General d'armée [ou] un moindre Officier d'armée qui commande une compagnie de soldats, soit à pied, soit à cheval ».
« Le plus grand honneur que l'on puisse donner à un grand homme de guerre, c'est de l'appeler capitaine » (Brantôme, Œuvres complètes, éd. Lalanne, p. 418, cité par Gal, p. 485, note 8).
3
Captivité Combien durera nostre captivité (IV, 1, 40). « CAPTIVITÉ, signifie aussi, Sujettion, empire tyrannique ou rude [...] CAPTIVITÉ, se dit aussi figurément des attachemens volontaires qu'on se fait pour contenter ses passions, & particulierement son ambition & son amour » (Furetière). 4
Car « Parce que » (Huguet). Huguet donne des exemples de phrases qui commencent par Car. 1
Car Et Dieu sçait si cette heure ne fut pas la plus heureuse [...] puis que si cette Dame eust retardé un moment [...] j'eusse esté mariee avec luy : car il estoit tres-certain que ce perfide avoit une femme (IV, 2, 345).
« Conjonction causative qui rend raison de ce qui a esté avancé dans la proposition precedente » (Furetière).
4
Caractère Le caractere estoit assez difficile (III, 9, 375 recto). « CARACTERE, se dit aussi de la maniere d'écrire. [...] Je connois son caractere, son escriture » (Furetière). 3
Caresse « Démonstration d'affection, de bienveillance » (Huguet). Furetière précise : « Demonstration d'amitié ou de bienveillance qu'on fait à quelqu'un par un accueil gracieux ». 1
Carreau « Signifie aussi, un grand oreiller ou coussin quarré de velours, que les Dames & les Evêques se font porter à l'Eglise pour se mettre à genoux plus commodément : ce qui est aussi une marque de qualité. [...] On a aussi des carreaux dans les chambres pour s'asseoir ou s'accouder » (Furetière). 2
Carte blanche Il propose la carte blanche (IV, 2, 250).
« Donner la carte blanche à quelqu'un, pour dire, luy donner un papier blanc signé pour le remplir de ce qu'il luy plaira. On le dit aussi au figuré, pour dire, Se soûmettre à toutes les conditions qu'un autre nous voudra imposer » (Furetière). Les Curiosités françoises (1640) donnent encore le sens archaïque de l'expression : « Presenter le combat ».
4
Cartel « Papier, billet, écrit » (Huguet). 1
Cas - « Condition stipulée qui s'execute, lors qu'il arrive une chose qu'on prevoit qui peut arriver » (Furetière).
- « Grand cas. Chose importante » (Huguet).
2
Cas - Et prenez le cas que ce que vous faictes tous deux, ce soit boire en nom de mariage (III, 3, 92 recto). « Prendre le cas, supposer » (Furetière, Article Prendre). 3
Cas - En cas que (IV, 2, 174).
En cas de est plus courant, mais on trouve dans Furetière en cas que (Article Substituer).
- C'est un grand cas que de quelque sorte de folie que ce soit, il faut tousjours [...] (IV, 3, 477).
« CAS, est aussi une espece d'interjection, ou d'adverbe admiratif. C'est grand cas que les hommes ne se corrigent point par les fautes d'autruy » (Furetière).
4
Casser « Terme de marine. Tirer vigoureusement, serrer » (Huguet). 2
Catarrhe Écrit Cathere en 1607.
« Flux d'humeurs peccantes » (Huguet). « Tout le XVIIe siècle a prononcé caterre ; Bouhours en fait la remarque expresse » (Littré).
1
Cathapulte Les Cathapultes, Belliers et Janclides, et autres tels instruments (III, 3, 70 recto). « CATAPULTE. s. f. Machine de guerre dont se servoient les Anciens pour lancer de puissants traits & javelots sur les ennemis » (Furetière). En commentant L'Amadéide, d'Urfé déplore que son auteur ne présente pas : « Belliers, Catapultes, Bricolles, & samblables instrumants, necessaires, & qui portent estonnemant au lecteur, & admiration outre que cette recherche de la batterie des anciens est curieuse, & agreable » (p. 154). « BRICOLE, a signifié chez les Anciens, une machine à jetter des pierres » (Furetière). 3
Causeur Ces causeuses bergeres (III, 7, 271 recto). « Qui parle trop, ou indiscrettement, qui descouvre les secrets d'autruy, & les siens » (Furetière). 3
Cauteleux « Dangereux, sujet à surprendre par quelque finesse ou mauvais artifice » (Furetière). Huguet donne seulement cauteleur, « Rusé, artificieux ». 1
Caver « Creuser » (Huguet). Furetière ajoute un proverbe : « La goutte d'eau cave la pierre ». 1
Ce « Ce employé comme pronom, là où nous disons aujourd'hui cela » (Huguet). 2
Ce - À ce nous mouvant (III, 8, 352 verso). « En style de pratique et de chancellerie, ce s'emploie absolument pour résumer ce qui a été dit. Et ce, conformément à ... » (Littré).
Aussi a-ce esté la principale occasion qui m'a conduite icy (III, 2, 55 recto).
Maupas même condamne cet usage de ce. « En ce sens neutral, il se trouve quelquefois usurpé pour cecy cela, mis au chef de la sentence et sans relatif. Ce ne croy-je pas. De ce, estant esmerveillé, estant de ce fort joyeux, où nous dirons plus communément cecy, cela » (p. 183 sic 138).
3
Ce - Ce ne m'est pas une consequence (IV, 1, 20). Cela.
- Mais aussi ce n'a esté qu'à la fin (IV, 2, 351). Cela.
- Vous ne punissez, ce dit-on, les serments (IV, 3, 413).
« Ce, dans une incise, s'emploie comme complément des verbes dire, croire, etc., dans des cas où il serait aujourd'hui supprimé ou remplacé par le pronom le » (Huguet).
- Ce me semble (IV, 3, 432). Expression qui survit encore.
4
Ce que - Ce que considerant (III, 5, 181 recto). Considérant cela.
Ce que par l'amour luy estoit desnié (III, 6, 242 recto). « Ce que. Ce qui » (Huguet).
3
Céans Ici. « Terme demonstratif du lieu où on est » (Furetière). 1
Cela Sur cela, sur ce. « Cela. Ce » (Huguet). 2
Cela Si cela ne sont des connoissances (IV, 3, 507).
Mme Sancier-Chateau rappelle que Vaugelas admettait l'accord pluriel après Ce mais non après Cela (p. 187).
4
Célèbre « Se dit aussi de ce qui se fait avec ceremonie & solemnité » (Furetière). 2
Céleste Discourir [...] en celeste Druyde (IV, 3, 481).
« Qui tient quelque chose des Cieux » (Furetière).
4
Celuy, celle « Celuy, celle, etc. séparés du relatif » (Huguet). Le pronom peut même se passer du relatif (I, 3, 59 verso). 1
Celuy, celle - « Celuy, celle, etc. s'emploient comme pronoms sans addition des particules ci ou là. — Entre plusieurs gens il y en a aucuns bons, et croy que soyez celluy. MAURICE SCÈVE, la Deplourable Fin de Flamete, ch. 7. » (Huguet).
2
Celuy, celle L'estonnement estoit celuy qui m'empeschoit de parler (III, 6, 240 recto). « On l'employoit aussi pour ce » (La Curne).
- C'est celle-là de la chambre (III, 3, 80 verso). Huguet relève : « Celuy-là, celle-là, etc. devant un complément déterminatif ou une proposition relative ». Cette forme archaïque n'est pas corrigée en 1621.
J'estimeray celuy heureux (III, 11, 490 recto). L'édition de 1621 supprime celuy.
« Fortune aide à celuy qui se veut aider » (Cotgrave).
3
Celuy, celle - Mon affection est celle-là qui ne m'a jamais laissé en repos (IV, 2, 284).
- Que celui y doit estre employé qui est tenu [...] (IV, 4, 674).
Huguet signale que celui et qui pouvaient être séparés.
4
Cent et cent Je luy faisois cent et cent demandes d'enfant (III, 3, 68 recto). « CENT, signifie un nombre grand, incertain & indeterminé. Je luy ay dit cent & cent fois » (Furetière). 3
Cent et cent Il vous a dit [...] cent et cent fois (IV, 1, 130).
« Cent. On se sert souvent de ce nombre certain pour désigner un nombre incertain » (Dictionnaire de l'Académie, 1694). Mais cent et cent ne figure pas dans ce dictionnaire.
4
Cependant « Pendant ce temps » (Huguet).
Cependant que. « Malherbe avoit aussi usé de cette expression, dans le meme sens, et Ménage observe qu'elle étoit devenue hors d'usage. (Voyez ses remarques sur Malherbe, p. 370.) » (La Curne). « Conjonction condamnée par Vaugelas » (Brunot, III, p. 388).
2
Cependant Elle luy dit qu'il fit seulement ce qu'il devoit envers ces estrangers, [...] et que cependant il la pourroit venir conduire (III, 10, 426 verso). Cependant ici signifie ensuite. Acception qui n'est pas dans les dictionnaires. 3
Cependant Ce pendant que pour n'estre recogneuës (IV, 1, 97).
Le DMF donne des exemples avec ce pendant que. « Pendant le temps que ».
4
Cercher Chercher. « On trouve très souvent l'ancienne forme cercher » (Huguet).
• L'édition de 1610 donne cherchant, qui devient cerchant en 1621 (II, 11, 698).
2
Cercher Deux fois, l'édition de 1619 donne chercher alors que l'édition de 1621 donner cercher (III, 5, 176 recto ; III, 11, 456 recto). Une seule fois, l'édition de 1619 donne un cercher, qui devient chercher en 1621 (III, 7, 327 recto). Un chercer de 1619 devient aussi chercher en 1621 (III, 12, 494 verso). 3
Cerne « Cercle » (Huguet). 1
Certain (pour) Certainement. Richelet donne « Pour certain » à l'article Présupposer. 2
César César est seulement un nom commun dans la deuxième partie « C'est un nom propre de la famille Romaine qui a établi l'Empire Romain. [...] Il est venu en usage dans la Langue en ces phrases proverbiales. Il est brave comme un Cesar. Il faut rendre à Cesar ce qui appartient à Cesar, pour dire, Il faut rendre à chacun le sien. Il veut estre Cesar, ou rien, c'est à dire, mettre le tout pour le tout : c'étoit la devise de Cesar Borgia Duc de Valentinois » (Furetière).
• « Il fit de son nom un titre supérieur à celui des rois ». Remarque de Paul-Louis Courier rapportée par Châteaubriand dans les Mémoires d'outre-tombe, Considérations sur la Révolution française (2, Livre 22, Chapitre 15) (site Alise, 20 septembre 2010). Je remercie l'auteur et le webmaster du site.
• « Un cœur toutesfois si genereux que le sien », écrit Honoré d'Urfé dans ses Epistres (I, 17, p. 152).
2
Cesse Elle donnoit quelque cesse à ses plaintes III, 11, 456 verso). « Cessation » (Huguet). 3
Ceste Combattre aux cestes (IV, 1, 58).
« CESTE, est aussi un gros gantelet de cuir garni de plomb, dont se servoient les anciens Athletes qui combattoient à coups de poing dans les jeux publics » (Furetière). Chez Ronsard η, c'est l'arme de Pollux η. Comme il s'agit dans L'Astrée d'un échange de coups de poings entre bergers, le mot ceste pourrait être ironique.
Du Choul décrit et fait graver le « Combat des Cestes entre Dares et Entellus, selon la description de Virgile » (p. 149). La scène est dans le livre 5 de L'Énéide.
4
Cestuy-cy ou cestuy Celui-ci, celui. Ces pronoms figurent dans Huguet mais non dans Furetière.
I, 2, 42 verso. Le pronom remplace Artus.
• « Cettuy-cy, commence à n'estre plus gueres en usage », remarque Vaugelas en 1647 (p. 367).
1
Cette cy La seconde vie que [...] nous aurons apres cette cy (III, 12, 516 verso). « Au commencement du siècle [ce] pronom est fréquent » (Brunot, III, p. 291). 3
Cetui-cy Cetui-cy n'est pas bon (IV, 2, 260).
Voir Cestuy-cy.
4
Chacun En presence de chacun (III, 7, 289 verso). Chacun ici signifie tous. « Un chascun (pronom). Chacun, tout le monde » (Huguet). 3
Chaire « Siège avec ou sans bras, chaise » (Huguet). 1
Chalumeau « Instrument de musique. Chalumeau, flûte champêtre » (Huguet).
• Voir et écouter un chalumeau dans ce site (3 octobre 2012).
1
Champ « Lieu où on donne quelque bataille, ou combat [...] On appelloit autrefois champ clos, ou camp clos, l'espace fermé de barrieres, où les Chevaliers faisoient des joustes & tournois, ou des combats à outrance » (Furetière). 1
Change - « Se dit aussi en Morale. Le change est loüable, quand il se fait en mieux. un amant a recours au change quand il est maltraitté. Un inconstant aime le change. - CHANGEMENT, se dit aussi des choses accidentelles » (Furetière). 2
Change Me donnant le change, il me mit en sa place (III, 3, 109 recto). « Convention par laquelle on donne une chose pour une autre » (Furetière). 3
Changer - Le changer. Verbe substantivé dans Huguet mais non dans Furetière.
Changer à. « Changer pour, laisser pour, abandonner pour » (Huguet).
2
Chanson Vous voicy encore à vostre premiere chanson (IV, 3, 532).
« Se dit aussi de toutes sortes de vains propos, des raisons frivoles, des propositions qui n'ont point d'effet » (Furetière).
4
Chanter (subs.) Laisser le chanter (IV, 2, 205).
Verbe substantivé dans Huguet mais non dans Furetière. Ronsard décrit le « doux chanter » qui enchante (Odes, éd. Blanchemain, II, p. 70). Cotgrave signale : « Beau chanter souvent ennuye ».
4
Chapeau Une corbeille pleine de chapeaux de fleurs (III, 2, 29 verso). « A garland of flowers » (Cotgrave). Selon Furetière, chapeau vient de l'allemand, schappel, qui signifie un chapeau de fleurs. 3
Charge « Poids d'un corps qui pese sur un autre [...] On le dit pareillement des armées qui se battent » (Furetière). 2
Charger - « En termes de Guerre, signifie, Attaquer l'ennemi, le battre, le deffaire » (Furetière). 2
Charger Il se sentit charger par les espaules si furieusement (III, 7, 331 recto). Attaquer.
Il ne vous charge de nouveaux supplices (III, 1, 12 verso). « Mettre un fardeau sur quelque chose » (Furetière).
Les yeux chargez (III, 7, 307 verso). « Yeux chargés, yeux gonflés et appesantis. Chargés d'un feu secret vos yeux s'appesantissent, RAC. Phèdre, I, 1 » (Littré).
3
Charger - Chargé d'aage (IV, 2, 344).
« Qui a un fardeau sur les épaules » (Richelet). Mathurin Régnier (1573 - 1613) écrit « Chargé d'âge et d'ennuis » (Satire VII).
4
Chariot « Voiture à quatre rouës, qui n'a qu'un timon, & des chevaux attachez aux costez les uns des autres » (Furetière). À l'origine, un chariot était « Une sorte de machine roulante pour faire marcher les enfans » (La Curne). Voir celui qui est représenté dans la gravure qui décore la première partie.
1
Chariot Un grand bruit de chevaux et de chariots (III, 6, 222 recto). Huguet cite une description du chariot de Marguerite de Valois η, « qui estoit assez recognoissable, pour estre doré et de velours jaune garny d'argent ». Dans L'Astrée aussi les chariots peuvent être reconnaissables, mais le romancier ne les décrit pas (par exemple III, 3, 71 recto). 3
Charnure « La chair considérée dans sa manière d'être » (Huguet). Huguet cite L'Astrée (I, 8, 254 verso) pour expliquer ce substantif. On trouve charnure et charneure dans Les Dames galantes de Brantôme (p. 41 par exemple).
« Ensemble, consistance des chairs du corps humain » (Le Grand Robert). Quand Du Haillan mentionne la charnure de cet Alexandre qu'il admire, il s'agit de l'aspect physique en général (Comparaison, p. 277).
1
Châsse « Vaisseau où est enfermé le corps ou les reliques d'un Saint, ou d'une Sainte » (Furetière). 1
Chassieux « Humide, pluvieux » (Huguet). 1
Chastagne Un panier de chastagnes cornuës (III, 3, 101 verso). Huguet donne chastagne (Art. Chastaigne). 3
Chat huant Le cry de quelque chat huant ou de quelque Orphraye (IV, 4, 892).
Furetière signale que le chat-huant est un « Oiseau nocturne & de mauvais augure ». Ménage précise dans son Dictionnaire que cet oiseau « hue » ; comme son chant est un cri « piteux », Latins et Grecs le font « pleurer, gémir & hurler ».
4
Chaton Les escharpes en broderie r'attachees à gros chattons sur l'espaule (IV, 4, 715).
« Ornement destiné à être cousu sur les vêtements ou les chapeaux, sorte de perle de verre » (DMF).
4
Chatouiller « Se dit aussi du sentiment qui donne du plaisir au corps » (Furetière). 1
Chatouiller L'esperance [...] avec laquelle j'estois chatoüillee (IV, 4, 769).
« On le dit figurément en choses spirituelles. La loüange, les applaudissements chatouillent l'esprit. les pensées agreables nous chatouillent l'ame » (Furetière).
4
Chatouilleux Nostre reputation est si chatoüilleuse (III, 4, 151 recto). « On dit figurément, qu'une affaire est chatouilleuse, quand elle est delicate, douteuse, problematique. On le dit aussi de celles qui sont dangereuses, difficiles à manier. Les affaires d'Estat sont bien chatouilleuses. le maniement des deniers publics est un employ fort chatouilleux » (Furetière). 3
Chaud Cerveau chaud (I, 8, 235 recto) n'est pas dans les dictionnaires. Richelet donne à Chaud le sens de « ardent bouillant. Chaud en amour & plus-chaud en colere ». 1
Chaud (subs.) Marcher au grand chaud (III, 11, 488 recto). « Substantif masculin. Chaleur. Il fait un grand chaud » (Richelet). 3
Chausses Il tourne donc les chausses d'Arimant à la renverse (III, 8, 348 verso). « CHAUSSES, au plur. ou Haut-de-chausses, signifie la partie inferieure de l'habit d'un homme, qui luy couvre les fesses, le ventre & les cuisses » (Furetière). 3
Chef « Vieux mot qui signifioit autrefois la teste de l'homme, & qui n'est plus en usage qu'en Poësie & en matiere de devotion » (Furetière). 1
Chemin - « Couper chemin à une maladie, à un procés, pour dire, la prevenir, ou en empêcher le cours » (Furetière).
Faire chemin. Cheminer. La Curne de Sainte-Palaye explique que chemin « signifioit quelquefois traite, marche ».
2
Chemin - Tant que le chemin dura (IV, 3, 477).
« Voyage » (Huguet).
4
Chemise « La premiere piece d'un habillement, qu'on met immediatement sur la peau » (Furetière).
« En chemise (fig.). Sans voile, sans ornement » (Huguet).
Dans L'Astrée, se battre en chemise, c'est se battre sans armure (I, 12, 386 verso).
1
Chenu - « Qui a les cheveux blancs, la barbe blanche » (Huguet).
- « Vieux mot qui signifie blanc de vieillesse » (Furetière).
1
Chenu « Se dit aussi figurément & poëtiquement des hautes montagnes, parce qu'elles sont toûjours couvertes de neiges. Les Alpes chenuës » (Furetière). 2
Cheoir En faisant cheoir une grande partie en terre (III, 12, 493 verso). Cheoir (pour choir) est encore dans Furetière, mais non dans Richelet. 3
Chercher de Ne cherchez point de vous venger (III, 2, 45 recto). « Chercher à » (Huguet). Malherbe aussi écrit Chercher de (Brunot, III, p. 552) 3
Chère « Accueil gracieux, reception favorable » (Furetière). 1
Chèrement « Précieusement » (Huguet). 1
Chèrement M'aymer plus cherement que pas une des autres (IV, 4, 687).
« Tendrement, avec passion » (Richelet).
4
Chesne « C'est un arbre des plus durs, des plus hauts & des plus gros qui se voyent en ces quartiers. Il y a trois principales especes de chesne. L'ordinaire est le grand, qu'on appelle en Latin quercus, & en Grec drys, qui porte le gland appellé balanus. Le second est le rouvre, qu'on appelle en Latin robur, qui porte particulierement la galle. C'est celuy qui a le bois le plus dur de tous les chesnes, & qu'en quelques lieux on nomme drylle. [...] Le mot drys en Grec signifie tout arbre qui porte gland. Le chesne en general outre le gland produit une petite galle qui est noire & resineuse, & une autre sorte de fruit qui se rapporte à une meure, mais qui est dure à merveille. [...] On trouve le guy sur ses branches, & des potirons qui croissent auprés de ses racines : ce qui arrive pareillement à d'autres arbres. [...] Le bois de chesne depuis 50. ans jusqu'à 100. voire 160. est le meilleur bois pour bastir, & dure jusqu'à 600. ans sans degenerer. Et quand il est employé en pilotis, il dure jusqu'à 1500. ans. Aussi sert-il à bastir les maisons, & à faire les œuvres vives d'un vaisseau. [...] On dit proverbialement, que la monnoye du Diable est des feuilles de chesne, qu'il fait paroistre comme si c'étoit de l'or » (Furetière). 2
Cheute La hauteur de sa cheutte (III, 6, 235 verso). Furetière encore donne cheute et non chute, alors que Richelet ignore cheute. 3
Chevalier « On appelle Chevaliers, les gens issus de la haute & ancienne Noblesse, ou qui ont esté faits Chevaliers par les Princes » (Furetière). Jusqu'en 1599, Honoré d'Urfé, chevalier de Malte, toujours désigné par le titre de « Chevalier », signe « Chevalier d'Urfé » (voir Poèmes, Lettres, Épîtres). Il est « Chevalier de l'Ordre de Savoye » en 1619, quand il reçoit le collier de l'Ordre savoyard de l'Annonciade η.

À l'article Chevalerie, Furetière donne plus d'informations : « Il y a quatre sortes de Chevalerie, la militaire, la reguliere, l'honoraire, & la sociale. La militaire est celle des anciens Chevaliers, qui s'acqueroit par de hauts faits d'armes. [...] La Chevalerie reguliere est celle des Ordres Militaires où on fait profession de prendre un certain habit, de porter les armes contre les Infidelles, de favoriser les Pelerins allants aux Lieux Saints, & de servir aux hospitaux où ils doivent estre receus. La Chevalerie d'honneur est celle que les Princes communiquent aux autres Princes & aux premieres personnes de leurs Cours, & à leurs favoris. La Chevalerie sociale est celle qui n'est pas fixe, & qui n'est ni confirmée par des Papes, ni reglée par des statuts qui soient de durée. Aussi il y en a plusieurs qui ont été faites pour des factions, pour des tournois, pour des mascarades ».

• À l'origine, Chevalerie signifie « acte de vaillance, exploit digne d'un chevalier » (Huguet). C'est encore le cas dans les Amadis (par exemple, « la haute chevalerie » d'Amadis de Grèce, XI, ch. 45).

• Alors que leurs compagnes portent un titre romanesque d'origine mythologique (Nymphes), les seigneurs foréziens, appelés Chevaliers, appartiennent à une société moderne et aristocratique.
1
Chevalier Trois remarques sur le sens de ce titre dans L'Astrée :
Digne du nom de Chevalier errant (III, 3, 83 recto).
Par le nom [...] que vous portez de Chevalier [...] je vous conjure (III, 11, 457 recto).
[Dans] l'Ordre des Chevaliers [il y en a] qui sont les plus abaissez (III, 12, 532 recto).
3
Chevet « Oreiller long & rond rempli de plume, sur lequel on met la teste quand on est couché. [...] se dit aussi de la partie du lit où on met ce traversin » (Furetière). 1
Chevet III, 4, 144 recto. On attache des fleurs au chevet d'une jeune femme malade. Richelet explique que le bénitier se « met au côté du chevet du lit, et qu'on [le] remplit d'eau benite » (Article Benitier). 3
Cheveux (en) Encores qu'on la vid en cheveux (III, 10, 429 verso). « Une femme est coëffée en cheveux, lors qu'elle a seulement ses cheveux arrangez ou tortillez autour de la teste, & qu'elle n'a ni bonnet, ni coëffe qui les cache » (Furetière). 3
Chevir « Estre maistre de quelqu'un, de quelque chose » (Furetière). Verbe qui figure dans le Don Quichotte de Cervantes.  
Chiffre « Un caractere mysterieux composé de quelques lettres entrelacées ensemble, qui sont d'ordinaire les lettres initiales du nom de la personne pour qui il est fait. Quelquefois il est double, & on y mesle les lettres du nom d'une autre personne avec qui on a amitié ou relation. Les amoureux dans les Romans avoient coustume de graver leurs chiffres sur les pierres, sur les arbres » (Furetière).
• Dans Le Sireine ausi, les héros méditent sur leurs chiffres, « fidèle miroir » (p. 76).
1
Chommer Chômer à se trouve dans Huguet : « Chommer. Célébrer [en cessant le travail]. [...] Que tous les ans on choumoit à Cybelle ». 1
Chopper « Heurter du pied contre quelque chose, ensorte qu'on soit en danger de tomber. [...] Ce mot vieillit » (Furetière). 2
Chose Quelque chose est féminin dans Huguet. 1
Chose Quelque chose reste féminin (III, 6, 231 recto). Richelet cite Vaugelas et Patru qui, comme lui, mettent quelque chose au masculin : « La pauvreté est quelque chose de bien dur ».
L'usage fluctue selon les éditions dans la troisième partie : Quelque chose de plus relevée dans l'édition de 1619 devient quelque chose de plus relevé en 1621 (III, 12, 532 verso). Voir aussi III, 12, 506 recto.
On rencontre un étrange quelque chose de signalé avoit esté faicte dans l'édition de 1619 (III, 3, 58 recto) ; cette phrase est supprimée en 1621. Dans l'ensemble, en 1621, quelque chose est le plus souvent masculin (par exemple III, 3, 81 verso).
3
Chose - Quelque chose que j'ay apprise (IV, 3, 394).
- Quelque chose qui luy fust desavantageuse (IV, 3, 584).
Mais
Quelque chose de, en revanche, est suivi par un adjectif masculin :
- Quelque chose [...] de caché
(IV, 1, 114).
4
Chourme Condamnez aux chaisnes d'une chourme (III, 10, 445 verso). Huguet et Furetière donnent chiourme. « Le lieu où les forçats sont assis pour ramer » (Furetière). 3
Ci et là « Çà et là » (Huguet). 2
Ciel « Se dit aussi d'un dais, du haut d'un lit » (Furetière). 2
Ciguë « Herbe ressemblante au persil, qui est d'une excessive froideur. Sa tige est noüée & grande comme celle du fenouil. Ses feuilles sont semblables à celles de la ferule, mais elles sont plus estroites, & ont une odeur pesante, fascheuse & puante. Ses fleurs sont blancheastres, & viennent à sa cime en petits bouquets. Sa graine est plus blanche que celle de l'anis. Sa racine est creuse, & n'est gueres profonde en terre. Elle a beaucoup d'usage en Medecine, quoy que ce soit un poison. Quelques-uns sont devenus fous pour avoir mis en leur potage des feuilles de ciguë, au lieu de persil. La ciguë est ennemie du cerveau, comme les cantharides de la vessie, & le lievre marin du poulmon. Socrate condamné à mort, beut de la ciguë. La ciguë prise en breuvage cause des vertiges & convulsions, trouble la veuë & l'entendement, rend les extremitez froides, & bouche les conduits de la respiration. La ciguë est aliment à l'étourneau, & poison à l'oye. La ciguë fait mieux son effet quand elle est prise avec du vin. La ciguë est moins dangereuse icy que dans les pays chauds » (Furetière). 2
Cimbale « Clochette, sonnette, ou assemblage de clochettes, de sonnettes » (Huguet). « CYMBALE. s. f. Instrument de Musique dont les gueux accompagnent le son de la vielle. C'est un fil d'acier de figure triangulaire, dans lequel sont passés cinq anneaux, qu'on touche, & qu'on promene dans ce triangle avec une verge aussi de fer de la main gauche, tandis qu'on le soûtient de la droite avec un anneau pour luy laisser la liberté de son mouvements » (Furetière).
• L'édition de 1607 donne timbale. Il peut s'agir d'une coquille ; cependant, une timbale est un « Tambour dont se servent quelques regiments de cavalerie, dont la quaisse est d'airain » (Furetière).
• Cimbales et Corybantes dans ce site (2 juillet 2018).
• Pour écouter « L'Enfant aux cymbales » de Frida Boccara, cliquer ici (10 octobre 2012).
1
Cinabre Huguet et Furetière ignorent ce mot. Richelet en fait un synonyme de « Vermillon ». Le cinabre est le métal rouge tiré du sulfure de mercure. 1
Circonvoisin Des lieux circonvoisins (III, 9, 370 verso). « Ce qui est aux environs » (Furetière). 3
Cirque « Grand bastiment de figure ronde, ou ovale, qu'on faisoit chez les Anciens pour donner des spectacles au peuple. [...] Quelques-uns veulent que ce nom vienne de Circé, à qui Tertullien en attribuë l'invention » (Furetière). 2
Cirurgien - Cirurgiens (III, 7, 309 recto). Le Cirurgiens de 1619 est remplacé par chirurgiens en 1621.
- Un Myre, que les Romains nomment Cyrurgien (III, 3, 63 verso). « Je diray chirurgien, comme il faut dire, non pas cirurgien, n'en desplaise à vous, messieurs les courtisans. H. ESTIENNE, Dial. du lang. fr. ital., II, 286 » (Huguet, Article Chirurgien).
3
Civil « Ce qui est honneste & raisonnable » (Furetière). L'adjectif n'est pas dans Huguet.
Civil remplacera courtois avant la fin du siècle (Lathuillère, p. 342, note 55).
1
Civilisé - « Rendre civil & poli, traittable & courtois [...] Les paysans ne sont pas civilisez comme les bourgeois, & les bourgeois comme les Courtisans » (Furetière). 1
Civilisé - Des Bergeres qui surpassent les personnes plus civilisees (III, 2, 38 verso). 3
Civilité « Maniere honneste, douce & polie d'agir, de converser ensemble » (Furetière). 1
Clair « Qui voit clairement » (Huguet). 1
Clair brun « Se dit des cheveux ou du teint d'une personne comparez l'un à l'autre, c'est à dire, quand elle a le teint fort blanc, & les cheveux fort noirs » (Furetière). 2
Clairté Esclairer avec tant de clairté (III, 3, 93 recto). Clairté est dans Huguet (Article Clarté).
• Ce substantif archaïque revient six fois dans l'édition de 1619. L'édition de 1621 le remplace par clarté une seule fois (III, 3, 120 recto). Par ailleurs, Balthazar Baro introduit clairté dans le poème liminaire qui accompagne l'édition de 1621 (Ode).
3
Clameur de haro « Une plainte ou reclamation qu'on fait de l'aide du Prince contre la force & l'oppression d'autruy. [...] le Juge ne peut vuider la clameur de haro sans amende. Dans les Lettres de Chancelerie on met, Nonobstant clameur de haro, Chartre Normande & autres Lettres à ce contraires » (Furetière). 1
Claye - On traisneroit les autres sur des clayes (IV, 3, 388).
« CLAYE, est aussi une grosse eschelle de charpente attachée au cul d'une charrette, sur laquelle on fait traisner par la ville ceux qui ont été tués en duel, ou qui se sont deffaits eux-mêmes par desespoir » (Furetière).
- Un petit entre deux fait de claye (IV, 4, 908).
« Ouvrage de Vannier fait d'osier servant à divers usages [...] On appelle aussi claye, ce qui sert aux Bergers pour enfermer leur troupeau quand ils parquent » (Furetière).
4
Clergesse Ces Clergesses des Carnutes (III, 2, 54 verso). « Religieuse » (Huguet). La Curne donne clergeresse et ajoute : « La première signification de femme savante [...] est la plus commune dans nos anciens auteurs ». 3
Clorre « Enfermer » (Huguet). 1
Close « Nuit close, c'est à dire, obscure » (Furetière). 2
Coeffure « Couverture, ajustement, ornement de la teste. [...] Les bourgeoises, les paysanes, & les Damoiselles étoient autrefois toutes distinguées par leur coeffure » (Furetière). 2
Coeffure Elle vit sa coiffure, et le reste de son habit (III, 11, 464 recto). La troisième partie donne la graphie moderne, coiffure. 3
Cœur Perdant et le cœur et le jugement, ne sçavent recourir qu'aux prieres (III, 1, 16 verso). « Signifie quelquefois, Vigueur, force, courage, intrepidité » (Furetière). 3
Cognoissance - Reconnaissance. Connoisssant peut être mis pour reconnoissant, signale La Curne (Article Connoissant).
- Indice. « CONNOISSANCE, en termes de Chasse, signifie les indices, vestiges, pistes qui enseignent là où on peut trouver la bestes » (Furetière).
2
Cognoissance Luy faisant cognoissance, lui demanda des nouvelles (III, 7, 316 recto) « Faire connaissance, loc. donner connaissance de, faire connaître » (Godefroy). Se faisant connaître. 3
Cognoistre « S'apercevoir, comprendre » (Huguet). 2
Cognoistre Le faire bien cognoistre (IV, 5, 932).
Reconnaître. « Connaître d'après tel ou tel signe » (Huguet).
4
Coiffure Attacher son voile et sa coiffure (IV, 1, 11).
« Couverture, ajustement, ornement de la teste » (Furetière, Article Coeffure).
4
Col « Cou » (Huguet).
« On disoit autrefois Col, qui n'est plus en usage qu'en quelques phrases » (Furetière).
• D'Urfé utilise uniquement col.
1
Colère « Adj. m. & f. Qui est bilieux, fougueux, emporté, esmeu de passion contre ce qui le choque. Les gens coleres sont en danger de s'attirer de meschantes affaires » (Furetière). Colere n'a pas d'accent sur le dernier e dans les dictionnaires du temps. 1
Colet « Sorte de collet, de pourpoint sans manches » (Huguet, Article Colletin) 1
Collet Son collet à moitié glissé d'un costé laissoit en partie à nud sa gorge (III, 10, 426 recto). « Partie de l'habillement qui joint le cou, qui se met autour du cou » (Furetière). 3
Combattre « Signifie encore, Consulter en soy-même le meilleur parti à prendre » (Furetière). 2
Combien Combien en seray je blasmee (IV, 4, 686).
« À quel point » (Furetière).
4
Combien que « Encore que » (Furetière). 2
Comme - « Comme. Comment » (Huguet).
Que tu sois aussi parfait comme tu l'estimes. « Comme s'employoit quelquefois pour que. Ménage, dans ses notes sur Malherbe, reproche à cet auteur d'avoir fait souvent ce mauvais usage du mot comme. Par exemple : "Aussi pure, et belle, comme le sujet en est beau". Il qualifie cet usage de normanisme. (Liv. V, p. 457 de l'Edit. de 166.) » (La Curne). [Normanisme signifie de Normandie].
2
Comme Je l'ay veu [...] comme je l'ay veu de mes propres yeux (III, 4, 148 recto). Comme pourrait marquer « la simultanéité temporelle » (DMF), ou encore signifier « puisque » (Godefroy) ou « attendu que » (Huguet).
Il commença à luy raconter [...] comme il avoit parlé à Clarine (III, 8, 346 verso).
« Comment et comme, sont deux, et il y a bien peu d'endroits, où l'on se puisse servir indifferemment de l'un et de l'autre [...] M. de Malherbe disoit toujours, comme, en quoy il n'est pas suivi » (Vaugelas, p. 334).
3
Comme - Voir comme cette jeune Princesse s'habilloit (IV, 4, 664).
Comment.
4
Comme que « Comme que. De quelque façon que. Attendu que » (Huguet). 2
Commencement « Du commencement. Au commencement » (Huguet). 2
Commencement L'esclat de rire que fit toute la troupe au commencement l'en empescha (III, 7, 278 verso). Commencement ici signifie « D'abord ». Cotgrave signale que dans « Du Commencement », le nom fait office de préposition. 3
Comment que « Quoique. [...] De quelque façon que » (Huguet). Furetière ne donne pas cette expression. 1
Commettre Amasis l'a [...] commis pour la seureté (IV, 2, 188).
« Emploier, donner charge, donner ordre » (Richelet).
4
Commettre, se commettre - Des affaires qu'il ne voudroit commettre à la fidelité d'autre que de luy (III, 12, 536 verso). « Confier quelque chose à la prudence, à la fidelité de quelqu'un » (Furetière).
Rien si dangereux pour une fille que de se commettre à la discretion de celuy qui l'aime (III, 10, 440 verso). « COMMETTRE, avec le pronom substantif, signifie, Se mettre en hasard, s'exposer à quelque danger, entrer en quelque comparaison » (Furetière).
3
Commodité - « Aise, facilité de vivre sans peine, sans fatigue » (Furetière).
- « Commodité, se dit aussi des occasions favorables que le hasard envoye » (Furetière).
1
Commodité - Il le trouva en commodité (II, 4, 226). Furetière donne seulement « à vôtre commodité ». 2
Commodité - Pour peu que vostre commodité vous permette d'y sejourner (IV, 2, 224).
« Temps opportun, occasion » (Littré).
4
Commoditez « Intérêts » (Huguet). Le substantif a dans L'Astrée (I, 10, 343 verso) le sens que lui donne Furetière : « les biens de fortune ». 1
Commoditez Les commoditez de mon bien (IV, 2, 193).
« Les commodités expriment quelque chose qui facilite les opérations ou la satisfaction des besoins, et qui tient de l'opulence » (Guizot).
4
Communication « Se dit aussi de la frequentation, de l'intelligence qu'on a avec quelqu'un » (Furetière). 2
Compagnie Vous soyez le tres bien venu, et vostre compagnie aussi (IV, 3, 486).
« Une ou plusieurs personnes qui sont avec une autre, et qui l'accompagnent » (Richelet)
4
Compasser « Mesurer, régler, ordonner » (Huguet). 1
Compassion « Souffrance » (Huguet). 2
Compatir « S'accorder, s'entendre » (Huguet). Furetière aussi donne cette signification : « Vivre bien avec quelqu'un ». 1
Complexion Ne changer ni d'humeur ny de complexions (III, 1, 25 recto). « Habitude, disposition naturelle du corps » (Furetière). 3
Complice à Être complice à (III, 10, 411 verso). Les dictionnaires donnent complice de. La Curne ajoute une information : complice « étoit réputé gaulois par Pasquier, "pour n'estre françois, grec, ny latin" (Rech. p. 657) ». 3
Comporter Un sexe tant imparfait que celuy des hommes, [peut] en moy comporter une si parfaite Amour que la mienne (III, 9, 402 verso). « Soutenir » (Huguet).
La tiendrez-vous pour concubine ? avez-vous opinion que l'honneur de ma maison le comporte ? (III, 12, 528 verso). « Permettre » (Huguet).
Richelet note que comporter peut signifier convenir. Il « se dit en ce sens, mais il ne s'écrit pas ».
3
Comprendre « Contenir en soi, renfermer en soi » (Furetière). 2
Compromis (en) Mettre et l'un et l'autre en compromis (III, 3, 84 recto). « On dit aussi, qu'il ne faut point mettre son honneur en compromis, pour dire, au hasard » (Furetière). Richelet ajoute : « Ce mot se prend figurément et est beau ». 3
Compte Souvent écrit conte.
« Entrer en conte avec (quelqu'un) » : « Compter ce qu'il doit et ce qui lui est dû » (Huguet).
1
Compte On trouve encore conte mis pour compte. À ce conte (III, 2, 53 recto). Sur mon conte (III, 4, 132 recto).
Compte mis pour conte dans l'édition de 1619 est corrigé en 1621 : On augmente tousjours au conte (III, 2, 53 recto), en racontant.
3
Compte - Des comptes ordinaires pour rire (IV, 4, 692).
Cotgrave même confond parfois compte et conte : « Petits comptes. Trifling words, ridculous tearmes », Mots insignifiants, termes ridicules (Article Compte).
4
Comte Les attestations des Druides, et Comtes de Gergovie (IV, 2, 357).
« Les Comtes tiennent le milieu entre les Ducs & les Barons », selon Furetière. « Dignité au-dessus de celle de Baron, et au dessous de celle de Marquis », selon le Dictionnaire de l'Académie (1694). Cotgrave explique longuement l'origine du titre de Comte (Earle) en France : Les premiers rois Francs auraient appelé comtes les gouverneurs et juges des provinces, les rendant ainsi vassaux et officiers. Les comtes ont ensuite fait de leurs fiefs et de leur titre des biens héréditaires. Dans certaines régions, ils étaient appelés indifféremment comtes ou ducs.
 
Concevoir L'amitié que j'ay conceuë pour vous (IV, 1, 21).
« Penser, imaginer [...] On le dit aussi de la plus-part des passions qui naissent dans le coeur de l'homme » (Furetière).
4
Conclure Cela ne conclud pas, que nous fassions luy et moy un mesme jugement (III, 5, 214 verso). « CONCLURRE, en termes de Philosophie, est tirer une consequence de deux propositions ou premisses » (Furetière). 3
Condenner Elles la condennerent à tout ce que Diane desiroit (IV, 3, 602).
Huguet donne « condemner de ».
 
Condition « Caractère, manière d'être » (Huguet). 2
Condron Ce substantif n'est pas dans les dictionnaires. S'agit-il d'une pâtisserie ? D'Urfé écrit : « Mangez ensemble le Condron, et lors prenant le gasteau d'orge ... » (I, 11, 362 recto).
• Je dois à l'obligeance et à la science de Thomas Poiss (Université de Berlin) les renseignements suivants :
Toute la scène du mariage est moulée sur le modèle d'une confarreatio, le plus solennel des mariages à Rome. Susan Treggiari analyse ces cérémonies, en se fondant sur les Institutiones (1, 112) de Gaius, dans Roman Mariage. Iusti Coniugi From the Time of Cicero to the Time of Ulpian (Oxford, Oxford University Place, 1991 (1993), p. 21-24. Cet ouvrage est numérisé dans Google Book.
• Le Flamen dialis, un des grands prêtres romains, unit le couple lors d'une céremonie pendant laquelle on partage le farreum, gâteau (« sacrificial cake ») fait de far ou farreum, une céréale archaïque qu'on n'a jamais identifiée. Le nom même de la cérémonie, confarreatio, vient de farreum.
- FLAMINES: « Les prestres de Jupiter et de Mars instituez et nommez Flamines par Numa Pompilius, qui les ordonna pour la celebration des choses divines » (Du Choul, p. 258). Le plus important des flamines est le flamine Dialis « qui avait un siège de droit au Sénat, il avait son licteur et sa chaise curule ; il jouissait de la plus grande considération »... mais plusieurs interdictions pesaient sur lui (Voir ce site, 20 juin 2012).
• Le nom grec du far est le chondros. Ce mot est écrit condros dans les manuscrits de provenance latine. Le Condron de L'Astrée semble être une forme neutre (peut-être forgée sur farreum). Le suffixe grec Ώ (omega) pourrait désigner le produit fait à partir du condros, comme chez Homère (Iliade, 11, 624 ; Odyssée, 10, 234) kykeón est un mélange potable fait avec du gruau.
• Honoré d'Urfé explique que le Condron est un gâteau d'orge. En fait, c'est plutôt un gâteau d'épeautre, car la meilleure traduction de far est épeautre, une variété de blé dur.
1
Conduire - Il se conduisoit par des ames viles et basses (II, 12, 839). Être conduit. Le DMF donne : « Empl. pronom. à sens passif. [D'une chose] "Être mené" ». 2
Conduire En fin elle se conduisit sans y penser (III, 10, 435 recto).
À quoy la rigueur des meres conduist quelquesfois les enfants (III, 7, 321 recto). « Guider, mener » (Furetière).
3
Conduire, se conduire - « Se conduire. Se rendre, aller » (Huguet). 1
Conduit « Canal ou tuyau par où coulent les eaux, ou autres choses fluides » (Furetière). 2
Confédération Sous pretexte d'amitié et de confederation (III, 12, 526 recto). « Alliance entre des Princes, ou des Estats » (Furetière). 3
Confédéré - « Adject. qui se dit des Princes ou Estat qui sont unis, alliez, liguez ensemble pour leur deffense commune, pour attaquer l'ennemi commun » (Furetière).
- « Se conféderer. Se liguer ensemble » (Dictionnaire de l'Académie, 1694)
2
Conférence « Se dit aussi des entretiens de quelques particuliers assemblez pour parler d'affaires ou d'estudes » (Furetière).
La définition de Richelet correspond mieux au sens du mot dans le roman (II, 6, 427) : « Entretien qu'on a avec une ou plusieurs personnes ».
2
Conférer « S'assembler pour parler ensemble d'affaires, de points de doctrine » (Furetière). 2
Confesser « Reconnoistre une verité particuliere » (Furetière). 2
Confidence - Parler avec la mesme confidence (III, 4, 157 recto). « Assurance » (Huguet). Le substantif garde ce sens chez Cotgrave (Article Asseurance), comme aujourd'hui en anglais. 3
Confidence - Quelle part Ardilan avoit en la confidence de Darinee (IV, 4, 779).
Le secret. « Cet homme est bien avant dans la confidence du Ministre, il est son favori » (Furetière).
4
Confiner - « Estre proche les bornes d'une autre Seigneurie ou pays » (Furetière).
- « Enfermer en certain lieu de peu d'étenduë » (Furetière).
2
Confiture Vous mangerez autre chose que des confitures, qui sont dans ce petit cabinet (III, 3, 92 recto). « Aliments préparés pour la conservation » (Huguet). Pour Furetière, les confitures sont toujours sucrées. 3
Confluant Un grand jardin qui est sur le confluant du Rosne et de l'Arar (III, 7, 282 recto). « CONFLUENT. s. m. Le lieu où deux rivieres se joignent & meslent leurs eaux » (Furetière). 3
Confondre « Convaincre, fermer la bouche à son adversaire » (Furetière). 2
Confus « Confondu, mêlé » (Huguet). 1
Confusément « En désordre » (Huguet, Article Confus). 3
Confusion « Une grande multitude de personnes ou de choses de même espece » (Furetière). 1
Confusion - La confusion où je mettrois cette Princesse (IV, 4, 668).
« CONFUSION, signifie aussi, Embrouillement, desordre qui se trouve dans une famille, dans un Estat » (Furetière).
4
Congé - « Permission » (Huguet).
Furetière précise : « Licence, permission que donne un Superieur à un inferieur, qui le dispense d'un devoir à quoy il étoit obligé envers luy ».
1
Congé Avoir congé. « CONGÉ, se dit aussi des permissions qu'on demande par civilité » (Furetière).
- « Se dit aussi en parlant de celuy qu'on prie de se retirer d'une maison où il avoit quelque habitude, ou quelque pretention » (Furetière).
2
Conjecture « Raisonnement fondé sur des probabilitez sans aucune demonstration » (Furetière). Huguet ne donne pas ce substantif. 1
Conjoint « Uni » (Huguet).
Furetière donne seulement l'infinitif Conjoindre : « Joindre une personne, ou une chose avec une autre ».
2
Connoissance Si cela ne sont des connoissances que j'ayme plus autruy que moy mesme (IV, 3, 507).
« CONNOISSANCE, en termes de Chasse, signifie les indices, vestiges, pistes qui enseignent là où on peut trouver la beste » (Furetière).
Voir Cognoissance.
4
Connoistre Une personne que je ne connoissois point à cause de l'obscurité (IV, 3, 567).
« Cognoistre. Reconnaître » (Huguet). Ce sens survit dans les proverbes : « On cognoist le diable à ses griffes » (Cotgrave, Article Cognoistre) ; « À l'ongle on connoist le lion » (Furetière, Article Lion).
4
Conque « Grande coquille » (Furetière). Huguet ne donne pas ce substantif. 1
Conseil « Ce mot a signifié dessein secret [...] intention, volonté » (La Curne). 1
Conseil - « Assemblée de notables personnes ou Officiers pour deliberer sur les affaires publiques, ou pour juger les differents des particuliers » (Furetière).
Si j'étais de votre conseil. Si je vous conseillais. « Etre du conseil, être du parti ou dans les intérêts de quelqu'un » (La Curne).
Il prist un bon conseil. « Dessein, projet, décision » (Huguet).
2
Conseil - On les voye souvent en conseil (IV, 4, 675).
Huguet donne en conseil estroit et en privez consaulx.
- Prendre conseil de ce qu'ils avoient affaire (IV, 4, 695).
Le DMF donne : « Faire conseil (de qqc.). Prendre une décision (à propos de qqc.) » et « print conseil de vous faire venir ».
4
Conseiller Conseiller peut être un verbe transitif :
« Conseiller. Conseiller qqn de faire qqch. Conseiller à qqn de faire qqch. - S'ils prennent plaisir à lire mes escris, j'en suis tres-joyeux, si au contraire ils s'en fâchent, je les conseille de ne les achepter pas. RONSARD, Responce aux Predicans, édit. de 1563 (VI, 438) » (Huguet).
Conseillé. Le participe passé utilisé comme un adjectif (II, 4, 195) signifie sage. « Si vous estes bien conseillé, vous ne penserez pas à cette affaire » (Dictionnarie de l'académie, 1694).
2
Conseiller - Structures archaïques : Je ne conseilleray jamais personne de vous obliger (III, 1, 7 verso). Je le conseille de continuer (III, 5, 215 verso). Voir aussi III, 7, 294 recto. 3
Conseiller (se) - « Demander conseil » (Huguet). « Il s'en faut conseiller aux Docteurs » (Furetière).
1
Consentement Espousez par consentement de leurs parents (III, 8, 364 verso). « A fin que l'autre œil par consentement ne souffre. AMBR. PARÉ, XV, 18 » (Huguet). 3
Consentir - Il le consentoit (III, 12, 522 verso). « Nous ne disons plus consentir quelqu'un, et nous disons consentir à quelque chose, pour consentir à quelque chose et être d'accord avec quelqu'un » (La Curne). 3
Consentir - Nostre amitié ne devroit pas consentir que vous le voulussiez faire (IV, 1, 120).
« Consentir que. Admettre que » (DMF).
- Nous ne devrions jamais consentir qu'à ceste inconstance qui nous rend si dignes de mespris (IV, 3, 452).
« Consentir à. S'accorder avec » (Huguet). Que est ici employé par pléonasme. La phrase signifie donc : Nous ne devrions pas accepter cette inconstance.
4
Conserver - Il se conservoit avec tant de modestie et de courtoisie (III, 12, 509 verso). Se conduire, se comporter. Cette acception du verbe conserver n'est pas dans les dictionnaires anciens. Littré donne : « Se bien conduire en un temps difficile, se ménager avec sagesse entre plusieurs partis, entre plusieurs personnes ennemies ».
3
Conserver - La protection des demeures des bergers me pust conserver incogneüe (IV, 4, 867).
« Garder avec soin. Maintenir » (Richelet).
4
Considérable Le peu que je vaux ne doit pas estre considerable (IV, 3, 589).
« Devant être considéré, à considérer » (Huguet).
4
Considération « Se dit aussi de l'estime, de la reputation qu'on s'est acquise dans le monde » (Furetière). 2
Considération - Faire consideration (IV, 3, 595).
« CONSIDERATION, signifie encore, Reflexion » (Furetière).
- Un grand Prince a des considerations [...] que nous ne pouvons penetrer (IV, 4, 788).
« CONSIDERATION, signifie aussi, Veuë, raison, interest. [...] Le Roy met dans tous ses Edits, A ces causes & autres considerations à ce nous mouvant, &c. » (Furetière).
4
Considérer - Apres avoir long-temps consideré sans dire mot, les discours de Silviane (III, 12, 537 verso). « Faire reflexion » (Furetière). 3
Considérer - Prendre la peine de la considerer (IV, 3, 448).
« CONSIDERER, signifie encore, Estimer une chose pour sa valeur, pour son merite » (Furetière).
4
Consoler Consolez vous (IV, 4, 870).
« Se réjouir, jouir » (Huguet).
4
Consolider « Fermer [une plaie], cicatriser » (Huguet). 1
Consommé Faire apporter quelque consommé pour donner à sa sœur (III, 3, 91 verso). « Bouillon qu'on tire d'une viande consommée, qui a eu une coction extraordinaire » (Furetière). 3
Consulter « Réfléchir à, projeter » (Huguet). 2
Contenir Il se faut contenir aux bon heurs, comme en une chose qui passe legerement (IV, 4, 900).
« Se contenir. Se tenir » (Huguet).
4
Contentement « La satisfaction qu'on a de quelque chose » (Furetière). 1
Contentement « On est content lorsqu'on ne souhaite plus, quoiqu'on ne soit pas toujours satisfait lorsqu'on a obtenu ce qu'on souhaitait » (Guizot). 2
Contentement Plein de joye et de contentement (III, 11, 490 recto). Contentement revient 253 fois dans la troisième partie. On le trouve 129 fois dans la première et 150 fois dans la deuxième. La fréquence de contentement signale-t-elle seulement le goût de l'emphase et le choix du style majestatif (Lathuillère, p. 107) ? Voir Contentement η. 3
Contenter (se) - Plus on est pres de la personne aymee, et plus l'Amant se contente (III, 2, 33 recto). « Se contenter. Être content » (Huguet). 3
Contenter (se) - Je me contente que tous [...] jugent que j'ay raison (IV, 1, 107).
« Se contenter que, avec l'indicatif » (Huguet).
- Contentez vous que vous n'en sçaurez pas d'avantage (IV, 3, 551).
« Se satisfaire d'une situation, l'accepter » (DMF).
4
Conter « Compter ». La Curne de Sainte-Palaye et Huguet signalent que conter et compter sont souvent confondus.
Conte est généralement mis pour compte.
• Une seule fois, dans la première partie, l'édition de 1607 écrit correctement rendre compte, mais l'édition de 1621 le change en rendre conte (I, 10, 317 verso).
1
Conter Dans la deuxième partie, le faire conte de 1610 devient faire compte en 1621 (II, 11, 710). 2
Conter Conter est encore mis pour compter (III, 1, 12 recto) et le faire compte de 1619 est remplacé par faire conte en 1621 (III, 1, 7 verso). 3
Conter Le peu de conte que je fis (IV, 2, 255).
Voir Compte.
4
Continuer La façon de vivre qu'elle avoit tousjours continuee (IV, 2, 161).
« Continué, partic. Suivi. Ce mot, qui subsiste, n'est plus d'usage dans cette façon ancienne de l'employer » (La Curne)
4
Contraindre Elle se contraint le plus qu'elle peut de luy faire bon visage (II, 11, 741). Le DMF donne « se contraindre d'écrire ». 2
Contraire Couché tout au contraire (III, 12, 494 recto). « Au contraire. En sens contraire, tendant vers le contraire » (Huguet). La tête est dans la mauvaise direction. 3
Contraire Quelque resolution que j'eusse faicte au contraire (IV, 4, 749).
« On dit, Aller au contraire d'une chose, pour dire, S'y opposer, y contredire » (Dictionnaire de l'Académie, 1694).
4
Contrariant « Qui n'est point complaisant, qui dit, ou qui fait tout le contraire de ce qu'on desire, de ce qu'on allegue » (Furetière). 1
Contrarier « Contrarier à. Être contraire à. Être en contradiction avec, en opposition à » (Huguet). 1
Contrariété « Opposition des choses contraires » (Furetière). 2
Contre II, 5, 278. Vers. Seul La Curne de Sainte-Palaye donne ce sens à la préposition : « Contre a le sens de vers, dans ces citations : Contre son moustier regarda [...] L'emmenèrent contre France ». Contre signifie vers dans Le Sireine aussi (p. 55).
- « Signifie aussi le voisinage des choses » (Furetière).
2
Contre - Combat contre le Roy et vous (IV, 4, 827).
« Entre » (La Curne).
4
Contre - Après avoir branlé la teste contre Diane (IV, 3, 554).
« En direction de, vers » (DMF).
4
Contre-bas « Vers le bas » (Furetière). 2
Contre-cœur Il luy estoit tant à contre-cœur (III, 12, 522 verso). « Avoir à contre-cœur. Haïr » (Huguet). 3
Contredire à Je ne contrediray jamais, [...] à un si favorable jugement (III, 2, 52 recto). « Contredire » (Huguet). 3
Contregager « Lier par un gage » (Huguet). 2
Contremander « Envoyer à celuy qu'on avoit mandé un ordre contraire, un contremandement, afin qu'il ne fasse pas une chose qu'on luy avoit ordonnée » (Furetière). 2
Contremont « En haut, vers le haut du mont. (Se dit particulièrement au sujet d'un cours d'eau) » (Huguet). 1
Contrepeser « Balancer. Peser avec soin, plus d'une fois, examiner attentivement » (Huguet). C'est la définition que donne Furetière qui convient mieux dans L'Astrée : « Peser autant qu'une autre chose. Cent livres de plume contrepesent à cent livres de plomb ». 1
Contrepied Le Dictionnaire de l'Académie (1762) explique : « Terme de Chasse, qui se dit, lorsque les chiens étant tombés sur les voies de la bête, prennent pour la suivre le chemin qu'elle a fait, au lieu de prendre celui qu'elle tient. Les chiens avoient pris le contre-pied du cerf, du sanglier ». 2
Contrepoil « Au rebours de bien, contre le sens ordinaire » (Furetière). 2
Contreruse « Contrefinesse. Adresse qu'on a pour se deffendre d'une ruse ou d'un piege d'un ennemy, en le faisant tomber dans un autre » (Furetière). 2
Contre-signe Signe convenu. Ce substantif ne se trouve pas dans les dictionnaires du temps. La Curne donne Contresignal, « Marque, signe ». 1
Controuver « Inventer, imaginer » (Huguet). Dans L'Astrée le mot a plutôt le sens que lui donne Furetière : « Inventer quelque calomnie, quelque imposture ». 1
Convaincre « Prouver par des preuves juridiques & suffisantes à un homme prévenu d'un crime, qu'il a fait le crime dont on l'accuse » (Furetière). 2
Convaincre - Pour le convaincre de sa perfidie (IV, 2, 359).
« Réduire quelqu'un par le raisonnement, ou par des preuves sensibles, évidentes, à demeurer d'accord d'une vérité qu'il ne pouvoit comprendre, d'un fait qu'il vouloir nier » (Dictionnaire de l'Académie, 1694).
4
Convention « CONVENTION, signifie aussi, Discussion, assignation difficile à donner » (Furetière). 1
Conversation « Vie, manière de vivre, conduite » (Huguet). 1
Converser Verbe transitif. « Fréquenter » (Huguet).
• Le verbe est remplacé par hanter en 1621.
1
Copie IV, Au lecteur. Texte de l'éditeur, n. p.
Luy donnant sa coppie
. « COPIE. s. f. Minute, brouillon, ou premier projet d'un acte qu'on dresse, pour ensuitte le mettre au net » (Furetière). Huguet et La Curne donnent coppie, mais avec le sens de moquerie.
4
Coral Sa bouche si rouge qu'on l'eust jugee du plus vif coral qui se trouve (III, 7, 273 recto). Corail. « On trouve très souvent l'ancienne forme coral » (Huguet). Richelet note : « Corail, coral, s.m. L'un et l'autre se dit. Corail est plus-en usage, et plus régulier [...] Corail, Ce mot au figuré est un peu vieux. Il se dit des lèvres lorsqu'elles sont rouges et vermeilles, et même il est poëtique en ce sens ». 3
Cordonner « Entourer d'un cordon. Tresser » (Huguet). 1
Cornemuse - « A Bagpipe [..] Toutes ces choses procedent de la mesme cornemuse. All these things come from one head, rune from one spring, have one and the selfe-same original » (Cotgrave). 1
Cornemuse - Silvandre tient sa cornemuse (II, 7, 473) dans une gravure de la deuxième partie. 2
Cornemuse - Il enfla sa corne-muse, et commença d'en jouer (III, 10, 442 verso). « Instrument de Musique à anches et à vent, dont se servent les Bergers pour se divertir, qui est composé d'un chalumeau et deux bourdons, dont l'un est entre les mains de celui qui jouë, et l'autre sur son épaule, et d'une peau qui est ordinairement de mouton » (Richelet).
ANCHE : « Petite partie d'instrument de musiqeue à vent, faite pour l'ordinaire de deux piéces de canne jointes de si prés qu'il n'y ait entre deux qu'une petite fente pour passer le vent » (Richelet).
• Voir et écouter une cornemuse dans ce site (3 octobre 2012). Voir aussi ce curieux « Inventaire de l'iconographie de la cornemuse » (28 novembre 2012).
3
Cornice Corniche. « La plus haute partie & le dernier ornement d'une colomne, ou d'un bastiment » (Furetière). 1
Coronne Je ne reçoive volontiers la coronne (IV, 4, 743).
Coronne est dans Huguet.
4
Coronner Coronné de cette gloire (III, 12, 499 recto). Coronner est dans Huguet. 3
Corps « Se dit plus particulierement du tronc du corps, de la capacité du ventre, de l'estomac, & de ce qui est contenu entre les espaules & les cuisses » (Furetière). 2
Corps de juppe « Se dit aussi des habits, des armes qui servent à couvrir cette partie du corps qui va du cou jusqu'à la ceinture. Il faut essayer ce corps de pourpoint, ce corps de juppe » (Furetière).
Pour Richelet, « un corps de jupe de païsanne » est un corset (Article Corset).
2
Corps de logis « Se dit aussi d'un bastiment de fond en comble, soit qu'il soit separé, ou joint avec un autre. Il y a deux corps de logis en cette maison qui sont joints par une galerie » (Furetière). 1
Correspondance Amasis avoit des grandes correspondances avec elle (IV, 4, 873).
« Accord, union » (Huguet). « Relation, commerce, intelligence » (Furetière). Il ne s'agit pas d'un échange de lettres.
4
Corselet III, 1, 14 verso. « Petite cuirasse que portent les picquiers dans le Regiment des Gardes » (Furetière). 3
Cotillon « Diminutif de cotte. Petite juppe ou cotte de dessous. On le dit particulierement de celles des enfans, des paysannes, ou des petites gens » (Furetière).
« COTTE. s. f. Partie du vestement des femmes, qui s'attache à leur ceinture, & qui descend jusqu'en bas. Il ne se dit plus qu'à l'égard des paysannes, ou personnes du peuple ; car les Dames de qualité l'appellent juppe, particulierement celle qu'elles portent dessus, & qui est traisnante » (Furetière).
2
Cotte - Une cotte d'armes en escaille (IV, 3, 366).
« C'étoit un petit manteau qui descendoit jusques vers le nombril, ouvert par les costez avec des manches courtes, comme des manches d'Ange, quelquefois fourré d'hermines & de vair, sur lequel s'appliquoient les Armoiries du Cavalier brodées en or & en argent, & avec de l'estain battu esmaillé de couleurs, [...] Les cottes d'armes & les bannieres n'ont jamais été permises qu'aux Chevaliers & aux anciens Nobles » (Furetière).
« ÉCAILLE, se dit aussi des pieces de fer qui composent une armure, des tassettes qui sont au bas des cuirasses, qui sont posées l'une sur l'autre en guise d'écailles » (Furetière).
 
Cotte de maille - La cotte de maille descendant jusques aupres de la genoüilliere (III, 1, 14 verso).
« Armure faite en forme de chemise, & tissuë de plusieurs petits anneaux de fer » (Furetière).
3
Couardise « Timidité, poltronnerie. Le plus grand reproche qu'on puisse faire à un homme, c'est de l'accuser de coüardise » (Furetière). 1
Coudée « Mesure dont usoient les Anciens, & sur tout les Hebreux, qui étoit prise sur la longueur ordinaire du bras de l'homme depuis le coude jusqu'au bout de la main. Elle avoit un pied & demy en sa moyenne grandeur, & un peu plus ; car il y en avoit de plus petits » (Furetière). 1
Coudrier Coudre. Cinq exemples rapportés par Huguet viennent de Ronsard η. « Arbre qui porte des noisettes [...] Les Sorciers & les Charlatans font grand cas d'une branche de coudre : ils disent qu'elle a la vertu de descouvrir les tresors & les mines d'or, & qu'elle s'incline aux lieux où il y en a » (Furetière).
• D'Urfé utilise indifféremment coudre et coudrier.
1
Coulpe Vous n'en avez point de coulpe (III, 5, 210 recto). « Reponsabilité d'un malheur, d'une faute » (Huguet). Furetière donne seulement péché, ce qui ne convient pas ici. 3
Coup Ce substantif a quelquefois un sens particulier.
Faire coup (I, 6, 170 recto) signifie toucher, atteindre son but.
Encore un coup (I, 5, 133 recto) « se dit aussi des actions qui se reïterent » (Furetière).
Ce coup fut rompu (I, 10, 334 verso) signifie un obstacle surmonté.
À ce coup (I, 1, 13 verso), cette fois.
À tous coups (I, 2, 38 verso), « à chaque occasion, fort souvent » (Furetière).
1
Coup Tout à un coup, « En même temps » (Huguet).
- Tout à coup, (II, 1, 17). « En un moment » (Furetière).
Tout d'un coup, « En même temps » (Furetière).
Au coup (II, 11, 693). « A la fois, en même temps » (Huguet).
2
Coup - À ce coup que tu as perdu (IV, 1, 98).
« Au moment où » (DMF).
- Tout à ce coup (IV, 5, 937).
« À ce moment même » (DMF).
4
Coupeau « Sommet d'une montagne, d'une colline, d'un rocher. par extens., montagne, colline, rocher » (Huguet). 1
Coupper Les manches à demy couppees (IV, 4, 715).
« Faire une entaille » DMF. Nous dirions fendues ou découpées.
Huguet donne cette expression : « Aimer plus la manche que le bras. Préférer ce qui a le moins d'importance ».
4
Courage Lorsque Courage a le sens moderne de force ou fermeté, il n'a pas besoin d'explications. Mais Courage peut avoir un sens particulier (I, 10, 306 recto) : « Il se prend aussi quelquefois pour sentiment, passion, mouvement » (Dictionnaire de l'Académie, 1694).
Huguet et Furetière ne donnent pas ce sens au substantif. En revanche Cotgrave propose ces traductions : « The mind, will, humor, fancie, affection, disposition ». Oudin utilise le mot dans le même sens quand il cite ce proverbe : « Si je croyois mon courage, i. "si je me laissois emporter à ma colere ou passion." ».
1
Courage Ceux qui sans se perdre de courage essayent de vaincre les coups de la fortune (IV, 4, 637).
« De courage. as Courageusement » (Cotgrave). La loctuion adverbiale modifie le verbe essayer.
4
Courageusement Il se sentit charger par les espaules si courageusement (III, 7, 331 recto). « Avec force, vigueur » (Richelet).
• L'adverbe ne figure que dans l'édition de 1619. Il est remplacé ensuite par furieusement.
3
Coureuse Cette coureuse, dit Phillis de Madonthe (IV, 1, 152) ; C'estoit une coureuse, dit Bellimarte de son épouse, Alderine (IV, 2, 343).
« Femme qui aime à courir çà & là, qui n'arreste guere en son logis. COUREUSE, signifie plus communément, une femme qui vit dans une infame prostitution, qui se donne à tout venant » (Furetière).
4
Courir « Courir, courre. Parcourir » (Huguet).
Courre la fortune, « Courir un danger » (Huguet).
« Courre fortune, & courir fortune. M. Coeffeteau, ce me semble, dit toujours le premier, & M. de Malherbe le dernier, mais sans doute courre fortune, est le plus en usage » (Vaugelas, p. 256).
Courir du monde (II, 3, 176). « Cet homme a couru le monde, est allé jusqu'au bout du monde » (Furetière). Mais Courir du monde n'est pas dans les dictionnaires.
Voir Courre.
1
Courir Courant des loups (IV, 3, 586).
« Chasser » (La Curne).
4
Couronne Augmenter ta couronne (III, 8, 363 verso). « Signifie aussi le corps de l'Estat representé par le Souverain » (Furetière). 3
Courre - Voir courre nos Bergers au prix (IV, 1, 57).
Courre au prix n'est pas dans les dictionnaires. Mais La Curne explique : « On a dit aussi courir pour tendre, aller vers quelque but ».
- Du costé où il faisoit le plus beau courre (IV, 4, 717).
Pour Huguet le courre et le courir sont équivalents (Article Courir). La Curne donne la courre (« C'est le lieu où l'on met les lévriers pour prendre le loup ou autre bête, etc. En ce sens, il étoit toujours féminin »), et signale une confusion entre la courre et le courre signifiant le cours.
4
Courre (Recourre) « COURIR, ou Courre. v. act. & neut. Se mouvoir promptement, impetueusement, de toute sa force » (Furetière). « Courir, courre. Tous deux sont bons, mais on ne s'en sert pas tousjours indifferemment » (Vaugelas, p. 256).
• « Se dit plus absolument pour chasser », ajoute La Curne. C'est ce sens que d'Urfé donne au verbe dans une lettre qu'il écrit (Voir D'Urfé).
• Pour souligner la durable rivalité de courre et courir, Brunot cite une remarque de Voiture : « Courre est plus en usage que courir, et plus de la cour ; mais courir n'est pas mauvais, et la rime de mourir et de secourir fera que les poëtes le maintiendront le plus qu'ils pouront. On en peut user deux ou trois fois la semaine » (III, p. 325).
Voir Courir.
1
Courrière Vagabonde courriere (III, 11, 465 recto). Un courier est un postillon. « COURIERE, se dit poëtiquement de l'Aurore qui vient annoncer le jour ; & de la Lune, qu'on a appellé, la Couriere des mois » (Furetière). 3
Courroucer (se) « Se courroucer à. Se courroucer contre » (Huguet). « Ce mot vieillit » (Furetière). 1
Course - À toute course (I, 6, 165 verso). « En courant très vite » (Huguet).
Courses des loups (I, 11, 370 recto). « Incursion, attaque » (Huguet).
1
Course - À la plus viste course de leurs chevaux (IV, 3, 375).
« Mouvement d'un homme, ou d'un animal qui va de vistesse » (Furetière).
- À course de cheval elle poursuivoit (IV, 4, 714).
« À course de cheval. Au galop » (DMF).
4
Court - « Arrester, rendre ferme, tant à l'actif, qu'au passif, & au neutre. [...] C'est un libertin qu'il faut tenir de court » (Furetière, Article Tenir). 1
Court - « Tout court. Tout de suite » (Huguet). 2
Courtois La courtoise Parthenope (III, 7, 271 verso). « Qui fait un accueil doux & gracieux à tout le monde » (Furetière). 3
Courtoisie « Civilité, gracieux accueil. Les Grands gagnent le cœur de tous leurs sujets par la courtoisie, par la douceur de l'accueil qu'ils font à leurs inferieurs » (Furetière).
Lathuillère (p. 342) rappelle que Magendie relève la grande fréquence de courtoisie dans le roman (p. 259). Courtoisie est le N° 682. Civilité, Discrétion et Honnêteté sont loin derrnière (Dictionnaire de fréquence).
1
Courusse Verbe Courir à l'imparfait du subjonctif. 1
Courvee Cette courvee (IV, 3, 407).
Cette graphie est dans Huguet et Cotgrave. « Corvée ou Courvée », lit-on encore dans Furetière.
4
Coustau « A little hill, or rising of ground, a Downe, or high ground » (Cotgrave). Coteau. Coustau est remplacé en 1621 par Coupeau (I, 2, 29 verso). 1
Coutre « Grosse plaque de fer trenchante attachée à un des costés de la charruë pour fendre & verser la terre » (Furetière). 1
Coutume On avoit de coustume (IV, 1, 96).
« Avoir de coustume est comme avoir coutume », selon Vaugelas (p. 241).
4
Couver (se) Ce feu se couve (IV, 4, 707).
Seul le DMF donne se couver pour couver.
4
Couverte Elle jette en terre et couvertes et linceuls (III, 1, 4 verso). « COUVERTURE. s. f. Quelques-uns disent couverte » (Furetière). 3
Couvertement « Secrètement, d'une manière dissimulée » (Huguet). 1
Couverture Elle pust avec une si bonne couverture la redemander (IV, 5, 916).
« Un beau pretexte pour couvrir, pour desguiser un dessein, pour excuser une faute » (Furetière).
4
Couvrechef « Coëffure dont les femmes de village se servent en plusieurs endroits. Il est fait d'un morceau de toile empesée & tortillée, dont elles entourent leur teste » (Furetière). 2
Couvrir « Se couvrir. Se cacher » (Huguet). 2
Couvrir Les tables estoient couvertes (IV, 4, 728).
« COUVRIR, signifie aussi, Mettre la nappe, & servir sur table » (Furetière).
4
Craindre Il craindra de ne me plus importuner (III, 1, 6 recto). Huguet explique que Craindre peut être « construit avec un infinitif accompagné de ne explétif ». 3
Crayon Ce crayon par trop ambitieux (III, 12, 519 recto). « CRAYON, signifie aussi une ébauche, un portrait imparfait de quelque chose » (Furetière). 3
Creance « Croyance, opinion » (Huguet). 1
Créance - « Ce qu'on croit, sentiment, opinion » (Furetière). Vaugelas recommande qu'on on distingue croyance (foi) de créance bien qu'ils « se prononcent tous deux à la Cour d'une mesme façon » (p. 541). 2
Créance Il aura plus de creance à mes paroles (III, 3, 81 recto). « Confiance » (Huguet). 3
Crédit Homme de grand credit (III, 4, 133 recto). « Croyance, estime qu'on s'acquiert dans le public par sa vertu, sa probité, sa bonne foy, & son merite » (Furetière). 3
Cresson « Petite herbe fort verte qui croist en hiver sur le bord des ruisseaux & des fonteines, & qu'on mange cruë en salade. Elle est fort excellente sous un chapon » (Furetière). 1
Creus ou creuz Verbe Croître au participe passé. On dit aujourd'hui crû[s]. 1
Creusse(ent), creussiez Verbe Croire à l'imparfait du subjonctif. On dirait aujourd'hui crussent, crussiez. 1
Crin « Feuillage » (Huguet). 2
Croire D'autres encore que vous ne croyez pas (IV, 2, 332).
« Il signifie encore, Estimer, penser, présumer, avoir opinion que » (Dictionnaire de l'Académie, 1694).
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Croire (en) J'en croy ce que Laonice m'en a rapporté (IV, 1, 130).
« En croire qqn. Se conformer à ce que dit, conseille (qqn en qui l'on met sa confiance) » (DMF).
4
Croire de « Croire de, avec un infinitif. Croire » (Huguet). 2
Croiser Sans que nous fussions entrez dans nul grand chemin sinon pour le croiser (IV, 4, 910).
« CROISER, se dit encore des chemins, des ruës qui se traversent » (Furetière).
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Croton « Cachot souterrain. Au propre et au figuré » (Huguet). 1
Croyance « Se dit encore de la confiance qu'on a en une personne à laquelle on adjouste pleine foy » (Furetière). 2
Crûrent Verbe Croître au passé simple. 1
Crussiez, crussent Que vous crussiez que de me voir peut estre quelque bien (III, 12, 513 verso). Verbe Croire à l'imparfait du subjonctif. 3
Cry Non point sans grand cry que le peuple fit (IV, 2, 341).
« Clameur, brouhaha, éclats de voix (accompagnant un mouvement collectif) » (DMF).
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Cuida Verbe Cuider au passé simple. « Croire » (Huguet). « Vieux mot qui signifioit autrefois penser » (Furetière). Cuider, qui signifie aussi « Prétendre, présumer », est la racine du substantif outrecuidance. « Cuider, dans le sens de penser, se rencontr[e] comme auxilaire jusqu'au commencement du XVIIe siècle » (Brunot, III, p. 341). 1
Cuisant « Douloureux, sensible » (Richelet). 2
Cuiseur « Sensation de brûlure » (Huguet).
• Substantif remplacé par douleur en 1621.
1
Cuiseur - Ce substantif est masculin en 1619 (III, 12, 513 verso) alors qu'il est féminin dans Huguet. Il était aussi féminin dans la première partie de 1607 (I, 6, 167 verso) et dans Les Epistres (I, 15, p. 132).
- Dans la troisième partie, l'édition de 1621 met cuiseur au féminin et ne le remplace pas par un synonyme plus moderne : Les autres playes ont de la cuiseur (III, 7, 289 recto).
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Curée « Le repas qu'on fait faire aux chiens & aux oiseaux aprés qu'ils ont pris quelque gibier » (Furetière). 1
Curieusement Curieusement. « D'une maniere curieuse, exacte » (Furetière).
Curieusement peut aussi signifier « avec curiosité ».
1
Curieusement - Elles s'estoient curieusement avancées (IV, 3, 367).
Avec curiosité. « Desir, passion de voir, d'apprendre les choses nouvelles, secrettes, rares & curieuses » (Furetière).
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Curieux - « Propre, bien net, bien vestu. Cet homme est fort curieux de sa personne, il est curieux de ses livres, il ne veut pas qu'on y touche. Cette femme est fort curieuse en habits, en dentelles : & au contraire on dit ironiquement d'un homme malpropre, qu'il est curieux en linge sale » (Furetière).
1
Curieux Ce que l'artifice nous produit se perfectionne par un long estude, et une curieuse industrie (II, 11, 733). « Soigneux, attentif » (Huguet).
- « On appelle les sciences curieuses, celles qui sont connuës de peu de personnes, qui ont des secrets particuliers, comme la Chymie, une partie de l'Optique, qui fait voit des choses extraordinaires avec des miroirs & des lunettes ; & plusieurs vaines sciences où l'on pense voir l'advenir, comme l'Astrologie Judiciaire, la Chiromance, la Geomance, & même on y joint la Cabale, la Magie, &c » (Furetière).
Curieux de (II, 12, 886). « Prenant soin de » (Huguet).
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Curieux - Curieux prend une signification inattendue dans une variante : Un envieux mouchoir dans l'édition de 1619 devient Un curieux mouchoir (III, 7, 273 recto).
Ce mouchoir qui couvre la gorge de Chriséide semble posséder les caractéristiques d'Hylas, le curieux qui décrit la jeune femme et son mouchoir ! Céladon, lui, a l'œil curieux (III, 10, 430 recto).
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Curieux - Quelques curieux remedes (IV, 4, 844).
« CURIEUX, se dit aussi Des choses, & signifie, Rare, nouveau, extraordinaire, excellent dans son genre » (Dictionnaire de l'Académie, 1694).
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Curiosité - « Soin. [...] Recherche » (Huguet). 1
Curiosité - Les curiositez qui s'y trouvoient (III, 3, 58 recto). « CURIOSITÉ, se dit aussi de la chose même qui est rare, secrette, curieuse. Il y a à Paris plusieurs cabinets remplis de belles curiositez » (Furetière). 3
Curiosité - Les petites curiositez qu'il m'envoyoit (IV, 2, 313).
« CURIOSITÉ, Il signifie aussi, Chose rare & curieuse. Il a un cabinet plein de curiositez. En ce sens il a plus d'usage au pluriel qu'au singulier » (Dictionnaire de l'Académie, 1694).
- Les gardes [...] les prierent de leur pardonner cette curiosité (IV, 3, 488).
« Avec une nuance dépréciative. Soin excessif » (DMF).
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Cy « Adverbe de lieu & de temps, qui marque l'endroit où on est. [...] Cy-devant, cy-aprés, cy-dessus, cy-dessous » (Furetière). 1
Cyprès « Nom d'arbre assez connu, qui est le symbole de la mort, dont on orne les sepulchres. [...] Les Poëtes employent figurément le mot de cyprés, pour signifier la mort, le tombeau » (Furetière).
• Cet arbre doit son nom à Cyparissus. Ce jeune enfant, en mourant de tristesse, demande que son deuil soit éternel. Apollon compatissant le change en cyprès : « Tu seras le compagnon de la douleur » (Ovide, X, 135-166).
Pline (XVI, 139) donne une explication moins poétique à la fonction funèbre du cyprès. « Le semis est délicat, le fruit inutile, la baie fait faire la grimace, la feuille est amère, l'odeur forte, et même l'ombre manque d'agrément ; il fournit peu de bois, étant presque un arbrisseau : il est consacré à Dis et placé pour cette raison devant les maisons en signe de deuil ».
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