Banderole
Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé


SignetRÉPERTOIRE - C

Cala, (La) Mentionnée dans : I
Village situé sur les bords du Lignon. C'est l'un des rares lieux foréziens que Maxime Gaume n'ait pas réussi à retrouver (p. 194, note 95).

• Ce village est nommé par Climanthe, le faux druide (I, 5, 139 recto).
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Calais Mentionné dans : I, II
Écrit aussi Callais. Ville du Pas-de-Calais, dont l'histoire est mouvementée au Moyen Âge comme au XVIe siècle. Les « Bourgeois de Calais » immortalisés par Rodin se sont sacrifiés pour la ville en 1346, pendant la guerre de Cent ans.

Lypandas, gouverneur de la ville et allié des Neustriens, met Lydias en prison (I, 12, 386 verso). Mélandre l'y retrouve, le délivre, mais finit elle-même en prison. C'est alors que Mérovée, roi des Francs, attaque et prend Calais (I, 12, 395 recto) grâce à la ruse proposée par Lydias.

La mention d'une prise de Calais
(ville gagnée par la Ligue et ensuite perdue par Henri IV)
n'a pas pu laisser indifférents les contemporains d'Honoré d'Urfé
(Bayrou, p. 344).
« Le peuple rend le roi responsable de cette défaite »
(L'Estoile cité par Adam,
Tallemant, I, p. 667).

La ruse proposée par Lydias pour entrer dans la ville n'est pas une invention romanesque
(Henein, p. 298).

• La ville vue de loin est représentée dans une gravure de la première partie.

• Carte de Calais (Caletum) par Petrus Bertius (1595 - 1629) dans ce site (20 mars 2015) et plan de la ville en 1596 dans ce site (22 avril 2015).
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Calais Mentionné dans : I, II
• La deuxième partie rappelle que Lydias est prisonnier dans cette ville gouvernée par Lypandas (II, 10, 666).
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Calcédoine Mentionnée dans : II
Ville située sur le Bosphore, en Asie. Aujourd'hui Chalcédoine ou Kadiköy en Turquie. Pline écrit que sept stades (un peu plus d'un kilomètre) séparent Chalcédoine de Constantinople (V, 2).

• Les jardins de l'Empereur d'Orient s'y trouvent. « Calcedoine, [...] est si prés de Constantinople, qu'on peut ouyr la voix d'un homme d'un lieu à l'autre » (II, 12, 785).
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Calliope Mentionnée dans : II
Mythologie. Muse de la musique dont le nom signifierait belle voix. Ses huit sœurs et elle sont filles de Jupiter et de Mnémosyne, la mémoire. Calliope épouse le fleuve Achéloos. Elle engendre les Sirènes.

• Elle figure dans L'Astrée en tant que mère des Sirènes (II, 4, 203).

• Gravure représentant Calliope dans L'Ovide moralisé (site de Wikimedia, 2 février 2012).
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Camargue Mentionnée dans : I, II, III
Située dans le delta du Rhône, la Camargue, comme le Forez, est née grâce à un capitaine romain qui s'est fait le maître du système aquatique.

• Hylas présente l'histoire et la géographie de son lieu de naissance, (I, 8, 243 verso, 244 recto, 245 recto, 250 recto, 251 verso, 252 recto, 252 verso). Pour lui, le nom de la Camargue viendrait de Caïus Marius (I, 8, 243 recto). Ménage donne la même étymologie (Maxime Gaume, p. 138).

• Voir une carte de la Camargue du XVIIe siècle dessinée par Guillaume Delisle dans le site de Wikimedia (10 mai 2016). Différentes cartes anciennes de la Camargue sont dans ce site (10 mai 2016). Une carte particulièrement claire de la Gaule se trouve dans Cartothèque.
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Camargue Mentionnée dans : I, II, III
• La deuxième partie rappelle que la Camargue, « en la province des Romains », est la patrie d'Hylas (II, 3, 167 ; II, 3, 168 ; II, 4, 194).
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Camargue Mentionnée dans : I, II, III
Écrit aussi Camargues.

Daphnide a connu Hylas « en l'isle de Camargues et en Arles » (III, 2, 40 verso). Elle trouve l'inconstant tellement changé qu'elle lui suggère de « tenir école » lorsqu'il rentrera dans son pays (III, 2, 57 recto).

Hylas rappelle qu'il a quitté l'île (III, 2, 47 verso). Il ne veut pas redire les circonstances de son départ quand il continue son histoire (III, 7, 271 recto). Il signale qu'il a rencontré des Italiennes en Camargue (III, 7, 281 verso).

Silvandre juge que Hylas, bien que Camarguais, a la vantardise des Gascons (III, 7, 278 recto).

« Le reproche qu'on fait aux Gascons, est de leurs continuelles vanteries »
(FuretiÈre, Article Vanterie).

Hermante, originaire de Camargue, survient en Forez (III, 10, 418 verso).
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Cambray Mentionné dans : III
Cambrai est une ville située au Nord-Est de Paris (Nord- Pas-de-Calais). Son nom ancien est Camaracum.
Du Haillan raconte que Cambrai était mal gardé par les Romains quand Clodion, roi des Francs, s'en est emparé (p. 16). L'historiographe appelle le fils aîné de Clodion Auberon (p. 19) et il ne nomme pas les terres qui lui sont échues. Fauchet dit aussi que Clodion a pris Cambrai (f° 87 recto), mais il donne au roi un seul fils, Mérovée.
La prise de Cambrai par Clodion date de 430 et le rattachement aux Francs de Clovis de 509.

• Le fils de Clodion, Albéric, est « Seigneur de Cambray » (III, 12, 523 verso).
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Cantabres Mentionnés dans : III
Peuple de la Cantabrie, région montagneuse qui se trouve au Nord de l'Espagne. Le pays fournit des soldats au livre III de la Guerre des Gaules (CÉsar, III, 26).

Damon d'Aquitaine, à la recherche des forêts annoncées par un oracle, traverse « toutes celles d'Espagne, des Cantabres, de la Gaule Narbonnaise, et d'Aquitaine » (III, 6, 257 verso).
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Caorly Mentionné dans : II
Aujourd'hui Caorle, ville sur l'Adriatique.

• À la suite des attaques d'Attila, les habitants de Concorde ont fondé Caorly (II, 12, 841).
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Carnutes Mentionnés dans : II, III
Peuple celte dont le « territoire est représenté par les départements d'Eure-et-Loir, Loir-et-Cher et Loiret ». L'assemblée générale des druides se déroule dans un lieu « situé entre Sully et Saint-Benoît-sur-Loire », « peut-être à Chassis », lieu jadis « considéré comme le centre de toute la Gaule, ce qui implique que si l'Aquitaine au Sud de la Garonne n'y était pas représentée, le Belgium l'était » (Lot, pp. 40, 70, 71). Plusieurs communes du Cher et de l'Allier se vantent aujourd'hui d'être le centre de la France métropolitaine (Wikipedia, 14 juin 2013).
Le nom de Chartres vient de Carnutes (Longnon, p. 102). C'est à Chartres qu'Henri IV se fait couronner en 1594.

• Les druides envoient leurs aînés « aux Antres des Carnutes », des écoles (II, 8, 504). Alexis, la fille d'Adamas, doit passer trente ans dans les antres des Carnutes ; elle y est depuis plus de huit ans (II, 10, 623 ; II, 10, 649 ; II, 12, 889).

• Une statue représentant la Vierge qui enfantera se trouve dans l'antre des Carnutes (II, 11, 761). depuis plus de « plus de vingt siecles », selon Adamas (II, 8, 517), six cents ans.

La cathédrale romane de Chartres date du XIe siècle. Des légendes voulaient pourtant qu'elle soit antérieure à l'avènement du Christ. « Au XVIe siècle, on parle pour la première fois d'une grotte druidique »
(Voir le site de la Cathédrale,
5 janvier 2013).

• Chaque année, les druides s'assemblent près de ces antres (II, 10, 624).

Attila attaque Orléans, ville des Carnutes (II, 12, 825).

• Voir la carte du pays des Carnutes dans ce site (20 mars 2013).
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Carnutes Mentionnés dans : II, III
Ce peuple, nommé dans le livre VI de la Guerre des Gaules, se soulève deux fois contre Rome (Kruta, pp. 517-518).

Dans la troisième partie, seule la première mention des Carnutes n'associe pas ce lieu sacré à Alexis, la feinte druide.

• Les Romains, raconte Adamas, ont trouvé en Forez un autel similaire à celui des Carnutes ; il est dédié « à la Vierge, qui enfanteroit η » (III, 2, 27 verso).

• Le temple des Carnutes abrite « des filles druides » (III, 5, 192 recto) dites « Clergesses » (III, 2, 54 verso), femmes savantes.

Alexis vient des Carnutes (III, 5, 184 verso ; III, 5, 210 verso), et doit y retourner (III, 6, 229 verso ; III, 11, 484 recto).

• Autre carte du pays des Carnutes dans ce site (2 mars 2014).
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Carroceles Mentionnés dans : II
« La vallée des Carrocèles est la Haute Maurienne qui fut occupée par les Graiocèles », écrit Gaume (p. 222). Il s'agit en fait des Garocelles, peuple celte établi dans la vallée de l'Arc, dans les Alpes, explique un spécialiste de l'histoire de la Savoie (OrsiÈres, Note, p. 88). Guichenon aussi appelle Garocelles les voisins des Centrons (I, p. 4).

• Dans L'Astrée, le pays des Garocelles est entre le pays des Brannovices et celui des Ségusienses (II, 10, 633 et II, 10, 635). 

• Voir la carte dessinée par Maxime Gaume (p. 221).
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Carthage Mentionnée dans : II
Écrit aussi Cartage. La Carthage mythique a abrité les amours d'Énée et de Didon dans L'Énéide de Virgile. La Carthage historique, au IIe siècle avant J.-C., lors des guerres puniques, a été détruite par les armées romaines conduites par Scipion Émilien, appelé depuis Scipion le deuxième Africain. Carthage devient alors province romaine. Au Ve siècle, Boniface gouverne la région au nom de l'Empereur d'occident. Surviennent alors en 439 Genséric et ses Vandales, ce que saint Augustin appelle « les maux qu'il a plu à Dieu de nous envoyer » (cité par Gauthier, p. 154).

• Dans L'Astrée, Boniface, gouverneur de l'Afrique romaine, hait Ætius, le protégé de Placidie. Il refuse donc d'obéir aux ordres de Rome. L'Empereur envoie l'armée à Carthage (II, 11, 760).

Boniface appelle Genséric, mais le roi des Vandales se retourne contre lui et s'entend avec l'Empereur. Aussitôt que les troupes romaines se retirent, Genséric prend Carthage, « de sorte que ceste grande ville fut soustraicte de l'Empire, dix et neuf siecles et demi apres que le grand Scipion l'eut surmontee, et acquise à sa Republique » (II, 11, 761).

Genséric fait de Carthage sa capitale. Olimbre s'y rend à la demande d'Eudoxe (II, 12, 861).
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Catalauniques Mentionnés dans : III
Habitants des Champs Catalauniques, appelés aussi catalauniens aujourd'hui.

• Un des peuples soumis à Gondebaud (III, 8, 352 recto).
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Caturges Mentionnés dans : III. Voir Caturiges.
Il faut sans doute lire Caturiges. Il y a des Caturiges dans la deuxième partie de L'Astrée, comme dans les Guerres des Gaules de CÉsar (1, 10), dans Pline (IV, 3) et dans l'histoire de la maison de Savoie de S. Guichenon (I, p. 3). Caturges est donc une coquille.
La ville principale des Caturiges est Embrun, territoire protestant du temps d'Honoré d'Urfé. « Lors des guerres de religion, la ville est prise par le chef protestant Lesdiguières qui y installe provisoirement sa "capitale". Une partie des archives est brûlée à cette occasion et la fresque miraculeuse de Notre-Dame d'Embrun est détruite » (Site de Wikipedia, 12 mai 2015).

• Ces Caturges apparaissent uniquement dans l'histoire de Criséide. Ils sont voisins des Salasses (III, 7, 283 verso). Criséide et Arimant séjournent dans une ville des Caturges (III, 7, 330 recto) quand Gondebaud y entre et s'en empare (III, 8, 365 recto) parce que les habitants ne se sont pas battus.
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Caturiges Mentionnés dans : II
Le nom de ce peuple celte signifie « les rois du combat » (Kruta, p. 528). Ce site (30 septembre 2010) propose d'autres étymologies. « Le nom de leur chef-lieu persiste dans celui du village actuel de Chorges », dans le département des Hautes-Alpes (Lot, p. 56). Mais Kruta écrit : Leur territoire se situait dans la vallée de la Durance et leur capitale était Eburodunum, situé à l'emplacement de l'actuelle la ville d'Embrun (p. 526). « La montagne des Caturiges est la Haute-Durance, au Sud de Briançon, entre les Alpes-Maritimes et les Alpes Cottiennes » (Gaume, p. 220). Strabon les appelle Catoriges (livre 4, ch. 6).

• En se rendant en Italie, Céladon passe par le pays des Caturiges (II, 10, 633). Il y rencontre une « fascheuse montagne » (II, 10, 634) et de grands bois (II, 10, 635).

• Voir le pays des Caturiges dans ce site (11 février 2014).
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Celtes Mentionné dans : I, II
Mythologie.
Les mythologues font de Celtes un fils d'Hercule (P. Grimal, Article Celtos). C'est le père de Galathée et le beau-père d'Hercule dans L'Astrée. Un individu et son peuple portent donc le nom de « Celtes » dans le roman.

Pour rendre son Forez plus gaulois, d'Urfé raconte, après l'édition anonyme de 1607, que les Celtes, conduits par un roi nommé aussi Celtes, ont choisi de s'appeler Gaulois pour honorer la princesse Galathée, la fille du roi et l'épouse d'Hercule
(I, 2, 30 verso).

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Celtes Mentionnés dans : I, II
Groupe de peuples indo-européens d'origine allemande. Jules CÉsar explique que « Celtes », est le nom que se donnent les peuples gaulois (I, 1). L'information est reprise par Fauchet à l'entrée de son Recueil (f° 1 verso).

• D'Urfé répète qu'Hercule a épousé Galathée fille du roi nommé dans la première partie « Celtes » (II, 8, 515).

Céladon se présente à des chevaliers en disant : « Je suis Celte que vous appellez Gaulois » (II, 10, 646-647).

• Voir une carte des peuples celtes dans ce site (15 février 2014).
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Celtoscites Mentionnés dans : I
Les Celto-Scythes sont un peuple scythe parti de l'océan Scythique (ou Septentrional).

• Ils attaquent Rome, puis ils sont vaincus par Caïus Marius, le fondateur de la Camargue, dit Hylas (I, 8, 243 recto).
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Cemene Mentionné dans : I, III
Strabon écrit dans sa Géographie de la Gaule : « Au milieu s'élève une arête montagneuse, perpendiculaire aux Pyrénées, c'est la montagne appelée Cemméne qui vient mourir dans les plaines centrales des Celtes » (Livre II, Ch. V, 28), elle sépare l'Aquitaine de la Gaule Celtique (livre IV, Ch. I, 1).
La Mure cite Strabon (I, p. 159). Il précise que les Monts Cemènes séparent les Foréziens des Auvergnats (I, p. 111) et qu'ils portent aujourd'hui le nom de Mont de Pila (I, p. 156). Une rivière conserve le nom de Cemène (I, p. 155).
Je remercie Laurent Barnachon qui m'a donné ce renseignement avant que je ne le trouve dans La Mure.

• Montagne où vivaient les géants vaincus par Hercule (I, 2, 30 verso).
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Cemene Mentionné dans : I, III
Auguste Bernard cite Ptolémée qui dit que les monts Cemènes séparent l'Arverne de la Ségusie. Il ajoute que les Cévennes « font partie des monts Cemènes » (I, p. 4).
Un site consacré à « Lyon mythique » donne ce curieux renseignement : « Le mont Cémène [...] selon les anciens partage en deux parties égales la Gaule » (20 avril 2015).

• Forêt des monts Cemènes que traversent Criséide, Arimant et leurs compagnons (III, 8, 350 verso).
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Centrons Mentionnés dans : II, III
Ce nom de tribu connaît des graphies différentes dans le roman : Centrons, Centrones et Ceutrons.
Pour Maxime Gaume (p. 222, note 228), les Centrons sont un peuple celtique qui habitait la vallée de La Maurienne ; la vallée d'Aoste, précise OrsiÈres (p. 96). Centrones, écrit plutôt Longnon (p. 105) pour décrire cette tribu.
Par ailleurs, CÉsar juxtapose dans ses Commentaires trois tribus des Alpes « Ceutrons, Graïocèles et Caturiges », (I, 10). Les Graïocèles sont les Carroceles de L'Astrée. Guichenon, historien savoyard, analyse des divers noms des peuples qui ont habité la Savoie et choisit la forme Centrons (I, pp. 3-4). Elle se trouve également dans Pline (IV, 3). Les traducteurs de Strabon, de Polybe et de Ptolémée préfèrent la forme Ceutrons.
Centrons et Ceutrons désignent les mêmes individus.
Les trois peuples alpins nommés par César (« Ceutrons, Graïocèles et Caturiges ») se retrouvent donc dans L'Astrée, mais déformés.
L'Isère coule dans le territoire des Centrons.

Passer par le pays des Centrons, c'est suivre un chemin malaisé qu'Honoré d'Urfé connaît bien.
La voie romaine, dans cette région, consistait en un chemin étroit au fond d'un précipice. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que la route deviendra plus accessible
(Voir ce site, 30 septembre 2010).

• Lors de son voyage, Céladon passe l'Isère, rivière qui vient des Centrons (II, 10, 635).
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Centrons Mentionnés dans : II, III
Les Centrons apparaissent dans des vers de La Savoisiade η que cite Guichenon (p. 234) :
    « Mareschal suit apres, Mareschal qui fut Pere
    Dans les Monts des Centrons de ceux de Val d'Isere ».
 
Leandre, le père de Criséide, au service des Empereurs romains, aurait pu conquérir les Centrons (III, 7, 284 verso).

• Le père d'Arimant pourrait quitter l'Italie en passant par les Centrons (III, 7, 285 recto).

• Les Centrons font partie des peuples soumis à Gondebaud (III, 8, 352 recto).
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Centurons Mentionnés dans : III
Il s'agit certainement des Centrons, car Strabon donne aux Centurons les voisins qu'il a donnés aux Centrons. Il écrit : « Au-dessus des Salasses, sur la crête même des Alpes, on rencontre successivement les Centrons, les Catoriges [dit Caturges ailleurs], les Varagres, les Nantuates, le lac Lemenna que traverse le Rhône et finalement la source de ce fleuve » (Livre 4, 6).

• Les Salasses sont voisins des « Taurinois, Centurons, et Caturges » (III, 7, 283 verso).
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Ceres Mentionnée dans : II, III
Mythologie. Le nom grec de Cérès, déesse de la Terre et de la Reproduction, est Déméter. Cette divinité figure aussi dans La Triomphante EntrÉe (pp. 72 et 73) et La Sylvanire (p. 48). Dans Les Epistres morales, on lit : « Ceux qui ont estimé [...] le labourage et les biens de la terre » comme le souverain bien ont adoré Cérès (III, 3, p. 380).

• Lors de la cérémonie du vain tombeau, une truie η est offerte par Lycidas « à Ceres et à la Terre » (II, 8, 550).

• Voir Moingt, site d'un temple de Cérès.
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Ceres Mentionnée dans : II, III
Dans les jardins de la Bastie d'Urfé, une statue de Cérès « surmontait la toiture et la grande vasque en marbre des Pyrénées » (Claude, p. 66). Noël Conti explique que la déesse de la prospérité « recompensoit tous ceux qui luy faisoient cette amitié et courtoisie de la loger quand elle rodoit cerchant sa fille, de l'invention de quelque fruit nouveau » (p. 412). Même information dans Cartari : « À ceux qui la logerent gratieusement, elle donna toute sorte de legumes, horsmis des febves, qui est un legume impur » (p. 303).

• Une statue de Cérès trône dans un bassin chez Phocion, oncle d'Astrée (III, 10, 433 recto).

Alexis soupire un sonnet où elle dit à la déesse que « son cœur a plus d'ennuis que les champs de moissons » (III, 10, 433 verso).

• « Leonide trouva [la fontaine de Cérès] tres belle et tres-artificieusement faite » (III, 10, 436 recto).
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Cervieres Mentionnés dans : I
Maxime Gaume explique qu'au XVIe siècle, l'Anzon, rivière qui descend des montagnes de Cervières, s'appelait aussi « Lignon », d'où la « double source » que d'Urfé (comme Papire Masson) attribue à cette rivière (p. 182). Guichard d'Urfé est capitaine-châtelain de Cervières en 1415 (Voir ce site, 20 avril 2015).

• L'une des deux montagnes où le Lignon prend sa source (I, 1, 1 verso).

• Les montagnes de Cervières sont représentées dans les tableaux que décrit Adamas (I, 11, 372 recto).

• Céladon se réfugie dans ces montagnes (I, 4, 113 verso).
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Chalmasel Mentionné dans : I
Écrit Chelmasel en 1607.

• L'une des deux montagnes où le Lignon prend sa source (I, 1, 1 verso).

• Les montagnes de Chalmasel sont représentées dans les tableaux que décrit Adamas (I, 11, 372 recto).
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Champs Cathalauniques Mentionnés dans : I, II, III
Dans cette plaine située près de Troyes ou près de Châlons-sur Marne (Châlons-en-Champagne aujourd'hui) s'est déroulée la plus célèbre des batailles du Ve siècle. Les Francs se sont ligués avec les Romains et des tribus gauloises pour arrêter Attila et ses cinq cent mille Huns en 451. « Un chroniqueur rapporte qu'à la nuit tombée, les morts se relevaient sur le champ de bataille pour se battre à nouveau » (Favrod, p. 54). « Telle fut cette fameuse journée qui sauva la civilisation d'une destruction totale en Occident » (Thierry, III, p. 955).

• Les forces de Mérovée, selon Guyemant, ont joué le rôle décisif (I, 3, 64 recto).
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Champs Cathalauniques Mentionnés dans : I, II, III
Madonthe rappelle cette bataille dans la seconde partie : son père y est mort aux côtés de Thierry, roi des Wisigoths (II, 6, 328).

Ursace participe à cette bataille. Il ne la nomme pas et il refuse de la décrire (II, 12, 826).
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Champs Cathalauniques Mentionnés dans : I, II, III
Daphnide rappelle à Adamas le lieu où est mort Thierry, roi des Wisigoths (III, 3, 61 recto).

Galathée demande à Damon d'Aquitaine si Madonthe est la fille d'Armorant, capitaine tué lors de la bataille qui l'opposait à Attila (III, 6, 234 recto).

Amasis rappelle à Damon que son père était dans les armées des Wisigoths qui s'opposaient à Attila (III, 6, 261 recto).
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Champs Elysiens Mentionnés dans : I, II
Mythologie. Écrit champs Elysiens ou Elisiens. « Lieu des Enfers où [les Payens] croyoient que les ames des gens de bien alloient aprés leur mort pour y gouster un éternel repos » (FuretiÈre, Article Champs Elysées).

• Trois fois (I, 6, 191 recto ; I, 7, 209 verso ; I, 11, 363 recto), les personnages évoquent ce lieu.
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Champs Elysiens Mentionnés dans : I, II
Mythologie. Trois Bergers mentionnent les lieux infernaux dans un esprit différent :

Céladon les inclut dans une hyperbole lyrique (II, 3, 146), Tircis expose un point de vue théologique (II, 5, 302) et Silvandre plaisante en lui répondant qu'« il n'y a contentement des champs Elisiens » qui vaille le bien de voir la femme qu'il aime (II, 5, 302).

• Voir la carte des Enfers de Virgile dans ces sites (20 juin 2016) : http://www.histoire-fr.com/images/enfers_selon_virgile.gif ; http://mythologica.fr/grec/pic/enfers.jpg ; http://latin.collegejeanjaures-cransac.org/Hades_fichiers/image018.jpg.
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Chappelain, C. Mentionné dans : I
Écrit Chappellain. Charles Chappelain, en 1607, imprime l'édition anonyme de L'Astrée pour Toussaint Du Bray. Il imprime aussi la toute première édition de la deuxième partie (achevé d'imprimer du 24 avril 1610), signale Mme Koch (p. 396). La dernière œuvre qui indique une association entre Chappelain et Toussaint est Les Epistres d'Ovide en 1616 (Arbour, p. 219). Chappelain reste pourtant actif puisqu'en 1628 il publie les Mémoires de la reine Marguerite, Marguerite de Valois η.
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Charon Mentionné dans : I
Mythologie. Génie des enfers, il reçoit une obole (petite pièce de monnaie) de chaque ombre qu'il fait passer sur l'autre rive de l'Achéron

• Hylas nomme Charon (I, 7, 215 verso).

• Voir la carte des Enfers de Virgile dans ces sites (20 juin 2016) : http://www.histoire-fr.com/images/enfers_selon_virgile.gif ; http://mythologica.fr/grec/pic/enfers.jpg ; http://latin.collegejeanjaures-cransac.org/Hades_fichiers/image018.jpg.
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Chien à trois testes Mentionné dans : I
Mythologie. Il s'agit de Cerbère, le chien qui garde l'entrée (et surtout la sortie) des Enfers. FuretiÈre signale qu'un cerbère est « un Suisse ou un Portier trop rebarbatif » (Article Cerbère).

• Climanthe, le faux druide qui invoque Hécate, utilise la périphrase du chien à trois têtes en parlant à Galathée (I, 5, 137 verso).

• Voir la carte des Enfers de Virgile dans ces sites (20 juin 2016) : http://www.histoire-fr.com/images/enfers_selon_virgile.gif ; http://mythologica.fr/grec/pic/enfers.jpg ; http://latin.collegejeanjaures-cransac.org/Hades_fichiers/image018.jpg.
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Chimere Mentionnée dans : III
Mythologie. Monstre fabuleux qui souffle des flammes avec une telle force que, pour le vaincre, Bellérophon doit monter un cheval ailé, Pégase.
Dans Les Epistres morales, Chimère a deux caractéristiques. Elle figure ce qui réside seulement dans l'imagination (III, 2, p. 358). Elle indique la difficulté de résister aux vaines apparences : Bellérophon seul se montre capable de vaincre « ce monstre imaginé de la Chimere » (I, 4, p. 27).
Dans L'Astrée, Chimère est d'abord un simple nom commun (I, 8, 262 verso).

• « Comme la terre esteint le feu de la Chimere
    Le mien s'est estouffé des cendres d'un cercueil »,
dit Daphnide dans les plaintes sur la mort d'Euric (III, 4, 166 verso).

Cette image figure également dans des vers que le romancier a écrits après la mort de Christophe η d'Urfé :
     « Comme la terre estraint le feu de la Chimere,
     Le mien s'est estouffé des cendres d'un cercueil ».
Le roman corrige le premier verbe : estraint devient esteint.

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Cimbres Mentionnés dans : I
Peuple germanique η descendu de la région qui est aujourd'hui la presqu'île du Jutland (Danemark) pour attaquer Rome. Il est vaincu par Caïus Marius, le fondateur de la Camargue. Maxime Gaume (p. 133) signale que ce renseignement vient de l'Histoire de France de Du Haillan (1576). L'information se trouve également dans le Recueil de Fauchet (f° 32 recto). Plutarque parle des Cimbres dont le nom, dit-il, signifierait voleur (Vie de Caius Marius).
Les Cimbres seraient des Gaulois émigrés d'après certains écrivains du XVIe siècle (Dubois, p. 66).

Hylas rapporte le combat des Romains contre les Cimbres (I, 8, 243 recto).
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Cimmeriens Mentionnés dans : I
Avec les Celto-Scythes et les Cimbres, ce peuple indo-européen installé au Nord de la mer Noire a voulu attaquer Rome. Il a été vaincu par Caïus Marius, le fondateur de la Camargue. Selon Du Haillan, les Cimmériens appartiennent à la même nation que les Cimbres, les Sicambres et les Francs (Discours préliminaire, n.p.). 
En 1618, d'Urfé nomme ce peuple qui ne verrait jamais le soleil en attribuant l'information à Orphée (Épîtres). Ovide appelle « antres cimmériens » la demeure du Sommeil (Larousse du XIXe siècle).

• Hylas rapporte ces événements (I, 8, 243 recto).
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Circé Voir Cyrce.  
Claye Mentionnée dans : III
Il s'agit de Claye-Souilly, à l'Est de Paris (Seine-et-Marne). Le bourg, un lieu de passage, a souffert des guerres de religion (Voir le site de Claye, 15 décembre 2012). Voir Gaume pp. 224-225, et Itinéraire η.

• Le valet de pied d'Andrimarte décide de s'arrêter là avec Silviane (III, 12, 542 verso).
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Clotho Voir Cloton.  
Cloton Mentionnée dans : I
Mythologie. Il s'agit de Clotho, la deuxième des trois Parques, celle qui déroule le fil de la destinée et qui préside au mariage.

• Alcippe nomme Clotho (I, 2, 44 verso) quand il songe à retourner dans les hameaux.
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Cocyte Mentionné dans : II
Mythologie. Fleuve des Enfers au chant VI de L'Énéide de Virgile. Son nom signifie lamentations.

• Dans un sonnet, Céladon décrit une tempête sur le Rhône (II, 10, 635). Il préférerait que le fleuve apporte le deuil - comme le Cocyte - plutôt que l'oubli, comme le Léthé.

Le Berger sait alors qu'il a eu droit à un vain tombeau (II, 10, 621). L'évocation du Cocyte pourrait donc rappeler que Céladon erre comme une âme en peine.

• Voir la carte des Enfers de Virgile dans ces sites (20 juin 2016) : http://www.histoire-fr.com/images/enfers_selon_virgile.gif ; http://mythologica.fr/grec/pic/enfers.jpg ; http://latin.collegejeanjaures-cransac.org/Hades_fichiers/image018.jpg.
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Coincy Mentionné dans : III
Coincy l'Abbaye, commune de l'Aisne. Le site de la mairie ne donne que les armes de Coincy (15 décembre 2012). Voir Gaume pp. 224-225, et Itinéraire η.

Andrimarte, venant d'Armorique, doit passer par ce lieu pour rentrer à Paris (III, 12, 542 verso).
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Colomnes d'Hercule Mentionnées dans : I
Écrit aussi Coulonnes. Nom donné aux deux colonnes du détroit de Gibraltar. C'est là qu'Hercule « borna ses voyages » écrit FuretiÈre (Article Colomne).

• Le Chevalier qui attaque la Bergère Diane et tue Filidas et Filandre vient de « pays barbares » au-delà du détroit de Gibraltar (I, 7, 193 recto), c'est-à-dire d'Afrique.

• Représentation des colonnes sur un manuscrit de Paul Orose dans ce site (8 mars 2015).
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Concorde Mentionnée dans : II
Il s'agit de Concordia Sagittaria, ville située près d'Aquilée, en Italie.

• Ses habitants ont fondé la ville de Caorly à la suite des attaques d'Attila (II, 12, 841).
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Constantinople Mentionnée dans : II
Depuis la mort de Théodose Ier en 395 et la division de l'Empire, les empereurs d'Orient vivent à Constantinople, un territoire grec conquis à la suite des guerres puniques. Constantinople, qui doit son nom à Constantin Ier, empereur romain, et qui était considérée comme la porte de l'Orient, s'appelait à l'origine Byzance (Voir l'Histoire d'Alcippe). JordanÈs décrit « la splendeur de cette grande cité » du temps de Théodose II (ch. XXVIII). Constantinople, nommée aujourd'hui Istanboul, appartient à la Turquie.

La ville est attaquée par les Vénitiens au XIIIe siècle lors de la quatrième croisade. Geoffroi de Villehardouin est le principal chantre de cette croisade. Il décrit la ville en termes très élogieux (Voir ce site, 30 septembre 2014. À la suite du sac de Constantinople, l'Empire latin d'Orient naît en 1204. Il sera gouverné par l'Empereur Théodore Lascaris et ses descendants pendant quelques années. (Voir Lascaris η).

Dans un manuscrit de La Savoisiade η, Honoré d'Urfé rappelle que sa mère, Renée de Savoie, descendait d'Anne de Lascaris η. Elle venait donc « des empereurs chassés du trône de Constantinople » (Gaume, p. 245).

• Constantinople est la capitale de l'Empire romain d'Orient (II, 12, 785) lorsque Placidie s'y retire (II, 11, 752 ; II, 12, 774).

Antiochus, nommé gouverneur du prince héritier y va (II, 11, 753).

Valentinien s'y rend pour épouser Eudoxe, la fille de l'Empereur Arcadius (II, 11, 762 ; II, 12, 793).

Ursace y demeure pour rester près d'Eudoxe et pour défendre la ville (II, 12, 791) menacée par Attila (II, 12, 804 ; II, 12, 822). Malade, Ursace reste dix-huit mois à Constantinople avant de retourner en Italie (II, 12, 844).

• Après l'assassinat de Valentinien, Ursace et Olimbre considèrent emmener Eudoxe et ses filles à Constantinople (II, 12, 849).

• Lorsque Genséric enlève Eudoxe, un Astrologue conseille à Ursace de se rendre en Afrique et non à Constantinople (II, 12, 882).

• Un autre astrologue prédit que la toute jeune république de Venise viendrait un jour au secours de Constantinople (II, 12, 842).

• Une gravure représentant Constantinople au XVe siècle se trouve dans ce site (30 septembre 2010).
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Contentement du premier siecle Voir Âge d'or.  
Coribantes Mentionnés dans : I
Mythologie. Selon certains mythographes, les Corybantes sont les filles d'Apollon et de Thalie, la muse de la Comédie, selon d'autres, ce sont des prêtres de Cybèle, déesse de la Terre, d'autres encore ne les distinguent pas des Curètes, des démons de l'entourage de Jupiter.
Les peintres font souvent des Corybantes de belles femmes. Voir par exemple un tableau de Romano Giulio (1499 ? - 1546) dans ce site (2 janvier 2015). Voir aussi un tableau qui se trouve à Versailles dans ce site (2 janvier 2015).

• Chez d'Urfé, dans les « peintures esclatantes », des Corybantes (dont le genre n'est pas précisé) se trouvent près de Jupiter enfant et jouent de la musique pour le protéger en couvrant ses vagissements (I, 2, 27 recto).
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Corsaire Voir Énée.  
Cosenze Mentionnée dans : II
Aujourd'hui Cosenza. Ville italienne en Calabre. Le roi des Wisigoths, Alaric, serait enterré avec ses trésors dans le Bussento, la rivière qui passe par cette ville.

• Dans L'Astrée, Adamas déclare qu'Alaric mourut dans cette ville (II, 11, 740).
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Cousant Mentionné dans : III
On écrit aujourd'hui Couzan. Voir le schéma tracé par Maxime Gaume (p. 191). L'histoire du château de Couzan a inspiré un curieux poème en 1934 (Voir ce site, 5 décembre 2012).

Damon d'Aquitaine debout dans la plaine du Forez admire « les fertiles montagnes de Cousant » (III, 6, 218 recto).
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Couzan Voir Cousant.  
Cupidon Mentionné dans : I, III
Mythologie. Ce nom romain du dieu grec, Éros, vient du latin cupidus, de cupere, désirer.

Ce dieu figure dans les deux séries de tableaux de la première partie de L'Astrée :

• Dans les « peintures esclatantes », près de Vénus, sa mère, Cupidon porte une cicatrice qui rappelle sa mésaventure avec Psyché (I, 2, 27 verso).

• Dans l'histoire peinte de Damon et Fortune, il est nommé cinq fois par Adamas. Cupidon suscite l'amour dans le cœur de Damon puis dans celui de Mandrague (I, 11, 371 recto et verso). Il est plus petit que son frère, Antéros. Il apparaît ensuite dans un rêve de Damon (I, 11, 375 verso). Il pleure enfin au dénouement (I, 11, 378 verso).

• Par ailleurs, dans un poème que dit Céladon, Cupidon est l'ennemi du mari jaloux (I, 11, 375 verso).

• On trouvera dans ce site un tableau de Lucas Cranach le jeune (1515-1586) représentant Vénus et Cupidon (30 septembre 2010).
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Cupidon Mentionné dans : I, III
• Dans des vers composés par Alexis regardant Astrée endormie, « le petit Cupidon » dort « dans le giron de Psyché » (III, 11, 464 recto). Alexis se compare à Psyché.

Le berger se travestit encore une fois puisqu'il prend la place de la femme dans une évocation mythologique qui rappelle les « peintures esclatantes » de la première partie (I, 2, 27 verso).

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Cyrce Mentionnée dans : II, III
Mythologie. Écrit aussi Circe. Au chant X de L'Odyssée d'HomÈre, Circé est la magicienne qui transforme les compagnons d'Ulysse en pourceaux. Ensuite, elle met en garde le héros contre le chant des sirènes.

« On ne doit pas dire Circe pour Circé [...] cela ne se peut souffrir » (Patru, p. 568).

Circé n'est pas un symbole positif chez Honoré d'Urfé. Elle représente la perfidie dans Les Epistres morales, celle dont la « science n'est pas de transformer autruy, mais ses discours, son visage, et ses actions propres en diverses metamorphoses » (I, 7, p. 57).
« Le breuvage de Cyrcé [...] transforme la raison en volupté » (Epistres, I, 15, p. 132), ce qui explique pourquoi le moraliste associe Circé aux sirènes quand il désire illustrer les dangers que présente Fortune.

Clorian joue sur les deux sens du mot charme en attribuant à Circène plus de charmes qu'à Circé (II, 4, 202).

Ce chevalier a-t-il osé (et su !) montrer sur ses armes « les compagnons d'Ulysse en diverses sortes d'animaux » ? (II, 4, 202)

• On peut voir un vase représentant Circé et Ulysse dans ce site (30 septembre 2010). Le 15 octobre 1581, Catherine de Médicis, au Louvre, assiste au Ballet de Circé et des nymphes, « le plus beau, le mieux ordonné et exécuté qu'aucun d'auparavant » (L'Estoile, I, p. 200). Il s'agit du « Ballet comique » qui montre la défaite de Circé (Voir ce site, 10 février 2013).
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Cyrce Mentionnée dans : II, III
Elle représente « un appetit et convoitise de choses illegitimes » (Conti, p. 462).
     « Si les charmes forçoient la fleche desbandée
     De l'arc que porte Amour, la sorciere Medée
     Eust arresté Jason, et Circe eust arresté
     Ulysse dans son lict si doucement traité »
(Ronsard, éd. Blanchemain, IV, Élégie XXIX, p. 345).

Des cinquante et quelques maîtresses d'Henri IV, la seule qui ait été traitée de « Circé » semble être Charlotte de Beaune-Semblançay, mariée à 17 ans au vieux baron de Sauve. Marguerite de Valois, dans ses Mémoires, considère que Mme de Sauve agit en Circé (en 1574, p. 53, et en 1576, p. 72) pour la séparer d'Henri IV. Les procédés de la jeune femme rappellent ceux de la Célestine (p. 53), célèbre entremetteuse qui vendait des philtres. Madame de Sauve, née autour de 1551, belle, séduisante et coquette, a eu de nombreux amants. Elle a été la maîtresse d'Henri de 1570 à 1577.

Adelonde, la femme qui use de charmes magiques pour séduire Euric, est comparée à Circé et à Médée (III, 4, 155 recto). Voir Circé η.
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