Banderole
Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé


SignetRÉPERTOIRE - B

Bacchanales Mentionnées dans : I, II, III
Mythologie. Écrit aussi Baccanales.
Ce sont les fêtes de Bacchus, le dieu du vin. FuretiÈre précise que « c'est une rejouïssance ou mascarade qu'on fait au Carnaval, où on se couronne de lierre, et où on imite ces anciennes Festes » (Article Bacchanales). Les Bacchanales autorisent de grandes libertés. À l'origine ce sont les femmes qui fêtaient seules pendant deux jours en mars. Les Bacchanales sont ensuite devenues des journées consacrées au théâtre trois fois par an, puis des jours et des nuits de débauche. Interdites au IIe siècle avant J.-C., elles recommencent sous Jules César. Dans la culture chrétienne, le carnaval et les déguisements du Mardi gras se substituent aux Bacchanales. Le carnaval commence à l'Épiphanie, à la fin des fêtes de Noël, et se termine le Mardi gras, avant le carême qui précède Pâques. Dans L'Astrée, il s'agit sans doute des fêtes du Carnaval.

• C'est à Marcilly que les gens du château célèbrent des Bacchanales rappelées deux fois.
• Le dernier jour des Bacchanales, les chevaliers foréziens partent rejoindre Clidaman près de Mérovée (I, 5, 134 recto, 135 recto).
• Deux ou trois ans avant, c'était aussi le dernier jour des Bacchanales que Clidaman avait organisé un tournoi pour soutenir la beauté de Silvie (I, 9, 269 recto).
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Bacchanales Mentionnées dans : I, II, III
• À Lyon, pendant les Bacchanales, Hylas et Clorian participent à un tournoi et représentent Circène sur leurs armes (II, 4, 201).
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Bacchanales Mentionnées dans : I, II, III
La coutume romaine veut qu'on se déguise aux Bacchanales.

Hylas rappelle qu'il a célébré les Bacchanales à Lyon. Il a dansé déguisé en vent (III, 2, 47 verso).

• Quand Silviane se déguise, Childéric tombe amoureux d'elle (III, 12, 516 verso).

• On peut voir les Bacchanales de Poussin dans ce site (10 février 2014).
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Bacchus Mentionné dans : I
Mythologie. Fils de Jupiter et de Sémélé.

• Sa naissance merveilleuse est rappelée dans les « peintures esclatantes » (I, 2, 27 recto). Voir Sémélé.

• Son pouvoir est suggéré dans la description des Bacchanales, bien qu'il ne soit pas nommé (I, 5, 134 recto).
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Baro, B. Mentionné dans : III
Balthazar Baro (1596 ? - 1650).

Le site de l'Académie française (22 juillet 2012) résume la biographie de Baro : « Né à Valence (Dauphiné) vers 1600 [sic]. Secrétaire η de d'Urfé, l'auteur du fameux roman de l'Astrée, dont il fit imprimer la quatrième partie à sa mort et composa la cinquième sur ses mémoires. Il a laissé en outre trois tragédies, deux odes, une pastorale, un poème héroïque et quatre poèmes dramatiques. Il fut procureur à Valence et trésorier à Montpellier. Élu à l'Académie au mois de mai 1636 en remplacement de [Auger de Moléon] Granier [fauteuil 38], il fut un des examinateurs des vers du Cid ».

• D'après Wikipedia, Baro « a certainement connu [d'Urfé] à Tournon η où ils fréquentaient le même collège » (2 août 2016). Comme plus de vingt ans séparent les deux hommes, cette rencontre chez les Jésuites est tout à fait impossible.

• Baro est entré à l'Académie, probablement soutenu par Richelieu (Pellisson, p. 237, note 2) qui avait expulsé son prédécesseur.
L'Histoire de l'Académie française
nous apprend que Baro a travaillé avec trois autres académiciens pour présenter « les Observations sur le Cid » à l'assemblée (Id., I, p. 89). Ce pamphlet de 96 pages attribué au seul Scudéry a été publié en 1637 « Au [sic] despens de l'Auteur ». Écrit à la première personne du singulier, il n'est pas signé. Baro n'y est pas mentionné.

• Baro a aussi composé un sonnet sur l'église de la Sorbonne (Pellisson, I, p. 131). Partisan des modernes, il a crié haro sur le mot « car » (Id., I, p. 480) ... que l'on retrouve pourtant 538 fois dans sa Conclusion de L'Astrée (édition Vaganay, V, ARTFL) !

• D'après Daniel Huet, « suivant l'ordre que l'Auteur laissa en mourant », Gabrielle d'Urfé η aurait remis à Baro une quatrième partie de L'Astrée dont le manuscrit aurait appartenu au duc de Savoie η (p. 857).

Les informations réunies par Huet ne sont pas toutes fiables
(Voir Biographes).
Le Testament d'Honoré d'Urfé ne fait aucune référence à L'Astrée ou à des manuscrits.
C'est après le décès du romancier que Baro se présente comme le « secrétaire ».

• Le Larousse du XIXe siècle ajoute que Baro est devenu à Paris « gentilhomme de Mademoiselle de Montpensier ».
Dans sa Description du Dauphiné, Piganiol de La Force corrige la formule : il faut dire « gentilhomme servant » de Mademoiselle. Il signale aussi que Baro a épousé une veuve qui lui a donné des enfants. Il précise que « la part que [Baro] avoit eue au Roman de l'Astrée lui fut un titre pour obtenir une place dans l'Académie Françoise » (IV, pp. 380-381).

• En 1856, A. Rochas, dans le premier volume de sa Biographie du Dauphiné (pp. 78-80), consacre à Balthasar [sic] Baro un article extrêmement élogieux suivi par une bibliographie commentée. Dans sa jeunesse, Baro aurait été secrétaire d'Honoré d'Urfé et il aurait composé la cinquième partie d'après les notes que la famille lui aurait confiées. La conclusion et derniere partie d'Astrée aurait été « ensuite insérée dans les éd. complètes de l'Astrée ». « Sur la fin de sa vie », Baro a obtenu le titre de « procureur du roi au présidial de Valence ». « L'ancien Dict. de l'Académie [ayant] souvent invoqué son autorité », sa réhabilitation serait «  plus facile et aussi juste que celle de Ronsard η ». Ce souhait est évidemment utopique. D'ailleurs, le nom de Baro ne figure dans le Dictionnaire de l'Académie ni en 1694 ni en 1762.

• En 1620, douze poèmes de Baro sont publiés à côté de ceux de plusieurs poètes (dont Honoré d'Urfé) dans le Second livre des DÉlices de la poesie franÇoise (pp. 361-376). Si les Stances dédiées au duc de Savoie η et à sa « valeur invincible » (p. 375) semblent banales, trois sonnets se démarquent. L'un est un songe presque érotique (p. 372), l'autre raconte le viol de Margoton (p. 373). Dans le troisième, le poète décrit une Dame qui lui permet tout « sinon que de monter dessus » (p. 374).

• En 1621, l'Ode à la rivière de Lignon qui figure au début de la troisième partie de L'Astrée est de Balthazar Baro η.

 Cette ode n'est pas dans l'édition de 1619 que j'ai consultée et publiée ici, mais elle se trouve dans l'édition de 1620.

• En 1624, Baro participe aux festivités du Carnaval à Toulouse et les met par écrit pour le duc d'Angoulême dans Le ClÉosandre. Ballets et cartels se succèdent sous le signe des Amadis. Baro reprend alors une description publiée dans le Mercure françois en lui ajoutant quelques commentaires souvent fort gais (ClÉosandre, éd. de 1875, p. 38). Parmi les nombreux danseurs nommés se trouve « Le François fol, Amoureux de soy-mesme, Monsieur Baro » (Le ClÉosandre, p. 127). On note avec amusement la présence d'« un Anglois hypocondriaque dont la folie consistoit en ce que pour avoir trop pensé à sa maistresse, il s'imaginoit d'estre devenu sa maistresse mesme » (Id., p. 13). L'une des dernières entrées introduit une loterie organisée par un Magicien qui présente des prix : « le portrait de Medor et de Celadon » ou une statue de Don Quichotte (Id., p. 123).

• Après la mort d'Honoré d'Urfé en 1625, Baro modifie le destin de L'Astrée en lui ajoutant une quatrième partie hétéroclite et une cinquième partie insolite avec un dénouement aberrant (Voir Astrées posthumes et Henein).

Cependant, dans le Testament d'Honoré d'Urfé, le secrétaire du romancier est La Rosière η,
Abraham Roux,
son serviteur Balthazar,
Balthazar Dessay η,
et son agent Lafont.

• Baro évoque sa ville natale dans la Conclusion qu'il donne à L'Astrée : « Dans le pays des Allobroges, nous vismes Vallence, où la beauté du lieu nous ayant conviez de sejourner un jour, outre quantité de merveilles, nous fusmes curieux de voir le tombeau de Tullia fille de Ciceron » (Éd. Vaganay, V, 10, p. 446).

• Baro a l'audace d'ajouter son portrait au début de la cinquième partie dans l'édition de 1633 du roman chez Courbé et Sommaville. Ce portrait, dans une estampe de 1638 (Gallica), est accompagné de vers signés « L'Estoile » :
     « Cher Baro bien que ton visage
     Paroisse en ce fameux ouvrage
     Aussi bien peint que ton Esprit,
     Ton livre a des graces si belles
     Qu'il semble qu'amour l'ait escrit
     D'une des plumes de ses aisles ».
Il ne s'agit pas du célèbre Pierre de L'Estoile, décédé en 1611, mais plutôt de son fils, Claude de L'Estoile, académicien (1602 - 1652). Voir Wikipedia, 10 octobre 2015.

• Edmond Rostand se moque de la Clorise de Baro dans son Cyrano de Bergerac :
     « Les vers du vieux Baro valant moins que zéro »
(Voir ce site, 22 juillet 2012).

• Valence a une rue Balthazar Baro, mais aussi une « Impasse Balthazar Baro » ... heureux rapprochement ! Voir ce site (10 octobre 2015).
Est-ce que Baro vient de baron ? « Ce mot a même servi pour signifier un voleur, en italien barone (Dict. d'Oudin.) » (La Curne, Article Baron).

• En 2002, un colloque a été consacré à Baro à l'Université de Montpellier III. Les actes n'ont malheureusement pas encore paru.
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Basileens Mentionnés dans : III
Les habitants de Bâle, en Suisse, se nomment aujourd'hui les Bâlois. Le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne indique que la région est gallo-romaine avant la guerre des Gaules et qu'elle subit des invasions au IVe siècle.

• Les Basiléens font partie des peuples gouvernés par Gondebaud (III, 8, 352 recto).
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Beauvais Mentionné dans : III
Commune dans l'Oise, à 78 km de Paris, et à 168 km de Provins. La ville de Beauvais fait partie de la Gaule Belgique qui appartient aux Francs depuis Clodion (Fauchet, p. 92). Ni Fauchet (p. 102) ni Du Haillan (I, p. 23) ne nomment Beauvais (ou Provins et Soissons) en racontant l'exil forcé de Childéric.
Pendant les guerres de religion, Beauvais, ville ligueuse, fait sa reddition en 1594.

• Les Francs se réunissent dans cette ville et à Provins quand ils décident de renvoyer Childéric (III, 12, 535 verso ; III, 12, 546 verso).
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Belenus Mentionné dans : I, II, III
Mythologie.

L'une des divinités gauloises qui n'apparaissent pas dans l'édition anonyme de 1607.

• Dans les éditions ultérieures, Bélénus figure, associé à Tautatès, dans l'Histoire de Diane, où il prend la place du dieu Hymen (I, 6, 158 verso).

C'est dans la deuxième partie de L'Astrée (livre 8), en 1610 donc, que d'Urfé fait expliquer par le druide Adamas le système d'équivalences sur lequel repose la théologie astréenne.

« Apollon est le Bélénus gaulois, le Dieu homme, le Fils. Mars est le Hésus gaulois, le Dieu fort, le Père. Jupiter est le Taramis gaulois, le Dieu 'répurgeant' (de repurger, nettoyer), le Saint-Esprit. Tautatès, le Dieu unique, porte donc trois surnoms » (Henein, p. 54).
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ...

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Belenus Mentionné dans : I, II, III
Écrit aussi Belenos et Beelenos.

• Nommé seize fois dans la deuxième partie, ce dieu gaulois est le plus souvent enfermé dans le quatuor divin : « Tautates, Hesus, Taramis, Belenus » (II, 8, 492). Dans le chêne qui symbolise Tautatès, la branche de gauche représente Bélénus (II, 5, 290 ; II, 8, 517).

• Dans le temple de Montverdun, ceux qui aiment lui adressent « sacrifices et supplications » (II, 8, 494).

• Le nom de Bélénus signifie Dieu homme, explique Adamas (II, 8, 510).

• Parce que les Gaulois interrogent ce dieu au sujet de la santé ou pour avoir des enfants, l'homologue de Bélénus est Apollon ou même le Soleil (II, 8, 512).

• Les usurpateurs ont voulu forcer les druides à représenter leurs divinités avec les figures et les noms des dieux païens (II, 8, 514).
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Belenus Mentionné dans : I, II, III
Écrit aussi Bellenus. Ce dieu peut avoir donné son nom à Saint-Bonnet-près-Riom (Puy-de-Dôme) (Longnon, p. 113).

Nommé quinze fois dans la troisième partie, Bélénus est d'abord un élément du groupe divin gaulois : un quatuor, « Thautates, Hesus, Tharamis, et Bellenus » (III, 2, 27 verso ; III, 6, 239 recto), ou un trio (III, 5, 174 recto ; III, 9, 372 recto). Ses caractéristiques ne changent pas : Bélénus se soucie en particulier des problèmes amoureux.

• Bélénus est le Dieu des hommes ; il s'assure de leur conservation (III, 9, 372 recto).

Bélénus est appelé le « dieu-homme » après l'édition de 1619
(III, 9, 373 verso).

• Bélénus est un « dieu debonnaire » (III, 11, 459 verso).

Astrée se demande si Bélénus lui accorderait la faveur de changer de place avec la jeune druide qu'Alexis prétend avoir aimée (III, 5, 212 recto).

• À Montverdun, Bélénus rend un oracle que transmet Cléontine (III, 11, 457 verso), et qu'un vacie explique (III, 11, 458 verso).

• Cet oracle annonce le futur à Galathée sous forme de mise en garde, alors que le futur de Damon s'annonce comme une résurrection (III, 11, 458 recto).

Paris s'adresse à Bélénus avant de demander à Diane la permission de parler à sa mère (III, 11, 487 recto).
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Belgique Mentionnée dans : III
Tout au début de sa description des Gaules, CÉsar affirme (et Astérix nous le rappelle) que « les Belges sont les plus braves de tous ces peuples » (I, 3). Leur territoire est au Nord de la Gaule. Après la conquête, Auguste divise l'ancienne Belgique et lui ajoute des régions qui faisaient partie de la Germanie. La Belgica prima (Trèves) correspond en gros au Luxembourg d'aujourd'hui. La Belgica secunda, bien plus étendue, avait Reims pour capitale.
Du Haillan signale la présence de rois Francs dans la Gaule Belgique lorsqu'Attila saccage les Gaules (I, p. XX). Mais c'est Fauchet qui précise qu'ils s'agit alors de la seconde Belgique (p. 100).

• Dans la demeure d'Adamas se trouve une carte de la seconde Belgique, lieu de séjour des premiers rois Francs (III, 3, 59 recto).

Renseignement ajouté après l'édition de 1619

Mérovée conquiert la seconde Belgique (III, 12, 523 verso) grâce à la valeur d'Andrimarte (III, 12, 532 verso).

• Voir la carte des peuples dans ce site (20 février 2014).
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Bellonne Mentionnée dans : I
Mythologie. Bellum signifie guerre en latin, d'où l'adjectif « belliqueux » et le nom de Bellone. Cette divinité romaine de la guerre est l'épouse ou la sœur du dieu Mars.

• D'Urfé associe Bellone avec la Gorgone aux traits effrayants.

Dans l'édition de 1607 seulement, « les horreurs de la guerre » sont dites « les horreurs de Bellonne » (I, 11, 352 verso).

Bellone reste « l'effroyable » dans les éditions suivantes (I, 11, 356 recto).

• Voir la Bellone de Rembrandt dans ce site (5 janvier 2011).
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Bergame Mentionnée dans : II
Ville du Nord de l'Italie. C'est au XVe siècle seulement qu'elle rejoint la république de Venise (voir ce site, 5 mai 2015).

• Les habitants s'enfuient à l'arrivée d'Attila et, en se réunissant avec d'autres réfugiés, forment la république de Venise (II, 12, 841).
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Bétique Mentionnée dans : II
Province romaine au Sud de l'Espagne.

• Au Ve siècle, les Vandales s'emparent de la Bétique et l'appellent Vandalousie (II, 11, 747). Ils deviennent puissants sous la conduite de Genséric (II, 11, 750). Quand les Goths attaquent la Bétique, Genséric se rend en Afrique (II, 11, 760).
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Bizance Mentionnée dans : I
Écrit Bisance. On écrit aujourd'hui Byzance. La capitale de l'Empire d'Orient après le partage de l'Empire romain porte le nom de Constantinople au IVe siècle et d'Istanboul au XVe siècle. D'Urfé choisit le nom antique.

• C'est à « Bizance » qu'Alcippe entre au service de l'Empereur (I, 2, 43 recto).
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Bobrun, L. Mentionné dans : I
Ludovic[us] Bobrun (Louis Beaubrun), mort en 1627, appartient à une famille de peintres valets de chambre du Roi. Son père et ses deux frères ont servi Henri IV. Lui-même a peint Anne d'Autriche et Louis XIII. Il a formé ses deux neveux, peintres de Louis XIV enfant. (D. BrÊme, « Les Beaubrun », avril 2006). Je remercie Jean-Marc Chatelain qui m'a appris que Beaubrun était Forézien : « D'après la notice de l'Allgemeine Künstler-Lexikon, t. 8 (Munich et Leipzig, 1994), p. 57, d'où je tire les renseignements que je vous communique ici, la famille de Beaubrun était liée à celle d'Urfé ».

Henri Beaubrun apprend à Louis XIII à dessiner au pastel (Batiffol, p. 117, note 5).

• Le portrait d'Honoré d'Urfé dessiné par Louis Beaubrun, d'une grande originalité, figure dans L'Astrée à partir de 1619 en même temps que le portrait d'une dame qui pourrait être Diane de Châteaumorand. Les gravures sont encore reproduites, après la mort du couple, dans La Sylvanire (1627). Les deux portraits ne sont pas toujours face à face (Voir Illustrations).
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Boën Mentionné dans : I, II, III
Écrit Boing dans la première partie et Boën dans la suite. « De là, comme nous aujourd'hui, Léonide et Alexis ont une magnifique vue sur la plaine », écrit Maxime Gaume (p. 211)

• De la résidence d'Adamas, la vue s'étend de Boën à Feurs (II, 10, 628). Léonide et Alexis contemplent le Lignon qu'elles aperçoivent entre ces deux petites villes (II, 10, 629).

• On trouve des photos anciennes de Boën dans ce site (30 septembre 2010).
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Boën Mentionné dans : I, II, III
Écrit Boing dans la première partie et Boën dans la suite.
• De la demeure d'Adamas, Astrée et Alexis voient le Lignon passer au milieu des murs de la ville de Boën (III, 5, 172 recto).

• Les chevaux effrayés par le lion de la fontaine s'enfuient, et courent de Bonlieu jusqu'à Boën (III, 6, 225 recto), 3 km environ (Gaume, p. 195).
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Boing Mentionné dans : I, II, III
Écrit Boën dans la deuxième et la troisième partie. Boën-sur-Lignon, ville où se rejoignent les deux rivières qui forment le Lignon. Maxime Gaume a dessiné une excellente carte de la région (p. 191). Voir aussi la carte de Christophe Mathevot de « la Diana » (Les Gravures de L'Astrée, publiées par la CommunautÉ de Communes du Pays d'Astrée, p. 131) reproduite dans ce site.

• Adamas nomme cette ville en décrivant les tableaux qui constituent l'Histoire de Damon et de Fortune (I, 11, 372 recto).
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Bois noir Mentionné dans : III
Forêt des monts Cemènes.
Cet « itinéraire demeure pour le moins surprenant. La descente des Bois Noirs à Viverols ne peut s'expliquer que par une recherche de la vallée, afin de gagner plus facilement Montbrison » (Gaume, p. 189).

Criséide, Arimant et leurs compagnons traversent le Bois noir avant de parvenir à Viveros (III, 8, 350 verso).
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Bonlieu Mentionné dans : I, II, III
Écrit aussi Bon-lieu. Auguste Bernard rapporte que Guy II, comte de Forez, fonda le monastère de Bonlieu au XIIe siècle (p. 188). Maxime Gaume explique les liens de la famille d'Urfé avec les deux abbayes (ordre de Citeaux) qui se trouvaient dans cette localité au XVIe siècle (p. 195 et p. 197). Frank Greiner voit dans le temple de Bonlieu « l'un des centres axiologiques du roman » (p. 182).

Au XVIIe siècle, un traducteur allemand est tellement sensible à l'heureuse signification de ce nom qu'il le traduit par « Gutsort » (JÜrgensen, p. 318). Mont-d'or subit le même sort, alors que les autres noms de lieu gardent la graphie française.

Une variante installe des druides près des vestales à Bonlieu
(I, 4, 84 verso).

• Le « séjour de druides et de vestales » (I, 4, 84 verso) est aussi l'endroit où se croisent des Nymphes et des Bergères (I, 4, 84 recto), l'endroit où Olimpe déclare ses sentiments à Lycidas (I, 4, 106 verso), et l'endroit où Céladon note qu'il se rapproche trop du hameau et d'Astrée (I, 12, 403 recto).
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Bonlieu Mentionné dans : I, II, III
• Dans la deuxième partie de L'Astrée, il faut traverser le bois de Bonlieu pour se rendre des hameaux à la résidence d'Adamas (II, 2, 110).

• Le temple qui se trouve dans ce bois, « dedié à la bonne Deesse » (II, 2, 111), abrite Vestales et druides.

• Grâce à Marc Delacroix que je remercie de nouveau ici, des photos de ce qui reste de Bonlieu sont dans ce site (Photos du Forez). On trouvera dans ce site-là une photo de l'ancienne abbaye de Bonlieu ainsi que son histoire. L'abbaye se trouve aujourd'hui dans la paroisse de Sainte-Eulalie (30 septembre 2010).
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Bonlieu Mentionné dans : I, II, III
Savoir bien son Astrée, selon Tallemant des RÉaux, c'est être capable de dire « à quelle main estoit Bonlieu, au sortir du pont de la Bouteresse » (II, p. 305). « À un kilomètre au Sud-est de la Bouteresse », répond l'éditeur, Antoine Adam (II, p. 1163, note 5). Voir aussi Gaume, p. 195.

« Il n'y avoit qu'un demy jour de plus » (III, 11, 461 recto).
Passer par Bonlieu est un détour pour qui va de Montverdun à Marcilly.

Bonlieu, dans la troisième partie du roman, est un point de rencontre et sur le plan dramatique et sur le plan théologique
D'une part, les gens du château projettent d'y retrouver les gens du hameau sous l'égide du clergé. D'autre part, la religion païenne et la religion chrétienne y cohabitent.
Cette tolérance extraordinaire rend impossibles conversion et prosélytisme.

• Les Romains soumettent les Gaules mais respectent leur religion. Ils le prouvent en donnant le nom de Bonlieu au lieu qui abrite le temple dédié également à la Bonne Déesse des Gaulois et à la Vesta des Romains. Druides et Vestales y logent sous l'autorité de Chrisante, une druide (III, 2, 28 recto). Voir Temple.

Chrisante attend à Bonlieu les bergers qui vont chez Adamas (III, 1, 11 recto). Dans les bois de Bonlieu, les bergers rencontrent le malheureux Adraste (III, 1, 24 verso).

• À Montverdun, Cléontine apprend à Galathée que les bergers se sont arrêtés à Bonlieu (III, 6, 230 recto). Galathée lui dit qu'elle pensait elle-même s'y rendre pour faire des sacrifices (III, 6, 230 verso). Elle envoie demander à Chrisante de l'attendre avant d'aller chez Adamas (III, 6, 259 recto). La nymphe retarde son voyage pour donner à Damon le temps de se remettre de ses blessures (III, 6, 260 recto).

Adamas, craignant la confrontation de Galathée et d'Alexis, prie Chrisante de rester à Bonlieu avec la nymphe (III, 9, 370 verso).

• Mais l'oracle interprété par un vacie a recommandé à Galathée d'aller à Bonlieu (III, 11, 460 verso). Elle s'y rend donc et convoque Adamas (III, 11, 462 recto). Le druide obtempère (III, 11, 490 recto).

• Entre temps, à la demande d'Amasis, Galathée et Damon quittent Bonlieu et se rendent à Marcilly sans attendre le druide (III, 12, 490 verso).
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Bonne Deesse Mentionnée dans : II, III
Mythologie. « Les Romains ont une divinité qu'ils nomment la Bonne-Déesse, comme les Grecs ont leur Gynécéa […] Tant que durent les mystères, il n'est permis à aucun homme d'entrer dans la maison où on les célèbre » (Plutarque, Vie de César). « Il ne [faut] jamais parler des sacrifices de la bonne Deesse », est une expression qui recommande le secret (Camus, L'Alexis, VI, p. 51).

• Nommée treize fois dans la deuxième partie, cette déesse n'est pas encore « la Vierge qui enfantera ».

• L'autel de cette Bonne déesse que chrétiens et Gaulois vénèrent (II, 11, 761) se trouve dans les antres des Carnutes (II, 8, 517), affirme Adamas. Le druide cependant choisit, dans sa leçon de théologie, de ne pas assimiler la Bonne Déesse à la Vierge des Carnutes.
C'est dans la troisième partie de L'Astrée que le romancier, en veine de syncrétisme religieux, décrira le temple de Bonlieu et superposera Bonne Déesse, Vierge qui enfantera, Vesta et déesse Diane (III, 2, 28 recto).

• Dans la deuxième partie, le temple de la Bonne Déesse est essentiellement un point de repère non loin du pont de la Bouteresse (II, 2, 110 ; II, 5, 318 ; II, 7, 471 ; II, 8, 490 ; II, 8, 537). Y demeurent Chrisante (II, 4, 211), et ses Druides et Vestales (II, 8, 537).
Le temple est plein de ressources : les Bergers y trouvent les objets nécessaires pour la cérémonie du vain tombeau (II, 8, 537 sq.).

• Un seul Berger prie explicitement la Bonne Déesse dans son temple : Lycidas va y « rendre quelque vœu que sa jalousie peut estre luy avoit faict faire » (II, 8, 549). Voir Truye η.

Dans la première partie, les deux temples interdits aux hommes pendant les cérémonies religieuses étaient dédiés à Vénus.
Le premier de ces temples se trouve près des hameaux des Bergers (I, 4, 89 recto et I, 5, 145 verso), le second à Lyon (I, 8, 252 recto).
Honoré d'Urfé ménage donc la Bonne Déesse astréenne (et chrétienne).

Cela ne l'empêche pas d'adapter les aventures scabreuses que Plutarque situait dans le temple de la Bonne Déesse païenne
(Vie de César)
(Henein, pp. 273-274).

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Bonne Deesse Mentionnée dans : II, III
Nommée quinze fois dans la troisième partie, cette authentique divinité celte porte un nom générique qu'elle prête au temple qu'elle partage avec la déesse Vesta (III, 2, 27 recto). C'est à cause d'elle que l'endroit où se trouve ce temple se nomme Bonlieu (III, 2, 28 recto). Voir Temple.

• Servie par des filles druides, la Bonne Déesse est représentée par une Vierge qui va enfanter ou qui tient un enfant entre les bras (les deux formules sont juxtaposées). En revanche, Vesta, une divinité obligatoirement stérile comme le feu, n'est pas représentée (III, 2, 27 verso).

• Durant les cérémonies liturgiques, par égard pour Vesta, le vin offert à la Bonne Déesse est nommé lait (III, 2, 30 recto).

• Le temple de la Bonne Déesse est rond comme les temples romains de Vesta. Il est à côté d'un bois et il est arrosé par un bras du Lignon (III, 5, 172 verso).

• Pour aller de leurs hameaux à la résidence d'Adamas, les bergers passent par le temple de la Bonne Déesse (III, 1, 6 verso) où Chrisante va les accueillir et leur offrir à manger (III, 1, 11 recto).

Galathée se rend dans le temple de la Bonne Déesse, comme le lui recommande un vacie (III, 11, 459 verso ; III, 11, 461 recto). Elle séjourne à Bonlieu (III, 11, 458 recto) puis se rend à Marcilly sans attendre Adamas qu'elle a convoqué (III, 12, 490 verso).

Hylas blâme la Bonne Déesse et Vesta lorsque Chrisante interdit aux hommes l'entrée du temple (III, 7, 277 recto).

À Chypre, selon Strabon, ce sont les femmes qui n'avaient pas le droit d'entrer dans le temple de Vénus (Equicola, fo 199 recto).

Phillis se moque de Silvandre en l'invitant à marquer le clou η mis cette année au temple de la Bonne Déesse pour célébrer sa supposée victoire lors du procès de la gageure η (III, 10, 411 recto).
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Bonser, J. Mentionné dans : I
Jean Bonser. D'après l'Inventaire des graveurs du XVIIe siècle (I, p. 470), cet artiste, originaire de Hollande, aurait séjourné à Aix-en-Provence et à Lyon, en 1626 et en 1642.
Il a reproduit le frontispice de L'Astrée, modifié le cadre et signé « Bonser fecit » (Voir Illustrations).
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Bosphore Mentionné dans : II
Détroit entre la mer Noire et la mer de Marmara, lieu de passage entre l'Europe et l'Asie.

• Les jardins de l'Empereur d'Orient se trouvent de l'autre côté du Bosphore, en Asie (II, 12, 785).
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Bourgongne Mentionnée dans : I, III
La Bourgogne fait partie de la Gaule lyonnaise. Les rois bourguignons lui donnent son nom au Ve siècle. Elle s'étend alors considérablement et finira par inclure le Forez qui deviendra l'apanage de Clotilde, nièce de Gondebaud et épouse de Clovis. Voir Bourguignons.

• La Bourgogne est nommée dans les biographies d'Alcippe (I, 2, 42 verso) et de Silvandre (I, 8, 226 recto).

• Voir Carte de la Bourgogne.
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Bourgongne Mentionnée dans : I, III
Pour apprécier la situation politique du Forez du Ve siècle, il faut examiner l'histoire des frontières du Royaume des Bourguignons.

Les divisions de territoire qui ont suivi la mort du roi Gondioc en 474 indiquent l'étendue du royaume des rois Burgondes. Gondebaud, le fils aîné, règne d'abord sur la rive gauche du Rhône, depuis Genève jusqu'à Arles. Il s'empare ensuite des terres de ses frères, Chilpéric et Godegesile. Chilpéric, qui s'était installé à Lyon, possédait le Beaujolais, le Forez et le Lyonnais avec une portion de l'Auvergne. Godegisele avait la partie située entre Genève et Dijon. Godemard, fixé à Besançon, possédait tout le Nord (Gascogne, p. 10). En 534, à la mort du dernier fils de Gondebaud, le royaume de Bourgogne disparaîtra (OrsiÈres, p. 52).

D'Urfé écrit Godegisele et Godomar

J. Favrod étudie « les frontières mouvantes » du royaume burgonde en se fondant en partie sur le Cosmographe de Ravenne et en partie sur « la Notice des Gaules » d'Ammien Marcellin. Il affirme qu'au Ve siècle, Lyon était la capitale attestée (p. 163), et que Feurs appartenait à la Bourgogne (p. 275). Menabrea considère que le centre du royaume était plutôt Genève (p. 16). La loi Gombette pourtant est rédigée en 501 à Ambérieu, à une cinquantaine de kilomètres de Lyon.

• En 406 ou en 407, les Bourguignons envahissent « la Germanique supérieure, la Séquanaise, la Viennoise et même la Lyonnaise, dans laquelle était compris notre pays », le Forez (Auguste Bernard, I, p. 65). Feurs et Montbrison font bien partie du royaume de Bourgogne au Ve siècle, comme l'indique Roget de Belloguet qui fonde ses recherches sur les évêchés nommés lors du concile d'Épone en 517.

Dans les trois premières parties de L'Astrée, Honoré d'Urfé ne dit pas que le Forez fera partie de la Bourgogne. C'est une surprise que le dénouement réserve.

• Nommée une seule fois (III, 8, 342 recto), la Bourgogne est le territoire de Gondebaud. C'est là que les armées doivent retourner.

• Voir le royaume burgonde au Ve siècle dans ce site (5 décembre 2013).
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Bourguignons Mentionnés dans : I, II, III
Peuple d'origine germanique η qui figure dans la légende des Nibelungen. Ætius a autorisé ces « vagabonds » à passer du Rhin au Rhône (Menabrea, p. 16).

Honoré d'Urfé nomme les Bourguignons dans des récits de guerre.

Alcippe entre au service du roi des Bourguignons (I, 2, 42 verso).

• Les Bourguignons attaquent les Romains et leurs alliés (I, 2, 42 verso ; I, 8, 226 recto).

• Leurs actions affectent le destin d'un chevalier, Guyemant (I, 3, 64 recto), celui de Bergers parisiens, Tircis et Laonice (I, 7, 207 recto), et celui de Silvandre (I, 8, 226 verso).

• Voir Carte de la Bourgogne.
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Bourguignons Mentionnés dans : I, II, III
Honoré d'Urfé choisit de donner aux Auvergnats, aux Bourguignons et aux Foréziens leur nom moderne.

Fauchet affirme que les Bourguignons ou Burgondes « se pensoient yssux des Romains » (f° 60 recto et 84 verso). Pasquier (I, p. 24) et La Mure le répètent (I, p. 233). Les Bourguignons semblent n'avoir pas eu besoin de traducteurs (Favrod, p. 35). Ce sont des Vandales à l'origine, selon Bouchet (f° 34 recto).
Ces Germains η s'entendent avec l'Empire romain et s'installent en Sapaudia, autour de Genève, en 436 (dès 411 ou 413 d'après Guichenon, p. 13). Chassés par les Huns, ils vivent dans les Cévennes et nomment leur contrée Bourgogne (Labouysse, p. 26). La Mure écrit qu'autour de 412 Bourguignons et Wisigoths se disputent déjà le Forez (I, p. 235).

Sidoine Apollinaire (431 ? - 487 ?), célèbre évêque Arverne de Lyon, méprise les Bourguignons. Il se plaint de vivre « au milieu de hordes chevelues, assourdi par les sons de la langue germaine, obligé d'avoir l'air de louer quelquefois ce que chante, bien repus, le Burgonde aux cheveux graissés d'un beurre rance » (p. 386) et « haut de sept pieds » (p. 206). Le pied romain ne fait que onze pouces, précise un historien moderne (Plancher, I, p. 13) ; les Bourguignons mesuraient donc 195 cm. Même si burgund signifie haut, il est probable que le nom du peuple signifie plutôt « les hommes qui habitaient des hauteurs » (Favrod, p. 37).
Voir Bourgogne.

• Les Bourguignons attaquent les Romains en Gaule (II, 11, 738). Quand ils s'en prennent au « pays des Heduois et Sequanois », Constance les renvoie « au lieu d'où ils estoient partis » (II, 11, 749).

Ætius aussi chasse les Bourguignons (II, 11, 751). Quand lui-même doit s'exiler, pour éviter d'être accusé de collusion, il ne se retire pas près d'eux (II, 11, 752).

• À son retour, Ætius retient les Bourguignons « dans les limites que l'Empereur leur avoit donnees » (II, 11, 759). Il les dissuade (II, 12, 824) d'accepter l'entente proposée par Attila (II, 12, 823).

Ætius craint une coalition des Francs et des Bourguignons avec les Wisigoths (II, 12, 827).

Cette information est chez Fauchet (f° 95 verso), comme chez Pasquier et Sorel.
Elle appelle toujours le même commentaire : l'union fait la force et la division affaiblit.

• Voir la Carte des invasions et la Carte de la Gaule.
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Bourguignons Mentionnés dans : I, II, III
D'après Guichenon, historien du XVIIe siècle, à la demande de l'empereur Honorius, quatre vingt mille Bourguignons, le 31 décembre 408, entrent en Gaule. Ils parviennent « en Bresse, Bugey et Savoye en l'an 411 ». Autour de 430, le Royaume de Bourgogne a pour limites la Méditerranée, le Rhin, les Alpes, la Loire et la Seine (Guichenon, p. 13). « Dans cette vaste Bourgogne comprenant avec la région qui a conservé ce non, le pays de Langres, la Franche-Comté, une partie de la Suisse, la Savoie, le Lyonnais, le Forez, le Dauphiné et la Provence septentrionale, les colons burgondes étaient inégalement répartis » (Longnon, p. 197). Le royaume compte vingt-cinq évêchés (Gascogne, p. 19).

Honoré d'Urfé achète une histoire de la Bourgogne en 1620 (DucimetiÈre, p. 761).

Dans une description de peintures ajoutée à l'édition de 1619, la demeure d'Adamas est décorée de portraits historiques. Quatre générations de rois Bourguignons y figurent à compter d'Athanaric
(III, 3, 59 verso).

Gondebaud et ses Bourguignons traversent les Alpes (III, 7, 330 recto) et prennent la ville des Caturiges. Criséide est emmenée en captivité.

Bellimart, chevalier Wisigoth, se bat dans l'armée des Bourguignons de Gondebaud (III, 8, 341 recto).

Arimant n'est pas vêtu comme les chevaliers Bourguignons (III, 8, 341 recto).

Gondebaud traite Criséide comme si elle était déjà reine des Bourguignons (III, 8, 358 recto).
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Bouteresse Mentionnée dans : I, II, III
Écrit aussi Boteresse. Pont sur le Lignon reconstruit en pierre au XIVe siècle (Maxime Gaume, p. 189).

• Les personnages franchissent fréquemment ce pont (I, 4, 84 recto ; I, 8, 224 recto et 232 recto ; I, 12, 403 recto).
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Bouteresse Mentionnée dans : I, II, III
« Ce pont de bois reposait sur trois piles de pierres » (Hubert Houdoy, dans son ancien site, 30 septembre 2010).

Léonide et Paris traversent le pont, soit pour rentrer chez Adamas (II, 2, 110), soit pour aller dans les hameaux (II, 7, 471).

Léonide admire le paysage après avoir passé le pont (II, 7, 434).

• Avec Adamas, elle traverse le pont pour retrouver Céladon (II, 8, 496).
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Bouteresse Mentionnée dans : I, II, III
Écrit Boteresse.

• Lorsque Paris quitte la demeure d'Adamas pour aller à la rencontre de Diane, il passe « sur le pont de la Boteresse », puis tourne à droite (III, 1, 14 recto).

• Il repasse avec la troupe de bergers pour se rendre chez le druide (III, 2, 32 verso).

Damon passe par ce pont quand il erre à la recherche de « forêts » (III, 6, 218 recto).

• Le chevalier repasse par ce pont avec Galathée pour se rendre chez Adamas (III, 12, 491 recto).
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Boyens Mentionnés dans : II, III
Les Boïens sont un peuple celtique originaire de Bohême (Kruta p. 206) dont le nom signifie les Terribles (Kruta, p. 70). Ils seraient divisés en cent-douze tribus d'après Pline (III, 116). Ils se sont installés dans la région de Sancerre (Kruta, p. 478).
« À la demande des Héduens, les Boïens reçurent, à cause de leur grande réputation de valeur, la permission de s'établir sur leur propre territoire ; on leur donna des terres, et ils partagèrent plus tard les droits et la liberté des Héduens eux-mêmes », écrit Jules CÉsar (I, 28). Il ajoute plus loin que Gergovie est la « ville des Boïens » (VII, 9).
« Avant de s'en prendre aux Hédues, toujours fidèles à l'alliance romaine, il fallait réduire leurs clients, les Boïes, échappés au désastre infligé par César aux Helvètes dix ans auparavant et installés par les Hédues, devenus leurs patrons, sur la partie de leur territoire située à gauche de la Loire, à Gortona (Gorgobina est une cacographie), aujourd'hui Sancerre » (Lot, p. 117). La Mure situe les Boïens dans le Bourbonnais, sur l'Allier (I, p. 4).

• Ce n'est pas tout à fait ce que dit Honoré d'Urfé (II, 1, 35). Pour lui, les Boïens établis dans la forêt Hircinie suivent Sigovèse en Gaule (VIe siècle avant J.-C.). Ils suivent ensuite Belovèse en Italie (IVe siècle avant J.-C.). Plus tard, chassés par les Romains, ils se divisent : certains reviennent en Gaule, d'autres se retirent dans la forêt Hircinie.

Thamire et Calidon sont des Boïens, et en sont fiers (II, 1, 51). Thamire explique aux Foréziens qu'ils ne sont pas « de ceste contree » bien qu'ils demeurent près de Montverdun (II, 1, 35). Calidon, à dix-huit ans, appelé par Thamire (II, 2, 74), « revint de la Province des Boiens » (II, 1, 42).
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Boyens Mentionnés dans : II, III
Dans la demeure d'Adamas, on voit le portrait de ce Sigovèse qui a fondé le royaume des Boïens en Hircinie (III, 3, 58 verso).

Le portrait ne figure pas dans l'édition de 1619.

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Bramovices Mentionnés dans : II, III
Ou Brannovices ? La graphie de ce nom est encore variable aujourd'hui. Je retiens la forme que donnent les Commentaires de CÉsar : Brannovices. Jules CÉsar appelle ce peuple les Aulerques Brannovices, et les inclut dans la liste de ceux qui se liguent contre lui à Alésia (VII, 75). La Mure les appelle les Brannociens (I, p. 8). V. Kruta les appelle Brammovices, c'est-à-dire « Vainqueurs du corbeau ou Corbeaux Victorieux » (p. 72). Ce sont des clients des Éduois (Lot, p. 37). Ils se trouvaient dans la vallée de l'Yonne ou de la Saône (Voir ce site, 30 septembre 2010).

• Dans L'Astrée, le pays des Brannovices se trouve entre le pays des Caturiges et celui des Garocelles (II, 10, 633 et 635) ; c'est bien la région des Brannovices.

• Voir la carte dessinée par Maxime Gaume (p. 221).
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Bramovices Mentionnés dans : II, III
« L'ancien nom de toute la vallée de Maurienne était Brannovices ; la capitale à présent de ce pays-là (qui porte depuis plus de six siècles titre de Comté) est S. Jean de Maurienne » (Guichenon, I, p. 4).

• L'un des peuples soumis à Gondebaud (III, 8, 352 recto).
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Bresse Mentionnée dans : II
Il s'agit sans doute de Brescia, en Italie, ville prise en 452 par Attila (Bouvier-Ajam, p. 365).

• Bresse est attaquée par Attila (II, 12, 841).
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Bretagne Mentionnée dans : II
Écrit parfois Bretaigne. Il s'agit de Britannia, appelée Grande-Bretagne dans la première partie et dans la troisième.

Anglois et Pictes se battent contre les Romains en Bretagne (II, 11, 738).

Ætius envoie la légion de Galvion (II, 11, 759) pour soutenir cette contrée entourée d'un rempart (II, 11, 759). Quand Galvion s'éloigne, les Pictes attaquent les Bretons qui appellent à leur secours les Anglois (II, 11, 762).

Ætius est accusé d'avoir poussé les Anglois à prendre la Bretagne (II, 12, 839).
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Bretons Mentionnés dans : II
Celtes insulaires appelés jadis Brittons. Jules CÉsar écrit : « De tous les peuples bretons, les plus civilisés sont, sans contredit, ceux qui habitent le pays de Cantium [Kent], région toute maritime et dont les mœurs diffèrent peu de celles des Gaulois » (V, 14).
Les Bretons demandent aux Saxons de les aider à vaincre les Pictes. Les Saxons tuent « la plus part de la noblesse Bretonne » (Fauchet, f° 88 verso)

• Les Bretons, attaqués par les Pictes, appellent au secours les Anglois (II, 11, 762). Chassés de Bretagne, les Bretons envahissent l'Armorique (II, 12, 839).
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Briot, I. Mentionné dans : I
Isaac Briot (1585 - 1670) est un artisan protestant originaire de Damblain, en Lorraine. Graveur en taille-douce, il travaille à Paris. Il collabore avec Abraham Bosse, et avec Jean Warin pour la frappe des nouvelles monnaies commandées par Louis XIII (les louis). Briot a gravé les portraits de Marie de Médicis et de Richelieu (Arbour, pp. 121-122). En 1630, Du Bray et ses associés lui paient près de 2 000 livres pour les cent vingt gravures des Fables d'Esope traduites par Jean Baudoin, soit un peu plus de onze livres par planche (Martin, p. 384). Baudoin, lui, reçoit « trois livres et quatre sols pour chaque feuille de gros romain » (Martin, p. 428).

• Briot a probablement gravé le portrait d'Honoré d'Urfé dessiné par Louis Beaubrun. Ce portrait, d'une grande originalité, figure, à partir de 1619, en compagnie de celui d'une dame qui pourrait être Diane de Châteaumorand. Les portraits sont encore reproduits, après la mort du couple, dans La Sylvanire (1627). (Voir Illustrations).

• Selon le père Menestrier, Nicolas Briot, « Tailleur General des monnoyes de France », a inventé un instrument ingénieux qu'il a présenté au Conseil des monnaies le 23 janvier 1617 (p. 462).

• On trouvera dans ce site « L'Espagnol moqué » d'Abraham Bosse gravé par Briot (30 septembre 2010).
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