Banderole
Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé


SignetRÉPERTOIRE - U à Z

Ulysse Mentionné dans : II
Mythologie. Écrit aussi Ulisse.
Héros de L'Odyssée d'Homère, Ulysse a connu tant d'aventures que ses tribulations deviennent une image de la vie humaine pour les moralistes. Les stoïciens l'admirent particulièrement. Dans ses Epistres, Honoré d'Urfé écrit qu'Ulysse « est figuré pour la puissance intellectuelle qui est en l'âme » (III, 5, p. 422). Le romancier a pu admirer à Fontainebleau les cinquante-huit peintures du Primatice qui décorent la Galerie d'Ulysse (BÉguin, p. 53).

• Dans la deuxième partie, les aventures d'Ulysse inspirent à Hylas et Clorian la figure de la séductrice qu'ils peignent sur leurs armes. Clorian choisit Circé et Hylas une sirène (II, 4, 201 et II, 4, 203). Les péripéties qui suivent découlent du choix d'Hylas.

• L'exposition que la BnF a consacrée à Ulysse en 2006 a laissé des images dans ce site (30 septembre 2010).
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Usson Mentionné dans : I
Écrit aussi Ussum. La Mure rappelle que l'on dit « Usson en Forez », pour distinguer cette ville de son homonyme, Usson en Auvergne (I, p. 129).
Marguerite de Valois η a longtemps résidé (malgré elle) à Usson (Reure, p. 77-80). Honoré d'Urfé fréquentait sa cour. Il a dédié à la Princesse le troisième livre de ses Epistres morales. Pour lire cette dédicace, cliquez ici.
Hilarion de Coste écrit que le séjour de la reine a fait du château d'Usson « un Thabor pour sa devotion, un Liban pour sa solitude, un Olympe pour ses exercices, un Parnasse pour ses Muses, et un Caucase pour ses afflictions » (Cité par Piganiol, V, p. 522).
 Un ancêtre du romancier, Pierre II d'Urfé, a été exilé après avoir libéré un ami enfermé à Usson (Bernard, p. 37, note 2).

• Les Wisigoths ont une garnison à Usson. Ils y enferment Clindor, l'ami qu'Alcippe va libérer (I, 2, 22 recto et 41 verso).

• Les murs d'Usson sont représentés sur une gravure qui décore L'Astrée. Voir dans ce site une image du château médiéval et dans celui-là une image des ruines (20 avril 2015).
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Val Close Mentionné dans : III
Alcidon raconte que cette vallée bien nommée est devenue avec le temps Vaucluse (III, 3, 78 recto).
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Valence Mentionnée dans : III
Cette ville de la Drôme a été dans l'antiquité le plus grand carrefour de voies après Lyon (Voir le site de la ville, 15 janvier 2013).

• « Forte ville » que le roi Euric assiège (III, 3, 66 verso).
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Valromains Mentionnés dans : III
Les habitants de Valromey, dans l'Ain, s'appellent aujourd'hui Champagnards (Wikipedia, 30 mai 2015).
« Vallis romana, petit pays de l'ancienne France dans le Bugey [...] il appartint pendant longtemps à la maison de Savoie, qui le céda à la France en 1601, par le traité de Lyon. Il fut érigé en duché par Louis XIII en faveur de la maison d'Urfé » (Larousse du XIXe siècle). Ce domaine a été la propriété d'Honoré d'Urfé. Le texte de l'« Érection du comté de Chasteauneuf en Marquisat, sous le titre de Valromey » est dans Guichenon (pp. 192-193).

• Un des peuples soumis à Gondebaud (III, 8, 352 recto).
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Vandales Mentionnés dans : I, II, III
Écrit Vuandales. Peuples germaniques η qui ont envahi la Gaule au début du Ve siècle.

• Avec les Huns, les Goths et les Francs, ils attaquaient les Romains, lorsque Ætius a reçu l'ordre de faire la paix avec les Bourguignons (I, 8, 226 recto).
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Vandales Mentionnés dans : I, II, III
Écrit Vvandales. Peuple d'origine scandinave.
Les Vandales s'établissent dans la Pannonie avec le consentement de Rome. Stilicon, un Romain d'origine Vandale, les engage à envahir les Gaules ; « ils pillèrent leurs voisins, sans se fixer nulle part » (JordanÈs, ch. XXII). Procope explique ainsi l'installation des Vandales en Espagne : « Honorius consentit à leur établissement dans cette province, sous la condition qu'ils n'y feraient ni dégâts ni ravages » (livre III, 1).

• Vandales et Alains s'emparent de l'Espagne (II, 11, 738). Constance les attaque mais doit rentrer à Rome (II, 11, 746). Les Vandales donnent leur nom à la Bétique (II, 11, 747) et deviennent très puissants sous Genséric (II, 11, 750). Honorius envoie Ætius contre eux (II, 11, 751) puis change d'avis. Les Wisigoths se battent contre les Vandales en Espagne (II, 11, 760).

Boniface, gouverneur d'Afrique, appelle les Vandales pour l'aider à s'opposer à Rome (II, 11, 760). Les Vandales chassent Boniface, s'entendent avec Rome, puis prennent Carthage (II, 11, 761). Genséric a deux amis romains, Marcien et Olimbre (II, 12, 865). Le Roi a vu voler l'Aigle sur la tête de Marcien (II, 12, 804). Genséric s'entend avec Attila (II, 12, 822).

• Lorsque Valentinien est assassiné et que Maxime s'empare du pouvoir, Eudoxe, conseillée par Ursace, appelle Genséric (II, 12, 859). Les Vandales pillent l'Italie (II, 10, 639 ; II, 12, 861) pendant quinze jours (Gauthier, p. 235). Ils emmènent Eudoxe et ses filles en Afrique (II, 10, 639 ; II, 12, 864). Ursace essaie en vain de les délivrer (II, 12, 865). Olimbre servira d'intermédiaire (II, 12, 867).
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Vandales Mentionnés dans : I, II, III
Leur nom signifierait « les hommes des grands chemins » (Gauthier, p. 91). Alliés aux Suèves et aux Alains depuis 407 (Gascogne, p. 3), ils sont vaincus par Ricimer (Gauthier, p. 243).

• Les Vandales sont en Afrique. C'est sur leur territoire qu'Honoré d'Urfé rattache l'histoire de l'Aquitaine et l'histoire de Rome (III, 6, 256 verso).

• Les Vandales sont en Italie. Ricimer se bat contre eux (III, 7, 300 verso).

• Les Vandales sont en Gaule. Les peuples qui se mêlent à eux perdent la pureté de leur religion (III, 9, 373 verso).
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Vandalousie Mentionnée dans : II
Écrit Vandalosie. Au VIIIe siècle, les Arabes changeront ce nom en Andalousie - il n'y a pas de son V dans l'alphabet arabe.

• Les Vandales donnent à la Bétique ce nom (II, 11, 747) que la province garde après leur départ (II, 11, 761).
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Varennes, O. de Mentionné dans : I, II, III
Olivier de Varennes. Plusieurs libraires parisiens ont porté ce nom. D'après la Biographie nationale de Belgique (II), citée dans Wikisource (18 mai 2012), dès le XVIIe siècle, la famille comprend des protestants. Les Varennes s'installent à Charenton puis émigrent à Londres.
Celui qui nous intéresse est marchand libraire rue Saint-Jacques, à l'enseigne de la Victoire. Il a épousé en 1607 Marie Beys, fille de Gilles Beys, imprimeur décédé à Paris. Il s'associe avec Toussaint Du Bray en 1619, comme en témoigne le privilège donné alors à L'Astrée.

• Olivier de Varennes a publié en 1615 Le Vingt-quatrieme et dernier livre d'Amadis de Gaule, et dédié lui-même cette traduction anonyme à Louise de Lorraine, princesse de Conti (Ouvrage numérisé dans Google, 20 mai 2012).
 
Vaucluse Mentionné dans : III
« Rien n'a rendu la fontaine de Vaucluse si celebre, que le séjour qu'a fait autrefois sur ses bords le fameux Pétrarque » (Piganiol, éd. de 1718, III, p. 422). « Vallée très étroite, mais solitaire et agréable [...] à quinze milles d'Avignon, et où la reine de toutes les fontaines, la Sorgues, prend sa source » (PÉtrarque, « Épître à la postérité », p. 23).
Maxime Gaume s'interroge sur l'emplacement des lieux : La demeure de Daphnide se trouve au château de Lers. « L'Isle dont il est question pourrait être la ville de l'Île sur la Sorgues et qui fut le siège d'une judicature du Comtat Venaissin. Cependant, cette ville est distante de 7 km de la source de la Sorgues, au lieu du quart de lieue indiqué par Honoré d'Urfé » (p. 222 note 232).
Piganiol de La Force explique que la Sorgues sort de la fontaine de Vaucluse à une lieue de Gordes, près d'un château en ruines appelé Château de Pétrarque et se jette dans le Rhône à deux lieues au-dessus d'Avignon (éd. de 1718, III, p. 422).

Alcidon s'arrête près de la fontaine de Vaucluse, qui est à « un peu plus d'un quart de lieuë » de la maison où se trouve Daphnide (III, 3, 78 recto). Une fois qu'on le laisse entrer, son guide retourne à Vaucluse (III, 3, 79 verso).

• Voir ce site de Paul Peyre (30 mai 2015).
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Veau d'or Mentionné dans : I
Moïse détruit cette idole adorée par les Juifs (Exode, XXXII).

• Cette allusion assez exceptionnelle à la Bible se trouve dans un poème que Céladon compose quand il croit qu'Astrée lui préfère Corèbe, un Berger plus riche que lui (I, 4, 114 recto).

• Le Forez a son « Veau d'or » ! Légende savoureuse rapportée dans le site Forez info (29 mai 2015).
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Veblomiens Mentionnés dans : III
Je n'ai pas réussi à retrouver de Veblomiens. Il faut sans doute lire Vélauniens. Le territoire de ce peuple - entre l'Auvergne et les Alpes - pourrait être le Velay. C'est une région qui appartenait aux Vellaves, ou Vellaunes, ou Vellaviens, ou Vélauniens (Voir ce site, 15 janvier 2013). Ils sont appelés Velaunii par Blaise de VigenÈre (Annotations, p. 356).

• En revenant de la bataille des Champs Catalauniques, par égard pour Amasis, le père de Damon, a encouragé Torrismond à contourner le Forez. Il passe par le pays des Véblomiens, entre les Allobroges et les monts des Gebennes (III, 6, 261 recto).
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Vélauniens Voir Veblomiens.  
Vellaunodonis Mentionnés dans : III
Il faudrait lire Vellaunodois comme dans l'édition de 1619. Peuple de Vellaudunum.
Le Larousse du XIXe siècle donne : « Vellaudunum ou Vellaunodunum, ville de la Gaule romaine, dans la Lyonnaise IVe chez les Séquanais. Sa position exacte est incertaine. Quelques auteurs l'ont placée à Beaune, d'autres à Auxerre, sa position la plus probable est à Château-Landon ». C'est aussi l'opinion de Blaise de VigenÈre dans ses Annotations aux Commentaires des guerres de la Gaule (p. 332).

• Un des peuples soumis à Gondebaud (III, 8, 352 recto).
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Venaissin Mentionné dans : III
Écrit Veniscin et Venaissain. Au Nord de la Provence, le Comtat Venaissin et le Comtat d'Avignon, réunis à la France en 1791, ont formé le département de Vaucluse (Larousse du XIXe siècle). On trouvera dans Wikipedia un relevé de thèses sur le nom du Venaissin (12 janvier 2013).
En 473, les Wisigoths s'emparent de la vallée du Rhône (Labouysse, p. 66). AU XVIe siècle, quand les guerres de religion divisent le pays, Avignon est catholique mais Orange est protestante.

• Pour se rendre maître de la Province des Romains, Euric attaque le Venaissin. La mère de Daphnide s'éloigne et s'installe près de la Sorgues (III, 3, 66 verso).

Daphnide reçoit Alcidon au château de Lers, dans le Venaissin (III, 3, 69 verso).

• « Les Chevaliers de la Province des Romains et du Veniscin, sont des plus courtois de toute la Gaule » (III, 3, 86 verso).

• Voir Carte du Venaissin.
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Venise Mentionnée dans : II
Ville au Nord-est de l'Italie, qui doit son nom aux Venètes, et son expansion aux réfugiés qu'elle a accueillis au Ve siècle. Au XVIe siècle, la république de Venise remporte des victoires militaires importantes (Voir Constantinople et Naupacte). Venise devrait plutôt son nom à Vénus, car elle « n'est vierge que de pillage », selon Camus (p. 162) !

Dans l'Inventaire de la demeure d'Honoré d'Urfé à Virieu η, on constate la présence du « second thome in-folio des Antiquictés de la cité de Venise et autres villes d'Italie » (Reure, p. 183). La plus célèbre des histoires de Venise est celle de Pietro Bembo (1470-1547), Historiae Venetae.

• D'Urfé rapporte la fondation de la ville au moment de l'invasion d'Attila (II, 12, 841), son système politique et l'avenir que lui prédisent des astrologues (II, 12, 842).
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Venitiens Mentionnés dans : II
• Les Venètes deviendront les Vénitiens (II, 12, 841).
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Vennetes Mentionnés dans : II
Fauchet explique : « Les Venetes d'Armorique (c'est Bretagne) pource qu'ils estoient gens de mer, se logerent en un quartier depuis appellé Venetie ; comme celuy duquel ils estoient partiz ; qui a donné le nom à Venise, grande et admirable ville : et l'un des plus beaux ornemens de la Chrestienté » (f° 14 verso). À l'article Vénètes du Larousse du XIXe siècle on lit : « Ce peuple, dont la filiation avec les Vénètes de l'Adriatique paraît démontrée, a joué un assez grand rôle à l'époque des guerres de César dans les Gaules ».

• Des Gaulois partis d'Armorique avec Belovèse s'installent dans des Îles de la Mer Adriatique et fondent ainsi Venise (II, 12, 841).
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Venus
Mentionnée dans : I, II, III
Mythologie. L'homologue latin de l'Aphrodite grecque. Les mythographes donnent à Vénus de multiples caractéristiques. Fille de l'écume, déesse de l'amour et de la beauté, elle est la mère de Cupidon. Elle sort victorieuse du Jugement de Pâris. Elle protège Énée et ses descendants. Peut-être parce qu'Ovide a raconté que Vénus s'est transformée en Diane pour séduire Adonis (X, 352 sq.), les néo-platoniciens (Apulée et Ficin par exemple) lui font jouer un rôle primordial dans leurs récits allégoriques.
Dans ses Epistres morales, d'Urfé écrit que chacun dresse un « autel particulier » à son propre « appétit sensuel ». « Qui a aymé les voluptez, a choisi Vénus » (III, 3, p. 379). Le moraliste semble adapter une réflexion de Platon dans le Phèdre : « Les suivants d'Apollon et de chacun des autres dieux, se réglant [...] sur leur dieu, cherchent dans leur jeune ami un caractère conforme à leur modèle » (252e).
Deux fois, dans La Sylvanire, Vénus est dite mère d'Amour (p. 15 et 142).

• La déesse figure à côté de son fils, Cupidon, sur les deux séries de tableaux à Isoure. Dans les « peintures esclatantes », elle sort de sa coquille et regarde la cicatrice qu'elle porte à la main pour avoir tenté de protéger Énée (I, 2, 27 verso). Elle rit près de la fontaine de la Vérité d'amour (I, 11, 373 recto).

• Les tourterelles sont consacrées à Vénus (I, 2, 35 verso).

Ce renseignement ne figurait pas dans l'édition anonyme de 1607.

• La fête de Vénus est chômée dans le pays des Bergers (I, 2, 28 recto) et célébrée à Lyon (I, 8, 259 verso).

• Une statue de Vénus se trouve dans le temple d'Hymen, en Neustrie (I, 11, 362 recto).

Il y a deux temples de Vénus dans la première partie de L'Astrée - et d'Urfé ne juge pas nécessaire de substituer des divinités celtes à cette divinité païenne

• Le premier de ces temples, près des hameaux des Bergers (I, 4, 89 recto et I, 5, 145 verso), abrite la représentation du Jugement de Pâris à laquelle participe Céladon travesti.

La représentation du Jugement de Pâris joue un rôle décisif dans le roman à plusieurs niveaux
(Henein, pp. 49-59).

• Le second temple de Vénus est à Lyon (I, 8, 252 recto) ; Hylas ose y entrer en espérant se faire passer pour femme (I, 8, 259 verso).

• On trouvera des centaines de représentations du Jugement de Pâris sur la toile. Un tableau de Cranach (1472 - 1553) se trouve dans ce site (30 octobre 2014). Un tableau de Rubens (1577 - 1640) se trouve dans ce site (30 octobre 2014). Dans le premier, Pâris est chevalier, dans le second, berger.
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Venus Mentionnée dans : I, II, III
• La deuxième partie rappelle les deux temples de Vénus de la première partie.

Florice raconte qu'Hylas a aperçu Circène (II, 3, 178) la veille de la fête de Vénus (II, 3, 174) dans le temple de Lyon (II, 3, 171).
Le temple de Vénus forézien surgit dans un souvenir de Céladon (II, 10, 618).

• La déesse est évoquée par Silvandre en tant que mère de Cupidon et d'Antéros (II, 3, 155). Ce mythe éclaire la représentation des amours dans le tableau de la Réciproque amitié (II, 5, 280 sq.). Voir Antéros.

• Vénus figure dans le panthéon gaulois. Il faut considérer cette divinité romaine comme la beauté de Dieu, explique Adamas (II, 8, 516).

Dans les Commentaires de Jules CÉsar pourtant, les Gaulois connaissaient une seule divinité féminine, Minerve (VI, 17).
Voir Pallas.

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Venus Mentionnée dans : I, II, III
• En arrivant devant le château où est Daphnide, Alcidon se demande si c'est Mars ou Vénus qui va l'accueillir (III, 3, 78 verso).

Damon d'Aquitaine dit que, dans les Pyrénées, un oracle s'appelle le Temple de Vénus (III, 6, 257 verso). L'épisode rappelle la tentative de suicide de Sireine. Il s'agit probablement de Port-Vendres, explique l'éditeur de la pastorale (LE Sireine, p. 151, note). Voir Sault η.
 
C'est le seul oracle de L'Astrée qu'il faille consulter neuf jours de suite, sans bénéficier du secours d'un vacie, et qui ne réponde que par un seul mot !

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Veragrois Mentionnés dans : III
Il s'agit des Véragres de CÉsar (III, 1), qui vivent dans le Valais. VigenÈre les nomme Vigaros (Annotations, p. 286) et Guichenon, comme d'Urfé, les Veragrois (I, p. 5).

• Voisins des Libices, les Véragrois sont un peuple dont Léandre, le père de Criséide, aurait pu s'emparer (III, 7, 284 verso).

• Le père d'Arimant pourrait quitter l'Italie en passant par les Véragrois, voisins des Centrons (III, 7, 285 recto).
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Verceil Mentionné dans : II
Ville du Piémont. Selon Guichenon, historien de la Savoie, c'est la capitale des Libiciens ou Libices (I, p. 13), les Libicins de L'Astrée. En 1553, quand les Français capturent la ville, Brissac interdit aux troupes de s'emparer du « Sainct Suaire de Nostre Seigneur qui estoit dans l'eglise catedralle de Verceil » (Vester, p. 277). Ville fortifiée par le duc de Savoie η, en 1616, elle symbolise la résistance à l'Espagne (Gal, p. 401).

• À la demande de Placidie, Artabure se bat contre Ætius à Verceil et l'emprisonne à Ravenne (II, 11, 757).
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Veronne Mentionnée dans : II
Attila prend Vérone, au Nord-est de l'Italie (Bouvier-Ajam, p. 365).

Le nom de Véronne se trouve dans l'édition de 1610. Il est remplacé par Vincence dans l'édition de 1621.

• Les habitants de Vérone fuient Attila en se réfugiant à Venise (II, 12, 841).
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Vesta Mentionnée dans : III
Les sources d'Honoré d'Urfé sont multiples. Certaines éclairent un passage obscur de la troisième partie de L'Astrée.
Plutarque, dans la Vie de Numa, et Du Choul, dans le Discours sur la religion des anciens Romains, présentent essentiellement les vestales, leur temple rond (sans représentations de la déesse) et leurs offices interdits aux hommes. Virgile mentionne la déesse Vesta dans l'Énéide : le héros met le Palladium au cœur du temple romain de Vesta, reliant ainsi les divinités de Troie et d'Italie. Ovide, dans les Fastes, consacre le plus long des développements à la déesse Vesta qu'il appelle Cybèle (Les Fastes, IV, 179-246). Fêtée le 9 juin, cette fille de Saturne est à la fois la Flamme et la Vierge (VI, 257-282). Les Histoires d'Antoine FumÉe expliquent habilement ce phénomène d'onomastique en s'appuyant sur Annius de Viterbe η et le pseudo-Bérose. Cartari enfin donne les renseignements les plus précis et les plus pertinents dans ses Images des dieux (Voir Temple).

Honoré d'Urfé écrit que Jupiter doit la vie à Vesta, sa sœur, et lui accorde le droit de rester vierge pour la remercier. Pour comprendre cette version du mythe de la survie de Jupiter, il faut savoir que Vesta peut se confondre avec Cybèle. Dans L'Astrée, les « peintures esclatantes » ont montré les Corybantes couvrant les vagissements de Jupiter enfant (I, 2, 27 recto). Or ces Corybantes sont des prêtres de Cybèle ... De plus, Cybèle est aussi une des formes de la Bonne Déesse, « une divinité si considérable, que quiconque ne lui sacrifioit point, passoit pour un impie » (Dictionnaire de TrÉvoux, VI, Article Vesta). Il est donc tout à fait logique qu'une druide prie Vesta en Forez. Voir Titans, Thirreniens et Labith Horchia η.

• Les Romains ont édifié en Forez un temple dédié à Vesta et à la Bonne Déesse (III, 2, 27 recto). Comme ils en avaient l'habitude, ils ont mis sur le temple « la statue d'une Vierge η avec un enfant entre ses bras ». Ils y ont installé des vestales sous l'égide d'une Maxime et des femmes druides sous l'égide de Chrisante. C'est alors qu'ils ont appelé ce lieu Bonlieu (III, 2, 28 recto).

• Parce que c'est le jour de la fête de Vesta, son sacrifice précède celui de la Bonne Déesse (III, 2, 29 recto) et il est décrit avec une profusion de détails. Les hommes n'ont pas le droit d'y assister (III, 2, 28 verso). Le lait remplace le vin (III, 2, 30 recto).

• Dans sa prière à Vesta, la Maxime rappelle le culte des Thyréniens pour cette déesse qu'ils appellent « LABITH HORCHIA η » (III, 2, 30 verso).

Diane explique à Hylas qu'il a tort de protester contre l'interdiction faite aux hommes d'entrer dans le temple de Vesta et de la Bonne Déesse : les temples ne sont pas là pour courtiser les femmes (III, 7, 277 recto).
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Vienne Mentionnée dans : I, III
Ville dans le département de l'Isère (Rhône-Alpes). Le site de Vienne indique que « dès le Ve siècle avant notre ère, quelques installations humaines sont observées grâce aux fouilles archéologiques » ; une quarantaine de sites ou monuments sont classés, dont un Temple d'Auguste et de Livie (30 mai 2015).

• Ville sur le Rhône où s'arrête le bateau où se trouve Hylas (I, 8, 255 verso).

• La Bergère Cloris vit à Vienne avec son mari, Rosidor (I, 8, 257 recto).
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Vienne Mentionnée dans : I, III
Chef-lieu des Allobroges (Kruta, p. 404). L'empereur Anthémius donne Vienne et le Vivarais aux Bourguignons. C'est à Vienne que Gondebaud attaque ses frères. Il massacre Chilpéric puis Godegisele en entrant dans la ville par un passage souterrain (Gascogne, p. 9, 13, 17).

• Prisonnière à Lyon, pour s'enfuir, Criséide doit se mettre sur le Rhône à Vienne (III, 8, 348 recto). Elle prend ce chemin et se loge sur l'autre rive. Comme Arimant aussi parvient à Vienne, les jeunes gens se retrouvent (III, 8, 351 verso).

Gondebaud est à Vienne. En allant à la chasse, il voit Criséide, la reconnaît et la ramène à Lyon (III, 8, 353 verso). Bellaris, le serviteur d'Arimant, rapporte à son maître les nouvelles qu'il a apprises (III, 8, 355 recto).
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Viennois Mentionnés dans : I
Habitants de Vienne. Des étrangers pillent leur province (I, 10, 349 verso).
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Ville de Plancus Mentionnée dans : I
Voir Lyon.
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Ville des Remois Mentionnée dans : III
Il s'agit de Reims. Avant 455, les Francs sont entrés à Reims, Amiens et Châlons (Fauchet, p. 100). Du Haillan nomme Reims dans son Histoire, lorsque Remi se plaint à Clovis qu'un soldat ait volé un précieux calice (I, p. 17).

• La reine Méthine, devenue veuve, se retire près de Remi, dans la ville des Rémois (III, 12, 536 recto).

Childéric éloigne Andrimarte en l'y envoyant (III, 12, 537 recto).

• Ses blessures obligent Lindamor à s'arrêter dans la ville des Rémois (III, 12, 548 recto).
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Ville des Tectosages Mentionnée dans : III
Appelée ailleurs Toulouse. Voir aussi Tectosages.

Damon d'Aquitaine revient dans cette ville où se trouve Madonthe (III, 6, 253 verso).

• Il se retire ensuite et s'isole dans les lieux où il peut quand même voir cette ville (III, 6, 255 verso).
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Ville-Parisis Mentionnée dans : III
Il s'agit du « Territoire d'auprés de Paris. Louvre en Parisis » (FuretiÈre). Villeparisis est aujourd'hui une commune à 23 km de Paris.

Andrimarte passera par là pour revenir à Paris (III, 12, 542 verso).
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Vincence Mentionné dans : II
L'édition de 1610 donne ici Veronne.

• Il s'agit de Vicence, l'une des villes du Nord de l'Italie qu'Attila attaque (II, 12, 841).
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Visigoths Mentionnés dans : I, II, III
Écrit aussi Visigots, Visigostz et Visigotz. Les Wisigoths sont des Goths occidentaux qui, avec l'accord de Rome, ont fondé un royaume en Espagne et en Aquitaine au Ve siècle. MÉnage les nomme dans son Dictionnaire (Article Languedoc par exemple).
C'est avec un v, non un w, que les Wisigoths entrent dans les dictionnaires de langue. LittrÉ attribue à Boileau la première mention de « visigoth » synonyme de grossier dans la Satire IX.

Les Wisigoths sont nommés seize fois dans la première partie.

• Ils ont envahi le Forez, mais lui ont laissé ses privilèges (I, 2, 31 recto).

• Les Wisigoths d'EspagnePampelune) pensent imiter les Chevaliers de la table ronde quand l'un d'entre eux vient défier les Foréziens (I, 2, 43 verso et 44 recto).

• Les Wisigoths d'AquitaineToulouse) sont gouvernés par Alaric qui soutient Amasis. À la demande de la Dame du Forez, ils emprisonnent Clindor à Usson (I, 2, 22 recto).
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Visigoths Mentionnés dans : I, II, III
Écrit aussi Visigots, Vissigots. Peuple d'origine germanique η. « C'est le royaume germanique en Gaule dont les origines sont les plus anciennes : le traité établissant officiellement les Wisigoths en Aquitaine remonte à 418 » (FerdiÈre, p. 338). JordanÈs, principal historien des Goths, et Goth lui-même, explique : « Après que Théodose, qui aimait la paix et la nation des Goths, fut mort, ses enfants se mirent à ruiner l'un et l'autre l'empire par leur vie fastueuse, et cessèrent de payer à leurs auxiliaires, c'est-à-dire aux Goths, les subsides accoutumés. Ceux-ci éprouvèrent bientôt pour ces princes un dégoût qui ne fit que s'accroître ; et, dans la crainte que leur courage ne se perdît dans une trop longue paix, ils élurent pour roi Alaric » (ch. XXIX). Parce qu'il les craint, Honorius cède aux Wisigoths l'Aquitaine « pour leur perpetuelle habitation, l'an de nostre salut quatre cens dixhuyt » (Bouchet, f° 33 recto).

Nommés douze fois dans la deuxième partie de L'Astrée, les Wisigoths sont souvent appelés Goths.

• Les Wisigoths emportent une gourde de vin quand ils se déplacent (II, 10, 644). Le Forez appartient sans doute aux Wisigoths puisque c'est Céladon qui porte cette gourde.

• Le règne des Wisigoths en Espagne commence (II, 11, 761). Valentinien leur a accordé le territoire qu'ils occupent en Gaule (II, 12, 824). Ils font partie de la confédération des Champs Catalauniques (II, 12, 824). Thierry, leur roi, est tué (II, 12, 827). Le père de Madonthe, qui sert Thierry (II, 6, 338), meurt à ses côtés. Il sera enterré dans le même tombeau (II, 6, 328).

• Des Wisigoths servent dans l'armée d'Ætius comme dans celles d'Attila (II, 12, 825).

Ætius craint une coalition des Francs et des Bourguignons avec les Wisigoths (II, 12, 827).

• Il ne se retire pas auprès des Wisigoths pour ne pas être accusé de collusion avec l'ennemi (II, 11, 752). Héracle accuse quand même Ætius de pactiser avec les Wisigoths, les Bourguignons, les Francs et les Vandales (II, 12, 839).

• Voir la Carte des invasions.
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Visigoths Mentionnés dans : I, II, III
Écrit Vissigots et Visigotz.
Nation « perfide », écrit Sidoine Apollinaire dans sa Sixième Lettre. Peuples « infidèles dans leurs traités », affirme Procope (I, 2). Pour les historiens modernes au contraire, les Wisigoths, agents civilisateurs, étaient « très cultivés » (Labouysse, p. 24).
Du temps d'Euric, « La Loire, le Rhône et l'Atlantique sont devenus les limites naturelles Nord-pyrénéeennes du royaume wisigoth d'Aquitaine [qui] va jusqu'à Gibraltar » (Labouysse, p. 66).
On trouvera une généalogie des rois Wisigoths dans ce site (11 avril 2013).

Nommés vingt-deux fois dans la troisième partie, les Wisigoths sont surtout présents dans l'histoire d'Euric, Daphnide, et Alcidon.

• « Ces vaillants Wisigoths » qui ont régné en Aquitaine figurent sur les fresques dans la demeure d'Adamas (III, 3, 59 verso).

Renseignement ajouté à l'édition de 1619.

L'histoire des Wisigoths se déroule devant des portraits, l'histoire de l'Empire romain aussi se déroulait devant des portraits
(II, 11, 737).

• Le plus admiré des rois des Wisigoths est Thierry, mort sur les Champs Catalauniques (III, 3, 61 recto). Son fils aîné, Torrismond, est le « plus accompli » des princes Wisigoths (III, 3, 61 verso ; III, 6, 223 verso ; III, 6, 261 recto ; III, 12, 505 recto). Le second, Thierry II, augmente les territoires des Wisigoths en Espagne (III, 3, 64 recto). Le troisième, Euric, envahit la Province des Romains (III, 3, 64 recto).

• Devenir Reine des Wisigoths est une ambition que partagent plusieurs femmes sous le règne d'Euric (III, 4, 130 recto).

• Ces rois Wisigoths gouvernent l'Aquitaine. Du temps de Torrismond, les peuples d'Aquitaine aiment le monarque comme s'ils avaient été Wisigoths (III, 6, 223 verso). Il semble même que les « principaux des Aquitaniens » ne sont pas Wisigoths mais Gaulois (III, 6, 243 verso).

• Les lois des Wisigoths condamnent au bûcher les dames qui ont un enfant sans être mariées (III, 6, 250 recto).

• Lorsque Criséide quitte Lyon, elle prend la direction du pays des Wisigoths (III, 7, 331 verso).

Épisode supprimé après l'édition de 1619.

Bellimart est ingrat parce qu'il est Wisigoth (III, 8, 341 verso).

• Bien qu'il se batte aux côtés de Gondebaud, roi des Bourguignons, Bellimart a emmené son prisonnier chez les Wisigoths, à Gergovie (III, 8, 345 verso).

• Le contact des Gaulois avec les Wisigoths rend leur religion moins pure (III, 9, 373 verso).

Daphnide a failli devenir reine des Wisigoths (III, 11, 453 recto).

Polémas entretient des soldats chez les Wisigoths (III, 12, 501 recto).
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Viveros Mentionné dans : III
L'édition de 1619 donne ici Viveres.

Il s'agit de Viverols (Puy de Dôme). « Le mot VIVEROLS est tiré d'un mot latin qui veut dire 'Eau Vive' » (Site de la ville, 25 juillet 2012).

Criséide et Arimant parviennent dans cette ville, après avoir passé les Cemènes (III, 8, 350 verso).
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Vorcelly Mentionné dans : II
Il s'agit probablement de Verceil (Vercelli en italien), dans le Piémont (Bouvier-Ajam, p. 365).

• L'une des villes du Nord de l'Italie qu'Attila attaque (II, 12, 841).
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Voye de laict Mentionnée dans : I
La Voie de lait est une constellation. « En Astronomie on appelle la Voye lactée, une blancheur qui paroist la nuit au ciel en forme d'un chemin. [...] Le peuple l'appelle le chemin de St. Jacques. Les Payens l'appelloient le chemin des Dieux » (FuretiÈre). « La Voie lactée est une galaxie spirale barrée dont le bulbe est relativement petit et les bras très ouverts (type SBc). Sa structure exacte est en fait difficile à connaître du fait de notre position à l'intérieur du disque » (Site de Cosmovisions, 5 mai 2015). Une photo de ce site illustre la pensée d'Honoré d'Urfé (5 mai 2015).

• Ces groupes d'étoiles sont représentés dans les tableaux qui constituent l'Histoire de Damon et de Fortune, racontée par Adamas (I, 11, 373 verso).

Dans l'édition anonyme de 1607, le druide dit :
« Nous tenons que les Dieux descendent en terre » sur la voie lactée,
en 1621, ce sont
« les Romains [ qui ] tiennent » cela
(I, 11, 373 verso, je souligne). 

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Wisigoths Voir Visigoths.  
Aucune entrée ne commence par X ou Y.  
Zephir Mentionné dans : I, II, III
Zéphyr, dieu du vent, est très tôt devenu un nom commun pour signifier un vent agréable.
Selon Richelet, zéphire serait plus usité au singulier, et, selon le Dictionnaire de l'AcadÉmie, « Quand Zephyr sign[ifie] un Dieu, on y ajouste tousjours un e au singulier », c'est aussi l'opinion de FuretiÈre, mais ce n'est pas le cas dans L'Astrée.

• Dans les tableaux qui décorent la fontaine de la Vérité d'amour, Zéphyr joue dans les cheveux de la Bergère Fortune (I, 11, 371 recto).
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Zephir Mentionné dans : I, II, III
« ZEPHIR, se dit poëtiquement des vents doux & agreables, & de ceux qui viennent au printemps. [...] ZEPHIR, se personnifie quelquefois ; & alors on dit zephire. Les Poëtes disent que Mercure est descendu en terre sur le dos des Zephires. Les amants envoyent leurs soûpirs à leurs maistresses sur l'aile des Zephires » (FuretiÈre). Dans le Sireine, les Zéphirs seraient nés des soupirs (p. 141).

• Dans un sonnet, Clorian demande au Zéphyr de porter ses « amoureuses plaintes » vers Circène (II, 3, 173).
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Zephir Mentionné dans : I, II, III
Dans l'Ode de Baro, les vents changés en soupirs ne font plus peur aux Zéphyrs.
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