Banderole
Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé


SignetRÉPERTOIRE - L

Laigneu Mentionné dans : I, II
Écrit aussi Laignieu. Aujourd'hui, Leigneux. « Village, qui appartient au canton de Boën, [qui] fut célèbre par son couvent », écrit Maxime Gaume (p. 196).

• D'Urfé y installe des vestales (I, 4, 83 recto).

Des druides se joignent à elles après l'édition anonyme de 1607

• C'est un lieu de passage pour les Bergers (I, 8, 262 recto).
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Laigneu Mentionné dans : I, II
Écrit aussi Laignieu. Dans son Histoire du Forez, A. Bernard appelle le village médiéval Layniacum (p. 123). Le nom ancien serait plutôt Leygnicum (Lignum, bois) d'après le site de la commune (10 mai 2015).

• On écrit aujourd'hui Leigneux. Ce lieu est à droite de Montverdun (II, 8, 492). Adamas emprunte le chemin de Leigneux en quittant Isoure (II, 7, 454). Léonide et Paris descendent la colline de Leigneux pour se rendre dans les hameaux (II, 7, 471).

« La maison de Lavieu »
de l'édition de 1610 devient
« la maison de Laignieu »
dans l'édition de 1621 (II, 8, 491).
C'est très probablement une coquille η.

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Laomedon Mentionné dans : III
Laomédon est un roi de Troie qui a deux fois refusé de payer ce qu'il avait promis aux dieux. « La cité deux fois parjure », dit Ovide pour désigner la malheureuse ville de Troie (Métamorphoses, XI, 195 sq.). Hercule tue le Roi et sa famille, mais laisse la vie sauve à deux de ses enfants, Priam et Hésione.

• Non sans grandiloquence, Arimant jure d'épouser Criséide. Il demande alors que les dieux « punissent la foy [qu'il] auray parjuree plus cruellement que celle de Laomedon » (III, 7, 296 recto).

Il faut comprendre que ce parjure serait plus épouvantable que le parjure du Roi de Troie.

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Lapau Mentionné dans : I
Écrit aussi Lapan. S'agit-il de La Peau, un ancien relai postal ?

• Lieu d'origine de l'une des sources du Lignon (I, 4, 113 verso), croit d'Urfé.

C'est en fait une source de l'Anzon (Maxime Gaume, p. 181).

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Largery Mentionné dans : III
Écrit Largeri en 1621 et Largery en 1619 - ce qui est la graphie moderne. Voir Gaume (pp. 224-225), et Itinéraire η.

• Pour revenir de la ville des Rémois, Reims, Andrimarte doit passer par Largeri (III, 12, 542 verso).
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Latobriges Mentionnés dans : III
« Ceux du pays de Vaud » vivent à Lausanne (Guichenon, I, p. 6). Peuple celte voisin des Helvétiens et nommé aussi Latobices ou Latobiques (Voir le site de l'Arbre celtique, 5 janvier 2013).

• L'un des peuples qui est sous la domination de Gondebaud (III, 8, 352 recto).
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Lavieu Mentionné dans : I, II
Maxime Gaume écrit que « les d'Urfé étaient alliés à la famille de Lavieu » (p. 168).

Dans l'édition anonyme de 1607, Polémas appartient à la Maison de Lavieu. Mais il appartient à la Maison de Surieu dans les éditions suivantes (I, 9, 267 recto).

• Dans la deuxième partie du roman, en 1610, Lavieu devient la maison de Lindamor.
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Lavieu Mentionné dans : I, II
Écrit une fois Laignieu (II, 8, 491). « Ancienne et illustre maison de Lavieu en Forez », écrit La Mure (II, p. 297). Jacques Ier de Chabannes épouse en 1435 Anne de Lavieu. Leur fils, Jacques II engendre Marie de Chabannes (morÉri), épouse de Claude de Savoie et grand-mère maternelle d'Honoré d'Urfé (Voir Généalogie).
« Toutes les traditions locales parlent de la parenté de la famille d'Urfé avec celle de Lavieu [...] les écussons de ces deux maisons sont précisément la contre-partie l'un de l'autre » (Bernard, p 7). Coïncidence, explique Arnaud Bunel, savant et génereux spécialiste d'Héraldique européenne qui a bien voulu dessiner l'écusson des Lavieu.

            lavieu_2                    blason_urfe
                LAVIEU                                                URFÉ

• La maison de Céladon et celle de Lavieu « viennent d'un mesme tige » (II, 8, 491).

Lindamor « est de cest illustre sang de Lavieu » (II, 10, 658).

• Les maisons de Lavieu et de Surieu sont ennemies (II, 10, 658).
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Leigneux Voir Laigneu.  
Leman Mentionné dans : I
Il s'agit du lac de Genève (Gaume, p. 220).

• Silvandre et Bellinde, la mère de la Bergère Diane, se trouvent sur les bords de ce lac, en Savoie.
Bellinde s'est retirée à Évian, à la tête d'un couvent, après la mort de Celion, son mari (I, 6, 159 verso).
Silvandre quitte une ville anonyme, sur le lac Léman, pour fuir Azahide, son père adoptif (I, 8, 229 verso).

• On trouve dans ce site une « gravure, due à Jean-Jacques Fornazeris (1589), [qui représente le lac et] montre les navires de guerre savoyards, des galères dont les plus imposantes pouvaient contenir une centaine de rameurs (CW) » (30 septembre 2010).
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Lers Mentionné dans : III
L'Île de Lers est dans le Comtat-Venaissin, sur le Rhône. Le château qui s'y trouvait était inhabité au XVIe siècle. Il avait appartenu à la maison d'Albaron au XIVe siècle (Gaume, p. 223, note 234).

Daphnide propose à Alcidon de le rencontrer au château de Lers, sur le Rhône (III, 3, 67 recto). Bon choix, pense le chevalier, parce que le maître des lieux soutient le roi Euric (III, 3, 69 verso). La maîtresse du logis reçoit fort bien Alcidon (III, 3, 70 recto).

• Voir la Carte du Venaissin.
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Lethé Mentionné dans : II
Mythologie. Fleuve des Enfers. Les morts boivent de ses eaux pour oublier leur vie antérieure.

Céladon nomme cet rivière dans un sonnet lors d'une tempête sur le Rhône. Il ne veut pas que le fleuve se transforme en Léthé : Il préfère mourir qu'oublier le passé (II, 10, 635).

• Voir la carte des Enfers de Virgile dans ces sites (20 juin 2016) : http://www.histoire-fr.com/images/enfers_selon_virgile.gif ; http://mythologica.fr/grec/pic/enfers.jpg ; http://latin.collegejeanjaures-cransac.org/Hades_fichiers/image018.jpg.
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Leucosie Mentionnée dans : II
Mythologie. L'une des trois sirènes.

• Un vieillard nomme les trois sirènes lorsqu'Hylas en représente une sur son écu (II, 4, 203).

• Voir une gravure représentant les sirènes dans ce site (10 septembre 2015).
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Libices Mentionnés dans : III
Voir Libicins.

• Voisins des Salasses, peuple auquel appartient Criséide (III, 7, 283 verso). Les Libices sont un peuple que Léandre, le père de Criséide, aurait pu conquérir (III, 7, 284 verso).
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Libicins Mentionnés dans : III
Écrit aussi Lybicins, Libiciens et Lybiciens. Voir Libices.
Guichenon, historien de la Savoie, explique que la contrée a été habitée par « les Salasses, les Taurinois, les Segusiens, les Lybiciens, les Vagiennois ou Baciennois, les Statiellois, et les Vendiontiens, ou Vendiantiens » (I, p. 11). Les Libicins avaient pour capitale « Vercel, ville des plus fortes » (I, p. 12). « Les Libicins aujourd'hui Verceillais » fondent Ivrée, c'est-à-dire Eporèdes (OrsiÈres, pp. 41 et 96).

Les Libicins sont le peuple dont serait issue la maison de Savoie.

Arimant est un chevalier libicin (III, 7, 285 recto). À cause de la haine de Ricimer, il a dû s'exiler (III, 7, 303 recto). Il va retourner dans son pays une première fois pour revoir Criséide (III, 7, 315 recto) et ensuite pour se battre en duel contre son rival (III, 7, 315 verso). Comme il est blessé, Criséide le rejoint (III, 7, 323 recto). Elle considère le jeune homme comme « le plus accomply Chevalier, non seulement des Salasses et des Libicins, mais de toute l'Æmilie » (III, 7, 326 recto). Bellimart présente Arimant comme « le premier de la Province des Libicins » (III, 8, 363 recto).
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Ligée Mentionnée dans : II
Mythologie. L'une des trois sirènes.

• Un vieillard nomme les trois sirènes lorsqu'Hylas en représente une sur son écu (II, 4, 203).

• Voir une gravure représentant les sirènes dans ce site (10 septembre 2015).
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Lignon Mentionné dans : I, II, III
Écrit aussi Lygnon. Affluent de la Loire, prenant sa source dans les monts du Forez, le Lignon mesure 59 kilomètres. Dans la réalité, ce cours d'eau n'a pas toujours été un doux ruisseau. En 1858, « un grand débordement du Lignon » aurait envoyé dans les fossés des vitraux d'un oratoire (Communication sans titre de Vincent Durand, Bulletin de la Diana, vol. 3, 1886, p. 347. Google, 3 février 2014).

• D'Urfé donne une double source à la rivière (Chalmasel et Cervières) et la nomme une cinquantaine de fois dans la première partie de L'Astrée. Grâce au roman, le Lignon est devenu aussi célèbre que l'Hippocrène, comme l'espérait d'Urfé dans sa préface (L'Autheur à la Bergere Astrée).

• La rivière est représentée dans un tableau peint par Climanthe, le faux druide, (I, 5, 138 recto et 139 recto), et dans les tableaux peints par Mandrague, la magicienne, (I, 11, 369 verso, 371 verso, 372 recto). Sur les peintres dans L'Astrée, voir E. Henein.

• Le Lignon inspire aussi des poètes (I, 2, 37 verso ; I, 7, 213 verso).

• C'est sur les bords du Lignon, l'artère principale du pays astréen, que se déroulent les deux événements dramatiques qui marquent le début du roman, le suicide de Céladon et son sauvetage (I, 1, 5 recto et 6 verso), car c'est ce cours d'eau qui sépare les gens des hameaux des gens du château.

• « Vostre [...] Lignon », dit Adamas, en parlant à Céladon et aux Nymphes (I, 11, 369 verso ; 371 verso).

Curieusement, le nom du Lignon ne figurait pas en 1607 dans une énumération des rivières qui arrosaient la région du temps de l'invasion romaine (I, 2, 32 verso).

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Lignon Mentionné dans : I, II, III
Écrit aussi Lygnon. Le Lignon « a eu la gloire d'avoir pour son Illustrateur le grand Honoré d'Urfé » (La Mure. I, p. 82). Le Lignon coule également dans La Sylvanire. On y lit ce curieux serment : « Je jure de Lignon l'un et l'autre rivage » (vers 2082).

La rivière est nommée une quarantaine de fois dans la deuxième partie de L'Astrée, moins que dans la première et la troisième partie.

• Impétueux (II, 10, 619) ou malheureux (II, 5, 299 ; II, 7, 483), délectable (II, 3, 160 ; II, 10, 628) ou agréable (II, 3, 167), le Lignon est une rivière douce (II, 7, 434) et fatale (II, 2, 65).

• Aussi connu que le Forez (II, 3, 167), il sort de deux sources (II, 8, 497) et se jette dans la Loire à la hauteur de Feurs (II, 10, 629).

• Il sert d'adresse (II, 3, 131 ; II, 7, 468 ; II, 8, 490) et de nom de famille aux « Bergers de Lignon » (II, 1, 24 ; II, 3, 162 ; II, 4, 184 ; II, 7, 483 ; II, 8, 552).
Quitter le Lignon, c'est quitter les hameaux (II, 7, 483).
Des Bergers habitent sur les deux rives (II, 1, 31) et traversent la rivière (II, 2, 64) sur le pont de la Bouteresse.

• Le Lignon est un point de repère : Montverdun se trouve entre la rivière et Isoure (II, 8, 492). On voit le Lignon à partir de la demeure d'Adamas (II, 10, 628). Le fils et la nièce du druide traversent ce cours d'eau pour se rendre dans le hameau des Bergers (II, 7, 471).

Léonide contemple les beautés de cette rivière (II, 7, 468) qui abrite des poissons (II, 7, 469), qui fait des détours (II, 7, 471), et qui a des replis (II, 10, 629).
Les rives sont embellies de prés (II, 3, 152) où l'on déambule avec plaisir (II, 3, 160 ; II, 7, 434). On rencontre des lieux sauvages (II, 5, 319), des îles auxquelles on parvient en sautant sur des cailloux (II, 10, 630), et « des merveilles » fabriquées par Céladon (II, 5, 311).

• Il y a près du Lignon un rocher qui renvoie un écho (II, 1, 5), la rivière a donc ses nymphes (II, 1, 8).

• Le romancier rappelle que Céladon s'est noyé dans le Lignon (II, 5, 300). C'est là qu'on l'a cherché (II, 10, 671) et que les Nymphes l'ont trouvé (II, 7, 442), car Lignon n'a pas voulu tuer le Berger (II, 7, 450). L'âme de Céladon erre le long des rives (II, 5, 301). Il faut d'ailleurs prendre le chemin de Lignon pour arriver jusqu'au Berger (II, 8, 496).
Céladon dit adieu à la rivière avant de se rendre chez Adamas pour commencer une nouvelle vie (II, 10, 626).

• La rhétorique de la pastorale accorde une large place au Lignon. Céladon, dans un poème, se compare au Lignon (II, 8, 497), et plus loin lui adresse des stances (II, 10, 619). Dans une comparaison, le cours irréversible de la rivière illustre ce qui ne peut pas changer de direction (II, 2, 93 ; II, 10, 620).
Le Lignon survient dans le songe de Célidée (II, 2, 65). Comme la traversée d'un fleuve symbolise un obstacle à franchir (Chevalier), on comprend que la Bergère n'est pas au bout de ses peines.

• Carte et description du Lignon moderne se trouvent dans ce site (30 septembre 2010). Des photos sont dans ce site.
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Lignon Mentionné dans : I, II, III
Écrit aussi Lygnon. D'après la Nouvelle description de la France, le Lignon « se jette dans la Loire après sept lieues de cours. Cette petite rivière qui est assez poissonneuse a été fort célébrée dans l'Astrée de M. d'Urfé » (Piganiol, V, p. 270). Honoré d'Urfé a réussi : le roman et la rivière ont survécu ensemble, et resteront inséparables (malgré le film d'Eric Rohmer !).

• Le Lignon est nommé une soixantaine de fois dans la troisième partie, c'est-à-dire plus souvent que dans la première et la deuxième partie. De plus, ce volume se déclare hymne à la rivière puisque la préface est une épître de l'Autheur à la Riviere de Lignon.

Dans cette complexe prosopopée qui prélude au roman, Honoré d'Urfé joue avec le statut du Lignon. L'authentique rivière forézienne qui sert de décor à la fiction se confond tant et si bien avec le décor du souvenir que le réel finit par devenir mythique. Le Lignon est d'abord le cadre des amours enfantines, puis le secrétaire de l'amoureux qui se souvient de ces amours. Comme Astrée et Céladon dans les préfaces précédentes, le Lignon doit défendre l'auteur contre l'« ame severe » qui lui reprocherait ses occupations de romancier.

La personnification de la rivière se fait en deux étapes antithétiques, puisque le Lignon passe du statut de créancier au statut de déité. D'entrée de jeu, le cours d'eau doit recevoir « quelque payement » : celui qui a donné des « contentemens » en reçoit. Comment ? en ayant le privilège de conserver et de répéter les souvenirs heureux, en se substituant donc au romancier pour qu'une histoire d'amour survive « aussi longuement que dans la France l'on parlera François ».
Par ailleurs, ce Lignon rendu célèbre par « la Beauté » qui a enchanté d'Urfé, devient loquace par la bouche de ses Nymphes, car, comme les fleuves mythiques, il abrite des divinités. La mention de Nymphes appelle le nom de Diane, leur patronne. Quand la déesse « despoüill[e] ses sueurs dans [le] sein » du Lignon, l'ombre d'Actéon plane sur la description. Or, chez les mythologues, Diane impose le silence à celui qui l'a vue. Ici, Diane écoute. Le roman amende le mythe.

• Le secrétaire η du romancier, Balthazar Baro, compose une « Ode à la rivière de Lignon » publiée dans les pages liminaires, entre la Préface et le Portrait de dame.

Ces quatre-vingts vers ne figurent pas dans l'édition de 1619.
Les relations de leur auteur avec Honoré d'Urfé pourraient donc avoir changé autour de 1620.

• Les derniers vers de Baro - baroques à souhait - donnent à la rivière un commandement qui rappelle les légendes qui accompagnent le portrait du romancier et de sa muse :
     « Prise le beau feu qui l'éprit,
     Et confesse dans tes limites,
     Que tu tiens ce que tu merites
     De sa plume et de son Esprit ».

• Le Lignon de Baro a des propriétés que l'on ne trouvait pas sous la plume d'Honoré d'Urfé. Il « esmaille de belles couleurs » ses rives, alors que, pour le romancier, il émaille le « rivage d'un perpetuel Printemps de fleurs » (Autheur à la Riviere de Lignon). Chez Baro, craignant « de vivre en servage » des belles bergères, le cours d'eau « fui[t] leur presence » et se rend dans la mer. Cela n'empêche pas Baro de désirer la place du Lignon : lui ne s'éloignerait pas, et ses soupirs amoureux donneraient des tourbillons à l'eau. Le Lignon est enfin opposé au Pactole, rivière qui charrie l'or ; rapprochement fort peu urféen.

• Nommé dans la première phrase de la troisième partie, le Lignon conserve tout au long du récit les deux attributs majeurs rencontrés précédemment :
- Il sert de lieu de passage, qu'on le traverse, qu'on le longe ou qu'on s'y arrête (par exemple, III, 1, 14 verso ; III, 2, 32 verso ; III, 12, 503 recto).
- Il définit la résidence de bergers, comme un nom patronymique (par exemple III, 1, 1 recto ; III, 5, 190 recto ; III, 10, 425 verso).

Il y a une compétition entre les Bergeres de Lignon et les Nymphes de Marcilly (III, 12, 505 verso). 
Voir aussi
III, 6, 259 recto ; III, 9, 370 recto.

Penser à la compétition des Naïades de la Sorgues et des Muses chez Pétrarque η.

• La troisième caractéristique de la rivière est son passé dramatique : Céladon s'est noyé dans le Lignon (I, 1, 5 recto), accident rappelé trois fois (III, 1, 2 verso ; III, 2, 53 recto ; III, 9, 375 recto).

Nul ne mentionne le sauvetage du berger (I, 1, 6 verso).

• D'après Adamas, quiconque s'habille en berger et vit en Forez devient « Berger de Lignon » (III, 9, 389 recto).

C'est la position du romancier lui-même. Par exemple, Phillis, originaire de l'Allier, et Olimpe, originaire du Furan, font partie de la vaste confrérie des
« bergers de Lignon ».

Galathée, qui a l'intention de « passer Lignon » (III, 6, 260 recto), s'arrête à Bonlieu. Elle est obligée de rentrer ensuite à Marcilly (III, 12, 551 recto).

• Un bras du Lignon, trait d'union symbolique, lave le Temple de la Bonne Déesse (III, 2, 27 recto) et parvient au Temple de la déesse Astrée (III, 5, 172 verso). Un autre longe le jardin de Phocion, c'est-à-dire la demeure où vit la bergère Astrée (III, 10, 433 recto). Il arrose le vieux saule qui abritait les lettres des bergers (III, 10, 437 recto).

• Le Lignon fait le Forez puisqu'on lui doit « la fertilité des campagnes [et] l'abondance des poissons » (III, 4, 159 recto).

• Comme dans l'épître initiale, un Lignon anthropomorphe peut voir une belle bergère (III, 11, 465 verso).

• La rivière est presque aussi souvent admirée que blâmée. La mention du Lignon s'accompagne d'un nombre curieusement restreint d'épithètes.
On rencontre : « la delectable Riviere de Lignon » (III, 1, 3 recto), « la belle riviere » (III, 2, 27 recto), « la douce riviere » (III, 5, 196 verso) et les « agreables rivages » (III, 9, 392 recto).
On voit aussi « detestable Lignon » (III, 5, 172 verso), « fascheuse riviere » (III, 5, 172 verso), « malheureux et diffame Lignon » (III, 5, 172 recto), et surtout Lignon « malheureux » (III, 9, 375 recto ; III, 10, 423 recto ; III, 10, 436 verso).

• La plus belle des hyperboles est dans la bouche du druide Adamas quand il parle de Diane. La jeune fille, déclare-t-il, est « l'une des plus agreables bergeres de Lignon, et quand je dis de Lignon, j'entends de toute l'Europe » (III, 11, 490 recto). La rivière qui représentait une contrée est devenue la synecdoque d'un continent.

• On trouvera une carte des principaux cours d'eau du Forez dans ce site (13 juillet 2012). On notera la qualité des eaux du Lignon.
Les rivières du Forez jouissent de sites riches en renseignements. Je voudrais remercier ici le Site de Loire-Forez, l'Observatoire de l'eau en Maine et Loire, et le Syndicat Mixte du bassin versant du Lignon, de l'Anzon et du Vizézy.
3
Ligurie Mentionnée dans : II, III
Écrit aussi Lygurie. Région d'Italie, près du golfe de Gênes. Un historien moderne écrit : « Quant aux mystérieux Ligures, leur rôle dans le peuplement du pays du Rhône et des Alpes fut considérable ; ils dominèrent paraît-il ces régions jusqu’à la venue des Celtes allobroges » (Menabrea, p. 10).

Silvandre vit à Marseille et se rend au bord de la mer « prenant le costé de la Lygurie » (II, 12, 766). C'est là que le navire d'Ursace et d'Olimbre fait naufrage.

Comme plus de trois cents kilomètres séparent Marseille de Gênes, nommer la Ligurie pour dire simplement tourner à gauche est une coquetterie d'auteur. Reconnaissons que le domaine des « mystérieux Ligures » était probablement étendu
(Menabrea, p. 10).

2
Ligurie Mentionnée dans : II, III
La région va des Alpes Pennines à la mer Méditerranée (OrsiÈres, p. 18). Elle « s'étendit d'abord du côté du Nord jusqu'au Pô, mais fut ensuite restreinte aux pays situés entre la mer et l'Apennin ; à l'Ouest, les Ligures s'étendaient jusqu'au Var et même jusqu'au Rhône ; à l'Est, jusqu'à la Macra » (Voir ce site, 12 novembre 2012). Le nom des Ligures signifie « Hommes de mer » (OrsiÈres, Note, p. 91) ou « peuple de la montagne » (Larousse du XIXe siècle, Article Ligurie).

• En revenant de Lyon avec Criséide, Arimant devrait passer par la Ligurie ; chemin plus long mais plus sûr pense Bellaris (III, 8, 348 recto).

• Voir ce site (10 février 2014) et celui-là (20 avril 2015).
3
Lingones Mentionnés dans : III
Aujourd'hui les Lingons. Pline les nomme (IV, 31). Ils vivent autour de Langres. Séparés des Séquanois par le cours supérieur de la Saône et des Éduois par le territoire des Mandubiens (Kruta, p. 708). Certains ont émigré en Italie et occupé le pays appelé depuis Romagne (Larousse du XIXe siècle).

• L'un des peuples soumis à Gondebaud (III, 8, 352 recto).

• Les Lingons portent le bardiac (III, 12, 540 recto), information qui vient de Fauchet (p. 11).
3
Lisi Mentionné dans : III
Il s'agit de Lizy-sur-Ourcq (Seine-et-Marne), commune située au confluent de l'Ourcq et de la Marne, sur l'axe Paris-Reims. C'était un bastion protestant au XVIIe siècle. Voir le site de la ville (15 décembre 2012). Voir Gaume (pp. 224-225) et Itinéraire η.

• Pour revenir de la ville des Rémois, Reims, Andrimarte doit passer par Lizy (III, 12, 542 verso).
3
Loire Mentionnée dans : I, II, III
Écrit aussi Loyre, toujours sans article. Ce fleuve joue le rôle de frontière. Maxime Gaume a dessiné une carte de la vallée de la Loire astréenne (p. 181).

• Alaric, roi des Wisigoths, conquiert les provinces « de deça Loyre » (I, 2, 31 recto).

• La Loire reçoit le Lignon à Feurs (I, 1, 1 verso), c'est pour cela que les Bergers cherchent Céladon jusque là (I, 1, 19 recto).

Les bergers parcourent donc une dizaine de kilomètres (Voir le site de Saint-Etienne-le-Molard).

1
Loire Mentionnée dans : I, II, III
La Mure appelle la Loire « le Pere des Fleuves de Gaule » (I, p. 18) et relève « l'avantage qu'elle a de porter batteau plus loin qu'aucun autre Fleuve de France » (I, p. 177).

• La Loire a ses Bergers (II, 8, 490).

• Le Lignon rejoint la Loire à la hauteur de Feurs (II, 10, 629).

• Le territoire des Wisigoths du temps de Thierry va des Pyrénées à la Loire (II, 12, 823).
2
Loire Mentionnée dans : I, II, III
• La Loire est nommée à la tête des rivières qui arrosent des hameaux de bergers (III, 4, 159 recto).

• Elle reçoit le Lignon à Feurs (III, 5, 172 recto).

• Elle est moins paisible que la Seine (III, 12, 510 verso).
3
Lombrions Mentionnés dans : II
L'édition de 1610 donne Lambrions, l'édition de 1621 Lombrions.

Il s'agit des Lambrions.
Fauchet offre une liste similaire à celle d'Honoré d'Urfé en décrivant les armées d'Ætius dans son Recueil. Il nomme alors les Lambrions : « Il y avoit des Francz, Sarmates, Armoriquains, Litians (que [Jehant Blond appelle Lutetiens) Bourguignons, Saxons, Ribarols, Lambrions, jadis soldats de l'Ordonnance Romaine lors aliez et gens de secours » (f° 92 recto). Dans ses Antiquitez aussi, Fauchet écrit Lambrions (p. 95).
Ni Lambrions ni Lombrions ne figurent dans les listes de peuples dressées par F. Lot, ou dans celles de V. Kruta. S'agit-il des Lombards (Langobardi ou Lombardi) ? Ce peuple n'est entré en Italie qu'au VIe siècle. Il pourrait s'agir d'un autre peuple du Nord de l'Italie dont le nom viendrait de Lambro, rivière de Lombardie. Pline nomme cet affluent du le Lambrus (III, 118).

• Il y a des Lambrions aussi bien dans les armées d'Ætius que dans les armées d'Attila (II, 12, 825). Ce renseignement ne figure pas dans Fauchet.
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Londres Mentionnée dans : I
Capitale de la Grande-Bretagne.

• Cette ville est évoquée dans l'Histoire d'Alcippe - qui se déroule au moment où le roi Artus crée les chevaliers de la Table ronde (I, 2, 43 recto),

• Londres revient dans l'Histoire de Lydias et de Melandre, parce que Mélandre est Anglaise (I, 12, 384 recto).
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Lôys Mentionné dans : III
Louis XIII, 27 septembre 1601 - 14 mai 1643. Fils d'Henri IV et de Marie de Médicis η. Couronné Roi de France à Reims, le 17 octobre 1610, Louis XIII est marié à Anne d'Autriche le 28 novembre 1615.

• En 1619, quand d'Urfé lui dédie son Astrée, le Roi, qui a presque l'âge des héros du roman, vient de faire arrêter Concini et d'éloigner sa mère. « Louis XIII a été populaire vers ses vingt ans. L'opinion lui a su gré d'avoir renversé Concini » (Batiffol, p. 171).

Lois est dans Louis, dit le romancier dans l'épître. Une anecdote rapportée par Racan et par Tallemant de Réaux veut que le petit Louis XIII ait écrit son nom sans u (Henein, p. 51, note 84). En effet, dans une lettre du 6 mai 1608, le Dauphin signe une lettre à son père « Loys » (Henri, pp. 315-316). C'est Malherbe qui l'a relevé le premier (Tallemant, I, p. 111). Camus parle du « Juste Loys » en 1623 (L'Alexis, VI, dédicace non paginée). Selon Menestrier, lys est aussi dans Louys, d'où le choix que fit Louis VII de la fleur de lys pour désigner les rois de France (p. 138).

• En comparant les deux épîtres dédicatoires de L'Astrée, on décèle des différences de ton sensibles.
La première, adressée à Henri IV, a été écrite en 1610, pour la deuxième partie du roman. Elle a paru quelques semaines avant l'assassinat d'Henri IV. La seconde, composée en 1619, pour la troisième partie, est adressée à Louis XIII. Cependant, l'édition complète de 1621 et toutes celles qui l'ont suivie placent l'épître à Henri IV au début de la première partie, et l'épître à Louis XIII au début de la troisième.

• Fils d'Henri IV et père de Louis XIV, Louis XIII manque de prestige malgré ses trente-trois ans de règne et ses victoires militaires. Manuels et dictionnaires lui accordent moins de place qu'à Richelieu, son ministre. On reconnaît au Roi d'incontestables qualités de chasseur, et on évoque encore sa collection d'armes à feu, « le cabinet du Roi » (Venner, p. 133). C'est à cause de son amour pour la chasse, que Louis XIII invente le mot merlaison et compose le « Ballet de la Merlaison » en 1635 (Voir ce site, 15 février 2016).

Malherbe nous apprend dans ses Lettres que le 20 février 1614, le petit Louis XIII endossa sa nouvelle armure, « et disputa longtemps qu'il dormirait mieux avec ce casque qu'avec son bonnet de nuit » (p. 624). Le 17 octobre de la même année, l'enfant « dit qu'il ne voulait pas qu'on l'appelât Louis le Bègue, mais Louis le Juste » (p. 670). Le Roi méritait-il le surnom de Juste auquel Honoré d'Urfé fait allusion dans sa dédicace ? C'est un compliment que lui ont fait les contemporains. Le duc de Ventadour écrit même au Roi en 1619 : « On voit renaître en la personne de votre Majesté les saintes et généreuses actions ce bon roi saint Louis » (Cité par Batiffol, p. 259).
Voltaire affirme « que Louis XIII eut dès son enfance le surnom de Juste, parce qu'il était né sous le signe de la Balance » (I, p. 53) ... Les historiens modernes le répètent.

• Louis XIII n'aimait pas les livres, « ne pouvant lire ni prononcer qu'avec grandissime peine » (Batiffol, p. 295). Son gouverneur, Gilles de Souvré (père de la future Mme de Sablé), n'était d'ailleurs pas un homme de lettres. Henri IV, dans sa correspondance, lui donne « le sobriquet de la Gode, femme de mauvaise vie » (Henri, p. 168). Le précepteur du Dauphin, Vauquelin des Yveteaux, était un « singulier personnage, de doctrines suspectes, de mœurs douteuses » (Batiffol, p. 271).

Tallemant des RÉaux rapporte que le Roi ne se montrait pas généreux envers les écrivains qui lui dédiaient leurs œuvres : « Il raya après la mort du Cardinal toutes les pensions de gens de lettres, en disant : Nous n'avons plus affaire de cela » (I, p. 344).

• On trouve dans ce site (30 septembre 2010) un portrait de Louis XIII réalisé par Pourbus représentant le Roi jeune. Le vendredi 11 février 1611, écrit Héroard, « à trois heures de l'après-midi, Pourbes, flamand, peintre excellent, le tira de sa hauteur » (cité par Batiffol, p. 440). Dans ce site (12 mai 2015), la Réunion des Musées Nationaux présente des images du roi et de ses armes.
Un portrait dû à Rubens réalisé avant 1625 se trouve dans ce site (30 septembre 2010). Voir Galerie des portraits.
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Luteciens Mentionnés dans : II
On pourrait croire qu'il s'agit de habitants de Lutèce, port sur la Seine, « île de la Cité des Parisii » (Kruta, p. 713). Mais Fauchet, en décrivant la bataille des Champs Catalauniques, précise que des « Litians que Blond [Jehan Lebland] appelle Lutetiens » servent dans l'armée d'Ætius (f° 92 recto). Lutetiens et Lutéciens sont peut-être des habitants du Latium, des Latins.

• Des Lutéciens font partie de l'armée d'Attila aussi bien que de l'armée d'Ætius (II, 12, 825).
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Lyon Mentionné dans : I, II, III
Écrit aussi Lion. Le nom ancien de Lyon, Lugdunum, peut signifier mont des corbeaux, mont désiré, mont lumineux, ou encore mont du dieu Lug (Longnon, p. 33).

• Alors que la description initiale du Forez est entièrement écrite au présent de l'indicatif, le pays, nous dit-on, est situé « aupres de l'ancienne ville de Lyon » (I, 1, 1 recto).

L'épithète doit peut-être rappeler le passé historique de la ville : Jules César s'était établi à Lyon, et son successeur, Munatius Plancus, aussi.

• Silvandre, se rendant en Forez, passe par « la ville de Plancus », c'est-à-dire Lyon (I, 8, 231 recto).

• Les compagnons de voyage d'Hylas évoquent Lyon et son temple de Vénus (I, 8, 252 recto).

• Hylas s'y arrête pour tenir compagnie à Cloris et Rosidor (I, 8, 259 recto). Il tombe alors amoureux d'une nouvelle maîtresse, ce qui ouvre la série lyonnaise de ses amours.
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Lyon Mentionné dans : I, II, III
La Mure témoigne de la rivalité du Forez et de Lyon. La ville, affirme-t-il, faisait partie du Forez du temps des Romains (I, p. 106) ; elle a été fondée par Plancus sur le territoire des Ségusiens (I, p. 16).

• Lyon est attaché au personnage d'Hylas dans la deuxième partie. Le jeune homme rappelle qu'il y était (II, 3, 168 ; II, 4, 194). Il y a fait la connaissance de nombreuses dames, dont Parthénopé (II, 4, 201). Silvandre compare Hylas aux orateurs de l'Athénée de Lyon (II, 9, 606).

Les trois dames lyonnaises déguisées en Bergères entrent en scène (II, 3, 164) et racontent leurs mésaventures avec Hylas, mais ne précisent pas qu'elles viennent de Lyon.

• Une carte de Lyon en 1696 se trouve dans ce site (30 septembre 2010).
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Lyon Mentionné dans : I, II, III
« Frontiere de France et Savoye, passage generral pour les Itales » (Estienne, p. 146). Sur Lyon au XVIe siècle, voir ce site (20 avril 2015).
« Anthémius donne Lyon aux Burgondes, ainsi que Vienne et le Vivarais » (Gascogne, p. 9). Lyon reste aux Burgondes jusqu'en 496 (Piganiol, V, p. 410).

Hylas rappelle qu'il est parvenu à Lyon en suivant sa fortune (III, 7, 271 verso). C'est là qu'il voit passer Criséide.

Hylas rappelle que l'hospitalité est une coutume de « l'ancienne ville de Lyon » (III, 7, 278 verso).

Criséide est à Lyon prisonnière de Gondebaud, quand elle raconte son histoire (III, 8, 333 recto). Bellaris a su la trouver dans cette ville (III, 8, 333 verso) où on attend le retour de Gondebaud (III, 8, 348 recto). Arimant doit quitter sa prison et venir y rejoindre la jeune fille pour qu'ils s'en aillent ensemble. Les gardiens d'Arimant devinent où il va se rendre (III, 8, 351 recto). Gondebaud arrive et signe un décret de Lyon (III, 8, 353 recto). Il retrouve Criséide qui s'était sauvée et la ramène dans la ville (III, 8, 354 verso). Bellaris revient (III, 8, 355 verso) et Arimant aussi (III, 8, 357 verso). Le dénouement aura lieu dans la ville, devant le tombeau η des Deux-Amants.
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