Banderole
Première édition critique de L'Astrée d'Honoré d'Urfé


SignetGLOSSAIRE - A

À À est une préposition dont le sens et l'emploi ont beaucoup changé.
Maupas écrit que « à est [...] de valeur du tout indefinie. [...] Quelquefois semble valoir Pour [...]. Finalement est mis et employé en plusieurs phrases adverbiales, comme à tant, à tard, à tort, à droit, à tort et à travers, à peine, grand partie desquelles supplee plusieurs adverbes Latins » (p. 68-69).
Huguet relève la fréquence du a explétif chez les Gascons.
Furetière encore déclare : « À est le plus souvent adverbe, non seulement de temps & de lieu, comme, Cela vient à tard. cela est à terre : mais encore il se joint à presque tous les mots de la Langue pour faire des phrases adverbiales qui tiennent de leurs significations & de leurs manieres ».
• Le Dictionnaire de l'Académie donne une longue liste de cas où on utilise À, puis conclut : « Il y a encore d'autres usages de la préposition a qu'il seroit difficile de determiner icy, et qui se verront dans la suite de ce Dictionnaire ».
• Dans L'Astrée,
À précède les indications de lieu : À main gauche.
À la chambre.
« CHAMBRE, s'employe aussi en parlant des valets qui rendent service à la chambre » (Furetière).
À précède les indications de temps : à longues années, à matin, à la nuit, à ce voyage, au mesme temps, au temps que je lui ai donné.
- À est mis à la place de de pour indiquer la possession en 1607 ; mais l'édition de 1621 préfère de (I, 7, 205 verso).
Voir aussi Au.
1
À A cette fois (II, 6, 340). Pour cette fois. L'expression n'est pas dans les dictionnaires.
À. « Quelquefois elle signifioit Par [...] Dans ce sens, c'est la préposition latine A ou Ab » (La Curne).
À nage. « Passer une riviere à nage » (Furetière).
À ses yeux. Dans. « Signifieth sometimes [...] In » (Cotgrave).
À ces maladies (II, 4, 201), à ses ennemis (II, 12, 827) « Pour » (La Curne).
À petites troupes (II, 7, 434). « En » (La Curne).
Esmouvoir à compassion (II, 12, 770) et aussi Esmeuë à quelque compassion (III, 4, 139 verso).
« Exciter, engager, pousser à » (Huguet, Article Esmouvoir).
2
À La troisième partie présente un nombre élevé de À et de Au.
- « À est quelquefois preposition, mais rarement. Il est à la ville, aux champs » (Furetière).
Aux villages (III, 2, 41 recto).
Aller à la portière (III, 12, 491 recto).
- « À s'emploie dans le sens d'avec pour marquer l'accompagnement, le moyen, la manière » (Huguet).
Rare aux changemens (III, 3, 68 verso).
- « À pour avec, marquoit un rapport d'union [...] Un rapport de cause instrumentale. » « Quelquefois on l'employoit pour En » (La Curne).
Je serois ennuyeux à vous raconter (III, 3, 115 verso).
- À « marque un rapport d'appartenance » (La Curne).
Le nez à ma nourrice (III, 7, 299 recto). L'édition de 1619 donnait pourtant de ma nourice.
À peut signifier dans :
S'en servir aux prosperitez (III, 1, 17 recto).
Être aux bonnes grâces (III, 2, 52 recto).
S'avancer aux bonnes graces (III, 3, 63 recto). S'entremettre aux discours (III, 5, 201 recto).
Ne s'en servir qu'au mal-heur (III, 6, 229 recto).
À peut signifier chez :
Matière mieux disposée aux uns qu'aux autres (III, 5, 204 verso).
- « À devant un infinitif dans des phrases qui marquent le but, l'intention, l'effet » : (Godefroy)
Laisser à m'accommoder
(III, 7, 275 recto).
Ma voix ne trouve passage qu'à souspirer mes peines (III, 11, 486 recto).
- « Quelquefois elle signifioit Par » (La Curne).
Il se laissoit conduire à sa mere (III, 7, 279 verso).
- La préposition à peut être l'équivalent de dans (Sancier-Chateau, II, p. 101).
Entrer au chariot (III, 12, 491 recto).
Abandonner à ce besoin (III, 12, 494 verso).
3
À Voici les instances les plus étonnantes pour un lecteur moderne :
- Elle apperceut [...] à l'autre costé (IV, 1, 52). De.
« [À propos du regard, avec une idée de soupçon ou de complicité] À / de / sur / sus costé » (DMF).
- Je me suis laissee conduire à vous deux (IV, 1, 54). Par.
- À main gauche (IV, 1, 96).
- Ces soings [...] il les a changez au mépris (IV, 1, 128). En.
- L'autre seroit presque difforme au visage de leurs filles (IV, 1, 141). Dans.
- Ils se laissent entierement emporter à leur plaisir et à leur volonté (IV, 2, 216). Par.
- Honorable à la grandeur ny à la Majesté (IV, 2, 246). Pour.
- Je n'avois plus d'autres pensees qu'à luy estre agreable (IV, 2, 269). De.
- À quelle raison mespriser l'horreur (IV, 2, 361).
« A dans la signification de Pour, exprimoit un rapport de tendance, de cause finale » (La Curne).
- Elle courust à l'insolent (IV, 3, 371). Vers.
- Aux choses qui dépendent de nous (IV, 3, 464). Dans.
- Promettre à son langage est ce peut estre à dire
(IV, 4, 710). Dans son langage, promettre est dire [...]
- Parler à Ardilan à la premiere fois (IV, 4, 783). Dès.
- Vous voila à tout rompre (IV, 4, 810).
En train de. La Curne explique une expression voisine : « On l'employoit dans la conjugaison des futurs formés anciennement des verbes auxiliaires Avoir et Etre ; et alors cette préposition emportoit l'idée d'un temps à venir. On disoit "sont à ressusciter" sont pour ressusciter, ressusciteront » (Article À).
- Ce n'est pas une petite prudence à un Roy (IV, 4, 862). « Quelquefois on l'employoit pour En » (La Curne).
- La resolution de Gondebaut à vous vouloir contraindre (IV, 4, 870).
Les dictionnaires donnent Résolution de. Résolution à évoque Résoudre à.
- Nous avions assés à faire à ne nous laisser point acoster (IV, 4, 866).
Pour.
4
À bonne heure « De bonne heure » (Huguet). 1
À ceste heure Cette expression, comme pour ceste heure, peut signifier à ce moment-là (I, 10, 346 verso). Mais dans d'autres instances, elle signifie maintenant. « Ast' heure, asteure. A cette heure, maintenant » (Huguet).
- « A cette heure que nous sommes en repos, pour dire, Maintenant » (Furetière).
Vaugelas note que « tout Paris » dit à présent, mais lui-même préfère à cette heure (p. 234).
1
À ceste heure À ceste heure (IV, 1, 113).
La quatrième partie écrit généralement cette sans s (cette sorte, quelques lignes plus bas). La graphie archaïque subsiste pourtant quelquefois dans cette expression.
4
À côté - Au côté (droit ou gauche).
L'expression ne se trouve ni dans Huguet ni dans Furetière.
1
À côté Tournant les yeux a costé (III, 1, 16 verso). De côté. 3
À faute de Chacun chercha du papier, de peur qu'à faute d'en avoir [...] (III, 9, 382 verso). « A faute de. Faute de » (Huguet). 3
À juste cause Pour une cause juste.
« A cette cause. Pour cette cause » (Huguet).
2
À la vérité Conformément à la vérité.
Seul Littré donne un exemple, qui vient du XVIe siècle, pour cette expression : « Quand quelque fait est descrit à la verité et avec ses circonstances, encor qu'il ne soit parvenu qu'à mi-chemin, si peut-on tousjours en tirer du fruict, LANOUE, 662 ».
1
À la veue La rechercher mesme à la veüe d'Euric (III, 4, 144 recto). Devant. Furetière donne « Cela est à la veüe de tout le monde ». 3
À l'heure « Alors. Sur l'heure, tout de suite, dès ce moment » (Huguet). 1
À mauvaise intention « Toutes choses peuvent estre faites à bonne ou à mauvaise intention » (Furetière). 2
À mesme instant (temps) « Tout à un instant. Tout à la fois » (Huguet).
« A mesme temps. En même temps » (Huguet).
Vaugelas condamne à mesme temps : « Je ne conseillerais à qui que ce soit d'en user, ny en parlant, ny en escrivant » (p. 462).
• Cette expression est remplacée en 1621 par en mesme temps.
1
À mesme instant (temps) L'expression figure dans la deuxième partie de 1621. 2
À mesme instant (temps) À mesme temps figure encore dans la troisième partie de 1621 (III, 11, 465 verso). 3
À mesme instant (temps, heure) - À mesme temps Diane arriva (IV, 1, 119).
- À mesme heure (IV, 3, 556).
Le DMF donne seulement « en la mesme heure ».
4
À parler A parler [...] avec le commun, on l'entend (III, 2, 33 verso). En parlant. « À. Quelquefois on l'employoit pour En » (La Curne). 3
À part En son à part. « De son côté, seul » (Huguet).
• Cette expression est supprimée en 1621.
1
À quoy « Pourquoi » (Huguet). En revanche, dans Furetière (comme aujourd'hui) à quoy doit être suivi par bon pour avoir ce sens.
- Ce à quoi, ce pourquoi. À quoy peut aussi signifier à cela (I, 12, 387 verso).
• Voir aussi Quoy.
1
À quoy - À quoy retardons nous davantage (IV, 2, 329). 4
À toutes les fois Chaque fois.
L'expression ne se trouve ni dans Huguet ni dans Furetière. On peut la rapprocher de : « Il ne faut pas faire d'une chose à deux fois, c'est à dire, à diverses reprises » (Furetière, Article Fois).
1
Abaissé Littré explique ce qui sépare abaisser de baisser. « Baisser une chose, c'est la mettre plus bas qu'elle n'était ; abaisser, c'est la mettre plus bas qu'une autre ou du moins la faire descendre jusqu'à une autre qui était plus bas qu'elle ».
Le sens concret de abaisser ne pose pas de problème (abaisser la voix, III, 10, 428 recto). Mais Honoré d'Urfé utilise le participe passé abaissé en tant qu'épithète, et lui donne un sens particulier.
- Un homme si abaissé (III, 6, 251 verso) et certains chevaliers parmi les plus abaissez (III, 12, 533 recto) appartiennent à une classe sociale inférieure.
- Un courage si abaissé (III, 12, 524 recto) ou si r'abaissé (III, 6, 251 verso) est le contraire du courage, c'est la lâcheté. Abaissé est coordonné à vil (III, 2, 34 verso).
- Cependant, les esprits abaissés (III, 2, 34 recto) qui ne peuvent pas aimer au-dessus d'eux ne sont probablement pas des esprits bas, mais des esprits humbles, des esprits qui se seraient abaissés eux-mêmes (Voir la note I, 34 recto η).
3
Abatre Un courage vil et abbatu (IV, 1, 150).
« ABATRE, se dit figurément en Morale, des troubles & des afflictions de l'ame & du corps. Ce changement de fortune luy a abatu l'esprit & le courage » (Furetière).
4
Abatre (s') « Ce cheval est sujet à s'abatre, c'est à dire, à broncher, à tomber » (Furetière). 2
Abondance Couvertes d'abondance de vivres (III, 5, 201 verso). « Foison, affluence de plusieurs choses en un même lieu » (Furetière). 3
Abondant Le pays est assez abondant (III, 8, 345 verso). « Qui a abondance » (Furetière). 3
Abord « Lieu où l'on aborde » (Huguet). Écrit aussi abort.
À l'abord, comme d'abord, signifie au début.
- À l'abord (d'une personne) « se dit aussi de l'accés qu'on donne aux personnes qui ont à faire à nous » (Furetière).
- Abord signifie aussi (I, 3, 53 recto) « l'affluence des personnes, ou des marchandises qui arrivent en un même lieu » (Furetière). Cette acception n'est pas signalée par Huguet.
D'abord. « Du commencement, de la premiere veüe » (Furetière).
D'abord, signifiant tout de suite, est remplacé par incontinent en 1621 (I, 6, 164 recto).
1
Abord (d'abord que) « D'abord que. Dès que » (Littré). 2
Abord (d'abord que) - Daphnide admira cette gallerie d'abord qu'elle y fut entree (III, 3, 58 recto).
Phrase supprimée dans l'édition de 1621.
3
Abord (d'abord que) - D'abord qu'il vid le jeune Chevalier (IV, 2, 351).
« Du commencement, de la premiere veüe » (Furetière).
4
Aboucher (s') « Se pencher en avant, abaisser le visage, approcher la bouche » (Huguet). Furetière donne au mot son sens moderne : « Aborder quelqu'un de prés, conferer avec luy bouche à bouche ». L'Astrée donne au verbe son sens archaïque. 1
Aboy Aboy de Driopé (III, 1, 8 recto). « ABBOY. s. m. [...] Le cri, ou le japper d'un chien » (Furetière). 3
Abreuver « ABBREUVER, signifie figurément, Persuader quelqu'un de quelque chose » (Furetière). 2
Absent Absent de quelqu'un (III, 9, 370 verso). « Absent de qqn, de qqch » (Huguet). 3
Absinthe Écrit aussi Absynthe et Abcsinthes.
Connue depuis le XIIIe siècle, l'absinthe est une plante verte toxique. La liqueur extraite de cette plante, appelée « fée verte », très à la mode au XIXe siècle, a été interdite en 1915.
• L'absinthe s'emploie comme symbole d'amertume, écrit Huguet.
• « Selon Malherbe ; & selon Vaugelas, toûjours masculin », note Furetière. Vaugelas écrit : « Je l'aimerois mieux faire masculin, que feminin, non-obstant l'inclination de nostre langue, qui va à ce dernier genre plustost qu'à l'autre » (p. 527). Il ajoute « asbynthes, au pluriel n'est pas bon » (p. 527). Pour Patru, absinthe ne peut être féminin « que lorsqu'en ce genre il rompt un Vers, ou un hemistiche, ou fait quelque effet » (II, p. 666).
Absinthe est au masculin et au pluriel dans L'Astrée de même que dans La Sylvanire (p. 62), au masculin singulier dans Le Sireine (p. 124 et 125).
1
Absolument Pourquoy [...] ne dites vous absolument que c'est une Estrangere (IV, 1, 125).
« Sans restriction » (Richelet).
4
Abstraindre Nous abstraindre à une longue amour (III, 9, 384 recto). « Serrer, mettre à l'étroit. Astreindre, obliger » (La Curne). 3
Abuser - « Tromper, seduire » (Furetière). 2
Abuser Ne vous abusez de rien obtenir au contraire (III, 2, 35 verso). Le DMF donne « S'abuser de, Commettre la faute, l'erreur », et « S'abuser de qqc. (au point d'avoir le sentiment de se tromper ». Ce vers fort obscur pourrait signifier Ne croyez pas obtenir. 3
Abuser - Vous sçaviez bien que j'en estois abusee (IV, 5, 922). 4
Abuseur « Qui abuse, qui seduit, qui trompe » (Furetière). 1
Abysmer [Si les lieux) devoient estre abysmez [ils seroient] cachez dans la profondeur de la terre (IV, 3, 492).
« Jetter dans un abysme, y tomber, se perdre, se noyer [...] Il se dit plus ordinairement avec le pronom personnel, & plus au figuré qu'au propre » (Furetière).
4
Accent - « Certaine inflexion de voix » (Richelet).
- « Les Poëtes & les Amoureux se servent quelquefois du mot d'accent au plur. pour signifier la voix. Les accens plaintifs. les derniers accens. il expliqua sa passion par ces tristes accens » (Furetière).
2
Accerta Ou Acerta (III, 2, 29 verso). Coffre de parfums. Il s'agit probablement de l'Acerra, comme l'a noté Maxime Gaume (p. 129, note 130). Ce coffre est nommé par Du Choul (p. 325) en même temps que le simpulle que tient la Maxime. 3
Accez Le plus fort accez de mes desplaisirs (III, 9, 376 verso). « ACCÉS, se dit aussi en Medecine des retours de certaines maladies qui laissent quelques bons intervalles. Il a eu un petit accés de fievre [...]. Ce mot vient du Latin accessus, & accessio » (Furetière). 3
Accident « Aventure, événement » (Huguet). 2
Accointance « Connaissance, fréquentation, amitié » (Huguet). 1
Accolée Les ceremonies de l'accolee III, 12, 520 verso). Chez Godefroy, on trouve acoler (verbe substantivé) et acolier. Il s'agit de la moderne accolade, « une ceremonie dont on use quand on fait un Chevalier, lequel on embrasse en signe d'amitié » (Furetière). Huguet et La Curne donnent accolement. 3
Accommodé - « Disposer en vue de la commodité ou de la beauté, rendre commode » (Huguet). 1
Accommodé - Accommodé s'applique généralement aux choses, mais il peut aussi signifier « faire fortune, gagner du bien » (Furetière).
- Accommoder signifie aussi arranger, complaire ou encore s'habituer.
2
Accompagnable « Sociable » (Huguet). 2
Accomplir de Accomply de tant de perfections (III, 7, 314 verso). « Pourvoir, munir complètement. [...] une Histoire eloquente, accomplie des qualitez qu'elle doit avoir. AMYOT, Hommes illustres, aux Lecteurs » (Huguet). 3
Accomplissement L'accomplissement de ceste debte (III, 6, 232 verso). « Accomplir. Compléter » (Huguet). « Accomplir une dette » n'est pas dans les dictionnaires. 3
Accorder - « S'accorder à. Donner son assentiment, son approbation » (Huguet). 2
Accorder - Avant qu'il eust accordé son mariage (III, 7, 325 recto). « Consentir. Je vous accorde cette proposition » (Furetière). 3
Accort « Avisé, habile, rusé, qui a l'esprit vif ». Huguet signale aussi que « Accort est plusieurs fois cité comme un mot à la mode, emprunté à l'italien ». 1
Accostable « Civil, courtois, qui se laisse aborder facilement » (Furetière). 2
Accoster (s') Ce verbe est seulement transitif dans Furetière, mais Huguet donne « S'accoster de. S'approcher de, aborder ». 2
Accoudoir Bien attaché les crochets contre les accoudoirs de la fenestre (III, 7, 295 recto). « Lieu destiné pour s'accouder. Il se dit particulierement de l'endroit inferieur de l'ouverture d'une fenestre, sur lequel on s'appuye, on s'accoude. L'accoudoir d'une fenestre doit aller seulement à la hauteur de la ceinture » (Furetière). Celui de L'Astrée étant à l'extérieur de la fenêtre, il s'agit d'une sorte de corniche. 3
Accourcir Accourcir la longueur des jours (III, 1, 2 recto). « Rogner, retrancher, rendre plus court » (Furetière). 3
Accourir Voyant ce desordre y voulut accourir (III, 8, 340 verso). « Concourir, contribuer » (La Curne). Ce verbe est remplacé dans l'édition de 1621 par mettre ordre. 3
Accoustumer - « Accoustumer (transitif). [...] Avoir accoustumé. Avoir l'habitude » (Huguet). 2
Accoustumer N'estant guere accoustumee d'aller de cette sorte à cheval (III, 12, 542 verso). Se conjugue aussi avec l'auxiliaire Être. 3
Accoustumer (se) Un bal qui s'accoustume de-là les Alpes (III, 7, 285 verso). « Au fig. "S'installer durablement, s'enraciner" : ...orgueil et dissolution se accoustuma tres excessivement en moult de personnes (JUV. URS., T. crest., c.1446, 119) » (DMF). 3
Accraser Le nez large, camus et comme accrasé (IV, 1, 102).
« Accraser. Écraser » (Huguet).
4
Accroire « Faire ou faire faire ce que l'on veut, agir à son gré, imposer sa volonté » (Huguet).
Vaugelas souligne « que la difference qu'il y a entre faire croire, et faire accroire, n'est pas tant que l'un soit pour le vray, & l'autre pour le faux, qu'en ce que faire accroire emporte toujours que celuy de qui on le dit, a eu dessein en cela de tromper » (p. 297). C'est bien le cas dans L'Astrée (I, 9, 296 recto).
1
Accrouppir (s') « Qui ne se dit qu'avec le pronom personnel, pour exprimer la posture de celuy qui abaisse son corps presque contre terre pour se cacher en quelque lieu bas ou estroit » (Furetière). 1
Accueil « Traittement doux, civil & honneste qu'on fait à une personne qui vient faire une priere, ou une visite » (Furetière). 2
Acculé « Se placer dans un coin, dans un lieu estroit où on ne puisse être attaqué par derriere, pour se bien deffendre contre plusieurs ennemis de front » (Furetière). Huguet donne des sens différents au verbe, « Renverser. Tenir en échec, repousser, annuler. Éculer. S'asseoir ».
• Dans L'Astrée, le bateau qui s'est acculé (I, 8, 230 verso) s'était reculé dans l'édition de 1607. La leçon de 1607 semble préférable.
1
Ache « Hache » (Huguet). 1
Acheminer « Ne se dit gueres qu'avec le pronom personnel, Se mettre en chemin » (Furetière). C'est seulement au figuré que acheminer n'est pas un verbe pronominal : « Une vive foy achemine les Chrêtiens à la gloire éternelle » (Furetière). 2
Acquit « Faire une chose par maniere d'acquit, pour dire, la faire negligemment, & sans y apporter tous les soins qu'on devroit » (Furetière). 2
Acquiter « Justifier » (La Curne). 2
Acquiter Être acquité d'une promesse (IV, 1, 94).
« Signifie aussi, Liberer, descharger d'une hypotheque » (Furetière).
4
Action L'action avec laquelle Phillis parloit (IV, 3, 436).
« ACTION, se dit plus particulierement des gestes, du mouvement du corps, & de l'ardeur avec laquelle on prononce, ou on fait quelque chose » (Furetière).
4
Adjuration Vostre abjuration (sic pour adjuration) [...] est trop forte, pour ne retirer la verité de mon ame (IV, 4, 772).
« Prière pressante, injonction » (DMF).
4
Administration « Se dit aussi de la regie & gouvernement de la personne & des biens d'un mineur » (Furetière). 2
Admiration Il considère avec admiration la difference qu'il y avoit de sa vie passee à celle qu'il alloit trainant (III, 1, 4 recto). « Étonnement » (Huguet). 3
Admirer - Admirer en luy l'inconstance (IV, 2, 280).
« Craindre, redouter » (DMF).
- Admirer l'effronterie (IV, 5, 938).
« Regarder avec estonnement quelque chose de surprenant, ou dont on ignore les causes » (Furetière).
4
Adresse L'addresse du chemin que j'avois à tenir (IV, 4, 895).
« Instructions qu'on donne pour trouver quelque personne, ou quelque chose.[...]. il a toutes les adresses du chemin qu'il doit tenir dans son voyage, des lieux où il se doit arrester » (Furetière).
4
Adresser « S'adresser à, vers. Se diriger vers » (Huguet). 2
Adresser - S'adressant au berger, il le chargea de coups (III, 12, 493 recto).
« C'est encore en étendant la signification d'adresser, diriger, que ce verbe a signifié frapper, proprement diriger un coup, le porter droit, l'adresser » (La Curne).
3
Adresser - Quelque bon demon m'avoit addressee en ce lieu (IV, 4, 902).
« Aller droit au but » (Furetière).
4
Adresser contre La discourtoisie adressée contre une personne (III, 6, 260 verso). Le DMF donne « S'adresser contre qqn. Se diriger contre qqn. ». 3
Advantage « Ce qui fait preferer quelque chose à une autre, ce qui la met au dessus » (Furetière). 1
Advantage Je n'en ay eu autre advantage que ce seul estranger, lequel estant mon prisonnier [...] (III, 8, 363 recto). « Avantage, subst. masc. Gain, profit, pillage » (La Curne). 3
Advantage Chacun essayoit bien de faire son advantage (IV, 4, 713).
De son mieux. « Faire / donner / porter (un / cest) avantage à qqn. Contribuer à mettre qqn dans une position favorable, aider qqn » (DMF).
4
Advantage (à l') « Bien, convenablement, avantageusement : Monté à l'avantage, armé à l'avantage, etc. » (Huguet). 1
Adveu Par l'adveu de chacun (IV, 2, 237).
« Consentement » (Richelet).
4
Advis « Donner advis, pour dire, Faire sçavoir les nouvelles de ce qui se passe » (Furetière). 2
Advis De son advis (III, 11, 457 recto). Le DMF donne « De l'avis de qqn. ». 3
Adviser « Prendre garde » (Huguet).
« Prendre quelque resolution aprés quelque deliberation & conseil » (Furetière).
2
Adviser - Ils adviserent entr'eux d'employer (IV, 2, 338).
« Penser, songer, se mettre une chose dans l'esprit » (Richelet).
• Il arrive que le d tombe : avisée (IV, 4, 792).
4
Advouer Voir Avouer. 3
Affaire Furetière consacre une longue rubrique aux définitions de ce substantif. « AFFAIRE, se dit aussi des querelles, des combats, des brouilleries d'amitié », acception fréquente dans L'Astrée (par exemple I, 3, 51 verso).
Affaire, quelquefois masculin chez d'Urfé, est aussi masculin dans Nicot, Huguet et Cotgrave.
Maupas en fait un nom au genre variable : « Ceux-ci peuvent estre usurpez indifferemment de commun genre, combien qu'aucuns en peuvent avoir l'un plus familier que l'autre, ce que je laisse à l'usage à vous apprendre » (p. 93).
« Ce mot est toujours feminin à la Cour & dans les bons Autheurs, je ne dis pas seulement modernes, mais anciens », affirme Vaugelas (p. 246).
1
Affaire • Le genre du substantif fluctue encore dans la deuxième partie de L'Astrée : on rencontre les deux genres dans le même livre (II, 4, 223 ; II, 4, 248).
• À deux reprises, affaire passe du masculin en 1610 au féminin en 1621 (II, 10, 649 et II, 12, 870).
- « Avoir affaire de. Besoin » (Huguet).
La définition de Furetière est plus générale : « Ce qui peut occuper nos soins, nos pas, nos pensées, nous obliger à travailler, aller & venir. [...] Se dit aussi de ce qui donne beaucoup de peine, d'inquietude ».
C'est l'acception que donne Huguet qui convient le mieux dans L'Astrée.
2
Affaire - « Affaire ... On use de ce mot au masc. et fém. M. DE LA PORTE, Epithetes » (Huguet).
Dans la troisième partie de 1621 encore, affaire(s) revient 90 fois. Le genre, quand il est indiqué, varie : 15 fois au féminin et 7 fois au masculin. La variante ne modifie pas le genre mais la graphie :
III, 3, 90 verso ; III, 4, 168 recto ; III, 11, 484 recto. Avoir affaire est mis en 1621 pour remplacer avoir à faire, « avoir besoin » (La Curne, Article Faire).
3
Affaire Affaire(s) est plus fréquent dans la quatrième partie que dans les précédentes.
- Souvent il faut lire affaire comme à faire, c'est ce qu'on trouve dans la version fonctionnelle de L'Astrée  :
Prendre conseil de ce qu'ils avoient affaire (IV, 4, 695).
- Sur les 71 occurrences du nom commun accompagné d'un article ou d'un adjectif, une seule est au masculin.
Cet affaire (IV, 5, 935), mais ailleurs : Cette affaire (IV, 2, 238) et Ceste affaire (IV, 3, 449).
- On n'a point affaire de Medecin (IV, 1, 66).
« Avoir affaire de qqc. / de qqn. "Avoir besoin de qqc. / de qqn" » (DMF).
4
Affamer Il ne s'est veu que le masle et la femelle se soient affamez (III, 9, 399 recto). « AFFAMER, se dit aussi des goulus qui affament les autres, parce qu'ils ne leur laissent pas assez dequoy manger » (Furetière). Cette phrase est supprimée après l'édition de 1619. 3
Affection - « Envie, désir » (La Curne). 1
Affection - Avoir de l'affection au service (III, 4, 160 recto). « Zèle » (Huguet).
- Transporter de l'extreme affection (III, 5, 192 verso). « Desir » (Huguet).
L'affection de laquelle elle parloit (III, 10, 424 verso).
« Passion » (Huguet).
3
Affection (d') « D'affection. Avec ardeur » (Huguet).
Furetière donne seulement un exemple : « Je vous parle de cœur & d'affection, quand je vous offre mes services ».
2
Affection (d') Entretenir d'une grande affection (III, 5, 190 recto). Avec ardeur. 3
Affectionné « On finit les lettres par cette formule, Vostre tres-humble & tres-affectionné serviteur. On a usé de cette formule differemment selon les temps & les personnes. Il n'y a que 30. ou 40. ans qu'on s'en servoit en escrivant aux personnes de la premiere qualité : & même M. D'Urfé en a usé dans la souscription de l'Epistre Dedicatoire de son Astrée au Roy deffunct en l'année 1620 [Voir la dédicace à Henri IV]. Il y en a grand nombre d'autres exemples. Mais depuis on s'est rendu plus delicat, & on a mis au lieu d'affectionné, le mot d'obeïssant, à ceux qui avoient la moindre élevation, ou à qui on vouloit faire civilité. On a retranché le superlatif en écrivant aux inferieurs ; & toûjours en diminuant, on a dit Vostre affectionné à vous servir en écrivant à quelque paysan ou artisan ; & enfin Vostre affectionné à vous rendre service, quand un Grand Seigneur écrivoit à un domestique, ou à quelqu'un de sa dependance » (Furetière). Voir aussi Brunot, II, p. 375.
• Le style d'Honoré d'Urfé évolue. Dans la dédicace à Louis XIII, obéissant remplace affectionné.
1
Affectionner (s') « S'attacher, s'obstiner » (Huguet). Furetière ne donne pas la forme pronominale. 1
Affermir Bien affermis en la creance (III, 3, 84 verso). Affermir signifie « cicatriser » dans Huguet, mais « rendre ferme » dans Furetière. L'Astrée donne donc au verbe son sens moderne. 3
Afféterie Écrit aussi Affetterie. « Les paroles & les actions d'une personne affettée » (Furetière).
Huguet donne à l'adjectif affeté de nombreux sens dont « Joli, gracieux. Habile à parler. Affecté, recherché. Qui cherche à séduire, apprêté, disposé pour séduire. Trompeur, fourbe, perfide, méchant ». Furetière fait de affetté un synonyme de coquet.
1
Affolé « Rendre, ou devenir fou » (Furetière).
Huguet donne un bel exemple : « Et n'y a point de plus grand'sagesse que d'affoler pour ton amour. DESPORTES, Prières chrestiennes, p. 13 ».
1
Affronteur Cet affronteur (IV, 5, 928). Il s'agit de Climanthe.
« Qui trompe, qui affronte » (Furetière). « Bold companion », propose Cotgrave.
4
Âge Écrit aussi aage. « Subst. masc. et fém » (La Curne). « La durée ordinaire de la vie » (Dictionnaire de l'Académie, 1694). 2
Agencer « Donner aux choses un certain ornement qui procede de l'ordre & des dispositions qu'on leur donne pour les rendre plus agreables. Agencer ses cheveux. âgencer son cabinet. Il vient du vieux mot gent, qui signifioit poli, & qu'on nomme maintenant gentil » (Furetière). 2
Agrandir II, 12, 846. « Elever à une fortune meilleure » (Richelet). 2
Aider (s') « S'employe souvent avec le pronom personnel, & signifie alors, Se servir de quelque chose » (Furetière). « Se secourir » (Richelet). 2
Aider (s') - Pour peu que vous vous y aidiez (III, 2, 43 verso). « On dit aussi, qu'il faut qu'un homme s'aide, pour dire, qu'il fasse un effort de luy-même pour profiter du secours qu'on luy veut donner » (Furetière). 3
Aider (s') - Vous ayderez vous de ceste volonté (IV, 3, 617).
« Tirer parti de, faire usage de » (DMF).
4
Aider à Aider à Diane (II, 1, 25). « Dieu aide à trois sortes de personnes, aux fous, aux enfans, & aux yvrognes » (Furetière). 2
Aigle « Subst. fem. [...] C'est le Roy des oiseaux. Aussi l'Empereur la porte-t-il dans ses armes [...] Les Romains aprés avoir porté diverses autres enseignes, s'arresterent enfin à l'aigle la seconde année du Consulat de Marius » (Furetière). 2
Aigneau Bien jeunes aigneaux (III, 11, 459 recto). L'édition de 1621 remplace le moderne agneaux par aigneaux. Huguet et La Curne donnent seulement aigneux, mais aigneaux apparaît dans le DMF. 3
Aigre « Qui exprime vivement la douleur, la colère » (Huguet). 1
Aigreur L'aigreur des coups (III, 3, 60 verso). « Violence, Vivacité. Cruauté » (Huguet). Aigreur n'a plus que son sens moderne dans Furetière. 3
Aile « En termes de Blason, quand elle est seule, s'appelle un demi-vol ; & lors qu'il y en a deux, s'appelle un vol : ce qui se dit de quelque oiseau que ce soit » (Furetière). 2
Ailleurs (d') « D'une autre cause » (Furetière). 2
Ailleurs (d') Vous voyans affligee d'ailleurs (IV, 1, 88).
« J'apprends d'ailleurs, pour dire, d'un autre costé » (Furetière).
4
Aimable (aymable) « Qui a des qualitez qui attirent l'amour, ou l'amitié de quelqu'un » (Furetière). 2
Aimable (aymable) Aimable pour les bonnes qualitez qui estoient en luy (IV, 2, 235-236).
Furetière donne aymable par et non aymable pour.
4
Aimer (s'y) « S'aimer [en un lieu]. S'y plaire, s'y trouver bien » (Huguet). 2
Aimissiez Verbe Aimer à l'imparfait du subjonctif. On dirait aujourd'hui aimassiez. 1
Ains « Mais plutôt », ou « plutôt » (Huguet). « Vieux mot », dit Furetière.
• Ce mot est remplacé en 1621. Il n'apparaît plus que dans un poème (I, 6, 165 verso).
1
Ains • Dans la deuxième partie, l'édition de 1621 donne ains, au lieu du ainsi de 1610 (II, 3, 128). Il peut s'agir d'une coquille.
2
Ains Ains ne reparaît pas dans la troisième partie. Sur l'histoire mouvementée de ains (soutenu par Mlle de Gournay), voir Brunot, III, p. 351. 3
Ainsi - « Pour cette raison » (Huguet).
- « Tout ainsi comme, par ainsi, comme ainsi soi » (Furetière).
- « Comme ainsi soit que. Comme, parce que, vu que, attendu que, puisque » (Huguet).
Soit ainsi. « Qu'ainsi soit, qu'il soit ainsi. Pour prouver qu'il en est ainsi, pour avoir la preuve qu'il en est ainsi, ce qui prouve qu'il en est ainsi. Nous disons qu'elles ont vie et sentiment : qu'ainsi soit, nous en avons le tesmoignage de Jesus Christ. CALVIN, Instruct. contre les Anabaptistes (VII, 114) » (Huguet).
Ainsi que. « Alors que, tandis que, au moment où » (Huguet).
Ainsi comme. « Comme » (Furetière).
2
Ainsi - Soit ainsi que je sois estimé (III, 9, 368 recto). Pour Huguet, « Qu'il soit ainsi » équivaut à « qu'ainsi soit ».
« Qu'ainsi ne soit, qu'ainsi soit. La derniere de ces deux façons de parler est hors d'usage, et la premiere vieillit fort. On dit en sa place, bien que, de sorte que, encore que » (Richelet).
« Plusieurs de ces expressions redoublées vieillissent entre 1600 et 1650 » (Brunot, III, p. 349).
3
Ainsi - Ainsi que s'éveillant (IV, 1, 2).
« Ainsi que. Alors que, tandis que, au moment où » (Huguet).
- Soit ainsi, dit Phillis (IV, 3, 627).
À supposer que.
4
Ais Écrit aussi Aiz et Aix.
« Piece de bois [...] longue, & peu espaisse » (Furetière).
1
Ais Aix d'un bateau (II, 4, 209). « Quoique ce mot subsiste, et qu'on appelle encore ais de bateau, des planches qui ont servi à la construction d'un bateau, il semble pourtant vrai de dire qu'il est aujourd'hui d'un usage moins général » (La Curne). 2
Aise « Joye, contentement, commodité, richesse » (Furetière). 2
Aise Le dedans du bois fort net et fort aise à y courre à cheval (IV, 4, 714).
« Faire aise à qqn. Procurer ses aises à qqn » (DMF).
4
Alentir « Rendre lent, retarder » (Huguet).
2
Alentir Écrit aussi allantir.
Allantir ton leger mouvement (III, 1, 3 recto).
3
Alentour Écrit aussi A l'entour.
« Autour » (Furetière).
1
Algue Couronné d'Algue et de joncs (III, 3, 101 recto). Algue est au singulier. Dans Huguet aussi, Alga ou Alge reste au singulier dans les trois exemples donnés (Article Alge). 3
Aliéné « Éloigné » (Huguet).
Furetière donne à l'adjectif son sens moderne : « Il a l'esprit aliené, pour dire, Il est devenu fou » (Article Aliener).
2
Aliéner Le subject qui luy alienoit l'esprit (III, 7, 303 recto). « Égarer l'esprit » (Godefroy, Lexique). 3
Allèchement « Amorce, appast. Il ne se dit qu'au figuré. Il faut fuir les vanités mondaines, qui sont les allechemens du peché » (Furetière). Huguet donne allécher mais non son dérivé. 1
Allegeance « Allègement, soulagement » (Huguet). « Souslagement d'un mal » (Furetière). 1
Alléger « Rendre moins pesant » (Furetière). 1
Alléguer « Mettre en avant » (Furetière). 1
Allemande
Allemande I : 

Allemande II :

« Ce bal que les Francs ont nouvellement apporté de Germanie » (I, 9, 269 verso), et qui montre la rivalité de Lindamor et de Polémas, est une allemande. « Piece de Musique qui est grave, & de pleine mesure, qu'on jouë sur les instruments, & particulierement sur le luth, le theorbe, l'orgue, & le clavessin » (Furetière). C'est « une dance plaine de mediocre gravité », mais qui suscite des querelles, écrit Thoinot Arbeau. Après avoir décrit les pas, Arbeau ajoute : « En dançant l'Allemande, les jeunes hommes quelquesfois derobent les damoiselles, les ostant de la main de ceulx qui les meynent, et celuy qui est spolié se travaille d'en r'avoir une aultre. Mais je n'appreuve point ceste façon de faire, parce qu'elle peult engendrer des querelles et mescontentements » (f° 67-69).
• Les allemandes que vous avez entendues sont d'Alain Naigeon. Pour voir les partitions, cliquez ici. Pour entendre Alain Naigeon, cliquez ici (20 septembre 2010). Pour voir un bal dans une gravure d'Abraham Bosse (1634), cliquez ici (30 septembre 2010).
• Les deux danses mentionnées dans la première partie de L'Astrée illustrent des contrastes. Les gens du hameau dansent un branle gai pour marquer une première rencontre, alors que les gens du château dansent une allemande grave pour marquer le début d'une rivalité.
• La danse qui sépare Hylas de sa partenaire ne porte malheureusement pas de nom (I, 8, 246 recto). Il pourrait s'agir d'une courante dansée à l'ancienne, car, d'après L'Orchésographie, chaque cavalier emmenait sa compagne « à l'un des bouts de la salle » et l'y laissait jusqu'à la fin de la danse (f° 66 recto).
1
Aller - Il n'yra pas ainsi (III, 6, 249 verso). L'ancienne langue utilise aller pour être. Huguet donne « Il s'en va tard ». 3
Aller - Inventer quelque sorte d'aller pour les hommes (IV, 3, 465).
« ALLER, est quelquefois un mot substantif » (Furetière).
- Ils n'oseroient aller au contraire de ce que je leur commanderay (IV, 4, 672).
« On dit encore, Je ne vais pas au contraire, ou à l'encontre de ce que vous pretendez, pour dire, J'y consens, je ne conteste pas » (Furetière).
- Je m'asseure qu'elle ira bien plus retenuë (IV, 4, 729).
« L'idée particulière de mouvement qu'exprime ce verbe, étant généralisée, aller a signifié agir, par une extension d'autant plus naturelle, qu'il n'y a point d'action sans mouvement. Cette acception qui subsiste est très-ancienne dans notre langue » (La Curne).
- Aller au devin (IV, 4, 793).
« Aller au Devin, aller aux nouvelles, aux enquestes, c'est, S'enquerir, chercher des instructions des faits dont on a besoin, de ce qui se passe » (Furetière).
4
Aller (en) Le faire en-aller (III, 3, 118 recto). « ALLER, signifie quelquefois, Oster, chasser, en ces phrases. On ne sçauroit faire en aller cette tache d'encre qu'avec du verjus ou quelque acide » (Furetière). 3
Aller (s') - ll s'alloit une à une redisant les favorables responces (III, 1, 3 verso). Furetière donne « s'aller battre » (Article Aller), mais non s'aller suivi d'un participe présent. Huguet note que « Aller formant une périphrase verbale avec le participe présent [...] exprime une idée de fréquence ou de continuité ». 3
Aller (s') - Elle s'en alla deux ou trois pas (IV, 1, 109).
Les dictionnaires ne donnent pas d'expressions similaires. Le DMF propose : « S'en aller devant. "Partir en avant. S'en aller son / le chemin / sa voie. "Cheminer" ».
4
Allissions Verbe Aller à l'imparfait du subjonctif. On dirait aujourd'hui allassions. 1
Allongir « Allonger » (Huguet). 1
Alors Alors sa sœur s'estoit un peu esloignée (III, 3, 97 recto). « At that time », à ce moment (Cotgrave). 3
Altération « Signifie figurément, Emotion d'esprit » (Furetière). 2
Altier « Orgueilleux, fier, qui commande avec hauteur » (Furetière). 1
Amas « Les lacs & les estangs se font d'un grand amas d'eau » (Furetière). 2
Amas Un grand amas de Germains (IV, 4, 639).
« Réunion, regroupement (d'hommes de guerre, de moyens matériels) » (DMF).
4
Amasser « Lever de terre ce qui y étoit tombé » (Furetière). 2
Ambacte III, 12, 532 verso. Vaganay lit ici ambassades (III, p. 682).
Fauchet explique que les chevaliers gaulois « avoyent plus ou moins de gens, appellez en leur langue Ambactes et Solduriers [...] les Ambactes semblent avoir esté de moindre qualité, et comme subjects roturiers » (p. 9). L'histoiren se base sur César. Celui-ci, en décrivant la classe des chevaliers en Gaule, écrit « ita plurimos circum se ambactos clientesque habet ». La traduction moderne donne que le chevalier est entouré de serviteurs et de clients (VI, 15). On sait aujourd'hui que « les ambactes se trouvaient dans une situation proche du servage, sans être pour autant, comme le croyait César, la propriété des nobles » (Kruta, p. 350). Armés, ils doivent accompagner leur protecteur à la guerre. « Ambactos. Celui qui est autour. Une forme de dépendance d'un homme originairement libre, donc armé, qui s'engage envers un personnage important et le suit notamment à la guerre » (Kruta, p. 408).
3
Amendement Avec sacrifices, supplications et amendemens (III, 6, 230 verso). « Changement par lequel on devient en meilleur état, tant à l'égard de l'ame que du corps » (Furetière) 3
Amender « Améliorer, amener à un meilleur état » (Huguet). 1
Amertume Ce discours me fut difficile à supporter, et toutefois il fallut boire cette amertume (IV, 2, 282).
« L'amertume entre les saveurs est ce que la noirceur est entre les couleurs, parce que les parties qui remplissent les pores des nerfs de la langue ferment la porte à toutes les autres saveurs [...] se dit figurément en Morale, & signifie, Douleur, desplaisir, chagrin » (Furetière).
D'Urfé évoque l'expression « boire jusqu'à la lie ».
4
Ami juré Cette expression ne figure pas dans les dictionnaires. Elle signifie sans doute un ami auquel on a juré fidélité. 1
Amiable Dans Huguet, synonyme d'aimable. « Se dit d'un tiers qui fait office d'ami », ajoute Furetière. Les deux acceptions sont dans L'Astrée. 1
Amourachement « Amour (avec ou sans idée défavorable) » (Huguet). Furetière ne donne pas ce substantif mais il définit ainsi s'amouracher : « Ne se dit qu'avec le pronom personnel & en mauvaise part de ceux qui sont amoureux d'une personne de vile ou d'inégale condition ». C'est exactement le sens de amourachement dans L'Astrée (I, 10, 306 verso). 1
Amours Voir Amour.
- « Amours. Il signifie aussi en ce sens, tous les petits agreements qui naissent de la beauté. Les jeux, les ris, les amours, & les graces » (Furetière).
• Les Amours sont représentés dans des peintures de L'Astrée : l'histoire de Damon et Fortune (I, 11, 371 verso) et le tableau de la Réproque amitié (II, 5, 279). Ils renvoient à deux mythes différents décrits par Mario Equicola dans son Libro di natura d'amore (2, 114 verso à 122 verso).
2
Amuser « Occuper à des choses vaines, retarder, tromper » (Huguet).
Le verbe peut avoir le sens que lui donne Furetière : « Se prend quelquefois en bonne part, & signifie simplement, S'occuper, passer sa vie à quelque chose ».
1
Anciennes L'obeysance que je dois à mes anciennes (IV, 3, 575).
« Religieuses qui sont depuis long-tems au Couvent, & dont on prend les sufrages pour les choses qui regardent le bien de la maison » (Richelet).
4
Androgine Comme un Androgine (III, 12, 531 recto). Le substantif est au féminin en 1619 et au masculin en 1621. Huguet met le substantif androgine au féminin et donne l'adjectif androgin. Pour Furetière, « ANDROGYNE. subst. masc. & fem. Hermaphrodite qui a les deux natures, qui est masle & femelle tout ensemble ».
• Aristophane (Banquet, 189e) fait de l'androgyne une image du couple. Brantôme l'imite (Dames galantes, p. 91). Le poète Jean Auvray décrit :
     « Des filles qui vont aymant,
     Et qui avec leur Amant
     Font (quand l’avertin les pique)
     L’Androgine Platonique » (p. 359).

L'intérêt pour l'androgyne remonte aux traductions de Platon et aux commentaires de Ficin au début du XVIe siècle (Villemur, p. 238). Voir Androgyne η.
3
Angélique « Se dit aussi des qualités excellentes de quelque chose » (Furetière). 2
Animé « Passionné » (Huguet). 1
Anneler Nos cheveux [...] annelez au droict du front (IV, 4, 715).
« Friser les cheveux par anneaux » (Furetière).
4
Antenne Écrit entenne.
« 0u Verghe. Terme de Marine. C'est la piece de bois suspenduë à une poulie qui croise le mast, à laquelle la voile est attachée » (Furetière).
2
Anti-chambre Il ne bougeoit de mon anti-chambre, avec diverse sorte de musique (IV, 2, 286).
« ANTICHAMBRE. s. f. Chambre qui est auparavant la chambre du maistre du logis ou la principale chambre d'un appartement, où s'arrestent les domestiques de ceux qui le viennent voir. [...] Un bel appartement doit avoir antichambre, chambre, & cabinet » (Furetière).
Huguet cite cette réflexion d'Étienne Pasquier : « Il y avoit plus de raison de dire Avant-chambre, que ce que nous disons Antichambre. Recherches, VIII, 3 ».
La Curne précise : « Ce n'est sans doute que dans le XVIIe siècle, et plusieurs années après la publication du Dictionnaire de Nicot, en 1606, que le composé antichambre a prévalu, puisqu'on ne le trouve que dans le Dictionnaire de Monet, postérieur de trente ans à celui de Nicot  ».
• Auparavant, dames et bergères avaient simplement des cabinets près de leurs chambres. Voir par exemple Galathée (I, 12, 380 verso), Madonthe (II, 6, 360), Doris (II, 9, 581) et Clarinte (III, 4, 135 verso).
4
Apart « En son apart. De son côté, seul » (Huguet). 2
Apiécé « Apiecer. Ajouter, joindre » (Huguet). 1
Aposter Écrit quelquefois apposter.
« Attitrer quelqu'un, le mettre en avant pour espier, tromper & surprendre quelqu'un » (Furetière).
1
Appanner Apanner. « Pourvoir d'un apanage » (Huguet). Furetière donne seulement Apanager. 2
Appareil « Préparatif » (Huguet). 1
Apparence - Il n'y avoit pas grande apparence pour une entre-veuë si courte d'avoir fait un si dangereux voyage (III, 3, 77 recto). « Vraisemblance, raison ; caractère de ce qui paraît raisonnable, sensé ; motif sérieux » (Huguet). 3
Apparence - Ces petites apparences de la pourpre, de l'or et de la soye (IV, 1, 59).
« APPARENCE, se dit aussi de ce qui est opposé à la realité, qui n'est que faux, feint & simulé [...] les couleurs sont de simples reflexions de lumiere qui n'ont aucune realité, ce sont de simples apparences » (Furetière).
- Si je voyois qu'il y eust apparence (IV, 4, 744).
« APPARENCE, signifie aussi, Conjecture, vraisemblance » (Furetière).
4
Apparent « Se dit aussi parmi les bourgeois d'une ville, de ceux qui sont les plus riches, qui sont distingués des autres par leurs emplois, ou par leur merite » (Furetière). 2
Apparenté Tres belle et tres-bien aparentée (III, 6, 221 verso). La formule se trouve dans Nicot : « Un homme bien apparenté. Amplissima cognatione vir ». 3
Apparenter « Être parent de » (Huguet). 2
Apparier « Joindre des choses qui doivent aller naturellement ensemble, qui sont égales ou semblables, ou qui conviennent. On le dit premierement des animaux » (Furetière).
Huguet donne simplement « Joindre ensemble ».
2
Apparoistre (s') « Se faire voir » (Richelet). 2
Appartenir - Ce qui leur appartenoit du sacrifice (III, 9, 387 recto). « Avoir droit à quelque chose, soit qu'on en ait la jouïssance, soit qu'on la pretende legitimement » (Furetière). D'après Du Choul ceux qui assistaient aux sacrifices avaient aussi le droit de manger les animaux immolés, « comme l'on fait en nostre religion du pain benist » (p. 327).
Ceux qui vous appartiennent (III, 10, 445 verso). « Etre parent. Apartenir de parenté à quelcun, être allié » (Richelet, Article Touchant).
3
Appeler « Citer en jugement, en témoignage » (Furetière).
Appeler à. « Assigner une partie devant un Juge superieur, quand on pretend qu'on a été mal jugé par un Juge inferieur ; reclamer son secours & sa protection » (Furetière).
2
Appeler - Porter ce qu'ils appellent un momon (IV, 4, 677).
Huguet explique cette construction ancienne qui sous entend « ce qu'on appelle » (Article Appeler).
4
Appeler de Ce ne sera pas moy qui appelleray de l'ordonnance (III, 4, 168 verso). « Recourir à un tribunal supérieur » (Littré). « On peut apeller de la décision de Vaugelas » (Richelet, Article Prochain). Furetière donne seulement « en appeler ». 3
Appendre « Suspendre. [...] Offrir en hommage, consacrer, dédier » (Huguet). 2
Appesantir Il n'apesantisse de sorte sa main sur vous (III, 1, 13 verso). « APPESANTIR, se dit figurément en Morale. Dieu appesantit quelquefois sa main sur les pecheurs, pour dire, il les punit severement » (Furetière). 3
Apporter Son silence apporta tant de compassion (III, 12, 497 recto). « Être cause de quelque chose » (Richelet). 3
Apprendre « Enseigner, instruire » (Furetière). 1
Apprendre Nous devons estre apprises pour une autrefois (IV, 3, 556).
Le DMF donne seulement « Au passif. Estre appris à + inf. ». On trouve dans le Littré : « Les filles feurent bien apprises, et à tous presentarent plains hanapz de vin, RAB. Pant. IV, 54 ».
4
Apprendre de Le faire chastier, pour luy apprendre de laisser sortir (III, 8, 349 recto). Nous dirions lui apprendre à. Huguet donne « Apprendre à qqn de. Ceux qui apprennent à la noblesse de ne chercher en la vaillance que l'honneur. MONTAIGNE, II, 16 (III, 6) ». 3
Apprentif « Apprenti ».
Huguet cite des vers qui renferment une réflexion similaire à celle que l'on trouve dans L'Astrée : « C'est luy [Amour] qui rend les hommes inventifs : Grans Maistres fait de nouveaux aprentifs. BAÏF, Poemes, L. IV (II, 188) ».
1
Apprest « Ce qu'on prepare pour quelque ceremonie, rejouïssance, ou festin » (Furetière). 2
Appreuver Il appreuveroit cette affection (III, 11, 489 verso). On trouve la forme apreuver dans Godefroy et dans Huguet (Article Approuver).
Appreuver
revient dans les trois parties de L'Astrée (I, 10, 312 verso ; II, 1, 5).
L'édition de 1619 ne donne qu'un p à appreuver. C'est la troisième partie de 1621 qui transforme fréquemment appreuver en apreuver (III, 7, 328 verso par exemple), mais jamais en approuver.
3
Apprinssent (apprint) Verbe Apprendre à l'imparfait du subjonctif. On dirait aujourd'hui apprissent. 1
Apprissent, Apprissiez Afin que par vostre jugement ce nouveau berger et belle bergere apprissent (III, 9, 389 verso). Subjonctif imparfait du verbe Apprendre. 3
Appuyer Se jettant en terre [il] les appuya (III, 12, 496 recto). « Mettre un appuy à quelque chose » (Furetière). 3
Appuyer Il se vouloit appuyer dans la Province (IV, 2, 247).
« Se reposer en prenant appui sur un support quelconque » (DMF). Trouver des appuis.
4
Apréhensif Ma mere qui est encores plus aprehensive (III, 6, 230 verso). « Apréhensif, apréhensive, adj. Qui craint » (Richelet).
On voit que Richelet aussi ne donne qu'un p à apréhender et à ses dérivés. C'est l'orthographe moderne qu'il décrit dans l'« Avertissement » de son Dictionnaire : « On retranche la plu-part des lettres doubles et inutiles qui ne défigurent pas les mots lorsqu'elles en sont retranchées ».
3
Après Se mettre après. « Adverbe. Ensuite, dans la suite » (Huguet).
2
Après - Vous vous amusez apres ma sœur (III, 10, 429 recto). « Près, auprès » (La Curne).
Envoyer apres luy (III, 12, 547 recto) « On a mis les Sergents aprés luy, c'est à dire, pour le suivre » (Furetière).
- Il y a deux personnes apres elle (III, 6, 259 verso). « On dit aussi, Il est toûjours aprés luy, pour dire, Il l'importune, il l'espionne, il le tourmente » (Furetière).
3
Après - Il estoit incessament apres à rechercher (IV, 4, 669).
« Après à. En train de, occupé à » (Huguet).
- Clotilde estoit continuellement aupres (sic pour apres) moy (IV, 4, 779). « On dit aussi, Il est toûjours aprés luy, pour dire, Il l'importune, il l'espionne, il le tourmente » (Furetière).
4
Aprés-disnée « La seconde partie du jour que l'on compte depuis midi, qui est l'heure ordinaire de disner » (Furetière). 2
Arbre « Mât » (Huguet). 2
Ardent « Qui brûle, allumé. Par extension, rouge feu » (Huguet). 1
Arène Écrit aussi Areine. « Sable » (Huguet). 1
Arferial Adjectif dérivé de arferia, « eau dont on se servait dans les festins aux funérailles des parents » (Noël). 2
Armé « En termes de Blason, se dit des animaux à quatre pieds, & des dragons, en parlant de leurs ongles, de leurs dents, & des autres parties que la nature leur a donné pour deffenses. Le lyon se blasonne armé, lors que ses ongles sont d'un autre émail que celuy de son corps. On le dit aussi de la deffense d'un sanglier. On le dit aussi des griffons, des aigles, & même des flesches, & autres armes dont les pointes sont d'autre émail que le fust » (Furetière). 2
Arrester Arrester (II, 9, 616). « S'arrester de. S'attarder à » (Huguet). Voir aussi dans Le Sireine p. 165.
Arrester a quelquefois le sens que lui donne Furetière : « Conclurre aprés quelque deliberation, soit en soy-même, soit en compagnie ». Mais il peut aussi signifier simplement « s'arrêter » (I, 4, 121 recto), « Empescher quelque chose de se mouvoir, d'aller plus loin » (Furetière).
2
Arrester - La Druyde s'est arrestée en la maison (IV, 1, 76).
« Se fixer en qqc. ; y rester » (DMF).
- S'arrestant à louër Clotilde (IV, 4, 662).
« S'attarder à » (Huguet).
4
Arrhes « Des gages, des marques » (Furetière). 2
Arrouser « Arrouser. Arroser » (Huguet).
Vaugelas affirme qu'il faut dire arroser « et non pas arrouser, quoy que la plus part le disent et l'escrivent ».
2
Arteil « Orteil » (Huguet). 1
Article Passons quelques articles entre nous (III, 5, 217 recto). « Se dit aussi des clauses & conventions des Traités & des Jugements sur lesquels il se fait des contestations & des deliberations » (Furetière). 3
Artifice « Adresse, industrie de faire les choses avec beaucoup de subtilité, de precaution » (Furetière). 2
Artifice Refaire de nouveau ce premier artifice (III, 12, 501 recto). « Travail » (Huguet). Cet artifice, c'est donner la bonne fortune. 3
Artificiel « Qui se fait par art » (Furetière). « Terme de Rétorique. Qui dépend de l'esprit de l'orateur » (Richelet). 1
Artificiellement Une couronne faicte de plume fort artificiellement (III, 10, 418 verso). Cotgrave donne à l'adverbe ce synonyme : « Artistement ». 3
Artificieusement Petits arbres pliez les uns sur les autres fort artificieusement (III, 5, 172 verso). Pour Huguet, Artificieusement signifie « Avec ruse » et Artificiellement signifie « Avec art, avec habileté ». 3
Artificieux - Amour est artificieux blesseur, qui avec de si petites armes fait de si grands coups (I, 3, 69 recto).
- Ce trompeur de Climanthe, et cet artificieux de Polemas (I, 11, 353 recto).
« Artificieux. Fait avec art, où il y a de l'art » (Huguet). « Fin, adroit, rusé. [...] Artificieux ne se dit que de l'esprit, & artificiel que des choses materielles » (Furetière).
• Dans la première partie de L'Astrée, artificieux, signifie parfois rusé et parfois habile.
1
Artificieux Artificieux indique une éloquence dangereuse :
- Paroles [...] plus artificieuses que veritables (III, 4, 163 recto).
Artificieux s'applique encore à des objets :
- Ce Temple artificieux (III, 5, 173 recto).
3
Aspharagone Le nom de cette plante ne figure pas dans les dictionnaires. Peut-être s'agit-il du nom latin de l'asperge, aspharagos, en grec.
• On trouve, dans le Dictionnaire de Thomas Corneille, le substantif Asparage, avec une définition qui convient parfaitement à la plante de L'Astrée :
« Vieux mot, du Latin Asparagus. La coustume fut jadis en Boëcie, que les bonnes & honnestes Matrones approchantes pour devoir coucher la nouvelle Mariée, luy faisoient ung chappelet sur la teste de branches de Asparages aspres & mal gracieux, voulans dire qu'il falloit endurer les rudesses du mary. Cecy est tiré d'un ancien Manuscrit. On a dit aussi Asperague ».
1
Aspirer de Toutes aspiroient de posseder (III, 4, 128 recto). Huguet donne des phrases avec aspirer de. 3
Asprement Il en receust si asprement la perte (IV, 3, 471).
« ASPRE, se dit aussi de ce qui frappe violemment & desagreablement les sens » (Furetière).
4
Assabler Le torrent assable tous les champs (III, 1, 6 recto). « Remplir de sable » (Furetière). 3
Assay Graphie de essai dans l'édition de 1619. Cest assay se devoit faire par eux (III, 9, 391 verso). Il s'agit de la gageure des bergers. Cotgrave utilise huit fois le substantif assay, synonyme de épreuve (Article Avant-jeu). 3
Asseant Verbe Asseoir au participe présent. On dirait aujourd'hui asseyant. 1
Assemblée Assemblage. Seul Cotgrave définit assemblée comme « packing or couching of things together ». 2
Asseoir « Appuyer, fonder, former [un jugement, une opinion] » (Huguet).
1
Asseoir - « Se dit aussi de ce qu'on met en une situation convenable, ferme & choisie » (Furetière). 2
Asserra Forme de asseoira dans l'édition de 1619. Philis s'asserra (III, 9, 403 verso). Huguet donne des cas de asserra (Article Asseoir). C'est la forme préconisée par Maupas (p. 237). Vaugelas consacre un article à Asseoir, mais ne mentionne pas les formes du futur (pp. 165-166). Voir Brunot, III, pp. 308-309. 3
Asses Prendre un sommeil asses reposé (IV, 4, 909).
Assez. Graphie qu'on rencontre dans le DMF (Article Assez).
4
Asseurance - Elles se baiserent pour asseurance de ce qu'elles avoient promis (IV, 1, 36).
« Sureté qu'on donne, nantissement » (Furetière).
- Je luy offris de la conduire en asseurance (IV, 2, 188).
« ASSEURANCE, signifie aussi, Estat où l'on est hors de péril. Je l'ai mis en lieu d'asseurance » (Dictionnaire de l'Académie, 1694).
« Ce mot asseurance qu'aujourd'hui l'on écrit assurance, et dont on a restreint l'acception, pouvoit signifier toute cause active ou passive de sécurité, tout moyen actif et passif d'être en sûreté, en assurance, comme il a signifié et signifie encore parole, promesse, etc. confiance, hardiesse, etc. C'est la métonymie de l'effet pour la cause » (La Curne).
- Je sçay d'asseurance (IV, 4, 780).
Assurément. « D'asseurance. Où l'on est en sûreté[...] lieu d'assurance » (Huguet). D'assurance est un « terme de chasse. Qui veut dire que la bête va au pas et sans crainte » (Richelet).
• Voir Assurer et Asseurer. Les graphies anciennes et modernes cohabitent dans le roman.
4
Asseuré Un des plus asseurez instruments (III, 12, 550 recto). Ici, asseuré signifie assuré, « Seur, certain » (Richelet). Huguet donne à asseuré le sens de rassuré. 3
Asseurer - Se vouloit asseurer en luy (III, 7, 328 verso). « S'asseurer en. Compter sur » (Huguet).
- Elle qui je m'asseure ne faisoit pas (III, 7, 290 recto). « S'asseurer. Être sûr » (Huguet).
3
Asseurer - Pour l'asseurer de l'outrage (IV, 2, 186).
« Rassurer. Assurer de. Mettre à l'abri de, protéger contre » (Huguet).
4
Assez « Beaucoup » (Huguet). 2
Assiant S'assiant dans une chaire (III, 6, 240 recto). Verbe Asseoir au participe présent. L'édition de 1621 remplace une fois assiant par assisant (III, 11, 464 recto). Vaugelas préfère s'asseiant à s'asseant (p. 166) et ne mentionne pas assiant. 3
Assiduellement « Continuellement, habituellement, fréquemment » (Huguet). 2
Assiette « Le terrain où on a basti une place, un fort, un bastiment » (Furetière). 2
Assignation « Se dit aussi des rendez-vous qu'on se donne pour se trouver à un certain lieu, à une certaine heure. Les deux Advocats se sont donné assignation à cinq heures pour consulter. Ces amants se donnent assignation, ou rendez-vous aux Thuileries » (Furetière). 2
Assisant Là s'assisant (III, 11, 464 recto).
On trouve aussi : s'assiant (III, 6, 240 recto).
Verbe Asseoir au participe présent. Maupas donne au verbe Seoir le participe siésant (p. 237).
• La première partie donnait s'asseant (I, 5, 141 verso).
Richelet juge utile de citer la conjugaison donnée par Vaugelas pour ce verbe : Le participe présent est s'asseiant.
3
Assissions Verbe Asseoir à l'imparfait du subjonctif. 1
Assoter Le Roy est tellement assotté de vous (IV, 4, 745).
« ASSOTER. v. act. & neut. Rendre sot, gouverner quelqu'un avec tel empire, qu'il ne fasse rien de son chef » (Furetière).
« S'ASSOTER DE. To dote on, or be extreamely in love with. Il n'est si bon qui femme n'assote : Prov. The best man may be gulled by a woman » (Cotgrave).
4
Assurance II, 12, 842. Traduction de Cotgrave : « Security ». 2
Assurer - « Rendre ferme, constant, hors de peril » (Furetière).
- « Rassurer » (Huguet).
2
Attaint Attaint d'un crime (I, 11, 369 recto).
- « Convaincre, faire reconnaître coupable » (Huguet).
1
Attaint - « En termes de Palais, on declare qu'un homme est atteint & convaincu du crime, dans le jugement qui le condamne. Il faut remarquer qu'il y a de la difference entre ces mots atteint, & convaincu, en ce que le mot d'atteint se dit seulement d'un accusé contre lequel il y a simplement des indices, ou des preuves imparfaites » (Furetière). 2
Atteindre Estre atteint du crime de felonnie (III, 12, 535 verso). « Accuser » (Huguet). 3
Attendissent Verbe Attendre à l'imparfait du subjonctif. 1
Attendre à La pluspart attentifs à marcher n'attendent qu'à choisir les plus commodes passages (III, 5, 212 verso). « Attendre de » (Huguet). Richelet donne : « Il crut que ce seroit une folie d'atendre à les ataquer que leur cavalerie fût de retour ». 3
Attoucher « Toucher. Être uni [par la parenté] à. Être voisin de » (Huguet).
Furetière donne seulement « attouchement ».
2
Attraper Merindor et ma compagnie η m'attraperent (IV, 4, 718).
« ATTRAPER, signifie aussi, Atteindre quelqu'un qui est parti devant, quand on court aprés » (Furetière).
4
Au - Tirer au vray (I, Folios liminaires, Portrait de l'Auteur). « Selon » (Richelet). Voir aussi À. 1
Au - J'escriray au tronc (II, 8, 516). 2
Au - Elle demeurast immobile au message que je luy fis (III, 1, 17 verso).
- Être aux bonnes grâces (III, 2, 52 recto).
- L'extreme tristesse, qui descouvre au visage les ennuis que le cœur veut tenir cachez (III, 4, 144 recto).
- Voir au visage celuy qui parloit (III, 8, 333 verso).
- Favoriser aux desseins (III, 12, 521 recto). Favoriser à est dans Huguet.
3
Au - Ils vindrent vers moy au mesme ordre (IV, 4, 650).
« Selon » (La Curne).
4
Au devant Au devant du miroir (IV, 5, 937).
« Devant » (Huguet).
4
Au droit À droite. « On dit aussi à droit, à gauche, pour dire, qu'il faut tourner de ce costé-la » (Furetière). 1
Au droit Nos cheveux [...] annelez au droict du front (IV, 4, 715).
« Au niveau de [...] En plein milieu » (DMF).
4
Au mesme temps « Presque aussitôt » (Richelet).
2
Auctoriser Craignant [qu'elle] ne l'auctorisast par ses faveurs (III, 6, 262 verso). « Rendre fort, puissant, douer d'autorité » (Huguet). 3
Aucun Pour Huguet, aucun est synonyme de « quelques » ou de « Quelqu'un ».
Pour Furetière, ce mot, « à l'affirmative signifie, Quelqu'un, et à la negative, Personne ».
• Dans L'Astrée, aucun est généralement négatif, mais il peut se trouver parfois dans une proposition affirmative (II, 5, 294).
2
Aucunement « Quelque peu, un peu, en quelque façon ». Huguet. Dans L'Astrée, l'adverbe a plutôt le sens que lui donne Furetière : « En nulle façon. [...]. Il se dit aussi à l'affirmative, pour dire, En quelque façon. [...] c'est à dire, pas trop bien » (Furetière). 1
Au-dessous Il se mit au dessoubs d'elle pour la prendre par la main (IV, 4, 679).
« Aller au dessous. Marcher à la droite » (La Curne).
4
Auguste « Majestueux, venerable, sacré. Cesar Auguste fut le premier des Empereurs Romains, & on a traitté ses successeurs de Majesté Auguste » (Furetière). 2
Aulne Tous ne doivent pas estre mesurez à une méme aulne (IV, 3, 411).
L'aune « de Paris est de trois pieds sept pouces & huit lignes. Ailleurs elles sont plus grandes, ou plus courtes » (Furetière). C'est la taille qu'elle a au début du siècle aussi : «  The most common one in France is three foot, seven ynches, and eight lines in length » (Cotgrave).
4
Auparavant « Signifie la même chose qu'Avant. [...] il faut auparavant que de disner faire la benediction de la table » (Furetière).
2
Aureille « Oreille » (Huguet).
• Graphie généralement moderne dans l'édition de 1621 de la première partie (I, 5, 126 verso), mais non dans la deuxième partie (II, 5, 323), ni dans la troisième (III, 5, 197 verso).
• Pour la quatrième partie, voir Oreilles.
1
Aussi - Aussi fay-je, repliqua le Berger (IV, 3, 630).
« Le verbe faire - Se substitue au prédicat (trans. ou intrans.) en alliance avec des adv. comme si, ainsi, aussi ou bien en tournure comparative » (DMF, Article Faire).
4
Aussi bien « D'ailleurs. For, Because » (Cotgrave). 2
Aussi bien - Les enfans aussi bien [...] pleurent (IV, 3, 443).
« De même » (Richelet). Les bergers, comme des enfants, pleurent pour de peu de chose.
- Dans la phrase précédente, la locution est mal placée :
Ouyr parmy vous, aussi bien des plaintes et des regrets que parmy les plus grands (IV, 3, 443).
4
Aussi tost J'eslirois aussi tost la mort, que de permettre (III, 9, 382 verso). « Aussi tost que de, avec l'infinitif. Aussitôt que avec un mode personnel [...] aussi tost. Aussi bien » (Huguet). 3
Autant - Autant parfaite (III, 5, 206 verso). « Aussi » (Huguet). 3
Autant - Si cela arrivoit il vaudroit autant que je fusse mort (IV, 4, 787).
Aussi bien.
4
Autant comme « Autant comme autant » (Furetière). 2
Autant que - C'est d'autant que la Musique s'en rend plus belle (IV, 3, 458).
Parce que. Voir Dautant que.
 
Autant que - Autant qu'il trouve object propre à l'entretenir (III, 5, 177 verso). « Tant que » (Richelet, Article Tant). 3
Autorisé - Ils estoient des principaux, et des plus authorisez pres de Gondebaut (IV, 2, 355).
« Ayant du pouvoir, de l'autorité » (Huguet).
- La vertu n'est authorisee de la richesse (IV, 3, 597).
Soutenir. « AUTORISER. verb. act. Donner puissance de faire quelque chose, donner force & vigueur à quelque loy, à quelque usage, à quelque ceremonie » (Furetière).
4
Autorité « Pouvoir, puissance, crédit » (Richelet). 2
Autorité - L'authorité de Gondebaut ne luy [Amasis] osteroit point la volonté (IV, 4, 866).
« Droit qu'on a de commander, de se faire obeïr » (Furetière).
4
Autour - Les regrets que je faisois autour de luy (III, 8, 340 recto). « Preposition qui s'employe quand on parle de ce qui environne quelque chose [...] se dit aussi des personnes » (Furetière). 3
Autour - Conduire en divers lieux autour de la ville (IV, 2, 269).
Richelet écrit : « On applle aussi marais à Paris les jardins qui sont autour de la ville le long des fossez, ou qui ne sont pas loin de la riviere » (Article Marais).
4
Autre Autres trois (III, 12, 491 verso). Huguet donne des exemples où autre précède le mot qu'il qualifie : « Les autres deux sont nobles et riches. MONTAIGNE, II, 35 (III, 180) ». 3
Autrefois - Un foyer qui chaud a d'autrefois esté (III, 5, 176 verso). « D'autres fois. Autrefois » (Huguet). 3
Autrefois - D'autresfois j'entrois en opinion (IV, 2, 273).
- Pour une autrefois
(IV, 3, 556).
« AUTREFOIS, signifie aussi, Un autre temps. Je ne puis faire cela maintenant, ce sera pour une autrefois » (Furetière). La graphie ne distingue pas les divers sens du mot.
4
Autrement Je le confine jusques à ce qu'autrement il sçache ma volonté (IV, 4, 795).
« D'une autre sorte, d'une autre manière » (Richelet).
4
Autruy « L'autruy. Le bien d'autrui » (Huguet). 2
Aux Aux bonnes graces. « A la grace. Dans les bonnes grâces » (Huguet). 2
Avaler « Abaisser, couler dans un lieu plus bas » (Furetière). 2
Avaler Il lui avala presque tout le bras (III, 12, 491 verso). « Abattre, faire tomber [par un coup], trancher » (Huguet). 3
Avaler Les oreilles bien avalees (IV, 1, 100).
« Avalé. s'étendant vers le bas, tombant, pendant » (Huguet).
4
Avancé Mort avancée (II, 8, 551). « Avancer [un événement]. Faire qu'il ait lieu » (Huguet). 2
Avancé Estre des plus avancez (III, 3, 110 verso). Avancer signfie « préférer, donner l'avantage » (La Curne). 3
Avancé - Elle me vid la moins advancee (IV, 4, 669).
« Commencer à s'achever » (Richelet).
4
Avancer Elles s'avancerent pour l'en advertir (III, 11, 488 recto). « Hâter. Devancer » (Huguet). 3
Avancer à Il s'avança de sorte aux bonnes graces de son maistre (III, 3, 63 recto). Huguet donne « S'avancer à. Se hâter de ». Mais ici s'avancer a son sens moderne (aller plus loin) alors que aux signifie dans les. Voir Être aux bonnes grâces (III, 2, 52 recto). 3
Avant « En delà, plus loin » (Furetière). 2
Avant - Avant vous l'avoir promis (III, 3, 107 verso). « Avant (devant un infinitif). Avant de » (Huguet). 3
Avant - Avant le mal, si le mourir est beau (IV, 3, 416).
« Antérieurement » (DMF) ?
- Et puis Seigneur que vous m'en parlez si avant (IV, 4, 759).
« Si avant, c'est-à-dire : tant » (La Curne).
4
Avant que - « Devant un substantif, un pronom ou un infinitif signifie Avant » (Huguet). Devant un nom propre aussi. 1
Avant que - Si vous mourez avant que moy (II, 1, 40). 2
Avant que Avant que faire autre chose (III, 11, 459 verso). 3
Avant que de Avant que de. Avant de.
Cette construction qui n'est pas définie dans Furetière n'est pas corrigée en 1621 (I, 12, 387 verso) et elle revient dans la deuxième partie (II, 4, 256) et dans la troisième (III, 2, 28 verso).
Vaugelas recommande la forme « avant que de mourir » (p. 319), et Furetière écrit « avant que de conclurre » (Article Faire).
2
Avecque Avecque une si grande armée (III, 6, 261 recto).
Dans un poème, le avecque de l'édition de 1619 est remplacé par avecques en 1621 : Quoy qu'avecques raison (III, 7, 288 recto).
« Cette préposition ne se doit écrire de la sorte en prose que pour rompre la mesure d'un vers, ou pour arrondir une période, mais en vers il est libre de se se sevir d'avec, ou d'aveque, mains non pas d'aveques avec une s finale » (Richelet). Vaugelas est catégorique : « Avecques, ne vaut rien, ni en prose, ni en vers, et pas un de nos bons Poëtes ne s'est donné la licence d'en user » (p. 311). Patru écrit « avec », mais accepte « avecque » (« dont tous nos bons Auteurs se servent ») non seulement en vers, mais encore en prose (II, p. 653). La forme allongée n'est pas rare (Brunot, III, p. 348).
3
Avenir (verbe) C'est la prononciation de Advenir pour Huguet et Vaugelas (p. 439).
Avenir est quelquefois remplacé par advenir en 1621.
1
Avenir (verbe) Avenir pour advenir revient dans la deuxième partie en 1610, mais il est quelquefois corrigé en 1621 (II, 4, 200). 2
Avenir (verbe) - Il avint que quelque temps apres (IV, 2, 238).
« Arriver. [S'il avient que je meure] », écrit Richelet. Littré encore donne le verbe avenir et le conjugue, mais conclut : « On dit plus ordinairement advenir ».
3
Avenir (verbe) Avenir garde le sens de advenir (III, 3, 81 verso). La troisième partie donne aussi le participe avenu en 1619 et en 1621. Il arrive que l'advenu de 1619 devienne avenu en 1621 (III, 12, 499 verso), alors que l'avenu de 1619 devient advenu (III, 6, 239 verso). 3
Aventure (à l') « A L'ADVENTURE, D'adventure, & Par adventure, sont des phrases adverbiales. C'est être imprudent, que de mettre tout à l'adventure, de faire tout à l'adventure, sans reflexion. [...] Si D'avanture, ou par adventure il arrivoit, c'est à dire, Si le hazard vouloit que cela arrivast » (Furetière). 2
Avérer « Prouver ou trouver la verité d'un fait » (Furetière). 2
Avertin « Maladie d'esprit qui rend opiniastre, furieux ou emporté. Quand son avertin le prend. Ce mot vient de vertigo, qui signifie, trouble d'esprit. Borel le derive de ver, ou de avertere. On dit proverbialement des enfants qui sont criards & mutins, qu'il les faut vouër à St. Avertin » (Furetière). 2
Avertir Conseiller. « Apprendre à quelqu'un une chose qu'il luy importe de sçavoir, & qu'il ignore, ou à quoy il ne prend pas garde » (Furetière).
• Ce verbe est quelquefois remplacé en 1621.
1
Aviendra Verbe Advenir au futur de l'indicatif. 1
Avient Écrit aussi Advient. Verbe Advenir. « Advenir se dit du succés de l'évenement des choses, de ce qui en peut arriver » (Furetière). On rencontre aussi : avint, avenu, aviennent, etc. Ces formes reviennent dans la deuxième (II, 12, 834), et dans la troisième partie (III, 1, 4 recto). 1
Avisé - Vous estes peu advisee (III, 5, 189 recto). « Avisé, avisée, adj. Sage, prudent » (Richelet).
L'édition de 1619 donne avisee, ce que l'édition de 1621 remplace par advisee. Richelet et Vaugelas (p. 404) préfèrent aviser à adviser alors que Furetière conserve adviser.
3
Avisé - Il faut estre bien avisee (IV, 3, 557).
Le Dictionnaire de l'Académie aussi préfère adviser en 1694.
4
Avoir Il n'eut jamais berger en ceste contrée mieux aymé (III, 6, 229 recto). Il n'y eut ... « Il y a. [...] L'adv. y manque presque toujours quand la prop. contient un autre compl. de lieu » (DMF). 3
Avoir agréable (désagréable) Elle commença de les avoir plus agreables de luy (III, 12, 510 recto). « Recevoir, avoir agreable » (Furetière, Article Admettre) 3
Avoir garde « Il n'a garde de faire cela. He cares not greatly for doing that, or, I beleeve he will take heed how he does it » (Cotgrave). 2
Avoir l'œil « Avoir l'œil à quelque chose, sur quelque chose, pour dire, En avoir soin, y veiller, y prendre garde. Et, Avoir l'œil sur quelqu'un, pour dire, Prendre garde à sa conduite » (Furetière). 2
Avorter Ces trop vertes beautez qui semblent avortees (III, 5, 178 verso). « Se (guillemet ajouté par fh)dit figurément en Morale des desseins, des entreprises » (Furetière). 3
Avouer - Dire que c'est vrai. « Approuver. Advouer quelqu'un de quelque chose. L'approuver de le faire ou de l'avoir fait » (Huguet). 1
Avouer - « Advoüer une proposition, une verité, la reconnoître, en demeurer d'accord » (Furetière). 2
Avouer - III, 10, 424 recto. Avouer que.

- III, 10, 444 recto. Avouer a pour complément d'objet direct une subordonnée infinitive (mériter, dont le sujet est Dame). À cause du pronom que cette construction est défectueuse.
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Avouer - Je m'asseure qu'elle m'advoüera (IV, 4, 820).
« Approuver ce qu'on a donné charge de faire » (Furetière).
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Avouer de Sylvandre, que vous avoüez d'avoir beaucoup de merites (III, 5, 189 recto). Construction que l'on rencontre chez Malherbe aussi (Brunot, III, p. 552). Dans cette phrase, comme avouer signifie reconnaître, imaginer, penser, faire suivre le verbe par la préposition de est autorisé (Sancier-Chateau, p. 150). S'avouer de a un tout autre sens (« S'authoriser de quelqu'un », Dictionnaire de l'Académie, 1694). 3
Azur - « Pierre minerale dont on fait un bleu fort vif & precieux. [...], la verité est que c'est une pierre que les Arabes nomment lazuli, & que nous nommons aussi simplement lapis, ou lapis lazuli » (Furetière).
- « En termes de Blason, Azur signifie aussi le bleu. L'Escu de France a trois fleurs de lis d'or en champ d'azur : c'est une couleur celeste qui est le symbole de la Justice. L'azur est marqué dans le Blason par des hacheures ou simples lignes qui vont de gauche à droit, & sont paralleles au chef, ou à la fasce » (Furetière).
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