Banderole
Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé


SignetGLOSSAIRE - P

Paître « Paistre. Repaître, nourrir » (Huguet). Dans Furetière aussi « paître » signifie nourrir. 1
Palme « Branche ou rameau du palmier. [...] se dit figurément en Morale d'une victoire, d'un avantage remporté en quelque combat ou dispute » (Furetière). Voir Palmier η. 2
Palus « Palus Terme de Geographie. Marescage » (Furetière). 2
Palus Stigieux L'enfer. On dirait aujourd'hui « palude stygien ».
- « Palus Terme de Geographie. Marescage. [...] On dit aussi en Burlesque, le Stygien Palus, pour dire, l'Enfer » (Furetière).
- « Stygieux. Du Styx, infernal » (Huguet).
1
Pancher On la voit pancher a ses branches (III, 9, 399 recto). « Pancher. Incliner. [...] Pancher à la douceur » (Richelet). 3
Panetière Écrit aussi Pannetière. « Ce qui sert aux Bergers & Bergeres pour mettre leur pain, & autre chose pour vivre, ce qu'ils portent quand ils vont garder leurs brebis dans la campagne. Elle est faite comme une fronde, & ils la portent en escharpe » (Furetière). 1
Panique (adj.) Des frayeurs, et des terreurs Pannniques (III, 7, 312 recto). « Qui ne se dit qu'en cette phrase : Terreur ou frayeur panique, c'est à dire, sans sujet, sans cause legitime [...] Cette façon de parler est fondée sur ce qu'on dit que Pan, au rapport de Polienus en ses Stratagemes, a esté l'un des Capitaines de Bacchus, lequel mit en deroute les ennemis par le moyen du grand bruit qu'il fit faire à ses soldats qui combattoient dans une vallée, où il avoit observé qu'il y avoit plusieurs échos, ce qui fit croire qu'ils étoient en bien plus grand nombre, desorte que les ennemis s'enfuirent sans combattre : ce qui a fait appeller toutes les frayeurs malfondées, terreurs paniques : ce qui a donné aussi lieu à la fable qui dit que la Nymphe Echo a été aimée du Dieu Pan » (Furetière). 3
Pannache Un grand pannache, qui le rendoit remarquable (IV, 3, 367).
Voir Pennache. Richelet encore donne les deux graphies.
4
Pantois Halleter comme s'ils estoient Pantois (III, 5, 200 verso). « Vieux mot qui signifioit, Celuy dont la respiration est empeschée par quelque asthme ou fluxion » (Furetière). 3
Par Par la priere (II, 5, 280). Par destin (II, 8, 502). L'une des traductions que propose Cotgrave est « by reason of », à cause de.
Par la Cour (II, 6, 384). Par toutes les Gaules (II, 8, 505). Par toute la contrée (II, 11, 676). Par le jardin (II, 12, 781). Par la chambre (II, 4, 268).
« Au travers » (Richelet).
- « Par le chemin. En chemin » (Huguet).
- L'une des traductions que propose Cotgrave est « through ».
Le sang [...] luy en retomba par le visage (II, 11, 692). « Par sur. Par dessus » (Huguet).
Par le passé (II, 8, 500). « Par, marquant une idée de temps » (Huguet).
Par plusieurs fois (II, 1, 40). « Pendant » (Huguet).
- Par la truye (II, 8, 550). « Par indique l'instrument » (Godefroy).
2
Par - Écrire par un tel (III, 3, 120 verso). Par le moyen de.
- Aymé par sa valeur (III, 12, 505 recto). Pour sa valeur. La préposition archaïque prend la place du pour qui se trouvait dans l'édition de 1619.
3
Par - Par le congé de mon pere (IV, 2, 362).
Avec. « Par quel congé entras-tu ceans ? » (La Curne).
- Par la campagne (IV, 3, 490).
« Marque l'idée d'un parcours de bout en bout (réel ou imaginaire) et marque ainsi la localisation spatiale » (DMF).
- Par diverses fois (IV, 3, 529).
« Marque le retour dans le temps à intervalles réguliers. Par n fois » (DMF).
- La plus dangereuse fortune qu'il sçauroit avoir par le desplaisir de Sigismond (IV, 4, 796).
« Marque l'idée de causalité. En raison de, à cause de » (DMF).
- Retenir les pleurs par le souvenir (IV, 4, 913).
« À cause » (Richelet). « Par désigne la cause » (Godefroy).
4
Par acquit « D'acquit, par l'acquit. Négligemment » (Huguet). 1
Par ainsi - « A condition que » (Huguet, Article Ainsi).
Voir Par apres.
1
Par ainsi - « Pour cette raison » (Huguet, Article Ainsi). Par ainsi figure vingt-deux fois dans la première partie et vingt-six fois dans la deuxième. 2
Par ainsi - Par ainsi revient 40 fois dans la troisième partie. Furetière donne encore par ainsi (Article Ainsi). Par ainsi est très fréquent chez Malherbe (Brunot, III, p. 365).
 Par ainsi revient dans La Sylvanire (v. 662).
3
Par ainsi - Et par ainsi je conclus que mon jugement a esté tres-bon (IV, 3, 435).
Par ainsi ne revient plus que 6 fois dans la quatrième partie.
4
Par après « Par ci apres. Plus tard » (Huguet). « Ces façons de parler ont vieilli, & l'ont dit apres tout seul ». (Vaugelas, p. 223). Par après est un exemple de barbarisme (Vaugelas, p. 572). Mais Furetière donne encore par après (Article Après).
Par après figure aussi dans Le Sireine (p. 61).
En 1621, par apres revient huit fois dans la première partie et sept fois dans la deuxième.
• Mme Ayres-Bennett note que par ainsi et par après « sont beacoup plus fréquents dans L'Astrée » que dans d'autres textes de l'époque (p. 263).
1
Par après Par apres revient cinq fois dans la troisième partie. 3
Par après Il le luy pourroit aysément faire recevoir par apres (IV, 1, 7).
Une seule occurrence dans la quatrième partie.
4
Par dessus Soigneux de luy outre mesure, et par dessus leur devoir (II, 8, 505). « Outre » (Huguet). 2
Par raison - « Les mysteres de la foy ne se peuvent prouver par raison, ils sont au dessus de la raison, & non pas contre la raison » (Furetière). 2
Par raison - Ces marchands qui vivent par raison (III, 5, 176 verso). « Comme il convient, selon ce qui convient » (DMF). 3
Par trop Ce crayon par trop ambitieux (III, 12, 519 recto). Trop. Furetière donne « C'est par trop l'outrager » (Article Par). 3
Paravant « Auparavant » (Huguet).
• Cet adverbe, en 1621, remplace le moderne « Auparavant » qui se trouvait dans l'édition de 1607 de la première partie. Paravant n'apparaît plus dans le roman.
1
Parc « Enclos où sont enfermés des troupeaux » (Huguet). « Palissade mobile qu'on fait dans les champs pour enfermer les moutons qu'on mene paistre en esté dans les lieux éloignez où ils passent la nuit. [...] Les loups n'attaquent pas les moutons dans leur parc, à cause des chiens qui les gardent » (Furetière). 1
Pardorrer « Pardonner à. Épargner, ménager » (Huguet). 1
Parentage « Ceux qui sont unis par la parenté » (Huguet).
« Nom collectif, qui se dit de tous les parents ensemble » (Furetière).
1
Parfaire Dessein qu'il avoit pris de la parfaire (IV, Au lecteur. Texte de l'éditeur, n. p.).
« Rendre achevé, complet » (Furetière). « Rien n'est bien faict que ce que Dieu parfaict: Prov. &, Rien ne faict qui ne parfaict » (Cotgrave)
4
Parjuré Celui qui n'a pas tenu sa promesse. Parjurer (trans.) « Prendre à témoin en faisant un faux serment » (Huguet). 1
Parler - Elle ne parla pas mal à moi (II, 1, 55). Probablement, déformation de « Parler bien à qqn. Lui dire son fait » (DMF).
- « S'employe aussi quelquefois pour, Appeller, faire venir à soy » (Furetière).
Le parler. « La parole, le discours » (Furetière). Verbe substantivé dans Le Sireine aussi (p. 70).
2
Parler à mots interrompus II, 4, 259 ; II, 8, 490. L'expression n'est pas dans les dictionnaires. Elle signifie probablement parler à propos interrompus, sans suite. Dans Le Sireine, on prononce des mots interrompus quand on pleure en parlant (p. 59).
Voir Discours interrompus.
2
Parler de L'affection de laquelle elle parloit (III, 10, 424 verso). « Parler de. Parler » (Huguet).
3
Parleuse Le féminin de Parleur est « Parleresse » dans Huguet mais « Parleuse » dans Furetière. 1
Parlissions Verbe Parler à l'imparfait du subjonctif. On dirait aujourd'hui parlassions. 1
Parmi « Au milieu de, dans » (Huguet). Parmi est suivi par un mot au singulier dans les exemples que donne Huguet : « parmy la chambre, l'orage, la cécité », etc. Furetière encore donne « parmi le peuple [...] la presse ». 2
Parole II, 12, 803. Furetière précise : « PAROLE, se dit aussi de la vertu energique qui est renfermée en certains termes [...]. En ce sens on le dit aussi en mauvaise part. On ne guerit point avec des paroles sans le secours de la Magie, de l'Esprit malin ». 2
Parole - Ces trois paroles (III, 7, 308 recto). Mot. « Il faut répondre en une parole, par ouï, ou par non » (Furetière).
- En parole de Roy (III, 8, 364 recto). La Curne explique : « Parole de roy de France, serment fait par Charles VIII, en 1489, au traité rapporté par Jaligny, Hist. de Charles VIII, p. 84. [...] On lit encore dans Monstrel. I, ch. 153 : Jurer en parole de fils de roy, ... en parole de prince (Ibid. ch. 203) ».
3
Parricide Un parricide, tel peut-on bien appeller celuy qui tue le pere du peuple (III, 4, 156 recto). « Se dit aussi du meurtre d'une personne sacrée, comme celle des Rois & des Prelats [...] Les Romains n'avoient point fait de loix contre les parricides, parce qu'ils ne croyoient pas qu'il y eust d'homme assez méchant pour estre un parricide » (Furetière). 3
Partager - Lesquels toutesfois il avoit partagé de la moitié du Royaume (III, 12, 523 verso).
« Partager qqsuns de qqch (Trans.). Partager qqch entre qqsuns » (Huguet).
3
Partager - Estant si mal partagé des biens de la fortune (IV, 3, 426).
« PARTAGER, signifie aussi, Donner en partage ; & en ce sens il régit l'accusatif de la personne [...] Il se dit aussi au fig. en parlant Des dons de la nature ou de la fortune » (Dictionnaire de l'Académie, 1694)
4
Partant « Par consequent, donc » (Furetière). 2
Parterre Embellir de parterres et de diverses allees (IV, 4, 649).
« La partie du jardin découverte où on entre en sortant de la maison » (Furetière).
4
Parti Ce substantif masculin a le même sens qu'aujourd'hui. Je signale seulement une expression inusitée :
- Faire son party à part (I, 8, 240 verso). « Puissance opposée à une autre » (Furetière).
1
Parti - Le party que l'inconstant presentoit (III, 2, 34 recto). « Ofre, condition qu'on présente à quelqu'un » (Richelet). 3
Participer La vertu de les pouvoir participer à tous ceux qu'il veut (III, 10, 412 recto). « Participer qq. chose à qq'un, la lui attribuer en participation, lui en faire part » (Godefroy). « Recevoir en partage » (Huguet). 3
Particulariser « Exposer en détail, énumérer » (Huguet). 1
Particularité « Détail » (Huguet). 1
Particulier - « Personnel, se tenant à part, à l'écart » (Huguet). « Ce qui n'est pas commun, qui est à part & separé [...] Specifique [...] Extraordinaire, excellent [...] Familier, secret [...] En mon particulier je suis d'advis » (Furetière). 1
Particulier - « De son côté » (Richelet). 2
Particulièrement - En particulier : parlé particulierement à elle (III, 5, 183 verso).
- En détail : il s'enquiert fort particulierement qui j'estois (III, 6, 243 verso).
3
Partie Ce substantif féminin peut avoir plusieurs significations.
I, 4, 102 recto, I, 7, 199 recto, I, 8, 258 recto. « PARTIE, en termes de Palais, se dit de tous les plaideurs » (Furetière).
- « Pensant, s'il faisoit ses parties avec luy, d'en emporter la plus grande gloire » (I, 9, 268 verso).
« Faire partie. Tenir tête » (Huguet).
« Je suis pour faire ma plainte et devant mes juges, et devant mes parties » (I, 4, 102 recto, I, 11, 359 verso).
« Adversaire » (Huguet).
- « Il avoit toutes les bonnes parties qu'on eust sceu desirer » (I, 4, 112 verso).
« Qualité » (Huguet). Furetière précise : « se dit figurément des talents naturels, ou acquis qui rendent une personne considerable. Ce garçon est bien fait, il a de l'esprit, il est honneste, il est sçavant, il a cent bonnes parties, cent bonnes qualitez ».
1
Partie J'estois presque tousjours de sa partie (II, 12, 780). « Partie. Parti » (Huguet). 2
Partie Partie a aussi l'acception qu'il garde aujourd'hui :
Remettre la partie à une autrefois (III, 3, 85 verso). « PARTIE, se dit aussi de tous les autres divertissements où on engage certaines personnes, & à certains jours » (Furetière).
3
Partie - Ils faisoyent tousjours toutes leurs parties ensemble (IV, 4, 711). 4
Partie noble Le foye, le cœur, et le reste des parties nobles (III, 8, 358 verso). Les médecins « appellent aussi les parties nobles, ou essentielles, celles qui sont absolument necessaires à la vie, comme le cœur, le poulmon, le foye, le cerveau » (Furetière). 3
Partir « Partager en donnant à chacun sa part » (Huguet). 1
Partir - Ils ne partirent point d'ensemble (IV, 2, 338).
Voir Se partir.
4
Partir (se) « Se séparer, s'éloigner » (Huguet). 2
Partir (subst.) - « Partir de, quitter » (Huguet).
- « Au partir de, Départ » (Huguet).
2
Partissiez Verbe Partir à l'imparfait du subjonctif. 1
Parvindrent Verbe Parvenir au passé simple. Cette forme est donnée dans Huguet, mais non dans Furetière. 3
Pas (adv.) J'ay plus entrepris que je ne meritois pas d'executer (III, 12, 494 verso). « Pas, explétif. Après un comparatif » (Huguet). Richelet condamnerait cette phrase : « Pas. Sorte de négative qui ne nie pas tant que point, et qui ordinairement ne se met pas devant la particule de ». 3
Pas (adv.) - Plus de difficulté qu'il ne s'estoit pas proposé (IV, 1, 8).
- N'a il point encore trompé pas une femme ? (IV, 2, 206).
« Ne pas, explétif. L'on en veoid à grand peyne pas ung. On en voit à peine un » (Huguet).
4
Pas (subst.) « Le pas commun de l'homme est de deux pieds & demi » (Furetière), soit environ 75 centimètres. Pour Richelet, le pas est plutôt de deux pieds seulement.
Au grand pas (I, 5, 126 verso). À grands pas, vite.
Au petit pas (I, 3, 55 verso). « À petits pas. lentement » (Huguet).
Il y tourna ses pas (I, 5, 140 verso). Se diriger vers.
Marcher sur les pas (I, 4, 81 recto). Marcher sur les brisées. Furetière et Huguet ne donnent pas cette expression.
Tourner le pas en 1607 devient Tourner le pied en 1621 (I, 8, 237 recto),
alors que
Changer un pied en 1607 devient Démarcher d'un pas en 1621 (I, 8, 251 verso).
1
Pas (subst.) - « Aller pas à pas, à pas de tortuë, à pas comptez, à pas de loup, c'est aller à petit pas, doucement, & en tapinois » (Furetière).
- « De ce pas, Tout d'un pas, sont des facons de parler adverbiales, pour dire, Tout à l'heure, Tout de suite » (Furetière).
Perdre nos pas (II, 8, 539). Furetière donne : « Il a perdu sa peine & ses pas à la recherche de cette fille ». Richelet donne perdre ses pas et cite Voiture (Article Perdant).
2
Pas (subst.) - Elle avança ses pas (IV, 1, 68).
« Avancer le / son pas. "Se hâter" » (DMF).
- Elle s‘achemina au grand pas (IV, 2, 171).
« Aller bon pas, doubler le pas, c'est aller à grand pas & viste » (Furetière).
- Aller le pas (IV, 1, 7).
Lentement. Les dictionnaires donnent « Le pas. Au pas, du pas » (Huguet).
4
Pas un (une) Aupres de pas une de ces Bergeres (III, 1, 22 verso). « Pas un. Nul » (Godefroy). 3
Pasle Elle prend la pasle (III, 7, 299 verso). « PELLE. s. f. On écrivoit autrefois Paesle. Utencile de ménage qui sert à remuer & à mesurer du bled, ou des grains, à enlever du fumier, des ordures, à enfourner le pain, à transporter du feu, ou des cendres, &c. » (Furetière). 3
Passage A quel passage vous conduit vostre desastre (I, 5, 149 verso). « Passage. Croisade » (Huguet) 1
Passement De la toille, et des passemens (III, 7, 290 recto). « Dentelle, ouvrage qu'on fait avec les fuseaux pour servir d'ornement, en l'appliquant sur des habits. On en fait d'or, d'argent, de soye & de fil. Le mot de passement est presque general à toutes sortes de dentelles. [...] Les passements & dentelles se font sur un oreiller avec des fuseaux, & en suivant les points & piqueures d'un patron » (Furetière). 3
Passer Ne laisser rien passer (III, 3, 111 verso). « Se passer, avoir lieu » (Huguet).
Passer un hasard (III, 6, 261 verso). L'expression n'est pas dans les dictionnaires, mais Cotgrave donne une expression semblable : « Passer fortune To escape, or avoid, a misfortune »
3
Passer - Les dangers qu'il avoit passez (IV, 2, 245).
Le DMF donne « passer le danger » pour surmonter.
- J'aymerois mieux, mourir que de vous passer cette dissimulation (IV, 3, 436).
« Laisser passer [...] une action que fait quelqu'un, pour dire, Ne l'en reprendre pas » (Dictionnaire de l'Académie, 1694).
- Il passoit fort peu de jours (IV, 4, 706).
Se passer.
- Jusqu'où passa la finesse (IV, 4, 763).
« Aller au delà » (Richelet).
- Le Roy passera sa colere avec le temps (IV, 4, 800).
« Satisfaire, dissiper, chasser. [Passer son envie, Passer son chagrin, sa mélancolie Scarron] » (Richelet).
4
Passer (se) « On dit aussi, que l'heure se passe, que le temps se passe, pour dire, s'écoule. On dit en ce sens, qu'une femme se passe, pour dire, que sa beauté ne durera plus gueres » (Furetière). 2
Passer (subst.) « Action de passer, passage » (Huguet). Furetière ignore ce verbe substantivé. 1
Passer chemin « Faire route » (Huguet). 2
Passer son envie « To satisfie his longing » (Cotgrave).
1
Passion « Se dit aussi de la chaleur avec laquelle on fait quelque chose » (Furetière). 2
Passion - Elle oyoit flatter sa passion (IV, 1, 40).
« PASSION, en Morale, se dit des differentes agitations de l'ame selon les divers objets qui se presentent à ses sens » (Furetière).
- La passion qu'elle desiroit tenir secrette (IV, 1, 110).
« Ce mot signifie aussi quelquefois emportement brusque et causé par quelque ressentiment » (Richelet). Il ne s'agit pas ici de l'amour mais de la jalousie.
4
Pastoral La Maxime avec son baston pastoral (III, 2, 30 recto). « Se dit aussi des choses qui regardent les Pasteurs Ecclesiastiques » (Furetière).
Le bâton pastoral est la crosse d'un évêque : « CROSSE, est aussi une marque de l'autorité pastorale, qui consiste en un baston d'argent, ou d'or, recourbé & ouvragé par enhaut. Les Evêques, Abbés, Abbesses la font porter devant eux ; & ils la tiennent à la main, quand ils donnent la benediction en ceremonie » (Furetière).
3
Patience « Souffrance. Puissance d'endurer, courage dans la souffrance » (Huguet). 1
Patienter « Supporter avec patience ». Huguet cite ensuite L'Astrée : « Si c'estoit un homme qui fut digne de vous, je le patienterois » (I, 3, 52 recto). 1
Patrice « Les Patrices n'étoient autrefois que des Gouverneurs que les Empereurs de Constantinople envoyoient dans les villes d'Italie, de Sicile, & d'Afrique. Ils ont aussi donné ces titres à quelques Princes & Rois étrangers, à cause de l'eminence de cette dignité qui étoit au dessus de toutes les autres. Elle fut établie par Constantin le Grand, à ce que dit Zozime » (Furetière). 2
Pauvre « Une si pauvre maîtresse » (I, 1, 18 recto). « Se dit aussi de ce qui est vil & mesprisable, qui a peu de bonnes qualitez » (Furetière). 1
Pavé Des chevaux qui venoient le long du pavé (III, 8, 351 verso). « Se prend aussi pour le chemin, le terrain, le lieu qui est pavé » (Dictionnaire de l'Académie, 1694). 3
Pavillée La fleur de Pavillee (III, 12, 507 verso) η.
« Les blasonneurs de l'escu de France ... donnerent à nos rois la fleur de pavillee (qui est un petit lis jaune, lequel vient pres et dedans les marests ...). Fauchet, Orig. des chevaliers, I, 2 » (Huguet).
3
Pavois Il fust eslevé sur le Pavois, et proclamé Roy des Francs (III, 12, 534 verso). « C'estoit le plus grand des boucliers. Dans les eslections militaires, les soldats eslevoient sur leurs pavois leurs Chefs, & les proclamoient Empereurs » (Furetière). 3
Payer Nous vous payerons de raison (IV, 2, 213).
« Payer de raison, pour dire, Donner de bonnes raisons sur les choses dont il s'agit » (Dictionnaire de l'Académie).
4
Pays « Campagne » (Huguet). 2
Peine A toute peine (III, 4, 122 recto). « Avec beaucoup de peine » (Huguet). 3
Peine (à) « A peine que. Peu s'en faut, peu s'en fallut que » (Huguet).
• 1607 : « Si la verité [...] n'accompagnoit ceste imagination, à peine que je fusse necessiteux ... »
1621 : « Si la verité [...] n'accompagnoit ceste imagination, à peine aurois-je tant de besoing ... » (I, 3, 74 verso).
L'expression est modernisée dans la première partie de 1621 : suppression de que, remplacement du subjonctif par le conditionnel, inversion du verbe et du sujet.
Furetière donne deux sens à la locution adverbiale à peine : « Difficilement » et « Presque ».
1
Peiner (se) S'y pener d'avantage (III, 4, 133 recto). « Se peiner. Prendre de la peine » (Richelet). Voir Pener. 3
Peinture Miroir où il avoit fait mettre sa peinture (IV, 2, 238).
« Tableau » (Richelet).
4
Penchant Marcher sur un penchant de glace (IV, 4, 824).
« Pente sur laquelle on glisse » (Huguet). Métaphore pour l'amour. Les dictionnaires de Richelet et Furetière sont les premiers qui fassent de penchant une inclination affective. L'Astrée a peut-être lancé cette acception. D'après les textes réunis dans ARTFL, c'est de 1647 que date une deuxième occurrence de penchant affectif. On la trouve dans L'Héraclite de Corneille (III, 1) :
« Qu'aisément l'amitié jusqu'à l'amour nous mène !
C'est un penchant si doux qu'on y tombe sans peine » (cité dans Littré). Dans La Prétieuse de l'Abbé de Pure (1656), inclination et penchant sont coordonnés (I, p. 290).
4
Pendant Les pendants d'oreille (IV, 4, 715).
« Pendant d'oreilles, bague d'oreille, boucle d'oreille, sont des ornements que les Dames Françoises mettent à leurs oreilles qu'elles font percer exprés. Ils sont enrichis de diamants, de perles & de pierreries » (Furetière).
4
Pendre Nostre bien pend de nostre trespas (III, 1, 25 verso). « Dépendre » (Huguet). 3
Pener (se) Pour peu qu'il voulust s'y pener d'avantage (III, 4, 133 recto). Nicot donne : « Pener, travailler, mettre peine à faire quelque chose ».
La graphie pener figure seulement dans l'édition de 1621.
3
Pénétrer Penetrer au dessein (I, 10, 312 recto). Connaître les projets. Les dictionnaires ne donnent pas pénétrer à. 1
Pennache Le chapeau avec le pennache sur la teste (III, 12, 539 verso). « Panache » (Huguet).
La graphie pennache rappelle que le panache est fait de pennes, plumes. « Pennache est signalé comme mot à la mode » (Huguet). « Les Cavaliers portent sur leurs chapeaux des panaches de plumes d'autruche. Les Anciens portoient des panaches sur leurs casques : Homere en donne un à Hector » (Furetière). D'après le Larousse du XIXe, les Français ont adopté les panaches sous le règne de Charles VII (1403 - 1461). La panache blanc d'Henri IV est resté dans les mémoires : « Ralliez-vous à mon panache blanc », criait le Roi sur les champs de bataille.
Voir Pannache.
3
Penne « Plume de l'aile. Plume à écrire » (Huguet). La penne de geai est probablement très colorée puisque Furetière décrit ainsi le geai : « Oiseau d'un plumage bigarré, rouge, verd, bleu, blanc, noir & gris, & à qui on peut apprendre à parler. Il est de la grosseur d'un pigeon ». Voir Emblème η. 1
Penser - Un moyen que j'ai pensé (III, 8, 344 recto ; III, 8, 357 verso). Penser est transitif direct quand il signifie imaginer (Dictionnaire de l'Académie, 1694). 3
Penser - Que pensez vous dire (IV, 1, 120).
Le DMF donne « Penser (à) + inf. "Avoir l'intention de" ».
4
Penser (Panser) Apres m'avoir soigneusement pensé (III, 6, 243 recto). « Penser. Soigner un malade » (Huguet). « Pancer, panser. Terme de Chirurgien. C'est accommoder une plaie, y faire et y apliquer les choses néessaires » (Richelet). 3
Penser (subs.) Verbe substantivé que l'on rencontre dans les trois parties de L'Astrée (par exemple I, 1, 3 verso ; II, 2, 113 ; III, 6, 239 verso). Voir Penser η. 1
Penser de « Penser de. Penser » (Huguet).
• Penser de est plus fréquent dans la deuxième partie (11 fois) que dans la première (3 fois).
2
Penser de - Penser de revient 19 fois dans la troisième partie. Cette locution est critiquée par Malherbe (Brunot, II, p. 559). 3
Penser de - Penser de revient 12 fois dans la quatrième partie.
Baro en 1627 corrige. Par exemple:
Pensant de la trouver (IV, 1, 36)
devient pensant la trouver (1, p. 64).
4
Penser en « Penser en. Penser à » (Huguet).
2
Penser sur J'ay long temps pensé sur ces choses (IV, 4, 762).
Furetière utilise penser sur dans l'article Paraphrase, et Richelet dans l'article Nuance.
4
Pensissiez Verbe Penser à l'imparfait du subjonctif utilisé en 1607 seulement.
• Honoré d'Urfé change la phrase en 1621.
1
Perdisse (iez) Verbe Perdre à l'imparfait du subjonctif. 2
Perdre (se) - Resolu quand il n'y auroit plus d'esperance de se perdre (IV, 2, 347).
« On dit qu'un homme se perd, quand il se noye ; qu'un navire se perd, quand il s'abysme » (Furetière).
- Ne vous perdez point de courage (IV, 4, 868).
Se décourager. Se perdre de courage n'est pas dans les dictionnaires.
4
Perdu - « C'est un homme perdu, à qui on ne sçauroit sauver la vie, dont on ne peut jamais faire rien de bon » (Furetière). « Perdu. Éperdu », écrit Huguet qui cite ensuite L'Astrée : « Et me laissant s'en alla le plus perdu homme de la terre » (I, 3, 69 recto).
Enfants perdus (I, 11, 356 verso). « Soldats envoyés en avant pour les attaques les plus dangereuses » (Huguet, Article Enfant). « The forlorne hope of a campe (are commonly Gentlemen of Companies) » (Cotgrave).
• Cette expression se trouve dans L'Astrée de 1607. Elle est ensuite remplacée par archers.
1
Perdu Perdu de courage (II, 12, 843). Ayant perdu son courage. La Curne donne cet exemple : « Perdus de ses gages, qui perd ses gages, ses profits. (Froiss. I, p. 255.) »
Fille perdue (II, 6, 390). « On dit aussi, qu'une fille est perduë, quand elle a forfait à son honneur » (Furetière).
2
Perdu III, 5, 184 verso. Fille perdue. L'épithète a le sens archaïque que donne Huguet : « Éperdu ». 3
Perfide Rompre les perfides liens de mon servage (III, 3, 117 recto). « Il se dit aussi des choses » (Dictionnaire de l'Académie, 1694). 3
Periandriser Si vous ne Periandrisez point (IV, 2, 299).
Néologisme plaisant. Agir comme Périandre.
• Même construction que platoniser η (Epistres, II, 9, p. 298) et Druiser.
4
Péril Son peril nous fit peur (III, 7, 318 recto). « Pouvoir » (La Curne). 3
Permisse Verbe Permettre à l'imparfait du subjonctif. 1
Permistes Verbe Permettre au passé simple. On écrit aujourd'hui permîtes. 1
Permittiez III, 11, 487 verso. Remplacé par permettiez en 1621. 3
Perser Il n'y a rien qui perse (III, 4, 162 recto). Cette graphie que l'on trouve dans Huguet change en 1621 et devient percer. 3
Personne - Il arriva dans le temple quantité de personnes vestuës en deuil : au milieu desquelles venoit un chevalier (I, 3, 62 verso). L'édition de 1621 corrige. En 1607, l'adjectif (vestuës) est bien au féminin pluriel mais le pronom relatif est au masculin pluriel (desquels).
« Les mots qui se rapportent au substantif personne peuvent être au masculin. [...] Le mot qui se rapporte au pronom personne peut être au féminin », note Huguet.
1
Personne - Une personne qui a horreur de ce qu'il voit (II, 11, 707).
- Trois personnes [...] ausquels (II, 12, 856).
Voir ci-dessous et Notes II η.
2
Personne Il n'y a personne icy qui ne soit fort disposée (III, 2, 37 recto). Voir aussi III, 3, 69 recto ; III, 9, 378 recto ; III, 11, 460 recto.
Des jeunes personnes, qui ne peuvent rien taire que ce qu'ils ne sçavent pas (III, 3, 110 recto). Bien qu'il s'agisse de femmes, le pronom qui suit personne est au masculin. Voir III, 7, 296 recto, III, 12, 513 verso.
« Ce mot ne signifiant pas nul, mais l'homme et la femme tout ensemble est féminin et masculin dans une même période. C'est à dire, que le pronom qui se rapporte au mot de personne féminin se met au masculin », explique Richelet.
- Même sans négation, personne peut être masculin : Personne si plein de merites (III, 12, 535 verso).
3
Personne - Jamais personne s'est resoluë à la vie (IV, 4, 872).
- Ne jamais faire jugement d'une personne avant que de le bien cognoistre (IV, 2, 314).
4
Perspective La définition change sensiblement au fil des années. On trouve dans Huguet : « Verre perspective. Lunette d'approche ». Dans L'Astrée le substantif a le sens que lui donne Furetière : « Tableau qu'on met ordinairement dans les jardins, ou au fond des galeries, qui est fait exprés pour tromper la veuë, en representant la continuation d'une allée, ou du lieu où elle est posée, ou quelque veuë de bastiment ou paysage en lointain ». 1
Persuader - Persuader ce qu'ils desirent (III, 4, 158 recto).
« Ce verbe régit un acusatif quelquefois, et quelquefois un datif. Il semble qu'il régisse l'acusatif quand il signifie amener une personne au sentiment qu'on désire [...] Mais lorsque persuader signifie conseiller [...] il semble qu'il veuille un datif » (Richelet).
3
Persuader - Pour persuader ce que nous voulons (IV, 2, 338).
« Faire accepter par persuasion » (Huguet).
- Moyen [...] de m'affliger et de me persuader (IV, 4, 645).
« Obliger quelqu'un à croire quelque chose » (Furetière).
4
Persuader à Persuader à Cryseide de m'aymer (III, 8, 365 verso). « Persuader qqn à qqch » (Huguet). 3
Persuasion Me laisser emporter à ceste persuasion (III, 3, 71 verso). « Discours pour persuader, exhortation » (Huguet). 3
Perte « A perte de veue. A l'aventure » (Huguet). 1
Petit (subs.) S'entretenir un petit d'une affaire (III, 11, 483 verso). « Un petit. Un peu » (Huguet). « Est encore en plein usage » (Brunot, p. 373). 3
Peu - Voir un peu la façon de vivre (III, 5, 209 recto). Explétif (Littré). Litote selon le DMF. 3
Peu - Jugez-en un peu (IV, 3, 453).
Selon Oudin : « Dites un peu, i. "dites moy je vous prie" ».
- Pour peu qu'elles s'en appercevront (IV, 4, 674).
Richelet et Furetière mettent le subjonctif après pour peu que. C'est la recommandation de Vaugelas (p. 168). La Curne et Huguet ne donnent pas pour peu que.
4
Peu (de) « Homme de peu. A worthlesse, poore, or weake-spirited, fellow » (Cotgrave). 1
Peu (de) L'esperance sert de peu d'allegeance (III, 3, 105 recto). Peu signifie « Faiblement, modérément » (DMF) 3
Peu bien (un) Un peu bien (III, 2, 33 verso). Cette expression n'est pas dans les dictionnaires. Huguet donne « Un bien peu, Un peu seulement ». Elle rappelle Un peu beaucoup que l'on trouve dans Corneille (La Curne, Article Peu). 3
Peuple « Un si grand nombre de peuple »(II, 11, 738). Furetière donne « Les villes où il y a le plus de peuple sont Pekin, Nankin & Paris », pour indiquer que peuple signifie les habitants d'une ville. Ce n'est pas l'acception de peuple dans cette instance. 2
Peurent Elles ne se peurent empescher (III, 1, 8 recto). Verbe Pouvoir au passé simple. On écrit aujourd'hui purent. 3
Peusse(nt) Verbe Pouvoir à l'imparfait du subjonctif. On écrit aujourd'hui pusse, pussent. 1
Peussions, peussiez Verbe Pouvoir à l'imparfait du subjonctif. On écrit aujourd'hui pussions, pussiez. 3
Physionomie « Se prend quelquefois simplement pour la mine » (Furetière). Écrit avec un i en 1607 mais quelquefois avec un y en 1621. 1
Physionomie Dans la deuxième partie, on trouve phisionomie en 1610 et en 1621 (II, 11, 753). 2
Physionomie On trouve en 1619 phisionomie, et en 1621 physionomie.
Ce bon vieillard avoit la face venerable, l'œil doux, la physionomie si bonne ... (III, 6, 240 verso).
« Phisionomie. Certain air de visage qui d'abord plaît ou déplaît » (Richelet).
3
Pièce Il surprit les pieces de la lettre (III, 4, 152 verso). « Fragment » (Cotgrave). 3
Pied Pied est une mesure de longueur. Par exemple « dix ou douze pieds » (I, 11, 368 recto). Un pied mesure douze pouces (32,4 cm).
- Changer un pied (I, 8, 251 verso).
• Cette expression figure dans L'Astrée de 1607 et signifie changer d'avis (Huguet). En 1621 elle est remplacée par démarcher d'un pas.
Je ne sçaurois tourner le pied (I, 10, 317 recto). Bouger. La Curne écrit : « Ne tourner pié ne chief, ne se donner aucun mouvement, abandonner ses projets ».
Quelquefois écrit tourner le pas en 1607.
De quel pied on y marche (I, 7, 220 verso). Conduite nécessaire.
1
Pied - « De bon pied. En bonne intelligence » (Huguet).
- « Mettre sous le pied, sous pieds. Annuler, mettre à néant » (Huguet). Voir Mettre.
2
Pied Les mauvauses opinions prennent pied (III, 1, 24 verso). Cotgrave donne à cette utilisation métaphorique de prendre pied un sens qui convient à cette expression dans L'Astrée : « To regard, heed, build upon, make reckoning ». 3
Pierre La pierre en est jettee (III, 2, 42 verso). « On dit prov. et fig. La pierre en est jettée, pour dire, que L'affaire dont il est question est tellement engagée, qu'on n'est plus en estat de prendre un autre parti, qu'il n'est plus temps de changer de resolution » (Dictionnaire de l'Académie, 1694). Alea jacta est, le sort en est jeté, a dit Jules César avant de franchir le Rubicon. 3
Pierre de touche « Pierre de touche, est une pierre noire & resplendissante qui [...] sert pour esprouver les metaux [...] se dit figurément en choses morales » (Furetière, Article Touche). 1
Pierrerie Des lyons de pierrerie (III, 4, 154 verso). Pierrerie au singulier quand il signifie pierre précieuse est un archaïsme (La Curne). 3
Pile Condamnez aux chaisnes d'une chourme, ou à servir toute leur vie dans une Pile (III, 10, 445 verso). « Pile. Pilori » (DMF). 3
Pipeau Sylvandre [...] tirant de son costé sa musette, en accommode les hanches et le pipeau (III, 5, 177 recto). « Petit chalumeau » (Furetière). Le pipeau de la musette « a onze trous, dont il y en a quelques-uns qu'on bouche avec une clef mobile » (Furetière).
• Dans Le Sireine, le pipeau du héros est fait de prunier et les anches de coudre (p. 51).
• Pour écouter « le Joueur de pipeau » d'Hugues Aufray, cliquer ici.
3
Pipeur « Filou qui trompe au jeu, qui jouë de mauvaise foy » (Furetière). 1
Pique - Soldats qui presentent leurs picques (III, 4, 160 verso). « Arme d'hast offensive faite d'un long bois de quatorze pieds, ferré par un bout d'un fer plat & pointu, dont on arme le tiers d'une Compagnie d'Infanterie pour soûtenir l'effort de la Cavalerie » (Furetière).
HAST. « Vieux mot qui signifioit autrefois, Toute sorte d'arme offensive qui avoit un long bois ou manche » (Furetière).
3
Pique - Voir froisser une picque jusques dans la main (IV, 1, 58).
« Le President Fauchet dit que ce mot a donné le nom aux Picards, & à la Picardie, qu'il pretend être moderne, à cause qu'ils ont renouvellé l'usage de la pique, dont le nom est derivé de pique » (Furetière).
4
Piquer Il estoit mesme un peu picqué contre luy (IV, 4, 831). « Offencer, irriter par quelque action, ou quelques paroles » (Richelet). 4
Piquer après Piquer après un cerf (III, 8, 353 verso). « On dit en Fauconnerie, Piquer aprés la sonnette, pour dire, que le Fauconnier suit l'oiseau » (Furetière). 3
Piralide La Piralide ardente (IV, 1, 104).
« Pyrale. Insecte nuisible de l'ordre des lépidoptères » (Littré). « Insecte qui vit dans le feu » (Grand Robert). « On a conseillé pour détruire les papillons, d'allumer la nuit de petits feux auxquels viennent se brûler les pyrales » (Larousse du XIXe siècle).
Ronsard η écrit dans l'Élégie XI : « La Pyralide, / Animal né de feu, qui se nourrist en feu » (Éd. Blanchemain, IV, p. 268).
4
Piteux « Digne de pitié, qui excite la pitié » (Huguet). 2
Pitoyable « Sensible à la pitié, charitable » (Huguet). 2
Pitoyable Je voy la pitoyable compassion que vous avez de mon malheur (IV, 2, 175).
« PITOYABLE, se dit aussi de celuy qui a des sentimens de compassion pour les miseres d'autruy » (Furetière). « Il vieillit en cet emploi, et pour l'employer il faut en bien choisir la place » (Littré).
4
Placard Un grand papier en façon de placard (III, 8, 352 recto). « Feuille de papier étenduë, propre à afficher & appliquer contre une muraille. Les Edits à reglements qu'on veut publier & afficher se mettent en placard » (Furetière). 3
Plain - Regarder à plain. Regarder fixement. L'expression n'est pas dans les dictionnaires du temps. 1
Plain - Il donnoit tout à plain (IV, 2, 226).
« Directement » (DMF).
- Ell'est en lieu plain (IV, 4, 713).
« Qui est uni & sans inégalités, sans haut, ni bas » (Furetière).
4
Plaindre Plaindre verbe transitif, conjugué avec l'auxiliaire avoir. « Regretter. Plaindre son argent, son temps, sa peine. Employer ou donner à regret, ménager, refuser de donner » (Huguet). 1
Plaindre Plaindre les services qu'on vous fait (III, 7, 280 recto). « Regretter » (Huguet). 3
Plaire Une préposition sépare généralement plaire de l'infinitif qui le suit, mais Huguet donne des exemples où, comme dans L'Astrée (II, 6, 369), la préposition manque. 2
Plaire - Vous plaist il m'obliger (IV, 4, 815).
« Quand ce mot signifie vouloir et qu'on l'emploie par honneur, il ne eut point ordianirement la particule après lui » (Richelet).
Vaugelas ne tranche pas aussi clairement. Il donne : « Il vous a pleu me faire », qui correspond à « l'opinion la plus commune » (p. 356). Supprimer le de après plaire s'avère une forme « de civilité de respect, et de courtoisie » (p. 357).
4
Plaire (se) - La pluspart des bergers n'aiment que pour se plaire (III, 5, 179 recto). « PLAIRE, se dit aussi avec le pronom personnel & absolument. [...] Quand cette veuve se pare, elle dit que c'est pour se plaire » (Furetière). 3
Plaire (se) - Les Dieux [...] se plaisent bien de nous rendre leurs Oracles si obscurs (IV, 1, 48).
« Il me plaist bien : Marque l'idée de plénitude, ou bien celle, proche, d'intensité ou de quantité » (DMF).
« Se plaire de. Se plaire à » (Huguet).
4
Plaisir Fait pour plaisir (III, 5, 200 verso). « Pour mon plaisir » (Estienne). 3
Plein La ville estoit pleine de Cryseide (III, 8, 355 verso). « Etre exclusivement préoccupé par » (DMF). 3
Plein pied À plein pied de la Cour (III, 4, 135 verso). De plain-pied avec. À plein pied est dans Cotgrave. 3
Pleurer Pleurer à pleins yeux (III, 11, 479 verso). Cette expression imagée est aujourd'hui remplacée par « pleurer à chaudes larmes ». « Pleurer à pleins yeux » apparaît dans Poil de carotte cité dans le CNRTL. 3
Pleussent Imparfait du subjonctif du verbe Plaire. Remplacé par plussent dans l'édition de 1621. Pleussent figure dans l'Ode de Baro. 3
Plier Plier les espaules. Voir Espaules. 1
Plomb « A pied de plomb, avec pieds de plomb. Avec lenteur » (Huguet). « À pied de plomb. Slowly, dully, heavily. with leaden heeles » (Cotgrave). D'Urfé préfère « à pas de plomb ». 2
Plomb Le Temple ayant sa couverture de plomb (III, 2, 28 recto). « Les grandes Eglises sont couvertes de plomb » (Furetière). 3
Plomber « Frapper, meurtrir. Plombez vostre estomac » (Huguet). Estomac signifie Poitrine (Huguet). 1
Plume Vous estes encores dans la plume (III, 5, 194 recto). « Duvet. Lit de plume » (DMF). 3
Plus « Désormais, encore » (Huguet).
Rien plus. « Exprimant l'idée de ce qui ne peut être dépassé » (Huguet).
- « Le plus, la plus, les plus » (Huguet).
2
Plus Qu'est ce que tu reserves plus pour mon supplice (III, 12, 497 recto). « Davantage » (La Curne). 3
Plus Il se rendroit le plus traitable envers moy (IV, 2, 306).
Superlatif mis pour le comparatif (Huguet).
4
Plus avant La peine de faindre plus avant (III, 1, 6 recto). « En delà, plus loin » (Furetière, Article Avant). 3
Plustost La distinction entre plus tôt et plutôt ne se fait pas au XVIIe siècle. Furetière écrit : « PLUSTOST. Adv. de preference. Il faut plustost mourir que de renier sa foy. Il est plustost jour en été qu'en hiver. Il doit revenir au plustost, dans peu. Il falloit partir plustost pour arriver le premier. On mange plustost d'une perdrix que d'une esclanche ».
Vaugelas condamne « ceux du Languedoc [qui disent] plustost pour auparavant » (p. 136).
- Voir Tost.
1
Plustost que Vingt et neuf siecles Gaulois ne seront point plustost escoulez, que sur tes rives viendra [...] (III, 3, 102 recto). « Plustost que. Avant de » (Huguet). 3
Poil - « Cheveux, chevelure » (Huguet).
« A l'égard de celuy de la teste, on le nomme plus ordinairement cheveux » (Furetière).
2
Poinçon « Un joyau dont les femmes se servent pour se parer leur teste, & pour arranger leurs cheveux en se coiffant » (Furetière). Le mot n'est pas dans Huguet. 1
Poinct (subs.) Sur le poinct de ses plus grandes caresses (III, 11, 468 verso). « Conjoncture. Etat » (Richelet). 3
Point (adv.) - Elle guerira et sans point de peine (III, 11, 455 verso).
- J'avois plus d'envie / De mourir en l'aymant, qu'helas je n'avois point / De conserver ma vie (III, 11, 486 recto).
« Point est très souvent explétif » (Huguet).
3
Point (adv.) Sans que cette belle fille y en ait point de part (IV, 4, 822).
La moindre part. « N'avez-vous point quelque argent sur vous ? En ce sens il vient de punctum, comme si on disoit, Il n'y en a pas un point, ou la moindre chose » (Furetière).
4
Pointe Pointe de diamant. « POINTE, se dit aussi des petits ferrements aigus » (Furetière).
- « Les plus belles pointes de diamant » (Furetière, Article Diamant)
2
Pointure « Piqûre. Coup qui pénètre, qui blesse, qui fait souffrir. (Fig.). Pointure s'emploie soit au sujet d'une souffrance physique, soit au sujet d'une souffrance morale » (Huguet). 1
Poitral « On emploie souvent la forme poitral », signale Huguet. C'est le poitrail, une partie du harnais. 1
Poix - Eaux empunaisies par la puante poix (III, 3, 102 recto).
« C'est un suc ou gomme qui se tire des bois gras, comme pins, ou sapins, qui servent de flambeau pour s'éclairer la nuit dans les pays de montagnes » (Furetière).
3
Poix - Donner le poix à toutes les choses (IV, 3, 505).
Graphie ancienne de poids (Huguet, Article Peser).
4
Police « Loix, ordre & conduite à observer pour la subsistance & l'entretien des Estats & des Societés. En general il est opposé à barbarie. Les Sauvages de l'Amerique n'avoient ni loix, ni police, quand on en fit la découverte » (Furetière). 2
Polir La voûte assez mal polie s'entr'ouvroit selon les vaines de la pierre (III, 6, 239 verso). « Rendre uni en sa surface, en oster toutes les inégalitez » (Furetière). 3
Polisseure La polisseure de la glace (IV, 4, 824).
« Le poli » (La Curne).
4
Pongnée « Pongnée, Poignée » (Huguet).
• Ce substantif se trouve en 1610 seulement, il est remplacé par poignée en 1621.
2
Pontife La Vestale qui estoit en garde estoit rudement chastiee par le Pontife (III, 2, 30 recto). Plutarque écrit dans la Vie de Numa (18 sq.) : « On attribue encore à Numa la fondation et l'organisation du collège des prêtres qu'on appelle Pontifes ; et il en fut lui-même, dit-on, le chef. Le nom de Pontifes vient, selon les uns, de ce que ces prêtres servent les dieux tout-puissants, maîtres de toutes choses : puissant se dit en latin potens. D'autres veulent que ce nom soit pris de l'expression conditionnelle s'il est possible de faire, en ce que le législateur ne prescrivait aux prêtres que les sacrifices qu'il leur était possible de faire, et ne les rendait pas responsables dès qu'il y avait empêchement légitime. Toutefois la plupart des auteurs préfèrent une étymologie que je trouve ridicule : le nom de Pontifes signifierait, à les en croire, faiseurs de ponts ; et on l'aurait donné à ces prêtres à cause des sacrifices qu'ils font sur les ponts, et qui sont les plus anciens comme les plus saints de tous. En effet, un pont se dit pons en latin. [...] Le grand Pontife remplit les fonctions d'interprète et de devin, ou plutôt d'hiérophante : il ne préside pas seulement aux sacrifices publics, mais il surveille encore ceux qui se font en particulier, et il prend garde qu'on n'y transgresse les ordonnances du culte ; enfin, c'est lui qui enseigne ce que chacun doit faire pour honorer les dieux, ou pour les apaiser ». 3
Pont-levis « Un pont qui s'éleve par le moyen d'une bascule, ou contrepoids, & qui se joint contre la porte » (Furetière).
Huguet donne cette curieuse expression : « Conscience à pont levis. Conscience peu scrupuleuse ». « A very large conscience », dit Cotgrave.
Voir Pont-levis η.
1
Portatif Je cherchay [...] ce qu'il y avoit de meilleur et de plus portatif (IV, 4, 875).
« Qui peut marcher, ou se transporter, ou estre transporté. [...] On aime les livres in 12. parce qu'ils sont portatifs, on les met en poche » (Furetière).
4
Porter Porté de cette considération (II, 8, 523).
Porter de n'est pas dans les dictionnaires.
Porter
 :
« Estre disposé à faire quelque chose, soit par sa propre inclination, soit par l'instigation d'autruy » (Furetière).
- « Patir, endurer » (Furetière).
- « Comporter » (Huguet).
2
Porter - Porter mes affaires avec passion (III, 4, 129 verso). « Porter. Soutenir » (Huguet). 3
Porter - Se porter à ce qu'il avoit tant des-approuvé (IV, 2, 314).
« PORTER, signifie encore, Estre disposé à faire quelque chose, soit par sa propre inclination, soit par l'instigation d'autruy. Cet enfant est de bon naturel, il se porte au bien » (Furetière).
- Le Roy porte avec tant de passion Bellimarte (IV, 2, 335).
Juxtaposition de l'acception ancienne et de la moderne.
- Elle m'a porté une parolle de la part du Roy qui est bien gratieuse (IV, 4, 765).
« Porter parole à quelqu'un, pour dire, luy faire des offres, des propositions » (Furetière). Ajouter un article avant parole donne l'impression que le roi sera cité. Il le sera effectivement après quelques délais (IV, 4, 766).
4
Porter d'argent Damon portoit d'argent à un Tygre (III, 1, 15 recto). Vocabulaire de l'héraldique. « PORTER, en termes de Blason, se dit des differentes qualitez & divisions d'un Escu » (Furetière). « L'ARGENT, en termes de Blason, signifie le blanc, & se represente par un Escu tout uni sans aucunes hacheures. Il est le symbole de la justice, de la pureté, de l'innocence, de la chasteté, de l'humilité, de la beauté, de la victoire, de la felicité, &c. » (Furetière). 3
Porter haut « On dit aussi, qu'un homme le porte haut, qu'il le porte beau, pour dire, qu'il sçait maintenir l'élevation où il est, qu'il fait de la despense » (Furetière). 2
Portière Il alloit à la portiere sur un tres-bon cheval (III, 12, 491 recto). « C'est une ouverture qui est au milieu de chaque costé d'un carosse qui n'est pas vitré, et par laquelle on monte en carosse » (Richelet). Le chevalier chemine à côté du chariot. 3
Poser Cabane [...] posee assez proche de Lignon (IV, 2, 226).
« Placer » (Huguet).
4
Possession Sembloit qu'ils ne fussent venus à la suitte du Roy, que pour m'y laisser presque en possession (III, 4, 127 verso). L'absence de complément après laisser en possession rend la formule obscure. « Remettre qqn en la possession de qqn. Livrer qqn à qqn » (DMF). 3
Poudre de Cypre Richelet explique : « Poudre de Cipre ; poudre de Chipre. L'un et l'autre se dit, mais le prémier est le meilleur. Poudre qu'on vend chez les parfumeurs. C'est un composé de racine d'iris, de civette, de musc, dont on se sert pour dessécher & poudrer les cheveux ». Ce produit aurait servi de base à un parfum de Guerlain en 1840, et à un parfum de Coty en 1917 (Wikipédia, 5 décembre 2012).

• Cette poudre blanchit les cheveux d'Hylas (III, 7, 275 verso).
3
Pour « Pour, exprimant l'idée de cause » (Huguet). 2
Pour - Il se rend hardy pour les discours ouïs (III, 10, 447 verso).
Donner pour coppie (III, 4, 152 recto). « Dans l'intention, à l'effet » (La Curne).
Pour coup qu'on luy donnast, il ne se put esveiller (III, 7, 300 recto). « Malgré » (La Curne).
- Pour certain (III, 9, 368 recto). « Certainement » (DMF).
- Pour loing que je m'esloignasse (III, 12, 531 verso). Cette forme n'est pas expliquée dans les dictionnaires du temps. Littré donne seulement : « Pour précédant un adjectif, et suivi de que a le sens de quelque.... que. Vous savez que, pour matin que je sois levé, je vous ai toujours trouvé dans cette chambre, BALZ. liv. VII, lett. ».
- Mourir pour une fois (III, 12, 543 verso). Mourir tout de suite, une fois pour toutes.
3
Pour - Il se teust pour quelque temps (IV, 3, 499).
Pendant. « Indique le temps dans le passé » (La Curne).
- Voyla donc mon advis, pour le commencement (IV, 4, 700).
« Quant à » (Furetière).
- Pour ceste heure (IV, 4, 903).
« POUR, se dit aussi en parlant de la qualité de la saison, de l'occasion.[...]. Je n'ay sceu que luy répondre pour l'heure » (Furetière).
4
Pour encore « Pour le moment, à cette époque » (Huguet). 1
Pource « POURCE, marque quelquefois la cause. Ils en sont, & pourquoy ? Et pource qu'ils ont de l'argent dans leur bourse. Dans les lettres de Chancelerie le dispositif commence avec cette formule : Pource est-il que nous desirant subvenir à nos subjets, &c » (Furetière). 2
Pource Pource resolvez-vous de nous chasser (IV, 3, 446).
Les dictionnaires ne donnent pas de cas de pource qui ne soit pas suivi de que. Il faut peut-être lire pour ce.
4
Pourchasser « Procurer » (Huguet). 2
Pourchasser Le bien que par sa bonté il nous pourchassoit (IV, 2, 316).
Le DMF précise : « Chercher à provoquer, à susciter qqc. (surtout de négatif) ».
4
Pourpoint « Habillement d'homme pour la partie superieure du corps depuis le cou jusqu'à la ceinture » (Furetière). 1
Pourpre - « Subst. fem. Petit poisson de mer à coquille. [...] Elle porte en son gosier une veine blanche qui enferme une liqueur de couleur de rose parfaitement rouge, tellement estimée par les Anciens, qu'on en teignoit les habits des Rois & des Empereurs [...] on a trouvé le moyen d'en faire de plus belle, & à moindres frais avec de la cochenille, ou de la graine d'écarlate » (Furetière). 1
Pourpre II, 12, 844. « Subst. masc. en termes de Medecine, est une espece de peste ou fievre maligne qui paroist par des eruptions sur le cuir semblables à des morsures des puces, ou de punaises, ou de grains de mil, ou de petite verole. Elles sont rouges, citrines, tannées, violettes, azurées, livides, ou noires ; & quand elles paroissent en grande quantité, c'est bon signe » (Furetière).
II, 12, 885. « Subst. masc. en termes de Blason est, selon quelques-uns, une des cinq couleurs des Armoiries mêlée de gueules & d'azur, tirant sur le violet ; selon les autres, de noir & de rouge, ou de la couleur de mauves. Elle signifie temperance, abondance, liberalité, dignité, & autorité, foy, pieté. La plus-part de ceux qui ont écrit du Blason, [...] n'admettent point le pourpre pour couleur, n'étant pas simple, mais composé du mêlange égal de quatre autres. Ils le font passer pour un esmail mitoven tantôt couleur, & tantôt metail. [...] Il est representé en graveure par une hacheure en barre, tirant de l'angle gauche du chef à l'angle droit de la pointe » (Furetière).
2
Poursuite « Signifie aussi le soin qu'on prend de solliciter, ou faire reüssir une affaire » (Furetière). 2
Pourtant « Pour cela, pour cette raison, c'est pourquoi » (Huguet). 2
Pourtrait Portrait. « Il faut dire portrait, & non pas pourtrait avec un u, comme la pluspart ont accoustumé de le prononcer & de l'escrire [...] depuis dix ou douze ans, ceux qui parlent bien disent arroser, fossé, chose, sans u » (Vaugelas, p. 340).
• La première partie de 1607 donne portrait dans la plupart des cas. L'édition de 1621 le remplace par pourtrait.
1
Pourtrait • Dans la deuxième partie, en 1610 et en 1621, pourtrait est la forme la plus fréquente. Il arrive que l'édition de 1621 remplace pourtrait par portraict (II, 4, 229). 2
Pourtrait • Dans la troisième partie, pourtrait reste la forme la plus fréquente. Cependant, en 1621, il arrive que le moderne portrait remplace portraict et pourtrait (par exemple III, 5, 205 recto). 3
Pourvoir « Avoir soin des choses, que rien ne manque, que tout soit en bon ordre » (Furetière). 2
Pousser (se) « Se pousser. Pousser, croître » (Huguet). 2
Pouvoir « Ne pouvoit pas-mais de sa desobeissance » (I, 8, 229 recto). « Je n'en puis mais, pour dire, Je n'en suis pas cause, j'en suis innocent, je n'en suis pas responsable » (Furetière). « Cette façon de parler est ordinaire à la Cour, mais elle est bien basse pour s'en servir en écrivant » (Vaugelas, p. 142).
• En conjugant le verbe Pouvoir, Maupas donne : « Je peu, j'ay peu » (p. 236). Il recommande qu'on distingue la prononciation de peux et de pu, et note que beu se prononce bu (p. 241).
1
Pouvoir (se) - Elle s'est pu retirer (III, 8, 333 recto). Se pouvoir suivi par un infinitif équivaut à pouvoir suivi par un verbe pronominal.
- Plus encores s'il s'en peut (III, 9, 382 recto). Les dictionnaires donnent bien s'il se peut, mais non s'il s'en peut sans complément.
3
Pratique « Exercice d'un métier, d'une profession.
Entreprise, menée, intrigue » (Huguet). Ce substantif a dans L'Astrée le sens que lui donne Furetière : « Se dit ordinairement de l'usage du monde, des coustumes, des modes, des choses à quoy on s'applique » (Furetière).
• Ce substantif est souvent remplacé dans la première partie par un mot plus précis (Voir Variantes).
1
Pratique Dans la troisième partie (comme dans la deuxième), pratique n'est jamais remplacé par un synonyme. Voir par exemple III, 4, 133 recto. 3
Pratique Le substantif possède toujours le sens donné par Furetière, mais avec parfois la graphie donnée par Huguet.
- Je n'aurois jamais ny amitié, ny practique avec eux (IV, 2, 362).
- L'estroitte practique que vous avez avec le Ciel (IV, 3, 481).
4
Pratiqué Il prit le chemin [...] dont il estoit fort pratiqué (IV, 5, 940).
« Expérimenté » (Huguet).
4
Pratiquer « Converser avec quelqu'un, avoir familiarité avec luy » (Furetière). « Rendre favorable, attirer à soi, gagner à sa cause, convaincre ; essayer de rendre favorable, d'attirer à soi, de gagner à sa cause, de convaincre » (Huguet). 1
Préau « Petit pré. Il est peu en usage au propre, & se dit au figuré d'une cour de Conciergerie, ou prison » (Furetière). C'est l'entrée du temple d'Astrée (II, 5, 275). 2
Précipiter L'ayant veu precipiter dans les eaux (III, 1, 2 verso). Huguet signale que précipiter, intransitif, signifie « se précipiter ». 3
Prefix Le temps prefix (III, 2, 55 verso). « Terme certain, marqué & determiné » (Furetière). 3
Pregnant Les grandes et plus pregnantes affaires (III, 12, 525 verso). « Raisons pregnantes. Plaine, apparent, important, or pressing reasons » (Cotgrave). 3
Prejudiciable Une si grande et prejudiciable offence (III, 12, 525 verso). « Qui nuit, qui porte prejudice » (Furetière). 3
Premier Qui premier en aura l'envie (III, 7, 267 verso). « D'abord. Pour la première fois » (Huguet) 3
Prendre - « Prendre une conclusion. Terme de Palais. Prendre des conclusions, c'est former une demande, y conclurre sur le Barreau, ou au Parquet » (Furetière).
- « Prendre les choses à la rigueur, au pied de la lettre » (Furetière).
- Prendre [sa] demeure (II, 12, 825) n'est pas dans les dictionnaires. On trouve seulement « Prendre séjour » (DMF).
2
Prendre - Elle avoit pris un lieu plus retiré (IV, 1, 52).
Prendre un lieu pour choisir un lieu n'est pas dans les dictionnaires. Huguet donne seulement : « Prendre son adresse, prendre une adresse, prendre adresse. Prendre une direction, une route ».
- Pourquoy [...] ne prenez vous asseurance du contraire (IV, 2, 191).
« Prendre assurance » est dans le DMF (Article Prendre).
- Je prendray accés aupres d'elle (IV, 4, 676).
Le DMF donne « Prendre accès de qqn » et « Prendre son accès vers qqn ».
- Prendre quelque volonté d'avoir agreable (IV, 4, 775).
« Prendre un sentiment, une volonté [...] il luy print volunté » (DMF).
- Prendre exemple à vostre obeissance (IV, 4, 851).
« Prendre exemple à qqn / qqc » (DMF). Les autres dictionnaires préfèrent « Prendre exemple sur ».
- Si je prenois cette volonté (IV, 4, 873).
Vouloir. Le DMF donne Prendre volonté mais à la forme impersonnelle.
- Prendre le moindre soupçon (IV, 4, 876).
Soupçonner. Le Dictionnaire de l'Académie (1694) donne : « Prendre soupçon ».
- Prendre un sommeil asses reposé (IV, 4, 909).
« Le sommeil prend aux gens âgés aprés le repas » (Furetière, Article Sommeil).
4
Prendre (se) Il s'en prit à rire (III, 1, 25 recto). « Opter pour » (DMF).
- À quel moyen nous avons à nous prendre (III, 4, 130 verso). Se prendre à, « To contend with » (Cotgrave).
- L'amour jamais ne se prend aux choses mesprisables (III, 6, 247 recto). « Signifie aussi s'attaquer » (Furetière).
3
Prendre à Chacun prit à conduire celle qui luy estoit la plus agreable (III, 2, 32 verso). À signifie ici pour.
Le DMF donne « Prendre à inf. Commencer à ».
Pour dire commencer à, Huguet donne prendre de, non prendre à.
3
Prendre garde - « Prendre garde, c'est observer quelque chose, espier, se precautionner » (Furetière). 1
Prendre garde (se) Elle se prit garde des yeux (III, 10, 424 recto).
La forme pronominale est dans Huguet, non dans Furetière.
3
Prendre garde (se) - Sans se prendre garde de personne (IV, 2, 256).
« Se prendre garde de qqc. "Constater qqc." » (DMF).
4
Prendre heure (jour) Ayant pris l'heure (III, 8, 344 verso).
« Prendre jour & heure, c'est convenir du temps pour terminer quelque affaire » (Furetière). « Prendre une heure » a la même signification (Dictionnaire de l'Académie, 1694). D'Urfé, lui, met un article défini avant heure.
3
Préparer - « Se preparer de. Se préparer à » (Huguet). 2
Préparer Se preparer de s'en aller (III, 2, 32 recto).
Se préparer de est dans Huguet, non dans Furetière.
3
Prescher Prescher ses loüanges (IV, 2, 314).
« PRESCHER, signifie aussi, Dire & repeter plusieurs fois la même chose » (Furetière).
4
Présence Sa belle presence (III, 6, 222 verso). « Aspect, apparence, mine, air » (Huguet). 3
Présider « Gouverner, estre maistre » (Furetière). 2
Pressant Un si pressant desplaisir (IV, 3, 497).
« On dit, qu'Une douleur est pressante, pour dire, qu'Elle est aigüe & violente » (Dictionnaire de l'Académie, 1694).
4
Presser Pressé des ennemis.
« Presser. Estre pressé. Souffrir » (Huguet).
1
Presser - Voix pressee (II, 1, 7).
« Pressé. Souffrant » (Huguet).
- Calydon pressoit (II, 11, 693).
« Poursuivre vivement, tant au combat, qu'à la dispute » (Furetière).
2
Presser - Impatiente, ou plustost pressee des nouvelles qu'elle avoit receuës (III, 12, 490 verso).
« Empressé » (Godefroy - Complément).
3
Presser - Le mal qui la pressoit (IV, 2, 178).
Oppresser.
- Je ne dis pas pressee, mais priee seulement (IV, 2, 187).
« Poursuivre vivement » (Furetière).
4
Prest Preste de les engloutir (II, 12, 769). « Prest de. Près de » (Huguet).
Furetière, à l'article Prest, ne distingue pas près de et prêt à, mais donne : « Ce General est tout prest de donner bataille, de camper. La ville est preste à se rendre ».
2
Présumption Enflé de presumption (III, 8, 343 verso). Godefroy donne seulement Presumptif.
Presesumption
est remplacé par presomption dans l'édition de 1621.
3
Présupposer Vous presupposez que vos reproches ont esté cause de cette amour (III, 9, 405 recto).
Je n'ay point mis ceste condition, parce qu'elle doit estre la premiere presupposée
(III, 7, 326 verso).
« Faire estat qu'une chose est de telle & telle maniere, pour fonder là-dessus quelque raisonnement » (Furetière). Voir Présupposition η.
3
Présupposer Cette offense que tu presuppose, n'est qu'en imagination (IV, 3, 458).
« Suposer » (Richelet).
4
Présupposition Consequences qu'elle tire de ses presuppositions (III, 9, 402 verso). « Croyance qu'on a qu'une chose est, ou peut être ainsi. Il y a des presuppositions qui sont fausses, dont on tire neantmoins des veritez certaines, comme il arrive en la regle de fausse position de l'Arithmetique, ou de l'Algebre » (Furetière). Voir Présupposition η. 3
Prétendre Suivi d'un complément direct : « Ce Prelat pretend un chapeau pour la recompense d'une telle negociation » (Furetière). 2
Prétendre La victoire qu'injustement il pretend (III, 9, 392 verso). « Espérer d'avoir » (Richelet). 3
Prétendre de Que pretendez vous de faire (III, 8, 357 verso). « Viser à » (DMF). 3
Prétention Quelle pretention pouvez vous avoir en cette amitié (IV, 4, 820).
« Droit bien ou mal fondé qu'on a sur quelque chose » (Furetière).
4
Preuve Vous me receutes à la preuve de ceste adventure (III, 3, 96 recto). « Épreuve » (Huguet). 3
Preuver Pour preuver (III, 9, 404 verso). « Quelques-uns disent preuver, mais ordinairement on dit et on écrit prouver » (Richelet). Vaugelas aussi préfère prouver et esprouver (p. 134). 3
Prévaloir Nous ne prevalons sur le reste des animaux que par l'entendement (IV, 3, 451).
« V. neut. qui se dit souvent avec le pronom personnel. Tirer vanité & avantage » (Furetière). « Surpasser, valoir mieux » (La Curne).
4
Prévalusse Ne voulant pas que je me prevalusse du credit (III, 6, 234 recto). Imparfait du subjonctif du verbe Prévaloir. 3
Prévenir « Estre le premier à faire la même chose, gagner les devants dans les jeux de course » (Furetière). 2
Prévenir Prevenir les Juges par des flatteries (III, 10, 443 verso). « Donner les premieres impressions » (Furetière). 3
Prévenu « C'est un homme bien prevenu, bien preoccupé » (Furetière). 2
Prévisse Verbe Prévoir à l'imparfait du subjonctif. 1
Prévoir Affin de prevoir tout ce qui pourroit advenir (IV, 4, 880-881).
«  Pourvoir pour remédier, pour écarter, pour obvier » (Huguet, Article Preveoir).
4
Prévoir à Il le fera massacrer à son retour si nous n'y prevoyons (III, 12, 540 verso). « Pourvoir » (Huguet, Article Preveoir). 3
Prier - Pour prier les Dieux ou pour les remercier (IV, 2, 252).
« Adresser une demande à Dieu, aux hommes » (La Curne).
- Le Roy vous ayant priee de cette affaire (IV, 4, 839).
« Prier qqn de qqc. Demander l'aide de qqn » (DMF).
4
Prier que « Prier que. Demander que » (Huguet). 2
Primice On mettoit les primices et les fruicts (III, 2, 28 verso). « Premice. Les primices. Les premiers, ceux qui sont au commencement » (Huguet).
L'édition de 1621 remplace primices par premices.
3
Principal Il y avait quantité de Dames principales (III, 4, 128 recto). « PRINCIPAL, se dit aussi des personnes notables » (Furetière). 3
Prindrent print, prins Verbe Prendre au passé simple. On dit aujourd'hui pris, prit ou prirent. La forme prindrent devient archaïque au cours du XVIIe siècle.

Maupas donne et la conjugaison archaïque et la conjugaison moderne dans sa Grammaire (p. 342). Vaugelas déclare « Print, prindrent, prinrent. Tous trois ne valent rien, ils ont esté bons autrefois, & M. de Malherbe en use tousjours » (p. 98). Prindrent, constate Brunot, « n'est pas rare du tout, non plus que ses analogues, dans les textes » (III, p. 322).
1
Prinse - Être tellement prinse du sommeil (IV, 3, 529).
Forme archaïque de Prise, participe passé de Prendre (Huguet). « Le sommeil prend aux gens âgés » (Furetière, Article Sommeil).
- Être prinse des enchantements que la nature a mis en ses perfections (IV, 3, 541).
« Prins. Épris » (Huguet).
4
Prinssent, prinssiez Verbe Prendre à l'imparfait du subjonctif. 3
Pris Pris des beautez (III, 10, 423 recto). « Épris » (Huguet). 3
Prisse Verbe Prendre à l'imparfait du subjonctif. 1
Prissent (iez) Verbe Prendre à l'imparfait du subjonctif. 1
Pristes Verbe Prendre au passé simple. On dit aujourd'hui prîtes. 1
Privauté Le peu de privauté qui estoit entr'elles (III, 2, 51 verso). « Grande familiarité » (Furetière). 3
Privé « Se dit aussi de ce qui est familier & apprivoisé. Ces deux amis sont fort privez & familiers ensemble, ils se disent tous leurs secrets, leurs defauts » (Furetière).
« Privé (adj.). Familier, intime. Simple, familier. Privé (subst.). Familier, intime, ami intime » (Huguet).
1
Privément « D'une maniere fort privée & familiere » (Furetière). 1
Privilège « Passedroit, avantage particulier dont jouït une personne à l'exclusion de plusieurs autres, qui luy vient par le bienfait de son Souverain. [...] Les privileges du Roy pour l'impression des livres sont accordez, afin que l'Auteur en tire quelque recompense pour son travail, mais par l'evenement il n'est qu'à l'avantage du Libraire. Il est deffendu aux Libraires par les Articles 33. & 77. de leurs Statuts, d'obtenir aucune prolongation de privilege pour la reimpression de leurs livres, s'il n'y a du moins augmentation du tiers » (Furetière).
• H.-J. Martin explique que, dès le milieu du XVIe siècle, les éditeurs (appelés libraires) demandent à l'État de protéger leurs publications pour éviter copies et contrefaçons (I, p. 50). Le monopole qu'ils obtiennent pour un manuscrit, appelé privilège η, interdit « à toute personne de mettre le dit ouvrage sous presse, ou d'en vendre des exemplaires venus de l'étranger » (I, p. 444). Accordé à titre gracieux pour une période qui va de cinq à dix ans, le privilège « apparaît comme une grâce royale » (I, p. 440). Il ouvre la porte à la censure. Renouveler un privilège est difficile ; il faut que le manuscrit original ait augmenté.
1
Prix « Au prix. En comparaison » (Huguet).
Richelet donne : « Téophile [sic] n'est rien au prix de Malherbe ».
2
Prix faict Achever le prix faict qu'il a commencé (III, 7, 278 recto). « Besogne entreprise, tâche » (Huguet). 3
Procéder « Provenir » (Huguet). 2
Procéder (subs) Vostre proceder (IV, 2, 292).
Verbe substantivé relevé par Huguet : Procéder ou Procédé.
4
Prochain (adj.) « Qui n'est pas loin. Il se dit du temps & du lieu » (Furetière). Il donne aussi cet exemple : « Il faut fuir l'occasion prochaine du peché ». 2
Proche Estre plus proche à ce perfide que je l'ay esté (IV, 2, 284).
Proche à est dans le DMF seulement, et sans exemples.
4
Procurer Obligé de procurer que le grand Tautates soit honoré (III, 5, 208 verso). « Prendre soin de » (Huguet). 3
Procurer de Il procure de vous remettre (III, 11, 457 recto). « Chercher à, s'efforcer de » (Huguet). 3
Profession - « Enseignement. Doctrine » (Huguet). Le substantif a dans L'Astrée le sens que donne Furetière : « Se dit aussi en parlant du choix d'un genre de vie, & même de la bonne ou mauvaise maniere d'y reüssir » (Article Faire). 1
Profession Faire particuliere profession de ne parler jamais ... (III, 4, 139 verso). « Ce mot se dit souvent au figuré. Par exemple on dit. Il fait profession d'être savant. C'est à dire, il se pique d'être savant » (Richelet). 3
Profit Faire profit de ses voyages (IV, 4, 692).
Furetière donne faire profit là où nous dirions tirer profit.
4
Profiter Profiter le temps le mieux qu'il luy sera possible (III, 5, 190 verso). « Tirer profit de, employer avec profit » (Huguet). 3
Profond - « Fond. Au profond. Au fond » (Huguet).
- Substantif. « Profondeur » (Huguet).
2
Profond Jugement profond (III, 6, 251 verso). « PROFOND, est aussi un terme augmentatif, & se dit de ce qui est grand & extraordinaire » (Furetière). 3
Profondité « Profondeur » (Huguet).
• « Cette profondité qu'il prend un malin plaisir à conserver », notent deux critiques qui apprécient le travail d'Éric Rohmer adaptant la langue d'Honoré d'Urfé (Baecque et Herpe, p. 461).
2
Progrès « Marche, cours, développement » (Huguet). 2
Prolonger Prolonger un peu vostre retour (III, 11, 482 verso). « Retarder, différer » (Huguet). 3
Promener Elles se mirent à promener (III, 5, 171 recto) signifie elles se promenèrent. Richelet souligne que promener à la forme transitive signifie plutôt « aider à marcher, mener doucement ». 3
Promenoir - « Outre la forme actuelle promenoir, on emploie aussi proumenoir. — Pourmenoir. Promenade » (Huguet). 1
Promenoir Voir les promenoirs (III, 5, 194 verso). « PROMENOIR. s. m. Lieu propre pour se promener, où on a accoustumé d'aller à la promenade » (Furetière). 3
Promettre Promettre que (III, 4, 157 verso). « Assurer » (Huguet). 3
Propos « À propos. Convenance » (Furetière). 2
Proposer « Exposer » (Huguet). 2
Proposer Il vous propose et promet le secours (III, 11, 459 verso). « PROPOSER, signifie aussi, Promettre des prix, des recompenses à celuy qui aura bien reüssi en quelque chose qu'on luy marque » (Furetière). 3
Propre « Ce qui est convenable » (Furetière). 2
Propre Le propre contentement qu'Arimant eust pu avoir (III, 9, 367 verso). « Propre. Même. Propre se met indifféremment avant ou après le substantif auquel il se rapporte » (Huguet). 3
Proprement - Vêtir proprement. « Élégamment, somptueusement » (Huguet). À l'article Propre, Furetière donne « bien net, bien orné », et Richelet, « d'une maniere honnête & raisonnable ». 1
Proprement Estre proprement. « Précisément, exactement, vraiment » (Huguet). 2
Prospective Graphie de perspective en 1607. « Prospective. Perspective » (Huguet). 1
Protestation « C'est un engagement de paroles qu'on fait à une personne, par lesquelles on lui promet & on l'assure de quelque chose » (Richelet). 2
Protestation - IV, 1, 3. Elle pria Phillis de se lever aux protestations de la crainte qu'elle avoit que [...]. « Affirmation » (La Curne). De Protester, « Déclarer, affirmer » (Huguet). Il faut sans doute comprendre : Elle la pria de se lever en affirmant qu'elle craignait ... 4
Protester « Promettre, assûrer fortement quelque chose » (Furetière). 2
Protester - Je proteste au grand Tautates (IV, 4, 878).
« Promettre quelque chose avec serment. Il lui avoit protesté » (Richelet).
4
Proumener Ce verbe archaïque est toujours remplacé dans l'édition de 1621 : Ces Dames s'alloient promener (III, 8, 338 recto). 3
Province Leurs forces et leurs provinces (IV, 4, 692).
« Partie d'un Royaume, d'une Monarchie, d'un Estat, qui se distingue ordinairement par l'estenduë d'une Jurisdiction spirituelle ou temporelle » (Furetière).
4
Prude femme « Preudefemme. Femme honnête et sage » (Huguet). 2
Prudemment « Sagement » (Huguet). 3
Prudence « Prudence. Sagesse. Science, habileté » (Huguet). « C'est la premiere des vertus cardinales, qui enseigne à bien conduire sa vie & ses mœurs, ses discours & ses actions suivant la droite raison » (Furetière). « C'est le dicernement de ce qu'il faut faire et ne pas faire pour être heureux » (Richelet). 1
Prudence « Prudence. [1° Prévoyance : [...] - "La memoire des choses passées est la prudence de ce qui est advenir" (Lett. de Pasq. III, p. 683) » (La Curne). 2
Prudence Dans chacune des parties du roman, prudence revient plus fréquemment que prudent. Dans la troisième partie, on rencontre 42 fois le substantif et 6 fois l'adjectif.
Présenter des « qualités voisines des allégories » pour analyser la psychologie favorise les développements ; c'est un trait qui caractérise le langage précieux (Lathuillère, p. 106-107).
Voir Notes des analyses η.
3
Prudence Cotgrave juxtapose l'acception ancienne et l'acception moderne : « Discrediton, circonspection, advisenednesse, warinesse ; cunning, skilfullnesse, knowledge ». Le roman aussi (Voir Notes η).
- La prudence de mon pere (IV, 2, 234).
Comme le père attend un meilleur parti pour sa fille, sa prudence ressemble à l'ambition, ou encore à l'habileté.
- Celui qui a créé les cieux possède et la puissance de les faire [et] la prudence de les conduire (IV, 4, 901).
Cette prudence ressemble à s'y méprendre à la providence.
4
Prud'homie « Preudhomme. Homme honnête et sage » (Huguet). « PRUD'HOMME. s. m. Ce mot signifioit autrefois, Homme sage, prudent & experimenté. Maintenant on ne le dit qu'odieusement, en parlant d'un vieillard, d'un bon homme qui vit à l'ancienne mode. Ce mot vient du Latin probus » (Furetière). 2
Prud'homie La preud'hommie de ce grand Druide (III, 3, 67 recto). La troisième partie donne au mot la graphie ancienne, preud'hommie, et une signification positive : « Prudhommie est une ferme et droite disposition de la volonté à suivre le conseil de la raison » (La Curne). 3
Pudicité « Chasteté, vertu qui fait abstenir des plaisirs illicites de la chair ... Une femme qui a perdu sa pudicité n'a plus rien à perdre » (Furetière). 1
Puis - « Depuis. [...] Après » (Huguet).
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Puis - « Moreover, furthermore », de plus (Cotgrave). 2
Puis après Il ne m'avint puis aprés comme à la Lune (III, 3, 81 recto). « Ensuite » (Huguet). 3
Puissance Si j'estois en ma puissance absoluë (IV, 4, 804).
« On dit, qu'Un fils est en puissance de père & de mère, pour dire, qu'Il ne peut disposer de rien sans le consentement de son père & de sa mère. [...] Une femme est en puissance de mari, pour dire, qu'Elle ne peut contracter ni disposer de rien sans être autorisée de son mari » (Dictionnaire de l'Académie, 1694).
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Puisse En chose que je puisse, vous, ny elle ne serez jamais refusees (IV, 1, 78). Verbe Pouvoir au subjonctif.
« Qu'on peut. Qu'il est envisageable de faire, de trouver » (DMF).
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Purger Il nous purge de nos fautes (III, 9, 372 recto). « Se dit figurément en choses morales. Il est bien difficile de purger la ville de filous » (Furetière). 3
Pusse(s), Pussions, Pussiez, Pussent Verbe Pouvoir à l'imparfait du subjonctif. 1
Pustes Verbe Pouvoir au passé simple. 2